‹ Cours familier de Littérature - Volume 14Chapitre 96 sur 162 · XV.

XV.

La communauté des femmes et des enfants, ce scandale de la raison et ce sacrilége contre la nature, est un des fondements de sa société. Écoutez, non plus ce rêve, mais ce délire philosophique, hélas! aussi renouvelé de nos jours par des hommes qui ne se croient philosophes que quand ils ont cessé d'être hommes:

«Les hommes, nés et élevés comme nous avons dit, n'ont rien de mieux à faire, selon moi, touchant la possession et l'usage des femmes et des enfants, qu'à suivre la route que nous avons tracée en commençant. Or nous avons représenté les hommes comme les gardiens d'un troupeau.

«--Oui.

«--Suivons cette idée, en donnant aux enfants une naissance et une éducation qui y répondent, et voyons si cela nous réussira ou non.

«--Comment?

«--Le voici. Croyons-nous que les femelles des chiens doivent veiller comme eux à la garde des troupeaux, aller à la chasse avec eux, et faire tout en commun, ou bien qu'elles doivent se tenir au logis, comme si la nécessité de faire des petits et de les nourrir les rendait incapables d'autre chose, tandis que le travail et le soin des troupeaux seront le partage exclusif des mâles?

«Nous voulons que tout soit commun. Seulement, dans les services qu'on réclame, on a égard à la faiblesse des femelles et à la force des mâles.»

Il veut que les femmes, jeunes et vieilles, soient exercées à la gymnastique, devant le peuple, dans la nudité des athlètes. Des instincts de la nature il ne conserve pas même la pudeur!

Il veut que le magistrat accouple les hommes et les femmes les plus parfaits physiquement et moralement pour produire des enfants perfectionnés: «Il faut, dit-il, élever les enfants de ces couples parfaits, et non ceux des couples viciés.»

Il veut que les magistrats maintiennent, par des mesures restrictives, la population de l'État toujours au même niveau.