‹ Cours familier de Littérature - Volume 09Chapitre 90 sur 194 · XXVII

XXVII

Revenons à son grand ami et à ses dernières correspondances; elles ressemblent à des adieux prolongés dont l'écho de la vie affaiblit le son à mesure que le partant s'éloigne du rivage.

«Je voulais vous écrire de toutes mes haltes,» lui dit-il en partant pour les bains de Néris, «_car je ne sais où me sauver de vous._ Priez pour moi, Dieu vous écoutera. J'ai foi dans ce repos intelligent et chrétien qui nous attend au bout de la journée.

«Je n'ai rencontré personne sur les chemins, hormis quelques cantonniers solitaires, occupés à effacer sur les ornières les traces des roues des voitures; ils me suivaient comme le Temps, qui marche derrière nous en effaçant nos traces.

«On me visite, on me donne des sérénades, mais je ferme ma porte. _Votre heure_ ne sera jamais employée que pour vous» (les heures de l'Abbaye-aux-Bois dans la journée de Paris).

«J'en suis toujours à ma petite fumée du soir sur la cheminée d'une chaumière à l'horizon, et à deux ou trois hirondelles qui sont ici, comme moi, en passant. Adieu! Je vais aller voir un pinson de ma connaissance qui chante quelquefois dans les vignes qui dominent mon toit.»

Quel sentiment des tristesses de la nature à un âge qui ordinairement a bien assez de ses propres tristesses, et comme il associe tout au souvenir de son amie!