‹ Cours familier de Littérature - Volume 20Chapitre 64 sur 77 · V.

V.

Et voyez plus bas combien son génie ne lui servait que pour mieux affirmer son Dieu et l'immortalité de son âme:

«Nous avions fait le tour du bois, nous tournâmes près de Tiefurt pour revenir à Weimar; nous avions en face de nous le soleil couchant. Goethe est resté quelques instants enfoncé dans ses pensées, puis il m'a cité ce mot d'un ancien:

«Même lorsqu'il disparaît, c'est toujours le même soleil!»

«Et il a ajouté avec une grande sérénité:

«Quand on a soixante-quinze ans, on ne peut pas manquer de penser quelquefois à la mort. Cette pensée me laisse dans un calme parfait, car j'ai la ferme conviction que notre esprit est une essence d'une nature absolument indestructible; il continue à agir d'éternité en éternité. Il est comme le soleil, qui ne disparaît que pour notre oeil mortel; en réalité il ne disparaît jamais; dans sa marche il éclaire sans cesse.»