‹ Cours familier de Littérature - Volume 28Chapitre 103 sur 142 · IV

IV

L'évêque de Sarlat l'appela de ces humbles fonctions dans son diocèse, pour le faire nommer représentant du clergé de la province à l'assemblée générale du clergé.

La jeunesse de Fénelon fit échouer l'ambition de son oncle: un autre ecclésiastique de haute naissance obtint les suffrages. Fénelon reprit à Sarlat sa passion d'apostolat lointain et poétique pour la conversion des peuples.

«Je médite, écrit-il alors à Bossuet, un grand voyage. La Grèce s'ouvre devant mes pas; l'islamisme recule, le Péloponèse redevient libre, l'Église de Corinthe refleurit, la voix de l'apôtre s'y fait encore entendre. Je me vois transporté dans ces belles contrées, et parmi ces ruines sacrées pour y recueillir, avec les plus curieux monuments, l'esprit même de l'antiquité. Je visite cet aréopage où saint Paul annonça aux sages du monde le Dieu inconnu; mais le profane vient après le sacré, et je ne dédaigne pas de descendre au Pirée, où Socrate fit prendre sa république. Je ne t'oublierai pas, ô île consacrée par les visions du disciple bien-aimé, heureuse Pathmos! J'irai baiser ta terre sur les pas de saint Jean, et je croirai, comme lui, voir les cieux ouverts! Je vois déjà le schisme qui tombe, l'Orient et l'Occident qui se réunissent, et l'Asie qui voit renaître le jour, après une si longue nuit!»