‹ Cours familier de Littérature - Volume 06Chapitre 71 sur 180 · VI

VI

La cinquième ode ne se rapporte, croit-on, à aucune circonstance personnelle de la vie de David. Si nous avons bien compris la vie du poëte, cette ode a été composée, selon nous, pour le soulagement mental de Saül, pendant la seconde ou la troisième période de son égarement mental. C'est un gémissement et une invocation au nom du roi abattu par la souffrance, que David chante pour son maître sur sa harpe auprès de son lit; c'est l'élégie du malade.

En voici seulement quelques strophes:

«Ô Jéhovah! ne me rebrousse pas si violemment dans ta colère! Dans ton irritation ne me détruis pas!

«Fais-moi miséricorde, car je suis exténué; soulage-moi, car mes membres sont disloqués,

«Et ma vie chancelle en moi!... Mais toi, Jéhovah, jusqu'à quand?...»

Y a-t-il dans la gamme des douleurs humaines un cri plus capable de tout peindre sans l'exprimer et de faire violence par le silence même à la compassion de Dieu que ce: Jusqu'à quand?... suivi sans doute dans le chant d'un front abattu du poëte sur sa harpe et d'un long silence de son instrument?