XXIX
Les règlements de Confucius sur le culte renouvelé aussi des ancêtres, n'attestent pas dans le législateur religieux une raison moins épurée que ses règlements civils. Ce n'est que plusieurs siècles après lui que les religions de l'Inde, fondées sur les incarnations de Wichnou ou de Bouddha, s'infiltrèrent en Chine.
Voici les paroles de Confucius sur les cérémonies instituées pour le culte national, dont l'empereur était le pontife à titre de représentant du peuple tout entier.
«Le _Ciel_, le _Tien_ ou _Dieu_, trois noms exprimant le Grand Être, répondit Confucius, est le principe universel; il est la source intarissable d'où toutes les choses ont émané; les ancêtres sortis les premiers de cette source féconde sont eux-mêmes la source des générations qui les suivent. Témoigner au _ciel_ (Dieu) sa reconnaissance, est le premier des devoirs de l'homme; se montrer reconnaissant envers les ancêtres est le second. Pour s'acquitter à la fois de ce double devoir, le saint philosophe Fou-Hi établit avant moi les cérémonies envers les ancêtres. Comme il fonda tout le système politique sur le sentiment naturel et sur le devoir de la piété filiale, il détermina qu'aussitôt après avoir offert l'hommage au ciel, on offrirait par la bouche du _Fils du ciel_ (le souverain) l'hommage aux ancêtres. Mais comme le _ciel_ et les esprits des ancêtres ne sont pas visibles aux yeux du corps, il chercha dans le firmament des emblèmes pour les figurer et les représenter.»
Après avoir satisfait ainsi à leurs devoirs envers le _ciel_, auquel, comme au principe vivifiant et universel de toute existence, ils étaient redevables de leur propre vie, ils se tournent vers ceux qui, par la génération et la paternité, leur ont transmis successivement cette vie. Voilà toute la religion de nos pères.
Et il en prescrit ensuite en détail les cérémonies simples et symboliques[3].
[Note 3: Mémoires du père Amyot, p. 108 (12e volume).]