‹ Des causes de l’infériorité de l’agriculture françaiseChapitre 3 sur 21 · CONDITIONS QUI SONT NÉCESSAIRES À LA RÉUSSITE D’UNE ENTREPRISE AGRICOLE

CONDITIONS QUI SONT NÉCESSAIRES À LA RÉUSSITE D’UNE ENTREPRISE AGRICOLE

Dans la question si complexe de la culture du sol, il est un certain nombre de conditions à remplir, sans l’application desquelles, des erreurs nombreuses, en apparence légères, se glissent partout et viennent détruire les espérances, qu’on avait conçues. L’expérience de chaque jour nous prouve combien une petite négligence atténue parfois beaucoup le résultat.

Pour démontrer l’importance de remplir ces conditions, nécessaires au bon résultat d’une entreprise agricole, examinons un peu ce qui se passe dans l’Industrie, sœur rivale de l’Agriculture. L’Industriel, ne remplira-t-il pas toutes les conditions, qui doivent assurer la réussite, ne cherchera-t-il pas un directeur, un contre-maître de sa fabrique, intelligent, probe, adroit, actif, etc., présentant en un mot des qualités morales, les meilleures possibles, et alors dans la majeure partie des cas, le succès ne sera-t-il pas attaché au bon choix de l’homme, qui doit diriger cette machine complexe.

Mais si le rôle de l’Industrie est grand, combien l’est davantage celui de l’Agriculture ; l’Industrie présente ses avantages, mais ne s’efface-t-elle pas devant celle qui nourrit les populations nombreuses, qui demande pour l’exploiter, tout ce qu’il y a d’intelligence, d’activité, etc., dans un homme afin d’éviter ces mécomptes terribles qui sont le propre de tous ceux qui veulent la travailler, sans en avoir préalablement étudié minutieusement les besoins, les aptitudes, la richesse et la fertilité, sans en avoir pour ainsi dire pénétré la nature mystérieuse, sans être enfin doués, de ce qu’on appelle le génie agricole.

Le rôle de l’Agriculture a bien changé, depuis la condensation des populations, dans les cités manufacturières, et l’abandon des champs par une grande quantité de travailleurs. Des besoins nouveaux se sont bientôt manifestés, ils ont modifié les pratiques agricoles. Le plus important de tous est, sans contredit, l’augmentation progressive et rapide de la consommation de la viande. Nous avons trouvé, en Angleterre, les matériaux propres à combler le déficit sans cesse croissant, qui s’opérait sur les marchés de boucherie et nous avons importé le Durham et les races analogues d’une part, le Coustwolt, le Diskley, etc., parmi les races ovines d’autre part. Nous avons amélioré nos animaux, à ce point de vue, et nos races de boucherie n’ont rien à désirer aux meilleures races anglaises.

Nous avons dit, qu’il fallait observer des conditions, pour constituer une pratique agricole rationnelle ; ces conditions sont de deux ordres : conditions matérielles et conditions morales.

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