‹ Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc.Chapitre 1 sur 6 · L. GRANDMONT-DONDERS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE

L. GRANDMONT-DONDERS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE

1860

_Les formalités prescrites par la loi ont été remplies._

Tout exemplaire non revêtu de la griffe de l'auteur sera réputé contrefait.

[Signature de l'auteur]

PRÉFACE.

La difficulté de se corriger des vices de prononciation et de langage est un fait généralement reconnu par les hommes de l'enseignement, et par les personnes qui ont fait une étude quelque peu approfondie de la langue française. L'un des plus grands écrivains dont s'honore la littérature française, se fondant sur son expérience personnelle, ne craint pas de dire qu'il est rare que l'on se défasse entièrement de la rouille du provincialisme, à moins que l'on n'ait reçu de bonne heure, là où la langue se parle le mieux, c'est-à-dire dans la capitale, une éducation soignée.

A quoi faut-il attribuer cette infériorité du provincial dans l'usage de la langue?

Nous pensons qu'une des causes principales de ce fait, sinon la principale, est que, jusqu'à présent, l'on ne s'est pas assez attaché, dans l'enseignement de la langue maternelle, à signaler les taches qui en ternissent la pureté dans la bouche ou sous la plume de ceux qui la parlent ou l'écrivent. Cette partie _négative_, et pourtant essentielle, d'un cours complet de langue française a été, il faut le dire, singulièrement négligée dans nos écoles primaires et nos établissements d'instruction moyenne. Sans doute les bons traités de prononciation, les bonnes grammaires et les bons dictionnaires ne nous manquent point. Grâce à ces guides éclairés, nous parvenons à connaître les règles du bon langage; mais n'est-il pas vrai que ces manuels, pour la plupart, oublient trop qu'ils s'adressent à des personnes qui ont à se corriger des défauts originels de terroir? Ce n'est pas assez, à notre sens, d'apprendre à bien parler et à bien écrire; il faut encore, et avant tout, _désapprendre_ à mal parler et à mal écrire.

Nous nous sommes proposé de combler cette grave lacune de l'enseignement. Nous nous adressons donc aux wallons et aux flamands, voire même aux lecteurs que notre _Dictionnaire_ pourrait rencontrer en France, et nous les avertissons de prendre garde à certains défauts de prononciation qu'ils semblent ne pas soupçonner; nous leur signalons une foule d'expressions, de termes, de tournures, que réprouve le bon langage, ou que condamne un goût sûr et sévère: nous cherchons, en un mot, à les _déprovincialiser_, s'il nous est permis de parler ainsi.

Mais ce n'est que la moitié de notre tâche. Voulant donner à notre ouvrage un caractère de généralité qui en fasse un véritable manuel, même pour les personnes qui ont reçu une éducation complète, nous avons passé en revue les difficultés de la langue française. Nous avons désiré qu'à l'aide de notre _Dictionnaire_ on pût trouver la solution prompte et catégorique des doutes qui se présentent journellement touchant le genre des noms, la signification de certains mots risqués, la prononciation, la synonymie, la paronymie et les règles les plus controversées de la lexicologie et de la syntaxe.

C'est assez dire que notre ouvrage offre, à chaque page, deux parties bien distinctes: une partie _négative_, destinée à signaler les vices et les fautes de langage, et une partie _positive_, qui traite sommairement des difficultés qui sont de nature à embarrasser dans la conversation et dans la rédaction.

On nous demandera peut-être pourquoi nous avons cru devoir écarter la forme du _manuel_ proprement dit, pour adopter celle du _dictionnaire_.

Si l'on veut bien tenir compte de notre but, on comprendra sans peine pourquoi nous avons accordé la préférence à cette dernière forme. Nous avons eu en vue, en effet, non-seulement les élèves, mais encore les personnes qui ont terminé leur éducation. Or, si les élèves peuvent s'accommoder d'un manuel et s'en servir avec fruit, il n'en est pas ainsi des gens du monde qui demanderont surtout à trouver dans notre ouvrage un répertoire utile qu'ils puissent consulter à toute heure et sans difficulté. Il y a plus: si même nous n'avions eu en vue, en rédigeant notre _Dictionnaire_, que les élèves de nos établissements d'instruction publique, il nous eût été difficile, sinon impossible, d'adopter un ordre logique quelconque, par exemple, un plan calqué sur les grandes divisions de la grammaire. Car enfin nous écrivons non seulement pour les élèves des écoles primaires, mais encore pour ceux qui fréquentent les cours de l'enseignement secondaire ou moyen. Or, tel plan qui eût été parfaitement approprié au degré d'instruction et d'intelligence de ceux-ci, aurait présenté pour ceux-là d'inévitables inconvénients.

Ces considérations justifient pleinement, ce nous semble, le choix que nous avons fait de l'ordre alphabétique. D'ailleurs les numéros par lesquels nous avons eu soin de distinguer nos remarques, permettront aux maîtres qui feront usage de notre _Dictionnaire_ d'y joindre les avantages qui résultent d'une méthode plus logique et mieux adaptée aux besoins divers d'un enseignement gradué.

On nous reprochera peut-être d'avoir signalé certaines fautes de prononciation ou de langage, trop communes ou trop populaires. Ce reproche tombe de lui-même, si l'on veut bien ne pas oublier que nous écrivons pour les enfants des écoles primaires aussi bien que pour les élèves des établissements moyens ou pour les hommes instruits, et que, en définitive, le français est une langue à peu près étrangère pour tout le monde.

On n'est guère plus fondé, croyons-nous, à nous faire un grief de nos répétitions fréquentes. Qui ne sait, en effet, que la répétition est l'âme de l'instruction? Qui ignore que les élèves surtout ne savent bien que ce qu'on leur a fait répéter à satiété et sous toutes les formes? Nous en appelons ici à l'expérience de nos confrères dans l'enseignement.

Nous ne prétendons point donner notre _Dictionnaire_ comme un code du langage de tout point irréprochable. Nous sommes des premiers à reconnaître toutes les difficultés inhérentes à la rédaction d'un ouvrage de ce genre; et partant nous conviendrons sans peine qu'il est loin encore d'avoir ce degré de perfection dont il est susceptible, et qu'une critique éclairée pourra y découvrir plus d'une lacune et y signaler peut-être des inexactitudes.

C'est pourquoi nous sommes disposé à tenir compte des observations que l'on voudra bien nous communiquer. Ces observations même nous les appelons de tous nos vœux, convaincu que nous sommes que pour arriver à faire un bon ouvrage classique, ce n'est pas trop du concours des lumières de tous ceux qui s'intéressent au sort des lettres et aux progrès de l'enseignement.

OUVRAGES CONSULTÉS.

Dictionnaire de l'Académie.

Dictionnaire universel de la langue française, par M. Bescherelle, aîné.

Nouveau Dictionnaire universel de la langue française, par M. J. Poitevin.

Dictionnaire flamand-français, etc., par l'abbé Olinger.

Dictionnaire wallon-français, etc., par J. Cambresier;—item, par L. Remacle, 2 vol.;—item, par Hubert;—Dictionnaire étymologique wallon, par Ch. Grandgagnage.

Grammaire française, par l'abbé J.-J. Péters;—item, par Poitevin, Noël et Chapsal, Napoléon Landais, Girault-Duvivier, Mauvy, etc., etc.

Cours de Prononciation, etc., par Fréd. Hennebert;—item, par L. Remacle; item, par Joseph de Malvin-Cazal;—item, par le R. P. Mansion, de la Compagnie de Jésus, etc., etc.

Synonymes français, par l'abbé Girard.

Dictionnaire synonymique de la langue française, par J.-Ch. Laveaux.

Dictionnaire des synonymes de la langue française, par M. Lafaye.

Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue française, par J.-Ch. Laveaux, édition de Ch. Marty-Laveaux.

Dictionnaire raisonné des difficultés et exceptions de la langue française, par Th. Soulice et Sardou.

Dictionnaire des difficultés de la langue française, par C.-V. Boiste, édition de Ch. Nodier.

Remarques sur le Dictionnaire de l'Académie, par B. Pautex.

Les Omnibus du langage, par D. Lévi Alvarès et C.-L. Merle, dernière édition de Paris.

Dictionnaire wallon-français, à l'usage des habitants de la province de Luxembourg, par J.-B. Dasnoy.

Du bon Langage et des locutions à éviter, par Mme la comtesse Drohojowska.

Belgicismes ou les vices de langage et de prononciation les plus communs en Belgique, corrigés, etc., par Joseph Benoit.

Le Complément des grammaires et des dictionnaires français, par le même.

Nouveau manuel de la pureté du langage, par F. Biscarat, édition de A. Boniface.

Le Langage vicieux corrigé, par B. Jullien.

Flandricismes, Wallonnismes et expressions impropres de la langue française, par un ancien professeur (M. Poyart).

Dictionnaire des locutions vicieuses, etc., par M. D. R.

Manuel de la conversation ou traité de la pureté du langage; Bruxelles, chez Deprez-Parent.

Les Omnibus liégeois.

Les Omnibus montois, par L. Dethier, typographe.

ERRATA.

_Chambrale_, page 65, ligne 17: lisez _chambranle_. _Chambrale_, page 65, ligne 19: lisez _chambranle_. _Estompe_, page 153, ligne 15, dernier mot de l'alinéa: lisez _estombe_. _Alevain_, page 258, ligne 34: lisez _alevin_.

DICTIONNAIRE

DU BON LANGAGE.

A

=A=, prép.—Ne dites pas: _le cheval à mon père, le livre à mon frère, la fête à maman_, etc.; dites, _le cheval de mon père, le livre de mon frère, la fête de maman_.—_La barque à Caron_ fait exception à cette règle. (Acad.)

2. Ne dites pas: _un ami à moi, à lui_; dites, _un de mes amis, un de ses amis_; on disait autrefois, et bien gracieusement, _un mien ami, un sien ami_.

3. Ne dites pas: _nous étions à dix à table; nous avons soupé à huit_; dites, _nous étions huit à table; nous étions huit à ce souper_, ou _nous avons soupé au nombre de huit_.

4. Ne dites pas: _il a mis son fils aux Jésuites_; dites, _chez les Jésuites_, et mieux, _au collége des Jésuites_. (Wall. et Fland.)

5. Ne dites pas: _je demeure à la rue Hors-Château; à quelle rue demeurez-vous_; dites, _je demeure dans la rue Hors-Château_, ou simplement, _je demeure rue Hors-Château; dans quelle rue demeurez-vous_.

6. _C'est à vous de parler_, c'est à vous qu'il appartient, qu'il convient de parler, et, _c'est à vous à parler_, votre tour de parler est venu. (Acad.)

Cependant les bons écrivains n'ont pas toujours observé cette distinction: _Dieu me l'a donné, c'est à moi à en prendre soin._ (Bernardin de Saint-Pierre.)

7. La préposition _à_ s'emploie entre deux noms de nombre, lorsque le sens permet d'augmenter le premier; ainsi on dit: _il a fait cinq à six lieues; il a perdu quinze à vingt francs; il a invité trente à quarante personnes; il a perdu quinze francs et demi; il a fait cinq lieues et un quart; perdu quinze francs et demi, seize francs; invité trente et une, trente-deux personnes_, etc.—Mais lorsque le sens ne permet pas d'augmenter le premier des deux nombres, c'est la conjonction _ou_ qu'il faut employer; on dira donc: _il a perdu quinze ou seize centimes; il a invité trente ou trente et une personnes_, etc.

=Aa.=—Les deux _a_ se prononcent et sont brefs: _A-aron, Isa-ac, Ba-al_.

=Abaisser.=—Ne dites pas: _abaissez-vous pour ramasser ce qui est tombé_; dites: _baissez-vous_.

=Abasourdir=, v. a., rendre sourd, étourdir: prononcez l'_s_ dure.

=Abattoir=, s. m., endroit où l'on tue les bestiaux; le mot _abattage_, dans ce sens, n'est pas français.

=Abattue=, dans le sens de _remise, abri_, n'est pas français.

=Abbaye=, s. f., couvent régi par un abbé, prononcez: _Abé-î_ et non _abai-ïe_.

=Abbé=, s'écrit avec deux _b_, et fait au féminin _abbesse_: on ne prononce qu'un _b_ dans _abbaye, abbé, abbesse, abbatial_.

=Abîme=, s. m.: on écrit aussi, mais plus rarement, _abyme, abymer_.

=Abîmer.=—Ce mot signifie gâter, et non salir, souiller, comme en wallon; vous pouvez donc dire: _mon chapeau a été abîmé par la pluie_; mais ne dites pas: _mon pantalon est abîmé par la boue_; vous direz dans ce cas: _mon pantalon est crotté, éclaboussé, sali, couvert de boue_.

=Able=, s. f., ablette, petit poisson; prononcez _able_ (_a_ bref.)

=Able=, terminaison qui a l'_a_ long seulement dans les substantifs de deux syllabes: _diable, fable_ (_diâble, fâble_), excepté _table_, qui a l'_a_ bref. L'_a_ est bref dans tous les autres cas: _aimable, blamable, formidable_, etc.—Les wallons sont exposés à supprimer l'_l_ et à changer le _b_ en _p_; les flamands de leur côté, prononcent trop souvent _bèle_ au lieu de _ble_: ainsi les premiers diront: _fâpe, tape, diâpe, aimape, estimape_; les derniers diront _fâbèle, tâbèle, diabèle, aimabèle, estimabèle_. Il faut donc prononcer toutes ces lettres finales et particulièrement l'_l_, et les prononcer sans intercaler un _e_ entre le _b_ et l'_l_, et l'important, c'est d'y exercer impitoyablement les élèves dès leur plus tendre enfance.

=Abloucner=, attacher, serrer avec une boucle: ce mot n'est pas français; dites, _boucler_: _bouclez vos jarretières_. (Wall.)

=Aboutonner=, attacher avec des boutons: ce mot n'est pas français, dites _boutonner_. (Wall.)

=Aboyer.=—On ne doit pas dire: _aboyer quelqu'un ou sur quelqu'un_, mais aboyer _à, contre_ ou _après_ quelqu'un. _Un chien qui aboie aux voleurs, contre tous les passants, après tout le monde; tous ses créanciers aboient après lui_. En parlant des petits chiens, on emploie ordinairement le verbe _japper_: _le chien ne fait que japper_.

=Abraham=, n. pr.: prononcez _Abrahame_.

=Abre, Abrer; Adre, Adrer; Avre, Avrer= (terminaisons en): l'_a_ est long dans ces terminaisons, _sabre, sabrer, cadre, cadrer, navre, navrer_. Cette règle s'applique aux dérivés de ces mots, auxquels il faut ajouter les analogues _madré, madrée_.

=Abréviations.=—Les principales abréviations sont les suivantes:

J.-C. Jésus-Christ.

N. S. Notre Seigneur.

N. S. J.-C. Notre Seigneur Jésus-Christ.

S. S. Sa Sainteté (le Pape).

S. P. Saint Père (le Pape).

S. M. Sa Majesté.

S. M. I. Sa majesté impériale (un empereur).

S. M. I. et R. Sa majesté impériale et royale.

S. M. B. Sa majesté britannique (le souverain de la Grande-Bretagne).

S. M. C. Sa majesté catholique (le souverain d'Espagne).

S. M. T. C. Sa majesté très-chrétienne (le souverain de France).

S. M. T. F. Sa majesté très-fidèle (le souverain de Portugal).

S. H. Sa Hautesse (le Sultan).

S. A. Son altesse. (Se dit d'un prince du sang ou d'un prince régnant).

S. A. I. Son altesse impériale. (Idem).

S. A. R. Son altesse royale. (Idem).

S. A. S. Son altesse sérénissime.

S. Exc. Son excellence. (Se dit d'un ministre, d'un ambassadeur).

S. Em. Son éminence (se dit d'un cardinal).

Mgr. Monseigneur. (Se dit d'un évêque, prince, etc.)

M. Monsieur.

Me Maître. (Se dit des notaires, avoués, avocats).

MM. Messieurs.—Mme ou M{e} Madame.

Mlle Mademoiselle.—M{d} Marchand.

M{de} Marchande.—N{gt} Négociant.

=Acacia=, s. m., arbre: prononcez _acacia_ et non _acazia_.

=Acalender=, mot wallon; dites: _cette boutique est bien achalandée_, et non: _acalendée_.

=Accessit=, s. m.—Le _t_ se prononce au singulier et au pluriel: l'Académie écrit au pluriel _deux accessit_, et fait remarquer que plusieurs écrivent _des accessits_: nous admettrions volontiers cette dernière orthographe.

=Accourir, Apparaître, Disparaître= et =Résulter=, prennent indifféremment _avoir_ ou _être_: _j'ai accouru, je suis accouru pour la fête; un spectre lui avait apparu, lui était apparu; mon argent a disparu, est disparu; qu'a-t-il résulté de là? qu'en est-il résulté?_ (Acad.)—Mais _paraître, comparaître_ et _reparaître_ ne prennent qu'_avoir_, ainsi que _périr, contrevenir_ et _subvenir_: _la troisième livraison de ce livre a paru; satan et ses anges ont péri par orgueil; on a subvenu à ses besoins_. (Acad.)—C'est donc une faute de dire: _ce livre est paru; cet ouvrage est paru depuis quinze jours_.

=Accroc=, s. m., déchirure (le _cinq_ des wallons); obstacle, embarras; on ne prononce pas le _c_ final et on ne fait sentir qu'un des deux _c_: _acrô_ (_ô_ long).

=Accroche=, dans le sens d'_agrafe_, n'est pas français.

=Acculé.=—Ne dites pas _des souliers acculés_; dites _des souliers éculés_, pour signifier des souliers qui s'abaissent par derrière sur le talon.—On dit aussi: _éculer ses souliers, ses bottes s'éculent_.

=A ce que.=—Ne dites pas: _j'arrangerai cette affaire de manière à ce que tout le monde soit content_; dites simplement, _de manière que tout le monde soit content_.

=Achéron=, s. m., t. de mythol., fleuve des enfers: prononcez _achéron_ et non _akéron_.

=Acheter=, v. a.—Ne dites pas: _j'ai acheté ma maison pour dix mille francs; j'ai vendu mon cheval pour huit cents francs_; mais dites: _j'ai acheté ma maison dix mille francs; j'ai vendu mon cheval huit cents francs_. (Wall.) Mais on dira bien: _ce négociant a acheté hier pour mille francs; j'ai vendu des meubles pour deux cents francs_.

=Achever=, v. a.—Prononcez _achever, ach'ver_ et non _ach'fer_; il en est de même de _échevin, cheville, écheveau_, etc.—Voyez la lettre _v_.

=Aclaircir, Raclaircir=, ne sont pas français; c'est _éclaircir_ qu'il faut dire.

=Acolyte=, s. m., clerc qui a reçu un des quatre ordres mineurs, nommé l'ordre des acolytes; ce mot ne figure pas dans les dictionnaires dans le sens de _enfant de chœur_; cependant, vu son usage fréquent dans notre pays, nous n'oserions pas le condamner absolument.—_Choral_, dans ce sens, n'est pas français.

=Acte=, s. masculin et non féminin; prononcez: _ac-te_, en faisant sentir le _t_ et non _ake_; _acte de foi_, prononcez de même _pacte, tact, compact, entr'acte_, etc.

=Actualité=, s. f.—_question palpitante d'actualité_: cette expression, dit M. Francis Wey, est un des fruits de la révolution de Juillet; avant 1833, il n'était pas question de cette horrible façon de parler.

=Addition.=—Écrivez et prononcez les deux _d_.—Lorsqu'une consonne est doublée dans le même mot, ou se trouve à la fin d'un mot et répétée au commencement du mot suivant, les flamands n'en font ordinairement sentir qu'une; c'est une faute qu'ils doivent soigneusement éviter: ainsi ils prononceront: _adition, alusion, aluvion, acessit, colaboration, peti table, aide-camp_, au lieu de _ad-dition, al-lusion, al-luvion, ac-cessit, col-laboration, petite table, aide de camp_.

=Adéquat=, adj., entier, total, complet: prononcez _adekoua_.

=Adjectif=:—(prononcez _ad-jectif_, et non _at-jectif_ ni _ag'-jectif_). Les wallons placent quelquefois abusivement l'adjectif devant son substantif; ainsi ils disent: _un neuf chapeau, un blanc pantalon, une propre chemisette_, etc.; il faut dire: _un chapeau neuf, un pantalon blanc, une chemisette propre_.

Certains adjectifs pourtant peuvent ou doivent précéder le substantif; l'essentiel est donc de bien les connaître; par ex.: on dit très-bien: _une belle maison, un petit livre, un homme grand_ et _un grand homme_, etc.

=Ad libitum=, loc. adv., à volonté: prononcez _ad libitome_.

=Administration=, s. f.: ne dites pas: _on a porté hier l'administration à M. Pierre; M. Pierre a reçu hier l'administration_; dites: _on a administré hier M. Pierre, M. Pierre a été administré hier_; ou bien, _on a porté hier le viatique, l'extrême-onction, les derniers sacrements à..... M. a reçu hier le viatique, l'extrême-onction, les derniers sacrements_. (Fland.)

=Adorer=, v. n.—Ne dites pas: _j'adore la musique; j'adore les asperges, les petits pois_; dites: _je raffole de la musique, je suis friand des asperges, des petits pois_.

=Ad patres=, loc. lat., signifiant littéralement, _vers les pères_: _aller ad patres_, mourir; _envoyer ad patres_, faire mourir: prononcez _patrèsse_.

=Age=, s. masculin.—Ne dites pas: _c'est à nos âges surtout qu'il faut éviter les excès_; dites: _c'est à notre âge surtout...._ Cette faute est assez commune.

2. _Age_, dans le corps ou à la fin des mots, doit se prononcer _age_ et non _ache_: _âge, fromage, rivage, tapage, ménagement, déménagement_, etc., et non _ache, fromache, rivache, tapache, ménachement, déménachement_. (Wall.)—_Ache_, d'un autre côté, doit se prononcer _ache_ et non _age_: _hache, vache, cravache, il crache, crachement_, etc., et non _hage, vage, cravage, il crage, cragement_. (Fland.)

=Aéré=, adj., qui a de l'air, qui est en bel air.—Dites: _cet appartement est bien aéré_; ne dites pas: _cet appartement est bien airé_.

=Affaire= (_Avoir_).—_Avoir affaire de_, c'est avoir besoin de: _j'ai affaire d'argent; j'ai affaire de vous, ne sortez pas_.

2. _Avoir affaire à quelqu'un_, suppose pouvoir, autorité, force, supériorité de la part de ceux à qui on a affaire; et dépendance, infériorité, besoin de la part de ceux qui ont affaire; celui qui veut obtenir une grâce, une faveur, _a affaire au ministre_ ou _à ses commis_, et non _avec le ministre_, etc.; _il a affaire à un homme dur et méchant, à un homme plus rusé, plus fort que lui_.

3. _Avoir affaire avec quelqu'un_, suppose concours d'affaires, discussions, différends, contestations: _un commis a affaire avec le ministre; un associé a affaire avec son associé; il faut éviter d'avoir affaire avec les fripons; j'ai eu affaire avec cet homme-là au tribunal de commerce_. Remarquez qu'_avoir affaire_ s'écrit en deux mots (et non _avoir à faire_) dans les quatre acceptions qui précèdent.

=Affiler, Effiler.=—_Affiler_, signifie donner le fil à un tranchant; _effiler_, c'est défaire un tissu fil à fil: _j'ai affilé la lame de mon canif; j'ai effilé ma cravate_.

=Affligé=, adj.: ce mot ne peut pas s'employer comme synonyme d'_estropié_: _c'est un estropié_ (et non _un affligé_) _qui demande l'aumône_.

=Agace=, s. f., oiseau qu'on nomme plus communément _pie_; quelques-uns écrivent, _agasse_. (Acad.)

=Agenda=, s. m., carnet où l'on inscrit jour par jour ce que l'on doit faire: le plur. est _agendas_: prononcez _aginda_ et non _agène-da_.

=Ag, Agde, Age, Agme, Agne, Agre, Agru=, toutes finales brèves, excepté le seul mot _âge_. (M. J. BENOIT, _le Complément des Grammaires_, etc.)

=Agir.=—Ne dites pas: _il en a mal agi avec moi_; dites: _il a mal agi avec moi_.

2. Ne dites pas: _quand il a s'agi de parler_; dites _quand il s'est agi_; dites de même: _il se fût agi, il s'était agi, il se sera agi, il se serait agi, il se fût agi, qu'il se soit agi, qu'il se fût agi_.

=Agonisant=: prononcez _agonizant_ et non _agonis-sant_.

=Ai=, au lieu de _oi_.—Autrefois on écrivait: _connoître, paroître, j'aimois, il vendroit_, etc.: aujourd'hui on écrit communément: _connaître, paraître, j'aimais, il vendrait_.

=Ai, Aie, Aye=, (terminaisons en)—Généralement on fait trop sentir l'_i_ et l'_e_ des syllabes en _ai, aie, aye_. On prononce par exemple, _que j'aiïe, hai-ïe, clai-ïe, gai-ïe, pai-ïe_, etc., tandis qu'on doit dire: _que j'aî, haî, claî, gaî, paî_, (_aî long_). Il en est de même des mots en _oie_ et en _oye_, tels que _soie, voie_, que je _croie_, etc., qu'il faut prononcer _soî, voî_, que je _croî_, etc., (_oî_ long) et non: _soi-ïe, voi-ïe_, que je _croi-ïe_. (Wall.)

=Aider=, v. a.—_Aider quelqu'un_, c'est lui prêter plus ou moins d'assistance: _il faut aider les pauvres; aidez-le à descendre_.—_Aider à quelqu'un_, c'est, le plus souvent, l'assister en partageant ses efforts: _aidez à cet homme à soulever ce fardeau_.

=Aide de camp=, s. m.—Ce mot s'écrit sans trait d'union; faites sentir les deux _d_.

=Aides, Aises.=—_Je connais les aides, les aises d'une maison_, pour signifier les corridors, les chambres, les escaliers, la distribution d'une maison, n'est pas français; dites: _je connais les êtres_, subst. m. pl., et prononcez l'_r_ fortement, ainsi que dans toutes les finales en _dre, tre, gre, bre, fre, vre, cre_, etc.

=Aigle=, s'emploie au _féminin_, 1º dans le sens d'enseigne militaire: _les aigles romaines_, (les enseignes des légions romaines); 2º dans le sens d'armoiries: _l'aigle impériale_ (les armes de l'empire d'Autriche qui sont _une aigle_ à deux têtes).—Dans tout autre sens, _aigle_, s'emploie au masculin: _l'aigle fier et courageux, un aigle femelle_;—_c'est un aigle_, c'est-à-dire, un homme qui a un esprit supérieur.

=Aiguë=, (tréma), fém. de _aigu_: voyez _gu, guë_.

=Aiguière.=—Prononcez: _aighière_; de même _aiguiérée, anguille_. Voyez _gu_.

=Aiguiser=, v. a.—Prononcez l'_u_ et l'_i_ séparément: _aighuiser_ et non _aighouiser_, ou _aighiser_. Il en est de même de: _aiguille, aiguillade, aiguillée, aiguillon, aiguillonner, aiguisement_ et de tous les dérivés du mot _aigu_. Voyez _gu_.

=Aile= ou =Ale=, s. f., espèce de bière anglaise: prononcez _èle_:—L'Académie écrit _aile_.

=Aill.=—La syllabe _aill_ est longue au milieu des mots qui expriment une action, une chose plus ou moins méprisable ou ridicule, tels que _brailler, bretailler, bretailleur, se chamailler, éraillure, haillon, railler, railleur, rimailler, rimailleur_. Elle est brève dans les mots qui n'ont aucune signification désagréable: _ailleurs, caillou, maillot, paillette, tressaillir, vaillant, vaillance_: le mot _poulailler_ a l'_a_ long, parce qu'il dérive de l'ancien substantif féminin _poulaille_.

2. Les substantifs en _aille_, tous du genre féminin, ont généralement l'_a_ long ainsi que leurs dérivés: _bataille, batailler_, (excepté _bataillon_); _paille_ (les dérivés _paillasse, paillasson_ exceptés); _taille, tailler_, etc.; excepté _limaille, médaille, représaille_.—_Versailles, Noailles, la Fouraille, Aywaille_, etc., ont aussi l'_a_ long.

3. Les substantifs en _ail_, tous du genre masculin, ont au contraire l'_a_ doux: _ail, bail, corail, détail, éventail, travail_, et leurs dérivés; il faut y ajouter les noms propres: _Montmirail, Gail_, etc. (HENNEBERT.)

=Aimer.= Ce verbe exige la préposition _à_ devant un infinitif: ne dites pas: _cet enfant aime de jouer, cet élève aime de lire_: dites, _cet enfant aime à jouer, cet élève aime à lire_.

2. Ne dites pas: _mon professeur aime à ce que mes devoirs soient bien écrits_; dites: _mon professeur aime que mes devoirs soient bien écrits_.

3. _Aimer mieux_, devant un infinitif rejette toute préposition: _il aime mieux jouer, il aime mieux étudier_. Cependant on peut dire également: _cet enfant aime mieux jouer qu'étudier_, et _cet enfant aime mieux jouer que d'étudier_. (Acad.)

Aux temps composés, _mieux_ précède le participe passé: _j'ai mieux aimé_.

4. Prononcez _émer_ et non _èmer_: il en est de même de tous les mots où _ai_, première syllabe, est suivi d'une syllabe sonore: _aisé, j'aidai_, etc.

=Ain.=—L'_n_ des substantifs terminés en _ain_ ne se lie pas avec la voyelle du mot suivant: _le pain est fort cher_ (et non _le pain n'est fort cher_); _cet homme est vain et fier_ (et non _vain n'et fier_).

=Aine=, _eine_ et _ène_.—Prononcez _vène_ et non _vain-ne_:—_huitaine, dizaine, douzaine, vaine, certaine, lointaine, veine, il mène, il amène_, etc. (Wall.)

=Ainsi.=—_Est-ce bien vrai? Oui, c'est ainsi_: on dit plutôt, dans le style familier: _c'est comme cela_ ou _comme ça_, forme abrégée de _cela_.

2. _Ainsi_ n'est pas toujours synonyme de _donc_: ne dites pas: _vous voilà ainsi, vous partez ainsi_; dites: _vous voilà donc, vous partez donc_.

=Air=, s. m.: _air frais, air chaud, air froid_: v. _avoir l'air_.

=Airer=, pour _aérer_ est un barbarisme: _lieu aéré, aérer une pièce_ et non _lieu airé_, etc.

=Ajamber, Ajambée=, ne sont pas français; dites: _enjamber, enjambée_.

=Ajoute.=—Ce mot n'est pas français, et doit être remplacé par _allonge, rallonge_, ou _addition_, suivant le sens: _mettre une allonge_ ou _une rallonge à une jupe; la table est trop petite, mettez-y une allonge_ ou _une rallonge; l'auteur a fait à son livre de nombreuses additions_.—Prononcez _allon-ge_, et non: _allon-che_. Voyez les mots _prononciation_ et _finales_.

=Alargir=, barb.: _alargir une robe, un habit_: dites _élargir_.

=Albinos=, s. m. et f., race d'hommes blafards.—Prononcez _albinoce_.

=Alcoran=, s. m., livre sacré des Mahométans.—Ne dites pas: _l'Alcoran_, mais _le Coran_. En effet, il est à remarquer que _al_ en arabe correspond à notre article _le, la_; d'où il suit que vous ne pouvez pas plus dire _l'Alcoran_, que _la labible, le lelivre, la laplume_.

=Alentour=, autrefois préposition, est devenu adverbe; on dira donc: _je me promène autour du parc; j'étais dans le parc, et mon ami se promenait alentour_. _Alentour_ ne peut avoir de complément et doit toujours s'employer adverbialement.

2. Ne dites pas: _il travaille autour, à l'entour de sa maison, de son devoir_; dites: _il travaille à sa maison, à son devoir_.

=Alentours=, s. m. pl., n'a pas de sing., et signifie les lieux circonvoisins: _les alentours de Liége sont très-pittoresques_.

=A l'envi=, expression adverbiale qui signifie _avec émulation, à qui mieux mieux_: c'est une faute très-commune que d'écrire _à l'envie_.

=Alexandre, Alexandrine, Alexandrie=; l'_x_ est dure dans ces mots: _Alekçandre_ et non _Aleg-zandre_.

=A l'honneur.=—Ne dites pas: _Liége a érigé une statue à l'honneur de Grétry_; dites _en l'honneur de Grétry_.

=Aller.=—L'Académie admet _je vais_ et _je vas_, mais elle ajoute que cette dernière forme s'emploie rarement et seulement dans le langage familier.

2. _Je fus, tu fus, il fut_, etc., pour _j'allai, tu allas, il alla_, etc., se disent très-bien, quoi qu'en pensent Lévy, Boinvilliers, Chapsal, Poitevin, Girault-Duvivier, etc.: cette forme est consacrée par l'autorité de l'Académie et de plusieurs bons écrivains, notamment Corneille, M{e} de Sévigné: il ne peut donc rester l'ombre de doute sur cette question. Voyez la grammaire de M. l'abbé Péters, nº 584, où l'auteur fait justice des raisons spécieuses de ses contradicteurs.

3. Employez: _a été_, lorsque vous croyez qu'on est de retour: _Pierre a été à l'église, mais il n'y est resté qu'un instant._ Employez: _est allé_, lorsque vous croyez qu'on n'est pas de retour. _Mon père est allé à Paris, et il y séjournera trois mois._ Le wallon ici est un bon guide.

4. Ne dites pas: _Monsieur le baron a été ici_ (_chez nous_); dites: _Monsieur le baron est venu ici._

5. Ne dites pas: _je me suis en allé; on les a fait en aller_; dites: _je m'en suis allé; on les a fait partir_. Ne dites pas: _je m'y vais_, mais _j'y vais_.

6. Ne dites pas: _mon frère va sur vingt ans_; dites: _mon frère aura bientôt vingt ans_, ou _est dans sa vingtième année_.

7. Ne dites pas: _aller, voyager, revenir sur la terre, sur l'eau_; dites: _aller, voyager, revenir par eau, par terre_: _j'ai été à Namur et j'en suis revenu par eau_.

8. Ne dites pas: _il a voulu me faire aller_; dites: _se jouer de moi, se moquer de moi, me plaisanter, me faire poser, m'en faire accroire_, selon le sens.

9. Ne dites pas: _j'ai plusieurs endroits à aller_; dites: _je dois aller dans plusieurs endroits; j'ai plusieurs endroits à voir, à visiter; il faut que j'aille dans plusieurs endroits_.

10. _Allez! Allez!_ formule aussi inconvenante que: _vous en avez menti_; dites: _vous plaisantez sans doute; parlez-vous sérieusement ou pour plaisanter; apparemment vous plaisantez_.

11. _Aller avec_ veut être suivi d'un régime: ne dites pas: _vous partez, je m'en vais avec_; dites: _je m'en vais avec vous_: _avec_ est une préposition et non un adverbe. (Wall.)

12. Ne dites pas: _comment va? comment vous va? comment va-t-il?_ dites: _comment va votre santé? comment vous en va?_ et mieux, _comment vous portez-vous?_ (Acad.) Ne dites pas non plus: _Comment va-t-il avec vous?_ dites: _comment vous portez-vous?_ (Fland.)

13. Par raison d'euphonie, on supprime ordinairement la particule _y_ devant le futur _irai, iras, ira_, etc. _Ira-t-il à Rome? Il ira?_ Mais ce ne serait pas une faute de l'exprimer.

=Allocation, Allocution, Allodial, Allodialité, Alluvion, Allusion=: dans tous ces mots, prononcez les deux _ll_.

=Allonge=, dans le sens d'_élan_, d'_escousse_, n'est pas français; ne dites pas _j'ai pris mon allonge pour sauter_; dites: _mon élan, mon escousse_.

=Allonger= (_s'_).—Ne dites pas: _les jours s'allongent_; dites: _les jours croissent_.

=Allumer.=—Ne dites pas: _allumez la lumière, le feu_; dites: _allumez la bougie, la lampe; faites du feu_.

2. _Allumer_, dans le sens d'_éclairer_, n'est pas français. (Wall.)

=Almanach= est masculin et se prononce _almana_. Ne dites pas _armanach_ ou _almanak_; ne dites pas non plus _une almanach placante_; dites: _un almanach de comptoir_.

=Aloès=, s. m.—Prononcez _aloèce_.

=Alors= pour _ensuite_: _alors_ est un adverbe de temps qui signifie: _à cette époque, dans ce temps-là_, comme quand on dit: _il était autrefois bien riche; alors il se voyait entouré de flatteurs; dans ce temps-là ou alors, nous étions heureux_. Mais on emploie abusivement _alors_ pour _ensuite, puis, après, après cela_, en disant par exemple: _nous dinâmes, alors nous prîmes le café, alors nous nous promenâmes_; il faut dire: _ensuite nous prîmes le café, ensuite...._ Dites encore: _nous avons été à la messe, ensuite nous sommes venus déjeuner, puis nous sommes partis_, etc., et non: _alors, alors...._ Prononcez _alor_ et non _alorse_.

=Alouette=, s. f., oiseau.—Ne confondez pas ce mot avec _luette_, morceau de chair saillant placé à l'entrée du gosier: _il a la luette enflée; remettre la luette_: et non: _il a l'alouette_, etc.—Voyez _oue_.

=Amadou=, subst. masculin: _votre amadou n'est pas sec_ et non _votre amadou n'est pas sèche_.—Ne dites pas _amadoue_.

=Amancher.=—Ne dites pas: =amancher un balai=; dites _emmancher un balai_.

=Amande=: voyez _noix_ et _noyaux_.

=Amateur=, s. m.—L'Académie ne reconnaît point de féminin à ce mot. Beaucoup de personnes, à l'imitation de J.-J. Rousseau, disent _amatrice_.

=Amblève=, rivière de Belgique, qui prend sa source en Prusse et se jette dans l'Ourthe. On doit écrire _Amblève_ et non _Emblève_: 1º parce qu'on prononce invariablement _Amblève_ et non _Imblève_; 2º parce que l'_a_ figure dans le mot latin _Amblavia_ et dans le mot _Amel_ qui en est le nom allemand; 3º parce que le mot _Amblève_ vient du germain _Ambla_, aune (arbre) et _Ahva_, eau (rivière des aunes).—Il nous paraît donc tout-à-fait impossible de justifier la seconde orthographe (_Emblève_).

=Amelette=, pour _omelette_ ou _amulette_, n'est pas français.

=Amer=, s., boisson, est masculin: _cet amer n'est pas violent_: écrivez _amer_ et prononcez _amère_.

=Ami=, s. m.—On ne dit pas _être ami avec quelqu'un_, mais _de quelqu'un_: _je suis l'ami de Pierre_ ou _Pierre est mon ami; je suis son ami, il est mon ami_.

=Amical, ale=, adj., n'a point de pluriel masculin (Acad.); quelques grammairiens disent _amicals_; Boiste et Boinvilliers disent _amicaux_: nous préférerions cette dernière forme, si le pluriel d'amical devenait nécessaire. (SOULICE et SARDOU).

=Amict=, s. masculin, sorte de linge bénit dont le prêtre se couvre les épaules: prononcez _ami_ et non _emike_ ni _amik-te_.

=Amitié=, s. f.—Prononcez _amiti-é_ et non _ami-tchi-é_.—Voyez _ti_.

=Amitieux.=—Ce mot n'est pas français; remplacez-le par _carressant, aimant, aimable, affectueux_; _cet enfant est fort carressant_.

=Amment=, se prononce _aman_ et non _an-man_: _apparamment, constamment, précipitamment_.—Il en est de même de _emment_: _récemment, prudemment_.

=Amen=: prononcez _amène_.

=Amnistie=, s. f., =Armistice=, s. m.—L'_amnistie_ est un pardon accordé par le souverain.—L'_armistice_ est une suspension d'armes: on faisait autrefois ce dernier mot du féminin.

=Amont=, s. m. =Aval=, s. m.—Amont est le côté (d'en haut) d'où vient la rivière; il est opposé à l'_aval_, côté vers lequel descend la rivière: _ces bateaux viennent d'amont_ (descendent); _ils viennent d'aval_ (ils montent).

=Amour= est masculin: _l'amour des mères est le plus généreux de tous les amours; sculpter, peindre de petits amours_.—Dans le sens de passion, il est ordinairement masculin au singulier et féminin au pluriel: _un fol amour, de folles amours_; et, par extension: _mon pays, mon premier amour, mes plus chères amours_.

=Amouracher=; ne dites pas: _enmouracher_.

=An=, s. m., année: ne dites pas _à la nouvel an_; dites: _au nouvel an_ ou _à la nouvelle année_.

=Ancêtres=, subs. m. pl., ayeux, n'a pas de singulier: prononcez _ancê-tres_ et non _ancète_ ni _ancè-tère_.

=Anche=, s. féminin, tuyau pour pousser l'air dans les instruments à vent: _une anche de clarinette_.—Prononcez _anche_ et non _ange_.

=Anchois=, s. masculin: _de bons anchois_.

=Ancienne=, fém. de _ancien_; prononcez _anciène_ et non: _ancien-ne_.

=Andain=, s. m., rangée de foin qu'un faucheur coupe à la fois.

=Andante=, t. de musique: prononcez _andanté_ et non _andante_.

=Ane= est masculin et fait _ânesse_ au féminin: _A laver la tête d'un âne on perd sa lessive_.

=Ange=, s. masculin, esprit céleste: _l'ange gardien_; prononcez: _an-ge_, et non _an-che_, et appuyez fortement sur le _g_.

=Angelus=, s. m.—Ne dites pas: _sonner les angelus_; dites: _sonner l'angelus_: ce mot ne se prend pas au pluriel et se prononce _angeluce_.

=Angora=, s. m., chat; ne dites pas _angola_.

=Anguille=, s. f., poisson: prononcez _anghille_, en mouillant les _l_, et sans faire sentir l'_u_: voyez _gu_.

=Anis=, s. m., plante, graine, dragées: prononcez _ani_ et non _anizes_.—Dites _anisette_ et non _anis_ pour désigner la boisson qui porte ce nom.

=Annales=, s. f. plur.—Faites sentir les deux _n_, _an-nales_, ainsi que dans les mots suivants: _annal, annaliste, annate, Anna_ (subst. pr.), _annexe, Annibal, annihiler, annoter, annuaire, annuel, annuité_.

=Année=, s. f.—Prononcez _a-né_, _é_ long, et non _an-né_ ni _a-néïe_: voyez _é, ie_ et _an_.

=Anniversaire=, cérémonie qui se fait le même jour chaque année, est un substantif masculin: _le second anniversaire; un anniversaire solennel_.

=Annoté=, part.—Ne dites pas: _tous les articles de mon magasin sont annotés en chiffres connus_; dites, _sont marqués_.

=Anoblir= et =Ennoblir.=—_Anoblir_, c'est rendre noble en donnant un titre de noblesse: _le roi l'avait anobli_. _Ennoblir_, c'est élever, donner de la noblesse: _ces sentiments vous ennoblissent; les beaux arts ennoblissent une langue_.—_Ennoblir_, prononcez _an-noblir_ et non _a-noblir_.

=Anonyme=, qui est sans nom: _ouvrage anonyme_; _pseudonyme_, qui a un faux nom: _le pseudonyme de cet ouvrage est N._ (c'est-à-dire N. est un nom faux, il n'en est pas le véritable auteur).

=Antechrist=, s. m., en un seul mot: prononcez _antecri_;—_Christ_, Prononcez _Chris-te_;—_Jésus-Christ_, prononcez _Jésucri_.

=Antichambre= est _féminin_ comme _chambre_: _une belle antichambre_.

=Anticipativement=: ce mot n'est pas français; dites donc, _la rétribution est de 100 frs. par an, payable d'avance_ ou _par avance et par trimestre_, et non, _payable anticipativement_.

=Antique= est opposé à _moderne_;—_ancien_ à _nouveau_;—_vieux_ à _neuf_: _dans une chapelle antique on voyait d'anciens règlements écrits sur de vieux parchemins_.

=Ao, Aon, Aou.=—L'_a_ est bref dans ces trois combinaisons: _cacao, chaos, Lycaon, Phaon, Pharaon_.—L'_o_ est nul dans _Craon_ (ville), _faon, Laon_ (ville), _paon_; lisez donc _Cran, fan, Lan, pan_. Il en est de même des dérivés _faonner, paonne, paonneau, paonnier, Laonais, Craonais_ qu'il faut prononcer _faner, pane, paneau, panier, Lanais, Cranais_.—C'est l'_a_ qui s'élide dans _aoriste_ (voyez ce mot), _août, aoûteron, curaçao, Saône_ (rivière), _Saonais, Saint-Laon_ (ville), _saoul, saouler_ (on écrit généralement aujourd'hui _soûl, souler_) _taon_ (insecte); on prononce donc _oriste_ (quelques-uns prononcent _aoriste_ et _saône_), _oût, oûteron, sône, curaço, Sonais, Saint-Lon, sou, souler, ton_.—L'_a_ et l'_o_ se prononcent dans _aorte, aortique_ et dans _aoûté_, participe passé du verbe _aoûter_ (qui ne s'emploie plus guère qu'à ce temps): pron. _aorte, aortique, aoûté_. (HENNEBERT).

=Août=, s. m., huitième mois de l'année: voyez _ao, aon, aou_.

=Apercevoir=, v. a., s'écrit avec un seul _p_.

=Apothicaire= ne se dit plus aujourd'hui; on dit _pharmacien_.

=Apparution, Disparution=: écrivez et prononcez, _apparition, disparition_;—cependant on dit _comparution_, action de comparaître en justice.

=Appas= ou =Pas=, dans le sens de _marche_, de _degré_ d'un escalier, de _seuil_ d'une porte, n'est pas français.

=Appel=, s. m.—Dites _appeau_, en parlant des instruments avec lesquels on imite le chant des oiseaux.

=Appeler.=—Dites _appeler_ d'un jugement et non: _rappeler_.

=Appendice=, s. m.: on prononce _ap'paindice_ et non _apandice_.

=Applanter= n'est pas français: ne dites donc pas: _cette prairie est applantée d'arbres_; dites: _plantée d'arbres, garnie d'arbres_.

=Applaudir=, v. a. et n.—_Applaudir quelqu'un_ ou _quelque chose_, c'est, 1º battre des mains en signe d'approbation: _on a vivement applaudi le poète; on a surtout applaudi le dernier vers_; 2º louer: _chacun l'a applaudi d'une si bonne action; on ne peut qu'applaudir un pareil trait_. (Acad.)

2. _Applaudir à quelqu'un_ ou _à quelque chose_, c'est l'approuver: _s'il faisait cette bonne action, tout le monde lui applaudirait; j'applaudis à votre bonne conduite_.

=Appliquer=, v. a.—Ne dites pas: _une amende de cinq francs est appliquée à tout membre qui, etc._; dites, _est infligée_.

=Appointements=, s. m. pluriel: _ses appointements_ (et non _son appointement_) _sont de 2000 frs._: voyez _gage_.

=Apprendre.=—Ne dites pas: _ma sœur s'est apprise elle-même à broder_; dites: _ma sœur a appris d'elle-même à broder_.

2. On dit très-bien _j'apprends la musique_ (j'enseigne) _à cet enfant_. (Acad.)

3. Ne dites pas: _j'ai appris cela auprès de lui_; dites _de lui_.

=Apportez= _votre ami, votre frère_, pour _amenez votre ami, votre frère_, est un flandricisme.

=Apprenti=, s. m., et non _apprentif_, fait au féminin _apprentie_ et non _apprentise_ ni _apprentisse, apprentive_.

=Apprêt=, s. m., préparatif: prononcez _aprè_.

=Apprêter=, v. a. et n. Ne dites pas: _cela prête à rire_, pour signifier que telle chose rend ridicule, donne à rire, donne une occasion de rire; dites: _cela apprête à rire; si vous faites telle chose, vous apprêterez à rire à tout le monde_. (Acad.)

=Après.=—Ne dites pas: _on demande après vous; chercher après quelqu'un_; dites: _on vous demande, chercher quelqu'un_.

2. On dit très-bien: _courir, attendre après quelqu'un_. (Acad.) Avis à certains grammairiens qui condamnent ces expressions.

3. Ne dites pas: _il est en colère, il est fâché après vous_, mais _... contre vous_;—_il est occupé après ce travail_, mais _... à ce travail_.

4. Ne dites pas: _mettez les chevaux après la voiture_; dites, _mettez les chevaux à la voiture_.

5. Ne dites pas: _la clef est après la porte_, dites, _la clef est à la porte_. (Fland.)

6. _Par après_ n'est pas français; dites simplement _après_.

=Après-dînée, Après-soupée= sont des subst. _féminins_ et s'emploient de préférence à _après-dîné, après-dîner_, ou _après-soupé, après-souper_ qui sont du masculin. Le pluriel est _après-dînées, après-soupées_; l'Académie ne donne pas le plur. de _après-midi_. _Après-midi_ est également du _féminin_, quoique plusieurs le fassent du _masculin_. (Acad.)

=Aquatique, Aquarelle, Aquatile, Aquarium, Aqua-viva, Aquador, Aquariens, Aqua-tinta=: prononcez _akouatique, akouarelle, akouatile_; etc. Voyez _qu_.

=Aqueduc=, s. m., canal pour conduire l'eau: prononcez _akeduc_ et non _akéduc, akèduc_.

=A quia=, loc. adv.—_Être, mettre à quia_, être réduit, réduire quelqu'un à ne pouvoir répondre: _cet élève a été dix fois à quia pendant la classe_: prononcez _akuia_ et non _a kouia_. Voyez _qu_.

=Aquilin, Aquilon=: prononcez _akilin, akilon_. Voyez _qu_.

=Ar= et =Arr=, au commencement des mots, sont brefs: _arrondissement_, prononcez _arondissement_, et non _ârondissement_; _arroser_, _a-roser_ et non _âroser_.

=Arbalète=, s. f.—On dit une _arbalète_ et un _arbalétrier_.

=Arborer=, dans le sens de _d'arbres plantés_, n'est pas français: ainsi ne dites pas, _une prairie bien arborée_; dites _une prairie bien garnie d'arbres_.

=Arc=, s. m., =Arc de triomphe=, s. m., (sans traits d'union), prononcez _arke_.—_Arc-boutant, arc-bouter, arc-doubleau_; prononcez _arboutant, arbouter, ardoubleau_. _Arc-en-ciel_ se prononce _arkenciel_, même au pluriel, qui s'écrit _arcs-en-ciel_. (Acad.) Voyez _c final_.

=Archaïsme=, s. m.—Mot antique, tour de phrase suranné;—_archange_, s. m.;—_archéologie_, s. f., science des monuments de l'antiquité; —_archéologique_, adj.;—_archéologue_, s. m.;—_archétype_, s. m., terme didactique, original, patron, modèle;—_archiépiscopal, ale_, adj.;—_archiépiscopat_, s. m.;—_archontat_, s. m., dignité de l'archonte;—_archonte_, s. m., titre des principaux magistrats grecs, surtout à Athènes.—Dans tous ces mots _ch_ se prononce comme _k_; partout ailleurs _arch_ ou _archi_ se prononce comme le _ch_ français, dans _franchise, chemise_, etc.

=Archal= (_fil d'_), prononcez l'_l_.—Ne dites pas _du fil d'archat_ ou d'_aréchal_, mais _du fil d'archal_.

=Archelle=, n'est pas français; c'est _osier_ qu'il faut dire.

=Ardoisier=, s. m.: celui qui possède ou qui exploite une carrière d'ardoises; ne dites pas _ardoisier_ pour désigner un ouvrier couvreur; mais dites _couvreur en ardoise_, comme on dit _couvreur en chaume, en tuile_.

=Are=, est un subst. _masculin_: _un are de terre_.

=Are= et =Arre=, ont l'_a_ grave dans les substantifs de deux syllabes dont l'_a_ n'est point initial; _gare, barre, gare, tare_, etc.—Ajoutez l'adjectif _rare_, le verbe _je narre_ et tous les dérivés, à l'exception de _narratif, narration, narrateur_. L'_a_ est moyen dans _lares, mare, phare, tiare_; il est bref dans les dérivés _barrique, barricade, barricader_. (HENNEBERT.)

=Arêt.=—Ne dites pas: _j'ai manqué d'avaler une arêt_ (de poisson); dites _une arête_.

=Argot=, s. m.—Ne confondez pas _argot_ avec _ergot_: _argot_ est le jargon des filous qui n'est intelligible qu'entre eux; _ergot_ est cette corne molle que les chevaux porte entre les jambes; _ergot_ signifie encore une sorte de petit ongle pointu qui se trouve aux pieds de certains animaux: _les ergots d'un coq_.—Ne dites pas: _cet homme est bien argoté_, mais, _cet homme est intelligent, instruit, rusé, entend bien ses intérêts_, selon le sens.

=Argus=, s. m., espion domestique; prononcez _arguce_.—Voyez _s finale_.

=Arlequin.=—Ne dites pas _harlequin_. (_h_ aspirée.)

=Armes=, s. f. pl.—Ne dites pas: _la garnison est sur les armes_; dites _la garnison est sous les armes_. (Wall.)

=Armistice=, s. m.: voyez _amnistie_.

=Armoire= est du féminin: _une belle et grande armoire_: les wallons font souvent ce mot du masculin.

=Arrérages=, s. m. pl., revenus arriérés; écrivez et prononcez _arrérages_ et non _arriérages_.

=Arrhes=, s. f. pl., argent donné pour assurer l'exécution d'un marché verbal; le mot _errhes_ pour _arrhes_ n'est pas français. Voyez _rh_.

=Arrière=, interj.—Écrivez et prononcez _arrière_ et non _errière_.

_En arrière de._—C'est une faute de dire: _Ne faites pas en arrière de lui, ce que vous n'oseriez faire devant lui_; dites: _ne faites pas hors de sa présence ce que..._ Mais on peut dire: _il me loue en ma présence et me déchire en arrière_. (Acad.)

2. Ne dites pas: _mettez-vous arrière de moi_; dites: _éloignez-vous, retirez-vous de moi_.

3. Ne dites pas: _ils sont retournés en arrière_, mais: _ils s'en sont retournés, ils ont rebroussé chemin_.

=Arrondir, Arroser=: prononcez, _arondir, aroser_.

=Arsenic=, s. m.—Prononcez _arsenik_. (Acad.) Devant une consonne on ne prononce pas le _c_: _l'arseni se volatilise au feu_.

=Artillerie, Artilleur=: mouillez les _ll_.

=Artiste=, s. m. et f.—Ce mot s'emploie abusivement aujourd'hui comme synonyme de _acteur, actrice_; _ce ténor est un grand acteur_ et non _un grand artiste_. Voyez _t_.

=As= final.—L'_a_ est long dans les mots terminés en _as_ au singulier: _amas, bas, cas, compas, coutelas, damas, échalas, frimas, gras, lilas, ramas, repas, tas, trépas_, etc., ainsi que dans leurs dérivés _amasser, basse, casser, compasser, grasse_, etc. Pour quelques mots de cette classe, l'_a_ s'est fort adouci dans le langage à la mode: ainsi pour _ananas, bras, cabas, cadenas, chasselas, cervelas, embarras, fracas, matelas, tracas, taffetas, verglas_.—L'_a_ est encore long dans les noms propres _Lucas, Thomas_, comme dans ceux où l'_s_ finale se prononce: _Agésilas, Damas, Epaminondas, Stanislas, Vaugelas_, etc. (HENNEBERT.)

=As=, subst. masculin, carte, poids, monnaie: prononcez _âce_; _les as sont égaux_ et non _égales_.

=Ascension=, s. f., action de monter, fête: prononcez _as'sension_ (prononcez les 2 _s_ dures).

=Ase= et =Aze=, à la fin des mots, ont l'_a_ long, pourvu que l'on y retrouve l'_s_ douce ou le _z_: _base, case, gaze, évase, écrase, phrase_, etc., ainsi que leurs dérivés _baser, caser, gazer_, etc.; il en est de même des noms propres _Anastase, Caucase, Métastase, Pégase_, etc.

=Asion, Assion, Ation= (les trois terminaisons en) sont toujours graves, d'après quelques grammairiens: prononcez _persuâsion, pâssion, nâtion_, etc. Cette règle, qui comprend un grand nombre de mots (1193), ne souffrirait aucune exception. Elle serait même applicable aux dérivés où _ion_ se change en _io_; ainsi _pâssionné, nâtional_, etc.; mais lorsque _ion_ disparaît entièrement, comme dans _dominateur, natif, persuadé_, etc., l'_a_ redeviendrait doux (bref).—(HENNEBERT.)

D'un autre côté, de bons grammairiens, et en grand nombre, prétendent que l'_a_ des terminaisons _asion, assion, ation_ est _toujours bref_. Nous pensons donc que l'une et l'autre prononciation sont bonnes; cependant, comme l'usage, à peu près général en Belgique, paraît être de faire ces sortes d'_a_ brefs, nous admettrions plus volontiers la seconde prononciation, et nous croyons même, qu'à peine de s'exposer à se singulariser, il faut l'adopter, au moins dans notre pays.—Il va sans dire qu'on doit prononcer nettement _acion_ et non _achon, achion_, etc.; il en est de même des finales en _ition, sion_, etc.: _transition, session_.

=Asme, Aspe, Asque= (terminaisons en): faites sentir l'_s_ et l'_m_: _cataplas-me, spas-me, enthousias-me, asth-me_ (_as-me_), _jas-pe, cas-que_, etc., et non _cataplasse, spasse, enthousiasse, asse, jasse, casse_, ni _cataplam-se, enthousiam-se, am-se_, ni _cataplame, spame, enthousiame_, etc. Il en est de même des terminaisons en _isme_: _catéchisme, schisme, barbarisme_.

=Aspect=, s. m.—Prononcez _aspek_; prononcez de même _respect, suspect_ (_respèk, suspek_); _abject_ se prononce _abjekte_. Voyez _ct_.

=Aspergès=, s. m., goupillon, prononcez _aspergèce_.

=Aspic=, s. m., petit serpent venimeux: prononcez _aspik_ et non _aspi_. Voyez _c final_ et _broc_.

=Aspiral=, pour _la spirale_ ou le ressort _spiral_ est une faute grossière; vous direz donc: _la spirale de cette montre est cassée_ et non _l'aspiral_.

=Aspirer.=—On dit _aspirer à quelque chose_ et non _après quelque chose_; _il aspire aux honneurs_ et non _après les honneurs_.

=Assassiner, Assassin, Assassinat=:—prononcez _assaciner, assacin, assacinat_ et non _assaziner, assazin, assazinat_, ni _azaziner, azazin, azazinat_.

2. _Assassineur_, pour _assassin_, n'est pas français.

=Asseoir=, v. a.—Indicatif présent: _je m'assieds, tu t'assieds, il s'assied, nous nous asseyons, vous vous asseyez, ils s'asseyent_; imparf.: _je m'asseyais_, etc.; fut.: _je m'assiérai_, etc.; _je m'assiérais; assieds-toi_, etc.; _que je m'asseye_, etc.; _s'asseyant_, etc. L'Académie reconnaît aussi pour bonne la conjugaison suivante: _Je m'assois, tu t'assois, il s'assoit, nous nous assoyons, vous vous assoyez, ils s'assoient; je m'assoyais_, etc.; _je m'assoirai_, etc.; _je m'assoirais_, etc.; _assois-toi, assoyons-nous, assoyez-vous; que je m'assoie_, etc.; _s'assoyant_.—Il s'ensuit que l'expression _assoyez-vous_ est très-française.

=Assez=, doit toujours être placé devant le mot qu'il modifie; ne dites donc pas: _j'ai mangé assez, j'ai du papier assez, je suis malheureux assez_; dites: _j'ai assez mangé, j'ai assez de papier, je suis assez malheureux_. (Wall.)

2. Ne dites pas: _il a eu assez avec cela_; dites: _il a eu assez de cela_ ou _il en a eu assez_.

3. Ne dites pas: _il a été assez sot de se fâcher_; dites: _pour se fâcher_. (Wall.)

4. _Assez capable pour_ n'est pas français; dites _capable de_. _Assez_ ne va pas bien avec _capable_, excepté quand cet adjectif n'est suivi de rien et qu'il est employé pour _habile, intelligent_, etc.: ainsi l'on dit: _il est assez capable_, c'est-à-dire _assez habile_.

5. On ne dit pas non plus _capable pour_, mais _capable de_; _il est capable de tenir tête à trois hommes_.

6. _Assez suffisant_, pour _suffisant_, est un pléonasme ridicule, ne dites donc pas: _ce repas est assez suffisant pour dix personnes_; le mot _suffisant_ rend tout à fait l'idée; _assez_ est de trop; dites _ce repas est suffisant_.

=Assiette à soupe=, signifie assiette propre à contenir de la soupe; _assiette de soupe_ signifie une assiette qui contient actuellement de la soupe; il en est de même de _verre à vin, pot à fleur_, etc., et _verre de vin, pot de fleur_.—Prononcez _a-ciette_ et non _achette_ ni _agette_.

=Assis.=—Ne dites pas: _soyez assis_, mais _asseyez-vous_ ou _assoyez-vous_; ne dites pas non plus _se mettre assis_ pour _s'asseoir_.

=Assister= signifie _donner quelques secours, secourir_, par exemple, à un mendiant; mais il ne se dit pas dans le sens _d'aider quelqu'un à faire quelque chose_; vous ne direz donc pas: _assistez-moi à porter ce fardeau_, mais _aidez-moi à..._

=Assomption=, s. f., fête catholique: prononcez le _p, assomp'cion_ et non _assom'-cion_.

=Assujettir, Assujettissement=: prononcez _as'sujétir, as'sujétissement_.

=Assurer=, v. a.—_Assurer une chose à quelqu'un_, c'est affirmer, certifier cette chose: _il leur assura que le fait était vrai_. Vous ne direz donc pas: _je les ai assurés que mon père était malade_, mais _je leur ai assuré..._—_Assurer quelqu'un d'une chose_, c'est engager quelqu'un à regarder cette chose comme certaine, à y croire; _assurez-le de mon respect, de mon dévouement; vous pouvez l'assurer que je prendrai en mains ses intérêts_.

2. _S'assurer_, avec les prépos. _dans, en_, signifie établir sa confiance: _il faut s'assurer en Dieu; malheur à celui qui ne s'assure que dans ses richesses_. (Acad.)

3. _S'assurer de quelqu'un_, c'est s'assurer de sa protection, de son suffrage; il signifie aussi arrêter, emprisonner: _assurez-vous de cet homme_.

4. _S'assurer d'une chose_, c'est s'en procurer la certitude ou simplement se procurer cette chose, s'en rendre maître.

=Astérisque= (étoile qui indique un renvoi) est _masculin_ et se prononce _astériske_ et non _astérisse_: _un astérisque indique un renvoi_. Voyez _t final_.

=Asthme=, s. m., maladie de poitrine, courte haleine: prononcez _asme_ et non _amse_;—_asthmatique_, prononcez _asmatique_. Voyez _asme_.

=At= (terminaison en): voyez _t_ final.

=Ation= (terminaison en): voyez _asion_.

=Atlas=, s. m.: prononcez _atlâce_: _le mont Atlas, un atlas de géographie_. V. _s finale_.

=Atmosphère= est un subst. _féminin_: _atmosphère chargée de vapeurs_.

=Atome=, s. m. (_o_ sans accent circonflexe), corpuscule: prononcez _atôme_ (_ô_ long).

=Atteindre=, v. a.—Si le complément de ce verbe est un nom de personne, ce complément est toujours direct: _atteindre son ennemi; atteindre ceux qui marchent devant; il osait se flatter d'atteindre Racine_.—Si c'est un nom de chose, le complément est direct ou indirect, suivant le sens du verbe.—1º _Atteindre_, signifiant parvenir à un terme dont on était plus ou moins éloigné: _nous atteindrons ce village dans la nuit; nous partîmes en même temps, mais j'atteignis le but avant lui_; et au figuré: _nous atteignons enfin le terme de nos souffrances; atteindre l'âge de raison; atteindre son but_, réussir dans ce que l'on s'est proposé.—2º _Atteindre_, signifiant toucher à une chose assez éloignée pour qu'on ne puisse y arriver _sans effort_: _atteindre au plancher; atteindre au but_; et au figuré: _atteindre à la perfection; atteindre au sublime_.

=Atteinte=, s. f.—Ne dites pas _une atteinte d'apoplexie_, mais _une attaque d'apoplexie_.

=Attelée=, s. f., n'est pas français; dites _un attelage_: _il lui manque un cheval à son attelage_.

=Atteler=, v. a.—Ne dites pas: _il faut atteler le chien_; dites _il faut attacher_... _Atteler_ signifie attacher à une voiture.

=Attendre après quelqu'un= se dit très-bien. (Acad.)

=Attention=, s. f.—Dites _avoir, faire, prêter attention_, et non _prendre, donner attention_. (Fland.)

=Au.=—_Au_ a le son de _o_ bref devant la lettre _r_: j'_aurai_, tu _sauras_, il _aura_, nous _saurons, aurore, Aurillac, Centaure, Laure_, etc.; prononcez j'_orai_, tu _soras_, il _ora_, nous _sorons, orore, Orillac, Centore, Lore_. Il n'y a point d'exception à cette règle: _vaurien_ se prononce _vôrien_, parce que ce mot doit être pris pour une contraction de _vaut rien_; _Beaurevoir, Beauregard, Maurepas_, et autres noms propres semblables, n'ont aussi l'_au_ long que pour une raison analogue.—_Au_ a le son de _o_ bref au commencement des mots devant _g_ guttural ou la syllabe _to_: _augmenter, augurer, augural, autographe, autocrate, autorité, autoriser, Auguste_, etc.—Il en est de même devant l'articulation composée _st_: _austral, austère, austérité, holocauste, causticité, caustique, Austerlitz, Austrasie_, etc.—Enfin il est encore bref, par exception, dans les mots suivants: _auberge, aubergiste, audace, audience, aulique, aumône, auspice, autel, authentique, auxiliaire, cauchemar, cauchois, fauteuil, glauber, mauvais, mauviette, naufrage, paupière, rauque, épaulette_ (mais non _épaule_); ajoutons les noms propres _Sainte-Aulaire, Ausche, Auvergne, Caulaincourt, Paul, Waux-Hall_; les dérivés suivent la même prononciation.—_Pourceaugnac_ a aussi l'_au_ bref. (HENNEBERT.)

=Auberge= est du _féminin_: _une bonne auberge_.

=Aucun= et =Nul= se mettent au pluriel: 1º lorsqu'ils sont joints à un nom qui n'a pas de singulier: _aucuns frais, nuls frais_; 2º lorsque le substantif auquel ils sont joints, a, au pluriel, une signification particulière: _on ne lui a rendu aucuns devoirs_, c'est-à-dire, on ne lui a fait _aucunes funérailles_; _vous n'avez aucuns soins, nuls soins pour vos parents_, c'est-à-dire point _d'attentions_ pour eux; _ce domestique ne reçoit aucuns gages, nuls gages_, c.-à-d., ce domestique ne gagne aucun salaire, n'a point _de gages_.—_Aucuns, d'aucuns_ s'emploient dans le style naïf et badin pour _quelques-uns_: _aucuns ou d'aucuns croient que je l'ai fait de propos délibéré_. (Acad.)

=Augmenter.= Ne dites pas: _les grains, les vins augmentent tous les jours_, pour exprimer qu'ils sont à la hausse; dites: _le prix des grains, des vins, augmente, s'élève_, etc. Voyez _diminuer_.

=Aujourd'hui.=—On peut dire: _on a remis l'affaire à aujourd'hui; jusqu'aujourd'hui_ ou _jusqu'à aujourd'hui_. (Acad.) Prononcez _aujourd'hui_ et non _aujourd'houi_ ni _aujord'hui_.

=Aumône=, s. f. Prononcez _ômône_ (les deux _ô_ longs). Plusieurs grammairiens prononcent _omône_ (le 1er _o_ bref).

=Aune=, arbre (quelques-uns écrivent _aulne_), est du _masculin_; _aune_, mesure, est du _féminin_.

=Auparavant= est adverbe: il ne peut donc avoir de régime comme _avant_, qui est préposition. Ne dites donc pas: _auparavant de partir; je suis arrivé auparavant les autres_, mais, _avant de partir; je suis arrivé avant les autres_. Mais vous direz très-bien: _il avait reçu auparavant des lettres de son père; je suis arrivé longtemps auparavant_, parce qu'ici il est adverbe.

=Auprès de, Au prix de, Près de=: voyez _prix_.

2. Ne dites pas: _je demeure auprès de la place St-Lambert_; dites _... près de la place St-Lambert_.

=Auspice=, présage, protection, est du masculin; _j'ai commencé sous d'heureux auspices_: prononcez _ospice_ (_o_ bref).

=Aussi... Comme=, pour _aussi... que_: _cette maison-ci est pour le moins aussi belle comme la vôtre_; dites: _aussi belle que la vôtre_. (Fland.)

2. _Aussi pas._—_Vous n'êtes pas riche et moi aussi pas; je ne l'ai pas fait aussi_; dites: _ni moi non plus; je ne l'ai pas fait non plus_. (Fland.)

=Aussitôt=, adv.: Ne dites pas: _il est parti aussitôt vous; je partirai aussitôt la diligence arrivée, votre lettre reçue_; dites: _il est parti aussitôt que vous; je partirai dès que la diligence sera arrivée, dès que j'aurai reçu votre lettre_ ou _aussitôt après l'arrivée de la diligence, après la réception de votre lettre_.

=Automne= est du masc. et du fém., mais plus souvent du masculin: _un automne sec_; prononcez _otone_; mais dans _autom-nal_, faites sentir l'_m_.

=Autour=, prép.: voyez _alentour_.

=Autre.=—_Rien d'autre_ est une locution vicieuse; dites: _rien autre, rien autre chose, pas autre chose_.

2. Monsieur est-il ici?—Oui.—N'y a-t-il _personne d'autre_? c'est encore une mauvaise locution; dites: _n'y a-t-il point d'autre personne, personne autre, nul autre, aucun autre_.

3. Ne dites pas non plus: _quelqu'un d'autre, quelque chose d'autre_; dites: _quelque autre, quelque autre chose; adressez-vous à quelque autre personne_ ou _à quelque autre_;—_c'est autre chose que j'exige_.

4. Ne dites pas: _je l'ai trouvé tout autre que je pensais_; dites _... que je ne pensais_.

5. _Nous autres, vous autres_. En espagnol, _nous_ et _vous_ sont toujours suivis de _autres_, même dans la conjugaison: _nous autres aimons; vous autres aimez; nous autres parlerons, vous autres parlerez_, etc. Il en est à peu près de même en wallon où l'on fait également, surtout dans certains dialectes, un trop fréquent usage de ces expressions. Le génie de la langue française n'autorise l'usage de ces expressions que dans des cas assez rares, et seulement lorsqu'on veut exprimer une opposition à d'autres personnes dont on vient de parler, ou insister particulièrement sur les mots _nous, vous_: _Je m'en vais me promener; vous autres, vous irez étudier_; _nos professeurs nous ont recommandé de bien étudier; nous autres_ (les élèves paresseux), _nous préférons de nous amuser_; _les anciens ont cru que le soleil tournait autour de la terre; nous autres, nous croyons que c'est la terre qui tourne autour du soleil_.—Les Wallons ne sauraient trop se mettre en garde contre l'usage impropre ou vicieux de ces locutions.

=Auxiliaire=, s. m., prononcez _okcilière_, (_o_ bref) et non _augziliaire_.

2. Plusieurs verbes prennent tantôt _avoir_ et tantôt _être_, selon qu'ils expriment principalement une _action_ ou principalement un _état_, en d'autres termes, selon que l'on peut faire les questions: _qu'a-t-il fait?_ ou bien _qu'est-il devenu, qu'est-il, où est-il maintenant?_ Ainsi on dit avec _avoir_ et avec _être_: _sa fortune a augmenté rapidement_ et _sa fortune est augmentée du double_;—_le prix du pain a encore baissé hier_ et _le prix du pain est baissé_;—_la fièvre a cessé à minuit_ et _la fièvre est cessée depuis hier_;—_le vent a changé tout à coup_ et _le vent est changé_;—_les eaux ont crû rapidement_ et _les eaux sont crues_;—_ce billet a échu hier_ et _ce billet est échu depuis hier_;—_sa maladie a beaucoup empiré en peu de temps_ et _sa maladie est bien empirée_;—_son bail a expiré à la St-Jean_ et _son bail est expiré_;—_cet enfant a bien grandi en un an_ et _cet enfant est bien grandi_;—_le baromètre a monté lentement_ et _le baromètre est monté_;—_il a monté quatre fois à sa chambre pendant la journée_ et _il est monté à sa chambre depuis une heure_;—_son fusil a parti tout à coup_ (Acad.) et _il est parti pour Paris_;—_la procession a passé dans notre rue_ et _la procession est passée depuis une heure_;—_il a sorti mais il vient de rentrer_ (Acad.) et _il est sorti mais il va rentrer_;—_les poètes disent que Vulcain a tombé du Ciel pendant un jour entier_ (Acad.) et _elle releva son enfant qui était tombé_.—Les exemples que nous citons ici de l'Académie, ne sont pas à imiter, attendu qu'ils nous paraissent être de véritables exceptions.—On construit également avec _avoir_ ou _être_ les verbes _camper, débarquer, décroître, dégénérer, diminuer, échouer, embellir, enlaidir, grossir, hausser, vieillir_, etc.

=Avant, Devant.=—_Avant_, se dit du temps: _je suis parti avant vous_;—_devant_ se dit du lieu, de la situation: _placez-vous devant votre condisciple, devant cette porte_.

2. Ne dites pas: _avant que je parte, j'irai vous voir_; dites: _avant de partir..._

3. _Avant que_, d'après l'Académie, n'est jamais suivi de la négative: _j'irai le voir, avant qu'il parte; sauvons-nous avant que l'orage vienne_; et non _avant qu'il ne parte, avant que l'orage ne vienne_.

4. Ne dites pas: _avant que faisiez-vous_; dites _auparavant, autrefois, avant cette époque_, etc.: _avant_, étant préposition, doit toujours être suivi d'un complément.

=Avant de, Avant que de.=—On dit _avant de_ ou _avant que de_: _avant de venir_, ou _avant que de venir_, (Acad.); _les athlètes se frottaient d'huile, avant que de lutter_. (Id.) Ajoutons pourtant que _avant de_ est préférable, et que _avant que de_ nous paraît suranné.

=Avant-hier.=—Beaucoup de personnes prononcent mal ce mot: l'_h_ d'_hier_ étant muette, on doit faire sonner le _t_, et prononcer _avan-t-hier_, et non _avan-hier_, encore moins _avan-z-hier_; prononcez de même _dès hier_, (_dè zière_); cependant dans la conversation on peut dire avan-hier.

=Avec=, est une préposition qui demande un régime; c'est donc une faute de dire: _Je m'en vais à Liége, venez avec_; dites: _venez avec moi_.—Cependant l'Académie admet dans le langage familier _avec_ sans régime: _il prit mon manteau et partit avec_.

2. C'est encore à tort que l'on donne à _avec_ le sens de _aussi_; ne dites donc pas: _mon frère a bien réussi dans ses concours et moi avec_; dites: _et moi aussi_. (Wall.)

3. _Avec_ ne peut pas non plus s'employer pour _de_: ne dites pas: _que puis-je faire avec ces livres_; dites: _de ces livres_. (Wall.)

4. Ne dites pas: _avec qui parliez-vous?_ dites: _à qui parliez-vous?_ (Wall.)

5. Ne dites pas: _j'ai eu une maladie de cœur, j'ai beaucoup souffert avec_; dites: _j'en ai beaucoup souffert_.

6. Ne dites pas: _il est dur avec les pauvres_, mais _... envers les pauvres_.

7. Ne dites pas: _vous vous ferez des ennemis avec vos plaisanteries_; mais _... par vos plaisanteries_. (Wall.)

8. Ne dites pas: _je suis ami avec lui_; dites: _je suis son ami_. (Wall.)

9. Ne dites pas: _voilà les compagnons que je suis venu avec_; dites _... avec lesquels je suis venu_. (Wall.)

10. Ne dites pas: _j'ai bien ri avec cet homme, avec cette aventure_;—_il vit avec le produit de sa ferme_;—_il est parti avec le premier convoi, avec la diligence_;—dites: _j'ai bien ri de cet homme, de cette aventure_;—_il vit du produit de sa ferme_;—_il est parti par le premier convoi, par la diligence_. (Wall.)

11. Ne dites pas: _cet élève est entré au séminaire avec une année de philosophie_; dites _... après une année_. (Wall.)

12. _Content avec cela; fâché avec cela_; dites: _je suis content de cela, fâché de cela_, ou bien, _j'en suis content, j'en suis fâché_.

13. Ne dites pas: _il est parti avec une pluie battante_; dites _... par une pluie battante_.—On dit également: _par le temps qui court_.

14. Ne dites pas: _il va avec ceci comme avec cela_; dites: _il en est de ceci comme de cela_. (Fland.)

15. Ne dites pas: _je ne me mêle pas avec cela_, dites _... de cela_. (Fland.)

16. Ne dites pas: _prendre quelqu'un avec le collet_; dites _... au collet, par le collet_. (Fland.)

17. _Avec ce temps-là_: ne dites pas: _vous serez enrhumé avec ce temps-là_; dites _... par ce temps-là_. (Fland.)

18. Ne dites pas: _j'ai fait acheter ce livre avec le messager_; dites _... par le messager_. (Fland.)

19. Notez cependant que l'on peut dire indifféremment: _déjeuner, dîner, souper d'un poulet_ ou _avec un poulet_; _de radis_ ou _avec des radis_. (Académie, aux mots _matin_ et _radis_.)

20. Prononcez _avek_ et non _avè_; _avec nous_ (avèk' nous) et non _avè nous_.

=Aveine, Avoine.=—On dit l'un et l'autre; _avoine_, (prononcez _avo-anne_), est plus en usage.

=Aveuglement=, s. m., cécité.—=Aveuglément=, (avec accent aigu) adverbe, à l'aveugle ou en aveugle: _qui agit aveuglément ne peut pas voir; il est frappé d'aveuglement_.—_Aveuglement_, perte de la vue, ne s'emploie plus aujourd'hui au sens propre; on dit _cécité_: _il a été frappé de cécité par la foudre_.

=Avis=, s. m.—Prononcez _avi_ et non _avice_ devant une consonne, et _avize_ devant une voyelle: _avis au public_.

=Avoir.=—_Il y a._ Évitez de le multiplier, au commencement des mots, à la manière des enfants: _il y a Pierre qui m'a frappé; il y a Paul qui m'a poussé_, etc.; dites simplement: _Pierre m'a frappé, Paul m'a poussé_.—Prononcez comme c'est écrit et non _igna, ignia_.

2. Ne dites pas: _mes frères veulent avoir que cet événement soit arrivé telle année_; dites: _mes frères prétendent, soutiennent..._ (Wall.)

3. Ne dites pas: _mon maître en a toujours sur moi_ ou _à moi_; dites: _mon maître m'en veut, me gronde toujours_. (Wall.)

4. Ne dites pas: _j'ai eu ce livre à un tel_; dites: _d'un tel_.

5. _Avoir bon._—Voyez le mot _bon_.

6. _Avoir_, impersonnel, s'emploie mal avec un verbe impersonnel; ne dites pas: _il n'y a qu'à pleuvoir, qu'à neiger_, etc.; dites: _s'il vient à pleuvoir, à neiger_. (Wall.)

7. Ne dites pas: _quelle heure avons-nous? nous avons trois heures_; dites: _quelle heure est-il? il est trois heures_.—Mais on dira bien: _quelle heure avez-vous?_ pour demander quelle heure il est à votre montre.

8. Ne dites pas: _nous avons aujourd'hui le dix_; dites: _c'est aujourd'hui le dix_.

9. _Avoir peu de chose à dire chez soi_: dites: _avoir peu d'autorité, peu de pouvoir_. (Wall.)

10. Ne dites pas: _je vous redois dix centimes.—Oh! je les aurai bien une autre fois_; dites: _vous me les donnerez une autre fois_.

11. Ne dites pas: _l'élève qui n'aura pas eu ses devoirs, sera puni_; dites: _qui n'aura pas fait, qui n'aura pas apporté ses devoirs_.

12. _Avoir une chose dans l'œil_, pour: _voir une chose_, est un flandricisme; dites: _j'ai l'œil sur lui, là-dessus, je le surveille_.

13. Ne dites pas: _voilà une jolie montre; combien vous coûte-t-elle?—Je l'ai eue_; dites: _on m'en a fait cadeau_.

14. Pour l'emploi de l'auxiliaire _avoir_ et _être_, voyez le mot _auxiliaire_.

15. _Avoir de quoi_, être riche ou dans l'aisance. (Acad.)

16. _Vous en aurez_, vous serez châtié, maltraité. (Acad.)

17. _Je l'aurai, je saurai bien l'avoir_, se dit en parlant d'une personne dont on espère se venger; cette manière de parler vieillit. (Acad.)—Voyez _ravoir_.

18. _Contre qui en a-t-il, en avez-vous?_ c'est-à-dire, contre qui est-il, êtes-vous fâché, en colère? On dit aussi: _à qui en a-t-il?_ (Acad.)

19. Mais _à qui en a-t-il, à qui en avez-vous, en avez-vous à moi_, dans le sens de: _à qui parlez-vous_, etc., sont des barbarismes.

=Avoir l'air.=—L'adjectif ou le participe qui suit _avoir l'air_, s'accorde avec _air_ ou avec le sujet de la proposition.—Il s'accorde avec _air_, si la qualité qu'il exprime peut convenir au mot _air_: _la tuile a l'air plus gai que le chaume; cette fille a l'air hardi; cette femme a l'air hardi; cette femme a l'air méprisant_: on peut dire d'un air, d'un extérieur, qu'il est _gai, hardi, méprisant_.—Mais il s'accorde avec le sujet de la proposition, lorsqu'il exprime une qualité qui ne peut convenir au mot air; on dit: _elle a l'air contente; ils ont l'air fâchés; cette viande a l'air d'être fraîche; ces légumes n'ont pas l'air d'être cuits_. (Acad.) Parce qu'on ne peut pas dire d'un air qu'il est _content, fâché, frais, cuit_.

=Avre, Avrer= ont toujours l'_a_ long: _cadavre, navrer_.

=Avril=, 4e mois de l'année: prononcez _avrille_ (_l_ mouillée); prononcez de même _baril, péril_. Voyez _l_ mouillée.

=Ayant=, part. prés.—Prononcez, _ai-iant_ et non _a-yan_: l'_y_ ici représente deux _i_ qu'il faut faire sentir comme dans: _royal, moyen, citoyen_, etc.

=Aye=, que _j'aye_: écrivez avec un _i_ simple: on ne met pas d'_y_ devant un _e_ muet. Voyez _ai, aie_.

=Axiome= (_o_ sans accent circonflexe), s. m., vérité, maxime évidente par elle-même; prononcez _axiôme_ (_ô_ long). Voyez _o_.

B

=B.=—C'est à tort que les wallons prononcent généralement le _b_ des syllabes en _be_, comme un _p_: dites donc: une _syllabe_, une _trombe_, il _tombe_, une _bombe_, un _verbe_, un _adverbe_, la _barbe_, _enjambement_; et non: une _syllape_, une _trompe_, il _tompe_, une _bompe_, un _verpe_, un _adverpe_, la _barpe_, _enjampement_.

=Babil=, s. m.—Prononcez _babille_ en mouillant l'_l_; prononcez de même les mots suivants: _babillage, babillard, babillement, babiller_. Voyez _l_ mouillée.

=Bac=, s. m., ne s'emploie pas pour _cabaret_; dites: _cet homme ne fréquente que les cabarets, les tavernes, les cabarets borgnes_.

=Bacchus=: prononcez l'_s_ finale. Voyez _s_.

=Bacon de lard=, mot wallon; dites, _flèche de lard_.

=Baguer=, _débaguer, débagage_, pour transporter des meubles d'une maison à une autre, ne sont pas français; dites _déménager_. (Wall.)

=Bai, Baie=, adj., qui est d'un rouge brun: _cheval bai_; prononcez _bé_ et non _bè_.

=Baigner=: voyez _promener_.

=Baignoire=, s. f.; dites _une baignoire_ et non _un baignoir_.

=Baille=, n'est pas français; ne dites pas, _on fait des bailles quand on a faim_; mais, _on fait des bâillements_, ou _on bâille_.

2. Ne dites pas, _bâiller aux corneilles_ (regarder bouche béante); dites _bayer_, et prononcez _bè-ïé_.

3. Dans _bailler_, donner, livrer par convention ou par bail, l'_a_ est bref; dans _bâiller_, ouvrir involontairement la bouche, l'_a_ est long et marqué d'un accent circonflexe.

=Bailli=, au féminin _baillive_, de l'ancien masculin _baillif_; _bailleresse_ est le féminin de _bailleur_ (de fonds).

=Baïonnette=, s. f.—On écrivait anciennement _bayonnette_.

=Baise.=—On ne dit pas, _donnez une baise à maman_; mais, _donnez un baiser à maman, embrassez maman_.

=Baisser=, v. n.—Ne dites pas: _les jours baissent déjà en juillet_; dites, _décroissent, diminuent_.

=Balance=, s. f., machine à peser, s'emploie au singulier: _cette balance n'est pas juste_ et non _ces balances_.

=Balier, Baliure, Balieur=, pour _balayer, balayure, balayeur_, sont des expressions vicieuses; prononcez _balai-ier, balai-iure, balai-ieur_.

=Balziner=, pour lambiner, lanterner, muser, est wallon.

=Banal, ale=, adj., trivial; il fait au plur. masc. _banaux_: _un compliment banal, des fours banaux_.

=Baptême=, s. m.—Le _p_ ne se prononce pas: _batême_; prononcez de même _Baptiste, baptismal, baptistaire, baptistère, baptiser, débaptiser_ (changer de nom). Voyez _p_.

=Barbarisme=, s. m.—Il ne faut pas le confondre avec le solécisme. Il y a plusieurs sortes de barbarisme: ainsi un mot forgé, altéré ou détourné du sens que l'usage lui donne;—un adverbe employé comme une préposition;—des prépositions, des conjonctions ou d'autres mots employés ou omis mal à propos;—un nom employé à un genre ou à un nombre que l'usage lui refuse;—un verbe présenté sous une forme qui n'est pas autorisée par l'usage, par ex.: _il soye, il aye_, pour _il soit, il ait_, sont autant de barbarismes. Prononcez _barbaris'-me_ et non _barbarisse_ ni _barbarim'se_.—Voyez _solécisme_.

=Barbe.=—On dit très-bien: _faire sa barbe, se faire la barbe, se faire faire la barbe_, comme on dit _se raser la barbe_ ou simplement _se raser_. (Acad.)

=Barboter=, n'est pas français; dites _grommeler, marmoter_.

=Barette.=—_Faire barette_, expression vicieuse, connue des écoliers; dites, _faire l'école buissonnière_.

=Baril=, s. m.: prononcez _bari_.

=Baromètre=, s. masculin; dites _un baromè-tre_ et non _baromette_ ni _baronette_.

=Barres=, jeu d'écolier, est un substantif _féminin_ qui ne s'emploie qu'au _pluriel_: _jouer aux barres_.—On ne prononce qu'une _r_ ainsi que dans _barrer, barreau, barrette, barricade, barricader, barrière, barrique_.

=Barthélemi= et non _Barthélémi_, ni _Bartholomi, Bartholomé_; on écrit aussi _Barthélemy_.—Voyez _y_.

=Bartiau.=—Ne dites pas: _cet élève a fait aujourd'hui le bartiau_; dites, _... a fait l'école buissonnière, a manqué l'école_: _bartiau_ est un mot wallon du Hainaut.

=Bas.=—Ne dites pas: _j'ai vu cet acteur bas de la scène_, mais, _je l'ai vu hors de la scène, à la ville_.

2. Ne dites pas: _il est tombé, il s'est jeté, il a sauté en bas de son cheval, de l'échelle, de l'arbre_, etc.; dites, _à bas de son cheval_.

3. Ne dites pas: _descendre en bas, monter en haut_; dites simplement _descendre, monter_. Voyez _haut_.

4. Ne dites pas: _cette maison n'est bonne qu'à mettre bas_; dites, _qu'à mettre à bas_.

5. Ne dites pas: _j'ai mis bas ce grand garçon_; dites, _je l'ai renversé, je l'ai terrassé_.

6. Ne dites pas: _j'ai tiré l'oiseau bas_ ou _en bas_ (au tir à l'arc ou à l'arbalète); dites, _j'ai abattu l'oiseau_.

7. Ne dites pas: _tirez la clef bas_ ou _en bas de la serrure_; dites, _tirez_ ou _ôtez la clef de la serrure_.

8. Ne dites pas: _le tonneau est bas_ ou _en bas_, pour signifier qu'il est vide ou presque vide; dites, _le vin, la bière_, etc. _est bas_, pour exprimer que le tonneau est _vide_; et dites, _le vin, la bière_, etc. _est au bas_, pour signifier que le tonneau est _presque vide_.

=Bassin, Bourse.=—Le _bassin_ se dit du plat où l'on reçoit les offrandes à la messe, ainsi que du petit vase dont on se sert pour aller à la quête à l'église.—La _bourse_ sert également pour la quête et se dit d'un petit sac attaché au bout d'un manche.

=Bât=, s. m., selle de bêtes de somme; prononcez _bâ_ (_â_ long);—mais l'_a_ est bref dans _il bat_, 3e pers. du prés. de l'ind. du v. _battre_.

=Bateau, Tableau=: prononcez _batô, tablô_ (_a_ bref) et non _bâtô, tâblô_.

=Bâtisse=, s. f., construction d'un bâtiment quant à la maçonnerie; prononcez _bâtisse_ (_â_ long) et non _batisse_ ni _batize_; prononcez de même _bâtir, bâtiment, bâton_ (_â_ long).

=Batiste=, s. f., toile de lin très-fine; _Baptiste_, nom propre: prononcez _batis-te_ et non _batisse_.

=Bâtonnade=, n'est pas français; dites _bastonnade_.

=Battante=, dans le sens de _volet_, n'est pas français: _fermez les volets_ et non _les battantes_.

=Beau=, _belle_, adj.—Ne dites pas: _c'était beau pour voir_; dites, _c'était beau à voir_. (Fland.)

=Beaucoup=, adv.—Ne dites pas: _il y avait beaucoup de peuple au sermon_: dites, _beaucoup de monde_.

2. _Beaucoup_, dans le sens de plusieurs, ne s'emploie seul que quand il est précédé d'un déterminatif; on dit, _nous sommes beaucoup, il y en a beaucoup_; mais on ne dira point, _beaucoup ont pensé_, c'est-à-dire, _beaucoup de personnes ont pensé_; dans ce cas, il doit toujours être suivi de _gens, personnes_.

3. _Beaucoup_ est précédé de la préposition _de_ quand il est après l'adjectif; ainsi on dit: _il est beaucoup plus grand_, et _il est plus grand de beaucoup_.—Prononcez _bôcou_ et non _bocou_ ni _bôcoupe_; le _p_ se prononce devant une voyelle ou une _h_ muette: _on l'a beaucoup admiré_.

=Beaufays=, village à deux lieues de Liége: prononcez _Beaufa-ïî_ et non _Beaufai-î_, par la raison qu'il faut conserver aux noms propres leur prononciation indigène ou de la localité.

=Bécasse=, oiseau: prononcez _bécace_ et non _bégace_.

=Béchée=, s. f.—Ce mot n'est pas français; il faut dire, _becquée_ ou _béquée_: _cet oiseau donne la becquée à ses petits_; on dit de même _becqueter_ ou _béqueter_.

=Béelzébut=, _Belzébut, Belzébuth_, le diable: prononcez _Belzébute_.

=Bègue.=—Ne dites pas: _cet enfant bègue_, mais _cet enfant bégaye_; _bègue_, est subst. et adj.

=Belge=: prononcez _Bel-ge_ et non _Bel-che_.

=Ben= pour _bien_; ne dites pas: _ce jardin est ben joli_; mais, _bien joli_.

=Bénir=, v. a.—_Bénir_ a deux participes passés: _bénit, bénite_ et _béni, bénie_. Le premier se dit de certaines choses sur lesquelles la bénédiction du prêtre a été donnée avec les cérémonies prescrites: _pain bénit, eau bénite, maison bénite, crucifix bénit, image, médaille bénite; les drapeaux ont été bénits_.—Le second participe a toutes les autres significations de son verbe, et s'emploie surtout en parlant des personnes: _un peuple béni de Dieu; l'Ange dit à la Sainte-Vierge: vous êtes bénie entre toutes les femmes_ (Acad.); _toutes les nations de la terre ont été bénies en Jésus-Christ_ (comblées de biens, de bénédictions par J.-C.)

=Berce=, pour _berceau_, n'est pas français.

=Berlue=, s. f., éblouissement passager; prononcez _berlû_ et non _berlu-we_.

2. Ne dites pas: _cet homme a la brelue_, mais _la berlue_.

=Bernique=, est français: _je croyais le trouver chez lui, mais bernique!_

=Berriques= est un mot wallon qu'il faut traduire par _besicles_ ou _lunettes_.

=Besoin.=—Prononcez _bezo-in_ et non _bezo-an_.

2. Ne dites pas: _je n'ai rien besoin, je l'ai besoin_; dites, _je n'ai besoin de rien, j'en ai besoin_. (Fland.)

3. Ne dites pas: _voulez-vous que je vous aide?—Ce n'est pas besoin_; dites, _c'est inutile, ce n'est pas nécessaire_. (Fland.)

4. Ne dites pas non plus: _je n'en ai pas de besoin_; dites, _je n'en ai pas besoin_.

=Beurre=, s. m.—On dit une _motte_ de beurre (et non _tartine_), pour signifier un morceau de beurre arrangé en forme de petit pain.

=Beurré=, s. m., sorte de poire fondante: _beurré blanc_.

2. _Beurrée_, s. f., tranche de pain recouverte de beurre; on dit aussi _tartine_.

=Bey=, gouverneur turc: prononcez _bè_.

=Bibliophile, Bibliomane.=—Le _bibliomane_ est celui qui a la passion, la fureur de posséder des livres, non pas tant pour s'instruire que pour en repaître sa vue et se féliciter de les avoir. La bibliomanie est l'excès ou l'aberration de la bibliophilie.—Le _bibliophile_ est celui qui aime sagement et honorablement les livres, qui a du goût pour les bons ouvrages et qui sait les discerner d'avec les mauvais. Les qualités du bibliophile et du bibliographe se confondent; mais quelquefois les bibliophiles les plus instruits et les plus raisonnables tombent dans la bibliomanie.

=Bien=, s. et adv.—Voyez le mot _rien_ pour la prononciation de _bien_.

=Bienfaisance, Bienfaisant.=—Prononcez, mais n'écrivez pas, _bienfesance, bienfesant_.

=Biez=, s. m.—Ce mot ne se dit que du canal d'un moulin; dans toute autre acception il faut se servir du mot _canal_.

=Bijoutière.=—C'est à tort qu'on désigne sous ce nom une _modiste_ ou _monteuse de modes_.

=Bileux=, n'est pas français, dites, _bilieux_: _cet homme est d'un tempérament bilieux_.

=Bille=, s. f. (_ll_ mouillées), boule d'ivoire pour jouer au billard.—Petites boules de pierre ou de marbre qui servent à des jeux d'enfants; on dit quelquefois aussi _gobille_ (BESCHERELLE). Voyez _chique_.

=Billet=, s. m.—_Billet de faire part_ ou simplement _billet de part_, billet, lettre, ordinairement imprimée, par laquelle on annonce un mariage, une naissance, un décès, qui intéresse celui qui écrit; prononcez _billet_, _ll_ mouillées. Voyez _mortuaire_.

=Bis=, _bise_, adj., brun; prononcez _bi_: _du pain bis_.

2. _Bis_, interj., encore une fois; prononcez _bice_.

=Bisbille=, s. f. (_ll_ mouillées), querelle sur des riens; ne dites pas _bisbisse_.

=Biser=, dans le sens de faire de la bise, n'est pas français; dites donc _il fait de la bise, nous avons vent du Nord_ et non _il bise_.

=Bisquer=, v. n., pester, être de mauvaise humeur, être vexé; ce mot figure dans les dictionnaires, mais il est populaire.

=Bissextile=, adj.: prononcez _bis-sex-tile_ et non _bizextile, bizectile, bisek_.

=Bivac= ou =Bivouac=, s. m., garde en plein air; prononcez _bivaque_; il en est de même de _bivaquer, bivouaquer_.

=Blague=, s. f., est un petit sachet où les fumeurs mettent le tabac.

=Blaguer, Blagueur, Blague=, sont des expressions triviales et populaires; remplacez-les par _hâbler, hâbleur, hâblerie_.

=Blamer=, dans le sens de _flamber_, jeter de la flamme, n'est pas français; c'est un mot wallon.

=Blanc.=—Ce mot n'est jamais synonyme de _pâle_; ne dites donc pas d'un convalescent qu'il est encore bien _blanc_, qu'il est _blanc-mort_; dites, qu'il est encore bien _pâle_, qu'il est _pâle comme un mort_. (Wall.)

2. Ne dites pas non plus: _il est blanc comme un lait, comme un satin_; dites, _il est blanc comme lait, comme du lait, comme le lait; comme satin, comme du satin, comme le satin_.

=Blanchisserie= ou =Blancherie= (et non _blanchierie_), le lieu où l'on blanchit la toile ou la cire.

=Blette=, adj. sans masculin: _poire blette_, poire molle qui n'est pas encore gâtée.

=Bloc=, s. m.—On prononce le _c_ final, quand le mot est isolé ou à la fin d'une phrase ou lorsqu'il est suivi d'un mot commençant par une voyelle ou une _h_ muette: _acheter toutes les marchandises en bloc_ (bloque), _un bloc_ (blo) _de marbre_. Voyez _c_.

=Blocus=, s. m., action de cerner une place; prononcez _blocuce_. Voyez _s finale_.

=Blouser=, v. act., tromper; _se blouser_, se tromper: ces termes sont populaires et familiers.

=Bluet=, s. m., (on écrit plus rarement _bleuet_), espèce de fleur bleue qui croît dans les blés; on l'appelle aussi _barbeau_: prononcez _bluè, bleuè_ et non _blu-wet_, etc.

=Boa=, s. m., grand serpent; prononcez _bo-a_ en deux syllabes.

=Bœuf=, s. m., quadrupède ruminant; prononcez _beu-fe_; on prononce au pluriel _beû_, ainsi que _bœuf gras_ (_beû gras_), _bœuf salé_ (_beû salé_); dans _nerf-de-bœuf_ on ne prononce l'_f_ que dans _bœuf_; il en est de même de _œuf_ (_eufe_) et _œufs_ (_eû_).

=Boire.=—On dit, _prendre du café, du thé, du chocolat_; on dit également _prendre_ et non _boire une médecine_. Voyez _café_.

=Boîte=, s. f., pour ventouse, est wallon; ne dites donc pas: _on lui a mis six boîtes à la jambe_, mais, _six ventouses_.

2. Il s'emploie absolument pour _tabatière_: _une belle boîte_; prononcez _boate_ et non _boète_ ni _boéte_.

=Bon=, adj., _avoir bon_, est un grossier wallonnisme; ne dites donc pas: _on a si bon, pendant l'hiver, auprès du feu_; dites, _on est si bien, il fait si bon..._

2. Ne dites pas: _mon camarade a bon de me tourmenter_; dites, _mon camarade prend plaisir, a du plaisir, s'amuse à..._

3. Ne dites pas: _comme je ne suis pas assez riche, je ne pourrais pas faire cette énorme dépense, c'est bon pour vous_; dites, _c'est bon à vous_.

4. _Pour le bon, pour de bon_, expressions usitées chez les enfants, surtout au jeu, sont des wallonnismes et doivent être remplacées par _tout de bon_ ou un équivalent, comme, _pour quelque chose_; on dit également _pour rire_ ou _pour rien_ dans le sens contraire.

5. Ne dites pas: _ce commerçant a bon à vivre_; mais, _vit bien, vit à l'aise, est dans l'aisance_. (Wall.)

6. _Tout de bon_, sérieusement, est français: _jusqu'ici il plaisantait, mais à présent il se fâche tout de bon_, et non _pour de bon, pour le bon_, etc.

7. _Bon pour_: ne dites pas _ce fruit est bon pour manger_; mais, _à manger_; ne dites pas non plus: _cette église est belle pour voir_; mais, _à voir_: ce sont là des flandricismes.

8. Ne dites pas: _j'ai bon trois sous_ ou _trois sous de bon_, pour indiquer que vous avez donné trois sous de trop, et que l'on vous doit trois sous; dites, _il me revient trois sous_. (Fland.)

9. Ne dites pas: _le dites-vous en bon?_ dites, _le dites-vous sérieusement?_ (Fland.)

10. On dit: _il est bon de faire, de dire_ et _il fait bon faire, dire_: _il est bon de savoir modérer ses désirs; il fait bon marcher, se promener, étudier_, etc.

=Bonheur=, s. m.—Il n'a point de pluriel à moins qu'on ne l'emploie comme synonyme _d'événement heureux_: _il lui est arrivé plusieurs bonheurs en un jour_. (Acad.)

=Bonhommes.=—Ne dites pas: _M. est un marchand de bonhommes_; dites, _M. est un marchand de jouets, un bimbelotier_.

=Boni=, s. m., t. de finances; au pluriel _bonis_.

=Bonne d'enfant.=—Ne dites pas _garde-d'enfant_ ni _garde-enfant_.

=Bonnet=, s. m., vêtement de tête: _bonnette_ est wallon.

=Bonté=, s. f.—_Ayez la bonté de vous asseoir_, est une formule comique de politesse; dites, _asseyez-vous, je vous prie_.

=Bordeaux=, n. pr. de ville: écrivez et prononcez _Bordeaux_ et non _Bourdeaux_.

=Borgne=, adj. et s., fait au féminin _borgne_; _borgnesse_ est un terme bas et injurieux qui se dit d'une femme ou d'une fille borgne; _borgnette_ n'est pas français.

=Bosseler.=—Ne dites pas: _j'ai bosselé ma lampe en la laissant tomber_; dites, _j'ai bossué_... _Bossuer_ signifie _faire des bosses_ à un métal; _bosseler_ signifie travailler en bosse.

=Bouc=, s. m.: prononcez _bouque_.

=Boucan=, s. m., tapage, vacarme; ce mot est français.

=Bouche.=—Ne dites pas: _je le lui dirai de bouche_; mais, _de vive voix_, ou _en face, sans détours, nettement_.

2. Ne dites pas: _il a toujours la pipe en bouche_; dites, _à la bouche_. Voyez _main_.

3. D'après les exemples que donne l'Académie, on peut dire la _bouche_ ou la _gueule_ d'un barbeau, etc. En parlant des bêtes de somme et de trait, on dit la _bouche_ d'un âne, d'un bœuf, d'un chameau, d'un cheval, d'un éléphant; on dit aussi la _bouche_ d'une carpe, d'une grenouille, d'un saumon; le mot _gueule_ s'applique particulièrement aux animaux carnassiers. Voyez _gueule_.

=Bouchon=, s. m.—Ne dites pas, _un bouchon_ de cheminée; mais, _un devant_ de cheminée.

=Boucle=, s. f.: prononcez et écrivez _bou-cle_ et non _bou-que, blou-que_ ni _boukèle_.

=Bouger.=—Ce verbe est neutre et ne peut avoir de régime; ne dites donc pas: _il se bouge_; mais, _il bouge_;—_ne vous bougez pas de là_; mais, _ne bougez point de là_;—_bougez-vous_; mais, _ôtez-vous, retirez-vous, faites place_;—_vous bougez tout_; mais, _vous touchez à tout, vous dérangez tout_.—Ainsi _bouger quelque chose_ et _se bouger_ sont des barbarismes.

=Bouilleau= pour _bouleau_.—Ne dites pas _un balai de bouilleau_, mais, de _bouleau_.

=Boulancer.=—Ne dites pas: _il m'a boulancé_, pour _il m'a rudoyé, bousculé_. (Wall.)

=Boulet=, s. m.—Ne dites pas, _un boulet de neige_, mais _une boule, une pelote de neige; se battre à coup de pelotes de neige_. Voyez _briquette_.

=Boulette=, dans le sens de balourdise, bévue, étourderie, est français, mais il est familier. Voyez _hochet_.

=Boulevard=, s. m.—Autrefois on écrivait _boulevart_.

=Bouli= et =Boulie.=—Écrivez et prononcez _bouilli_ et _bouillie_, en mouillant les _ll_.

=Bouloire=, s. f., vaisseau de métal pour faire bouillir l'eau; écrivez et prononcez _bouilloire_.

=Bouquette=, mot wallon, en français _crêpe_, s. f., sorte de petite omelette faite avec de la farine de _sarrazin_: _à Liége, on mange des crêpes à Noël_; et non, _des bouquettes_; _j'ai acheté de la farine de sarrazin_; et non, _de la farine de bouquette_.

2. Ne dites pas: _jeu de bouquette_, mais, _jeu d'osselets_: _jouer aux osselets_.

=Bourg=, s. m., gros village: prononcez _bour-ke_. Cependant on ne fait pas entendre le _g_ de _bourg_ à la fin des mots: _Limbourg, Cobourg, faubourg_, que l'on prononce _Limbour, Cobour, faubour_.

=Bourgmestre=, s. m.—On prononce _bourgue-mestre_ (Acad.), et non _bourkmaître, bourkmaîse, bourgue-maître, bourguemaisse_.

=Bourse=, s. f.—Ne dites pas: _je suis allé en bourse_; dites, _à la bourse_. Voyez _bassin_.

=Bouteille= (_ll_ mouillées, et non _boutèle_).—Ne dites pas: _le médecin m'a prescrit cette bouteille_; mais, _cette médecine, cette drogue, cette potion_.

=Boutique=, s. f.—Ne dites pas: _mon père fait boutique_; dites, _tient boutique, a un magasin, fait commerce_. (Wall.)

2. Ne dites pas: _mon domestique soigne les chevaux et fait en même temps à la boutique_; dites, _et sert à la boutique, s'occupe de la boutique_. (Wall.)

3. Ne dites pas non plus: _ce négociant fait dans les draps, dans les épiceries_; dites, _vend les draps, les épiceries, fait le commerce de draps_, etc. (Wall.)

=Bouton=, s. m.—_Le bouton d'une serrure, d'un verrou_, est la partie saillante et arrondie à l'aide de laquelle on pousse et on tire le pêne d'une serrure ou un verrou; on dit dans un sens analogue, _le bouton d'un tiroir, d'un couvercle_, etc. (Acad.) _Le bouton d'une porte_ est la pièce de fer ou de cuivre qui est ordinairement de forme ronde ou ovale, et qui sert à tirer une porte à soi ou à l'ouvrir: _tournez le bouton_. (Acad.)

=Boyard= ou =Boïard=, seigneur russe; prononcez _bo-ï-ard_.

=Brader=, n'est pas français; rendez ce mot par, _perdre, prodiguer, gâcher, vendre à trop bas prix_, selon le sens: _il vend sa marchandise à trop bas prix, il la gâche_.

=Brahme=, _Brahmane, Brahmanisme, Brahmanique_; prononcez _brâ-me, brâ-mane_, etc., sans faire sentir l'_h_.

=Braire=, v. n., ne se dit que du cri peu harmonieux de l'âne; c'est donc à tort que les wallons le disent des personnes.

=Bras=, s. m.—Ne dites pas: _elle tenait son enfant dans les bras_; dites, _dans ses bras_.

=Brâs= ou =Brai=, pour signifier l'orge préparée pour faire de la bière, n'est pas français; dites, _malt_: _en Angleterre, l'impôt sur le malt est considérable_. (Acad.) La _drèche_ est le marc (le résidu) de l'orge qui a été ainsi employée.

=Brasse.=—Ne dites pas: _il m'a pris à brasse-corps et m'a renversé_; dites, _à bras-le-corps_.

=Brasserie=, s. f., lieu où l'on fait la bière; ne dites pas _brassine_.

=Brave=, adj.—_Un homme brave_, est un homme qui a de la bravoure, du courage; _un brave homme_ est un homme honnête, bon, obligeant; il est familier dans ce dernier cas.

2.—_Brave_, subst., se dit uniquement d'un homme qui a de la bravoure; vous ne direz donc pas à un écolier: _faites vos devoirs comme un brave_; dites, _comme un sage, comme un bon écolier_, ou bien, _faites sagement, tranquillement vos devoirs_; _brave_, dans cette acception est tout-à-fait wallon.

=Breloque= (_battre la_).—Cette locution vicieuse est fort usitée, surtout dans le Hainaut, pour signifier _radoter_.

=Brevet=, s. m., =Breveter=; prononcez comme c'est écrit et non, _brévet, bréveter_ ni _brefeter_.

=Brichauder, Briscader.=—Ces mots ne sont pas français; c'est _gaspiller, prodiguer_, qu'il faut dire.

=Brick=, s. m., petit navire armé; prononcez _bri-ke_; on écrit aussi, mais moins souvent, _brig_.

=Brièveté=, s. f.: prononcez _briè-ve-té_ et non _brié-fe-té_. Voyez _v_.

=Brigadier=, s. m.—Prononcez l'_a_ bref et non _brigâdier_; prononcez de même _saladier_ et les autres mots de la même terminaison.

=Brillant=, adj.—_Un brillant éclat_ est un pléonasme vicieux, car tout éclat est nécessairement brillant.

=Bris=, s. m., terme de palais, fracture, rupture; prononcez l'_s_, _bri-ce_. (Acad.)

=Brise-feu=, s. m.; ne dites pas _un brise-feu_; dites _un écran_.

=Broc=, s. m., grand vase pour le vin; prononcez _brô_; le _c_ ne se prononce qu'en poésie et dans la locution _de bric et de broc_. Voyez _c final_.

=Brosse=, pour _balai_, n'est pas français.

=Brosseter=, nettoyer avec la brosse, n'est pas français: dites _brosser_. (Wall.)

=Brouet=, s. m., bouillon au lait et au sucre; prononcez _brou-è_ (deux syllabes) et non _broè_ ni _brou-wet_.

=Brouette=, s. f.; prononcez _brou-ette_ et non _brou-wette_.

2. _Faire brouette_, terme du jeu de quilles, ne rien abattre, est une expression wallonne; dites, _faire chou blanc_.

=Broiement= ou =Broîment=, s. m., action de broyer: prononcez _broi-ment_ et non _broy-ï-ment_.

=Brou=, s. m., enveloppe verte des noix, des amandes et des fruits à coquille; ce mot ne s'emploie pas au pluriel. _Écale_ signifie la même chose, et se dit en outre: 1º, de certains légumes: _écales de pois, écales de fèves_; 2º, de la couverture solide de l'œuf, qui porte aussi le nom de _coque_ et de _coquille_: _j'ai brisé l'écale, la coque, la coquille de mon œuf_. Mais _cale_ n'est français dans aucune de ces acceptions: _cales de noix_, est donc une faute grossière; écrivez et prononcez _écale_ et non _écaille_.—_Cale_, s. f., se dit d'un morceau de bois, de pierre, etc. qu'on place sous un objet quelconque pour le mettre de niveau ou lui donner de l'assiette.

=Brouillamini=, s. m., désordre, confusion: _embrouillamini_ n'est pas français.

=Brouillard= (_papier_); voyez _buvard_ et _tache_.

=Brouillasser=, n'est pas français; dites, _il fait, il y a du brouillard, il bruine_.

=Brouilleur.=—Ne dites pas d'un mauvais écrivain, _c'est un brouilleur de papier_; dites, _... un barbouilleur_.

=Bru=, s. f.—On dit ordinairement _belle fille_.

=Bruit=, s. m.—Voyez _mener_.

=Brûler= (avec un accent circonflexe), employé impersonnellement, est un flandricisme: _on sonne le tocsin, il brûle quelque part_; dites, _il y a un incendie_; ne dites pas non plus: _il a brûlé cette nuit_; mais, _il y a eu un incendie cette nuit_.

2. Ne dites pas: _mon feu brûle bien, ma lampe brûle bien_; dites, _mon feu flambe bien, ma lampe éclaire bien_.

3. _Brûler du café_, pour _rôtir, griller, torréfier du café_, est une expression wallonne et flamande tout à la fois. _Brûler du café_, signifie: _consumer du café par le feu_; or ce n'est pas là ce qu'on veut dire quand on emploie cette locution; dites donc _griller, rôtir_ du café et mieux _torréfier_ qui nous paraît le mot propre; _torréfaction_ est l'action de torréfier.

=Brûle-bout=: voyez _profit_.

=Brut=, adj.—On prononce le _t_: _du sucre brut_ (_brute_).

=Bruxelles=, ville capitale de la Belgique; prononcez _Brucè-les_, d'après le flamand _Brussel_, et non _Bruk-celles_; ne dites pas _Bruxelaire_ ni _Brusselaire_; c'est _Bruxellois_ (Bru-cellois) qu'il faut dire.

=Bu=, ne s'emploie pas avec l'auxiliaire _être_ en parlant des personnes; ne dites donc pas d'un homme ivre: _il est bu_, mais _il a bu, il est gris, il est ivre, il a une pointe, une petite pointe de vin, de liqueur_.

=Bûche de bois=, est un pléonasme vicieux; dites simplement, _bûche_, pièce de gros bois de chauffage; on dira pourtant _une bûche de bois de hêtre, de bois flotté_.

2. On dit _tirer à la bûchette, à la courte paille_; et non, _à la bûche_.

=Buée=, s. f., ancien mot français, aujourd'hui inusité; dites _lessive_.

=Buffleteries=, s. f., tout ce qui dans l'équipement militaire, est fait d'une peau préparée à la manière de la peau de buffle; écrivez et prononcez _buffleteries_, et non _buffeteries_.

=Bure=, puits de mines, est du _féminin_: _cette bure est profonde_.

=Bureau.=—Ne dites pas: _mon père écrit sur un bureau_; mais, _dans un bureau_.

=Busculer=, n'est pas français; dites _bousculer_.

=Buse.=—Ne dites pas: _la buse_ ou _les buses du poêle_, mais _le tuyau_ ou _les tuyaux du poêle_; _buse_ dans ce sens est un mot wallon.

=But=, s. m., point où l'on vise, terme, fin; le _t_ se prononce lorsque le mot termine la phrase, ou quand il est devant une voyelle ou une _h_ muette.

2. Ne le confondez pas avec _butte_, s. f., qui signifie un petit tertre, une petite élévation de terre.

3. On ne _remplit_ pas un but, comme on remplit un tonneau; on _l'atteint_: _il a atteint son but_.

=But-à-but=, loc. adv., également, sans aucun avantage de part ni d'autre; on l'emploie surtout au jeu: _jouer but-à-but, être but-à-but_.

=Buvable=, adj., est français, mais il est familier; on dit plutôt _potable_.

=Buvard.=—_Papier buvard_ n'est pas français; dites, _papier brouillard_, pour signifier le papier dont on se sert pour faire sécher l'écriture fraîche.

2. _Le buvard_, s. m., est une sorte d'album où toutes les feuilles sont de papier brouillard, et dont on se sert pour faire sécher l'écriture fraîche.