‹ Cours familier de Littérature - Volume 13Chapitre 109 sur 217 · XLII.

XLII.

Et en effet, le jeune maître faisait en silence deux choses mystérieuses et presque sataniques pour le pauvre ignorant de nos campagnes et de nos villes; il ressuscitait la chevalerie par la poésie dans ses chants, et il ressuscitait le grand art dans ses veilles en écrivant son _Phidias_; Phidias, l'art incarné, le créateur des marbres, le dieu de la sculpture et de l'architecture, le révélateur du _beau_ dans la pierre, le créateur enfin du Parthénon, cette cathédrale d'une religion qui allait mourir dans un temple qui ne mourra pas!

C'est là l'oeuvre que nous donne M. Louis de Ronchaud; ouvrez et lisez: jamais la science ne se révéla en plus beau style. Il semble que des rayons du pur soleil d'Attique pénètrent de toute part ce style, comme il pénètre, au lever du jour, les marbres translucides du Parthénon pour les faire descendre dans l'oeil fasciné du voyageur ignorant comme moi, et pour les faire exclamer d'enthousiasme: Voilà le vrai, voilà le beau, voilà la divinité des lignes, voilà l'habitation des dieux sur la terre!