‹ Cours familier de Littérature - Volume 13Chapitre 206 sur 217 · XXX.

XXX.

Écoutez M. de Marcellus:

«J'étais à Saïde (l'ancienne Sidon) le 15 juin 1820, un mois après mon départ de Constantinople. Une faible brise de l'ouest amena _l'Estafette_ à l'abri de l'écueil qui forme à lui seul la rade de la ville, depuis que le célèbre prince des Druses, Fakhr-el-din (Facardin), en a fait combler le port pour éloigner les flottes turques.

«À notre arrivée devant chaque ville, avant de saluer le pavillon ottoman, le capitaine envoyait un officier à terre pour y régler cette cérémonie. Ici, l'enseigne de vaisseau détaché pour la négociation revint nous assurer de tout le désir qu'on avait de nous rendre notre politesse maritime; mais en même temps, le château se trouvant totalement privé de poudre, le gouverneur turc priait le capitaine français de lui en faire passer autant de charges qu'il désirait de coups de canon. Cette réponse égaya l'équipage; et il fut stipulé qu'on se dispenserait de part et d'autre de l'étiquette. Mais, je ne sais pourquoi, j'ai plus envie de croire à l'avarice du gouverneur qu'au dénûment de la citadelle.

«Le mouillage de Saïde étant peu sûr, je vis la goëlette mettre à la voile pour Saint-Jean d'Acre, où nous nous donnâmes rendez-vous, et je restai seul sur la côte de Syrie.