‹ Cours familier de Littérature - Volume 04Chapitre 79 sur 194 · XXXII

XXXII

Ce fut alors, si l'on en croit l'esquisse biographique d'Alexandre Dumas, que l'âme de Béranger s'ouvrit pour la première fois, et peut-être pour la seule fois de sa vie, à l'amour.

Rien n'est plus près d'aimer qu'un malheureux: les larmes communes sont la soudure des coeurs. L'aventure racontée par Dumas est si étrange qu'elle doit être vraie: on n'invente jamais autant de poésie que la nature, la vie et les hasards du coeur en jettent sur le chemin des hommes d'aventures. Le grand poëte, c'est le sort; nous ne sommes que les personnages avec lesquels il compose ses drames. J'ai connu les deux personnages vieillis de ce drame de jeunesse et d'amour. Je parlerai tout à l'heure de celle qui fut Lisette, compagne de la jeunesse, de l'âge mûr, de la poésie et de la vieillesse de Béranger. Voici comment, selon la biographie intime, ces deux enfants se connurent, s'aimèrent, et mêlèrent leurs destinées qui devaient se confondre jusqu'au tombeau.