‹ Cours familier de Littérature - Volume 20Chapitre 49 sur 77 · II.

II.

Aussi, pendant que le monde contemporain voit ou lit avec admiration ce que tel ou tel grand homme a fait, a dit, ou a écrit dans sa jeunesse, le grand homme qui se voit admiré, ou qui se voit loué souvent à tort, se recueille, s'interroge, juge ses juges, et se dit tout bas: «On m'applaudit pour ce qui méritait, en réalité, d'être condamné! Je ne savais pas, j'étais inexpérimenté; l'illusion, ce mirage des belles âmes, me possédait; maintenant le temps a fait son oeuvre, et il ne me reste de ces saintes erreurs que celle qu'il faut nourrir toujours, bien qu'elle m'ait souvent trompé: l'amour du mieux pour l'humanité.»