‹ Cours familier de Littérature - Volume 20Chapitre 21 sur 77 · V.

V.

Rassurés sur la toute-puissance du charlatanisme dont ils fascinaient l'Europe, ils se mirent alors à intimider les Espagnols américains du golfe du Mexique, à menacer la Havane de conquérir Mexico, à affecter le militarisme de Napoléon, à imposer des lois à ces nombreux démembrements de la puissance espagnole qui naissaient à la liberté au milieu des orages. Ils proclamèrent la résolution d'entrer en dominateurs dans les affaires de la vieille Europe, qu'il déclarèrent caduque avec la forfanterie de leur prétendue jeunesse. L'Angleterre, qu'ils osèrent braver, eut la faiblesse qu'on conserve pour ses enfants même rebelles. Elle pouvait les anéantir complétement en une campagne; elle eut le tort inexplicable de les trop ménager dans un intérêt de coton et de balance de commerce que nous ne comprenons pas bien, et dont nous devons nous défier puisqu'il est britannique; elle fit la paix. L'orgueil américain ne connut plus de limites. L'Angleterre, la France, la Russie, l'Autriche, la Prusse, l'Espagne, ne leur parurent plus que des comparses laissées par leur outrecuidance, sous condition, au rang des puissances pour applaudir à leurs exploits et pour saluer leur bannière étoilée promenée pendant vingt-cinq ans de port en port sur leur frégate nomade et à peu près unique, _la Constitution_.