V
Ces chefs-d'oeuvre de madame de Surville lui avaient été révélés à lui-même à _Viviers_, petite ville du Vivarais, à son retour de la première émigration en 1795. Il passa alors quelques mois dans cette ville, et ayant été investi de l'héritage de sa famille dans la terre de Vessau, il y trouva de nombreux et curieux manuscrits qui encombraient, depuis deux siècles, les archives du château. Ces manuscrits de la main de madame de Surville, en langue moins française que romane, étaient à peu près illisibles pour lui. Un vieil arpenteur du pays, accoutumé par état de déchiffrer les registres et les documents féodaux, l'assista dans ces recherches et lui remit dans les mains les mémoires et les poésies de Clotilde. Il emporta ces deux trésors à Lauzanne en repartant pour son second exil. Les mémoires furent égarés par lui; on n'en a connu les principaux faits que par ses entretiens, et par les allusions dont ses poésies sont pleines. Les voici: