XXVII
Après ces sanctifications de l'amour par la séparation et par la piété il se complaît quelquefois, comme pour se reposer les yeux de ses larmes, à se représenter Laure dans les printemps et dans les fraîcheurs de sa jeunesse.
«Âme heureuse, s'écrie-t-il, qui abaisses si amoureusement ces yeux plus resplendissants que la lumière, et qui me laisses entendre des soupirs et des paroles si vivants qu'il me semble que ces paroles me résonnent encore dans l'âme!
«C'est toi que je vis autrefois, animée d'une honnête et pure flamme, errer parmi les pelouses et les violettes, marchant non comme une simple femme, mais comme se meuvent les anges, fantôme de celle qui ne me fut jamais si présente qu'aujourd'hui!... Du jour où tu disparus la mort commença à devenir une douce chose!»