‹ Cours familier de Littérature - Volume 06Chapitre 2 sur 180 · II

II

Jamais l'oeuvre et l'écrivain ne sont plus indissolublement unis que dans les vers de Pétrarque, en sorte qu'il est impossible d'admirer la poésie sans raconter le poëte: cela est naturel, car le sujet de Pétrarque c'est lui-même; ce qu'il chante c'est ce qu'il sent. Il est ce qu'on appelle un poëte intime, comme Byron de nos jours; une si puissante et si pathétique individualité, qu'elle envahit tout ce qu'il écrit, et que si l'homme n'existait pas le poëte cesserait d'être. On a beau dire, ce sont là les premiers des poëtes; les autres n'écrivent que leur imagination, ceux-là écrivent leur âme. Or qu'est-ce que la belle imagination en comparaison de l'âme? Les uns ne sont que des artistes, les autres sont des hommes. Voilà le caractère de Pétrarque, racontons sa vie.