‹ Cours familier de Littérature - Volume 28Chapitre 102 sur 142 · III

III

L'ardente imagination du jeune lévite devait naturellement le porter à l'héroïsme de sa profession. Il forma la résolution de s'enrôler parmi les missionnaires qui allaient convertir le Canada au christianisme, et de se consacrer, comme les premiers apôtres de l'Évangile, à la poursuite des âmes parmi les idolâtres, dans les forêts du nouveau monde.

Le directeur de Saint-Sulpice, homme sage et prudent, avertit le marquis Antoine de Fénelon de la résolution de son élève. On l'envoya chez un autre de ses oncles, évêque de Sarlat, qui lui défendit, au nom du ciel, de poursuivre ce dessein téméraire, et le fit rentrer au séminaire de Saint-Sulpice.

Le jeune homme ne tarda pas à devenir prêtre, resta à Paris, et fut employé, pendant trois ans, à expliquer les mystères aux enfants du peuple, les jours de fête et les dimanches, dans la sacristie de l'église Saint-Sulpice.