XXIV
Il harangue avec astuce les soldats; on court aux armes, on marche confusément vers la ville.
Une charge de cavalerie balaye le forum de la multitude, qui voulait maintenant défendre Galba.
Le porte-drapeau de la cohorte, au milieu de laquelle marchait le vieillard, l'abaisse devant les cavaliers d'Othon. À ce signal de la trahison ou de la peur, la cohorte, jusque-là fidèle, fraternise avec les séditieux.
«À côté du lac Curtius, dit Tacite, le tremblement des porteurs de Galba le fait tomber de sa litière et rouler à terre. On assure qu'il tendit courageusement la gorge aux meurtriers, en leur disant d'agir et de frapper, si c'était pour l'avantage de la république.
«Peu importaient ses paroles à ses assassins.
«Le nom de celui qui le frappa n'est pas suffisamment constaté. Les soldats féroces et cruels déchirèrent en lambeaux ses bras et ses jambes, même après que sa tête eut été séparée du tronc.»
Pison, blessé, qui revenait du camp des prétoriens, se réfugie dans la chambre d'un esclave fidèle; mais, bientôt découvert, il est traîné sur le seuil et égorgé par les soldats d'Othon.
Sa tête, celle de Galba, celle de Vinius, leur lieutenant, sont portées au bout des piques, au milieu des enseignes des légions, auprès des aigles.