XXI
Cette épître d'Horace est un poëme à propos de tout, mille fois supérieur aux épîtres de Boileau à Louis XIV ou aux épîtres de Voltaire à Frédéric. Elle rappellerait plutôt un chant de _Childe-Harold_ de lord Byron, glanant sur la surface de tout ce qui se présente à son imagination, mais ne glanant que des roses et du rire là où Byron glane des cyprès et des larmes. Le bon sens exquis jouant avec la sagesse est le caractère de cette épître, la plus belle de toutes les poésies qui portent ce nom. C'est ce décousu de la conversation en vers qui est le caractère et la grâce de ce genre de composition. Entre une épître d'Horace et une lettre de madame de Sévigné il n'y a de différence que de la prose aux vers.