V
Sa troisième _Tusculane_ disserte sur les maladies de l'âme, plus nombreuses, dit Cicéron, et plus irrémédiables que celles du corps, parce que le corps vicié peut être guéri par les soins de l'homme, mais que l'âme malade ne peut pas juger elle-même de son infirmité. Il attribue ces maladies de l'âme à la mauvaise éducation qui nous nourrit de préjugés et de superstitions avec le lait de nos nourrices; il les attribue aux fausses idées du grand nombre (le vulgaire), imbu lui-même d'idées fausses sur la gloire et sur le bonheur, et qui nous fait vivre ainsi dans une atmosphère de mensonge, d'erreur et de corruption. Jamais les défauts de l'éducation première n'ont été plus vigoureusement signalés que dans ces pages. Celles de J.-J. Rousseau dans l_'Émile_, sont à une distance énorme du bon sens et de la logique de Cicéron. On sent que Rousseau déclame en rhéteur et que le Romain écrit en législateur philosophe. La pratique des hommes et des affaires donnait au consul un sens des réalités qui manquait totalement au Platon de Genève.