XVI.
C'est ainsi que Louise de Stolberg devint reine exilée de la Grande-Bretagne. Ses premières années de mariage à Rome ne trompèrent pas entièrement ses espérances. Malgré quelques excès habituels de vin, le prince qu'elle avait épousé avait l'extérieur et la grâce d'un roi détrôné, mais pouvant encore se réhabiliter pour le trône. Une circonstance où l'étiquette allait déterminer la cour de Rome à lui refuser authentiquement l'étiquette de la royauté l'obligea à quitter son palais romain et à aller habiter Florence. L'archiduc Léopold, deuxième fils de Marie-Thérèse, y régnait alors en expectative.
La Toscane était le noviciat de l'empire. C'était un prince philosophe, extrêmement libéral d'institutions dans un pays où il semblait faire l'essai des principes de la révolution française, tempérée par un despotisme populaire sans danger. Ses moeurs avaient la licence de ses principes. Ses excès en ce genre passent toute vraisemblance: il ne vit point le prétendant anglais, mais il le reçut dans ses États sans ombrage. Cet oubli de son rang acheva d'enlever à Charles-Édouard le soin de sa dignité. Sir Horace Mann, envoyé d'Angleterre en Toscane, lui rendait ce triste témoignage: il maltraitait sa femme de toutes les manières.