‹ Cours familier de Littérature - Volume 12Chapitre 24 sur 183 · VI

VI

Enfin, il faut que l'historien soit arrivé à la vieillesse, ou du moins à cette maturité des années qui donne, avec le sang-froid de la pensée, le désintéressement de l'ambition, ce loisir studieux où l'écrivain se renferme dans la solitude de son âme pour recueillir, avant sa mort, les événements de son temps, les expériences, les jugements qu'il veut léguer à la postérité.

On voit, à ces principales conditions d'un historien parfait, combien il est rare que toutes ces conditions se trouvent réunies dans un même homme, et combien peu de chefs-d'oeuvre historiques doivent exister et surnager sur cet océan d'annales ou de chroniques qui encombrent les archives des nations.

Ajoutons que ces chefs-d'oeuvre mêmes ne sont pas absolus, mais relatifs à l'état social et à l'âge plus ou moins avancé des peuples pour lesquels l'historien a écrit son histoire.