‹ Cours familier de Littérature - Volume 28Chapitre 125 sur 142 · XXVIII

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Fénelon montra bientôt, dans cette crise de sa vie, que son âme était supérieure encore à son esprit.

Cependant la condamnation du livre des _Maximes_ n'arrivait pas. Rome hésitait, le pape Innocent XII dissimulait mal sa conviction secrète de l'innocence de Fénelon, de la pureté de ses moeurs, du charme de ses vertus. Les cardinaux chargés d'examiner son livre se partageaient en nombre égal pour et contre. Bossuet et Louis XIV intervinrent et dictèrent l'arrêt par une lettre impérative au souverain pontife.

Pendant que cette objurgation au pape partait, Louis XIV, devançant la condamnation, se faisait apporter solennellement le tableau des officiers de la maison du duc de Bourgogne, effaçait, de sa propre main, le nom de Fénelon du rang de précepteur, supprimait ses appointements et faisait fermer sa chambre à Versailles. Enfin la condamnation obtenue avec tant de peine de la justice et de la bonté d'Innocent XII arriva à Paris avec un cri de joie des ennemis de Fénelon à Rome.