II
«Pourquoi ces nations ont-elles bouillonné dans leurs coeurs? Pourquoi ces peuples ont-ils rêvé dans leur esprit des néants?
«Ils se sont dressés contre nous, les chefs de la terre ennemie; ils ont fait des pactes contre Jéhovah et contre son _consacré_!
«Brisons, brisons leurs courroies, et rejetons loin de nous le joug de leurs boeufs qu'ils veulent nous imposer sur le cou!
«Celui qui habite dans le firmament rira; il portera le défi à leurs complots, Jéhovah le Seigneur!
«Moi, dit-il, j'ai versé l'huile sur mon roi; je lui ai versé l'huile sur Sion, ma montagne de prédilection!
«Voici ce que m'a dit Jéhovah, ajoute à l'instant le poëte en se transportant tout à coup dans la personne et dans la pensée de Saül, devant qui et pour qui il chante.
«Jéhovah m'a dit: Tu es mon fils, je t'ai conçu aujourd'hui dans mes desseins!
«Demande, et je te donnerai ces nations en héritage et toute cette terre pour domination!
«Tu les écraseras avec une houlette de fer, tu les concasseras en morceaux comme l'oeuvre d'argile du potier!»
Ici, comme transfiguré par l'enthousiasme, il apostrophe d'un vers impérieux les ennemis campés sur l'autre rive du torrent de la vallée de Térébinthe; il lui semble porter sa voix et son défi jusqu'à leurs oreilles:
«Et maintenant, rois de la terre, entendez! Repentez-vous, juges et chefs de la terre!
«Soumettez-vous à Jéhovah avec crainte, et réjouissez-vous tout en tremblant!
«Prosternez-vous dans la poussière devant son _choisi_, de peur qu'il n'entre en courroux et que vous ne périssiez tous sur son chemin! Quand sa colère s'allume, heureux seulement ceux qui se confient en lui!»