‹ Cours familier de Littérature - Volume 13Chapitre 147 sur 217 · XXXVIII.

XXXVIII.

Cette description savante du Parthénon me rappelle une des fortes impressions de ma vie, dont je retrouve, ici, sous ma main, une note inédite sur mon carnet de voyageur. Qu'on me pardonne de la relever telle qu'elle est, de cette page déchirée, pour justifier par l'impression naïve d'un ignorant tel que moi l'impression érudite et critique d'un adorateur tel que M. de Ronchaud, qui sait la langue de l'idéal.

Voici cette note:

«Le nombre des statues était si considérable en Grèce qu'on aurait pu dire des Grecs, à l'époque où ils avaient perdu avec la liberté les vertus de leurs ancêtres, qu'il y avait chez eux plus de dieux que d'hommes.

«Au temps de Pline le Naturaliste, après les spoliations exercées par les proconsuls et les empereurs, parmi lesquels il y eut des amateurs passionnés des oeuvres de l'art, il n'y avait pas encore moins de trois mille statues à Athènes, et l'on en comptait un pareil nombre à Olympie et à Delphes. Athènes, la plus religieuse des villes grecques, au rapport de Pausanias, la ville où le génie ionien s'épanouit dans toute sa beauté, l'oeil de la Grèce, selon la poétique expression de Milton, Athènes fut surtout la ville des statues.