‹ Cours familier de Littérature - Volume 21Chapitre 39 sur 192 · XV

XV

DE L'AVANTAGE DE L'ADVERSITÉ.

«Il nous est bon d'avoir quelquefois des peines et des traverses, parce que souvent elles rappellent l'homme à son coeur, et lui font sentir qu'il est en exil, et qu'il ne doit mettre son espérance en aucune chose du monde.

«Il nous est bon de souffrir quelquefois des contradictions, et qu'on pense mal ou peu favorablement de nous, quelque bonnes que soient nos actions et nos intentions. Souvent cela sert à nous rendre humble et à nous prémunir contre la vaine gloire.

«Car nous avons plus d'empressement à chercher Dieu, qui voit le fond du coeur, quand les hommes au dehors nous rabaissent et pensent mal de nous.

«C'est pourquoi l'homme devrait s'affermir tellement en Dieu, qu'il n'eût pas besoin de chercher tant de consolations humaines.

«Lorsque, avec une volonté droite, l'homme est troublé, tenté, affligé de mauvaises pensées, il reconnaît alors combien Dieu lui est nécessaire, et qu'il n'est capable d'aucun bien sans lui.

«Alors il s'attriste, il gémit, il prie, à cause des maux qu'il souffre.

«Alors il s'ennuie de vivre plus longtemps et il souhaite que la mort arrive, afin que, délivré de ses liens, il soit avec Dieu.

«Alors aussi il comprend bien qu'une sécurité parfaite, une pleine paix, ne sont point de ce monde.»

Voyez comme il développe cette maxime dans les chapitres suivants: