VIII
Fénelon entremêlait à ces travaux et à ces devoirs de sa profession des correspondances intimes, pleines d'onction sainte et d'enjouement avec ses amis. Il en avait déjà un grand nombre; le plus cher et le plus assidu était le jeune abbé de Langeron. Bossuet était pour lui plus qu'un ami, c'était un maître; mais un maître chéri autant qu'admiré.
Fénelon, l'abbé Fleury, l'abbé de Langeron, l'élite de l'Église et de la littérature sacrée suivaient Bossuet dans sa retraite de Germigny; ils partageaient ses loisirs sévères, ils recevaient les confidences de ses sermons, de ses oraisons funèbres, de ses traités de polémique; ils lui soumettaient leurs essais, ils s'enrichissaient de ses entretiens familiers, dans lesquels cet homme de premier mouvement était plus sublime encore que dans sa chaire, parce qu'il était plus naturel.
Ce furent les plus belles années de Fénelon; il était loin de supposer que les foudres sortiraient bientôt pour lui de ce cénacle où il ne respirait que la paix, la modestie et le bonheur.