‹ Dictionnaire de la langue verteChapitre 13 sur 16 · C

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CABE. Elève de troisième année à l'Ecole normale.

CABOT. Argot militaire. _Elève-cabot_, élève caporal. _Cabot_ pris absolument dans le sens de caporal est inusité. (Ginisty: _Manuel du réserviste_.)

CABRIOLET. Petite boîte servant à classer des fiches.

CADRE. «Le personnel du service de la police de sûreté.--Lettre supposée, écrit apocryphe. «J'estime qu'aucun de vous, quand vous en aurez pris connaissance, ne s'imaginera que c'est une lettre supposée, un cadre, comme nous disons dans notre argot de journalisme.» (XIXe _Siècle_, 1881.)

CAFARD. Argot militaire. Insecte qui travaille la tête d'un officier et le rend intolérable pour ses hommes. Par extension, l'officier lui-même, atteint de cette infirmité. (Ginisty: _Manuel du réserviste_.)

CAGE. Tête. _Ne plus avoir de mouron sur la cage_, être chauve.

CAGNE. Mauvais chien. «Dans la bonté des chiens, il y a des bizarreries inouïes; les disgraciés sont quelquefois les intelligents et, dans la même portée, il y a trois cagnes pour un bon chien.» (Carteron: _Premières chasses_.)

CAGNER. Faire la cagne; reculer devant une besogne difficile ou dangereuse. (Littré).

CAÏMAN. Maître, surveillant. Argot des élèves de l'Ecole normale. «Je rentrai si en retard, que le père Estiévant, le portier, qui me vendait du chocolat, fut obligé de me marquer tout comme un autre sur sa liste. Je pensais avoir une excuse et je l'exposai au caïman...» (_Gaulois_, 1880.)

CAISSE NOIRE. Fonds secrets mis à la disposition du Ministre de l'Intérieur et du Préfet de police. «Croyez-vous que l'argent de la caisse noire ne pourrait pas être plus utilement employé?» (_Figaro_, 1882.)

CALEBASSE. Secret. _Vendre la calebasse_, révéler le secret. (Littré.)

CALÉ (Être). Dans l'argot des écoles, cette expression est synonyme de savoir ses leçons, ses cours, connaître à fond les matières d'un examen.

CALIC. Commis de magasin de nouveautés. Abr. de _Calicot_.

CALIN. Tonnelet d'étain dont se servent les marchands de coco. Le tonnelet lui caresse, lui câline le dos. (Richepin.)

CALOT. Argot des commis de nouveautés: acheteur difficile, ennuyeux à servir. «Dans notre argot, nous appelons la femme qui nous énerve, un calot.» (P. Giffard.) V. Delvau. Suppl. _Madame Canivet_.

CALOTTE. Assiette creuse. Sorte de pâtisserie où il entre des confitures. «Vous vous imaginez peut-être qu'il est question de quelques petites friandises dont on nous donnait de nombreuses indigestions durant notre jeunesse et qui portaient ce nom si joli, si gracieux, si adorable de petites calottes; il y avait là-dedans des confitures.» (_Gazette des Tribunaux._)--Pot de confiture ayant la forme d'une grande calotte sans anse ni oreilles. (Littré.)

«Les calottes dont nous nous entretenons sont des pots de confitures.» (_Gazette des Tribunaux_, avril 1874.)

CALYPSO (Faire sa). Faire des manières, des embarras. C'est la variante savante de _faire sa tête_.

«Tu peux r'tourner à ton potage! Ah! monsieur fait sa Calypso! En v'la z'un muf!...»

(_L'entr'acte à Montparnasse._)

CAMBRIOLE. Boutique. (Richepin.)

CAMBROUSER. Servir comme domestique. (Richepin.)

CAMEMBERT. Montre. Argot du peuple.--«Quelle heure avez-vous à votre camembert?--Mon ca...?--Ah! c'est vrai! vous parlez correctement, vous. J'ai voulu dire votre montre.» (_Vie parisienne_, novembre 1883.)

CAMERLUCHE. Camarade. (Richepin.)

CAMOUFLÉ (Être). Avoir reçu les derniers sacrements. «Dès qu'il fut, suivant la pittoresque expression, camouflé, c'est-à-dire dès qu'il eut reçu le sacrement de l'Extrême-Onction...» (Humbert: _Mon bagne_.)

CAMPÊCHE. Vin. «Pourvu qu'on ait du campêche à douze sous le litre...» (_Figaro_, 1882.)

CANNE (Vieille). «Quels gens appelez-vous vieilles cannes?--Les repris de justice.» (Barron: _Paris-Etrange_.)

CANULARIUM. Argot des élèves de l'Ecole normale. Sorte d'investiture; épreuves que subissent à l'Ecole les nouveaux venus. Dans le numéro du 13 novembre 1887 du journal _La Paix_, M. Joseph Montet a fait une curieuse description de cette cérémonie.

CANULEUR. (V. Delvau, _Canule_.)

CAP (Doubler le). Faire un détour pour éviter un créancier. (V. Delvau: _Rue barrée_.)

CAPITAL. Vertu, virginité de la femme. Le mot a été créé par M. Alexandre Dumas. «Généralement, c'est une femme dont le capital s'est perdu depuis de longues années.» (Théo-Critt: _Nos farces à Saumur_.)

CAPONNER. Argot des écoles. Rapporter au maître les fautes de ses condisciples.

CARABINIER DE LA FACULTÉ. Pharmacien.

CARFOUILLER. Fouiller jusqu'au fond, dans tous les sens. «Il délibéra longtemps avec lui-même pour savoir... s'il lui carfouillerait le cœur avec son épée ou s'il se bornerait à lui crever les yeux.» (_Figaro_, 1882.)

CAROTTAGE. (V. Delvau: _Carotte_.)

CAROUBLAGE. Sorte de vol. (V. Delvau: _Caroubleur_.)

CARPE (Faire la). S'évanouir, se pâmer.

CARRÉ. Elève de seconde année à l'Ecole normale.

CARTOUCHIÈRE A PORTÉE. Réservoir de cartes que les grecs placent sous leur gilet et où ils trouvent classées et numérotées toutes les portées possibles.

CASER. Abrév. de casernement. Argot des élèves de l'Ecole Polytechnique.

CASQUEUR. Argot des coulisses. Le public payant, par opposition aux billets de faveur et au service de presse.

CASSER SON LACET. Abandonner sa maîtresse, rompre toutes relations avec elle. «Alors, c'est dit, nous cassons notre lacet?» (Huysmans: _Les Sœurs Vatard_.)

CASSER (A tout). Considérable, fantastique, inouï. «Le public voit la quatrième page de son journal occupée par la réclame à tout casser du grand bazar.» (Giffard: _Les grands bazars_.)

CASSER SA BOUTEILLE. Expression populaire datant de l'année 1885; c'est vouloir se donner de l'importance, se gonfler, se faire aussi gros que le bœuf... et n'y point réussir.

CASSEROLE. Prostituée. «La casserole en argent est celle qui constitue à son amant de cœur un revenu quotidien de vingt à cinquante francs.» (_Réveil_, juin 1882.)

CASTAPIANNE. Blennorrhée. Argot militaire.

CASTORISER (Se). Argot des officiers de marine. Ne pas embarquer; rester sur le plancher des vaches, pourvu d'un poste soit au ministère, soit autre part.

CATO. Maîtresse. «Alors comme il (le souteneur) n'a plus d'argent, il en demande à sa cato qui devient rapidement sa marmite.» (_Voltaire_, 1881.)

CAVALERIE (Grosse). Cureurs d'égout. Allusion à leurs bottes.

CAVALIER SEUL. Danse plus ou moins échevelée qu'on exécute seul, dans un quadrille, en face des trois autres personnes qui complètent la figure. «Peu à peu, elle se laissa aller à exécuter un étourdissant cavalier seul.» (_Vie Parisienne_, 1881.)

CAVIAR. Ce mot, sans doute trouvé dans un restaurant à la mode, avait la prétention de détrôner _V' lan_, _Pschutt_ et _Bécarre_, tous vocables aussi idiots d'ailleurs et synonymes d'élégance, de chic. Comme ses aînés, _Caviar_ n'a point eu de succès; il est mort en bas-âge. «On dit d'une demoiselle ultra-chic qu'elle est on ne peut plus Caviar.» (_Charivari_, 1886.)

CENTRAL. Bureau télégraphique de la place de la Bourse, à Paris. Argot des employés du ministère des Postes. _Être nommé au Central._--Elève de l'Ecole centrale; un central, des centraux. «Les élèves de l'Ecole centrale se sont livrés hier à une fantaisie que la police a eu le bon goût de ne pas gêner... Les centraux se sont réunis sur la place de la Bastille, et, se formant en monome...» (_Rappel_, 1881.)

CENTRIOT. Surnom, sobriquet, «Il a surtout le génie des centriots (surnoms). C'est lui qui a donné à un pâle gringalet, mauvaise langue et joueur de méchants tours... le joli surnom de Fleur de teigne.» (Humbert: _Mon bagne_.)

CERISE. Ouvrier maçon des environs de Paris (Littré). «Messieurs, ce n'est pas là une appellation insultante; nous appelons marchands de cerises, les ouvriers de la banlieue de Paris, ceux qui nous environnent.» (Nadaud: _Journal officiel_.)

CERISIER. Petits chevaux de louage, ainsi nommés parce qu'ils portent ordinairement les cerises de Montmorency aux marchés de Paris. «Sterny sur un cerisier, Sterny en compagnie d'une grosse dame à âne.» (Soulié: _Le Lion amoureux_.)

«Les Cerisiers de Montmorency sont les petits chevaux pacifiques qu'on loue pour se promener dans les environs; autrefois, ils transportaient des cerises; de là leur nom.» (_Rappel_, 1874. V. Littré.)

CHABROL. Mélange de bouillon et de vin.

CHA-FUST. Cours de machine professé à l'Ecole navale. Argot de l'Ecole. «Chacun de ces cours, outre son titre officiel, porte un nom spécial pour les élèves du _Borda_. Le cours de machine est le cha-fust, mot formé par onomatopée... Naturellement les professeurs empruntent leur titre au nom du cours.»

On dit: le _chafustard_... (_Illustration_, septembre 1885.)

CHAIREZ! Hardi! Courage! Cette interjection se trouve dans l'ouvrage d'Alph. Humbert intitulé: _Mon bagne_.

CHALEUR! Exclamation qui sert à marquer la surprise, le mépris, l'intention de ne pas faire telle ou telle chose. S'emploie toujours ironiquement; elle est synonyme de _Maladie!_ ou de _ça ne serait pas à faire!_ «Dans le Casino susdit, on jouerait le baccarat et les dames seraient admises! Oh! chaleur!» (Le _Joueur_, 1881.)

CHAMBARD. Bruit, tapage, «Il est de tradition à l'Ecole (Polytechnique) que, à la rentrée, les anciens démolissent les meubles des nouveaux, jettent leurs oreillers et leurs matelas par les fenêtres et dispersent leurs affaires. C'est ce qu'on appelle faire le chambard.» (_Temps_, 1881.)

CHAMBARDEMENT. Renversement, bris.

«Gambetta, vil objet de mon ressentiment, Ministres ennemis de tout chambardement, Sénateurs que je hais...»

(_Événement_, 1881.)

CHAMBARDER. Faire du bruit, du _chambard_. «Vous aurez la complaisance cette année de ne pas tout chambarder dans l'Ecole (Polytechnique), comme vous en avez l'habitude...» (XIXe _Siècle_, 1881.)

On dit familièrement en Bretagne _chambarder_ pour: remuer, bousculer quelqu'un ou quelque chose. (V. Delvau: _Chambarder_.)

CHAMBRER. Perdre, voler. Argot des grecs.

CHAMP. Argot de sport. L'ensemble des chevaux qui se présentent pour figurer dans la même épreuve. Parier pour un cheval contre le champ, c'est parier pour un cheval contre tous ses concurrents. (Littré.)

CHAMPS. Champs-Elysées. Argot des filles, des souteneurs et de toute la population interlope qui, la nuit venue, fait élection de domicile aux Champs-Elysées.

CHAND, CHANDE. Marchand, marchande.

CHANDELLE (Faire une). Lancer une balle en hauteur de telle sorte qu'elle puisse facilement retomber dans les mains des joueurs. Argot des enfants. Allusion à la chandelle romaine, sorte de fusée.

CHANDELLE (Faire fondre une). Boire une bouteille de vin. «La chiffonnière faisait alors un bout de toilette avant d'aller faire fondre une chandelle dans le sous-sol du père Grandesomme.» (_Réveil_, 1882.)

CHANDELIER. Souteneur de filles. «Dans l'argot des voleurs, un chandelier signifie un souteneur de filles.» (_Figaro_, janvier 1886. V. _Infra_: _Relever le chandelier_.)

CHANOINE. Récidiviste des maisons centrales.

CHAPEAU. Homme de paille, remplaçant sans titre sérieux. «Ce ne sont pas des chapeaux que j'ai laissés à mon siège d'administrateur (de compagnie financière), mais bien des titulaires réels.» (_Journal officiel belge_, mars 1874, cité par Littré.) Cet emploi vient de l'habitude, dans les bals, de marquer sa place en y laissant son chapeau.

CHAPELLE. Coterie.

CHARGER. Verser du vin, remplir un verre de liquide. «Charge-moi vite une gobette de champoreau.» Traduction: Sers-moi un verre de café additionné d'eau-de-vie. (_Réveil_, 1882.)

CHARRETÉE. (En avoir une). Être complètement ivre.

CHARRIER. Chercher à savoir.

CHARRIEUR, adj. Curieux.--Subst. Individu qui se tient aux abords de certains cercles pour le compte desquels il racole les joueurs. «Ces nobles personnes ont toujours deux ou trois _grecs_ à leur solde. Elles ont aussi des _charrieurs et des charrieuses_ qui sont chargés de rabattre les pigeons.» (_Henri IV_, 1881.)

CHARTREUSE DE VIDANGEUR. Demi-setier de vin rouge.

CHASSELAS. Vin. «Je prendrais bien quelque chose de chaud. Est-ce qu'il y a du chasselas sur le feu, madame Antoine?» (Huysmans: _Sœurs Vatard_.)

CHASSEUR. Domestique, petit groom qui, dans les cafés et restaurants bien tenus, est à la disposition des consommateurs, pour faire leurs commissions.

CHATEAU. Abrév. de _Châteaubriand_. (V. Delvau.)

CHATON. Petit chat. Individu charmant. (Richepin.)

CHATOUILLAGE AU ROUPILLON. Vol au poivrier.

CHATTE. Pédéraste. Argot des voleurs. Terme injurieux que s'adressent les enfants des rues.

CHAUFFER UN ÉLÈVE. Lui appliquer des moyens d'instruction qui hâtent ses connaissances aux dépens du développement total. (Littré.) «Il ne réussit qu'après avoir été chauffé dans une maison spéciale, par un professeur qui lui mâchait ses devoirs.» (Pellerin: _Le roman d'un blasé_.)

CHEF DE CALOTTE. «Dans les pensions militaires, on appelle chef de calotte le plus ancien et le plus élevé en grade des officiers qui mangent ensemble...» (H. Malot: _Le lieutenant Bonnet_.)

CHEMISE RONDE. Argot des troupiers qui désignent ainsi le civil, l'individu qui n'est pas soldat. _Engager dans les chemises rondes_, ne pas s'engager ou se réengager, rester dans la vie civile.

CHEVAL DE CORBILLARD (Faire son). Faire le malin, poser.

CHEVALIER DU BIDET. Souteneur.

CHEVEU. Argot des coulisses. Mot dit pour un autre quand la langue vous fourche: «Majesté, votre sire est bien bonne!»--Travail difficile, ennuyeux.--_Voilà le cheveu_; voilà la difficulté.

CHEVEUX (Se faire des). S'inquiéter, se tourmenter.

CHIBIS! Attention!

CHIEN (Faire le). Dans l'argot des cordons bleus, c'est suivre Madame au marché avec un panier dont, en pareil cas, on ne peut faire danser l'anse. «Une cuisinière à une de ses amies: Du moment qu'on ne fait pas le chien, la maison me va!» (_Figaro_, 1882.)

CHIER. Mot élégant qu'emploient les enfants qui, jouant aux billes, manquent leur coup. _J'ai chié_, je n'ai pas attrapé la bille.

CHIER DANS LA VANETTE. Argot militaire. Être sans gêne.

CHIFFONNAGE. Le contenu de la hotte du chiffonnier. «On trouva une quantité étonnante de chiffonnage dans les trois hottes.» (_Clairon_, 1881.)

CHINAGE. Action de faire la chine.--Plaisanterie.

CHINE. Sorte de vol.

CHINER. Travailler. (Richepin.)--Plaisanter.

CHIOTTES. Cabinets d'aisances.

CHIPOTER. Être regardant, liarder. «Il doit également ne jamais chipoter sur le prix des consommations.» (_Frondeur_, 1880.)

CHIQUE (Coller sa). Argot des enfants qui se servent surtout de cette expression au jeu dit de saute-mouton. _Colle ta chique et fais le mort._

CHOCOLAT. Naïf, crédule. Argot des voleurs et principalement des joueurs de bonneteau. «Ils (les bonneteurs) s'associent à trois: celui qui _fait le chocolat_ et qui est chargé de commencer la partie, de l'allumer en jouant; l'_enquilleur_ ou _lourdier_ qui tient la portière de la voiture, invitant les voyageurs à monter dans le compartiment, et, enfin, le _patineur_, qui monte lorsqu'il n'y a plus qu'une place et qui doit tenir les trois cartes.» (_Temps_, 1886.)

CHOLÉRA. Débris de fromages. Argot du peuple.

«--Que désire monsieur?

«--Deux sous de choléra, s'il vous plaît!

«On peut entendre cette demande et cette réponse s'échanger chez certains marchands de fromage, soit aux alentours des halles, soit dans les grands quartiers populeux.

«Or, qu'est-ce que le choléra? Ce sont les rognures, les bribes, les miettes des divers fromages que les marchands recueillent à la fin de chaque journée à l'étalage et sur les tables de service.» (_Figaro_, oct. 1886.)

CHOUTER. Caresser. (Richepin.)

CIBOULOT. Tête. Argot du peuple.

CINQ A SEPT. Argot des gens mondains. Réceptions, visites entre intimes. Elles ont lieu avant le dîner, de cinq à sept heures du soir. «Madame du Deffand qui fut une des fondatrices de ce que nous appelons de nos jours des cinq à sept. (_Gaulois_, 1882.)

CINTIÈME. Casquette à ponts. (Richepin.)

CIRAGE. Eloge; réclame élogieuse, compte rendu sur le mode dithyrambique.

CIRER. Faire un éloge outré de quelqu'un ou de quelque chose.

CITADELLE (Grande). Gardien-chef dans une prison. Argot des malfaiteurs. «Il paraît que, dans le Dictionnaire de la prison, grande citadelle signifie gardien chef.» (_Gazette des Tribunaux_, août 1883.)

CITROUILLE. Argot militaire. Cavalier-dragon.

CLAQUE. CLAQUE-DENTS. Restaurant de bas étage.

CLAQUE-PATIN. Individu dont la savate claque contre le talon. (Richepin.)

CLEF (Perdre sa). Avoir la colique.

CLEPTOMANIE, «On imagina le mot de cleptomanie, ou manie du vol, pour désigner l'état de ces voleuses maladives.» (Giffard: _Les grands bazars_.)

CLICHÉ (Tirer son). Argot des typographes. «Quand un compositeur fait une réplique ou un propos toujours le même, on dit: c'est un cliché. _Tirer son cliché_ est synonyme d'avoir toujours la même raison à objecter, dire constamment la même chose.» (_Typologie-Tucker_, juin, 1886.)

CLIGNOT. OEil. _Baver des clignots._ Pleurer.

CLIQUE. Argot militaire. Le soldat qui joue du clairon.--Musique militaire.

CLIQUETTE. Oreille.

COCASSE. Drôle, amusant.

COCOTER. Faire la cocote, la fille galante.

COL-DE-ZING. Qualificatif qu'avaient reçu il y a deux ans les jeunes élégants. Le mot n'a pas vécu. «Gaston de Chauvigné, un de nos cols-de-zing les plus affirmés...» (_Charivari_, avril 1887.)

COLLER UNE DOUCE (Se). Se masturber. Rigaud dit: _Se coller un rassis_.

COLLETINER. A aussi, dans le peuple, le sens plus étendu de porter un fardeau quelconque.

COLON (Petit). Argot militaire. Abréviation de lieutenant-colonel.

COLTINEUR, EUSE. Fainéant, mauvais ouvrier. «C'est sûrement pas pour des coltineuses de votre espèce qu'on ferait des sacrifices!» (Huysmans: _Sœurs Vatard_.)

CON. Monosyllabe injurieux que le peuple a constamment à la bouche et qu'il emploie à propos de tout et à propos de rien.

CONDÉ. Influence. «Ils avaient accaparé les meilleurs postes, ceux qui procurent le plus de condé (influence). (Humbert: _Mon bagne_.)

CONFORTABLE. Verre de bière.

CONNAÎTRE DANS LES COINS (La). C'est la variante de l'expression citée par Delvau: _Connaître le numéro_.

CONSCRAR. Elève de première année à l'Ecole Polytechnique. «C'est la première chose que les anciens apprennent aux conscrars lorsqu'ils arrivent à l'école.» (_Gil Blas_, 1882. V. Delvau: _Conscrit_.)

CONSCRIT. Normalien de première année.

CONSOLATION. Jeu de hasard à l'usage des filous. «Au lieu du rendez-vous, on jouait la consolation, partie qui consiste à diviser un tapis vert en cases, au moyen de lignes tracées à la craie, à numéroter chaque compartiment depuis un jusqu'au chiffre maximum que peuvent produire un certain nombre de dés et à payer enfin à chaque individu le montant de la mise qui se trouve dans la case que désigne la somme des points amenés par le coup de dés.» (_La Loi_, 1882).

CONSULTER LAROUSSE, ou, pour parler plus clairement: consulter le Dictionnaire rédigé par M. Larousse. Argot des écoles. Je vais consulter Larousse à la bibliothèque, disent à leurs parents les jeunes collégiens de seize à dix-huit ans. Et au lieu de se rendre à la bibliothèque Sainte-Geneviève ou dans un cabinet de lecture, ils s'en vont tout droit... à la plus proche brasserie desservie par des femmes. «Les tout jeunes gens y vont (dans ces brasseries) sous prétexte de boire un bock et de consulter le Dictionnaire Larousse. Aujourd'hui, ces deux mots: _Consulter Larousse_ ont, dans le langage des lycées, un sens sur lequel je n'ai pas besoin d'insister.» (_La Ligue_, juillet 1885.)

CONTER QUELQUE CHOSE AU PERRUQUIER DES ZOUAVES. Argot militaire. Ne pas croire à cette chose.

COPURCHIC. Elégant, homme qui donne le ton à la mode. Ce mot, un des derniers mis en circulation, vient de «pur» et de «chic», le premier indiquant la perfection absolue du second. La syllabe _co_ ne vient là que pour l'euphonie. «Le copurchic ne parle plus argot; il se contente de parler doucement, lentement...» (_Figaro_, 1886.) «Le petit vicomte de X, un de nos plus sémillants copurchics...» (_Gil Blas_, juillet 1886.)

De _copurchic_ est dérivé _copurchisme_ qui désigne l'ensemble des gens asservis à la mode. «Les élégantes de copurchisme veulent, elles aussi, donner une fête au profit des inondés.» (_Illustration_, janvier 1887.)

COQUEMART. Chaudron. (Richepin.)

COQUILLARD. OEil. _S'en tamponner le coquillard_, s'en battre l'œil, s'en moquer.

CORBILLARD DE LOUCHERBEM. «Et voici, pour corser tous ces parfums et leur donner la note aiguë, voici passer au galop le corbillard de loucherbem, l'immonde voiture qui vient ramasser dans les boucheries la viande gâtée.» (Richepin.)

CORIO. Fontaine. Argot des élèves de l'Ecole Polytechnique. C'est le général Coriolis qui fit installer des fontaines dans les cours de l'Ecole.

CORPS DE POMPE. L'ensemble des professeurs de l'Ecole de Saint-Cyr. «Ceux qui savent quelques bribes de dessin, pochent en quatre traits la caricature du corps de pompe.» (Maizeroy: _Souvenirs d'un Saint-Cyrien_.)

CORRECTEUR. Argot des établissements pénitentiaires. Détenu qui est chargé d'exercer une surveillance sur ses camarades.

COSTUME (Faire un). Argot théâtral. Applaudir un acteur dès son entrée en scène et avant même qu'il ait pu prononcer une parole.

COTE. Terme de course. Tableau sur lequel les bookmakers indiquent les alternatives de hausse et de baisse qui ont lieu sur les chevaux qui prennent part à des courses. «Les paris à la cote sont les seuls autorisés, depuis que les paris mutuels, reconnus jeux de hasard ont sombré par-devant la police correctionnelle.» (_Carnet des courses._)

CÔTIER. Cheval de renfort. Homme qui le conduit. «Plus curieux encore sont les côtiers, c'est-à-dire les chevaux de renfort pour les montées.» (_Estafette_, 1882.)

COUCHE (En avoir une). Sous-entendu, de bêtise. Être inintelligent.

COUDE (Ne pas se moucher du). Se faire valoir. Expression ironique.

COUP (Valoir le). Mériter attention. Valoir la peine.

COUP DE CACHET. «Un jeune premier suivant le cœur de M. Zola... a sournoisement introduit un couteau entre les épaules de son rival... en imprimant à son arme, s'il en faut croire l'acte d'accusation, un mouvement de rotation destiné à donner au coup une force inévitablement mortelle. C'est ce que M. Huysmans appelle le coup de cachet.» (L. Chapron.)

COUPE-FILE. Carte délivrée par la Préfecture de police aux membres du corps diplomatique, aux ministres, aux personnages de distinction et qui sert à couper les files de voitures, à circuler ou à stationner dans des endroits où le public ne peut ni circuler, ni stationner.

«Tu ne verras pas, conduisant Leur bois peint, tout frais reluisant, Un groom en croupe, Avec un coupe-file, au Bois, Des gens qui faisaient autrefois Filer la coupe!»

(_Clairon_, 1882.)

COUPE-GUEULE. V. _Biboire_.

COUPER DANS LE CEINTURON. Même signification que _Couper dans le pont_. (V. Delvau.) «Une vieille ambitieuse qui est simple marchande des quatre saisons, et que j'ai coupé dans son ceinturon.»

(_Gazette des Tribunaux_, 1881.)

COUPER LA VERTE, L'ALFA. Argot militaire. Boire de l'absinthe.

COURRIER DE LA PRÉFECTURE. Voiture cellulaire.

COUTURES (Rabattre les). Battre. Argot des écoliers. «Selon l'usage, on voulut commencer par lui rabattre les coutures, c'est-à-dire le brimer à coups de poing.» (A. Theuriet: _Michel Verneuil_.)

COUVERTURE.--Dans le jargon militaire, la couverture, mot tout récent, signifie l'ensemble des troupes et des ouvrages de fortification qui couvrent une frontière et sont destinés à soutenir un premier choc. «Surtout ne dites pas que le général Février a le commandement de la couverture.» (_Figaro_, mars 1887.)

CRAMPONNER (Se). Être saisi d'étonnement, d'admiration. _Cramponne-toi, Gugusse_, est une phrase ironique que le peuple emploie souvent en s'adressant à quelqu'un pour l'avertir qu'il va voir ou entendre quelque chose d'extraordinaire.

CRAN. (Se serrer d'un). Se priver de. Se serrer le ventre, ne pas manger à sa faim.

CRAYON. Commis boursier, employé d'agent de change, «Habile, finaud, un des malins crayons de la coulisse, Luzy n'avait pas le grand flair de Blancheron.» (De Goncourt: _La Faustin_.)

CRAVACHE (Être à la).--On se sert aussi de cette expression d'abord pour exprimer l'état de quelqu'un qui, riche, se trouve dans une situation sinon précaire, tout au moins bien au-dessous de celle qu'il possédait, au point de vue de la fortune s'entend. «La nouvelle du jour est le mariage d'une demi-mondaine très décatie, mais fort riche, avec un clubman très titré, mais fortement à la cravache depuis le krack.» (_Gil Blas_, juin 1887.)

CRÉTINISÉ (Être). Être ébaubi, stupéfait d'admiration, «--C'est la plus belle créature de notre temps.--J'en suis crétinisé!» (_Vie Parisienne_, 1882.)

CREVANT. Très drôle, à crever de rire.

CROIX DE DIEU. Alphabet. «Je connaissais la croix de Dieu. La croix de Dieu, vous le savez, n'est rien moins que l'alphabet avec une belle croix au commencement.» (B. Pifteau.)

CROTAL. Sergent à l'Ecole Polytechnique. «L'on s'installe par demi-section présidée par un crotal. Le crotal c'est le sergent.» (_Gil Blas_, juin 1882.)

CROTTARD. Trottoir. V. plus bas _Magasin_.

CUIRE (Se faire). Se faire arrêter.

CUL LEVÉ. Partie d'écarté à trois où deux des joueurs s'entendent pour dépouiller le troisième.

CULASSES MOBILES (Revue des). Argot militaire. Inspection médicale qui a lieu tous les mois.

CULBUTANT. Pantalon. (Richepin.)

CULOTTE ROUGE (Donner dans la). Choisir ses amants dans l'élément militaire.

CYLINDRE. Chapeau haute forme.

D

DANDÉE. Coup, frottée. (V. Delvau: _Dandinette_.)

«Qui a composé cette chanson? C'est un Cotric tourangeau Par joie et satisfaction D' la dandée de ce Morvandiau.»

(Chanson, 1884.)

DANSE. Puanteur. (V. Delvau, _Danser_.)

DARIOLE. Pâtisserie commune. _Darioleur_: pâtissier.

DAVID. Casquette de soie. Du nom du bon faiseur. «Parlant argot, portant les rouflaquettes bien cirées, la blouse de fil tirée aux épaules, le David crânement posé sur le front...» (Humbert: _Mon bagne_.)

DÉBALLER DES FONDS DE CHAPEAUX (Faire). Ennuyer, obséder quelqu'un, dans l'argot des placiers et des commis voyageurs.

DÉBECTANT. Ennuyeux, désagréable. «Mentor qui connaissait tout le fourbi, dit alors à Télémaque: C'est débectant, mais au fond, ça ne fait rien...» (A. Leroy: _Les mistouf's de Télémaque_.)

DÉBECQUETER. Vomir.

DÉBOULER. Accoucher.

DÉBOUCLEUR DE LOURDES. Voleur qui a la spécialité de fracturer tes portes.

DÉBOURRER. Jargon des maquignons. Cheval débourré, cheval qui a perdu l'embonpoint factice qu'on lui avait donné pour le vendre. «Au bout de quelque temps, les fraudes se découvrent, l'embonpoint factice s'affaisse, les côtes reparaissent, et la bête est ce qu'on appelle débourrée...» (_Siècle_, 1867. Cité par Littré.)

DÉBRIDER. Autoriser, permettre. Argot des forains. (V. _supra_, Brider.)

DÉBROUILLE. Argot des enfants. Débarras. S'emploie surtout dans le jeu de billes. Quand devant une bille visée se trouve un obstacle quelconque, un caillou, du sable, l'enfant qui vise s'écrie: _débrouille!_ et aussitôt il ôte l'objet qui le gênait, à moins que son camarade n'ait crié avant lui: _sans débrouille!_

DÉCARREMENT. Evasion. (V. Delvau: _Décarrade_.)

DÉCATISSEMENT. Mot plus trivial qu'argotique et synonyme de décrépitude, d'affaiblissement. «De là,--toujours style des jolis gommeux,--ce décatissement inouï, accompagné de phénomènes comateux...» (De Montépin: _Sa Majesté l'Argent_.)

DÉCIMADORÈS. Cigare de dix centimes. «--Cochon de cigare!--En voulez-vous un autre?--Volontiers. Les miens sont pourtant d'une bonne marque; des décimadorès de choix!» (_Charivari_, juillet 1884.)

DÉCOLLER (Se). Manquer, ne pas réussir, ne pas avoir lieu. «Voilà que le banquet du 13 se décolle!» (_Bataille_, 1882.)

DÉCULOTTER. Faire faillite.

DÉFLAQUE. Excrément. (Richepin.)

DÉGLINGUER. Détériorer.

DÉGOMMER. Mourir. _Dégommé_, mort. _Quart des dégommés_, commissaire des morts.

DÉGRINGOLER DE LA MANSARDE. Sentir mauvais de la bouche.

DÉGRINGOLEUR, EUSE. Voleur, euse. «Malgré la réputation de dégringoleuse de la prévenue, le vol du chronomètre n'a pas été suffisamment établi à sa charge.» (_Gazette des Tribunaux_, août 1884.)

DÉGUEULATOIRE. Repoussant, dégoûtant, qui donne envie de dégueuler.

DÉGUEULADE, DÉGUEULAGE, DÉGUEULIS. Vomissement. Dégueulage a aussi, dans le peuple, le sens de cravate.

DEMI-CASTOR. «Demi-castor est devenu un terme courant sous lequel on désigne une personne suspecte, équivoque, sous des dehors soignés; mais en grattant le castor on trouverait le lapin.» (_Figaro_, janvier 1887.)

DEMI-POIL. Demi-vertu. «Allez donc établir une distinction quelconque entre une marquise célébrée par les reporters de salon et une fille de demi-poil.» (L. Chapron.)

DEMI-TOUR. Jargon des élèves de l'école de Saint-Cyr. Le demi-tour est une sorte de brimade qui consiste à jeter bas de leurs lits les nouveaux élèves et à renverser leur literie. «Le soir, les élèves se livrèrent à ce qu'ils appellent le demi-tour.» (_Evénement_, juillet 1884.)

DÉPOTER. Accoucher. «Une tante qui, sans être sage-femme, était experte en ce genre d'ouvrage, dépota l'enfant.» (Huysmans: _A vau-l'eau_.)

DÉRAILLER. Divaguer.

DÉROBER. Argot de turf. Un cheval se dérobe quand il s'écarte de la piste.

DESCENDRE. Expression théâtrale en usage dans les répétitions. C'est aller dans la direction de la rampe.--Terme de turf; quand un cheval appelé à courir acquiert une plus value, on dit qu'il descend, parce qu'en effet la proportion dans laquelle on pariait contre lui tombe. Ainsi, un cheval qui hier était coté à 7 contre--1, et qui est aujourd'hui à 5 contre--1 est un cheval qui descend (Littré.)

DESCENDRE DES TRAVAUX. Argot ouvrier. Travailler d'arraché pied. «Le patron avec qui nous avons traité... était étonné de la façon dont nous avons descendu les travaux...» (_Enquête de la Commission extra-parlementaire des associations ouvrières._)

DÉTACHÉ. Argot de sport. Qui est en avant des autres chevaux. Tel cheval est arrivé second, mais il était complètement détaché du reste du champ, c'est-à-dire qu'à l'exception du vainqueur, tous ses rivaux étaient loin derrière lui.

DÉTAR. Veston. Argot du peuple.

DEUIL (Très). Homme du monde ou mieux voulant se faire passer comme tel. Le mot, d'usage boulevardier, n'a fait qu'une courte apparition en 1886. Il faisait allusion au deuil porté avec ostentation par certaines personnes à l'occasion de la mort de la comtesse de Chambord.

DEUX GALONS. Lieutenant. Argot militaire. «Comment, disait-on, un médecin de deuxième classe qui n'a que le grade de lieutenant dans l'armée, un deux galons va commander des amiraux!» (_Evénement_, juin 1884.)

DÉVISSER (Se). «C'était l'école préparatoire de Sainte-Barbe qui dévissait. Et pourquoi dévissait-elle l'école préparatoire? Parce que beaucoup d'élèves étaient mécontents de ce que quelques-uns de leurs camarades avaient été renvoyés...» (_Constitutionnel_, février 1883.)

DIFFICULTÉ. Argot de sport. Être en difficulté, se dit d'un cheval qui a de la peine à garder son avance. «Au dernier tournant _Gladius_ était en difficulté pour conserver son rang à côté de _Bivouac_ qui prenait le dessus.» (_Journal officiel._)

DISCRÉTION. Pari. «Des paris gagnés ou perdus qui, le plus souvent, prennent la forme compromettante et le titre étrange de discrétion.» (_Indépendance belge_, 1868.)

DISQUALIFIÉ. Argot de turf. Cheval disqualifié, cheval mis hors concours par suite d'une infraction au règlement commise par son propriétaire ou par son jockey. (Littré.)

DISTINGUÉ. Verre de bière.

DOMINO. (V. _Retaper le domino_.)

DONNER (La). Penser, croire, juger. Argot des voyous.

DONNER DU CHASSE A LA ROUSSE. Faire le guet.

«Tu donneras du chasse à la rousse, au moment Où le patron fera son petit boniment.»

(De Caston: _Le Voyou et le Gamin_.)

DONNER DU FLAN, DE LA GALETTE. Argot des grecs. Jouer honnêtement.

DORÉE (Petite). Femme de mœurs légères. Ce mot lancé vers l'année 1884 n'a point été adopté et a duré autant que la mode qui, à cette époque aussi bien pour les femmes honnêtes que pour celles qui ne le sont pas, était de porter des vêtements brodés, soutachés, pailletés d'or. «On a déjà débaptisé certaines parisiennes qu'on appelait hier encore des horizontales; le nom qu'elles portent est les petites dorées.» (_Temps_, octobre 1885.) «Le _Soir_ a pris pour des ouvrières les petites dorées, autrement dit: les cocottes.» (_Bataille_, novembre 1884.)

DRAINER. Ruiner. Le mot est expressif et fait image. «--Il se fera remisier ou il vendra des lorgnettes.--A moins qu'il n'épouse Coralie quand elle aura drainé le planteur et le fils du fabricant.» (Du Boisgobey: _Paris-Bandit_.)

DRAP MORTUAIRE. Filet. Argot des braconniers. «La perdrix grise est ensevelie chaque jour dans le drap mortuaire.» (_France_, octobre 1885.)

DRINGUE. Vêtement, redingote.

DUC. Grande voiture se rapprochant de la victoria. Le duc est à deux places avec un siège par derrière et un par devant pour deux domestiques sur chaque.--Petit chapeau rond, de la forme du _melon_ et que portent les souteneurs qui ont des prétentions à l'élégance.

DUVAL. Argot des filles. On désigne ainsi les petites mendiantes, bouquetières ou autres qui, arrêtées par les agents, sont depuis le préfectorat de M. Ferdinand Duval placées à Saint-Lazare, dans un local spécial bien entendu, et cela jusqu'à leur majorité à moins que leurs parents ne les viennent réclamer.

E

EAU DE SAVON. Absinthe. Argot du peuple.

EAUX GRASSES (Être dans les). Occuper une haute situation dans une administration.

ÉCAILLÉ. Souteneur. Allusion aux écailles de poisson.

ÉCOLE PRÉPARATOIRE. Prison.

ÉDUQUER. Elever, instruire, donner de l'éducation. «Nous sommes trop bien éduqués pour refuser de boire un petit verre à votre intention.» (De Montépin.)

EFFONDRER. Battre, assommer. Argot du peuple. «Te souviens-tu de cette lutte en plein champ? Pauvre garçon, avec tes vingt-cinq ans, j'en aurais effondré quatre comme toi.» (Belot et Dantin: _Le Parricide_.)

ÉGAILLER LES CARTES. Les étaler. Argot des cercles.

ÉGRENÉ. «Quand on (un journal) est installé, c'est d'une simplicité extrême... Pour le _Clairon_, il a fallu, durant ces premiers jours écrire les bandes à la main, les affranchir et les porter au bureau central d'où elles partent individuellement au lieu de partir par paquets. On appelle cela le service des égrenés et le service des égrenés se fait après le service des classés. (_Clairon._)

ÉLECTEUR. Client,--dans l'argot des commis voyageurs. Quand la tournée a donné de bons résultats, l'électeur a bien voté; si les commandes ont été rares, il a mal voté.

ÉLECTEUR (Se mettre en). Argot de caserne. C'est, pour le soldat, revêtir des habits civils.

ÉLÉPHANT. Argot du Quartier latin. On appelle ainsi l'étudiant en médecine à la veille de passer sa thèse ou le jeune docteur qui suit bénévolement les cours d'un professeur dans un hôpital.

EMBAU. Embauchage. Argot des ateliers. «Vous savez bien, aux environs de l'Hôtel de Ville, là où il y a de si grandes places que les ouvriers sans travail arrivent à s'y tasser, attendant l'_embau_.» (_Cri du peuple_, août 1884.)

EMBAUCHE. Travail, ouvrage, emploi quelconque. Terme populaire. Pourquoi avoir laissé tomber dans le bas langage ce mot parfaitement usité au XVIIe siècle? «Viens avec moi; mon frère a un peu de galette; nous le taperons de quelques ronds et nous irons chercher de l'embauche.» (_Gagne-petit_, avril 1886.)

EMBAUMÉ. Jeune homme élégant dans le jargon parisien. L'_embaumé_ est le descendant direct du _faucheur_ qui, lui-même, succédait au _bécarre_ qui descendait des _boudinés_, _grelotteux_ et autres _pschutteux_. _Embaumé_ qui donnait assez bien l'idée du jeune élégant pommadé, mais exsangue, fit fureur pendant la saison d'été 1885-1886 et a été détrôné à son tour par de nouveaux vocables, «De la Bastille à la Madeleine, l'embaumé règne en maître absolu.» (_Voltaire_, décembre 1885.)

EMBOÎTER. Insulter.--_Se faire emboîter_, argot théâtral, être sifflé.

EMBOUCANER (S'). S'ennuyer. Argot des voyous.

EMBUSQUÉ. Argot militaire. Soldat dispensé, en raison de fonctions spéciales, du service commun. «Pas plan de carotter la revue, tous les embusqués, soldats de cantine, garçons du mess, secrétaires du major, tout le monde est là.» (_Monde comique_, no 195.)

ÉMÉCHEUR DE PARTIES. Certains fondateurs de cercles ou maisons de jeux réunissent un capital qui leur sert à spéculer sur les petits pontes qu'ils gagnent presque toujours. En argot des joueurs, on nomme ceux qui se livrent à des opérations de ce genre des _voraces_ ou des _émécheurs de parties_.

ÉMOUSSÉ. Encore un des nombreux surnoms qui ont été donnés à la fleur de nos jeunes élégants. «Quant aux jeunes étriqués, efféminés, rachitiques dérivés des grelotteux, crevés, rez-de-chaussée, ils s'appelleront désormais des _émoussés_.» (_Voltaire_, mars 1887.)

EMPIERGEONNER. S'empêtrer. (Richepin.)

EMPLUCHER. Piller.

ENCADRER QUELQU'UN (Faire). Se dit d'une personne qui présente quelque particularité prêtant à rire.

ENCAMBRONNER. Ennuyer considérablement. C'est une variante adoucie de l'autre verbe dont le peuple a plein la bouche. «Quant aux politiciens qui battent la grosse caisse autour de quelques noms, ils nous encambronnent supérieurement.» (L'_Egalitaire_, journal 1885.)

ENDORMEUR. Homme ennuyeux.

ENFIFRÉ. Non-conformiste.

ENFILER. _Se faire enfiler_, se faire arrêter.

ENGAGER. Argot de turf. Prendre inscription pour faire participer à une course publique un cheval dont on est propriétaire.

ENGUEULER LE TROTTOIR. Porter des chaussures éculées, percées. «Des souliers éculés avec des semelles... qui engueulent le trottoir.» (_Vie Parisienne_, 1882.)

ENQUILLEUR. Argot des voleurs et surtout des bonneteurs. (V. _Chocolat_.)

ENTRÉE. Argot de turf. Somme versée par le propriétaire qui engage un cheval pour une course.

ENVIANDER. Copuler. On dit aussi, _tremper sa mouillette_.

ÉPATOUFFLER. Variante d'_épater_. «On est un peu épatoufflé--pour employer une expression familière de Mme de Rémusat elle-même--par ce sans-gêne mondain.» (_Liberté_, novembre 1883.)

ÉPINGLER. Arrêter.

ÉPOUFFER (S'). Fuir, se sauver.

ÉPROUVÉ. Condamné qui, ayant déjà subi la moitié de sa peine s'est, par une bonne conduite, recommandé à l'administration.

ESBIGNER DANS SA BOITE A PUCES (S'). Rentrer chez soi. «Si c'est comme ça qu'on vous reçoit dans le monde chic, des mâches! J'aime mieux m'esbigner dans ma boite à puces.» (Mahalin: _La patte de fer_.)

ESBLOQUER. Etonner, stupéfier.

ESCAVER. Empêcher.

ÉCRABOUILLER. Écraser; réduire en morceaux, en miettes.

ESCOUADE (Parapluie de l'). Argot militaire. _Envoyer chercher le parapluie de l'escouade_: moyen poli de se débarrasser d'un importun. (Ginisty: _Manuel du parfait réserviste_.)

ESSENTIEL. «Dans le quart du monde, ces demoiselles ont trouvé une nouvelle façon d'appeler leur monsieur sérieux. Elles le nomment l'essentiel,» (_Evénement_, décembre 1886.) _Essentiel_ fait penser à ce que les joueurs de profession appellent leur _matérielle_. (V. _infra_ ce mot.)

ESTAPHE. Poule. Jargon des voleurs.

ESTOMAC (Avoir beaucoup d'). Argot des cercles. Jouer gros jeu.--Avoir une grosse fortune; présenter des garanties sérieuses au point de vue commercial. C'est une variante de: _Avoir les reins solides_. «Blancheron, un coulissier et un des plus fiers estomacs de la Bourse.» (De Goncourt: _La Faustin_.)

ÉTAGÈRE. Femme qui dans les restaurants parisiens est préposée au service des desserts qui sont en général exposés sur une étagère.

ÉTANCHE (Avoir le goulot en). Avoir le gosier altéré. «Charge-moi vite une gobette de champoreau; j'ai le gosier en étanche! (_Réveil_, 1882.)

ÉTAT-MAJOR. Argot de caserne. Boisson composée de vin, d'eau-de-vie et de sirop de groseille. (P. Ginisty: _Manuel du parfait réserviste_.)

ÉTEINT. Une des dernières incarnations du bon jeune homme à la mode. «Rastaquouères fraîchement débarqués, jeunes éteints du dernier cri, millionnaires sans le sou...» (_France libre_, juillet 1885.)

ÉTOUFFÉ. C'est ainsi qu'on a surnommé pendant quelque temps les jeunes poseurs qui ont la prétention de représenter l'élégance, le bon ton et les belles manières. «Songez que cela ne s'adresse point aux petits étouffés qui amènent dix-sept ou dix-huit au dynamomètre.» (_France libre_, juillet 1884.)

ÉTEINDRE SON GAZ. Mourir.

ÉTOUFFAGE. Vol. _Etouffer_, voler. _Étouffeur_, grec, voleur. Argot des joueurs. (V. Delvau: _Étouffoir_.)

ÊTRE AU SAC. Avoir de l'argent. «Les deux amis se tombent dans les abatis l'un de l'autre et Hégésippe qui était au sac propose à Philoclès de venir prendre un petit quelque chose sur le pouce.» (_Les mistouf's de Télémaque._)

ÉVACUER DU COULOIR. Sentir mauvais de la bouche.

EXÉCUTION. V. Delvau: _Exécuter quelqu'un_.

EXHIBITIONNISTE. Non conformiste.

EXTRAVAGANT. Verre de bière d'une capacité plus qu'ordinaire.

F

FABRIQUER. Faire, dans le sens général. _Qu'est-ce que tu fabriques là?_

FACILE A LA DÉTENTE. Généreux.

«Mon mari, dit une marquise, Hier s'est généreusement Fendu d'une parure exquise. --C'est fort aimable, assurément, Dit une comtesse charmante; Mon époux, malheureusement, Est moins facile à la détente.»

(Marcellus: _Le langage d'aujourd'hui_.)

FAIRE. Arrêter. Argot des voleurs. _Être fait_, être arrêté.

«Le lendemain matin, il questionne la Lie-de-Vin... puis il part. Dans l'après-midi il était fait.» (_Gil Blas_, juin, 1886.)

FAIRE QUATRE CHIFFRES. Argot de théâtre. Faire une recette d'au moins mille francs. «On se frottait les mains au théâtre, le soir, quand, par hasard, on avait atteint ce qu'on appelait les quatre chiffres. Les quatre chiffres cabalistiques, c'était mille francs.» (F. Sarcey: _Temps_, 1882.)

FAIRE SIPHON. Argot des voyous. Vomir.

FAIRE SON CHEVAL DE CORBILLARD. Faire le malin. Poser.

FAISAN. On appelle ainsi, dans le commerce parisien, des filous qui ont cette spécialité: exploiter des fonds de commerce qu'ils se repassent entre eux tous les trois mois, au moment de l'échéance des traites, soldant les marchandises qu'ils se sont procurées à crédit. Le _faisan_ est proche parent du _fouilleur_. (V. ce mot.) «Certains inculpés, tels que Colson, ont joué le rôle de faisans.» (_Droit_, août, 1886.)

FAISEUSE D'ANGES. Nourrice qui, de propos délibéré, laisse mourir les enfants qu'on lui confie.

FALLOPHAGE. Argot des savants. (V. _Avale-tout_.)

FALOURDE. Réclusionnaire. Argot des malfaiteurs. «Tous ces filous font partie d'une bande parfaitement organisée, embrigadée; une véritable association avec ses chefs, ses banquiers, ses professeurs dont le maître suprême est un falourde répondant au surnom de Dragon.» (_Temps_, 1886.)

FANTASBOCHE. Fantassin.

FAUCHEUR. Type de l'homme à la mode qui a fleuri en l'an de grâce 1885. Ça a été le successeur au _grelotteux_. «Paris a eu ses dandys, ses lions, ses gommeux, ses pschutteux. Il a maintenant un type nouveau qui s'appelle le _faucheur_. Le faucheur est cet individu, situé entre vingt et vingt-cinq ans, que vous rencontrez sur les boulevards une canne à la main et qui représente à vos yeux la quintessence du chic parisien. Le _faucheur_ est ainsi nommé à cause de sa façon de marcher et surtout de porter sa canne. Il la tient par le petit bout, laissant traîner la pomme à terre; le bras droit qui se balance énergiquement de gauche à droite ou bien du nord-ouest au sud-est, rappelle l'allure des gens de la campagne fauchant les blés murs et les foins odorants. De là le sobriquet.» (_Figaro_, 1885.)

FAUCONNIER, ou mieux GREC FAUCONNIER. Grec qui taille des banques pour le compte d'un gérant ou d'un président de cercle véreux.

FÉDÉRÉ DANS LA CASEMATE (Avoir un). Être enceinte.

FEMME AU PETIT POT. Concubine. Argot des chiffonniers.

FERBLANTERIE. Brochette de décorations.

FERBLANTIER. Commissaire de la marine. Ainsi nommé à cause de ses galons d'argent. «Une amertume gâtait toujours ses satisfactions d'employé: l'accès des commissaires de marine, des ferblantiers, comme on disait à cause de leurs galons d'argent, aux emplois de sous-chef et de chef.» (Guy de Maupassant.)

On désigne aussi de ce nom, depuis la révélation de scandales qu'on n'a point oubliés les individus qui se livrent au trafic des décorations. Pendant que les ferblantiers et les ferblantières continuent à accaparer l'attention publique...» (_National_, octobre 1887.)

FER A REPASSER. Soulier.

FERMER SON PLOMB. Se taire.

FERRÉ (Être). Argot des écoles: connaître parfaitement les matières qui figurent au programme d'un examen; être instruit.

FESSE. Argot des voyous. Prostituée.

FÊTARD. Le langage populaire qui avait déjà _fêteur_ a trouvé que cela ne suffisait pas. _Fêtard_, _fêteur_, qui fait la fête, la noce, en un mot qui passe son temps à s'amuser. «Le fêtard est un être particulier dont toute l'occupation en ce monde est de se divertir. «Le fêtard ne se met jamais martel en tête que lorsque le grand H... ou la petite Valérie se font excuser au prochain souper.» (_Illustration_, nov. 1885.)

FEU (Avoir du). Argot des enfants qui se servent, dans un sens ironique, de cette locution au jeu dit des quatre-coins. As-tu du feu? signifie: Es-tu prêt à échanger ton coin contre le mien. Voici, je suppose, l'origine de cette expression: on sait que les gamins ne se gênent pas pour fumer. Or, l'un d'eux ayant un jour une cigarette éteinte, voulut prendre du feu à la cigarette allumée d'un des trois autres joueurs et, pendant ce temps se vit prendre sa place par le cinquième, le patient, le pot.

FEUILLE. «Les filles d'Eve ont reçu différents noms, suivant les époques, les règnes et les modes... A Saumur, leur nom ne varie plus. On les appelle des Feuilles.» (Théo-Critt: _Nos farces à Saumur_.)

FEUILLES (Bonnes). Les passages les plus remarquables d'un livre, d'une brochure.

FEUILLÉES. Latrines. Argot du régiment. Allusion aux branches d'arbres que l'on place, au camp, autour des cabinets pour les dissimuler.

FICHER DANS LA DOUANE (S'en). S'ennuyer énormément. Argot de ces messieurs de la douane.

FIGNOLE. Joli. (Richepin.) V. Delvau, _Fignoler_.

FIGURANT DE LA MORGUE. Cadavre.

FILER UNE PURGE. Battre, rouer de coups. Argot des rôdeurs. «Les inculpés reconnaissent qu'ils ont été chargés par l'inconnu de frapper M. L..., de lui filer une purge, dit Baylac (un inculpé).» (_Autorité_, janvier 1888.)

FILLE (Petite). Demi-bouteille de vin.

FILS D'ARCHEVÊQUE. Argot des élèves des écoles spéciales qui nomment ainsi ceux de leurs camarades qui sont les fils de leur père, c'est-à-dire dont la famille est haut placée et pour lesquels protection et passe-droits ne font pas défaut. «Une promotion (à l'Ecole navale) aussi forte que celle qui était annoncée ne se justifiait... que par le nécessité de faire une position à quelque fils d'archevêque.» (_Mot d'ordre_, 1887.)

FIOLE. _Souper de la fiole de quelqu'un_, en être fatigué, importuné.

FIOLER. Dévisager.

FISTOT. Elève de première année à l'Ecole navale. «Les anciens attendaient leurs fistots pour les piloter et commencer leur éducation maritime.» (_Illustration_, octobre 1885.)

FLAMBÉ (Être). Être perdu. (V. Delvau.) «Avec votre loi, mes cent écus auraient été flambés!» (_Journal officiel_, juin 1882.)

FLAMBEAU. Factionnaire. Argot des soldats.

FLAQUIN. Recherché dans sa mise.

FLAUPER. Battre.

FLEUR DE MACADAM. Fille galante qui bat le trottoir. «Encore eût-elle (madame de Metternich) éclipsé cette fleur de macadam par la crânerie de sa désinvolture.» (_Evénement_, 1880.)

FLÛTE. Verre de bière.

FOIES BLANCS (Avoir les). Être timide, manquer de courage, d'audace.

FOIRER. Avoir la dysenterie. Expression très triviale. (V. Foire au _Dictionnaire_.)

FOIRER. Avoir la foire.

FOIRON. Derrière.

FORTIFES. Fortifications. «C'est tout en haut de la rue d'Allemagne, près des fortifes, comme dit le voyou.» (_Evénement_, juillet 1887.)

FOUILLE. Poêle. Delvau donne _Fouillouse_ et Littré _fouilleuse_.

FOUILLEUSE. Argot de police. Femme chargée de fouiller dans les prisons soit les détenues soit les visiteuses qui les viennent voir. «Le soir, la Fouilleuse du Dépôt explore les poches et les vêtements de la femme...» (_Gazette des Tribunaux_, 1875.)

FOULE (Faire). Avoir du succès; attirer la foule.

FOUR A BACHOT. «Déjà, dès cette époque, il s'était créé à Paris et même en province des établissements spéciaux que l'on connaissait alors sous le nom pittoresque de fours à bachots; leur spécialité, c'était de gaver en quelques mois les jeunes gens de toutes les connaissances que comportait un programme qui devait se répartir sur dix années d'études.» (_XIXe Siècle_, mai 1884.)

Le _Four à bachot_ existe encore aujourd'hui sous cette appellation plaisante et vraie.

FOURCHETTE (Lancer un coup de). Porter à l'adversaire avec lequel on se bat un coup dans les deux yeux à la fois en y enfonçant, d'un mouvement rapide, l'index et le doigt majeur écartés.

FOURNAISE. «Ils fabriquaient des pièces de deux francs à l'effigie de la République qu'ils vendaient soixante-quinze centimes à des fournaises; c'est ainsi qu'on désigne ceux qui écoulent de la fausse monnaie.» (_Figaro_, mars 1884.)

FOURNEAU. Vagabond,--dans l'argot des saltimbanques.

FOUTOIR. Petite maison ou petite chambre réservée et discrète. Se dit aussi d'un lieu public ou d'une maison privée qui admettent une grande licence.

FRAIS (Mettre au). Emprisonner. On dit aussi _Mettre à l'ombre_.

FRANC. Argot militaire. Bon, agréable. Pas d'exercice, demain! c'est franc! (Ginisty: _Manuel du parfait réserviste_.)

FRANGEUSE. Nécromancienne. «Il apprit que le mot frangeuse voulait dire magicienne et que Mme Bailly lisait l'avenir dans le marc de café.» (_Gil Blas_, juillet 1884.)

FRÉQUENTÉE. Femme galante et à la mode. «Le baccarat, les belles fréquentées, le krack ont réduit à la misère un nombre considérable de viveurs et de boursiers.» (_Evénement_, septembre 1884.)

FRICOTER. «Les secrétaires, les commis d'état-major qu'on appelle fricoteurs au régiment, sont assis dans une salle au rez-de-chaussée, autour d'une immense table.» (_Constitutionnel_, août 1882.)

FROTTEUR. Argot de Police. «Maniaques qui suivent la foule pour se frotter à elle; pour toucher d'une main frémissante les femmes de toutes catégories qui se pressent autour d'eux.» (Giffard: _Les grands bazars_.)

FRUCHE. Objet disqualifié. Argot des commis de nouveautés.

FUMERON. Repasseuse.

FUMEUSE. Siège où l'on s'assied pour fumer commodément.--Chandelier.

FUMEUX. Sobriquet donné en 1884 pour désigner les jeunes gens du monde où l'on s'amuse. «Tout le monde pschutteux s'était donné rendez-vous à cette solennité parisienne entre toutes: les petits fumeux et les horizontales de toutes marques s'écrasaient dans le promenoir.» (_Evénement_, juillet 1884.)

FUMISTER. Mentir.

FUMISTERIE. Mauvaise plaisanterie.

FURET. «Une des grèves les plus curieuses de Paris est celle qui se tient rue Vaucanson. Les hommes qui la composent se nomment furets. C'est à cette grève que les personnes qui ont besoin d'un individu pour porter un fardeau ou qui désirent faire faire un grossier ouvrage, se rendent et choisissent un de ces malheureux...» (_Rappel_, octobre 1884.)

FUSÉE. Argot des gens de Bourse. La fusée est l'enlevée en hausse d'une valeur. On entend dire couramment à la Bourse: Le Trois vient de faire une fusée de quinze sous.

FUSIL. Chasseur. «Ils (les reporters) n'appellent pas un chat, un chat; ils ne disent pas d'un chasseur, un chasseur, ils disent un fusil. J'ai lu, cette semaine, à propos d'une battue chez une demi-mondaine fort célèbre, cette phrase étonnante: «Invités: douze fusils des deux sexes.» (Claretie.)

FUSIL A DEUX COUPS. Pantalon.

FUSILLEUR. On appelle ainsi, dans l'argot des commerçants, les filous qui achètent argent comptant, mais à vil prix, des marchandises à des escrocs qui, eux-mêmes, les ont obtenues à crédit avec l'intention de ne jamais les payer. «Les fusilleurs ont été certainement de mauvaise foi, mais les précautions prises par eux pour masquer leurs agissements n'ont point permis de relever contre eux des faits assez précis pour établir leur entière culpabilité.» (_Droit_, août 1886.)

G

GAFF. Gardien de la paix en bourgeois. V. plus bas _Guignol_.

GAFFER. Commettre des fautes, des sottises.

GAFFEUR, EUSE. Du verbe argotique _gaffer_, commettre des impairs. «J'en connais (une femme) une qui est fort jolie, et qui possède un salon fort convenablement fréquenté... Un peu gaffeuse, par exemple.» (_Charivari_, avril 1887.)

GAFFIER. Synonyme de l'argot _gaffeur_. «Lucien D..., soixante ans, député de la Seine-Inférieure, terriblement maladroit; réputation méritée de gaffier.» (_Bataille_, nov. 1885.) _Gaffeur_ est beaucoup plus usité.

GAFILLER. Ecouter attentivement; prêter attention à... Argot des rôdeurs.

GALETTE. Petit pain rond et plat qu'on sert dans certains restaurants.

GALOPIN. Petit verre de bière.

GALUPE. Femme, fille de mauvaise vie.

«Les galup's qu'a des ducatons Nous rincent la dent.»

(Richepin.)

GALUPIER. Qui entretient des galupes. (Richepin.)

GAMAHUTER. Assassiner. Argot du peuple. Du nom de l'assassin Gamahut. «B... est venu gamahuter dans les bureaux du _Cri du Peuple_ et il a été acquitté.» (_Cri du Peuple_, avril 1885.)

GAMBETTE. Jambe. _Jouer des gambettes_, fuir.

GAMBIER. Pipe en terre. Du nom du fabricant.

GAMELLE (Ramasser une). Argot militaire. Tomber.

GANDIN. Honnête, convenable, gentil. Argot du peuple. «Autrefois on avait deux sous de remise par douzaine. A présent, on les prend (des pièces de cuivre) chez Touchin. Il ne donne rien, ce muffle-là. Vrai! c'est pas gandin!» (Fournière: _Sans métier_.)

GANTIÈRE. «En langage parisien, ce mot est un pavillon qui couvre certain commerce où il ne se débite pas que de la peau de chien ou de la peau de chevreau.» (_Voltaire._)

GARGAROUSSE. Gosier. (Richepin.)

GATEAU. Séquence. Argot des joueurs. V. _infra_: séquence.

GATEZAR. Elève de l'Ecole des arts et métiers. Il est facile de voir dans ce mot une corruption de _Gars des Arts_. Le mot est employé dans toutes les écoles d'arts et métiers et aussi par le peuple des villes où se trouvent ces écoles.

GAVE. Estomac. (Richepin.)

GÉNÉ. Général. Argot de l'Ecole polytechnique. «L'habitude est à l'école d'abréger tous les mots. On ne dit pas le colonel, mais le _colo_, le général, mais le géné... (_Gil Blas_, juin 1882.)

GIBERNEUR. «On appelle vulgairement giberneurs des industriels qui se livrent au commerce des herbes, telles que fougères, pervenches, feuilles de vigne, etc., servant à l'étalage des fruits et à l'ornementation des vitrines des restaurateurs et marchands de comestibles.» (_Journal des Débats_, déc. 1882.)

Ils ont aussi reçu le nom d'_hommes sauvages_, car beaucoup d'entre eux n'ont d'autres moyens de se procurer de la marchandise que les déprédations qu'ils commettent dans les propriétés de la banlieue.

GLU. Ce mot a été inspiré par la pièce de M. Richepin, _La Glu_, jouée au théâtre de l'Ambigu. La Glu, c'est l'ancienne cocotte, la _belle petite_ ou la _tendresse_ d'hier. «Depuis quelques jours, on appelle ces dames des _Glus_. Le mot fera-t-il fortune? Une jeune glu... une vieille glu... Parmi les glus à la mode... Cela a le défaut de faire pour l'oreille un peu calembourg avec les grues. _Bis in idem._ Cela a l'avantage, par contre, de définir en désignant et surtout de ne pas poétiser le sujet.» (_Monde illustré_, 1883.)

GNIASSE (Mon). Je, moi, me. (Richepin.)

GNIOLE. V. Delvau. _Gnon._

GONDOLE. «Gondole est passé dans la langue; on le dit couramment de l'objet qui a cessé de plaire, de la toilette de la femme et du talent que l'actualité récuse et dont la mode ne veut plus.--Non, trop gondole! a remplacé le canaille: A Chaillot! d'autrefois.» (_Evénement_, mai 1887.)

GONDOLER (Se). C'est, dans l'argot courant, l'équivalent exact de notre expression familière: rire à se tordre.

GOSSINET. Petit enfant dans le langage du peuple. «Y a pas classe à la laïque, tantôt; puisque tu es d'enterrement, emmène donc le gossinet; ça l'amusera, c' t' enfant.» (_Petite République française_, février 1887.)

GOUPILLONNARD. Clérical, religieux. «Il ne pourra faire autrement... pour obtenir du bon Dieu le service dont a besoin le correspondant du journal goupillonnard.» (_République anti-cléricale_, août 1882.)

GOURDE. Niais, imbécile.

GRAND SINGE. Président de la République.

GRAS. Latrines. (Richepin.)

GRATE. Le bénéfice accordé aux commis de nouveautés sur la vente de certains articles.

GRATIN. Le gratin, c'est dans l'argot boulevardier l'ensemble du monde élégant ou soi-disant tel. «Les échotiers mondains ont trouvé un mot assez pittoresque, mais par trop irrespectueusement culinaire, pour désigner ce que nos pères--non moins pittoresques, mais plus fleuris dans leur langage--appelaient le dessus du panier. Le mot des échotiers sus-mentionnés, c'est le _gratin du gratin_.»

«Elles (les jolies femmes) essaiment comme des papillons. Plus de thés au coin du feu, plus de raoûts intimes où elles ne reçoivent que le gratin.» (Du Boisgobey: _Le Billet rouge_.)

De _gratin_, on a forgé le verbe _gratiner_, suivre la mode, être à la mode et l'adjectif _gratinant_, signifiant beau, joli, distingué. «La toquade pour l'instant, c'est la fête de Neuilly, c'est là qu'on gratine. Ce qui veut dire en français moins gommeux: c'est là que le caprice du chic amène tous les soirs hommes et femmes à la mode.» (_Monde illustré_, juillet 1882.) «Grand raoût chez la comtesse S..., un des plus gratinants de la saison. Tout le faubourg y est convié.» (_Figaro_, mars 1884.)

GRELOTTEUX, GRELOTTEUSE. Homme, femme à la mode. Le grelotteux et sa compagne la grelotteuse ont succédé en 1884 au gommeux et à la gommeuse. Et maintenant pourquoi grelotteux?

Sans doute parce que le plus souvent, épuisés par les orgies, énervés par la vie qu'ils mènent, grelotteux et grelotteuses n'ont plus qu'un sang appauvri, une santé délabrée qui les font trembler à la moindre intempérie. «On rencontre des grelotteux (c'est, je crois, le dernier terme en usage) avec l'habit noir et la cravate blanche chez Bidel...» (_Moniteur universel_, juillet 1884.) «La baraque à Marseille (un lutteur) continue à être chaque soir le rendez-vous du gratin de nos horizontales et de nos grelotteuses.» (_Echo de Paris_, juillet 1884.) «Aujourd'hui le clubman est remplacé par le grelotteux qui dîne au bouillon Duval.» (_Gil Blas_, octobre 1885.)

GRECQUER. Tricher au jeu. _Se faire grecquer_, se faire voler au jeu. «J'ai rencontré mon vieux camarade Mavernot qui venait de se faire grecquer dans un tripot clandestin.» (_Gil Blas_, juillet 1884.)

GRÈVE. Lieu d'embauchage pour les ouvriers. Pris dans ce sens, le mot n'a point la consécration du _Dictionnaire de l'Académie_ et ne se trouve pas davantage dans le _Dictionnaire_ de Littré. C'est d'ailleurs moins un terme d'argot qu'un néologisme employé aussi bien par le peuple que par l'Administration qui s'en sert dans ses avis officiels, ainsi qu'en témoignent les _Ordonnances de Police_. «Une des grèves les plus curieuses de Paris (ici le mot grève est pris dans le sens de lieu d'embauchage où se réunissent les ouvriers), est celle qui se tient rue Vaucanson, au coin de la rue Réaumur.» (_Rappel_, octobre 1884.)

GRILLANTE. Cigarette. Argot du peuple.

GRILLER (Se faire). Se faire arrêter, se faire mettre en prison. Les fenêtres du poste de la prison sont garnies de grilles.

GRIMACE. Petite boîte en usage dans les administrations publiques et qui renferme des pains à cacheter. Le dessus de la boite sert de pelote à épingles.

GRIPPART. Chat. (Richepin.)

GROS CUL. Chiffonnier aisé.

GRUBLER. Grogner. (Richepin.)

GUEULARD. Argot du peuple, de celui surtout qui, par métier, fréquente les Halles. Le _gueulard_ est un individu à la voix claire et forte que louent certains marchands des quatre-saisons pour annoncer le contenu de leurs petites voitures. Ce n'est point une profession à dédaigner que celle de gueulard, et je sais de ces industriels qui gagnent plus de trois francs par jour. Ce sont, il est vrai, les forts ténors de la partie! «... Les autres s'emploient comme gueulards, profession non classée dans le Bottin...» (_Français_, nov. 1884.)

GUIGNOL. Gendarme. Argot des voleurs. «Survient-il dans une foire quelque figure rébarbative, le teneur flaire un gaff (un gardien de la paix en bourgeois), ou un guignol (un gendarme en civil)... _Petit Journal_, mai 1886.

GUINDER LES PORTES. Argot théâtral. En attacher les deux battants à l'aide de cordes dites _fils_ de façon à pouvoir aisément manœuvrer les décors.

H

HARICOTER. Spéculer. «Il négocie sur tout, spécule sur tout, gagne sur tout, se mêle à toutes les entreprises, s'immisce à tous les négoces. On appelle cela haricoter.» (_Echo de Paris_, nov. 1884.)

HARNACHÉ. Terme de joueurs. Préparé d'avance, falsifié. _Roulette harnachée_, roulette pipée, machinée clandestinement.

«Cette affaire de roulette harnachée a fait grand bruit il y a quelques années à Paris...» (_Henri IV_, 1881.)

HARNAQUÉ. Même sens que le mot précédent dont il est une déformation. «Il m'a expliqué le fonctionnement de son jeu de courses... qui vient d'être débridé depuis qu'on a constaté l'impossibilité de harnaquer les petits chevaux.» (_Temps_, avril 1887.)

HIRONDEAU. Les tailleurs qui changent fréquemment de maisons reçoivent la qualification d'hirondeau. (_Henri IV_, 1882.)

HIRONDELLE. Bateau qui, sur la Seine, sert au transport des voyageurs. (V. _Mouche._)--Dans les stations balnéaires, en Bretagne surtout, on désigne sous le nom d'_hirondelle_ le voyageur, le touriste qui vient se promener, prendre des bains de mer ou _faire_ une saison. Comme l'hirondelle, le voyageur vient aux approches du beau temps et disparaît avec la belle saison.

HORIZONTALE. Femme galante. Il y a plusieurs sortes d'horizontales. D'abord _l'horizontale de haute marque_, celle dont certains journaux narrent les faits et gestes et qui fait partie du Tout-Paris où l'on s'amuse; puis, _l'horizontale de moyenne marque_, moins haut cotée sur le turf de la galanterie; enfin l'_horizontale de petite marque_ qui n'a pas su réussir comme ses sœurs.

Le mot _horizontale_ a été bien accueilli et s'est aujourd'hui répandu un peu partout. Il date de 1883 et fut mis à cette époque en circulation par M. Aurélien Scholl. Voici comment, d'après l'auteur même de _Denise_, les horizontales virent le jour. «Depuis longtemps le baron de Vaux (un rédacteur du _Gil Blas_) qualifiait du doux nom de _tendresse_ les marchandes de sourire. Il disait «une tendresse» comme on dit un steamer, par abréviation.

«Désireux de trouver une formule nouvelle, je cherchais un vocable qui pût détrôner la tendresse. Le _Voyage autour de ma chambre_, de X. de Maistre consacre un chapitre entier à la _position horizontale_. J'ai pris le mot de X. de Maistre pour l'appliquer à celles qui sont de son avis. L'_horizontale_ fit fortune. Le baron de Vaux lui servit de parrain... Je n'en ai pas moins le droit de revendiquer ce mot dans l'intérêt des glossateurs...» Cette explication n'a pas été trouvée suffisante par certains étymologistes et d'aucuns veulent que ce mot _horizontale_ soit une réminiscence de ce passage des _Reisebilder_ où Henri Heine parle de la femme qui enseigne à Rauschenwasser la _philosophie horizontale_. Un abonné de _La République française_ fait remonter jusqu'à Casanova l'emploi de ce mot horizontale dans l'acception spéciale qu'il a ici. Je trouve, en effet, dans le numéro du 10 mars 1887 de ce journal la note suivante: «On a discuté ces jours derniers la paternité du mot _horizontale_ qui désigne les vieilles et jeunes personnes d'accès facile. On ne s'est pas avisé, au milieu de tous ces débats, de rechercher si le mot tant revendiqué n'appartient pas de prime-abord à l'un de nos grands amoureux. Celui-ci est Casanova qui parle deux fois des horizontales. V. à ce sujet l'édition italienne de Périno, à Rome.» «Les grandes dames, les cocodettes et celles que, dans leur langage extraordinaire, les mondains appellent les horizontales de la grande marque...» (_Illustration_, juin, 1883.)

D'_horizontale_ est dérivé _horizontalisme_, désignant les usages, les habitudes, les mœurs des horizontales et aussi l'ensemble de ce monde spécial. «Le vrai monde ma foi, tout ce qu'il y a de plus pschutt... et aussi tout le haut horizontalisme...» (_Figaro_, juillet, 1884.)

HOUSETTE. Botte.

HUILE. Officier supérieur, dans la langue verte du troupier. «Le général convie demain dans un repas de trente couverts tous les gros bonnets militaires, ceux que les soldats appellent indifféremment les Huiles ou les Grosses légumes.» (_Figaro_, sept. 1887.)

HUILE (A l'). Gratis, pour rien. Argot de coulisses. «Comme un figurant doit toujours faire la première semaine à l'œil, c'est-à-dire à l'huile, en terme de métier...» (_Figaro_, déc. 1885.)

HUITRERIE. «C'est la drôlerie de pensée, l'erreur de plume, qui, par précipitation, par manque de réflexion, échappe surtout à l'écrivain.» (J. Claretie: _Le Temps_, avril 1882.)

Le mot a été précédemment employé par V. Jacquemont.

HURF. Beau, joli. On écrit aussi _urph_.

HURLUBIER. Vagabond, idiot, fou.