‹ Cours familier de Littérature - Volume 10Chapitre 158 sur 158 · XXXIII

XXXIII

«Déroulez-moi sur cette table la carte actuelle de l'Europe et de l'Asie, aurait-il dit à ses auditeurs, et suivez mon doigt sur ces continents, ces îles, ces mers, qui sont chacun une lettre de cet alphabet diplomatique de puissances, et qui forment en se combinant la langue politique et les systèmes de guerre ou de paix de tout l'univers. Il y a beaucoup de morts, beaucoup de cadavres de puissances dans tout cela; nous vous en parlerons bientôt à leur place, mais nous vous parlons d'abord des vivants.

«Voici d'abord l'Angleterre, la plus bornée par l'espace insulaire de son domaine, la plus répandue, et on pourrait dire la plus universelle de toutes les puissances politiques (à l'exception de la Chine) qui ont jamais occupée une part du globe. Quelle que soit l'antipathie plus ou moins jalouse que l'on puisse porter comme Français à l'Angleterre, il suffit d'être homme pour s'enorgueillir, comme homme, d'une puissance de civilisation, de richesse, de commerce, d'intelligence, de navigation, d'armées de mer et d'armées de terre, capable d'avoir créé, dans cette poignée d'Anglo-Saxons, sinon les maîtres, du moins les modèles des peuples civilisés.»

LAMARTINE.

(_La suite au mois prochain._)

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