‹ Cours familier de littérature, tome 4Chapitre 171 sur 194 · I

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L'Iliade est le poëme de la vie publique; l'Odyssée, que j'ouvre en ce moment devant vous, est le poëme de la vie domestique. Il y a autant de différence entre l'Iliade et l'Odyssée qu'il y en a entre le champ de bataille ou le conseil des princes et le foyer de famille. L'Iliade célèbre l'héroïsme, l'Odyssée raconte le coeur humain. La première de ces épopées est le livre des héros, la seconde est le livre de l'homme. Homère est plus sublime peut-être dans l'Iliade, il est plus intéressant dans l'Odyssée; la gloire a des accents plus éclatants, la nature en a de plus intimes et de plus pathétiques. Dans l'un et dans l'autre de ces poëmes différemment divins, Homère est égal à lui-même, c'est-à-dire supérieur à tout ce qui a été raconté ou chanté avant lui. Faisons donc faire silence à tous les bruits du jour dans notre âme et reportons-nous à l'époque héroïque et pastorale du monde, dans une de ces îles, véritables Édens, de la mer sur l'Archipel, et écoutons.

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