‹ Cours familier de Littérature - Volume 07Chapitre 67 sur 182 · XXV

XXV

Des paysans chantent une ronde joviale et amoureuse. Ils proposent respectueusement à Faust de trinquer avec eux; les services que Faust a rendus à ce peuple pendant une épidémie récente le font acclamer, de groupe en groupe, par le peuple reconnaissant.

«Quelle joie ce doit être pour toi, ô grand homme! lui dit son disciple, de te voir ainsi honoré par cette multitude! Bienheureux celui qui peut faire un si puissant et si salutaire emploi de ses facultés! Le père le montre à son enfant; on s'informe, on s'attroupe, on s'empresse; la musique s'interrompt, la danse s'arrête. Tu passes; ils se rangent en haie, les bonnets volent en l'air. Peu s'en faut qu'ils ne s'agenouillent comme devant l'image de la Divinité!»

_Faust_ déprécie éloquemment ces hommages et se dénigre lui-même. «Regarde plutôt décliner le soleil couchant, le jour expiré!... «Oh! que n'ai-je des ailes pour m'enlever dans les airs et tendre incessamment vers lui? Je verrais dans un éternel crépuscule ce globe dont je n'entendrais pas le bruit à mes pieds.»

Voici la poésie de l'infini devenue mélancolie lyrique; elle dicte à Faust des vers dignes d'être répétés par l'écho des firmaments. Nous souffrons de ne pas les reproduire à votre oreille; mais ces entretiens seraient un volume si je n'abrégeais pas la partie extatique de ce prodigieux poëme pour laisser au drame pathétique l'espace qui lui appartient. Plaignez-moi d'abréger et plaignez-vous vous-mêmes de ne pas tout entendre.