‹ Cours familier de Littérature - Volume 17Chapitre 80 sur 93 · IV.

IV.

Nous causâmes sans mystère et sans colère des deux parts; je lui dis que j'avais lu avec charme presque tout ce qu'il avait écrit, et qu'excepté le cynisme antipathique à ma nature et l'athéisme inacceptable par mon esprit, j'avais tout goûté de lui, même le scepticisme; que je n'étais rien moins que sceptique cependant; que je croyais fermement qu'il y avait une foi difficile à trouver, mais trouvable, un _arcanum_ de la vie intérieure, dont la recherche était l'oeuvre des grands esprits, et que, dans cette foi, il y avait non-seulement la croyance, mais le repos; que c'était l'affaire de la vie entière de la découvrir, que j'y travaillais, et que j'y travaillerais jusqu'à mon dernier jour, et que les hommes qui se disaient comme lui incrédules n'étaient que d'aimables paresseux qui revenaient sur leurs pas aux premières difficultés de la route; que j'étais heureux de connaître en lui un de ces esprits impatients, découragés avant le temps, et que, s'il voulait venir à toute heure du soir finir avec moi les journées, nous causerions ou de Dieu, s'il voulait, ou de la littérature et des arts, lui me donnant du goût, moi de la foi, chacun dans notre mesure!