‹ Cours familier de Littérature - Volume 25Chapitre 19 sur 102 · I

I

Un des plus étranges phénomènes du monde politique, c'est cette monarchie spiritualiste fondée, sans le secours des armes, au centre de l'Italie, dans le quatorzième siècle, par la famille des Médicis.

L'Italie, à cette époque, était (ce qu'elle est encore aujourd'hui) une contrée en formation, un recueil vivant de municipalités tendant à se constituer en nation: républiques maritimes, comme à Venise et à Gênes; républiques militaires, comme à Pise, Lucques, Sienne, etc.; monarchies féodales, comme à Ferrare, Ravenne, Bologne; théocraties, comme à Rome; royautés ou vice-royautés, comme à Naples et en Sicile; tyrannies, enfin, comme en Lombardie et en Piémont.

Des familles puissantes, telles que les Visconti, les Scala, les Borgia, la maison d'Este, régnaient passagèrement sur ces diverses contrées. Cours lettrées et élégantes à Ferrare, immortalisées par le Tasse et l'Arioste; démocraties féroces à Florence et à Pise, soulevant l'empire par des assassinats ou s'écroulant dans des anarchies turbulentes: telle alors était l'Italie.