XVIII
David, sachant qu'un homme riche, nommé Nabal, habite sur le plateau du Carmel, ordonne à ses compagnons mourants de faim de respecter ses troupeaux; puis il lui envoie demander des vivres pour lui et pour eux.
L'avare Nabal refuse.
David choisit quatre cents hommes d'élite parmi les siens pour aller arracher par la force ce qu'il n'a pu obtenir par des services.
La belle Abigaïl, épouse de Nabal, apprend, en l'absence de son mari, que David s'avance vers sa demeure.
Elle prend deux cents pains, deux outres de vin, cinq moutons cuits, cinq corbeilles d'orge, cent grappes de raisin, deux cents corbeilles de figues, et elle en charge ses ânes. Montée sur une ânesse, elle descend, accompagnée de ses serviteurs, au pied de la montagne, au-devant de David, à l'insu de son mari.
«Lorsqu'elle aperçut David, dit le poëme, elle descendit de son âne, s'inclina, agenouillée sur la pierre du chemin, et, adorant le jeune chef, elle lui dit: «Remettez à Nabal son iniquité et sa démence, et, s'il s'élève un jour un homme qui vous persécute et qui recherche votre vie, votre âme sera préservée parmi les âmes des vivants, et l'âme de vos ennemis sera agitée comme la pierre tournoyante lancée en l'air par la fronde!
«Et alors, quand vous serez roi, souvenez-vous de votre servante!»
David, frappé de la beauté d'Abigaïl et touché de son éloquence, accepta les présents et renonça à sa vengeance. Abigaïl, revenue en sa maison, trouve son mari ivre au milieu d'un festin; elle lui raconte le danger qu'il avait couru. Il en mourut de peur. David, apprenant sa mort, demanda par ses envoyés Abigaïl pour épouse: «Laquelle, se levant, dit le verset, se prosterne à terre, adore Jéhova et dit: «Voici votre servante; que je sois comme une servante pour laver les pieds des serviteurs de mon maître!»
Et elle monta sur une ânesse, et cinq jeunes filles la suivirent, et elle épousa le héros.
Saül avait enlevé à David sa première épouse Michol; il l'avait donnée à un autre de ses favoris, Phalti, fils de Laïs, qui était de Gallim.