XXX
Madame Récamier part, vraisemblablement bien triste, pour Rome. À peine est-elle en route que les lettres alors beaucoup plus affectueuses de M. de Chateaubriand la poursuivent de poste en poste. On dirait qu'il sent mieux dans l'absence le prix de l'attachement qu'il a contristé. Madame Lenormant donne à ce départ et à cette absence d'autres prétextes de famille et de santé. Elle peut y croire, nous n'y croyons pas; madame Récamier ne pouvait pas, en matière si délicate, ouvrir son coeur à sa jeune nièce. Combien n'est-il pas à regretter qu'on ne possède pas les lettres de madame Récamier à M. de Chateaubriand pendant ce refroidissement dont nous devinons trop bien les motifs! Que de plaintes trop fondées ces lettres ne devaient-elles pas contenir! D'autres amitiés, évidemment, avaient pris la place de la sienne.
«Vous avez pris votre parti si vite, lui écrit-il à Lyon, que sans doute vous vous êtes persuadé que vous seriez heureuse; peu importe le reste. Ma vie maintenant se déroule vite; je ne descends plus, je tombe!»
Il tombait, en effet, bientôt après du ministère.