‹ Cours familier de Littérature - Volume 19Chapitre 12 sur 122 · XI

XI

Pie VII fut très-embarrassé entre l'Église temporelle qu'il ne voulait pas trahir, et l'empereur d'Autriche qu'il ne pouvait pas mécontenter. L'empereur voulait profiter de l'élection pour lui arracher les Légations, le pape ne pouvait y consentir; il choisit Consalvi, l'auteur inconnu de son exaltation, et le nomma son pro-secrétaire d'État. Il partit par mer pour Rome, une frégate vénitienne le porta à Ancône; il y arriva le même soir que la nouvelle de la bataille de Marengo qui humiliait l'Autriche, et qui lui donnait l'espoir de résister plus efficacement à la demande des trois légations. On ne peut douter que cet événement ne lui causât une satisfaction secrète. En effet, l'empereur s'abstint de toute initiative dans son gouvernement, et ne garda aucune action que comme police militaire. Rome l'accueillit en pape et en souverain.

LAMARTINE.

(_La suite au prochain entretien._)

CXe ENTRETIEN.

MÉMOIRES DU CARDINAL CONSALVI,

MINISTRE DU PAPE PIE VII,

PAR M. CRÉTINEAU-JOLY.

(DEUXIÈME PARTIE.)