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C'est le soir; nous sommes dans la capitale du monde occidental; le Colisée, théâtre bâti par Vespasien à la mesure du peuple-roi et bourreau de l'univers alors connu, s'élève à des centaines de pieds au-dessus des édifices publics et des palais des citoyens de Rome.
Des murs percés de vomitoires, entrées et issues immenses, s'ouvrent de distance en distance, pour donner accès à cent dix mille spectateurs. Une ellipse colossale dessine à l'oeil ce théâtre. Les galeries superposées et repliées les unes derrière les autres, pour laisser les regards embrasser librement la scène, s'avancent à l'intérieur comme autant de promontoires sur la mer.
Michel-Ange, déjà vieux, pendant qu'il méditait d'élever jusqu'à cinq cents pieds dans les airs la coupole du temple du christianisme, fut trouvé seul, errant, pensif, dans les ruines du Colisée.
Une neige tombée en abondance la nuit précédente en faisait ressortir les gigantesques lignes sur l'horizon; un ciel bleu, découpé par ses jours, éclatait dans l'intérieur; il était absorbé dans l'admiration muette, cherchant comment il dresserait dans le ciel le théâtre de la grandeur du Dieu des chrétiens. Il avait trouvé Saint-Pierre dans le Colisée.