‹ Cours familier de Littérature - Volume 26Chapitre 99 sur 120 · II

II

Marie Stuart était la fille unique de Jacques V, roi d'Écosse, et de Marie de Lorraine, fille d'un duc de Guise. Elle était née en Écosse, le 8 décembre 1542. Son père était un de ces caractères aventureux, romanesques, galants, poétiques, qui laissent des traditions populaires de bravoure et de licence, dans l'imagination de leur pays, tels que François Ier et Henri IV, de France. Sa mère avait le génie grave, ambitieux et sectaire de ces princes de la maison de Guise, véritables Machabées des papes et du catholicisme de ce côté des Alpes.

Jacques V mourut jeune, en prophétisant à sa fille au berceau une destinée funeste. Cette prophétie était trop motivée par le sort d'une enfant livrée, pendant une longue minorité, aux dissensions d'un petit royaume, déchiré par les factions des grands seigneurs et du clergé, et convoité par un voisin aussi puissant que l'Angleterre. Le protestantisme et le catholicisme commençaient à ajouter à ces divisions le fanatisme des deux religions en présence. Le roi mourant avait, après de longues hésitations, adopté le parti catholique et proscrit le parti puritain. M. Dargaud voit, dans cette politique de Jacques V, la cause de la ruine de l'Écosse et des malheurs de Marie Stuart. Au premier regard, nous aurions été tenté de penser comme lui; mais, en regardant de plus près et en considérant, en politique, la situation générale de l'Europe, et la situation particulière de l'Écosse en ce moment, nous sommes resté convaincu que le parti catholique, adopté par le roi, était le seul parti de salut pour l'Écosse, si l'Écosse avait pu être sauvée. Ce ne fut pas le catholicisme de Marie Stuart qui perdit l'Écosse, ce furent sa jeunesse, sa légèreté, ses amours et ses crimes.