VIII
Goethe lut une sublime inspiration qu'il venait de rédiger en vers sibyllins, intitulée: _Nul être ne peut retomber dans le néant._ Sa profession religieuse de la constance de Dieu dans ses volontés y est admirable: c'est la même pensée qui me tomba de la main en écrivant à vingt ans à Byron:
Celui qui peut créer dédaigne de détruire!
Il se livre de nouveau à ses travaux de naturaliste: il parle avec un grand éloge du talent transcendant de M. Villemain, qui faisait alors un cours littéraire à la jeunesse française.
«Villemain a aussi comme critique, dit-il, un rang très-élevé. Les Français ne reverront jamais un talent égal à celui de Voltaire; mais on peut dire que, le point de vue de Villemain se trouvant plus élevé que celui de Voltaire, Villemain peut critiquer Voltaire et juger ses qualités, et ses défauts.»
On aime à voir un grand poëte rendre cette éclatante justice à un grand critique; cela efface d'avance les puériles négations de notre temps.