XII
De très-belles et très-profondes études de droit public allemand et helvétique remplissent cet intervalle du Consulat à vie à l'Empire dans l'histoire de M. Thiers. On ne peut leur reprocher que leur étendue et leur érudition excessives. Les diplomates y trouveront des monuments de diplomatie savante, admirablement scrutés et éclairés d'un jour qui ne laisse rien dans l'ombre; mais la masse des lecteurs superficiels, qui s'attache exclusivement aux événements et aux hommes, laisseront ces riches études aux érudits. Ce n'est plus l'histoire, c'est le catéchisme du droit des gens; entre Grotius et Tacite il y a la différence d'un traité à un récit. M. Thiers fait trop souvent un traité de son histoire; nous qui avons du loisir nous ne nous en plaignons pas; mais la postérité a peu de temps à consacrer au passé; elle lit vite et peu: M. Thiers ne pense pas assez à elle.