‹ Cours familier de Littérature - Volume 05Chapitre 18 sur 138 · X

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L'habile médecin, Machaon, panse la blessure. L'opération est décrite avec le pieux respect qu'inspirait déjà, du temps d'Homère, ces fils d'Esculape, au coeur de femme et à _la main divine_, qui soulagent les douleurs des hommes.

Tout le reste du chant est employé par Agamemnon à parcourir le camp et à encourager les confédérés par de belles harangues militaires. L'armée se groupe et s'ébranle; écoutez le tumulte de tant de pas:

«Comme sur la plage sonore les vagues de la mer s'accumulent et se déroulent les unes sur les autres au souffle du vent du midi; elles commencent à s'élever dans la pleine mer et viennent se briser en mugissant sur le rivage; là, s'arrondissant autour des écueils, elles se gonflent et rejettent au loin la blanche écume; de même se succèdent les rangs épais des Grecs marchant au combat. Les Troyens, au contraire, sont comme de nombreuses brebis qui, dans l'étable d'un homme opulent, pendant qu'on trait de leurs mamelles le lait éclatant de blancheur, poussent de longs bêlements en entendant les cris de leurs agneaux séparés des mères, etc.»

Je passe la bataille, semblable à toutes les batailles, mais diversifiée au cinquième chant par des épisodes et des attendrissements de poëte qui mêlent à propos les larmes au sang, l'humanité à la fureur, la pitié à la gloire. Les divinités s'y confondent aux hommes, pour prendre la part du ciel et du destin aux événements de la terre. Le chantre s'arrête à chaque instant pour faire respirer le lecteur dans des comparaisons lentement déroulées qui reportent l'âme à des scènes champêtres ou maritimes:

«Diomède s'élance; tel un lion, hardi de coeur, franchissant les palissades d'une bergerie, fond sur les brebis à la laine épaisse; s'il est légèrement blessé, mais non terrassé par le berger qui les défend, sa rage et sa vigueur s'accroissent de sa blessure. À cet aspect, le berger, cessant de défendre son troupeau, se cache lui-même dans le bercail, tremblant de rester au grand jour; les brebis, groupées par la terreur, se pressent les unes contre les autres, tandis que le lion plus ardent bondit dans le vaste enclos, etc.»