‹ Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc.Chapitre 2 sur 6 · C

C

=C final.=—Il ne se fait sentir qu'après une voyelle non nasale ou une consonne: _arsenic_ (quelques-uns prononcent _arseni_ contrairement à l'Académie), _bac, hamac, lac, bec, pic, roc, bouc, caoutchouc, duc, busc_, etc.; excepté pourtant dans _arc-boutant, arc-bouter, arc-doubleau, broc_, (voyez ce mot), _accroc, raccroc, escroc, estomac, tabac, lacs_ (filets), _cric, échecs_ (jeu), _porc_ (on prononce ordinairement le _c_ quand il est à la fin de la phrase et devant une voyelle), _marc_ (poids), _Saint-Marc_, employé comme déterminatif, tels que _la place Saint-Marc, le lion Saint-Marc_; mais dans saint _Marc_, l'évangéliste, _Marc_, nom d'homme, le _c_ se fait sentir; _amict_ ne fait sentir ni le _c_ ni le _t_. Dans le discours soutenu, la liaison peut avoir lieu pour les substantifs _estomac, instinct_, suivis d'un adjectif: _estoma-kaffaibli, instin-kadmirable_.—Le _c_ se prononce également dans les noms propres _Armagnac, Brissac, Balzac, Cavaignac_ (prononcez _Cavagnac_), _Cognac, Nérac, Ravaillac_.

=Ça=, interjection familière, dont les wallons abusent trop souvent dans les locutions suivantes: _oui, ça! non, ça_; régulièrement il faut la supprimer.

2. _Il fera ça_ ou _cela mieux une autre fois_, est une locution wallonne; dites, _il fera d'autant mieux..._ ou _en revanche, il fera mieux_. (Wall.)

3. Les flamands doivent éviter de commencer leurs phrases par le mot _ça_: _ça est vrai, ça est bon, ça je dis, ça j'ai répondu, ça je ne sais pas_; ils doivent dire simplement, _c'est vrai, c'est bon, je dis cela, j'ai répondu cela, je ne le sais pas_, à moins qu'on ne veuille insister particulièrement ou établir une sorte d'opposition: _ceci est faux, cela est vrai; ceci est mauvais, cela est bon_; quant aux expressions _ça_ ou _cela je dis_, etc., cette inversion n'est jamais permise en français; il faut alors recourir à une autre tournure, par ex.: _voici ce que dis, voilà ce que j'ai répondu_.

4. _Il est comme ça, c'est son caractère_, est une expression française.

=Cabaret=, s. m.: faites le premier _a_ bref.

=Cabas=, s. m., petit panier; l'_s_ ne se prononce pas.

2. _Aller à cabasse_, est une locution wallonne; dites, _aller bras dessus, bras dessous_.

=Cabeliaud=, n'est pas français; dites _cabillaud_ (_ll_ mouill.)

=Cabus=, adj. m., sans féminin, pommé; il ne se dit qu'avec le mot _chou_: _des choux cabus_; on ne prononce pas l'_s_.—_Cabusette_ n'est pas français; dites _laitue pommée_.

=Cacao=, s. m., amande du cacaoyer, base du chocolat; prononcez _caca-o_.

=Cachément, Cachettement=: ces mots ne sont pas français; dites _en cachette, secrètement, en secret_.

=Cacis= ou =Cassis=, s. m., arbuste, liqueur; prononcez _câci-ce_.

=Cacophonie=, s. f., son ou accord désagréable; ne dites pas _cacaphonie_.

=Cadastre=, s. m.; prononcez _cadas-tre_ et non _cadasse_ ni _ca-das-tère_.

=Cadavre=, s. m., corps mort; prononcez _cada-vre_ et non _cada-fe_ ni _cada-vère_: _cadavre inanimé_ est un pléonasme ridicule.

=Cadeau=, s. m.—Ne dites pas: _j'ai reçu ce livre en cadeau_; dites, _on m'a fait cadeau de ce livre_.

=Cadenas=, s. m., serrure mobile; ne dites pas _loquet_ pour _cadenas_; le loquet en effet est une fermeture très-simple que l'on met aux portes qui n'ont pas de serrure et à celles dont le pêne est dormant; il correspond assez bien au mot wallon _cliche, clichette_.

2. Ne confondez pas non plus le _loquet_ ou le _cadenas_ avec la _targette_, qui est une petite plaque de métal, portant un verrou plat, et qu'on met aux portes, aux fenêtres, etc., pour servir à les fermer.—Prononcez _ca-d'-na_ et non _ca-ne-na_.

=Cadre=, s. m.—Ne dites pas: _j'ai acheté de beaux cadres_, pour _de beaux tableaux_: un _cadre_ n'est que la bordure du tableau, de l'estampe. Voyez _quadre_.

=Café=, s. m.; prononcez _café_ et non _cafet_.

2. On ne dit pas, _boire le café_, mais _prendre le café_: _boire_ ne se dit que des liqueurs faites pour servir de boisson, pour désaltérer, comme _l'eau, le vin, la bière_, etc. Voyez _boire_.

=Cafouiller= ou =Fafouiller=, pour =Farfouiller=, sont des barbarismes: _farfouiller_ signifie fouiller dans quelque chose avec désordre.

=Cahier=, s. m.; prononcez _ca-ié_, (_h_ muette) et non _ca-iet_ ni _ca-hier_, en aspirant l'_h_.

=Cahotement=, s. m.—Ce mot n'est pas français; dites _cahot_, pour exprimer les sauts que fait une voiture sur un chemin raboteux; et _cahotage_, pour marquer l'effet, le mouvement que produisent les _cahots_.

=Cahotte=, s. f., mot wallon, morceau de papier roulé en pointe de manière à pouvoir contenir quelque chose, se traduit en français par _sac, sachet, cornet_ et _rouleau_ qu'il ne faut pas confondre; on dit: _un cornet de tabac, de café_; _un rouleau de pièces de cinq francs_.

=Caillé=, part.; dites, _du lait caillé_ et _une dent cariée_.

=Caisse=, s. f.—Ne dites pas, _une caisse de montre_; dites, _une boîte de montre_.

=Câlin=, adj. (l'_a_ est long).—Ce mot signifie _flatteur, cajoleur_: _un petit câlin, cet homme a l'air câlin; prendre un ton câlin_; mais il ne faut pas l'employer dans le sens de _méchant_ ou de _saligaud, salaud, crapuleux_. (Wall.)

=Caleçon=, s. m., sorte de culotte; ne dites pas, _caneçon_.

=Calendrier républicain.=—Pendant la révolution française, la Convention voulant faire commencer l'année au jour où la république avait été proclamée, abolit l'ère vulgaire, et data l'ère républicaine du 22 septembre 1792, le jour même de l'équinoxe d'automne. Les mois, au nombre de douze, se composaient uniformément de 30 jours, et étaient rangés dans l'ordre suivant: _vendémiaire, brumaire, frimaire_,—_nivôse, pluviôse, ventôse_,—_germinal, floréal, prairial_,—_messidor, thermidor_ et _fructidor_. L'année était complétée par des jours épagomènes au nombre de 5, et de 6 dans les années _sextiles_. Au lieu de la division du mois en semaines, on adoptait une division en 3 décades, dont les jours s'appelaient _primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi_. Le jour était divisé en 10 parties ou heures. Les noms des saints et des fêtes du calendrier grégorien étaient remplacés par une série de noms de plantes, de métaux, d'animaux, d'instruments aratoires. Exemple: vendémiaire, primidi, _raisin_; duodi, _safran_, etc. Le 1er des jours complémentaires fut consacré à la vertu, le 2e au génie, le 3e au travail, le 4e à l'opinion; le 5e était la fête des récompenses; le 6e, dans les années sextiles, la fête de la révolution. La période de 4 ans, au bout de laquelle avait lieu cette addition du 6e jour, formait une _franciade_.—Le _Calendrier républicain_ avait été imaginé par Romme. La signification de ces mois n'était vraie que pour le climat de Paris. Il a duré moins de 14 ans; sa 14e année, commencée le 23 septembre 1805, finit le 31 décembre suivant: sur un rapport de Laplace au Sénat, un sénatus-consulte du 21 fructidor an XIII rétablit le calendrier grégorien à compter du 1er janvier 1806.

(_Dictionnaire_ de DEZOBRY et BACHELET).

=Calotte=, _gifle, pétard_, coup donné sur la tête ou au visage avec la main; remplacez ces mots par _taloche, claque, soufflet_: _gifle_ et _calotte_ pourtant figurent dans les dictionnaires, mais ils sont populaires.

=Calque=, s., est masculin: _un beau calque_.

=Calquer, Décalquer=, v. n.—_Calquer_, c'est transporter les traits d'un dessin sur un papier: _calquer un dessin, un plan_.—_Décalquer_, c'est reporter le calque d'un dessin sur du papier, sur une toile, sur une planche, etc.

=Calville= (pomme).—Dites _pomme calville_ ou _pomme de calville_ et non _calvine_ ni _calvi_.

=Camail=, s., vêtement ecclésiastique, et des chanoines ainsi que des évêques en particulier; ce mot est masculin; le pluriel est _camails_.

=Cambouis=, s. m., graisse noire formée du vieux oing, dont on a enduit les roues; écrivez et prononcez _cambouis_ et non _cambuis_.

=Campagne.=—_Être à la campagne_, c'est être en promenade à la campagne ou être dans une maison de campagne, pour y passer quelque temps; _être en campagne_, c'est être en mouvement, hors de chez soi, qu'on voyage pour son plaisir ou pour ses affaires: _quand il est à la campagne, il met tous ses gens en campagne, pour lui procurer des vivres_. Ces observations s'appliquent également aux locutions: _aller à la campagne_ et _aller en campagne_.

=Canaille=, s. f.—Ne dites pas: _cette personne est une canaille; ce commissaire est une canaille qui mérite la potence_. Ce mot n'est pas français dans ce sens; remplacez-le selon le sens par: _un gueux, coquin, fripon; un bandit, malfaiteur, vagabond; un drôle, un maraud, un gredin, un pied-plat, un infâme, un chenapan_.—_Canaille_ est un terme de mépris qui se dit de la plus vile populace: _il fut insulté par la canaille_.—Il se dit aussi des gens de toute condition pour lesquels on veut témoigner du mépris: _il nous traite de canaille_.—Il se dit quelquefois, par plaisanterie, des petits enfants qui font du bruit, qui importunent: _faites taire cette petite canaille_.

=Cangrène=: voyez _gangrène_.

=Caout-chouc=, s. m., résine élastique; prononcez _caoute-chouke_.

=Capable=, adj.—On dit: _cet homme est capable de bien se battre_, et non, _à, pour se battre_; _capable_ n'est jamais suivi des prépositions _à_ ou _pour_.—Voyez _susceptible_ et _assez_.

=Capillaire=, _capillarité, capillation, capillature_: prononcez les deux _ll_ sans les mouiller.

=Capitaine=: prononcez comme c'est écrit, _capitaine_ et non _captaine_.

=Capot=, adj., 1º confus, interdit; 2º terme de jeu, qui n'a fait aucune levée; cet adjectif est des deux genres et des deux nombres; ne dites donc pas d'une femme: _elle est demeurée capote_; mais _capot_.—Prononcez _capo_ (_o_ bref).

2. N'employez pas _capot_ dans le sens de _frit, fricassé, cassé, brisé, perdu_: _cet homme est frit; cet argent est fricassé; tout est frit; ce vase est cassé; cette canne est brisée; cet homme est perdu_ (et non _capot_ ni _capote_). (Fland.)

=Capote=, ne se dit proprement que d'une espèce de redingote à l'usage des soldats; dans tout autre cas, servez-vous des mots _redingote, frac_ (s. m. _un frac_).

=Caprice=, est masculin: _un caprice bizarre_.

=Capuce=, s. m.; ne dites pas: _il rabattit sa capuche sur son visage_; dites, _son capuce_, ou bien, _son capuchon_, (couverture de tête qui fait partie de l'habillement de certains religieux.)—_Capuche_ n'est pas français.

=Car en effet=, pléon. vicieux; dites seulement, _car_ ou bien _en effet_; ces deux locutions signifient la même chose.

=Caracole=, est un mot wallon; dites _limaçon_ ou _colimaçon_.

=Caramel=, bonbon, est un s. m.: _aimez-vous le caramel? le caramel est bon pour le rhume; mettre du caramel dans une sauce_. (Acad.) Quoique l'Académie ne donne pas d'exemple de ce mot employé au pluriel, nous croyons pourtant qu'on peut dire _des caramels_, pour désigner les petits bonbons sucrés, de forme carrée ou oblongue, renfermés dans du papier: _cet enfant aime mieux les caramels que les dragées_.

=Carbonaro=, s. m., au pl., _carbonari_, nom des membres d'une société secrète d'Italie; ce mot signifie proprement _charbonnier_.

=Caresse=, s. f.—Ne dites pas: _donner des caresses_; dites, _faire des caresses_.

=Carolus=, s. m., ancienne monnaie: prononcez _caroluce_ et non _carluce_.

=Carotte=, s. f.—_Tirer une carotte_ à quelqu'un, c'est-à-dire, obtenir adroitement d'une personne ce qu'elle n'avait nulle envie de donner, est une locution basse et populaire.

=Carpette=, mot anglais qui n'est pas francisé; dites, _tapis de pied_, comme on dit, _tapis de table, tapis de billard_: _carpette_ se dit en français d'un gros drap rayé pour emballage.

=Carré=, ne peut pas s'employer pour _quadrille_ (sorte de danse).—_Carré_ ne se dit pas non plus pour _palier_: _nous logeons sur le même palier_ et non, _sur le même carré_.

=Carreau=, s. m.—On doit dire un _carré de papier_ ou un _quart de feuille_, et non un _carreau de papier_: _écrire une note sur un carré de papier_; mais on dit, _un carreau de vitre_ ou simplement _un carreau_.

=Carrosse=, voiture suspendue, est masculin: _un beau carrosse_.—Ne dites pas: _il roule carrosse, il roule en carrosse_; dites, _il a un carrosse, il a un équipage_.

=Carrousel=, s. m., tournois: prononcez _carou-zèle_ et non _caroucèle_.

=Cartabelle=, s. f., le petit livre qui indique la manière de réciter l'office, se nomme, en français, _un directoire_; _cartabelle_ ne figure pas dans les dictionnaires, mais il est usité en Belgique.

=Carte=, s. f.—Ne dites pas _une carte de mort_, mais _un billet de part, un billet d'enterrement_.

2. Ne dites pas: _ce professeur donne des leçons à un franc la carte_; dites, _à un franc le cachet_.

=Carter=, dans le sens de _mêler_ ou de _faire les cartes_, n'est pas français; _écarter_ (et non _carter_) est un terme du jeu de piquet.

=Cas.=—_En cas que, au cas que_, se disent indifféremment et sont des locutions conjonctives qui régissent le subjonctif.

2. On dit _en cas d'empêchement, en cas de malheur_; et non, _au cas d'empêchement_, etc.

3. _Cas_ (_faire_): on dit, _faire cas, faire grand cas_, ou _ne faire nul cas de quelqu'un_ ou _de quelque chose_; on ne dit pas, _faire du cas, faire un grand cas de..._; toutefois, on dit très-bien: _j'en fais beaucoup de cas_.

=Casaque=, habillement dont on se sert comme d'un manteau, et qui a ordinairement les manches fort larges: ce mot est féminin.

=Casemate=, s. f., souterrain voûté d'une citadelle: prononcez _cazemate_ et non _cacemate_ ni _casemaque_.

=Casino=, s. m., société de jeu, de danse: prononcez _cazino_ et non _cacino_.

=Cassonade=, s. f., sucre non raffiné: prononcez _cassona-de_ et non _cassona-te_ ni _castonnade_.

=Casuel= (accidentel), ne doit pas s'employer pour _cassant, fragile_; il faut dire: _la porcelaine est cassante, fragile_, et non _casuelle_.

=Cataplasme=, est masculin: _appliquer un cataplasme_; prononcez _cataplas-me_ et non _catapla-me_. Voyez _asme_.

=Catéchisme=, s. m.: prononcez _catéchis-me_ et non _catéchime, catéchisse, catéchim-se, catégisme_.

=Catherine=, n. pr.: écrivez et prononcez _Catherine_ et non _Cathérine_.

=Cause= (_à_).—_A cause que_, signifiant _parce que_, est français, quoi qu'en disent MM. Chapsal et Poitevin; au mot _par_, l'Académie dit: _parce que, à cause que_; et au mot _cause_, elle dit: _à cause que, parce que_.

2. Ne dites pas: _c'est cause de vous que j'ai perdu mon livre_; dites, _c'est à cause de vous_.

3. Ne dites pas non plus: _je suis tombé, c'est vous la cause_; mais, _c'est à cause de vous_ ou _c'est vous qui en êtes la cause_.

=Causer=, dans le sens de _parler_; ne dites pas: _je lui ai causé longtemps_; mais, _j'ai causé longtemps avec lui; j'ai causé avec lui de cette affaire_ (et non _je lui ai causé de cette affaire_).

2. Ne dites pas: _nous nous causerons une autre fois_; dites, _nous causerons..._—_Se causer_ n'est pas français.

=Causette=, n'est pas français; dites _causerie_ ou _conversation_, selon le sens.

=Causeur=, fait au féminin _causeuse_ et non _causeresse_.

=Cave=, _Esclave, Rave_, etc.: prononcez comme c'est écrit, et non _ca-fe, escla-fe, ra-fe_. Voyez _v final_.

=Ce, Cela.=—Ne dites pas: _cela ne vient pas à huit jours_; dites, _huit jours de plus ou de moins n'y font rien_ ou _ne font rien à l'affaire_. (Fland.)

2. Ne dites pas: _c'est ce que je me plains_; mais, _c'est ce dont je me plains_.

3. Ne dites pas: _c'est moi qui a, c'est moi qui est; c'est vous qui a, c'est vous qui est_; dites, _c'est moi qui ai, c'est moi qui suis; c'est vous qui avez, c'est vous qui êtes; c'est nous qui avons, qui sommes_, etc.

4. _Ça_ ou _cela voulait bien tomber que telle ou telle chose était arrivée_.—Quand on veut parler d'une circonstance favorable, d'un heureux hasard, qui arrive dans un certain temps, on dit en flamand: _ça voulait bien tomber que..._ Cette expression ne peut pas s'employer en français; il faut dire par exemple: _c'était une circonstance favorable, un heureux hasard que votre frère aîné fût là pour prendre votre défense_. (Fland.)

5. Ne dites pas: _cela m'étonne que, cela ne me surprend pas que..._ dites, _je m'étonne que_ ou _je suis étonné que; je ne suis pas surpris que..._

6. _Cela va sans parler_, barbar.; dites, _cela va sans dire_.

7. Ne dites pas: _c'est aujourd'hui quatre mois que Jean est mort_; dites, _il y a aujourd'hui quatre mois que..._ (Fland.)

8. Ne dites pas non plus: _ça été hier trois ans que...; ce sera demain six semaines que..._ dites, _il y a eu hier trois ans que...; il y aura demain six semaines que..._ (Fland.)

9. _C'est... c'était_.—Ne dites pas: _c'est bien étonnant que...; c'est temps de dîner; c'était dix heures, quand nous arrivâmes; c'était minuit précis, lorsque les voleurs entrèrent; c'était temps qu'il se corrigeât_; mais dites, _il est bien étonnant; il est temps; il était dix heures; il était minuit précis; il était temps qu'il se corrigeât_. (Fland.)

10. Ne dites pas: _c'est beau temps aujourd'hui_; dites, _il fait beau temps, il fait beau aujourd'hui_. (Fland.)

11. Ne dites pas: _c'est fini avec moi, avec lui_; dites, _c'est fait de moi, de lui_. (Fland.)

12. Ne dites pas: _c'est inconcevable les arbres qu'il y a dans ce jardin_; dites, _vous ne sauriez croire combien il y a d'arbres..._ (Fland.)

13. Ne dites pas: _c'est certain que les enfants étaient plus soumis autrefois_; dites, _il est certain..._

14. Ne dites pas: _c'est midi, c'est six heures; il est temps que je retourne_; dites, _il est midi, il est six heures..._ (Fland.)

15. Ne dites pas: _saluez ce Monsieur_; dites, _saluez Monsieur_. _Ce_, devant _monsieur, dame, demoiselle_ ou devant un nom propre, est toujours injurieux. Ne dites pas: _celui-ci, celle-ci prétend que_ (en parlant d'une personne présente) _cette chose est_; ce terme est impoli et inconvenant; dites, _Monsieur, Madame, Jean, Jeanne, prétend que..._

16. _C'est à vous à_, signifie ordinairement, _c'est votre tour de_: _c'est à vous à jouer_;—_c'est à vous de_ veut dire, _c'est votre droit de_: _c'est à vous de jouer le premier_; ou, _c'est votre devoir de_: _c'est à vous de donner l'exemple_.

=Céleri=, s. m., plante potagère: prononcez _cél'ri_ et non _céléri_.

=Cence, Cencier.=—Ces mots ne sont guère usités; on dit plus communément, _ferme, fermier_.

=Cendrisse.=—Ce mot n'est pas français; dites: _cendres_.

=Cens=, s. m., redevance en argent: prononcez _sance_.

=Censé, ée=, réputé, est simplement _adjectif_: _vous êtes censé l'avoir fait_; ne le confondez pas avec _sensé_, qui a du bon sens, qui est conforme à la raison: _personne sensée, discours sensé_.

2. _Censément_, n'est pas français; ne dites pas: _il est censément docteur_; dites, _il est censé docteur_.

=Cent= et =Vingt=, prennent une _s_ quand ils sont précédés d'un autre adjectif numéral qui les multiplie: _quatre-vingts enfants; ils sont quatre-vingts; deux cents hommes; ils sont deux cents_.—_Exceptions_: quoique multipliés par un autre adjectif numéral, _vingt_ et _cent_ sont invariables:—1º quand ils sont suivis d'un autre nombre: _quatre-vingt-un ans, quatre-vingt-deux ans, deux cent trois ans_, etc.; _Mathusalem vécut neuf cent soixante-neuf ans_.—2º Quand ils sont employés par abréviation pour _vingtième, centième_, parce qu'alors ils déterminent un substantif _singulier_ exprimé ou sous-entendu: _numéro quatre-vingt, page deux cent, l'an trois cent, en dix-sept cent, l'an mil huit cent, l'an mil huit cent cinquante-neuf_, c'est-à-dire, _numéro quatre-vingtième, page deux centième, l'an mil huit centième_, etc.—_Cent_, employé pour _centaine_, devient substantif et prend la marque du pluriel: _deux cents de fagots_.

=Centaure.=—Ne dites pas: _ce musicien a une voix de centaure_; dites, _une voix de stentor_.—_Centaure_ est un monstre fabuleux, tandis que _Stentor_ est le nom d'un grec célèbre par la force de sa voix.

=Centime, Décime=, sont masculins comme les termes du système décimal: _un centime, un décime_ (dix centimes).—_Cents_ est aussi masculin: _un cents_; mais ce mot ne peut plus s'employer aujourd'hui, en Belgique, que pour désigner la monnaie hollandaise qui correspond à peu près à nos pièces de deux centimes; remplacez donc ce mot par le mot _centime_: _deux centimes, pièce de deux centimes, cela coûte quatre centimes_, etc.

=Cep=, s. m., pied de vigne: prononcez _cèpe_.

=Cerf=, s. m., bête fauve de l'ordre des ruminants; prononcez _cerfe_, lorsqu'il est seul ou à la fin d'un mot et _cère_ lorsqu'il s'appuie sur un autre mot. (POITEVIN, _Dict._)—Dans _serf_ (au fém. _serve_) on fait toujours sentir l'_f_. (Acad.)

=Cerise, Cerisier.=—Ne dites pas _cérise, cérisier_.

=Certain, aine=, adj.—_Une certaine chose_, est une chose non désignée; _une chose certaine_, est une chose vraie, sûre.

=Cesser, Décesser.=—_Il ne décesse de parler_, est une expression vicieuse, quoique très-commune; dites, _il ne cesse, il ne discontinue pas de parler, il ne déparle pas_.

=Ceux=, pr. p.—Ne dites pas: _il y en a de ceux qui parlent_; dites, _il y en a qui parlent_: prononcez _ceu_ et non _ceuze_.

=Ch.=—Les flamands sont exposés à le prononcer comme une _s_: _un sien, un sin, il se casse, panasse, siersier, siez, sicorée_, etc., au lieu de, _un chien, il se cache, panache, chercher, chez, chicorée_, etc.—Ils ne doivent pas non plus donner à _che_ le son de _ge_: _panage, cravage, il se cage, il se fâge_, pour _panache, cravache, il se cache, il se fâche_. Voyez _archaïsme_ et _sch_.

=Chacun.=—On ne dit pas, _un chacun, un quelqu'un_; on dit simplement, _chacun, quelqu'un_.

2. Ne dites pas: _ces livres me coûtent deux francs chaque; nous avons eu dix francs chaque_; dites, _six francs chacun_, ou _chaque livre me coûte deux francs; nous avons eu dix francs chacun_; _chaque_ est adjectif et veut toujours un substantif après lui.

=Chair=, s. f.—Ne dites pas: _il est noir de chair_; dites, _il a la peau noire_. Voyez _noir_.

=Chaire prêchoire=, barb.—Dites _chaire de vérité_ ou simplement _chaire_ (n'écrivez pas _chair_); ne dites pas non plus _chaise_.

=Chako=, s. m.: on écrit aussi _schako_ et _shako_; au plur. _chakos_.

=Chaland=, signifie _pratique, acheteur_: _il a perdu ses chalands; un nouveau chaland; attirer les chalands_.

=Châle=, s. m., vêtement de femme: on écrit aussi, mais moins souvent, _schall_ et _shall_.

=Chalet=, s. m., nom des maisons des paysans suisses, etc.; prononcez l'_a_ et l'_e_ brefs, _chalet_ et non _châlet_ ni _chalais_.

=Chambellan=, s. m., officier de la chambre du roi; ne dites pas _chamberlan_ ni _chambrelan_.

=Chambran=, s. m., barb.; dites _chambranle_ pour désigner l'encadrement de bois qui se place aux portes, aux cheminées: le _chambranle_; (masculin).

=Champignon.=—Dites, _il y a un champignon à la chandelle_, et non, _il y a un voleur_.

=Chandeleur=, s. f., fête de la Purification, 2 fév.; _la fête de la Chandeleur_; ne dites pas _la Chandeleuse_.

=Chandelle de cire=, pour _cierge_ ou _bougie_.—Le mot _chandelle_ se dit plus communément pour la _chandelle de suif_: les chandelles d'autel se nomment ordinairement _cierges_ et quelquefois _chandelles_; _bougie_ se dit des chandelles fines.

=Changer.=—Ne dites pas à une personne mouillée: _changez-vous, allez vous changer_ ou _allez changer_; mais, _changez de linge, changez de chemise, changez de vêtement_.

2. _Changer pour, changer contre_: ces deux locutions se disent indifféremment: _il a changé sa vieille vaisselle pour_ ou _contre de la neuve_.

=Chanvre= et =Chènevis=.—Le _chanvre_ est la plante et le _chènevis_ est la graine du chanvre; d'où il suit que l'on doit dire: _donnez du chènevis à votre pinson_, et non, _du chanvre_.

=Chaque=, adj. indéf.—Ne dites pas: _il fait un voyage chaque huit jours_; dites, _tous les huit jours_.

2. Ne dites pas: _nous jouerons chaque à tour_; dites, _tour-à-tour_. Voyez _chacun_.

=Char à banc=, s. m., s'écrit sans trait d'union; au pluriel _chars à bancs_.

=Charcutier=, s. m.—Autrefois on nommait _chaircutier_, celui qui vend de la viande de porc; aujourd'hui on dit seulement _charcutier, charcutière_ (et non _charcuitier, ière_).

=Chardonneret=, s. m., oiseau; ne dites pas, _chardonnet_.

=Charité=, s. f.—_Les dames de charité_, sont les dames du monde qui concourent à une œuvre de bienfaisance; _les dames de la charité_, sont des religieuses qui soignent les pauvres, les malades, etc., et qu'on appelle ordinairement _Sœurs de la charité_.

2. Ce mot peut se mettre au pluriel dans le sens d'aumônes: _cette dame fait de très-grandes charités_; et dans cette expression proverbiale: _prêter des charités à quelqu'un_, c'est-à-dire, chercher à faire accroire faussement qu'il a dit ou fait quelque chose de mal.

=Charlatan=, s. m., n'a point de fém. correspondant.

=Charpie=, s. f., linge effilé qu'on met sur une plaie.—_Poix_, s. f., matière résineuse qui provient des pins ou des sapins: _le cordonnier enduit son ligneul de poix_ (et non de _charpie_.) (Wall.)

=Charrée.=—Ne dites pas, _une charrée de bois_, mais, _une charretée de bois_.

=Charron= et =Charretier=.—Le _charron_, est un ouvrier qui fait des charriots; le _charretier_ est le conducteur d'une charrette; les wallons sont exposés à employer _charron_ pour _charretier_.

2. _Charretier_, s. m.; on dit au féminin, _une charretière_.

=Chasse=, s. f., action de chasser; prononcez _chace_ (_a_ bref); =Châsse=, s. f., coffre pour les reliques; prononcez _châce_ (_a_ long).

=Chasselas=, s. m., raisin; prononcez _chass'là_.

=Châssis=, s. m., cadre de vitrage; prononcez _châci_.

=Château=: voyez _maison_.

=Châtier=, _Châtiment, Châtiable_: prononcez _châthier_, etc., _â_ long et _ié_ diphthongue. Voyez _ti_.

=Chaud.=—Ne dites pas: _j'ai chaud les mains, les pieds_ ou _des mains, des pieds_; dites, _j'ai chaud aux mains, aux pieds_; ou bien, _j'ai les mains, les pieds chauds_. Il en est de même de _avoir froid_. Voyez _froid_.

=Chauffer.=—Dites, _échauffer_ un appartement et non, _chauffer_.

=Chaufferette= et =Couvet=, ustensile pour chauffer les mains, les pieds; ne dites pas, _chauffette_.

=Chausson=, s. m., sorte de pâtisserie qui contient de la marmelade, de la compote ou des confitures, et qui est faite d'un rond de pâte replié sur lui-même; c'est ce qui se nomme en wallon liégeois _golzâ_.

=Chauveté=, s. f., état de ce qui est chauve; ce mot n'est pas français; dites _calvitie_: _cette calvitie a été causée par la maladie_.

=Chef=, s. m.—Ne dites pas: _j'ai dix ans de chef, d'employé_, etc.; dites, _il y a dix ans que je suis chef, employé; j'ai dix ans de service_.

=Chemin de fer.=—Dites: _je suis venu par le chemin de fer, par tel convoi_ et non, _avec le chemin de fer, avec tel convoi_; ne dites pas non plus: _je suis venu par_ ou _avec la vapeur_.

=Chenal=, s. m., conduit de bois ou de plomb qui recueille les eaux du toit et les porte dans la gouttière ou dans le tuyau de descente; on dit plus souvent, _chéneau_, pluriel, _chéneaux_; _chenal_, quoique l'Académie n'en dise rien, doit faire au pluriel _chenaux_.

=Chenil=, s. m., logement des chiens de chasse: prononcez _ch'ni_ et non _chenile_.

=Cheptel=, s. m., bail de bestiaux; prononcez _chètèle_.

=Cher, Chère=, adj., s'emploie souvent comme adverbe pour modifier un verbe, et alors il est invariable: _ces étoffes sont-elles chères_ (adj.)?—_je les ai payées cher_. (adv.)

=Chercher= _après quelqu'un_ ou _après quelque chose_, est une locution vicieuse; dites, _chercher quelqu'un_ ou _quelque chose_: _qui cherchez-vous?—Je cherche mon frère, je cherche ma montre_.

2. _Chercher querelle._—Les enfants disent souvent _c'est lui qui me cherche; qui est venu me chercher_; _chercher_, pris dans ce sens, n'est pas français; il faut dire: _c'est lui qui me cherche querelle, qui me cherche noise_, ou _qui m'agace, qui me provoque_.

3 _Chercher_, ne peut pas s'employer dans le sens _d'apprendre_; ne dites donc pas: _où avez-vous cherché cette nouvelle_; dites, _où avez-vous appris cette nouvelle?_

4. Ne dites pas: _où avez-vous cherché pour ce mot?_ dites, _où avez-vous cherché ce mot?_ (Fland.)

5. Ne dites pas non plus, _voir après quelqu'un_; dites, _chercher quelqu'un_.

=Chérif=, s. m., prince chez les Arabes ou chez les Maures. Il ne faut pas le confondre avec _schérif_ ou _shérif_, officier municipal en Angleterre.

=Chétif insecte=: prononcez _chéti-finsecte_ et non _chéti-vinsecte_.

=Cheval=, s. m.: prononcez _cheval_ en appuyant fortement sur l'_e_ et non _jeval_ ni _ch'fal_; il en est de même de _chevaux, cheveu, cheville, achever, écheveau, échevin_.

=Chevrettes=, s. f., petites écrevisses de mer; ce mot n'est pas français; dites _crevettes_: _aimez-vous les crevettes?_

=Chevrons=, s. m. (en wallon, _wère_), pièces de bois placées sur les _pannes_ (en wallon _viennes_), et qui soutiennent les _lattes_ sur lesquelles on pose la tuile ou l'ardoise; voyez _panne_.—_Chevron_ se dit aussi de deux morceaux de galon assemblés en angle, que les militaires ont le droit de porter sur la manche gauche de leur habit, après un certain temps de service: _ce soldat a deux, a trois chevrons_.

=Chez.=—Les Wallons abusent singulièrement de ce mot; ainsi ils diront: _la servante de chez Simon_, pour _la servante de Simon_; _j'ai passé devant chez Pierre_, pour _devant la maison de Pierre_; _c'est un élève de chez les Jésuites_, pour _des Jésuites_.

=Chic=, s. m.—_Cet homme a du chic; cet ouvrier n'a pas le chic_; etc.—Cette expression est de la dernière familiarité; on peut en dire autant de _chicard, chicarder_.

=Chicaneur, euse, Chicanier, ère=, adj. et s.—Le _chicaneur_ aime à chicaner, principalement en affaires; le _chicanier_ conteste, vétille sur les moindres choses.

=Chien=, s. m., animal domestique; prononcez _chi-in_ et non _chian, siïn, chin_.

=Chiffon de pain=, gros morceau de pain, n'est pas français; dites, _quignon de pain_.

=Chine.=—Écrivez et prononcez _échine_: _il s'est rompu l'échine_ (épine du dos).

=Chiper=, prendre, dérober, est français, mais il est très-populaire.

=Chipote=, dans le sens de _chipotier, chipotière_, n'est pas français.

=Chipoteur.=—Ce mot n'est pas plus français que _façonneur, tripoteur, rancuneur_ ou _rancuneux_; dites, _chipotier, façonnier, tripotier, rancunier, ière_. Cependant on dit également bien _chicaneur, euse_, et _chicanier, ière_. Voyez ces mots.

=Chique=, s. m., petite boule de pierre ou de marbre qui sert à des jeux d'enfants; ce mot est wallon; dites, _bille_ (_ll_ mouillées): _gobille_ se dit quelquefois aussi pour _bille_. (BESCHERELLE.)

=Chiragre=, s.f.;—_chirographaire_, adj. des 2 genres;—_chirologie_, s. f.;—_chiromancie_, s. f.; _chiromancien_ adj.;—_chiste_, terme de chir. (on écrit plus souvent _kyste_; ne confondez pas avec _schiste_, pierre lamellée), s. m.—Dans tous ces mots, _chi_ se prononce _ki_.

=Chirer=, pour _déchirer_, n'est pas français.

=Chirurgien=: prononcez _chirurgien_ et non _chirugien, cherurgien, cirugien, cirurgien_.

=Choir=, v. n. et défectif.—Il ne s'emploie qu'à l'infinitif et au participe passé _chu, chue_, qui se construit avec _être_: _il est chu_.

=Cholédologie=, s. f.;—_cholédoque_, adj., masculin sans fémin.;—_choléra_,—_cholérique_,—_chondrologie_, s. f;—_choraïque_, adj.;—_chorée_, s. m.;—_chorus_, s. m.;—_chorège_, s. m.;—_chorégraphie_, s. f.;—_chorégraphe_, s. m.;—_chorégraphique_, adj.;—_chorévêque_, s. m.;—_choriambe_, s. m.;—_chorion_, s. m.;—_choriste_, subst. des deux genres;—_chorographie_, s. f.;—_chorographique_, adj.;—_choroïde_, s. f. Dans tous ces mots, _cho_ se prononce _ko_.

=Choléra-morbus= ou simplement =Choléra=: prononcez _koléra-morbuce, koléra_ (Acad.)—L'Académie écrit aussi _coléra-morbus_.

=Choquer=, ne s'emploie pas pour signifier _pousser, bousculer, heurter_: _il m'a heurté en passant_, et non, _.... choqué_; _ces deux convois se sont heurtés_, et non _... choqués_.

=Chose=, s. f.—Évitez de vous servir de ce mot pour désigner, à la manière des enfants, une personne dont vous ne vous rappelez pas le nom: _chose m'a dit; j'ai vu chose; j'ai dit à chose_.

2. Ne dites pas: _oh! Monsieur, c'était quelque chose!_ ajoutez, _de beau, de magnifique_; ou bien dites, _c'était beau à voir_. (Fland.)

3. Ne dites pas: _il est fait la même chose que l'autre_; dites, _il est fait comme l'autre, absolument comme l'autre_, ou, _de même, tout de même que l'autre_. (Fland.)

4. Prononcez _chô-ze_ (_ô_ long) et non _choze_ ni _chôce_.

5. _Chose_ (_quelque_).—_Quelque chose_ est féminin dans le sens de _quelle que soit la chose_: _quelque chose que je lui aie dite_; ou au pluriel: _quelques choses que je lui aie dites, je n'ai pu le convaincre_.—Il est masculin quand il signifie _une chose_: _quelque chose de fâcheux; quelque chose qu'il m'a dit m'a surpris_.

6. _Chose_ (_autre_).—_Autre chose_ est masculin: _quelque chose est promis, autre chose est accordé_.

=Choser=, n'est pas français; ne dites pas: _qu'est-ce que vous chosez là?_ dites, _qu'est-ce que vous faites là?_

=Choucroute=, s. f., chou aigre et salé; il s'écrit sans trait d'union et en un seul mot.

=Chrême=, s. masculin, huile sacrée, mêlée de baume: _le saint Chrême_;—_crème_ (acc. grave), s. féminin, la partie la plus grasse du lait et nom de certaines liqueurs.

=Chrestomathie=, s. f., choix de morceaux d'auteurs réputés classiques dans une langue morte ou étrangère: _la chrestomathie grecque de Boscha_.—Prononcez _chrestomathie_ (comme _sympathie_) et non _chrestomacie_.

=Chrétienté=, s. f., pays chrétien; écrivez et prononcez _chrétienté_ (_créthi-inté_), et non, _chrétienneté_ (_créthi-ènn'té_).

=Christ=: on prononce l'_s_ et le _t_ dans ce mot: _Chris-te_; on ne les prononce pas dans _Jésus-Christ, antechrist_: _Jésu-cri, antecri_.

=Chut=, interj., paix, silence: prononcez _chute_.

=Chute=, s. f., mouvement d'une chose qui tombe, malheur, etc.: ce mot s'écrit sans accent circonflexe sur l'_u_.

=Ci.=—Les gens du peuple disent: _cet homme ici, ce jardin ici_; il faut dire, _cet homme-ci, ce jardin-ci_ (avec le trait d'union).

2. _Ci-inclus, ci-joint_; voyez _inclus_.

=Cicérone=, s. m., guide des étrangers en Italie; prononcez _cicérôné_ et non _tchitchérôné_ ni _chichérôné_.

=Cicogne=, s. f., grand oiseau de passage; on prononce et on écrit aujourd'hui, _cigogne_.

=Cigare=, est masculin: _un cigare_, et non, _une cigare_.

=Ciguë=, s. f., herbe vénéneuse; prononcez _cighû_ (_u_ long) et non _cighe_ ni _cighu-we_.

=Cil=, s. m., poil des paupières: prononcez _cille_ (_l_ mouillée). (Acad.)

=Cime=, s. f., le sommet d'une montagne, d'un arbre, etc.; écrivez _cime_ et non _cîme_.

=Cimetière=, est masculin: _porter un mort au cimetière_; il faut bien se garder de prononcer _cimetchière, cimitière_ ou _cimetié_. Voyez _ti_.

=Cinq.=—Devant une consonne, prononcez _cin_; _cin_ francs, _cin_ femmes; le _q_ se fait entendre lorsque _cinq_ est seul ou bien lorsqu'il est devant une voyelle ou une _h_ muette et à la fin d'une phrase: _cinq arbres_ (_cinque_), _cinq hommes_ (_cinque_); _nous sommes cinq_ (_cinque_); _cinq_ (_cinque_) _multiplié par cinq_ (_cinque_).

2. Ne dites pas: _en tombant j'ai fait un cinq à mon pantalon_ (une déchirure); dites, _j'ai fait un accroc_ (_akrô_).

=Cypaye=, s. m., soldat indien: prononcez _cipa-ye_, (comme _paille_) et non _cipaî_, (comme _je paie, tu paies_). (Acad.)

=Circonspect=, adj.; prononcez _circonspek_; cependant on peut aussi prononcer _circonspè_.

=Ciseau=, s. m. pl., instrument des couturières à deux branches, s'emploie ordinairement au _pluriel_: _prêtez-moi vos ciseaux_. —Cependant il s'emploie quelquefois au _singulier_: _on n'a pas encore mis le ciseau dans cette étoffe; le chirurgien lui a donné trois coups de ciseau_. (Acad.)

2. _Ciseau_, au singulier, est un instrument de menuisier.

=Clair, e=, adj.—Ne dites pas: _le général fit une charge le sabre au clair_; dites, _le sabre au vent, au poing, le sabre haut, le sabre dégaîné_.

=Claquer, Craquer=, v. n.—On dit, _claquer des mains; faire claquer un fouet; ses dents claquent; il claque des dents_.—On dit: _ce lit craque; ce biscuit craque sous la dent_.

=Classe=, s. f., ordre, leçon: prononcez _clâce_.

=Claude=: voyez _reine-claude_.

=Clayon=, s. m. ou =Plat d'osier=, se dit de la petite claie ronde sur laquelle on met du gâteau, de la tarte, etc.

=Clef=, s. f.—On prononce _clé_ même devant une voyelle; quelques-uns écrivent _clé_. (Acad.)

2. Dites: _tirez la clef de la serrure_ et non, _tirez la clef en bas de la serrure_.

3. Dites également: _la clef est à la porte_ et non _après la porte_.

=Clématite=, s. f., plante; ne dites pas, _clémentine_.

=Clerc=, s. m., ecclésiastique, praticien; prononcez _clère_; le _c_ final se prononce dans la locution: _de clerc à maître_.

=Cliche, Clichette=, s. f., mots wallons, que l'on fait trop souvent français.—Il faut le rendre, d'après ses acceptions diverses, par les mots: _loquet, clenche, clinche, bouton_ et _targette_.

2. Le _loquet_ est l'ensemble d'une fermeture très-simple que l'on met aux portes qui n'ont pas de serrure et à celles dont le pêne est dormant; il est composé d'un _battant_, d'un _mentonnet_, d'un _levier_ ou _bascule_ et d'un _bouton_.

3. Le _mentonnet_ est la pièce de fer, fixée au chambranle de la porte, qui reçoit le bout de la clenche ou du loquet, pour tenir la porte fermée.

4. Le _levier_ ou _bascule_ est proprement un petit levier faisant bascule, sur lequel on appuie pour lever le loquet d'une porte; les mots _clenche_ ou _clinche_ correspondent très-bien à _lever_ et _bascule_.

5. Le _battant_ est la pièce de fer horizontale qui se lève ou se baisse à l'aide du levier et s'adapte au mentonnet pour fermer la porte.

6. Le _bouton_ est une pièce de fer ou de cuivre qui est ordinairement de forme ronde ou ovale, en forme de croix brisée ou de crosse, et qui sert à tirer une porte à soi ou à l'ouvrir: _tournez le bouton_ (Acad.)—N'employez pas les mots _pommeau, clenche, clinche, crossette_ pour le mot _bouton_.

7. Le _loqueteau_ est un petit loquet que l'on met ordinairement aux volets ou aux carreaux mobiles d'en haut d'une fenêtre, et auquel on attache un cordon, afin de pouvoir les ouvrir et les fermer aisément.

8. _Targette_, s. f., petite plaque de métal qui porte un verrou plat, et qu'on met aux portes, aux fenêtres, etc., pour servir à les fermer.

=Client=, s. m.—Les commerçants ont des _pratiques_, les hommes de loi ont _des clients_.—Prononcez _cli-an_ et non _cli-ian_.

=Cligne-musette=, s. f., jeu d'enfants, où l'un ferme les yeux, tandis que les autres se cachent pour qu'il les cherche: _jouer à cligne-musette_ ou _à la cligne-musette_.—Écrivez _cligne-musette_ (trait d'union) et non _clignemusette_ ni _cligne-mussette_.

=Clissé, ée=, adj., qui est garni, enveloppé d'une clisse (ou clayon), espèce de petite claie faite d'osier, de jonc: _bouteille clissée, gourde clissée_.

=Cloaque=, s. m., égout: prononcez _clo-ake_ (deux syllabes).

=Cloche=, s. f., manteau de femme garni d'un capuchon et nommé _pelisse_ dans certaines localités wallonnes.

=Cloche-pied= (_à_), loc. adv., sur un pied; ne dites pas: _courir à croche-pied_, mais, _à cloche-pied_.

=Cloporte=, s. m., insecte (en wallon _cochon de cave_, en flamand _duizendbeen_); ne dites pas _clou-à-porte_, mais _cloporte_.

=Clou=, s. m., petit flegmon très-douloureux qui a son siége dans la peau, est français: on l'appelle aussi _furoncle_ (s. m.), surtout en terme de médecine.

=Clouer= et =Clouter=, ont une différence de signification bien marquée: _clouter_, c'est garnir de clous; _clouer_, c'est attacher avec des clous; d'où il suit qu'on ne peut pas dire _clouer un clou_, pas plus que _chanter un chant_; dites _mettre, placer, ficher un clou, attacher avec un clou_ ou _des clous_.

2. Prononcez _clou-er, je cloû_ et non _clou-wer, je clou-we_.

=Club=, s. m., société politique; prononcez _clu-be_ et non _clupe_; plusieurs prononcent _cloube_, d'autres _clobe_. (Acad.)

=Cocasse=, adj. des 2 genres, plaisant, comique, ridicule; ce terme est populaire: _personne cocasse, vêtement cocasse_.

=Code=, s. m., recueil de lois; prononcez _code_ (_o_ bref) et non _côde_ (_o_ long) ni _co-te_.

=Cœtera= (_et_): voyez _et cœtera_.

=Cœur= (_Avoir_).—Ne dites pas: _qu'ai-je cœur; je n'en ai cœur_; dites, _que m'importe; cela m'est égal, peu m'importe_.

2. _Avoir cœur_ (_cure_), est la vieille locution française _avoir cure_ (habere curam), avoir soin, avoir souci de... Il est à regretter qu'elle soit tombée en désuétude; elle n'est plus usitée que dans quelques phrases familières, comme: _a beau parler qui n'a cure de bien faire_.

3. Ne dites pas: _j'ai le cœur malade_; dites _j'ai mal au cœur_.

=Coi=, adj., calme, tranquille; le féminin était autrefois _coie_; on ne dit plus aujourd'hui que _coite_.

2. Ce mot n'est guère usité que dans ces phrases familières: _se tenir coi, demeurer coi_. (Acad.)

3. La locution, _chambre coite_, (chambre bien fermée et bien chaude) a vieilli. (Acad.)

=Coing=, s. m., fruit astringent; on ne prononce pas le _g_.

=Coléreux=, adj.—Ne dites pas, _c'est un homme coléreux_; dites, _c'est un homme colère_ ou _colérique_.

=Colidor=: ce mot n'est pas français; écrivez _corridor_ et prononcez _coridor_.

=Colla, Colle, Colli, Collo, Collu=, initiales qui font toujours entendre les deux _l_: _collatéral, collation, collection, collision, colloque, collusion_.

=Colle=, s. f., menterie, hâblerie: _quelle colle il débite là!_ ce terme est populaire.

=Colophane=, _de la colophane_, résine, est féminin; ne dites pas _colaphane_.

=Colorer, Colorier.=—_Colorer_, c'est donner la couleur, de la couleur: _le soleil colore les fruits; un vif incarnat colorait son visage; les raisins commencent à se colorer; le safran colore l'eau; l'art de colorer une injustice, le verre, le cristal_. Au figuré, _colorer_ signifie, donner une belle apparence à quelque chose de mauvais: _colorer un mensonge; vice coloré_.—_Colorier_, c'est appliquer les couleurs convenables sur une estampe, sur un dessin: _je veux colorier cette lithographie; gravure coloriée; frontispice colorié; ce peintre colorie mieux qu'il ne dessine_.

=Colza=, s. m., chou sauvage et huile tirée de sa graine; écrivez et prononcez _colza_ et non _golza_. Voyez _chausson_.

=Combien.=—Ne dites pas: _le combien du mois sommes-nous aujourd'hui? nous sommes le combien du mois?_ mais dites, _quel quantième du mois avons-nous; quel est le quantième du mois?_ ne dites pas non plus: _le quantième avons-nous_; mais, _quel quantième..._

2. _Combien est-ce que vous demandez pour?_—Cette manière de demander le prix d'une marchandise n'est pas française; dites, _combien vendez-vous..._

3. Ne dites pas non plus: _combien est-ce que vous avez payé pour ce livre?_ dites, _combien avez-vous payé ce livre?_

=Commandement=, s. m., ordre.—Prononcez comman-d'-ment (en faisant sentir le _d_) et non _comman-n'-ment_ (en remplaçant le _d_ par une _n_); il en est de même de, _je demandais, je demeure, mandement, admettre, admission, administrer_, etc.

=Commander.=—On commande _quelque chose à quelqu'un_ et l'on commande _à quelqu'un_; ne dites donc pas: _il faut savoir commander ses ouvriers_; mais, _à ses ouvriers_.

2. _Commander quelqu'un_, ne se dit que quand il s'agit de commandement militaire: _dix hommes furent commandés pour cette expédition; le régiment des guides est commandé par le colonel N._—_Commander à_ et _le_: voyez _présider_.

=Comme.=—Ce mot ne peut pas être employé pour _que_, à la manière des flamands; ainsi ne dites pas: _il est aussi grand comme moi; vous avez reçu autant comme moi_; dites, _il est aussi grand que moi; vous avez reçu autant que moi_.

2. _Il neige comme; vous êtes comme si gai_, sont des expressions barbares; il est bien plus simple de dire: _il paraît qu'il neige; vous me semblez_ ou _vous m'avez l'air d'être gai_.

3. _Comme pour._—Ne dites pas: _j'étais comme pour pleurer, comme pour mourir_; mais dites, _j'étais disposé à pleurer, j'étais sur le point de pleurer, j'allais pleurer; on aurait dit que j'allais mourir_, etc.

4. _Comme si_, ou _si_, ne doivent jamais être suivis du conditionnel (ce serait un flandricisme): _c'est comme si vous viendriez me voir; s'il aurait fait ses devoirs, il ne serait pas puni_; dites, _c'est comme s'il venait me voir; s'il avait fait ses devoirs_, etc.

5. _Comme de juste_, est un barbarisme; dites, _comme il est juste, comme il est raisonnable_, et mieux _comme de raison_.

6. _Comme il parle_, au lieu de, _à l'entendre_, est un flandricisme; ne dites donc pas: _comme il parle, on le prendrait pour le premier avocat du pays_; dites, _à l'entendre parler, on le prendrait..._

7. Ne dites pas: _il m'a dit comme ça, qu'il allait partir_: retranchez _comme ça_, qui est inutile et ridicule.

8. Ne dites pas: _comment est-ce qu'on dit, qu'on fait?_ dites, _comment dit-on, comment fait-on?_

9. Ne dites pas: _si j'étais comme vous, voici ce que je ferais_; dites, _si j'étais de vous, si j'étais à votre place..._

10. _Comme tout._—Ne dites pas: _il est sage comme tout_; dites, _il est fort sage, il est parfaitement sage_.

=Commencer, Finir.=—On dit, _commencer par, finir par_ et non _commencer avec, finir avec_: _il commence son déjeuner par le café et finit par des fruits_.

2. _Commencer de_, désigne une action qui aura de la durée: _il avait commencé d'écrire sa lettre_.—_Commencer à_, désigne une action qui aura du progrès, de l'accroissement: _cet enfant commence à parler, à lire; le jour commence à luire_.

=Comment.=—_Comment va-t-il avec vous; comment vous va; comment vous va-t-il?_—Remplacez ces expressions par: _comment vous portez-vous, comment va votre santé, comment vous en va?_ (Acad.)—_Comment va-t-il avec vous_, est un flandricisme; _comment vous va_ et _comment vous va-t-il_, sont des expressions incorrectes.

2. Il y a de ridicules façons de parler, auxquelles on se laisse aller quelquefois par insouciance ou par imitation; de ce nombre sont celles-ci: (_comment vous portez-vous?_) _comme vous voyez; pas mal et vous, et la vôtre; comme un homme qui vient de chez son notaire_; un spirituel magistrat, afin d'éviter un compliment banal, abordait ses amis en leur disant: _pas mal et vous?_

3. _Comment ce que._—_Comment ce qu'on fait; comment ce qu'on dit?_ locutions employées par le bas peuple; il faut dire, _comment fait-on, comment dit-on?_

4. Ne dites pas non plus: _comment est-ce qu'on raconte ce malheur? comment est-ce que cela est arrivé?_ Dites: _comment raconte-t-on ce malheur? comment cela est-il arrivé?_

=Commerce.=—Ne dites pas: _mon frère fait commerce_; mais, _est dans le commerce, fait le commerce; il est commerçant, négociant_.

2. Ne dites pas: _les commerces ne vont pas_; dites, _le commerce ne va pas_.

3. Ne dites pas: _je fais plusieurs commerces_; dites, _j'ai_ ou _j'exploite plusieurs branches de commerce_.

=Commodité.=—Ne dites pas: _cette famille a bien la commodité, a bien le moyen, est fortunée; mon cousin a bien la commodité de tenir un cheval_; dites, _cette famille est, vit dans l'aisance, elle est riche, elle a de la fortune_; _mon cousin a bien les moyens_ (et non _le moyen_) _de..., est assez riche pour_... _Moyen_, dans le sens de _richesses_, ne s'emploie qu'au pluriel; vous ne direz donc pas avec les wallons: _mon voisin a bien le moyen_; dites, _mon voisin vit dans l'aisance, a de la fortune_, etc.

=Commun, une=, adj.—_Commune voix_, désigne l'unanimité des suffrages, des voix; _la voix commune_ est la voix vulgaire, la rumeur publique.

=Compacte=, adj. des deux genres, très-resserré, peu poreux; cet adjectif s'écrit au masculin comme au féminin; prononcez _compak-te_ et non _compake_.

=Comparer.=—On dit souvent par inadvertance: _cette étoffe, cette maison n'est pas à comparaître à celle-là_; il faut dire, _à comparer_.

2. _Comparer à, comparer avec_.—Le premier suppose une analogie, un rapport commun de ressemblance entre les deux termes. _Comparer avec_ éloigne l'idée de ce rapport, de cette ressemblance: _il n'y a point d'église que l'on puisse comparer à celle de Saint-Pierre à Rome_;—_que l'on compare la docilité, la soumission du chien avec la fierté et la férocité du tigre_. (BUFFON.)

=Comparoir=, v. n., usité seulement à l'infinitif; mais il a vieilli et l'on dit aujourd'hui _comparaître_.

=Comparution=, s. f., action de comparaître devant le juge; ce mot s'écrit et se prononce _comparution_, quoique l'on dise _apparition_ et _disparition_.

=Compendium=, s. m., abrégé; prononcez _conpindiome_: _un compendium de théologie_.

=Comperose=, s. f., vitriol; écrivez et prononcez _couperose_.

=Complet=, adj. fait au fém., _complète_ et non _complette_.

=Complétement=, adv., d'une manière complète, s'écrit avec un accent aigu.

=Compliment=, s. m.—Ne dites pas: _allons, Monsieur, sans compliment, acceptez notre dîner_; dites, _sans cérémonie, sans façon_.—_Sans compliment_, signifie, sans flatterie: _je vous dis sans compliment que votre dessin est fort beau_.

=Compris=, part. passé de _comprendre_.—_Y compris, non compris_, sont invariables, comme prépositions, lorsqu'ils précèdent le substantif, et ils s'accordent avec lui lorsqu'ils le suivent: _combien y avait-il de régiments y compris l'artillerie? il a dix mille francs de revenu, non compris la maison où il loge_; ou bien, _la maison où il loge non comprise_.

=Compte= (_en fin de_) locution triviale, irrégulière et barbare; son équivalent consacré est, _au bout du compte_, qui n'est pas élégant. (FRANCIS WEY.)

=Compter.=—Ne dites pas: _il faut compter que je n'ai presque pas été me promener cette année_; dites, _à peine ai-je été me promener..._ On ne prononce pas le _p_ dans _compter, comptant, compte, comptoir, comptable, comptabilité_.

2. _Compter, espérer, promettre._—Ces verbes marquent une chose à venir; on dit, _compter, espérer, promettre qu'une chose sera_; ne dites donc pas: _je compte que vous êtes sage; j'espère que vous avez bien travaillé; je vous promets que j'ai dit la vérité_; dites: _je crois que vous êtes sage; j'aime à croire, j'ai la confiance que vous avez bien travaillé; je vous assure que j'ai dit la vérité_.

3. _Compter_, dans le sens de _se proposer, croire_, ne prend point la préposition _de_ devant un infinitif: ainsi vous direz: _il compte partir demain_ et non _de partir_ (Acad.)

4. Ne dites pas: _comptez que j'ai été malade et ne vous étonnez pas que j'aie perdu de l'embonpoint_; dites, _apprenez, sachez que j'ai été malade_.

=Concetti=, s. m. pluriel, pensées brillantes et sans justesse; ce mot, en France, est toujours pris en mauvaise part; le singulier est _concetto_, mais il est peu usité.

=Concombre=, subst., plante potagère, est masculin.

=Condamner, Condamnation, Condamnable=: prononcez _condaner, condanable, condanation_; l'_a_ de _dam_ est bref, tandis qu'il est long dans _damner, damnation, damnable_ (_dâner, dânation, dânable_).

=Conditionnel.=—C'est une faute d'employer le conditionnel après la conjonction _si_: _si vous feriez, si vous iriez, si j'aurais écrit_, etc.; dites, _si vous faisiez, si vous alliez, si j'avais écrit_, etc.: c'est là un latinisme et un flandricisme tout à la fois.

2. C'est encore une faute que d'employer le conditionnel présent ou passé pour l'imparfait ou le plus-que-parfait du subjonctif: _je voudrais que vous feriez vos devoirs, j'aurais désiré que vous auriez bien étudié_; cette faute est très-commune chez les wallons; pour l'éviter, il suffira de se rappeler que les verbes qui expriment _la volonté, le désir, un ordre_, fussent-ils même employés au conditionnel, gouvernent le subjonctif.

=Conduire, Conduite=: prononcez _conduire, conduite_ (_ui_ diphthongue) et non _condouire, condouite_, ni _condu-wire, condu-wite_.—Il en est de même de toutes les syllabes en _ui_, comme _lui, je suis, je puis, puissant, suite, fuite, fuir_.

=Confesse=, s., qui n'a point de genre; il ne s'emploie que précédé de l'une des prépositions _à_ ou _de_: _aller à confesse, venir de confesse_.

=Confiance=, s. f.—On a confiance, on met sa confiance _en_ ou _dans_; devant l'article il faut _dans_: _avoir confiance en quelqu'un; mettre sa confiance en Dieu; mettre sa confiance dans les richesses; avoir confiance dans l'avenir_.

=Confirmer=, v. a., conférer le sacrement de confirmation: _l'évêque seul peut confirmer_; ne dites donc pas: _j'ai confirmé l'année dernière dans l'église de St-Antoine_; dites, _j'ai été confirmé..._

=Confiteor=, au pluriel, _des confiteor_; on prononce _confitéor_. (Acad.)

=Confort= ou =Comfort=, s. m., assistance, secours: _donner aide et confort_; dans cette acception il est vieux.—Aujourd'hui il se dit, pour signifier le bien-être matériel, le bien-être de la vie: _les Anglais ont un grand amour pour le confort_; prononcez _con-fort_.

=Confortable= ou =Comfortable=, adj., qui a rapport au confort, au bien-être matériel de la vie: _les anglomanes emploient à tout propos le mot confortable; ils vous diront d'une maison qu'elle est confortable_, etc.—_Confortable_, s'emploie aussi substantivement et se dit de tout ce qui contribue au bien-être matériel: _les Anglais ont un grand amour pour le confortable_.

=Confrère, Collègue.=—_Confrère_ se dit de tous les individus d'un corps, d'une société; les gens du même état sont aussi confrères. _Collègue_ a une signification plus restreinte; il s'applique aux individus qui agissent ensemble et de concert.—Les professeurs d'un même établissement sont collègues, mais ils sont confrères par rapport aux professeurs d'autres établissements.

=Conjoncture, Conjecture.=—_Conjoncture_, signifie circonstance et _conjecture_, supposition. _Dans les malheureuses conjonctures, on fait de fausses conjectures._

=Connaissance.=—Dites: _j'ai rencontré quelqu'un de ma connaissance_ ou _une de mes connaissances_ et non, _quelqu'un de mes connaissances_.

=Connaisseur.=—On dit: _ce monsieur est connaisseur en musique, en peinture_; et non, _connaisseur de musique, de peinture_.

=Connaître=, v. a.—On ne dit pas: _je connais ma leçon; il connaît son discours_; mais, _je sais ma leçon; il sait son discours_; cependant on dit très-bien: _je connais tel livre, telle personne, telle maison, telle langue_.

=Consanguin, ine=, s.: voyez _germain_.

=Consanguinité=, s. f., parenté du côté du père; l'_u_ fait diphthongue avec _i_ (Acad.); il ne le fait pas dans _consanguin, consanguine_ où le _g_ est dur.

=Conscription, Milice.=—On dit, _tirer à la conscription, à la milice_, etc., ou bien: _tirer au sort pour la conscription, pour la milice_. On tombe _à_ la conscription, _à_ la milice et non _dans_ ou _de_ la conscription, etc. Voyez _réquisition_.

=Conseiller quelqu'un= et =à quelqu'un=.—_Conseiller quelqu'un_, veut dire en général, qu'on lui donne des conseils: _son avocat le conseille bien_, c'est-à-dire, lui donne de bons conseils; _les courtisans conseillent parfois mal les souverains_, c'est-à-dire, leur donnent de mauvais conseils.—Mais si l'on exprime l'objet du conseil que l'on donne, on doit dire, _conseiller à quelqu'un_: _je lui ai conseillé de changer de conduite; la prudence conseille aux jeunes gens de fuir l'oisiveté et les mauvaises compagnies_.

=Conseilleur.=—Ce mot est vieux et ne s'emploie plus guère que dans le proverbe: _les conseilleurs ne sont pas les payeurs_; il faut dans les autres cas se servir du mot _conseiller_ (n'écrivez pas _conseillier_).

=Consentir.=—Ne dites pas: _j'ai consenti dans la proposition qu'on m'a faite_; mais _j'ai consenti à la proposition..._

=Conséquent=, se dit d'une personne qui est d'accord avec elle-même ou avec ses principes: _cet homme est conséquent dans ses projets, dans sa conduite_; c'est-à-dire qu'il est _le même_ dans ses projets, dans sa conduite qu'en tout autre occasion. (Acad.)—Appliqué aux choses, il a à peu près le sens de l'adjectif _conforme_: _il a une conduite conséquente à ses principes_. (Acad.) Mais jamais ce mot ne peut signifier, _considérable, important_; il ne faut pas dire: _une affaire conséquente, une somme conséquente, des propriétés conséquentes_; mais, _une affaire importante, une somme considérable, des propriétés considérables_ ou _de grandes propriétés_. Ce qui a pu donner lieu à cet emploi vicieux du mot _conséquent_, c'est qu'on dit très-bien, _de conséquence_, pour signifier _qui peut avoir des suites importantes_: _une affaire de conséquence, une affaire de nulle conséquence_. (Acad.)

2. Prononcez _concéquent_ et non _conzéquent_ ni _conzèquent_.

=Consister=: prononcez _concister_ et non _conzister_.

=Consolable=, adj.—On ne le dit que des personnes (Acad.); cependant, au mot _consoler_, nous trouvons dans le Diction. de l'Académie l'exemple: _consoler la douleur_. Or, si l'on dit consoler la douleur, il suit nécessairement que _la douleur est consolable_. Il y a plus: d'après l'Académie, on peut dire: _douleur inconsolable_; et qu'est-ce qu'_une douleur inconsolable_ sinon _une douleur qui n'est pas consolable_? Voyez _inconsolable_.

=Consoler, Console, Consolation, Consolant=, etc.; prononcez l'_s_ dure et non _conzoler, conzole, conzolation_, etc.

=Consommer, Consumer.=—_Consommer_, v. a., achever, accomplir, mettre en sa perfection. Il se dit aussi en parlant des choses que l'on détruit en les faisant servir aux usages de la vie, comme vin, bière, viande, bois et toutes sortes de provisions: _nous avons consommé nos provisions_.

=Consulte= pour =Consultation=, conférence que l'on tient sur une affaire ou sur une maladie.—Ne dites pas: _mon père est très-malade, il y a eu hier trois consultes_; dites, _... trois consultations_. Prononcez _conçultations_ (_s_ dure) et non _conzultation_.

2. _Consumer_, v. a., détruire, user, réduire à rien, sans but utile ou nécessaire pour celui qui détruit: _le feu a consumé tout le bois; l'incendie a consumé la maison; la rouille consume le fer; les chagrins le consument_.—_Consumer_ signifie aussi, employer sans réserve; _j'ai consumé tout mon temps à cet ouvrage_.

3. Prononcez l'_s_ dure: _conçumer, conçomer_ et non _conzumer, conzomer_.

=Contact=, s. m., attouchement; prononcez les deux consonnes finales: _contak-te_; prononcez de même _compact, tact_.

=Contempteur=, s. m., qui méprise; il n'a point de féminin correspondant.—_Contemptible_, adj., vil et méprisable: dans ces deux mots on prononce le _p_.

=Contenir=, v. a.—Ne dites pas: _le bateau à vapeur contenait un prêtre, un officier et deux avocats_; dites, _dans le bateau à vapeur étaient..._

=Content=, adj.—On doit dire, _être content de quelqu'un_ et non _sur_ ou _après quelqu'un_.

2. Ne dites pas: _irons-nous à Verviers?—Je suis content_; dites, _volontiers_.

3. Ne dites pas: _je suis content de ce qu'il me quitte_; dites, _je suis content qu'il me quitte_.

4. Ne dites pas: _il était content pour avoir terminé ses devoirs_; dites, _d'avoir terminé..._

=Contenter= (_se_), v. pron.—Ne dites pas: _je me contente avec du pain et des fruits pour mon déjeuner_; dites, _je me contente de pain et de fruits..._

=Contigu, Proche=: voyez _proche_.

=Continuer à, Continuer de.=—_Continuer à_, c'est poursuivre sans interruption une chose commencée, avec une intention dirigée vers un but: _il continuait à lui dire des injures, à le frapper; continuer à bien vivre; il continuait à faire la guerre_.—_Continuer de_ signifie _ne pas cesser_, avec idée d'interruption: _continuez de vous former le style_; ou bien, _ne pas cesser_, sans interruption, mais en même temps sans que la phrase indique une intention dirigée vers un but: _il continue de pleurer; la rivière continua de couler_.

=Contradicteur=, s. m., n'a point de correspondant féminin.

=Contraindre=, v. a.—Devant un infinitif on dit, _contraindre à_ et _contraindre de_; Laveaux établit une distinction qui nous paraît assez juste.—_Contraindre à_ suppose un but, une tendance, une action; il faut donc préférer _à_ toutes les fois que ces idées sont comprises dans la phrase, et _de_, dans tous les autres cas: _on le contraignit à marcher, à s'avancer, à se battre_: il s'agit ici d'une action.—Mais on dira: _on le contraignit de se taire, de se tenir en repos, de prendre la fuite, de s'enfuir, de rester_; c'est ici une cessation d'action.—L'Académie a observé cette différence dans ces deux phrases: _on le contraignit à se battre; la ville fut contrainte de se rendre_.

=Contre.=—Ne dites pas: _je suis contre les plaisirs du monde, parce qu'ils détournent des devoirs envers Dieu_; dites, _je suis opposé aux plaisirs, j'ai de la répugnance pour...._

2. On ne dit pas, _être fâché sur quelqu'un; le chien aboie sur les passants_, mais, _être fâché contre quelqu'un; le chien aboie contre les, après les_ ou _aux passants_.

3. Ne dites pas: _laisser la porte toute contre_, mais _tout contre_.

4. Ne dites pas: _il a passé tout contre moi sans me reconnaître_; dites, _tout près de moi_; on dit, _s'asseoir près de quelqu'un_ et non, _contre quelqu'un_. Mais en parlant des choses, on dit bien: _j'étais assis contre le mur; ce champ est contre le bois_ (pour dire qu'il y touche).

5. L'expression _par contre_, n'est pas française, rendez-la par: _en revanche, mais, du reste, du moins, au contraire_: _il avait mal dîné, mais, en revanche, il a bien soupé; il est bourru, du reste il est bon et humain; si cet ouvrage n'a pas le mérite de la perfection, il a du moins celui de la nouveauté_.

=Contredire=, _dédire, interdire, médire, prédire_, font à la seconde personne du pluriel du présent de l'indicatif, vous _contredisez_, vous _dédisez_, vous _interdisez_, vous _médisez_, vous _prédisez_;—_maudire_ fait, vous _maudissez_.—Il n'y a que _dire_ et _redire_ qui fassent, vous _dites_, vous _redites_.

=Contrefaction=, s. f., action de contrefaire, de falsifier, terme de jurisprudence.—On dit plus souvent, dans le langage ordinaire, _contrefaçon_.

=Contremander=, révoquer l'ordre qu'on a donné; ne dites pas _décommander_.

=Contrevention=, s. m., infraction pour _contravention_; _contraventoirement_ pour _en contravention_ et _contraventaire_ pour _contrevenant_, ne sont pas français.

=Contumace=, s. f., t. de jurisprud. crimin., le refus, le défaut que fait un accusé de comparaître devant le tribunal où il est appelé: _être en état de contumace; condamner par contumace_. Il est souvent synonyme de _contumax_, adj. de deux genres, t. de jurispr. crimin., accusé ou prévenu qui est en état de contumace et auquel on fait un procès: _accusé contumax, il est contumax_; il s'emploie aussi substantivement: _le contumax vient de se présenter devant ses juges_.

=Convenir=, signifiant _plaire_, veut _avoir_; signifiant _être d'accord_ ou _avouer_, il prend _être_: _cette maison nous ayant convenu, nous sommes bientôt convenus du prix_; _le propriétaire est convenu lui-même que nous n'avions pas été difficiles_.

=Copeau=, s. m., éclat de bois (en wallon, _estalle_, en flamand, _spaender, krol_); dites, _brûler des copeaux_ et non des _skafelings_, de _l'escaufelin_.

=Coquemar=, s. m., espèce de pot de fer-blanc, de cuivre, etc., ayant un long bec, et qui sert à faire bouillir ou chauffer de l'eau, du café: _faire bouillir de l'eau dans un coquemar_. Dites _cafetière, chocolatière, théière, laitière_, pour désigner le vase d'argent, de terre, de fer-blanc, de porcelaine, etc., qui sert à faire ou à servir du café, du chocolat, du thé, du lait.

=Coran=: voyez _alcoran_.

=Corbeille d'enfant=, le linge, les langes, le maillot et tout ce qui est destiné pour un enfant nouveau-né; _corbeille_, dans ce sens, n'est pas français; dites _layette_.

=Coroner=, s. m., officier de justice en Angleterre; on fait sentir l'_r_ finale: _coronère_.

=Corpendu= ou =Court-pendu=, espèce de pomme rouge; ces mots ne sont pas français; dites _capendu_, s. m.: _un bon capendu_.

=Corps=, s. m.—_Corps à corps_: prononcez _cor à cor_ et non _cor za cor_.

2. Ne dites pas: _il réclamait à corps et à cri_; dites, _à cor et à cri_, c'est-à-dire, à toute force.

=Corpulence=, s. f., taille de l'homme considérée par rapport à sa grandeur et à sa grosseur: _cet homme a de la corpulence, il est corpulent_; _corporence_ et _corporent_ ne sont pas français.

=Coriace=, adj., dur comme le cuir: _cette viande est coriace_; ne dites pas, _tiliasse_.

=Correct, e=, adj., sans faute; on fait sentir les deux _r_ et les deux lettres finales, même au masculin: _cor-rek-te_; prononcez de même le _c_ et le _t_ dans _abject, contact, direct, exact, infect, strict, tact_.—Faites également sentir les deux _r_ dans _correcteur, correction, correctif, correctionnel, corrégidor, corrélatif, corrélation, corroborer, corroboration, corroder, corrodant, corrosion, correspondre, correspondant, corrompre, corruption, corrupteur, corruptible, corroyer, corroyeur_.

=Corridor=, s. m., galerie; ne dites pas, _colidor_; prononcez _coridor_.

=Corset=, s. m.—Les femmes seules portent des _corsets_; ne demandez donc pas à un homme, _avez-vous mis votre corset de laine, de coton?_ dites, _votre gilet de laine, de coton_.

=Corsionnaire=, plante potagère dont la racine, noire en dessus et blanche en dedans, se mange cuite, comme le salsifis; dites, _scorsonère_ (subst. _féminin_) et non _corsionnaire_; on la nomme autrement, _salsifis noir_ ou _salsifis d'Espagne_.

=Cortès=, s. féminin pluriel, assemblée des États (chambres, parlement) en Espagne et en Portugal: prononcez _cortèce_.

=Cosaque=, s. m.: prononcez _cozaque_ (_o_ bref) et non _côsaque_ (_ô_ long).

=Côté=, s. m.—Prononcez _cô-té_ (_ô_ long) et non _co-té_ (_o_ bref).

2. Ne dites pas: _de l'autre de côté_; dites, _de l'autre côté_.

3. Ne dites pas: _de tous côtés_ ou _de tous les côtés_ pour _partout_, à la manière des wallons: _on rencontre des injustices de tous côtés ou de tous les côtés_; dites, _partout_.

4. N'employez pas non plus _côtés_ pour pays, environs: _il demeure de vos côtés, ce malheur est arrivé de ses côtés_; dites: _il demeure dans vos environs, dans votre pays; ce malheur est arrivé dans son pays_. Cependant on dit très-bien: _il demeure du côté de Verviers; il est du côté de Namur_. (Acad.)

=Côte, Côtelettes=: prononcez l'_ô_ long et non _cote, cotelettes_.

=Cou=, s. m.—Quelquefois on dit par euphonie _col_, surtout en poésie. (Acad.)

2. Ne dites pas: _quelle belle cravate vous avez dans le cou_; mais, _quelle belle cravate vous avez au cou_.

3. _Cou-de-pied_, s. m., haut du pied; ne dites pas: _coude-pied, coup-de-pied, cou-du-pied_.—Le pluriel est _cous-de-pied_.

=Coucher, Promener, Baigner.=—Ces verbes, employés _pronominalement_, doivent toujours être accompagnés de _me, te, se, nous, vous, se_; ainsi ne dites pas: _je vais coucher, promener, baigner_, mais, _je vais me coucher, me promener, me baigner_.

=Coudre=, v. a., fut., _je coudrai_, (et non _je couserai_); cond. _je coudrais_; impératif, _couds, cousons, cousez_; prés. du subj., _que je couse, que tu couses_; ind. prés., _je couds, nous cousons, vous cousez, ils cousent_; passé déf., _je cousis, tu cousis_, etc., (et non _je cousus_, etc.); imparf. du subj., _que je cousisse, que tu cousisses_, etc. (et non _que je coususse_, etc.)

=Couenne=, s. f., peau de porc; écrivez et prononcez _couenne_ (_ou en_ diphthongue) et non _couanne_ ni _couaine_.

=Couler, Courir.=—En parlant des liquides, il faut se servir du verbe _couler_: _cette fontaine coule doucement; ce tonneau, ce baril coule de toutes parts_. Cependant, lorsqu'il s'agit d'un liquide qui marche régulièrement et précipitamment, on emploie quelquefois le verbe _courir_: _le ruisseau qui court dans la prairie; l'eau qui court; le sang court dans les veines_. Mais il n'est jamais permis de dire: _ce vase court; le lait court dans le feu_; il faut dire, _ce vase coule; le lait coule dans le feu_.

2. Le verbe _courir_ se conjugue avec l'auxiliaire _avoir_: ne dites donc pas, _je suis couru_, mais _j'ai couru_. Mais il prend l'auxil. _être_ quand il signifie _être suivi, être recherché_: _cet ouvrage est fort couru; ce prédicateur est fort couru_.

3. _Je cours à la ville; il court à perdre haleine; il part avec lui_: prononcez _je cour à la ville; il cour à perdre haleine; il par avec lui_. Mais au pl. _ils courent avec lui_ (_il cour-tavec_), etc.; il en est de même dans les cas analogues.

=Couleur d'isabelle=, couleur mitoyenne entre le blanc et le jaune, mais dans laquelle le jaune domine; dites, _couleur isabelle_, quoiqu'on dise également bien, _couleur de rose_ et _couleur rose_.

2. _Couleurs_ (_peindre sous des_).—«On ne peint pas plus sous des couleurs que l'on ne dessine sous un crayon. Ce contre-sens, ou plutôt ce non-sens, provient de la confusion qui s'est faite à la longue entre deux locutions analogues: _peindre avec des couleurs_;—_voir_ ou _peindre sous un jour_.» (Francis WEY). Il est donc plus correct de dire: _peindre avec des couleurs_.

3. _Couleur_, est féminin: _une couleur changeante_; il est masculin, lorsque, avec le nom qui le suit, il désigne une couleur particulière ou une chose ayant cette couleur: _le couleur de feu, le couleur de rose, un beau couleur de feu, un joli couleur de rose_, comme on dit, _le rouge, le rose, un joli rose_, etc.

=Coup.=—Ne dites pas: _cet homme a fait les cent coups_ (locution populaire); dites, _a fait mille folies, mille excès_.

2. _Boire un coup d'eau, un coup de vin; au coup de midi, au coup de trois heures_, sont des expressions françaises.

=Couper=, v. a.—Ne dites pas: _le vent, la grêle, la neige coupent le visage_; dites, _... cinglent le visage_.

=Couperose=, s. f., vitriol; ne dites pas _comperose_.

=Couple=, est féminin, lorsqu'il signifie simplement le nombre _deux_, sans idée d'union, d'assortiment, d'assemblage: _une couple d'œufs, une couple de pigeons, une couple de serviettes_.—Il est _masculin_ 1º quand il désigne le mâle et la femelle: _un couple de pigeons suffit pour peupler une volière_; 2º quand il désigne des êtres animés, unis par un sentiment ou pour toute autre cause qui les rend propres à agir de concert: _un couple d'amis; un couple de fripons; un beau couple de chiens_. (Acad.)—Prononcez _cou-ple_ et non _coupe, coupèle_.

=Courant.=—On doit dire, _le cinq, le six, le dix du courant_. Ici on ne pourrait pas supprimer l'article, parce que le mot _mois_ est sous-entendu; c'est comme si l'on disait _le cinq, le six, le dix du mois courant_.

=Courrier=, s. m., se dit de la totalité des lettres qu'on écrit ou qu'on reçoit par un seul ordinaire: _lire son courrier, faire son courrier_.

(BESCHERELLE, POITEVIN).

=Courroie=, lien de cuir, est féminin; n'écrivez pas _corroi_.—Prononcez _courroî_ et non _courroiïe_.

=Cours=, s. m., flux, course, étude; prononcez _cour_ (_ou_ long) même devant une voyelle et non _cource_.

2. Ne dites pas: _il donne un cours d'italien; le professeur donne son cours_; dites, _il fait un cours, il fait son cours_.—Mais on dit, _donner des leçons_, (quand il s'agit de leçons particulières): voyez _leçon_.

=Court, e=, adj.—Ne dites pas: _je suis à court d'argent; le prédicateur est resté à court_; dites, _je suis court d'argent; le prédicateur est resté court_.

=Coûter.=—Ne dites pas, _coûte qui coûte_, mais, _coûte que coûte_ ou _quoi qu'il en coûte_; prononcez _coûter_ (_oû_ long) et non _couter_ (_ou_ bref).

2. _Coûter gros_:—_cela doit vous coûter gros, ce n'est pas le Pérou_, sont des expressions populaires dont il faut éviter l'emploi; dites, _coûter beaucoup, bel et bon_.

3. Ne dites pas: _les leçons de mon fils me coûtent dans les cent francs par mois_; dites, _à peu près cent francs par mois; me reviennent à près de cent francs par mois_. Voyez _cher_.

=Coutil=, s. m., toile forte; prononcez _couti_ et non _coutile_.

=Couturière.=—_Tailleuse_ est un mot provincial qui n'est pas admis par l'Académie.

=Couvent=, s. m. Ne dites pas: _elle est entrée dans le couvent à 18 ans_, dites, _au couvent_, comme on dit _entrer au service_ pour se faire soldat. _Entrer dans le couvent_, c'est y aller pour le visiter, pour y voir quelqu'un.

=Couvert= pour _couvercle_; =Couverte= pour _couverture, malle, mallette_.—On ne dit point le _couvert_, mais le _couvercle_ d'une tabatière, d'une cafetière, d'un vase quelconque; on ne dit pas la _couverte_, mais la _couverture_ d'un lit, d'une chaise, d'un livre (ce qui sert à couvrir le lit, la chaise, le livre).

2. On ne dit point _la couverte_ d'un écolier, mais _la malle_ et mieux _la mallette_ pour désigner le sac, ordinairement en cuir, où il renferme ses livres et ses papiers et qu'il porte suspendu à son dos à l'aide d'une courroie.

=Couvi=, adjectif, qui ne s'emploie qu'au _masculin_; il se dit, d'un œuf à demi couvé ou gâté pour avoir été gardé trop longtemps: _un œuf couvi, des œufs couvis_. Prononcez _couvi_ et non _couvice_.

=Crabe=, poisson qui ressemble à une écrevisse et dont on mange la chair; ce mot est masculin: _un gros crabe_. Prononcez _crâbe_ (_â_ long).

=Crachat=, s. m., dans le sens de décoration, est de mauvais ton.

=Craie=, s. f.: prononcez _craî_ (_aî_ long) et non _craiïe_.

=Craindre=, v. a.—Ne dites pas: _je crains qu'il tombe_; dites, _je crains qu'il ne tombe_.

=Crainte.=—Ne dites pas: _je n'irai pas, crainte d'être entraîné_; dites, _de crainte d'être entraîné_.

=Cran=, s. m., entaille qu'on fait à un corps dur pour accrocher ou arrêter quelque chose: _craner_, faire un cran.—Ne dites pas _crain, crèner_.

=Crâne=, s. m., tapageur, homme qui fait le rodomont: _c'est un crâne, faire le crâne_; on l'emploie quelquefois adjectivement: _il est crâne, il a l'air crâne_: ce mot est très-familier. (Acad.) C'est à tort que les wallons donnent à ce mot d'autres acceptions.

2. _Crane_ (mot wallon), se rend par _robinet_ (et non _robin_.)

=Crapaud.=—Dans certaines localités, on a assez l'habitude de donner aux enfants le nom de ce sale animal; il faut employer un des mots suivants: _marmot, mioche, marmouset_, etc.

=Crapule=, s. f., débauche, habitude grossière, excès dans le boire et le manger; il se dit quelquefois et par extension de ceux qui vivent dans la crapule: _n'allez pas avec ces libertins, c'est de la crapule_. (Acad.) Mais ce mot ne peut pas s'employer pour _petit peuple, lie du peuple, populace, gens sans éducation, gens de rien_.

=Craque=, _craquer, craqueur, craquerie_, menterie, se vanter, hâbler, hâbleur, hâblerie; ces mots, à l'exception de _craquer_, figurent dans le dictionnaire de l'Académie, mais ils sont de mauvais goût.

=Crasser, se Crasser=, figurent dans les dictionnaires; mais _crasser_ se dit surtout des armes à feu; vous direz donc: _cet enfant encrasse ses habits_, plutôt que, _... crasse..._

=Crasseux=, pour _ladre, très-avare_, est familier; _crasserie_, avarice sordide, n'est pas français; dites, _crasse_ et mieux _ladrerie_.

=Créancier, Débiteur.=—Le _créancier_ est celui à qui on doit;—_le débiteur_ est celui qui doit.

=Créer=, v. a.—Prononcez _cré-er_ et non _cré-ier_; prononcez de même _créateur, créature, création; agréable, agréer, fléau, géant, Gédéon, néant, Léopold, Napoléon, récréer, réel, réellement, suppléer, théâtre_, etc.

=Crème=, s. f.: voyez _chrême_.

=Crémer, Écrémer.=—_Crémer_ est un verbe neutre et signifie se couvrir de crème; il ne se dit que du lait: _en été le lait crème plus qu'en hiver_. _Écrémer_ est un verbe actif qui signifie ôter la crème de dessus le lait: _allez écrémer le lait, du lait_.

=Crêpe=, subst., est masculin et féminin; il est masculin, lorsqu'il signifie un morceau d'étoffe noire et claire qu'on porte en signe de deuil: _il porte un crêpe à son chapeau_. Il est féminin, lorsqu'il signifie une pâte qu'on fait cuire en l'étendant sur la poêle; il correspond assez bien au mot wallon _bouquette_ et au mot flamand _struif_.

=Crésane= ou =Creusane=, espèce de poire; dites _crassane_ et non _creusane_ ni _crésane_.

=Cresson à la noix=, n'est pas français; dites, _cresson alénois_.

=Crête= (_de_), c'est-à-dire, sur le côté le moins large, n'est pas français; dites _de champ_: _mettre de champ, poser de champ des briques, des pierres, des solives_.

=Crétin=, s. m., habitant goîtreux des Alpes, sourd, muet et idiot, et au figuré, homme stupide; ce mot n'a pas de féminin; écrivez et prononcez _crétin, crétinisme_ et non _cretin, cretinisme_ ni _crètin, crètinisme_.

=Crever=, v. neutre, signifie parfois _mourir_; en ce sens il ne se dit que des animaux: _ce chien avala du poison et il en creva_. (Acad.)

=Cric=, s. m., machine à lever; prononcez _cri_.

=Cric-Crac=, interj., bruit d'une fracture: prononcez _crike-crake_.

=Crier=, terme générique dont on se sert pour exprimer le cri particulier de chaque animal; il est ridicule de dire: _ce chien, ce chat, ces grenouilles, ces corbeaux ne font que crier_: les animaux ont chacun un cri particulier, et ce cri a un terme propre qui le désigne et qu'il importe de bien connaître.

2. _Crier après quelqu'un_; dites, _appeler quelqu'un_.

3. Ne dites pas: _mon professeur m'a crié_; dites, _... grondé, réprimandé_.

4. _Crier sur quelqu'un_; on dit: _crier contre quelqu'un_.—Prononcez _cri-er_ et non _cri-ier_.

=Croc=, s. m., instrument pour accrocher: prononcez _crô_; communément le _c_ final ne se prononce point (Acad.);—_croc-en-jambe_, tour de lutte; prononcez _crokanjambe_.—Voyez _c final_.

=Croche-pied=: voyez _cloche-pied_.

=Croire=, v. a.—Ne dites pas: _ne croyez pas à cet homme, il vous trompe_; dites, _ne croyez pas cet homme_; _croire à quelqu'un_, c'est croire à son existence: _croire aux revenants_.

2. Ne dites pas: _j'ai n'y crois rien_; dites, _je n'en crois rien_.

3. Ne dites pas: _j'ai cru être malade_; mais, _j'ai pensé, j'ai failli être malade_.

=Croisée, Fenêtre.=—L'Académie définit ainsi le mot _croisée_: fenêtre, ouverture qu'on laisse dans le mur d'un bâtiment pour donner du jour à l'intérieur et qui est quelquefois divisée par un montant et par une ou plusieurs traverses.—Il se prend aussi pour le châssis vitré (la fenêtre proprement dite) qui sert à fermer cette ouverture. Les gens de bonne compagnie disent toujours _fenêtre_, à moins qu'ils ne veuillent parler d'une ancienne espèce de fenêtre à montants et à traverses en maçonnerie ou en bois.

=Croître=, v. n.—Écrivez _je croîs, tu croîs, il croît_ (accent circonfl. pour distinguer ces personnes des personnes correspondantes du prés. de l'ind. de _croire_); _nous croissons_, etc.; passé déf., _je crûs, tu crûs, il crût_, (nous crûmes, vous crûtes), _ils crûrent_ (accent circ. pour la même raison); fut., _je croîtrai, tu croîtras_, etc. (accent circ. à toutes les personnes de même qu'au cond.); _je croîtrais_, etc.; part. passé, _crû, crûe_.

=Croix=, s. f.—Ne dites pas _faire une croix_, pour _faire le signe de la croix_; voyez _pile_.

=Crolle=, ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut dire, _boucle, anneau, cheveux frisés_: _une boucle de cheveux; friser à boucles; être frisé par anneaux_.—_Croller_ n'est pas français non plus; dites, _boucler, friser, crêper_.

2. _Crolle_ ne s'emploie pas non plus pour _copeau_ (éclat, morceau de bois que la hache, le rabot, etc., font tomber du bois): _gros copeaux, menus copeaux; brûler des copeaux_; le mot _crolle_, dans cette acception, est flamand.

=Cron= ou =Cromp=, pour _tortu, courbé, arqué, voûté, de travers_ et _crombain_, pour _bancal, bancroche_, ne sont pas français, mais flamands.

=Croque-noix, Croque-noisettes=, ne sont pas français; dites, _casse-noix, casse-noisettes_.

=Croquer=, v. a., ne s'emploie pas dans le sens d'_offenser_, de _piquer, piquer au vif_.

=Croup=, s. m., maladie, espèce d'angine; prononcez _croupe_.

=Croustillant.=—Ne dites pas: _cette pâtisserie est croustillante_; dites, _est croquante_.

2. N'employez pas non plus ce mot pour _plaisant, drôle_: _des contes croustillants_; dites, _croustilleux_; ce dernier mot est familier et signifie plaisant, libre, graveleux. (Acad.)

=Croûte=, s. f., en style d'atelier, se dit des tableaux sans valeur: _ce peintre ne fait que des croûtes_.—Mais il ne s'applique pas aux personnes; ne dites donc pas: _ce peintre n'est qu'une croûte_.

=Cru=, s. m., terroir où quelque chose croît; il n'est guère usité qu'en parlant des produits agricoles et surtout du vin: _ces foins, ces denrées sont de mon cru; du vin de mon cru, de son cru, de votre cru; ce vin-là est d'un bon cru_.—_Vin du cru_ se dit du vin fait avec le raisin recueilli dans l'endroit même où on le consomme: _nous voulûmes goûter du vin du cru; il faut se défier du vin du cru_; on peut dire également _du vin du pays_ (et non _de pays_).

=Crucifix=, s. m.; prononcez _crucifi_ et non _crus'fi_.

=Cruel, elle, Cruauté=; prononcez _cru-el, cru-auté_ et non _cru-wel, cru-wauté_.

2. _Un cruel enfant_ est un enfant insupportable; _un enfant cruel_ est un enfant porté à la cruauté.

=Ct.=—Ces deux consonnes finales se prononcent dans _tact, exact, contact, correct, direct, infect, abject, strict_; mais il y a exception pour _amict, district_ et pour toutes les terminaisons _pect_, tels que _respect, aspect, suspect, circonspect_, etc.; prononcez _ami, distrik, respèk, aspèk, suspèk_, etc.—Bien qu'on entende souvent dire _respè, aspè, suspè_, pour _respèk_, etc., cette prononciation n'est pas généralement admise par les grammairiens. (HENNEBERT.)

=Cueillir=, v. a., détacher de la tige; ne dites pas, _cueiller_; prononcez _keuillir_.

=Cuiller=, s. _féminin_; on prononce et quelques-uns écrivent _cuillère_. (Acad.)

=Cuire=, v. a.—On _cuit_ les aliments et l'on fait _bouillir_ les liquides; ne dites donc pas _l'eau est cuite; faites cuire le lait_; dites, _l'eau a bouilli, est bouillante; faites bouillir le lait_.

=Cul=, s. m., derrière d'une charrette, d'un tombereau: _mettez cela au cul de la charrette; mettre une charrette à cul_ (les timons en l'air).—On ne prononce point l'_l_ et quelques-uns la suppriment dans l'écriture; prononcez de même _cul-de-jatte_ (estropié), _cul-de-lampe_ (ornement d'architecture), _cul-de-sac_ (impasse).

2. _Cul de chandelle_ pour _bout de chandelle_ et _hochecul_ pour _hochequeue_ (oiseau), ne sont pas français: _hochequeue_ est masculin.

=Culotte.=—On peut dire indifféremment _une culotte, des culottes, une paire de culottes_; il n'en est pas de même du mot _pantalon_, qui dans ce sens ne s'emploie qu'au singulier: _j'ai mis un pantalon neuf_ et non, _des pantalons neufs_.

=Cumulet=, n'est pas français dans le sens de _culbute_; dites donc, _faire des culbutes_ et non, _des cumulets_.

=Curée=, dans le sens de _charogne_, n'est pas français.

=Curer, Écurer.=—_Curer_, c'est nettoyer quelque chose de creux: _curer un fossé, un égoût, un étang_, etc.—_Écurer_, c'est nettoyer avec du sablon ou quelque chose de semblable: _écurer la vaissette_.—Voyez _récureur_.

=Curieux.=—Ne dites pas: _il est si curieux pour sa toilette, pour les livres_; dites, _il a tant de soin de sa toilette; il aime tant les livres_.

Ne dites pas: _je suis curieux comment cela tournera_; dites, _je suis curieux de voir, de savoir comment cela tournera_.

=Cutée= ou =Cuitée=, la quantité de pains qu'on fait cuire à la fois dans un four; ces mots ne sont pas français; dites, _cuite_ ou _fournée_.

=Cutter=, s. m., petit navire de guerre; on prononce et plusieurs écrivent _cotré_.

=Cuvelle=, n'est pas français; dites, _cuve, cuvier, cuveau, cuvette_.—La _cuve_ est un vaisseau de grande dimension; le _cuvier_, est la cuve où l'on fait la lessive; le _cuveau_, est une petite cuve; la _cuvette_, est un vase dont on se sert pour se laver les mains; prononcez _cuve_ et non _cufe_.

=Czar=, souverain, _Czarine_, impératrice de Russie; prononcez _Czar, Czarine_; quelques-uns écrivent et disent, _tzar_. (Acad.)

D

=D.=—C'est à tort que l'on prononce souvent le _d_ des syllabes en _de_ comme un _t_: _timite, timitement, raite, ronte, corte, humite, Enéite_, au lieu de _timi-de, timi-de-ment, rai-de, ron-de, cor-de, humi-de, Enéi-de_. Cependant à la fin d'un adjectif, suivi immédiatement de son substantif commençant par une voyelle ou une _h_ muette, _d_ a le son de _t_: _un grand ignorant, la grande armée_; prononcez _gran-t-ignorant, la gran-te-armée_. Il en est de même, lorsque cette lettre est à la fin d'un verbe suivi de _il, elle_: _répond-il, entend-elle_? (_répon-t-il, enten-t-elle_.)

2. On ne prononce pas le _d_ final dans les adjectifs qui ne sont pas suivis immédiatement de leur substantif. _Un abîme profond effraie_ (_profon effraie_). On ne le prononce pas non plus dans les substantifs, même lorsqu'ils sont suivis de leur adjectif: on dira donc _un froid_ (_froi_) _excessif_, _un bord_ (_bor_) _escarpé_, sans aucune liaison. Mais il faut excepter le _d_ final dans les locutions suivantes: _de pied en cap, de fond en comble_, où le _d_ prend le son de _t_.

3. Prononcez les deux _d_ dans _addition, additionnel, additionner, adducteur, adduction_ et _reddition_.

4. _D'à moi, d'à toi, d'à lui_, etc.; les personnes peu instruites disent seules: _ce livre est d'à moi, d'à toi, d'à lui_, etc.; il faut dire, _ce livre est à moi, à toi, à lui_, etc.

=D'abord que=, ne peut pas s'employer pour, _puisque_ ou _aussitôt que_; ne dites donc pas: _d'abord que je suis innocent, je ne dois pas être puni; d'abord que vous aurez fini vos devoirs, vous apprendez vos leçons_; dites, _puisque je suis innocent...; aussitôt, dès que vous aurez fini vos devoirs..._ (Wall.)

=Dada=, est un terme enfantin qui signifie _cheval_; mais il ne faut pas le confondre avec _dadais, dandin_, qui veulent dire _niais_: _c'est un grand dadais, un vrai dandin_.

=Dahlia=, s. m., plante d'ornement; prononcez _dalia_.

=Daigner=, ne doit jamais être suivi de la préposition _de_; ainsi ne dites pas: _daignez de m'accorder votre protection_, mais, _daignez m'accorder..._—Prononcez _dai-gner_ et non _dai-gne-ner_; il en est de même de _dédaigner, enseigner_, etc. Voyez _gne_.

=Daim=, s. m., bête fauve qui tient le milieu entre le cerf et le chevreuil; la femelle s'appelle _daine_, que l'on prononce _dine_.

=Daler, Thaler, Taler=, s. m., monnaie d'Allemagne; prononcez _dalère, thalère, talère_; on dit plus souvent _thaler_ que _taler_ ou _daler_.

=Damas=, ville de Syrie; prononcez _Damâce_; _damas_, s. m., étoffe, fruit, acier; prononcez _damâ_.

=Dame=: voyez _monsieur_ et _époux_.

=Damner, Damnation, Damnable=; prononcez _dâner, dânation, dânable_, en supprimant l'_m_ et en allongeant l'_a_: voyez _condamner_.

=Danger.=—Ne dites pas: _il n'y a pas de danger que j'aille jouer, car mes parents me l'ont défendu_; dites, _je me garderai bien; je n'ai garde; je ne veux pas aller jouer_;—_ne pouvoir mal_, dans ce sens, est également un wallonisme.

=Dangereux= et _dangereusement_, employés pour _probable, vraisemblable_ et _probablement_, _vraisemblablement, apparemment_, sont de véritables barbarismes. Ainsi ne dites pas: _cela est bien dangereux; cela arrivera dangereusement demain_; mais dites, _cela est bien probable, vraisemblable; cela arrivera probablement, vraisemblablement demain_—Prononcez _danj'reux_ et non _danchereux_ ni _dangéreux, dangèreux_; item, _dangereusement_.

=Dank.=—C'est une expression qu'il faut laisser aux flamands, puisque nous pouvons dire _merci_.

=Dans.=—Ne dites pas: _j'ai beaucoup voyagé dans les flamands, dans les wallons_; dites, _chez les flamands, chez les wallons_, ou _dans le pays flamand, dans le pays wallon_.

2. Ne dites pas: _je vais m'asseoir dans le soleil; je me promène dans le soleil; il est agréable de se réchauffer dans le soleil_; mais dites, _je vais m'asseoir au soleil; je me promène au soleil; il est agréable de se réchauffer au soleil_.

3. Ne dites pas: _je suis dans un grand mal de tête_; dites, _j'ai un grand mal de tête_.

4. Ne dites pas: _s'il était dans mon pouvoir_ ou _dans ma puissance de vous rendre service_; mais dites, _s'il était en mon pouvoir, en ma puissance..._

5. Ne dites pas: _il a fait ce voyage dans deux heures_; dites, _en deux heures_.

6. Ne dites pas: _il y a dans les quarante ans_; dites, _il y a à peu près_ ou _environ quarante ans_. (Wall.)

7. Ne dites pas: _cela coûte dans les trois cents francs_; dites, _environ, à peu près trois cents francs_. (Wall.)

8. Ne dites pas: _je me trouvais dans la place Saint-Lambert_; dites, _sur la place..._ (Fland.)

9. Ne dites pas: _j'étais dans la fenêtre, dans la pluie_; dites, _à la fenêtre, à la pluie_; on dit, _se tenir, se mettre à la fenêtre, à la pluie, au vent_.

10. Ne dites pas: _je serai, j'irai dans l'hôtel d'Angleterre à 4 heures_; dites, _à l'hôtel d'Angleterre..._

11. Ne dites pas: _l'un dans l'autre_; mais, _l'un portant l'autre_: _les différents vols qu'on m'a faits, m'ont causé, l'un portant l'autre, une perte de mille francs_. (Wall.)

=Dante=, célèbre poète italien, auteur de la _Divine Comédie_: on dit _Dante_, et non _le Dante_; mais on dit _le Tasse_ et non _Tasse_.

=Dartre=, s. f., maladie de peau; écrivez et prononcez _dar-tre_, et non _dar-te_ ni _dar-tère_.

=Date= (époque), _dater, datif_.—Gardez-vous bien de marquer l'_a_ d'un accent circonflexe: _une vieille date_ (et non _dâte_); _ce décret est daté de telle ville_ (et non _dâté_). On prononce pourtant _dâte_, (_â_ long).—Ne confondez pas _date, époque_, avec _datte_, fruit du _dattier_.

=Davantage=, adv. (et non d'avantage), s'emploie toujours sans complément; ainsi on ne dira pas: _il a davantage de livres; il en a davantage que son frère_; mais il faudra dire: _il a plus de livres; il en a plus que son frère_.

2. Il ne faut pas le confondre avec _plus_: celui-ci s'emploie pour exprimer directement une comparaison: _votre sœur est plus âgée que vous_; mais on dira fort bien: _elle a vingt ans, vous en avez davantage_. _Davantage_ ne doit pas non plus être suivi d'un adjectif; on ne doit pas dire: _il est davantage âgé, davantage estimé_; il faut dire _plus âgé, plus estimé_.

3. Les grammairiens prétendent que _davantage_ ne doit jamais être suivi de la préposition _de_ ni de la conjonction _que_. Cette règle est vraie, si _de_ ou _que_ forment, avec ce qui les suit, un _complément_ de l'adverbe _davantage_: _il a davantage de livres; il en a davantage que son frère_. Mais si _de_ ou _que_ et les mots qui suivent, sont un complément du _verbe_ de la proposition, il n'y a point de faute à les placer après _davantage_. Ainsi la phrase suivante est correcte: _ne nous étonnons donc pas et ne nous effrayons pas davantage des reproches que nous avons encourus_: dans cette phrase, _des reproches_ sont le complément des verbes _étonnons_ et _effrayons_.

4. Les bons grammairiens condamnent l'emploi de _davantage_ dans le sens de _le plus_; ne dites donc pas: _de tous les jeux celui des barres est celui qui me plaît davantage_: dites _le plus_. En général, _davantage_ ne doit se placer que là où le sens permet l'emploi des locutions équivalentes à _de plus, en outre, de surcroît_ et toutes les fois qu'il n'a pas de complément.—Voyez SOULICE et SARDOU, _Dictionnaire_, etc.

=De=, syllabe muette, dans le corps ou au commencement d'un mot; doit se prononcer _de_ et non _ne_: _command'-ment, man-d'-ment, ma-d'-moiselle, len-d'-main, je lui ai d'-mandé; panier d'-noix_, etc., et non _comman-n'-ment, man-n'-ment, ma-n'-moiselle, len-n'main; je lui ai n'-mandé; panier n'noix_, à moins toutefois qu'on ne veuille faire sentir l'_e_ de _de_ et prononcer: _comman-de-ment, ma-de-moiselle; je lui ai de-mandé, j'irai de-main, lendemain_, etc.—Prononcez de même _ad-mettre, ad-ministrer, ad-mission, ad-ministration_, etc.

2. Ne dites pas: _j'ai rêvé de la nuit, du jour_, dites: _j'ai rêvé la nuit, le jour_.

3. Faut-il dire: _quel est le plus habile de cet homme-ci ou de celui-là?_ ou bien: _quel est le plus habile, cet homme-ci ou celui-là?_ L'Académie adopte la première orthographe; elle ne partage donc pas l'opinion des grammairiens qui suppriment _de_.

4. Dites: _le livre de mon frère, la maison de mon cousin_, et non, _le livre à mon frère_ ou _d'à mon frère_; _la maison à mon cousin_ ou _d'à mon cousin_.

5. On dit, _le deux janvier, le trois février_, etc., et _le deux de janvier, le trois de février_, etc. (Acad.) Cependant la première manière de s'exprimer nous paraît plus usitée.

6. Ne dites pas: _il est le quart de huit heures_; dites, _il est huit heures moins un quart_. Voyez _quart_.

7. Ne dites pas: _mon frère est le 5e de 36 dans sa classe_; dites, _... sur 36..._

8. Ne dites pas: _d'un coup de massue il cassa la tête de son ami_; dites, _il cassa la tête à son ami_.

9. Ne dites pas: _cela ne me fait de rien, ne m'est de rien_; dites, _cela ne me fait rien, ne m'est rien_.

10. Ne dites pas: _j'y penserai de la nuit, j'y travaillerai du matin, du jour_; dites, _... pendant la nuit, dans la matinée, pendant la journée_.

11. La particule _de_, devant les noms propres de noblesse, s'écrit avec un petit _d_ et non avec le _D_ majuscule: _de Montmorency, de Ligne, d'Oultremont, d'Orléans_. On écrit _De_ avec une majuscule, lorsque ces noms ne sont pas nobles, alors même qu'on sépare la particule du nom.

12. Après les verbes _espérer, souhaiter, désirer_, on peut exprimer ou sous-entendre la préposition _de_ devant l'infinitif: _j'espère réussir_ ou _de réussir_; _je désire aller_ ou _d'aller avec vous_, etc.—_Compter_, dans le sens de, _se proposer, croire_, ne prend point la préposition _de_ devant un infinitif; ainsi vous direz: _il compte partir demain_ et non _de partir_. (Acad.)

13. Dans la conversation et le style familier, _de_ se supprime souvent après les prépositions _hors, près, vis-à-vis_, lorsqu'elles sont suivies d'un nom de chose: _il est logé hors la barrière, il demeure près la porte Saint-Antoine, vis-à-vis l'église_. (Acad.) Mais devant un nom de personne ou un pronom, on doit employer _de_: _il était près de Paul, vis-à-vis de vous_, et non _près Paul, vis-à-vis vous_.

14. L'emploi de la préposition _de_ est vicieux dans cette phrase: _la moitié de huit est de quatre_; dites, _est quatre_.

15. On peut exprimer ou sous-entendre la préposition _de_ devant un infinitif après _c'est... que, mieux... que, plutôt que_: ainsi vous pouvez dire: _c'est quelque chose que faire_ ou _que de faire un beau rêve_; _il vaut mieux étudier que de_ ou _que jouer_; _plutôt que de_ ou _que m'exposer à une correction, je préfère faire mes devoirs_. Néanmoins l'usage général est d'exprimer la préposition _de_.

16. _Il ne fait que sortir_, signifie, il sort à chaque instant; _il ne fait que de sortir_, veut dire, il vient de sortir.

17. L'usage permet également de dire: _on dirait un fou_, et _on dirait d'un fou_.

18. Ne dites pas: _si j'étais toi, si j'étais lui, si j'étais vous; si j'étais à la place de_, etc., _je ferais telle chose_; mais dites, _si j'étais que de toi, de lui_, etc., et mieux, _si j'étais de toi, de lui_, etc.

19. On emploie ordinairement la préposition _de_, devant un participe passé précédé d'un adjectif numéral ou d'un nom collectif; on dit: _il y eut cent hommes de tués et un grand nombre de femmes de blessées_, plutôt que: _il y eut cent hommes tués et un grand nombre de femmes blessées_;—mais on doit la supprimer devant un adjectif qualificatif: _dans cette ville il n'y a pas quatre monuments remarquables_. Cependant lorsque le nom qui précède le participe ou l'adjectif, est représenté par le pronom _en_, on exprime la préposition: _sur mille hommes, il y en eut cent de tués; parmi tant de monuments, il n'y en a pas un de remarquable_.

=Débâcle=, rupture et descente de glaces, est féminin; prononcez _débâ-cle_.

=Déballer.=—Ne dites pas: _ce marchand est déballé à l'hôtel de l'Europe_; dites, _... a déballé_, car il n'a déballé que ses marchandises, et il ne s'est pas déballé lui-même.

=Débine=, s. f.—_Être dans la débine_, c'est-à-dire, dans la gêne; cette expression est triviale et même tout-à-fait populaire. Voyez _blaguer_.

=Débiser.=—Ne dites pas: _j'ai les mains et les lèvres toutes débisées_; dites, _toutes gercées par la bise, par la gelée, par le froid; le froid gerce les lèvres, les mains_.

=Débit=, s. m., vente, trafic; le _t_ ne se prononce pas.—Ne dites pas: _vendre en gros et en débit_; dites, _... en détail_.

=Débiteur=, qui doit, fait au féminin _débitrice_.

=Débours=, argent qu'on a avancé pour le compte de quelqu'un; ce mot a vieilli; dites _déboursés_ (au plur.) et non _débourses_. (Acad.)

=Décaméron=, s. m., ouvrage contenant le récit des événements de dix jours; prononcez _décamérone_.

=Décanat, Doyenné.=—Le _décanat_ est la dignité du doyen: _ce curé a été promu à un décanat_. Le _doyenné_ est le pays qui ressortit à un doyen: _le doyenné de Sprimont se compose de vingt paroisses_.

=Décéder=, v. n., prend le verbe _être_ dans ses temps composés. Ce mot n'est guère usité, dit l'Académie, qu'en termes de jurisprudence et d'administration, et en parlant des personnes; il s'emploie aussi au participe passé dans les inscriptions; dans tout autre cas on se sert du verbe _mourir_. Ces observations s'appliquent également au substantif _décès_.

=Décemment=, adv., d'une manière décente; prononcez _déçaman_; prononcez de même, _apparemment, prudemment, négligemment_.

=Décemvir=, s. m., l'un des dix magistrats de Rome; prononcez _décèm'vir, décèm'virat_.

=Décennal=, adj., qui dure dix ans: prononcez _décèn'nal_.

=Décesser=, n'est plus en usage; il faut dire _cesser, discontinuer_.

=Décider=, devant un infinitif, demande la préposition _à_: _cette raison m'a décidé à partir_ (et non _de_ partir); _je me suis décidé à rester_. Cependant lorsqu'il signifie, prendre une résolution, déterminer ce que l'on doit faire, il prend _de_: _nous nous décidâmes de partir sur-le-champ_.

=Décime= (pièce de dix centimes), _centime, cents_, sont _masculins_: _un décime, un centime, un cents_. Voyez _centime_ et _cents_.

=Déclicher=, est un mot wallon: dites, _lever la clenche, le loquet_.

=Décombres=, débris, est un substantif _masculin_ pluriel sans singulier: _il faut faire enlever ces décombres_.

=Décommander=, révoquer un ordre, n'est pas français; dites _contremander_.

=Décorum=, s. m., bienséance; il n'est guère usité que dans ces phrases: _garder, observer le décorum_, garder les bienséances; _blesser le décorum_, choquer les bienséances; prononcez _décorome_; il n'a point de pluriel.

=Découcher= (_se_), n'est pas français; dites _se lever_.—_Découcher_, v. n. et a., signifie, coucher hors de chez soi, ou être cause que quelqu'un quitte le lit où il couche: _depuis huit jours, il a découché trois fois; le maître de la maison m'avait offert son lit, mais je n'ai pas voulu le découcher_.

=Décrémer= le lait, ôter la crème de dessus le lait; ce mot n'est pas français; il faut dire _écrémer_. Voyez _chrême_ et _crémer_.

=Décret=, s. m., loi, ordonnance; prononcez _décrè_ et non _decrè_.

=Décrottoir=, s. m., est une lame de fer destinée à décrotter la chaussure; _décrottoire_, s. féminin, est une brosse ronde pour décrotter la chaussure.

=Dedans=, adv. de lieu, ne prend pas de complément; ainsi ne dites pas, _dedans la maison, dedans ma chambre_, mais, _dans la maison, dans ma chambre_.

2. _Donner dedans_, c'est se laisser tromper comme un sot; _mettre quelqu'un dedans_, c'est le tromper: ces locutions sont populaires. (Acad.)

=Défaufiler= et =Défiler=, (défaire un tissu fil à fil) ne sont pas français; dites _éfaufiler_ et _effiler_.

=Déficeler=, ôter la ficelle, n'est pas français.

=Déficit=, s. m., ce qui manque; prononcez _déficite_. Quoique l'Académie dise qu'il est invariable au pluriel, nous pensons que _déficit_, qui a un accent sur l'_e_, est un mot tout-à-fait français, et qu'il doit par conséquent être soumis aux règles de la grammaire; ainsi nous écririons plutôt _des déficits_, avec une _s_ que sans _s_.

=Défier=, v. actif: _je l'en défie_ et non, _je lui en défie_.

=Définitive= (=en=), loc. adv., en résumé; ne dites pas et ne prononcez pas _en définitif_.

=Dégommer=, v. a., dans le sens de destituer, ruiner, déconsidérer, est français, mais il est populaire.

=Dégouttant=, signifie qui dégoutte: _ce linge n'est pas sec, il est encore tout dégouttant_. Ne confondez pas ce mot avec _dégoûtant_, qui donne du dégoût: _malpropreté dégoûtante_; prononcez _oû_ long dans _dégoûtant_ et _ou_ bref dans _dégouttant_.

=Dégrafer=, détacher une agrafe; ne dites pas _désagrafer_.

=Dégriffer=, n'est pas français; c'est _égratigner_ qu'il faut dire.

=Déguisé.=—Ce mot ne s'emploie pas comme substantif; ne dites donc pas: _j'ai vu plus de trente déguisés pendant le carnaval_; dites, _plus de trente masques_.

2. Ne dites pas: _la petite vérole l'a déguisé_; dites, _l'a défiguré_.—_Déguiser_ signifie masquer, travestir.

=Déhonté=, adj., éhonté; ce mot, rejeté par quelques grammairiens, est admis par l'Académie: _un homme déhonté, une femme déhontée_.

=Dehors=, adv. de lieu, opposé à _dedans_, comme _hors_ est opposé à _dans_; _dehors_ doit toujours être employé sans complément: _restez dedans, j'irai dehors_.

2. Il est ridicule de mettre _dehors_ après les verbes _boire, aller, tomber_, etc.; ainsi ne dites pas: _buvez votre verre dehors; le feu va dehors; la bouteille est dehors_; dites tout simplement, _buvez, videz votre verre; le feu s'éteint; la bouteille est vide_.

3. Ne dites pas non plus: _je sais ma leçon dehors_; dites, _je sais ma leçon par cœur_. (Fland.)

4. Ne dites pas: _quelques historiens racontent qu'il tomba autrefois des pluies de sang dehors le ciel_; dites, _qu'il tomba du ciel..._ (Fland.)

5. Ne dites pas: _on a sonné dehors que le pain est baissé_; dites, _on a annoncé au son de la clochette que..._ (Fland.)

6. Ne dites pas: _il m'a donné cela dehors; j'ai eu ma carte dehors_ (t. de jeu de cartes); dites, _il m'a donné cela; j'ai eu ma carte_ (en retranchant _dehors_). (Fland.)—Prononcez _dehors_ et non _déhors_.

=Déjà=, adv.: prononcez _déjà_ (_é_ fermé) et non _dejà_ ni _dèjà_.

_Déjeter_.—Ce verbe ne s'emploie que pronominalement et signifie se courber, se contourner: _le bois de cette table s'est déjeté; sa colonne vertébrale s'est un peu déjetée_.

2. Mais il ne faut pas l'employer dans le sens de bouleverser, déranger, mettre en désordre, bousculer, agiter, secouer: _bouleverser tout dans une chambre; on a bousculé mes livres; nous fûmes horriblement bousculés dans la foule_. _Se déjeter_ ne doit pas non plus s'employer au lieu de, _se débattre, s'agiter_: _se débattre comme un possédé; un oiseau qui se débat quand on le tient; ce malade s'agite continuellement_.—Prononcez _déj'ter_ et non _déch'ter_.

=Déjeuner, Dîner, Souper, Goûter.=—Ces verbes veulent la préposition _de_ devant le nom de la chose dont on déjeune, dîne, soupe, etc.: _déjeuner de chocolat, dîner de cotelettes, souper de fruits_. Cependant on peut aussi employer _avec_: _il déjeune tous les matins avec du chocolat; déjeuner avec du beurre et des radis_. (Acad. aux mots _matin_ et _radis_.) Nous ferons remarquer du reste que de bons écrivains n'ont pas craint de dire _déjeuner avec_, etc., devant le nom de la chose mangée.

2. Il est à remarquer que l'_u_ de _déjeuner_, s. ou v., n'est pas marqué d'un accent circonflexe, quoiqu'il soit formé de la particule _de_ et du verbe _jeûner_. Prononcez _déjeuner_ et non _d'jeuner_.

=Délabrement=, s. m., état délabré; l'_a_ est long de même que dans _encadrement_ et dans tous les autres mots où se retrouvent les syllabes _abre, adre, avre_. Voyez _abre_.

=Délibérer=, v. a.—Ne dites pas: _ce soldat est délibéré du service_; dites, _est quitte, délivré, libéré du service_.

=Délice= et =Orgue= sont masculins au singulier et féminins au pluriel: _un grand délice, de grandes délices; un bon orgue, de bonnes orgues_. Cependant ils sont masculins au pluriel lorsque dans une même phrase, ils s'emploient au singulier et au pluriel: _un de mes plus grands délices était d'étudier; cet orgue est un des meilleurs que j'aie entendus et un des plus beaux que j'aie jamais vus_.

=Déloger= et =Découcher.=—_Déloger_ signifie quitter le logement, décamper; _découcher_ veut dire, coucher hors de chez soi: _il déloge à la fin du mois; je vous ferai bien déloger de là; depuis huit jours il a découché trois fois_. Voyez _découcher_.

=Demain.=—On peut dire _demain au matin et demain matin_; mais cette dernière locution est préférable. (Acad.)

=Demander=, v. a.—_Demander excuse_ est une expression incorrecte; dites, _je vous fais, je vous offre, je vous présente mes excuses_.

2. Ne dites pas: _mon maître vous demande de venir_; dites, _vous prie de venir_ ou _d'aller le trouver_.

3. Ne dites pas: _demander après quelqu'un_ ou _après quelque chose_; mais, _demander quelqu'un, demander quelque chose_.

4. Après _demander_, il faut _que_ et non _à ce que_: _je demande qu'on répare mon honneur_, et non, _à ce qu'on répare...._

5. _Demander_, suivi d'un infinitif, régit les prépositions _à_ et _de_, suivant le sens: la prép. _à_, lorsque l'action, exprimée par chacun des deux verbes est faite par la même personne: _il demande à entrer; Philoclès demanda au roi à se retirer_.—La prép. _de_, dans le cas contraire: _je vous demande de m'écouter_.

=Déméfier= (=se=), barb.; dites, _se défier_ ou _se méfier_.

=Démêler=, v. a.—On ne dit pas, _démêler les cartes_, mais, _mêler_ ou _battre les cartes_.

=Demeurer=, prend _avoir_ quand il signifie: 1º _habiter_: _il a demeuré trois ans à Bruxelles; il demeure dans telle rue_ (plutôt que, _il reste_); 2º _tarder_: _il a demeuré longtemps en chemin_; 3º _employer plus ou moins de temps à quelque chose_: _il n'a demeuré qu'une heure à faire cela_.—_Rester_ prend également _avoir_ dans le sens de _séjourner_: _il a resté deux jours à Lyon_. (Acad.) Dans tout autre sens, _demeurer_ et _rester_ prennent l'auxiliaire _être_: _il est demeuré, il est resté mille hommes sur la place; elle est demeurée, elle est restée court, seule, veuve_, etc.

=Demi, ie=, placé devant un substantif, reste invariable: _une demi-heure, des demi bouteilles_; il reste également invariable lorsqu'il entre dans la composition d'un mot: _des demi-heures, des demi-lunes, des demi-tons, des demi-dieux, des demi-frères_.—Placé après son substantif, il en prend le genre, mais il s'écrit toujours au singulier: _deux kilo et demi, deux livres et demie_.—_Demi, demie_ s'emploient substantivement, le premier pour désigner _une moitié d'unité_, le second pour signifier _demi-heure_: _quatre demis valent deux unités; cette pendule sonne les heures et les demies_. (Acad.) Prononcez _demi_ et non _démi_ ni _dèmi_.

2. _Deux heures et demie, deux heures et un quart_; ne faites pas la liaison de l'_s_ finale du mot _heures_ avec le mot suivant. Voyez _liaisons affectées_.

=Demi-frère=, s. m., celui qui n'est frère que du côté paternel ou du côté maternel; les expressions _frère germain, frère consanguin_ et _frère utérin_ ne sont guère usitées qu'en jurisprudence. (Acad.)

=Démission=, s. f.—Ne dites-pas: _dès que j'aurai ma démission, je me retirerai à la campagne_; dites, _dès que j'aurai ma retraite, ma pension..._ La _démission_ est l'acte par lequel on se démet d'une dignité, d'un emploi: _démission volontaire, démission forcée; donner sa démission_.

2. N'employez pas non plus le mot _démission_, dans le sens de _destitution_, qui est la privation _forcée_ d'une charge, d'un emploi, etc.: _prononcer la destitution d'un fonctionnaire_.

=Demoiselle.=—Une dame, faisant allusion à ses jeunes années, dit ordinairement: _quand j'étais demoiselle_; il serait mieux de remplacer _demoiselle_ par le mot _fille_; mais il est encore mieux de dire _avant mon mariage_, ou d'employer quelque tour analogue à celui-là. Voyez _monsieur_ et _époux_.

2. Ne dites pas: _comment se porte votre demoiselle_ (en parlant à son père ou à sa mère)? dites, _comment se porte mademoiselle votre fille_ ou _mademoiselle N.?_ Il en est de même des mots _dame, madame_, quand on s'adresse au mari.

=Denier=, s. m., petite monnaie; ne dites pas _dernier à Dieu_, mais _denier à Dieu_: prononcez _de-nié_ et non _dé-nié_ ni _degnier_.—Voyez _ni_.

=Dénouement, dénouer, déjouer, jouer=, etc.; prononcez _dénoû-ment, dénou-er, déjou-er, jou-er_, et non _dénou-we-ment, denou-wer, déjou-wer, jou-wer_.

=Dent=, s. féminin: _une dent, de belles dents_.

2. On dit très-bien d'un enfant, _qu'il fait ses dents, qu'il fait des dents_, pour signifier que les dents lui viennent. (Acad.)

3. Ne dites pas: _j'ai les dents longues quand je mange du fruit vert_; dites, _j'ai les dents agacées, quand..._ ou bien, _ces fruits m'agacent les dents..._ Voyez _long_.

4. Ne dites pas: _se laisser tirer une dent_; dites, _se faire arracher une dent_. (Fl.)—Prononcez _dan_ et non _dante_.

=Dentelle=, disposition des dents, n'est pas français; dites _denture_.

=Denture=, s. f., ordre dans lequel les dents sont rangées; ce mot est français: _ce jeune homme à une belle denture_.

=Dépareiller, Déparier.=—_Dépareiller_, c'est ôter ou perdre une ou plusieurs choses pareilles; un ouvrage est _dépareillé_ par un seul volume égaré ou perdu, même quand on a remplacé ce volume, s'il n'est pas en tout semblable aux autres. _Déparier_, c'est ôter l'une des deux choses qui font la paire: _déparier des gants, des souliers; déparier des pigeons_, c'est séparer le mâle de la femelle. Il en est de même de _appareiller_ et _apparier_.

=Déparler=, cesser de parler, ne s'emploie qu'avec la négative; on ne doit donc pas dire: _il déparle_, mais on dit, _il ne déparle pas_ (il ne cesse pas de parler.)

=Dépêcher= (=se=), devant un infinitif, veut la préposition _de_: _dépêchez-vous de partir_ (et non _à partir_).

2. Gardez-vous de dire: _dépêchez-vous vite_; dites simplement _dépêchez-vous_.

=Dépendre=, doit être suivi de la préposition _de_ et non de _à_: _cela ne dépend que de vous_, et non, _cela ne dépend qu'à vous_. (Fland.)

=Dépenses.=—Ne dites pas; _il a fait beaucoup de dépenses autour de sa maison_; dites, _à sa maison_.

=Dépenseur=, n'est pas français; dites _dépensier_.

=Dépersuader=, n'est pas français; dites _dissuader, déconseiller_.

=Déplorable=, adj., se dit des choses: _un événement déplorable_; et quelquefois des personnes dans le style soutenu: _une famille déplorable_. (Acad.)

=Dépositaire=, subst. des deux genres, celui ou celle à qui on confie un dépôt; _déposant_ est celui qui confie le dépôt. Prononcez _dépô_ (_ô_ long) et non _dépo_ (_o_ bref). Voyez _légataire_.

=De profundis=, s. m.; prononcez _de profondice_.

=Depuis=, prép. et adv.—Ne dites pas: _il nous arriva hier plusieurs accidents, depuis que nous fûmes sortis_; dites, _après que nous..._

2. Ne dites pas non plus: _depuis Liége jusqu'à Huy il y a six lieues_; dites, _de Liége à Huy_.... _Depuis_ indique un certain espace de temps et non la distance.

3. Prononcez _depui_ (_ui_ diphthongue) et non _dépui_ ni _depoui_; prononcez de même, je _suis_, je _puis, lui, aujourd'hui, ensuite, puissant, puits, Huy_, etc. Voyez _ui_.

=Déranger=, dans le sens de déranger la santé, indisposer, incommoder, est français, quoi qu'en disent certains grammairiens: _j'ai mangé hier un peu plus qu'à l'ordinaire, et cela m'a dérangé_. (Acad.)

=Dernier, ière=; prononcez _der-nier_ et non _der-gnier_.

2. _La dernière année de sa vie_, est l'année où il est mort; _l'année dernière_, est l'an qui vient de s'écouler. Voy. _ni_.

=Derrière.=—Ne dites pas: _il me loue en ma présence, et, derrière moi_ ou _en arrière, il me déchire_; dites, _en mon absence, quand je suis absent, il me déchire_; ou bien, _par derrière il me déchire_.

2. Ne dites pas: _il est caché par derrière la porte_; dites, _... derrière la porte_.

3. Ne dites pas non plus: _il loge par derrière_; dites, _... sur le derrière_.

=Des, Les, Mes, Tes, Ses.=—Prononcez _dè, lè, mè, tè, sè_, et non _dé, lé, mé, té, sé_.

=Descendre=, v. a. ou n., se conjugue avec l'auxiliaire _avoir_ et avec l'auxiliaire _être_, selon que l'on considère l'action ou le résultat, ou selon que l'on peut répondre à l'une où à l'autre de ces questions: _qu'a-t-il fait?_—_où est-il? qu'est-il devenu_? _il a descendu_ (_qu'a-t-il fait?_) _la montagne au galop_; _votre père est-il en haut? non, il est descendu_ (_où est-il?_); _j'ai descendu_ (_qu'ai-je fait?_) _l'escalier en moins d'une minute_; _il y a plus de dix minutes que je suis descendu_ (_où suis-je, que suis-je devenu?_).

2. Ne dites pas, _descendre en bas, monter en haut_; dites simplement _descendre, monter_: il est clair en effet qu'on ne peut pas _descendre en haut_ ni _monter en bas_; voyez _haut_. Prononcez _dècen-dre_ et non _d'cendre_.

=Désagrafer=, n'est pas français; dites _dégrafer_.

=Déshonnête, Malhonnête=, adj.—Ces mots n'ont pas la même signification: _une action déshonnête_ est une action contraire à la pureté; _une action malhonnête_ est contraire à la civilité, à la bonne foi, à la droiture.

=Désir=, s. m.: prononcez _désir_ et non _desir_ ni _d'sir_; il en est de même de _désirer, désireux_.

=Désirer=, v. a.—_Désirer de faire_ ou _désirer faire_.—On doit le faire suivre de la préposition _de_, lorsqu'il exprime un désir dont l'accomplissement est incertain, difficile ou indépendant de la volonté: _désirer de réussir; il y a longtemps que je désirais de vous rencontrer; je désirerais bien d'en être débarrassé_. (Acad.)—Quand, au contraire, ce verbe exprime un désir dont l'accomplissement est certain ou facile et plus ou moins dépendant de la volonté, il s'emploie sans la préposition _de_: _je désire le voir; il désire vous parler_. (Acad.)

2. Nous ferons remarquer que l'on emploie l'infinitif quand le verbe régi se rapporte au sujet du verbe _désirer_, et que l'on se sert de _que_ avec le subjonctif, quand il ne s'y rapporte pas: _je désire partir; je désire que vous partiez_. (LAVEAUX).

3. Prononcez _désirer_ et non _desirer_ ni _dèsirer_: anciennement on écrivait néanmoins _desir, desirer, desireux, desirable_, et l'Académie dit que plusieurs écrivent et prononcent de la sorte, mais dans tous les exemples qu'elle donne elle écrit _désir, désirer, désireux, désirable_.

=Désister.=—Ce verbe est essentiellement pronominal; on doit dire _se désister_ et non _désister de quelque chose_; _se désister d'un procès_. Ce serait une faute tout aussi grave d'employer ce verbe dans le sens de _cesser, discontinuer_.

=Dès lors=: prononcez _dès lor_ et non _dès lorse_.

=Dessein= et =Dessin=.—Écrivez sans _e_ devant l'_i_, quand il s'agit du travail d'un dessinateur: _dessin_, d'où vient le mot _dessiner_.

=Dessert=, s. m. et non _desserf_, ce qu'on sert à la fin d'un repas: prononcez _dessère_.

=Desserte=, s. f., ce qui reste d'un repas, ce qu'on a ôté de dessus la table.—Ce mot se dit aussi des fonctions attachées au service d'une cure, d'une chapelle: _le prêtre chargé de la desserte de cette chapelle_.

=Dessous, Dedans=, sont des adverbes comme _dedans, dehors, auparavant_; d'où il suit qu'ils ne peuvent être suivis d'un complément; vous ne direz donc pas, _dessous la table; dessus le bureau_, mais, _sous la table, sur le bureau_.—Prononcez _deçu, deçou_ et non _déçu, déçou_ ni _dèçu, dèçou_.

2. Cependant _dessus, dessous_ s'emploient comme prépositions: 1º lorsqu'ils sont liés par une des conjonctions _et, ni, ou_: _j'ai cherché inutilement dessus et dessous le lit_; (Acad.) 2º lorsqu'ils sont précédés d'une autre préposition: _ôtez cela de dessous moi_.

3. _Dessous de tasse._—Cette expression n'est pas française; il faut dire _soucoupe_.

=Dessus=, adv.—Ne dites pas: _la roue lui a passé dessus_; dites, _lui a passé sur le corps_, comme on dit, _le boulet lui a passé bien près de la tête; le coup lui a passé sous les bras, entre les jambes_. Voyez _sens_.

=De suite= et =Tout de suite.=—Ne confondez pas ces deux expressions: _de suite_ signifie ce qui se fait l'un après l'autre sans interruption: _il ne saurait dire deux mots de suite_;—_tout de suite_, ce qui a lieu sans délai, sur-le-champ: _il faut que les enfants obéissent tout de suite_. Prononcez _de suite_ (_ui_ diphthongue) et non _de souite_.

2. Ne dites pas _toute de suite_ pour _tout de suite_.—Voyez _suite_.

=Déteindre=, v. a., faire perdre la couleur à quelque chose: _le vinaigre déteint les étoffes; le soleil déteint toutes les couleurs_. Ce verbe est également pronominal: _cette étoffe se déteint_.

2. Il s'emploie aussi neutralement pour _se déteindre_: _cette étoffe déteint beaucoup; ces cravates déteignent sur le linge_. (Acad.)

=Détritus=, s. m., débris de formation naturelle: _détritus de végétaux_, prononcez _détrituce_.

=Dettes.=—Ne dites pas: _je suis dans vos dettes_, ni _je suis sur vos dettes_; dites, _j'ai une dette à vous payer, je vous dois quelque chose, je suis votre débiteur_.

=Deux=, adj.—Ne dites pas: _nous sommes à deux, nous étions à trois_: dites simplement, _nous sommes deux, nous étions trois_.

2. Ne dites pas non plus: _ils étaient leurs trois; ils sont leurs deux_; dites, _ils étaient trois, ils sont deux_;—ce _leurs_ est un grossier wallonisme.

3. Ne dites pas non plus: _deux et deux sont quatre_, mais, _font quatre_.

4. _Tous deux_ et _tous les deux_.—L'Académie, d'accord avec les bons grammairiens et les auteurs les plus corrects, ne trouve aucune différence entre ces deux expressions, et en autorise indifféremment l'emploi: ainsi lorsqu'on veut exprimer l'idée de simultanéité, il vaut mieux employer le mot _ensemble_: _Pierre et Paul iront ensemble à la chasse_, que de recourir à cette locution _tous deux_. Prononcez _deû_ et non _deuce_.

=Deuxième, Second=: voyez _second_.

=Devancer=, v. a.: prononcez _devancer_ et non _dévancer_ ni _dèvancer_.

=Devant.=—Ne dites pas: _le jour de devant_, mais, _la veille_; ni _le jour d'après_, mais, _le lendemain_.

2. _Devant_ indique généralement le lieu, la place; _avant_ indique plus spécialement le temps: _retirez-vous, ne vous placez pas devant moi; laissez-le courir, j'arriverai pourtant avant lui_.

3. Ne dites pas: _faites vos devoirs devant d'aller jouer_, mais, _avant d'aller jouer_.

=Devanture=, quoi qu'en disent quelques grammairiens, se dit de la face antérieure et de la façade d'une maison: _la devanture d'une maison_. (Acad.)

=Devenir=, ne peut pas s'employer pour _venir_; ne dites donc pas: _je deviens de la ville_, mais, _je viens de la ville_: prononcez (_je_) _deviens_ et non _déviens_ ni _dèviens_.

=Deviner=, v. a.: prononcez _deviner, devin_ et non _déviner, dévin_.

=Devinette=, n'est pas français; dites _énigme, rébus_: _pourriez-vous deviner cette énigme, ce rébus_.

=Devis=, s. m., propos, état d'architecture: prononcez _devi_.

=Dévoiement=: prononcez _dévoament_ sans faire sentir l'_e_ ni un _y_, et non _dévoyement_.

=Devoir=, s. m.—Ne dites pas, _rendre le dernier devoir à un mort_; dites, _les derniers devoirs_.

2. _Devoir_, v.—Beaucoup de personnes disent: _j'ai dû rire_, sans vouloir indiquer par là qu'elles ont été forcées de rire; dites simplement: _j'ai ri, je n'ai pu m'empêcher de rire, c'était risible_.

3. Les locutions wallonnes, _il ne devrait pas, il ne pourrait pas valoir_, se traduisent par, _il ne faudrait pas, il ne serait pas à désirer, il ne ferait pas beau voir_.

4. Ne dites pas: _nous allons devoir partir_; dites, _nous partirons bientôt, nous allons partir; nous serons bientôt obligés de partir; il faudra que nous partions_.

5. Ne dites pas, _nous de-ve-rions, vous de-ve-riez_, mais, _nous de-vrions, vous de-vriez_.

=Dévouement, Dévouer=: prononcez _dévoûment, dévou-er, je me dévoû_, et non _dévou-wement, dévou-wer, je me dévou-we_.

=Dey=, s. m., gouverneur de Tunis et ancien gouverneur d'Alger: prononcez _dè_ et non _deye_.

=Di.=—Prononcez _di_ et non _gi, tgi_, en donnant à _di_ un son à peu près équivalent au _g_ wallon ou italien: _Dieu, diamant, diamètre, diable, vous demandiez, mendier, mendiant_, etc.—Voyez _ti_.

=Dia=, cri des charretiers pour faire tourner les chevaux à gauche.—Voyez _hue_.

=Diable=, s. m., démon: prononcez _diâble_, _iâ_ diphthongue longue et non _diable_, ni _diape_. Le féminin _diablesse_ est un terme d'injure qui se dit ordinairement d'une femme méchante et acariâtre; il s'emploie aussi dans le sens de, _bon diable, bonne diablesse; pauvre diable, pauvre diablesse; méchant diable, méchante diablesse; grand diable, grande diablesse_.

2. Dites, _faire le diable à quatre_ et non, _en quatre_.

=Diacre=, s. m., clerc promu au diaconat: prononcez _dia-cre_ (_i_ bref) et non _diâcre_ ni _diaque_; il en est de même de _sous-diacre_.

=Diagnostic=, s. m., connaissance des symptômes d'une maladie; prononcez _diagh'nostik_ (_g_ dur).

=Dialecte=, s. m., idiome particulier dérivé de la langue nationale; prononcez _dialek-te_ et non _dialek_.

=Dicace, Ducace=, ne sont pas français; dites _kermesse, fête_.

=Dictamen=, s. m., sentiment de la conscience; prononcez _diktamène_.

=Diction, Dictionnaire.= Prononcez _dikcion, dikcionère_ et non _dikchon, dikchonnère_; il en est de même de tous les mots terminés en _tion, tier, tié_: _accusation, formation, cabaretier, amitié_, et non _accusachon, formachon, cabarecher, amiché_ (_ch_ des wallons, équivalant à _tch_ ou au _c_ des italiens).

=Dièse=, s. m., signe pour hausser la note d'un demi-ton; prononcez _diè-ze_ et non _diè-ce_.

=Dieu=: prononcez _Dieu_ (en appuyant sur _di_) et non _Djieu_ ni _chieu_ (_ch_ wallon).—Voyez _di_.

=Différer=, dans le sens de _disconvenir_, n'est pas français; dites donc, _je n'en disconviens pas; disconvenez-vous du fait?_ et non, _je n'en diffère pas; différez-vous du fait?_

2. Dans le sens de, _remettre à un autre temps_, il régit la prép. _de_ devant un infinitif: _ne différez pas de partir_.

=Difficile.=—Ne dites pas: _j'ai difficile, j'ai facile d'apprendre par cœur; tu as bien facile, tu as bien difficile_; dites, _j'éprouve, tu éprouves, j'ai, tu as de la difficulté, de la facilité pour..._ ou bien, _j'apprends difficilement, malaisément, avec peine, avec difficulté, facilement, aisément, avec facilité_; dites encore, (au lieu de _tu as bien facile, bien difficile_) _c'est bien facile, bien aisé, bien difficile, mal aisé_: cette locution, qui se rencontre fréquemment chez les wallons, est tout-à-fait vicieuse.

2. Ne dites pas non plus: _il fait facile_, il _fait difficile de marcher_; dites, _on a de la peine, on éprouve de la difficulté à marcher; on marche avec peine, difficilement_; ou bien, _on marche facilement, aisément, sans peine; il est facile, difficile de_, etc.

3. Ne dites pas non plus: _ces livres sont difficiles_ ou _faciles à se procurer_; dites, _il est difficile, facile de se procurer ces livres_.

4. Quand _facile à, difficile à, aisé à, bon à_, sont suivis d'un infinitif, ce dernier a un sens passif: _ce livre est difficile à lire_, c'est-à-dire, _à être lu_; ainsi ces adjectifs, dans ce sens, ne peuvent régir un verbe pronominal.

5. _Être difficile à vivre_, c'est-à-dire, être d'un caractère difficile, d'un commerce difficile, avec qui il est difficile de vivre, est une locution correcte, quoi qu'en disent certains grammairiens, plus orthodoxes que l'Académie.

=Digestion=, s. f., coction dans l'estomac; prononcez _digess'thion_ et non _digécion, digession, dijection_.

2. On dit, _ces aliments sont digestibles_, faciles à digérer, ou _indigestes_, difficiles à digérer. _Digeste_ et _digestif_ dans le sens de _digestible_ ne sont pas français.

=Digne=, adj.—Dans une phrase affirmative, il se dit également du bien et du mal: _il est digne de récompense, il est digne de châtiment_; mais dans une phrase négative, il ne se dit que du bien: _il n'est pas digne de votre amitié_. On ne dira donc pas: _il n'est pas digne du supplice_; il faut se servir d'une autre tournure de phrase, par exemple: _il ne mérite pas le supplice_.—_Indigne_ ne se dit non plus que du bien: _il est indigne d'être puni_, serait une faute.

2. Prononcez _digne_ (et non _dine_), _di-gnement, di-gnité, indi-gner, indi-gnement_, et non _dign'-nement, dign'-nité, indign'-ner, indign'-nement_. Voyez _gn_.

=Diligence.=—On dit, _aller, être dans la_ ou _en diligence_, et non, _sur la diligence_, à moins qu'il ne soit question de l'impériale; prononcez _diligence_, et non _déligence_.

=Diminuer.=—Ne dites pas, _les grains, les vins diminuent_, pour signifier qu'ils sont à la baisse; dites, _le prix des grains, des vins diminue, baisse_. Voyez _augmenter_.

=Diminutif.=—Évitez d'ajouter le mot _petit_ à un diminutif: _une petite barquette, une petite statuette, un petit saumonet_; dites simplement, _une barquette, une statuette, un saumonet_, à moins que vous ne vouliez insister sur les petites dimensions de cette _statuette_, etc.; ainsi _une petite statuette_ est une statue doublement petite.

=Dînatoire=, adj.—Ce mot ne figure pas dans l'Académie et n'est usité que dans l'expression suivante, _déjeuner dînatoire_, déjeuner qui tient lieu de dîner; on dit mieux dans ce sens, _déjeuner-dîner_. (Acad.)

=Dîner= _de_ et _avec_: voyez _déjeuner_.

2. _Dîner, dînée, dîné_ (_avant, après-dînée_, etc.): voyez _après_.

=Diocèse=, s. m., pays administré par un évêque; prononcez _diocè-ze_, et non _diocè-ce_.

=Diplôme=, s. m., charte, acte public; prononcez _diplôme_ (_ô_ long).

=Dire=, v. a.—On rencontre trop souvent de ces impitoyables parleurs qui vous assomment à chaque phrase de leurs éternels _dis-je, dit-il, qui dit, qu'il dit_; c'est une faute qu'il faut éviter avec d'autant plus de soin, qu'elle n'est propre qu'à rendre ridicule celui qui en a contracté l'habitude.

2. _Dire_ ne s'emploie pas dans le sens de _promettre_; il faut donc condamner les locutions flamandes: _je lui ai dit de venir, il m'a dit de venir_; remplacez-les par _je lui ai promis de venir; il m'a promis de venir_; ou bien, _je lui ai dit que je viendrai_, etc.

3. Ne dites pas: _je me suis laissé à dire_; cette locution n'a pas le sens que les wallons y attachent; dites, _j'ai cédé; j'ai cédé aux instances_.

4. _Dire_ et _redire_, font à la 2e p. pl. du prés. de l'ind., _vous dites, vous redites_; tous les autres composés font, _vous médisez, vous contredisez_, etc.

=Direct, Indirect=: prononcez _direk-te, indirek-te_.

=Directement=, adv.—Ne dites pas: _ce remède m'a guéri directement_; dites, _sur le-champ_.

=Disciple=: voyez _élève_.

=Discompte.=—Ce mot n'est pas français; c'est _escompte_ qu'il faut dire. On emploie aussi à tort le mot _discompte_ pour signifier le _bon poids_.

=Disconvenir=, se conjugue toujours avec l'auxiliaire _être_: _il n'en est pas disconvenu_.

=Discord=, adj., qui n'est point d'accord: _instrument discord_; il n'a pas de féminin.

=Disert=, adj., qui parle bien et aisément; prononcez _dizère_.

=Disparution.=—Ce mot n'est pas français; dites, _disparition, apparition_; mais il faut dire _comparution_.

=Dispos=, adj., léger, agile; il ne se dit que des personnes: _un homme gaillard et dispos_; cet adjectif n'a pas de féminin.

=Disposer=, v. a.—Ne dites pas: _j'ai disposé sur vous 1000 francs_; dites, _de 1000 francs_.

=Disputer= (=se=), dans le sens de _se quereller_, s'emploie rarement; ne dites donc pas: _ces enfants se disputent sans cesse_; dites plutôt, _ces enfants se querellent sans cesse_, ou _disputent sans cesse_.

2. Ne dites pas: _son père le dispute toujours_; dites, _le gronde, le querelle toujours_.

=Distiller=, _distillerie, distillateur, distillation_: les _ll_ ne se mouillent pas et l'on n'en prononce qu'une.

=Distinct, te=, adj.—Prononcez _distink'te_ et non _distinke_, ni _distin_.

=District=, s. m., juridiction; prononcez _distrik_, sans faire sentir le _t_ final.

=Dit.=—Lorsque ce participe est placé immédiatement après un article ou un adjectif possessif, il ne forme avec lui qu'un seul mot: _ledit lieu, ladite maison, mondit seigneur, sondit procès-verbal_.

2. Ne dites pas: _franchement dit, il a raison_; dites, _à franchement parler, il a raison; franchement, il a raison_.

=Divers=, adj., différent; au masculin, prononcez _divère_ et non _diverce_.

=Divin=, adj., placé devant un mot qui commence par une voyelle ou une _h_ muette, se prononce comme le féminin _divine_: _divin auteur, divin oracle_.

=Divis= et =Indivis= sont invariables: posséder _par divis, par indivis_; l'_s_ ne se prononce pas.

=Dix.=—Prononcez _dice_ quand il est isolé; _dize_, devant une voyelle ou une _h_ muette; _di_, devant un mot commençant par une consonne ou une _h_ aspirée: _dix, dix héros, dix personnes, dix hommes_.

=Dixième=, adj.—Prononcez _dizième, vingtième_ et non _dizièm-me, vingtièm-me_.

=Docte=, adj., savant.—Prononcez _dok-te_ et non _dok_.

=Docteur=, s. m., se dit quelquefois absolument pour _médecin_: _consultez votre docteur_. Ce sens est familier, et le mot _médecin_ ou _docteur en médecine_, selon le sens, est préférable. (Acad.)

=Doge=, s. m., chef de la république de Venise; on dit _dogaresse_ pour la femme du _doge_; prononcez _doge_ et non _doche_.

=Dogme=, s. m., vérité de foi; prononcez _dogh-me_ (_g_ dur) et non _dome_, ni _doghe_ ni _doh'me_.

=Doigt=, s. m.—Prononcez _doa_; on ne fait pas sentir le _g_ non plus dans _doigter, doigtier_.

2. Ne dites pas: _j'ai un mauvais doigt, un doigt blanc_; dites, _j'ai mal à un doigt, j'ai un panaris_.

=Dompter, Dompteur, Domptable.=—Dans ces mots, le _p_ ne se prononce pas; dites _donter, donteur_, etc.; mais dans _indompté, indomptable_, on fait sentir le _p_, et l'_m_ se prononce comme _n_. (Acad.) Voyez _p_.

=Don=, s. m.—Ne dites pas: _don par M. N._; dites, _don de M. N._, ou _donné par M. N._, et mieux, _offert par M. N._

=Donc=, conj., par conséquent.—Le _c_ a le son de _k_, lorsque _donc_ est au commencement ou à la fin d'une phrase, ou lorsqu'il est suivi d'un mot commençant par une voyelle ou une _h_ muette: _votre frère vous aime, donc_ (donke) _vous devez l'aimer; allons, venez donc; votre frère est donc_ (donke) _arrivé_. Hors ces trois cas, on ne fait pas sentir le _c_: _votre frère est donc_ (don) _sorti_.

=Donner.=—Ne dites pas, _donnez-moi-z'en_, mais _donnez-m'en_.

2. Ne dites pas: _donner le dernier_, pour _administrer l'extrême-onction_. (Fland.)

3. Ne dites pas: _je me suis donné à connaître_, mais, _je me suis fait connaître_. (Wall.)

4. Ne dites pas non plus: _cet homme m'a donné des sottises_, mais plutôt, _m'a dit des sottises_, et mieux, _m'a dit des injures_.

5. Ne dites pas: _j'ai été le dernier au concours, mais je n'en donne rien_; dites, _ça m'est égal, ça m'est indifférent_. (Fland.)

6. Ne dites pas: _donner des caresses_; dites, _faire des caresses_.

7. Ne dites pas: _donner leçon de musique, d'allemand_, etc.; dites, _donner des leçons de musique..._

8. Ne dites pas: _donner le bonjour, le bonsoir_; dites, _souhaiter le bonjour, le bonsoir_.

=Dont=, pron. rel.—Ne dites pas: _la ville dont je viens_, mais, _la ville d'où je viens_: _dont_ exprime simplement la relation; _d'où_ se dit du lieu.

2. Ne dites pas: _les livres que j'ai besoin_, mais, _les livres dont j'ai besoin_. Prononcez _don_ et non _donte_.

=Dormir=, ne s'emploie pas pour _coucher_; ne dites pas: _j'ai dormi chez mon frère_, mais, _j'ai couché chez mon frère_; dites de même, _nous avons couché ensemble_, et non, _nous avons dormi ensemble_; mais vous direz bien: _je me suis couché sur l'herbe et j'y ai dormi_: _dormir_ signifie être dans le sommeil.

=Dortoir, Abattoir, Lavoir.=—Ces mots s'écrivent sans _e_ final, tandis qu'il doit figurer dans _réfectoire, conservatoire, laboratoire, baignoire_.

=Dos=, s. m., partie postérieure; prononcez _dô_.

2. Ne dites pas: _lier les mains derrière le dos_, ce qui serait un contresens; dites, _lier les mains au dos_.

=Dôse=, petite pustule qui vient sur la peau, est un mot wallon; dites, _pustule, bube, cloche, élevure, ampoule_:—_avoir des élevures sur la peau; la morsure du cousin produit une bube, une ampoule_.

=Dot=, s. f., bien apporté en mariage: _une dot considérable_; prononcez _dote_.

=Douairière=, s. f., veuve qui jouit d'un douaire; prononcez _douèrière_; quelques-uns prononcent _douarière_.

=Douanier=, s. m., commis de la douane; prononcez _douanié_, et non _doua-gnié_. Voyez _ni_.

=Double.=—_Faire double_, c'est-à-dire faire toutes les mains aux cartes; dites mieux, _faire capot, faire la vole_. Prononcez, _dou-ble_ et non _doupe_ ni _doubèle_.

=Douche=, est une effusion d'eau d'un lieu élevé sur une partie malade; n'employez pas ce mot pour _chaudron, grande chaudière, cuveau_.

=Douter.=—Ne dites pas: _je doute si vous gagnerez votre procès_: dites, _je doute que vous gagniez votre procès_.

=Douzaine.=—On dit _une douzaine, une huitaine, une dizaine, une vingtaine, une centaine_, mais on ne dit pas _une troisaine, une cinquaine, une sixaine, une septaine, une onzaine_, etc.

=Douze heures.=—Dites _midi_ ou _minuit_, selon qu'il s'agit du jour ou de la nuit. Prononcez _dou-ze_ et non _dou-ce_.

=Doxal=, n'est pas français; dites _jubé_.

=Doyen=, s. m.: prononcez _doa-i-in_ et non _do-i-in_ ni _doa-in_.

=Drachme=, s. f., monnaie, poids; prononcez _draghme_ (_g_ dur); quelques-uns l'écrivent ainsi.

=Dragon=, s. m. tache qui vient sur la prunelle des hommes et des chevaux: _avoir un dragon dans l'œil_; ce mot est français: voyez _taie_.

2. _Dragon_, pour _cerf-volant_, n'est pas français.

=Drap.=—Ne dites pas, _un drap de mains_; dites, _un essuie-mains_.—Ne dites pas non plus, _un drap d'enfant_; dites _une couche_.

=Drève.=—Ce mot est flamand; dites, _une avenue, une allée d'arbres_: _l'avenue du château_.

=Dringuelle=, mot flamand, qu'il faut rendre par une des expressions suivantes: _pourboire, épingle, pot-de-vin_.—Les _épingles_ (au plur.), se disent de la libéralité que l'on donne aux femmes: _voilà pour les épingles des filles; ce sont les épingles de madame_;—le _pourboire_ se donne aux hommes, domestiques, commissionnaires, cochers;—_le pot-de-vin_ est ce qui se donne par manière de présent au-delà du prix qui a été convenu pour un marché; _le pourboire_ se donne aux personnes d'un rang inférieur; _le pot-de-vin_ se donne à des personnes d'une position plus élevée.

=Drogman=, s. m., interprète dans les pays orientaux; prononcez _drogh'man_ et non _drogh'mane_: (_g_ dur).

=Droguer=, v. n., attendre, se morfondre: _il m'a fait droguer pendant deux heures_; ce terme est populaire; dites préférablement, _attendre, se morfondre, faire le pied de grue_;—_croquer le marmot_ est familier.

=Droit.=—Ne dites pas: _cette femme marche droite à son but_; dites, _droit à son but_; _droit_ est ici adverbe, et dans ce cas, _marcher droit_ signifie _marcher en droite ligne, directement, par le plus court chemin_.

Néanmoins, si vous voulez parler de la tenue, du maintien, vous direz, _cette femme marche droite_ (a une bonne tenue, ne se tient pas courbée).

En d'autres mots, _droit_ est adverbe quand il modifie un verbe: _marchez droit devant vous, mesdames, et vous arriverez bientôt_; il est adjectif, quand il modifie un sujet ou un complément: _marchez droite, mademoiselle, et tenez votre bougie plus droite_.

=Drôle.=—Bien des personnes se trompent dans l'emploi de ce mot: _drôle_, (adjectif) gaillard, plaisant, original: _cet homme est bien drôle; c'est un drôle d'homme, un drôle de corps; avoir une tournure drôle, une drôle de tournure; voilà qui est drôle; un conte fort drôle_. (Acad.)

2. _Drôle_ s'emploie aussi comme substantif masculin, et se dit d'un homme, d'un enfant, lorsqu'on leur attribue quelque qualité dont il faut plus ou moins se défier, ou qu'on leur impute quelque chose dont on est contrarié, mécontent, etc.: _c'est un drôle bien rusé; c'est un petit drôle bien éveillé; je surpris le drôle au moment où...; ah! monsieur le drôle, vous osez..._ (Acad.)

3. Il se dit dans un sens tout à fait injurieux, d'un polisson, d'un mauvais sujet, d'un homme qu'on méprise: _c'est un drôle, un petit drôle, qui se fait chasser de partout; vous êtes un drôle, un grand drôle_. Ce mot est toujours pris en mauvaise part comme _substantif_, et il est familier dans ces trois acceptions (Acad.)

4. Prononcez _drôle_ (_ô_ long) et non _drole_ (_o_ bref).

=Drôlement=, adv., d'une manière drôle; prononcez et écrivez _drôlement_ (_ô_ long) et non _drôledement_; prononcez également _o_ long dans _drôlerie, drôlesse, drôlatique_.

=Druide=, s. m., prêtre gaulois; prononcez _druide_ (_ui_ diphth.) et non _dru-wide_ ni _druite_.

=Ducasse= ou =Ducace=, n'est pas français; dites, _fête, kermesse_ et voyez ce dernier mot.

=Duègne=, s. f., gouvernante; prononcez _duègne_ (_gne_ mouillé) et non _duène, du-ègne, du-wègne_.

=Dupe=, s. f.—Ce mot est toujours du féminin, quoiqu'on puisse l'appliquer à des noms du genre masculin: _cet homme a été la dupe de son bon cœur; cette femme a été la dupe de sa bonne foi_.

=Dur, e=, adj.—_Cela me tombe dur_, pour _cela m'est dur, m'est pénible, me contrarie_, est un flandricisme.

2. Ne dites pas: _il est si dur avec ses domestiques_; dites, _... envers ses domestiques_ ou _à l'égard de ses domestiques_.

=Durant.=—Cette préposition se place quelquefois après le mot qu'elle régit: _il a six mille francs de pension sa vie durant_ (et non _durante_); _six ans durant_ (et non _durants_).

2. _Durant que_, n'est pas français; dites _pendant que_ ou _tandis que_, selon le sens.

=Dussai-je=, n'est pas français; écrivez et prononcez _dussé-je_, puisqu'on dit _que je dusse, que tu dusses_.

=Duumvir=, s. m., magistrat romain; prononcez _duom'vir_; item _duumvirat_.

E

=E.=—L'_e_ muet doit conserver son son naturel dans la prononciation; c'est donc une faute grossière de le prononcer comme un _è_ ouvert; dites, _petit, peser, peler, lever, le livre, brevet, cerise, demander_, etc., et non _pètit, pèser, pèler, lèver, lè livre, brèvet, cèrise, dèmander_, etc.

2. L'_é_ fermé, suivi d'un _e_ muet, se prononce très-long; il faut donc bien se garder d'intercaler dans la prononciation un _i_ ou un _y_ entre l'_é_ et l'_e_: _fumée, aimée, blâmée, levée_, etc.; prononcez _fumé, aimé, blâmé, levé_ (_é_ très-long pour le distinguer d'un _é_ isolé ou du masculin, par exemple, _fumé, aimé_, etc.); mais ne prononcez pas: _fuméïe, aiméïe, blâméïe, levéïe_.

3. _E_ pour _ai_, dans le verbe faire et ses composés; quoiqu'on écrive très-bien _je ferai, je ferais_, écrivez cependant, _faisant, nous faisons, je faisais, bienfaisant, bienfaisance_, et prononcez cet _ai_ comme un _e_ muet.

=Eau=, s. f.—_Avoir l'eau_, est une locution vicieuse; dites, _être hydropique, avoir une hydropisie_; prononcez _ô_ (_ô_ long en serrant les lèvres et non _o_, _o_ ouvert, en desserrant les lèvres.)

=Ébène=, s.—Ce mot est féminin: _ébène grise_; prononcez _ébène_ et non _ébin-ne_.

=Ébouler= (=s'=), =Écrouler= (=s'=).—La terre s'éboule; les murailles et les bâtiments s'écroulent; ne dites donc pas: _la terre s'écroula sous nos pieds_; dites, _s'éboula...._

=Écaille.=—Ne dites pas: _les écailles d'un pot, d'un vase_ (brisé); dites, _les têts_.

2. Ne dites pas: _des écailles de noix_; des _écailles d'œufs, de pois, de fèves_: dites, _des écales de noix, d'œufs_. Dites au contraire des _écailles_ et non des _écales_ de poissons.—_Brou_ est synonyme d'_écale_; _cale_ dans ce sens n'est pas français.

=Écaler, Écosser, Écorcer, Écorcher, Écailler, Peler, Éplucher.= —_Écaler_, signifie ôter l'_écale_ des noix, des œufs: _il faut écaler ces noix, ces œufs_.—_Écosser_ se dit particulièrement des pois, des fèves et de quelques autres graines: _elle écosse des fèves; vendre des pois écossés_.—_Écorcer_ veut dire ôter l'_écorce_ du bois: _on écorce le bois au printemps_ (le bois écorcé se nomme _bois pelard_.)—_Écorcher_, c'est ôter la peau d'un animal, le dépouiller: _écorcher un cheval; il s'est écorché la main_.—_Écailler_ se dit des poissons dont on ôte _les écailles_: _on n'a pas bien écaillé ce brochet_.—_Peler_, c'est ôter la peau d'un fruit: _peler une pomme, une poire; peler des pommes de terre_; la peau, que l'on a ôtée de dessus les choses qui se pèlent, se nomme _pelure_.—_Éplucher_, c'est nettoyer des herbes, des graines, etc., en ôter les ordures et ce qu'il y a de mauvais, de gâté: _éplucher des herbes, de la salade, éplucher du riz_. Il se dit aussi en parlant des étoffes, des laines, des soies, etc. et signifie en enlever ce qu'il peut y avoir de faux, de mauvais, de reprochable en quelque chose: _éplucher des draps, des laines, des soies_. (Acad.)—C'est donc une faute de dire, _éplucher des pommes de terre_, pour, _peler des pommes de terre_.

=Écarter=, signifie rejeter les cartes dont on ne veut pas se servir, comme au jeu de piquet; _faire les cartes_ ou _donner les cartes_, exprime la distribution que l'un des joueurs fait des cartes après les avoir _battues_ (et mieux _mêlées_) et lorsqu'elles ont été _coupées_: ne confondez pas ces termes.

=Échalasser=, mettre des échalas à une houblonnière, à une vigne; ne dites pas _échalader_.

=Échange= et =Change=, sont masculins: _vous n'avez pas gagné au change; vous avez fait un échange avantageux_.—Prononcez _chan-je, échan-je_ et non _chan-che, échan-che_.

=Échapper à, Échapper de.=—_Échapper à_ signifie se soustraire, se dérober à, être préservé de: _échapper à la fureur des ennemis, à la tempête, au danger, à la mort_.—_Échapper de_, signifie cesser d'être où l'on était, sortir de: _échapper des mains des ennemis, du naufrage, du feu, du danger_.

2. _Échapper_ se conjugue avec _être_, lorsqu'il se dit d'une chose dite ou faite par imprudence, par indiscrétion, par mégarde, par négligence: _à peine cette parole me fut-elle échappée que je sentis mon imprudence; son secret lui est échappé_.—_Échapper_ se conjugue avec _avoir_, quand il se dit d'une chose qu'on a oublié de dire ou de faire ou qu'on n'a pas remarquée: _ce mot, cette date, son nom m'a échappé; cette observation lui a échappé; j'ai eu beau lire attentivement, cette faute m'a échappé_.

3. _L'échapper belle_, c'est éviter heureusement un péril dont on était menacé: _tu l'as échappé belle_.

=Écharde=, petit éclat de bois, une épine, un piquant de chardon qui entre dans la chair; ne le confondez pas avec _écharpe_, bande d'étoffe.

=Échasse=, n'est guère usité qu'au pluriel; prononcez _échâce_ (_â_ long). (Acad.)

=Échauffourée=, s. f., action téméraire; écrivez et prononcez _échauffourée_ et non _échaffourée_.

=Èche.= Les mots terminés en _èche_ sont marqués d'un accent circonflexe ou d'un accent grave: _calèche, flamèche, flèche, mèche, sèche, bêche, dépêche, pêche, prêche_, etc.

=Échec=, s. m.—Faites sentir le _c_, excepté lorsqu'il s'agit du _jeu des échecs_: _tant d'échecs_ (_échek_) _ne découragent pas cet auteur_; _jouer aux échecs_ (_échè_).

=Écheveau=, s. m., assemblage de fils de chanvre, de soie, de laine, repliés en plusieurs tours, afin qu'ils ne se mêlent point: prononcez _écheveau_, et non _échefeau_.—_Échet_, pour _écheveau_, n'est pas français. Voyez _cheval_.

=Échevin.= s. m., magistrat municipal: prononcez _échevin_ et non _ej'vin_ ni _échefin_; prononcez de même _achever, cheville, cheval_, etc. Voyez _cheval_.

=Écho=, s. m., son réfléchi: prononcez _ékô_ (_ô_ long) et non _éko_ (_o_ bref).

=Éclabousser=, faire jaillir la boue; ne dites pas _esclabousser_.

=Éclair=, est masculin: _un éclair_ et non _une éclair_.

=Éclairer.=—On dit maintenant: _éclairer une personne qui descend l'escalier; éclairez monsieur; vous l'éclairez mal_; autrefois dans le même sens, on disait _éclairer à_. (Acad.)

=Écolier=: voyez _élève_.

=Écorces, Écosses=, de pois, de fèves; ces mots ne sont pas français; dites _cosses_. Voyez _écaler_.

=Écoute.=—Ne dites pas: _donner écoute aux médisances_; dites, _prêter l'oreille aux...; écouter les médisances_.

=Écran, Paravent.=—On se sert de _l'écran_ pour garantir de la chaleur du feu; _le paravent_, garantit contre le vent ou l'air extéreur. Voyez _brise-feu_.

=Écraser=, v. a., aplatir et briser; prononcez _écrâser_ (_â_ long).

=Écrémer=, v. a.: voyez _crémer_.

=Écreper, Écrepure.=—Ces mots, fort en usage dans le Hainaut, pour signifier _ratisser, ratissure_, ne sont pas français.

=Écrevisse.=—Écrivez et prononcez _écrevisse_, et non _écrévisse, écrèvisse, égrevisse_.

=Écritoire, Encrier.=—_L'écritoire_ est un petit meuble qui contient ou renferme les choses nécessaires pour écrire, encre, papier, plume, canif, etc.; ce mot est féminin: _écritoire bien garnie; une écritoire de bureau_.—Il ne faut pas confondre _l'écritoire_ avec _l'encrier_, qui est un petit vase de verre, de porcelaine, de plomb, etc., dans lequel on met uniquement l'encre: _encrier de verre, de plomb_.

=Écrivain.=—La signification la plus ordinaire, est celle d'auteur de quelque ouvrage de littérature, et dans ce sens il est toujours masculin, même lorsqu'il se dit d'une femme: _cette femme est un écrivain de mérite_. _Écrivain_ se dit plus rarement dans le sens _d'employé_, de _commis_, d'_expéditionnaire_, qui tient les écritures.

=Écrou=, s. m., trou dans lequel entre la vis; ne dites pas _égrou_.

=Écrouelles=, s. f., humeurs froides; ne dites pas _égrouelles_.

=Écrouler= (=s'=): voyez _ébouler_.

=Écuelle=, s. f., pièce de vaisselle, d'argent, d'étain, de bois, de terre, etc., qui sert le plus communément à mettre du bouillon, du potage; prononcez _ékwelle_ (_uel_ font une seule syllabe) et non _écu-elle_; prononcez de même _écuellée_, (plein une écuelle).

=Écumoire=, s. f., ustensile qui sert à écumer le bouillon, etc.; _écumette_ n'est pas français.

=Éden=, s. m., paradis terrestre; prononcez _édène_.

=Éduquer=, est un mot populaire; dites donc: _cet enfant est bien élevé_ et non _bien éduqué_.

=Effendi=, s. m., titre des fonctionnaires turcs; prononcez _éfindi_. Quelques-uns écrivent _éfendi_. (Acad.)

=Effets=, s. m. pl.—Ne dites pas: _vous allez à la promenade, ayez soin de vos effets_; dites, ayez _soin de vos habits, de vos vêtements_. Les _effets_ sont les objets, les meubles à l'usage d'une personne: _emporter ses effets_; il ne se dit pas des vêtements en particulier.

=Effort=, s. m.—Ne dites pas: _il s'est fait un effort dans les reins_; dites, _il s'est donné un tour de reins_.

=Égal, e=, adj.—Ne dites pas: _cela est égal pour moi; cela m'est tout égal_; dites, _cela m'est égal, parfaitement égal; cela m'importe peu_.

2. Ne dites pas: _voulez-vous jouer avec moi?—Cela m'est égal_; dites, _volontiers, comme vous voudrez_.

=Égaler, Égaliser.=—_Égaler_ se dit des personnes et des choses: _la mort égale tous les hommes, tous les rangs_.—_Égaliser_ ne se dit que des choses: _égaliser les lots d'un partage, un terrain_. (Acad.)

2. Lorsqu'on dit: _cinq multiplié par quatre égale vingt_, le mot _égale_ est la 3e personne du présent de l'indicatif du verbe _égaler_ et non un _adjectif_; en conséquence, il faut écrire _égale_ et non _égal_.

=Ége.=—Tous les mots terminés en _ége_ portent un accent aigu et non un accent grave, sur l'_e_ qui précède le _g_: _barége, collége, cortége, Liége, manége, piége, siége, abrége, assiége, protége_, etc.—Cependant il est généralement d'usage de prononcer ces sortes d'_é_ comme s'ils étaient marqués d'un accent grave: _barège, collège, cortège, Liège, manège_, etc.; et cet usage est fondé sur cette grande loi de la prononciation qui veut qu'une syllabe muette soit précédée d'une syllabe grave. Malgré notre respect pour l'autorité de l'Académie, nous regrettons vivement qu'elle n'ait pas adopté cette dernière orthographe, comme elle l'a fait pour les finales en _èche_ et en _êche_; nous sommes convaincu qu'elle devra un jour se déjuger, parce que l'usage est plus fort que les règles faites d'autorité.

=Éger.=—Les verbes en _éger_ conservent l'accent aigu dans tous les temps et dans toutes les personnes.

=Égnime, Égnimatique=: écrivez et prononcez _énigh-me, énigh-matique_ (_g_ dur).

=Égoïste.=—Prononcez _égoïs-te_, et non _égoïce_; prononcez de même _catéchis-te, sophis-te, pos-te, Égyp-te, pis-te, cul-te, cuis-tre, fich-tre, mons-tre, ellip-se, éclip-se_, etc.—Voyez _st_ et _finales_.

=Égratigner.=—Dites, _le chat a égratigné cet enfant_, et non, _a gratté_; dites également, _égratignure_ et non _gratte_.

=Éhonté=,—On dit aussi _déhonté_. (Acad.) Voyez ce dernier mot.

=Élaguer, Émonder.=—_Élaguer_ un arbre, en retrancher les branches superflues et nuisibles, soit à son développement, soit à la nourriture des branches fécondes.—_Émonder_ un arbre, le rendre propre et agréable à la vue, par la soustraction de tout ce qui le gâte et le défigure.

=Élancer, Élancement=: voyez _lancer, lancement_.

=Élève, Disciple, Écolier, Étudiant.=—Un _élève_ reçoit les leçons de la bouche même du maître; il se dit aussi cependant des enfants et des jeunes gens qui fréquentent une école, un collége ou qui y vivent en pension.—Le _disciple_ suit les doctrines d'un savant mort ou vivant: _les disciples de Socrate, les disciples de N. S. J.-C., les disciples de St.-Simon_.—_L'écolier_ étudie dans une école, un collége ou une pension: _il y a des écoliers qui sont mauvais élèves, et qui ne sont jamais disciples des grands écrivains_.—_L'étudiant_ suit les cours d'une université ou d'une école publique: _un étudiant en droit, en médecine_.

=Élever, Lever.=—On _lève_, en dressant ce qui est couché, en haussant; dites donc, _levez les mains, les yeux au ciel_ et non _élevez..._ On _élève_, en plaçant dans un lieu ou dans un rang plus éminent: _élever sa pensée vers le ciel_.

=Élixir=, liqueur spiritueuse, est masculin: _excellent élixir_; ne dites pas _élexir_.

=Elles=, pluriel de _elle_: _elles sont bavardes_; prononcez _elles_ et non _elses_.

2. Ne dites pas, _elle l'est si bonne_, mais _elle est si bonne_.

=Embarbouiller=, n'est pas français; dites _barbouiller_.

=Embarlificoter, Emberlificoter=, sont des expressions absurdes.

=Embarras.=—Ne dites pas: _cet homme fait bien son embarras_ ou _de ses embarras_ ou _ses embarras_; pour signifier qu'il se donne de grands airs, qu'il fait l'important; il faut dire: _cet homme fait de l'embarras_, ou _fait l'important_.

2. Ne dites pas avec les wallons: _ce n'est pas l'embarras, mais je voudrais bien le voir_; dites, _malgré cela, quoi qu'il en soit, je voudrais..._ Prononcez _ambarâ_ (_â_ long).

=Emberlucoquer= (=s'=), v. a. et pron., se coiffer d'une opinion, s'en préoccuper tellement qu'on en juge aussi mal que si on avait la berlue; ne dites pas _emberticoquer_.

=Embêter.=—Ce mot est bas et populaire; on peut le rendre par _ennuyer, fatiguer, tuer, impatienter, scier, scier le dos_: _cela m'ennuie; vous m'impatientez par vos discours; il me scie; cette affaire me scie le dos_.

=Emblaver.=—Ne dites pas: _vous emblavez toute la table_; dites, _vous embarrassez..._

=Emblève=, rivière: voyez _Amblève_.

=Embonpoint=, s. m.—Ce mot est un de ceux où, par exception, _n_ se trouve devant _p_.

=Embouchoir=, s. m., terme de bottier; c'est un instrument de bois en forme de jambe dont on se sert pour élargir les bottes, ou pour empêcher qu'elles ne se retrécissent; on dit plus communément _embauchoir_. (Acad.)

=Embouler.=—_Un écheveau de fil emboulé_, barbar.; dites, _mêlé_; _embouler_ n'est pas français.

=Embrasement=, s. m., grand incendie; prononcez _embrazement_; un _embrassement_ est l'action d'embrasser et se prononce _embracement_.

=Embrouillamini=, s. m., désordre, confusion; ce mot n'est pas français; dites _brouillamini_.

=Embûches=, s. f. pl.: voyez _tendre_.

=Éminent, Imminent=, _péril éminent, péril imminent_.—_Éminent_ donne l'idée d'un mal, d'un péril qu'on peut regarder comme très-grand, mais dont on a le temps d'examiner la grandeur; et _imminent_ donne l'idée d'un mal, d'un péril qu'on peut regarder comme présent et où le hasard nous engage; l'un s'envisage avec crainte; l'autre, avec effroi. On dira d'un malheureux qui doit expier son crime sur l'échafaud, qu'il est dans un péril _éminent_; mais d'un criminel qu'on mène au supplice ou d'un homme surpris par les voleurs, on dira qu'il est dans un péril _imminent_.

=Emmalgame, Emmouracher, Ennuiter=: écrivez et prononcez _amalgame, amouracher, anuiter_.

=Emmancher=, mettre un manche; ne dites pas _amancher_.

=Emment= (_terminaisons en_); se prononcent _a-ment_ et non _an-ment_: _prudemment, ardemment_.

=Emmurailler, Murailler=, entourer de murs, ne sont pas français; dites _murer_ ou _entourer, fermer de murs_.

=Émoluments=, s. m. pl.: voyez _gage_.

=Émoucher= _la chandelle_.—Dites _moucher la chandelle_; _émoucher_ veut dire chasser les mouches.

=Émouchettes, Épinces.=—On ne dit ni l'un ni l'autre dans le sens de _pinces, mouchettes_ (ce dernier ne s'emploie qu'au pluriel).

=Émoudre=, v. a., aiguiser sur une meule: _émoudre des couteaux, des ciseaux_; les verbes _émouler, remouler_ ne sont pas français.—Cependant on dit également bien _émouleur_ et _rémouleur_, pour désigner celui qui fait profession d'émoudre, de rémoudre, d'aiguiser les couteaux, les ciseaux. (Acad.)

=Empêche=, n'est pas français; dites _empêchement_.

=Empêché, Occupé.=—Il ne faut point confondre ces deux mots: _empêché_ se dit d'une personne qui a de l'embarras, un empêchement; _occupé_ se dit d'une personne qui a de l'occupation, qui travaille à quelque chose; ne dites donc pas: _j'ai été ce matin voir mon ami, il était empêché à rendre ses comptes; la servante est empêchée à faire le dîner_; il faut dire, _il était occupé à rendre ses comptes; la servante est occupée à faire le dîner_. Mais l'on dira bien: _s'il me vient une visite, dites que je suis empêché_, c'est-à-dire, _que j'ai de l'empêchement_.

=Empêcher.=—Ne dites pas: _Victor voulait se battre, je l'ai empêché_; dites, _je l'en ai empêché_.

2. Ne dites pas non plus: _je lui empêcherai bien de sortir_; dites, _je l'empêcherai bien de sortir_.

3. _Empêcher quelque chose à quelqu'un_, est une locution vicieuse; il faut dire, _empêcher quelqu'un de faire quelque chose_.

=Empereur=, s. m.: prononcez _emp'reur_, et non _empèreur_ ni _empéreur_.

=Emplâtre=, est masculin: _appliquer un emplâtre; quel emplâtre que cet homme-là!_ prononcez _emplâ-tre_ et non _emplâ-te_, ni _emplâ-tère_.

=Emplette=, est féminin et ne se dit que d'un achat de petits meubles ou de certaines marchandises vendues en détail: on fait emplette d'une boîte, d'un couteau et non d'une maison, de cent kilogrammes de café.

=Employé.=—Ne dites pas: _le voilà ruiné, c'est bien employé_; dites, _il le mérite bien; il a ce qu'il mérite; c'est bien fait; il paie sa faute_.

=Empocheter=, mettre en poche; dites _empocher_: _à mesure qu'il gagne de l'argent au jeu, il l'empoche_.

=Empois=, colle d'amidon, est masculin: _de l'empois épais_.

=Emporter=, v. a.—Ne dites pas: _cet élève a emporté tous les prix de sa classe_; dites, _a remporté..._

=Empresser= (=s'=), prend la prép. _à_ devant un infinitif, lorsqu'il signifie, agir avec une ardeur inquiète, se donner du mouvement pour réussir: _celui qui paraît le plus empressé à nous plaire, est plus occupé de lui que de nous_. Il prend _de_, lorsqu'il veut dire simplement _se hâter_: _s'empresser de parler; je m'empresserai de l'avertir_.

=Emprunter.=—Il prend _à_ et _de_ devant le nom de la personne qui prête, lorsqu'il signifie, demander et recevoir en prêt: _emprunter de l'argent à quelqu'un_ ou _de quelqu'un; emprunter une pensée à un auteur ou d'un auteur; emprunter un mot au latin_ ou _du latin_. Cependant, dans le sens de _tirer, recevoir, devoir à_, il prend toujours _de_: _ce raisonnement emprunte_ (tire) _de la circonstance présente une nouvelle force; la lune emprunte_ (reçoit) _sa lumière du soleil_. Voyez _prêter_.

=En.=—Ne dites pas: _en Féronstrée, en Vinave-d'Ile_, mais, _dans la rue Féronstrée, dans la rue Vinave-d'Ile_.

2. Ne dites pas: _je n'en ai qu'un de canif_; dites, _je n'ai qu'un canif_; _en_ est de trop.

3. Ne dites pas: _avoir part en l'amitié de quelqu'un_, mais, _à l'amitié de quelqu'un_.

4. Ne dites pas: _une robe garnie en argent, en or, en dentelle_, mais, _une robe garnie d'argent, d'or, de dentelle_. On dit au contraire, _une montre en or, une chaîne en argent, une fourchette en argent_ et non _une montre d'or, une chaîne, une fourchette d'argent_.

5. On dit _en l'honneur_ et non _à l'honneur_: _on fait à la paroisse une neuvaine en l'honneur de St Roch; j'ai donné un dîner en l'honneur de Pierre_.

6. Ne dites pas: _je n'irai pas à Verviers en semaine_; dites, _dans la semaine_. (Fland.)

7. Ne dites pas: _les oignons sont bons en salade_; dites, _dans la salade_, à moins que vous ne vouliez indiquer une salade faite aux oignons.

8. Ne dites pas: _fait en l'hôtel de ville_; dites, _fait à l'hôtel de ville_ ou _dans l'hôtel de ville_. On dit cependant bien, _fait en séance_ ou _en la séance de..._

9. Ne dites pas: _je l'ai rencontré en bourse, en foire_; dites, _à la bourse, à la foire_. (Fland.)

10. Ne dites pas: _cet enfant est toujours en rue_; dites, _dans la rue_.

11. Ne dites pas: _il a toujours la pipe en bouche, une canne en main_; dites, _à la bouche, à la main_.

12. Ne dites pas: _il s'ensuit de là, j'en conclus de là_; dites, _il s'ensuit, j'en conclus_ ou bien, _il suit de là, je conclus de là_.

13. Ne dites pas: _je m'en vais voir_; dites, _je vais voir_; _en_ est de trop. Ne dites pas non plus: _je me suis en allé_; dites, _je m'en suis allé_.

14. Plusieurs grammairiens prétendent qu'il faut remplacer _son, sa, ses, leur, leurs_ par l'article _le, la, les_ et le pronon _en_ lorsque l'objet possesseur et l'objet possédé se trouvent dans des propositions différentes; d'après eux, il faudrait dire: _j'ai parcouru la ville de Liége, les rues en sont belles_; et ce serait une faute de dire: _j'ai parcouru..., ses rues sont belles_.—M. l'abbé Péters (_Grammaire_, nº 325) a fait bonne justice de cette prétendue règle, et a démontré, par des exemples tirés des meilleurs auteurs, que l'on peut, dans ce cas, faire usage de l'adjectif possessif.

15. _En agir_: voyez _agir_.

=Encatharré=, n'est pas français; dites _enrhumé_.

=Encensoir=, est masculin: _un encensoir d'argent_.

=Enchifrené=, enrhumé du cerveau; _enchifrènement_, rhume de cerveau; ne dites pas, _enchiferné, enchifernement_.

=Enclos=, s. m., enceinte, espace clos: prononcez _anclô_ (_ô_ long.)

=Encoignure=, s. f., angle de deux murs; on prononce et plusieurs écrivent _encognure_ (Acad.): _on a placé une armoire dans cette encoignure_.

=Encombre=, embarras, est masculin; prononcez _encom-bre_ et non _encom-pe_ ni _encombère_.

=Encore pas=, est un barbarisme; dites _pas encore_: _avez-vous déjeuné? pas encore_ (et non _encore pas_).

2. Ne dites pas: _cela m'est encore arrivé; je l'ai encore vu_; dites, _cela m'est déjà arrivé, je l'ai déjà vu_: _encore_ n'a pas le sens de _déjà_.

3. Ne dites pas: _cette personne est encore aimable_; dites, _cette personne est assez aimable_.

4. Ne dites pas: _il est encore toujours au lit_; dites, _il est encore au lit_.

5. Ne dites pas: _j'entendis hier quelqu'un, et encore un homme d'esprit, qui soutenait cette erreur_; dites, _et même un homme d'esprit_.

=Encourir.=—Ne dites pas: _je m'encours à l'école; je m'encours pour ne pas être aperçu_; dites, _je cours à l'école; je m'enfuis pour ne pas être aperçu_.

=En débit=, n'est pas français; dites _en détail_: _ce marchand vend en gros et en détail_.

=Endêver=, avoir grand dépit de quelque chose: _il endêve de cela; faire endêver quelqu'un_: il est familier.

=Endormir=, est français dans le sens d'_engourdir_: _cette attitude forcée m'a endormi la jambe; avoir un bras endormi_.

=Endroit=, signifie le beau côté d'une étoffe, celui qui est opposé à _l'envers_: _voilà l'endroit de ce drap; quel est l'endroit?_

2. _A l'endroit de quelqu'un_, ne signifie pas, _vis-à-vis de quelqu'un_, mais, _à son égard, envers lui_: cette manière de parler à vieilli. (Acad.)

=En exprès, A l'exprès, Par exprès=: voyez _exprès_.

=Enfant=, est masculin: _cette fille est un enfant gâté; cette mère a perdu tous ses enfants_ (toutes filles); il est quelquefois féminin au singulier en parlant d'une très-jeune fille: _c'est une belle enfant; la pauvre enfant_. (Acad.) Il est encore féminin: 1º lorsque, employé comme terme d'amitié, il se dit d'une fille ou d'une femme: _ma chère enfant, ne craignez rien_; 2º dans cette phrase: _c'est une bonne enfant_, c'est-à-dire, une personne, fille ou femme, d'un caractère doux et facile. (M. l'abbé PÉTERS).

2. Ne dites pas: _j'ai levé cet enfant_, mais, _je suis parrain, marraine de cet enfant_, ou, _je l'ai tenu sur les fonts baptismaux_.

=Enfantise=, n'est pas français; dites _enfantillage_.

=Enfiler=, dans le sens de _tromper, enjôler_, est tout-à-fait populaire.

=Enfin.=—Évitez de multiplier cette expression dans une narration; ne l'employez pas non plus quand vous êtes gêné pour vous rappeler ou dire quelque chose: _enfin.... enfin..._: dans ces sortes de cas, _enfin_ n'a pas de sens.

=Enflammation, Enflammable=, ne sont pas français; il faut dire _inflammation, inflammable_.

=Enforcir=, v. a., rendre plus fort: _la bonne nourriture a enforci ce cheval; enforcir un mur_. Il ne se dit guère en parlant des personnes.

2. Il s'emploie aussi avec le pronom et signifie, devenir plus fort: _il s'enforcira; ce vin s'enforcit à la gelée_.—Il s'emploie comme neutre dans le même sens: _ce cheval enforcit tous les jours_. (Acad.)

=Enfuir= (=s'=): prononcez _enfu-ir_ et non _enfou-ir_; _enfouir_, c'est cacher sous terre. Voyez _ui_.

=Engager, S'engager=, devant un infinitif, demandent la préposition _à_: _je l'ai engagé à dîner; il s'est engagé à venir nous voir_.

=Engeler=, n'est pas français; dites _geler_: _je suis gelé de froid; le vin gèle; la Meuse est gelée_. Prononcez _geler_ et non _gèler_.

=Engelure=, s. f., est français: _avoir des engelures aux pieds, aux mains; ses engelures lui démangent beaucoup_.

=Engouer=, embarrasser le gosier: prononcez _engou-er_, et non _engou-wer_.—_Engouement_, état engoué, passion: prononcez, _engoûment_, (_oû_ long) et non _engou-wement_.

=Engrais=, s. m.—Dites, _mettre des bœufs, des moutons à l'engrais_ et non, _en graisse_ ni _sur graisse_.

=Engraisser, Graisser.=—Ces verbes correspondent respectivement aux substantifs _engrais_ et _graisse_; on doit donc dire: _engraisser une terre, un animal; cette personne a beaucoup engraissé depuis un an_;—et en se servant du verbe _graisser_: _graisser des bottes, des souliers; graisser les roues d'une voiture; graisser son linge, ses habits_.

=Engrener=, _engrenage, engrenure_; prononcez _engrener, engrenage, engrenure_, et non _engrèner, engrènage, engrènure_.

=Engueuler=, n'est pas français; on peut le rendre par _huer, accabler, poursuivre de huées, d'injures_: _il se fit huer de tout le monde; la canaille le poursuivit de ses huées_.

=Énigme=, est féminin: prononcez _énigh-me_ (_g_ dur) et non _énime, enih'me, énihe, énik_.

=En imposer=: voyez _imposer_.

=Enivrer=, _enivrant, enivrement_: prononcez _an-nivrer, an-nivrant, an-nivrement_, et non _énivrer, énivrant, énivrement_.

=Enjeu=, ce qu'on met au jeu pour commencer à jouer; ne dites pas _mettre au pot_; dites, _faire l'enjeu_.

=Enjoué=, _enjouement_: prononcez _enjou-é, enjoû-ment_ (_oû_ long) et non _enjou-wé, enjou-wement_.

=Ennemi=: prononcez _ènemi_, et non _ain-nemi_.

=Ennoblir=, v. a.: voyez _anoblir_.

=Ennui=, _ennuyer, ennuyant, ennuyeux_: prononcez _an-nui_ (_ui_ diphthongue et non _oui_); _an-nuyer, an-nuyant, en-nuyeux_.

=Ennuyant, Ennuyeux.=—_Ennuyant_, qui chagrine, qui importune ou qui contrarie actuellement, dans le moment même: _quelle soirée ennuyante; quel temps ennuyant!_

2. _Ennuyeux, euse_, signifie, qui a la qualité d'ennuyer, qui est propre à ennuyer, qui ennuie habituellement: _temps ennuyeux, livre ennuyeux; cet homme est bien ennuyeux_.

=Enorgueillir=, rendre, devenir orgueilleux; prononcez _an-norgheuillir_ et non _énorgheuillir_, ni _énorgheillir_.

=Enregistrer, Enregistrement=: prononcez _enregis'tré, enregis'treman_ et non _enrégis'tré, enrégistrement_.

=Enrouer, Enrouement=: prononcez _enrou-er, enroûment_, (_oû_ long) et non _enrou-wer, enrou-wement_. Voyez _rauque_.

=Enrouiller=, est français; mais ou dit plus ordinairement _rouiller_ (_ll_ mouillées). (Acad.): _l'humidité enrouille_ et mieux, _rouille le fer_.

=Enseigne=, est masculin, lorsqu'il désigne un grade: _un enseigne de vaisseau_; il est féminin, quand il désigne l'emblème d'un commerçant: _une belle enseigne_.

=Enseigner.=—Ne dites pas: _cet enfant a été bien enseigné_; dites, _bien instruit_; prononcez _ensei-gner, ensei-gnant, ensei-gnement_, et non _enseign'ner, enseign'nant, enseign'nement_.—Voyez _gn_.

2. _Enseigner_, dans le sens d'indiquer, faire connaître quelque chose que ce soit, est français: _enseignez-moi sa maison, enseignez-nous le chemin_.

=Enserrer=, dans le sens de _enfermer, enclore_, est vieux; ne dites pas: _j'ai enserré le chien_; dites, _... enfermé_. (Acad.) Mais on dit bien, _enserrer des fleurs_, c'est-à-dire, les mettre en serre.

=Ensevelir=: prononcez _encev'lir_ et non _encèv'lir_ ni _ensèvélir_.

=En sorte.=—Ne dites pas: _il a fait si bien en sorte qu'on lui a pardonné_; dites, _il a fait si bien qu'on lui a pardonné_.

=Ensuite=, suivi de la prép. _de_, ne s'emploie guère que dans ces deux phrases: _ensuite de cela, ensuite de quoi_ (Acad.), et dans ce cas il est préposition.

=Ensuivre= (=s'=), v. essent. pron.—Il ne se dit qu'à la 3e pers. tant du sing. que du pluriel, et s'emploie le plus souvent impersonnellement: _il s'ensuit que vous aviez tort_. L'Académie ne donne qu'un seul exemple de ce verbe à un temps composé et c'est une phrase de barreau: _le tribunal cassa la procédure et tout ce qui s'était ensuivi_. Dans le langage ordinaire, on met généralement le verbe _être_ entre la préposition _en_ et le participe _suivi_: _il s'en est suivi de grands maux; et tout ce qui s'en est suivi_.

2. _Il s'ensuit_ veut l'indicatif après lui; _il ne s'ensuit pas_, veut le subjonctif.

3. _Il s'ensuit de cela_, est un pléonasme vicieux; dites, _il s'ensuit_ ou bien _il suit de cela_.

=Entendre.=—_Entendre la raillerie_, c'est avoir le talent de railler: _peu de personnes entendent la fine et innocente raillerie_.—_Entendre raillerie_, c'est ne point s'offenser d'une raillerie: _vous entendez très-bien raillerie, quand d'autres que moi vous font la guerre sur vos petits défauts_.

2. Ne dites pas: _j'ai entendu de mon voisin que Paul vient de mourir_; dites, _j'ai appris de...; j'ai ouï dire, j'ai entendu dire..._ (Fland.) Prononcez _enten-dre_ et non _enten-te_ ni _enten-tre_ ni _entendère_.

3. _S'entend_ (et non _c'entend_, ni _sentant_) a à peu près le même sens que _c'est-à-dire, je veux dire, bien entendu_: _vous aurez tous une récompense, s'entend, ceux qui l'auront méritée_.

=En-tête=, ce qui s'écrit au-dessus d'une lettre, d'un tableau; ce mot est français et masculin: _écrire un en-tête à un tableau; écrire des en-têtes de lettres_. (BESCHERELLE.)

=Entièreté=, n'est pas français; dites, _la totalité, le tout, le montant_: _il paya le montant, le total de la dépense_ ou _toute la dépense_.—Prononcez _enti-er_ et non _entchi-er_, Voyez _ti_.

=Entre.=—L'_e_ final de _entre_ ne s'élide que dans la composition des mots devant une voyelle; on écrit _entre eux, entre elles, entre autres_ et _entr'actes, s'entr'aider, s'entr'aimer, s'entr'égorger, entr'ouvrir_, etc. Si le mot suivant commence par une consonne, on réunit les deux mots par un trait, d'union: _s'entre-déchirer, s'entre-nuire_, etc. On écrit cependant en un seul mot: _s'entremettre, s'entretenir, s'entrevoir_.

2. _Entre les deux_, médiocrement; dites, _entre-deux_: _fait-il froid? entre-deux_.

3. _Entre, Parmi._—Entre signifie _au milieu de_; c'est pour cela qu'en général il ne se dit que de deux objets ou de deux sortes d'objets: _entre eux deux; entre la crainte et l'espérance; entre les hommes et les animaux_.—_Parmi_ signifie _dans le nombre de_, et c'est pour cette raison qu'il ne s'emploie qu'avec un pluriel indéfini signifiant plus de deux ou avec un collectif: _parmi eux, parmi les élèves, parmi le peuple_.—Cependant _entre_ se dit quelquefois pour _parmi_: _entre les merveilles de la nature; il fut trouvé entre les morts; la sainte Vierge Marie est bénie entre toutes les femmes_. (Acad.)

=Entrefaites=, s. f., ne s'emploie guère qu'au pluriel et dans ces locutions adverbiales; _sur ces entrefaites, dans ces entrefaites_, pendant ce temps-là. On dit cependant quelquefois au singulier: _dans l'entrefaite, dans cette entrefaite_. (Acad.)

=Entreprendre= (=s'=).—Ne dites pas: _il vient de s'entreprendre avec son ami_; dites, _il vient d'avoir querelle_ ou _de se quereller avec son ami_.

2. On dit très-bien pourtant: _entreprendre quelqu'un_, c'est-à-dire, se mettre à le poursuivre, à le tourmenter, à le persécuter, à le railler: _si j'entreprends cet homme-là, je lui ferai voir du pays_.

=Entrer=, prend l'auxiliaire _être_; _je suis entré; nous sommes entrés_.

2. On peut dire par hypallage: _ce chapeau n'entre pas dans ma tête; enfoncer son chapeau dans sa tête; ces bas n'entrent pas dans mes jambes_. (Acad.)

=Entretemps=, est un substantif et non un adverbe: ne dites donc pas: _écrivez votre lettre, entretemps je lirai_; dites, _dans l'entre-temps je lirai_.

2. Ce mot est peu usité et ne se dit pas au pluriel. (Acad.); _entre-temps_ s'écrit avec un trait d'union.

=Envenimer=, infecter de venin, aigrir; prononcez _envenimer_ et non _envènimer, m'envénimer_.

=Envergure=, s. f., étendue des ailes; ne dites pas _enverjure_.

=Envers=, prép., à l'égard: voyez _vis-à-vis_. Prononcez _envers eux_, (_envèreux_) et non _envèrz'eu_.

=Envier, Porter envie.=—_Envier_, se dit des choses et quelquefois des personnes: _je ne lui envie point son bonheur; tout le monde l'envie_ (Acad.); _les gens en place sont ordinairement enviés_ (id.)—_Porter envie_, ne se dit que des personnes: _Caïn portait envie à Abel_.

=Environ= _six ou huit_, est un pléonasme; car _environ_ et _ou_ ont la même signification; dites, _six ou huit_, ou bien _environ six à huit_.

=En voie=: voyez _voie_.

=Envoyer.=—Ne dites pas: _j'ai envoyé ce ballot avec la diligence_; dites, _par la diligence_.

=Épais=, adj., fait au féminin _épaisse_ et non _épaise_.

=Épargner=: voyer _éviter_.

=Épaule=, s. f.: prononcez _épôle_ (_ô_ long).

=Épeautre=, espèce de blé, est masculin.

=Épellation=, s. f., action d'épeler; prononcez _épèl'lation_.

=Éperon=, (et non _épron_), s. f., fer pour piquer le cheval; prononcez _ép'ron_ et non _épéron_ ni _épèron_.

=Épidémie, Contagion.=—_Épidémie_, désigne une maladie qui se communique par l'air; _contagion_, une maladie qu'on gagne par le contact: _jusqu'à présent les médecins sont partagés sur la question de savoir si le choléra est épidémique ou contagieux_.

=Épiderme=, première peau, est _masculin_.

=Épincette=, n'est pas français; dites _pincettes_.

=Épine, Noble épine=, pour signifier un arbrisseau à fleurs blanches, n'est pas français; dites _aubépine_.

=Épion, Épionner=, sont des barbarismes; dites _espion, espionner_.

=Épisode=, action incidente liée à l'action principale, est _masculin_: _un triste épisode_; prononcez _épizo-de_, et non _épizo-te_.

=Épitaphe=, inscription de tombeau, est _féminin_: _une glorieuse épitaphe_.

=Éplucher=: voyez _écaler_.

=Époux=, s. m.—Dans la conversation, il est contraire au bon usage de dire: _mon époux, son époux; mon épouse, son épouse; sa dame, sa demoiselle_; dites, _mon mari, son mari; ma femme, sa femme; ma fille, sa fille_. Ces mots _époux, épouse, dame, demoiselle_, ne peuvent être précédés de l'adjectif possessif, sans trahir, chez les personnes qui les emploient ainsi, une éducation peu relevée.

=Équateur, Équation=: prononcez _écouateur, écouation_.

=Équerre=, est féminin: _une fausse équerre_.

=Équestre=, _équiangle, équidique, équidistant, équilatéral, équilatère, équimultiple, équipollence, équiries, équitation_: prononcez _écues-tre, écui-angle, écuidique, écuitation,..._ et non, _ekestre, ekiangle, ekidique, ekitation,..._ ni _écouestre, écouiangle, écouidique, écouitation...._

2. On ne saurait trop s'attacher dans la prononciation à bien distinguer _ui, ues_ de _oui, oues_; beaucoup de personnes, ne soupçonnant pas même cette différence, prononcent généralement et impertubablement les _ui_ comme des _oui_, et font, par exemple _enfouir_ (se cacher sous terre) de s'_enfuir_ (prendre la fuite): voyez _aiguiser_ et _ui_.

=Équinoxe=, _équinoxial, équerre, équivaloir, équivalent_; prononcez _ékinoxe, ékère, ékivaloir_, etc.

=Er= _final_.—Dans le discours soutenu, et surtout dans les vers, l'_r_ finale dans l'infinitif des verbes en _er_ se lie avec la voyelle du mot suivant; _er_ se prononce alors _ère_ et non _ére_: _aimer à jouer; folâtrer et rire_. Dans la conversation, ces sortes de liaisons seraient affectées et ridicules. (HENNEBERT.)

=Érésipèle=, tumeur inflammatoire sur la peau, est masculin, _érésipèle dartreux_; on disait autrefois _érysipèle_, ce qui est plus conforme à l'étymologie.

2. Ne dites pas _résipèle_: _mon frère à la résipèle_; ne dites pas non plus _la rose_ pour _l'érésipèle_.

=Ergot=: voyez _argot_.

=Ériger.=—Ne dites pas: _le canal a été érigé en 1850_; dites, _... creusé_.—_Ériger_, signifie _élever_: _ériger un monument, une statue_.

=Ermite=, _ermitage, erminette_ (sorte de hache): on écrit aussi, mais moins souvent, _hermite, hermitage, herminette_.

=Errer=, _errant, erratum, errata, erratique, errements; erreur, erroné_: faites sentir les deux _r_, et prononcez _er'rer, er'rant, er'ratum_, etc.

=Errière=: voyez _arrière_.

=Éruption, Irruption.=—_Éruption_, se dit de l'évacuation subite d'un liquide et de toute sortie prompte et avec efforts.

2. _Irruption_, au contraire, signifie, entrée soudaine et imprévue des ennemis dans un pays. Il faut donc dire: _le Vésuve vient de faire une éruption_; _les ennemis ont fait une irruption dans notre pays_.

=Escadre=, s. f., flotte de guerre; prononcez _escâ-dre_ (_â_ long) et non _escate_ ni _escadère_.

=Escalier.=—Ne confondez pas ce mot avec _marche, degré_: _l'escalier_ est l'ensemble des marches qui conduisent d'un étage à un autre; ne dites donc pas _monter les escaliers_, s'il ne s'agit que d'un étage; dites _monter les degrés_ ou _l'escalier_; ne prononcez pas _escayer_.

=Escarole=, s. f., espèce de chicorée à larges feuilles; on écrit aussi, mais moins souvent, _scariole_.

=Escient= (_à mon, à ton, à son_, etc.), sciemment, avec connaissance; prononcez _ècian_ et non _èci-in_.

=Esclabousser=, n'est pas français; dites _éclabousser_.

=Esclandre=, malheur avec éclat, est masculin: _il est arrivé un grand esclandre dans cette famille_. Prononcez _esclan-dre_ et non _esclante_ ni _esclandère_.

=Esclopé=, n'est pas français; dites _éclopé_ (qui marche avec peine).

=Escouer=, n'est pas français; dites _secouer_.

=Escroc=: prononcez _escrô_: _un vil escroc_. V. _c final_.

=Espace=, est masculin, excepté lorsqu'il désigne ces petites pièces de métal que, dans les imprimeries, on met entre les caractères pour séparer les mots l'un de l'autre: _un long espace de temps; mettre une forte espace entre deux mots_.

=Espadon=, s. m., épée grande et large; dites _espadon, espadonner_, et non _espadron, espadronner_.

=Espèce=: _toute espèce_, voyez _sorte_.

=Espérer, Promettre, Compter=, doivent être suivis d'un futur: voyez _compter_.

2. _Espérer_, suivi d'un infinitif, ne régit point de préposition, lorsque l'espérance paraît fondée, et il demande la préposition _de_, si l'on espère avec quelque doute: _j'espère le revoir aujourd'hui_; _peut-on espérer de vous revoir aujourd'hui?_ Voilà pourquoi avec un adverbe qui exprime la certitude, on dit: _j'espère bien partir demain_ et non _j'espère bien de partir_.—_Espérer_, à l'infinitif, suivi d'un verbe aussi à l'infinitif, régit toujours la préposition _de_, parce qu'alors l'espérance est vague, incertaine: _on m'a fait espérer de le revoir_.

=Espiègle=, adj. et subst. des deux genres; prononcez _espiè-gle_ et non _espiégle_ ni _espièk_, ni _espièguèle_; ne dites pas non plus, _un spiègle, c'est un spiègle_.

=Esquelette.=—Ne dites pas _un esquelette_, mais _un squelette_; _squelette_ est masculin.

=Esquinancie=, s. f., inflammation du gosier; on écrit aussi, mais plus rarement, _squinancie_; ne dites pas _esquilancie_.

=Essart=, s. m., =Essartage=, s. m., =Essarter=, v. a.—Ces mots figurent dans les dictionnaires de Bescherelle et de Poitevin.

2. _Essart_ se dit d'un terrain inculte, qui peut ou doit être essarté, défriché; _l'essartage_ (ou _essartement_) est l'action d'essarter, la manière d'essarter, l'effet de cette action; _essarter_, c'est défricher en arrachant les bois, les épines, etc.

3. On dit également _écobuer_ qui signifie proprement écroûter la surface du sol, et brûler sur place les tranches de gazon ainsi enlevées.—Les mots _sart, sartage, sarter, sartager_, ne sont pas français.

=Essayer=, dans le sens de _goûter, savourer, déguster_, n'est pas français: _goûtez ce vin_ (et non _essayez_); _goûtez cette viande_ (et non _essayez_).

2. _Essayer_, devant un infinitif, prend la préposition _à_, lorsqu'il signifie _s'exercer à_: _un enfant essaie à marcher_; dans les autres acceptions, il prend _de_: _j'ai essayé de le persuader_.—_S'essayer_ veut toujours la préposition _à_: _s'essayer à nager_.

3. _Essayer_, signifiant tâcher, faire ses efforts, demande un régime indirect: _essayez-y_ (et non _essayez-le_); _je ne sais si j'en viendrai à bout; je n'y ai pas essayé_ (et non _je ne l'ai pas essayé_).

=Est=, s. m., Orient: on prononce le _t_: _es-te_.

=Est-ce.=—Ne dites pas: _plus savant est-on, plus est-ce qu'on aime l'étude; plus vous en dites, moins est-ce qu'on vous croit_; dites, _plus on est savant, plus on aime l'étude; plus vous en dites, moins on vous croit_.

=Estaminet=, _Café chez Hubert_; c'est une mauvaise locution; dites, _estaminet, café tenu par Hubert_ ou bien simplement, _estaminet-Hubert, café-Hubert_.

=Estoc=, s. m., longue épée ancienne; ne dites pas: _frapper de stoc et de taille_, mais, _d'estoc et de taille_; prononcez _estok_.

=Estomac=, s. m.—Prononcez _estoma_ et non _estomak_.

2. Ne confondez pas _estomac_ avec _poitrine_: _il a une large poitrine; je lui ai frappé sur la poitrine_ (et non _estomac_); _estomac_ ne se dit que de la poche qui sert à digérer et qui se trouve au-dessous du thorax ou de la poitrine proprement dite.

=Estomaquer=, ne s'emploie que _pronominalement_, et signifie se tenir offensé de ce qu'une personne a dit ou fait, _s'en formaliser_; mais il ne signifie jamais _surprendre, stupéfier, interdire_, comme dans l'idiome wallon: _il s'est estomaqué (formalisé) de ce que je ne lui ai pas rendu sa visite assez tôt; il n'a pas sujet de s'en estomaquer;—je fus bien surpris de sa réponse; cette nouvelle l'a stupéfié_ (et non _estomaqué_).

=Estompe=, s. f.; _dessin à l'estompe_; ne dites pas _estombe_.

=Étable=, est féminin: prononcez _éta-ble_.

=Étal, Étau.=—Un _étal_, est une sorte de table chez les bouchers; plur. _étaux_;—un _étau_, est une machine de serrurier, à tenir, à serrer les objets que l'on travaille; plur. _étaux_.

=Étiquet=, n'est pas français; dites _étiquettes_.

=Étiqueter=: on ne double jamais le _t_: _les apothicaires étiquètent leurs fioles_. (Acad.)

=Étisie= et =Phthisie=, _étique_ et _phtisique_, se disent indifféremment; cependant on dit plus ordinairement _phthisie_ que _étisie_, et _étique_ que _phthisique_.

=Étonner.=—Il faut dire: _je m'étonne, je suis étonné que..._ et non, _ça m'étonne que..._

2. Ne dites pas: _je m'étonne ce qu'il a pu faire; je m'étonne s'il a fait sa besogne_; dites, _je suis curieux de savoir, je désire vivement savoir_, etc.

=Étouffe, Touffe=, pour _étouffant_, sont des barbarismes: _il fait étouffant, on étouffe de chaleur_, et non, _il fait touffe, étouffe_.

=Être=, v. s.: prononcez _ê-tre_ et non _ê-te_ ni _êtère_.

2. Ne dites pas: _cela est-il à votre goût_; dites, _cela est-il de votre goût?_

3. _Être chaud, être froid_, au lieu de _avoir chaud, avoir froid_, sont des flandricismes.

4. _Être en voie, chasser quelqu'un en voie, jeter quelque chose en voie_, sont des wallonismes: dites _être parti; chasser quelqu'un; jeter quelque chose_: voyez _voie_.

5. _Être fâché à quelqu'un ou sur quelqu'un_; dites, _être fâché contre quelqu'un_. (Wall.)

6. _Être gagné_, pour _avoir gagné_: ne dites pas, si vous avez gagné au jeu, _je suis gagné_; dites, _j'ai gagné_.

7. _Être perdu_: ne dites pas: _vous avez mal joué, vous êtes perdu_; dites, _vous avez perdu_.

8. _Être quitte d'une chose_, pour _avoir perdu cette chose_.—_Être quitte de..._, ne se dit que d'une chose que l'on est bien aise de ne plus avoir: _je suis quitte de la fièvre_. Mais quand on regrette une chose, on ne peut pas dire qu'on en est quitte. Bien des gens disent abusivement: _je suis quitte de mon enfant_, pour dire: _il est mort_;—_je suis quitte de ma montre, de mon parapluie_, pour, _ma montre m'a été volée, j'ai perdu mon parapluie_.

9. _Être vice d'une personne, d'une chose_, pour, _en être dégoûté_:—_ne soyez pas dégoûté_ (et non _vice_) _de moi, buvez hardiment dans mon verre_. (Fland.)

10. Ne dites pas: _est-ce là votre livre? oui, c'est lui_; dites, _oui, ce l'est_, ou bien _c'est mon livre_.

11. Ne dites pas: _sont-ce là vos parents? oui, ce les sont_; dites, _oui, ce sont eux_; ne dites pas: _sont-ce là vos nièces? oui ce les sont_; dites, _oui, ce sont elles_. Quand on parle de choses inanimées, on doit répondre: _ce l'est, ce les sont_; mais il faut répondre: _c'est lui, c'est elle, ce sont eux, ce sont elles_, quand on parle de personnes.

12. Ne dites pas: _vous savez ce qui en est_; dites, _ce qu'il en est_.

13. Ne dites pas: _où est l'affaire; où sont les actions du chemin de fer?_ dites, _où en est l'affaire, où en sont les actions...?_

14. Ne dites pas: _nous sommes à trois; ils sont leurs deux_; dites, _nous sommes trois, ils sont deux_.

15. Ne dites pas: _six et six sont douze_, mais, _font douze_.

16. Ne dites pas: _c'est à vous à qui je parle_; dites, _c'est à vous que je parle_.

17. _Je fus_, se dit très-bien pour _j'allai_: voyez _aller_.

18. _C'est à vous, c'est à vous de_: voyez _à_.

19. _Être à la campagne, en campagne_: voyez _campagne_.

=Étudiant=, s. m., se dit de celui qui suit les cours d'une université ou d'une école publique: _un étudiant en droit, en médecine; il y a beaucoup d'étudiants à cette université_. Il ne se dit pas pour les _élèves_ d'une école, d'un collége. Voyez _élève_.

=Étudier.=—Ne dites pas: _mon fils étudie avocat_ ou _l'avocat_; dites, _étudie le droit_ ou _pour être avocat_.

=Étuve, Poêle.=—Une _étuve_ est un lieu clos dont on élève assez la température pour faire transpirer; un _poêle_ (ou _poile_) est un fourneau de fonte, de tôle, etc., à l'aide duquel on échauffe les chambres, escaliers, etc.; ne dites donc pas: _j'ai fait mettre une étuve dans ma chambre_; dites, _... un poêle_.

=Eucharistie=, _eucologe, Eugène, Eulalie, Euphémie, euphémisme, Euphrate, Europe, Eustache, Euterpe_, etc.: prononcez _eu_ et non _u_ ni _é_; _Europe_ et non _Urope_, ni _Erope_, ni _Eurôpe_.

=Eux=: prononcez _eû_, et non _eûce_.

=Évaluer=,(_u-er_ et non _u-wer_) et _estimer_, devant ou après un nom de nombre, ou un adverbe de quantité, peuvent être accompagnés de la préposition _à_ ou employés sans préposition: _à combien_ ou _combien a-t-on évalué votre maison? sa propriété fut évaluée cent mille francs_ ou _à cent mille francs; cette terre a été évaluée tant_ ou _à tant_.

=Évangile=, est masculin: _le saint Évangile; le premier, le dernier Évangile..._

=Éventaire=, s. m., plateau d'osier sur lequel sont placés les noix, les légumes, etc., que vendent certains marchands en parcourant les rues. Ne confondez pas ce mot avec _inventaire_, état détaillé des meubles, des marchandises, etc.

=Évêque=: prononcez _évêque_, (_ê_ long).

=Évier=, s. m., pierre d'une cuisine, d'où s'écoulent les eaux; ne dites pas _levier_ ni _lévier_ ni _pierre à relaver_; on dit pourtant _pierre à laver_.

=Éviter, Épargner.=—_Éviter_ ne veut pas dire épargner; ne dites donc pas: _je vous éviterai cette peine; je veux vous éviter ce désagrément_; dites, _je vous épargnerai cette peine; je veux vous épargner ce désagrément_, (littéralement, _je vous ferai éviter, je veux vous faire éviter_;—mais ce n'est pas moi qui éviterai, c'est vous qui devez éviter).

=Évoquer, Invoquer=: voyez _invoquer_.

=Ex.=—Cette particule, dans la composition de certains mots, se prononce toujours _eks_: _ex-ministre, ex-législateur_, il faut se garder de prononcer _èce_ ni _ek_: voyez _x_.

=Exact=, adj.: prononcez _èkzak-te_, et non _èkza_, ni _èkzak_.

=Examen=, s. m.: prononcez _ègzamin_; quelques-uns disent _ègzamène_.

2. Ne dites pas: _j'ai fait mes examens à Liége_; dites, _j'ai subi, j'ai passé mes examens..._

=Excellent=, n'admet ni comparatif, ni superlatif; ne dites donc pas _plus excellent, très-excellent_.

=Excepté=, _passé, supposé, y compris, vu, approuvé_ et quelques autres participes, employés sans auxiliaire, s'accordent avec le substantif qui les précède _immédiatement_, parce qu'on sous-entend l'auxiliaire _être_: _mes amis_ (étant) _exceptés; cette époque_ (étant) _passée; ces faits_ (étant) _supposés; cette somme y_ (étant) _comprise; les pièces_ (ayant été) _vues et approuvées_.—Mais ils sont invariables, quand le substantif les suit immédiatement, parce qu'alors on sous-entend l'auxiliaire _avoir_: _excepté mes amis; passé cette époque; supposé ces faits; y compris cette somme; vu et approuvé l'écriture ci-dessus; reçu cent francs_; c'est-à-dire, _ayant excepté_ mes amis; _ayant passé_ cette époque; _ayant supposé_ ces faits; _y ayant compris_ cette somme; _j'ai vu et j'ai approuvé_ l'écriture ci-dessus; _j'ai reçu_ cent francs.

=Excessivement=, adv.—Ne dites pas, _excessivement beau, joli, agréable_; dites, _extrêmement_.—_Excessivement_, est l'adverbe d'_excessif_, et ne peut s'appliquer à une qualité qu'on regarde actuellement comme bonne.

=Exclu=, part. passé de _exclure_, fait au féminin _exclue_ et non _excluse_: prononcez _eks'-clu, eks'-clure_, etc. et non _esclu, esclure_.

=Excusable, Inexcusable=: voyez _impardonnable_.

=Excuse.=—On dit: _je vous fais excuse, je vous fais bien excuse, je vous en fais mille excuses_, ou _je vous demande pardon_; mais, _demander excuse_, est une locution vicieuse.—Prononcez _ègs'-cu-ze_ et non _es-cuze_, ni _ègs'cuce_; prononcez de même _excuser, excusable_, etc.

=Exemple.=—Ce mot est masculin, excepté lorsqu'il désigne un modèle d'écriture; dans ce dernier cas, il est masculin et féminin, mais l'Académie semble préférer le masculin: _vous avez un bel exemple devant les yeux; son maître de calligraphie lui donne tous les jours de nouveaux exemples_.

2. On dit très-bien: _suivre_ ou _imiter l'exemple de quelqu'un_; _suivez son exemple; imiter l'exemple, la conduite de quelqu'un_. (Acad.) Prononcez _egzam-ple_ et non _ekçample_ ni _egzampe_ ni _egzampelle_: prononcez de même _exemplaire, exempt, exempter, exemption, exorde_.

=Exempt, Exempter, Exemption=: le _p_ ne se prononce pas dans les deux premiers, mais il se fait sentir dans le dernier: _exemp'tion_.

=Exigu=, _exil, exhaler, exhalaison, exeat, exequatur, exarchat_: prononcez _èg'zigu, èg'zile, èg'zaler, èg'zéat_ (_x_ douce) et non _èg'cigu, èg'cile, èg'çaler, èg'céat_.

=Exorde=, commencement d'un discours, est _masculin_: _cet exorde est trop long_.

=Expert=, _expertiser, expliquer, explication, explicite, exprès, expressément, exploiter, expédient, expirer, exposer, exterminer, extravagant, expérience, explosion, exploit, extérieur, extraire, extrait_, etc.: prononcez _èkspert, èkspliquer, èksplication_, etc. en faisant sentir l'_x_ et non simplement une _s, espert, espliquer, esplication, esprès, esploit, estravagant_, etc.

=Expirer=, v. n., signifiant mourir, et _passer_, dans le sens de _être admis_, prennent toujours _avoir_: _dès qu'il eut expiré_ (Acad.); _ce mot a passé dans notre langue_. (Acad.)—Voyez _Auxiliaire_.

=Explicitement, Explicite=: voyez _implicitement_.

=Exporter, Exportation=: voyez _importer_.

=Exprès, Expressément.=—On entend assez souvent confondre ces deux adverbes, et cependant ils sont loin d'avoir le même sens. _Exprès_ veut dire _à dessein_ et _expressément_ signifie _formellement, explicitement_, au moyen d'expressions claires, en toutes lettres: _il le fait exprès_ (et non expressément) _pour me fâcher_; _il a fait bâtir cet appartement exprès pour ses amis_; _il est venu exprès, tout exprès_ (et non _expressément_) _pour demander cette place_;—_cela est énoncé expressément_ (en toutes lettres) _dans le contrat_; _je lui avais commandé, défendu expressément_ (clairement) _de faire telle chose_.

2. _A l'exprès, en exprès, par exprès_, sont des barbarismes; dites simplement _exprès_ et prononcez _ègs'prè_ et non _es'prè_.

F

=F.=—Quand elle est finale, elle se prononce presque toujours, même devant une consonne: _vif désir, soif brûlante, un bœuf très-maigre, une soif ardente_, etc. Il faut en excepter quelques mots, tels que _clef_ dont l'_f_ ne se prononce ni au singulier ni au pluriel; _œuf frais_ (_eû_), _œuf dur_ (_eû_), _nerf-de-bœuf_ (_nèr-de-beufe_); _cerf-volant_ (_cère_), _cerf-dix-cors_ (_cèr_), _chef-d'œuvre_ (_chè_), _bœuf-gras_ (_beû_). Le mot _neuf_ forme aussi une exception: voyez ce mot.

2. Les flamands doivent se garder de prononcer _f_ finale ou la syllabe _fe_ comme _v_ ou _ve_: _un parafe_ et non _un parave_; _un bref_ et non _un brève_; _un if_ (arbre) et non _ive_; _une griffe_ (ongle crochu) et non _une grive_ (oiseau); _ce cheval piaffe_ et non _piave_; _piaffement_ et non _piavement_.

=Fabricant=, s. m.—Quelques-uns écrivent _fabriquant_ (Acad.) Il nous semble que l'on doit réserver cette seconde orthographe pour le participe présent du verbe _fabriquer_: _un fabricant d'étoffes; un ouvrier fabriquant des étoffes_.

2. Le subst. _fabricant_ n'a pas de correspondant féminin; ne dites donc pas: _Madame N., fabricante de corsets_; dites, _faiseuse de corsets_.

=Fabricien= et =Fabricier=: on dit plus ordinairement _marguillier_ (_marguillier_ et non _margueiller_).

=Face=, se dit du visage entier et ne doit pas s'employer comme synonyme de _joue_: _une face de carême; avoir une grosse face, une face rubiconde;—avoir une fluxion à la joue; joue droite, joue gauche_.

2. Ne dites pas: _en face le palais_, mais _en face du palais_. —Prononcez _face_ et non _faze_.

=Facétie=, s. f., plaisanterie: prononcez _facécie_;—_ti_ se prononce également _ci_ dans les dérivés _facétieux, facétieusement_.

=Fâcher.=—On doit dire; _se fâcher, être fâché contre_ quelqu'un et non _à, sur_, ou _après quelqu'un_: _il est horriblement fâché contre vous_ et non _à vous, sur vous, après vous_; _je me suis fâché contre lui_ (et non _sur lui, après lui, à lui_). Prononcez _fâcher_ (_â_ long) et non _facher_ (_a_ bref).

=Facile.=—Ne dites pas: _j'ai facile, j'ai bien facile; vous avez bien facile; j'ai facile d'apprendre mes leçons; vous avez facile de faire ce problème_; mais dites: _il m'est facile, c'est bien facile, cela m'est bien facile, bien aisé; cela vous est bien facile, bien aisé; vous avez de la facilité pour apprendre vos leçons_ ou _vous apprenez facilement vos leçons; vous ferez facilement ce problème_, etc., ou une autre tournure;—mais _avoir facile, avoir difficile_, sont des locutions véritablement wallonnes et qu'il faut proscrire du langage correct. Voyez _difficile_.

=Façon=, s. f.: voyez _compliment_.

=Façonneur, Façonneux=, qui fait trop de façons; ces mots ne sont pas français; dites _façonnier_: _que vous êtes façonnier; cette femme est trop façonnière_.

=Fac-simile=, s. m., imitation parfaite; prononcez _fac-similé_: au pluriel, des _fac-simile_ (invar.)

=Facteur.=—Ne dites pas _le porteur de lettres_, mais _le facteur de la poste_ ou simplement, _le facteur_.

=Factieux=, adj., séditieux; prononcez _fac-cieux_; _ti_ se prononce de même dans _faction, factionnaire_.

=Factotum=, s. m., qui se mèle de tout; prononcez _factôtome_: on prononçait autrefois _factoton_.

=Factum=, s. m., mémoire pour un procès; prononcez _factome_.

=Faculté=, s. m.; ne dites pas _fagulté_.

=Faible=, adj.: ce mot et ses dérivés s'écrivaient autrefois _foible_; l'Académie a adopté exclusivement _faible, faiblesse, faiblir_, etc. Prononcez _fè-ble_ et non _fèpe_ ni _fèbelle_.

2. _Faible, fort_.—_Cela est faible, cela est fort_, sont des exclamations dont les flamands abusent et qu'il faut rendre presque toujours par un équivalent.—_Cela est fort_, est français dans certains cas et se dit d'une chose qui étonne désagréablement, qui paraît extraordinaire, ou difficile à croire: _cela est fort, paraît fort; voilà qui est fort_.—_Cela est faible_ pour exprimer le contraire de, _cela est fort_, ou pour signifier que tel propos qu'on vous tient ou telle réponse qu'on vous fait, ou telle action dont on vous parle, n'a pas grande importance ou est blâmable: dans ces diverses acceptions cette locution n'est pas française.

3. Ne dites pas non plus: _cette viande est faible_ pour signifier, qu'elle a peu de goût; dites, _cette viande est fade_.

=Faiblir=, _tomber faible_.—Ne dites pas: _cette femme est tombée faible, a faibli à l'église_; dites, _s'est trouvée mal, est tombée en faiblesse, en syncope, en pamoison; s'est évanouie; il lui a pris une faiblesse; elle est tombée en faiblesse_.

=Faïence, Faïencier, Faïencerie=: on écrivait autrefois _fayence, fayencier, fayencerie_.

=Faillir.=—Devant un infinitif il demande _à_ ou _de_, mais _de_ est plus en usage: _j'ai failli de tomber, à tomber; j'ai failli de l'oublier, à l'oublier; cet événement faillit de retarder, à retarder notre départ_. Néanmoins on supprime souvent toute préposition, surtout dans le langage familier: _il faillit être assassiné; il a failli nous arriver un malheur_.

=Faim=, s. f.—_Si_ et _très_ ne peuvent modifier des substantifs, et par conséquent ne peuvent se placer devant _faim, soif, peur_; ne dites donc pas: _j'ai si faim, si soif; très-faim, très-soif_, etc.; dites, _j'ai grand'faim, grand'soif; fort faim, fort soif; mourir de faim, avoir une faim dévorante_, etc. Voyez _très_ et _si_.

=Faîne=, s. f.: prononcez _fène_ et non _fa-ïne_: _de l'huile de faîne, ramasser des faînes_.

=Fainéant, e=, subst.—Ne dites pas _fainiant_, ni _féniant_, ni _fègnant_.

=Faire.=—Ne dites pas à table: _j'ai bien fait_, pour signifier que vous n'avez plus d'appétit: dites, _j'ai assez mangé, je n'ai plus besoin de rien_.

2. Ne dites pas: _deux et deux fait quatre_, mais, _font quatre_.

3. Faire _avec_.—Ne dites pas pour inviter quelqu'un à partager votre repas: _voulez-vous faire avec nous_; dites, _voulez-vous partager notre repas; voulez-vous dîner, manger avec nous; voulez-vous prendre un verre de vin?_

4. Ne dites pas non plus pour inviter quelqu'un à se mettre de la partie: _voulez-vous faire avec?_ dites, _voulez-vous être des nôtres, venir avec nous, faire la partie avec nous?_

5. _Faire dans_ telle ou telle chose pour, _faire le commerce_ de telle ou telle chose, est une locution vicieuse; ne dites pas: _il fait dans le papier, dans les draps_; dites, _il fait le commerce du papier, des draps; il vend du papier, des draps_, etc. (Wall.)

6. Ne dites pas: _cela ne me fait de rien_; dites, _cela ne me fait rien, m'importe peu, ne m'importe guère, m'est bien égal_.

7. Ne dites pas: _je ne fais rien qui ne soit de faire_; dites, _qui soit blâmable, condamnable, répréhensible_.

8. Ne dites pas: _ça je fais, ça je ne fais pas_; dites, _je fais ça et je ne fais pas ça_. (Fland.)

9. Ne dites pas: _j'ai fait mes trois cafés ce soir_; dites, _j'ai été dans trois cafés_, ou bien, _dans mes trois cafés_, si c'est affaire d'habitude.

10. _Faire tourmenter_, est un wallonisme; ne dites pas: _mon camarade me fait tourmenter_; dites simplement, _me tourmente_:—_faire tourmenter_ signifierait charger quelqu'un de tourmenter, comme, _faire battre, faire rendre_. (Wall.)

11. _Faire_ pour _rendre_.—Ne dites pas: _l'oisiveté nous fait vicieux; la vertu nous fait aimables_; dites, _l'oisiveté nous rend vicieux; la vertu nous rend aimables_.

12. Ne dites pas: _je ne sais quoi faire, je ne sais quoi dire, quoi répondre_; dites, _je ne sais que faire, que dire, que répondre_.

13. Ne dites pas: _je ne sais que faire avec cela_; dites, _je ne sais que faire de cela_.

14. Ne dites pas: _vous êtes dans l'embarras, savez-vous ce que vous faites_ ou _ce que vous fassiez_; dites, _savez-vous ce qu'il faut faire_.

15. _Faire la messe, lire la messe_, pour, _dire la messe, célébrer la messe_ est un flandricisme.—_faire une messe_ se dit d'un musicien qui compose une messe.

16. _Faire une somme_, pour, _faire une addition_, etc.; ne dites pas: _faites-moi cette somme_; dites, _faites-moi cette addition, cette soustraction_, etc.

17. _Se faire._—Ne dites pas: _il s'est fait fatigué; vous vous ferez malade_; dites, _il s'est fatigué; vous vous rendrez malade_.

18. _Il fait._—Ne dites pas: _il fait beau de se promener_; dites, _il fait beau pour se promener_.

19. _Faire_, se met souvent pour un autre verbe qu'on ne peut pas répéter: _cet homme n'aime pas tant le jeu qu'il faisait_ (et non _qu'il le faisait_); _nous nous entretînmes de cette nouvelle, comme nous aurions fait de toute autre_ (et non _comme nous l'aurions fait_) (Acad.)

20. _Ne faire que, ne faire que de_.—_Ne faire que_, marque ou une action fréquemment répétée: _cet enfant ne fait qu'aller et venir_; ou une action instantanée: _attendez-moi, je ne fais qu'aller et revenir_, c'est-à-dire, je vais et reviens en un moment.—_Ne faire que de_, marque une action qui vient d'avoir lieu: _il ne fait que d'arriver_, c'est-à-dire, _il vient d'arriver_.

21. _Faire excuse._—Voyez _excuse_.

22. On dit, _avoir affaire_ et non _à faire_ à quelqu'un: _avoir affaire à plus fort que soi; si vous ne vous corrigez pas, vous aurez affaire à moi_. Voyez _affaire_.

23. _Faire les cartes._—Voyez _écarter_.

24. _Se faire prêtre, religieux_, pour, embrasser l'état ecelésiastique ou religieux, sont des expressions françaises.

25. L'Académie écrit, _faisant, nous faisons, je faisais_, ainsi que les dérivés _faisable, bienfaisant, bienfaisance, contrefaisant_; mais il faut prononcer _ai_ comme si ces mots étaient écrits avec un _e_: _fesant, nous fesons, je fesais, fesable, bienfesant, bienfesance, contrefesant_. Il faut donc condamner l'orthographe que Voltaire avait mise à la mode et d'après laquelle on écrivait, _fesant, je fesais, bienfesance_, etc. Voyez _e pour ai_.

26. _Fait-à-fait, à fait, fait et à mesure_.—Ces expressions ne sont pas françaises; il faut dire, _à mesure, au fur et à mesure, à fur et mesure, successivement, tour-à-tour_:—_on vous paiera à mesure que vous travaillerez; vous n'avez qu'à travailler et on vous paiera à mesure; travaillez, vous serez payé au fur et à mesure, à fur et mesure; vous serez payé à mesure de votre travail_. Il faut préférer _à mesure_, à _au fur et à mesure, fur et mesure_.

27. _Être au fait, mettre au fait, se mettre au fait_, c'est-à-dire être bien instruit de, s'instruire de... sont des expressions françaises: _quand vous serez au fait de votre métier; cette jeune fille est bien au fait du ménage; il se fut bientôt mis au fait de son nouvel emploi_.

28. _Au fait._—Ne dites pas: _au fait de la comète, je vais vous conter une histoire_; dites, _à propos de la comète...._

29. Ne dites pas non plus: _c'est au fait de rire, de plaisanter_, etc.; dites, _c'est pour rire, c'est pour plaisanter_.

=Faisan=, (coq sauvage), _faisandeau, faisanderie, faiseur_ (ouvrier): prononcez _fesan, fesandeau, fesanderie, feseur_.

=Fait=, s. m.—Dans _voies de fait_, (violences) prononcez _fête_.

=Falloir=, v. n.—Ne dites pas: _voilà ce qui nous faut, ce qui nous fallait_; dites, _ce qu'il nous faut, ce qu'il nous fallait_.

2. Ne dites pas: _il faut mieux étudier que jouer_; dites, _il vaut mieux..._

=Fameux=, adj., renommé, célèbre, insigne dans son genre: _fameux orateur, siège fameux, fameux voleur; c'est un fameux imbécile; voilà une fameuse bêtise_.

2. Les wallons abusent de ce mot en l'appliquant à des choses d'une importance médiocre; ainsi ils diront: _c'est un fameux, vous êtes un fameux_, etc., au lieu de: _c'est un espiègle, vous êtes un original_, etc.;—_on nous a servi un fameux jambon_, (ou _un terrible jambon_); dites, _un grand, un très-grand, un énorme jambon_.

3. Ne dites pas non plus: _goûtez-moi ce vin.—Fameux!_ dites, _excellent, délicieux_.—_Vin fameux_, pour _vin renommé_, est trivial.

=Faner=, v. a., signifie étendre l'herbe pour la faire sécher: _faner le foin_.—_Faner_ ne peut pas s'employer neutralement; ne dites pas: _ces fleurs commencent à faner_; dites, _... à se faner_.

=Fange=, s. f.—Beaucoup de wallons désignent, fort improprement, par ce mot une grande étendue de terrain inculte et couvert de bruyère; le mot _fange_ a une tout autre signification. Traduisez par _bruyère, lande_, ou même par _fagne_ qui figure dans quelques dictionnaires.

=Faon=, (petit d'une biche), _faonner_: prononcez _fan, faner_.

=Faquin=, est un terme de mépris qui signifie, homme de rien, qui fait des actions basses: _ce n'est qu'un faquin; on l'a traité comme un faquin; c'est un métier de faquin_: _fieffé faquin_.—Il ne faut donc pas employer ce mot dans le sens de, _freluquet, coquet, pimpant, élégant_: _il était extrêmement pimpant; vous voilà bien pimpant aujourd'hui; faire le pimpant_; etc.

=Farce=, se dit des actions qui ont quelque chose de plaisant, de bouffon ou de ridicule: _faire une farce, des farces; faire une farce à quelqu'un; une bonne farce; quelle farce! il nous a donné la farce; c'est une farce que cela; c'est une vraie farce_. (Acad.)—_Faire ses farces_ (expression populaire), c'est se divertir d'une manière bouffonne: ces _jeunes gens font leurs farces, ont fait leurs farces_. (Acad.)

2. _Farceur_, se dit d'un homme qui fait des bouffonneries, qui est dans l'habitude d'en faire: _un farceur insipide_. (Acad.)—Il suit de là que les mots français _farce_ et _farceur_ ne correspondent pas exactement aux mots wallons _farce_ et _farceur_; ceux-ci en effet ont une acception un peu détournée et se disent ordinairement d'un _tour_, d'une _plaisanterie_, d'une _mystification_, d'une _espièglerie_: _cet écolier ne pense qu'à jouer des tours; je lui ai joué un bon tour; on m'a fait une méchante plaisanterie; vous avez fait là une dangereuse espièglerie_.

3. Rendez le mot _farceur_ par _plaisant, qui aime les tours, espiègle_, etc., selon le sens.

4. Ne dites pas _farce_ pour _farceur_: _cet homme est farceur; oh! que c'est farce!_ Cependant ce mot peut se dire des choses: _une action farce, une parole farce, un maintien farce_. (BESCHERELLE.)

5. Le verbe _farcer_, faire une farce, figure dans les dictionnaires de Bescherelle et de Poitevin.

=Fashion= (mode), =Fashionable= (à la mode), mots anglais: prononcez _fachion, fachionable_; néanmoins plusieurs prononcent _fassion, fassionnable_.

=Fastes=, s. m. pluriel, histoire; ce mot est masculin: _les fastes glorieux de l'empire_.

=Fat=, adj., impertinent; prononcez _fate_.

=Fatal, ale=, adj.—Le pluriel est _fatals_, mais il est peu usité.

=Faubourg.=—Prononcez _fôbour_.—_Bourg final_, ne fait pas entendre le _g; Limbourg, Luxembourg, Cobourg_; tandis que _bourg_, gros village, se prononce _bourke_.

=Faubourien, ienne=, adj. et s., homme du faubourg ou qui appartient au faubourg; ne dites pas _faubourier_, ni _faubourtier_.

=Faute.=—Ne dites pas: _c'est de ma faute, si tu as perdu ton procès_; dites, _c'est ma faute_ ou _c'est à moi la faute, si_, etc.

2. Ne dites pas non plus: _une faute d'attention_; il faut dire, _une faute d'inattention_ ou simplement, _une inattention, une inadvertance_: _c'est une inadvertance; pardonnez-lui ses inadvertances; c'est une pure inattention, une faute d'inattention_.—On dira très-bien au contraire: _cet élève s'est trompé faute d'attention_ (l'attention lui a fait défaut).

=Faux=, s. f., instrument d'agriculture: _la faux du temps_.—On écrivait autrefois _faulx_.

=Faux, fausse=, adj.—Une _fausse corde_ est une corde qui n'est pas au son voulu; une _corde fausse_ est celle qui donne toujours un son faux.

2. Une _fausse porte_ est une porte ignorée des importuns; une _porte fausse_ est une porte figurée.

3. Un _faux jour_ est un jour mauvais pour un tableau; un _jour faux_ est un jour mal distribué dans le tableau.

=Féconder, Fécond=, etc.: prononcez _fékonder, fékond_, etc., et non _fégonder, fégond_.

=Femme.=—_Ma femme, mon mari_; voyez _époux_.

=Fenaison=, s. f., action de couper le foin; temps où on le coupe: on dit aussi, mais moins souvent, _fanaison_: _pendant la fanaison_; on dit également _fanage_ et _fauchaison_.

=Fénelon=, n. pr.—On écrit et on prononce communément aujourd'hui en France, _Fénelon_ et non _Fénélon_.

=Fenêtre, Croisée=: voyez _croisée_.

=Fenil=, s. m., lieu où l'on serre le foin; prononcez _fenile_.

=Fer à cheval, fer de cheval.=—On dit _fer à cheval_, quand il s'agit d'une table, d'un escalier ou de tout autre objet qui a la forme d'un fer qu'on met sous le pied d'un cheval: _préparez une table de 30 couverts et disposez-la en fer à cheval_.—On dit _fer de cheval_, quand il s'agit du fer même qu'on met au pied du cheval.

=Férir=, v. déf., frapper; vieux mot qui n'est plus usité que dans cette locution: _sans coup férir_.

=Ferlaté=, falsifié; dites _frelaté_: _du vin frelaté_.

=Ferraille, Ferrure, Ferronnerie.=—Le premier se dit collectivement d'une certaine quantité de vieux morceaux de fer usés ou rouillés: _ce n'est que de la ferraille; vendeur de vieille ferraille_.—_Ferrure_ signifie garniture de fer: _ferrure d'une porte; ferrure bien faite; la ferrure de ces roues n'est pas assez forte; la ferrure d'un vaisseau; les ferrures d'un gouvernail_.—_Ferronnerie_, s'emploie pour désigner les ouvrages de fer en général;—le marchand qui vend de la ferronnerie prend le nom de _ferronnier_: _acheter des chenets chez un ferronnier_.

=Ferré= ou =Ferret=, perche munie d'un crochet de fer, à deux branches, l'une droite et l'autre courbe, dont on se sert pour pousser une barque; ces mots ne sont pas français; dites _gaffe_: _pousser la barque au large avec la gaffe_.

=Fertin=, menu poisson ou choses de peu de valeur; dites _fretin_.

=Fesser=, ne signifie pas _clisser, entrelacer, ficeler_; vous direz donc: _une bouteille clissée_, et non _... fessée_.

=Festival=, s. m., grande fête musicale: le pluriel est _festivals_.

=Feu.=—Ne dites pas: _le feu est dehors_, ou _est déteint_; dites, _est éteint_.

2. Ne dites pas: _il y a eu feu_, ou _le feu cette nuit-ci_; dites, _il y a eu un incendie_.

3. =Feu, Feue.= adj.—_Feu_ s'accorde avec son substantif, lorsqu'il le précède _immédiatement_: _la feue reine, sa feue tante_; mais il reste invariable, quand il en est séparé par l'_article_ ou par un _adjectif possessif_: _feu la reine, feu sa tante_.

=Fève=, s. f., =Féverole=, s. f.: prononcez _fè-ve, fé-v'role_ et non _fè-fe, fé-f'role_.

=Fiacre=, s. m., voiture de place; prononcez _fia-cre_ (_ia_ diphth.) et non _fiaque, fiakère_.

=Fibre=, filament délié des chairs, des plantes, est _féminin_: _la fibre charnue, les fibres ligneuses_. Prononcez _fi-bre_ et non _fi-pe_ ni _fibère_.

=Ficelle=, s. f.—Ne dites pas; _cet homme est un peu ficelle_; dites, _est sujet à caution, est un fripon, un friponneau_.

=Ficher.=—Ne dites pas, _je m'en fiche_; dites, _je ne m'en soucie pas, je m'en moque_: _ficher_, dans ce sens, n'est pas français.

2. Ne dites pas non plus: _il lui a fiché_ ou _fichu un soufflet_; dites, _il lui a donné, appliqué, administré un soufflet_.

=Fichu, ue=, est un terme de mépris, bas et populaire, dont on ne doit pas se servir: _voilà un fichu compliment_.

=Fief=, s. m., domaine noble: prononcez _fièfe_.

=Fiente=, s. m., excrément de bête: prononcez _fiante_ (_ian_ diphth.)

=Fier, ère.= adj. hautain.—_Fier homme_ (iron.), homme de peu de mérite;—_homme fier_, qui a de la fierté.—Prononcez le masc. _fier_ comme le fém. _fière_.

=Fier=, v., commettre à la fidélité: prononcez _fié, confié, défié, méfié_ (_ié_ diphth.)

2. Ne dites pas: _cet homme n'est pas à fier_ (flandr.); dites, _cet homme n'est pas sûr, ne mérite pas confiance_; ou bien, _on ne peut pas se fier à cet homme_.

=Fièvre=, s. f.—Ne dites pas: _j'ai eu les fièvres_; dites _j'ai eu la fièvre_. Prononcez _fiè-vre_ et non _fiévre_ ni _fiè-fe_ ni _fièvère_.

=Fignoler=, v. n., faire l'élégant; ce mot est populaire.

=Figue= (_faire la_), mépriser quelqu'un, le braver, le défier, se moquer de lui: _il fait la figue à tous ses ennemis_. (Acad.)

=Fil=, de lin, de soie, etc.; prononcez _file_ (_l_ non mouillée).

2. _Fil d'arka_: écrivez et prononcez _fil d'archal_.

=Filial, ale=, adj.—Il n'y a point d'exemple du pluriel dans l'Académie: _respect filial, piété filiale_. Des grammairiens lui donnent le pluriel _filials_; Boinvilliers a dit, _des sentiments filiaux_.

=Fille=, s. f., _filleul, fillette_: mouillez les _il_, et ne dites pas _file, fileul, filette_.—Il en est de même de: _anguille, bastille, camomille, cédille, charmille, chenille, cheville, coquille, esquille, étrille, famille, faucille, goupille, grille, guenille, lentille, pacotille, pastille, peccadille, quille, roquille, souquenille, vanille, vétille, vrille_, etc. Voyez _époux_ et _demoiselle_.

=Filosenne=, est un mot wallon qui se traduit par _cordon, cordon de coton, cordon de soie_.—_Filoselle_, dont on serait peut-être tenté de se servir, est un substantif féminin qui sert à désigner une espèce de grosse soie ou de fleuret, provenant de la bourre de la bonne soie et des cocons de rebut: _des bas de filoselle_;—comme on le voit, _filoselle_ n'est pas du tout le _filosenne_ wallon.

=Filou=, n'a pas de féminin; ne dites donc pas _filoute_.

=Fils=, s. m.—Quoique les grammairiens ne soient pas d'accord, nous pensons qu'il faut prononcer _fice_ même devant une consonne; _le repentir est fils de la vertu_.

=Fin.=—Ne dites pas: _vous avez pris la bille trop fine_; dites, _... trop fin_.

=Finales= (_syllabes, lettres_).—Nous ne saurions trop appeler l'attention des professeurs et des élèves sur la nécessité de bien prononcer les lettres et syllabes finales des mots. Les flamands aussi bien que les wallons ont à se mettre en garde contre plusieurs fautes; les premiers adoucissent généralement les fortes, tandis que les derniers renforcent les douces: les _f_, les _p_, les _k_, les _ch_, les _t_ deviendront des _v_, des _b_, des _g_, des _d_ dans la bouche d'un flamand; tandis que les wallons sont portés à faire des _f_, des _k_, des _ch_, des _p_, des _t_, là où il n'y a que des _v_, des _g_, des _b_, des _d_: donnons quelques exemples: un flamand prononcera _parave_ pour _parafe_; _attague_ pour _attaque_; _vage_ pour _vache_; _une pombe_ pour _une pompe_; _il écoude_ pour _il écoute_. Le wallon à son tour dira: _brafe_ pour _brave_; _fromache_ pour _fromage_; _une blaque_ pour _une blague_; _une bompe_ pour _une bombe_; _la bisse_ pour _la bise_, etc.—Ces défauts de prononciation, outre qu'ils prêtent au ridicule, donnent toujours une pauvre idée de l'éducation de celui qui n'a pas su s'en corriger; les professeurs donc ne sauraient y veiller de trop près, d'abord en prêchant d'exemple, et ensuite en se montrant d'une sévérité inexorable à l'encontre de ces défauts de prononciation de terroir.

2. Les wallons ont également beaucoup de peine à bien faire sentir les deux consonnes de certains mots, comme: _est, ouest, tact, contact, lest, exact, infect, casque, secte, texte, prétexte, mixte, reste, il résulte, il inculque, liste, moraliste, burlesque, kiosque_, etc.; généralement, ils négligent la dernière consonne et prononcent: _esse, ouesse, take, contake, lesse, exake, infèke, casse, sèke, texe, mixe, resse_, etc.

3. Il y a d'autres finales que les wallons et les flamands ne prononcent pas mieux: ce sont les _ble_, les _ple_, les _gle_, les _dre_, les _tre_, etc.—Supposons les mots: _aimable, exemple, règle, vendre, ventre_, etc.: un flamand prononcera _aimabèle, exempèle, règuèle, vendère, ventère_, tandis qu'un wallon dira, _aimape, exempe, rèke, vente, vente_.—Ces vices de prononciation, pourtant si communs même chez les personnes les plus instruites, proviennent en très-grande partie de ce que les instituteurs et les professeurs n'ont pas assez exercé, n'ont pas brisé leurs élèves à la bonne prononciation. Nous recommandons beaucoup, comme un moyen de se corriger de ces sortes de défauts, la lecture ou la déclamation faite en commun et à haute voix; deux jeunes gens, vraiment désireux de se défaire de cette rouille de naissance ou de terroir, se réunissent: l'un fait la lecture et l'autre exerce charitablement l'office de censeur, mais d'un censeur impitoyable; et nous leur garantissons qu'en peu de temps ils parviendront à se faire une prononciation correcte.—Il y a encore d'autres finales que les wallons ou les flamands massacrent sans pitié: nous avons eu soin de les signaler en leur lieu et place.

4. _Final, ale_, adj., qui finit, qui termine.—L'Académie ne donne point d'exemple du pluriel masculin; de bons grammairiens disent _finals_.—Ce mot s'emploie substantivement, au féminin, pour signifier la dernière syllabe d'un mot: _la finale de ce mot est longue_.

5. _Finale_, terme de musique, morceau d'ensemble qui termine un opéra, un chœur, etc.; il est _masculin_: _il y a du brio dans ce finale_.

=Finalement=, signifie la même chose qu'_enfin_; ne dites donc pas, _enfin finalement_; un seul de ces mots suffit.—Ne dites pas non plus, _en fin finale_.

=Finard=, adj., fin, rusé dans les petites choses; ce mot n'est pas français; dites, _finaud, finaude_;—ce dernier mot est familier et ne se dit qu'en mauvaise part; il se prend aussi substantivement.

=Finaud, e=, qui est fin, rusé dans de petites choses: _c'est un finaud_.—_Finard_ n'est pas français: voyez ce mot.

=Finir.=—Ne dites pas: _je suis fini_, pour exprimer que vous avez gagné: dites, _j'ai fini_.

2. _C'est fini avec moi_, disent les flamands, lorsqu'ils se croient sur le point de mourir; dites, _c'est fini de moi, c'est fait de moi_.

3. Ne dites pas: _Nous avions fini avec lui_; dites, _nous en avions fini avec lui; je suis pressé d'en finir avec cet homme_.

4. Ne dites pas: _la fête finit avec un feu d'artifice_; dites, _... par un feu d'artifice_.

5. _Finir_, devant un infinitif, demande la préposition _de_: _avez-vous fini de parler_ et non _à parler?_

=Fisc=, s. m., trésor de l'État; prononcez _fis'que_.

=Fiscal, ale=, adj.; le pluriel est _fiscaux_: _droits fiscaux_. (Acad.)

=Fixement=, adv., d'une manière fixe: _regarder fixement_:—prononcez et écrivez _fixement_ et non _fixément_.

=Fixer=, signifie _arrêter, attacher_; jamais il ne veut dire _regarder quelqu'un_ ou _regarder fixement_; dites, dans ce sens, _fixer les yeux, la vue, ses regards sur quelqu'un_ ou _quelque chose_; ne dites pas: _il nous a longtemps fixés_; dites, _il nous a longtemps regardés_ ou _regardés fixement; il a longtemps fixé les yeux sur nous_, et mieux, _il a eu longtemps les yeux fixés sur nous_.

2. _Fixer les regards de quelqu'un_, c'est devenir l'objet de son attention.

=Flairer, Fleurer.=—_Flairer_, c'est sentir par l'odorat: _flairez cette rose_.—_Fleurer_, c'est répandre une odeur: _cela fleure bon_.—_Flairer_ ne signifie jamais _puer_. (Wall.)

=Flamber=, v. n., jeter de la flamme; ne dites pas _flammer_ ni _blamer_.

=Flanquer=, dans le sens de _jeter, lancer_, est français, mais populaire: _flanquer un soufflet, un coup de poing, une assiette à la tête de quelqu'un_. (Acad.)

=Flegme=, s. m., sang-froid; prononcez _fleghme_ en faisant sentir un _g_ dur.—Ne dites pas: _il est flegme_, mais, _... flegmatique...._

=Fleuraison=, s. f., le développement et l'épanouissement des fleurs; l'époque où les plantes fleurissent; l'état des plantes en fleur. L'Académie donne aussi le mot _floraison_, et renvoie à _fleuraison_.—Quoi qu'il en soit, le mot _floraison_ nous paraît être aujourd'hui plus usité que _fleuraison_.

=Fleur de lis=: voyez _lis_.

=Fleur d'orange.=—Quoique, à la rigueur, on peut dire _fleur d'oranger_, la première expression est pourtant reçue et consacrée par l'Académie: un médecin, un pharmacien pourront néanmoins dire _fleur d'oranger_, mais dans le style ordinaire et dans le style de la conversation, on dit _fleur d'orange_.

2. Le mot _fleur_ seul, ne signifie pas _farine_; dites donc, _allez m'acheter une livre de fleur de farine_; et non, _... une livre de fleur_.

=Fleurir.=—Au propre, il signifie, _être en fleur_: _les pêchers fleurissaient déjà, lorsque la gelée est survenue; les prés fleurissants, les plaines fleurissantes_.—Employé au figuré, c'est-à-dire, lorsqu'il signifie, _être dans un état de prospérité, de splendeur; être en crédit, en honneur, en réputation_, il fait _florissant, florissante_; _les lettres étaient alors très-florissantes_. Lorsqu'on parle d'une personne ou d'une collection de personnes, comme d'une ville, d'un peuple, d'un état, il fait toujours _florissait_ à l'imparfait de l'indicatif: _Athènes florissait sous Périclès; ces empires florissaient alors_.—Mais quand on parle de choses, il fait _fleurissait_ et _florissait_: _les sciences fleurissaient_ ou _florissaient sous le règne de ce prince_. (Acad.)

=Flic-Flac=, bruit de plusieurs coups de fouet, de plusieurs soufflets donnés coup sur coup.

=Floche= pour signifier _houppe, gland_, n'est pas français; _il a un gland à son bonnet_ et non, _... une floche_.

=Floquet=, mot wallon; dites _nœud, boucle_: _nouer à boucles; un beau nœud_.

=Flouer, Floueur, Flouerie=, sont des termes populaires: dites plutôt _tromper, trompeur, tromperie; duper, dupeur, duperie_, etc.

=Fluide=, adj., qui coule aisément; prononcez _flui-de_ (_ui_ diphth.) et non _flu-ide_ ni _flu-wide_, ni _fluite_.

=Flume= ou =Flimme=, humeurs que l'on jette en crachant; ce mot n'est pas français; dites _flegme, crachat_.

=Flux=, s. m., mouvement de la mer, dévoiement; prononcez _flu_, l'_x_, dans _flux_ et _reflux_, ne se prononce pas devant une consonne et il prend le son de _z_ devant une voyelle: _le flux_ (_z_) _et le reflux de la mer_.

=Foible=: voyez _faible_.

=Foie=, viscère, est masculin: _pâté de foie gras_; prononcez _foî_ et non _foye_.

=Fois.=—Ne dites pas: _une fois pour tout_, mais, _une fois pour toutes_.

2. Ne dites pas: _je lui avais dit ça l'autre fois_; dites, _l'autre jour_.

3. Ne dites pas: _toutes fois qu'il vient, je m'en vais_; dites, _toutes les fois_ ou _chaque fois qu'il vient_.

4. _De fois à autres_, de temps en temps, est une locution française.

5. Les flamands emploient très-mal l'expression _une fois; dites une fois, venez une fois, laissez-moi voir une fois_, etc.—Il faut absolument bannir ce flandricisme du langage correct et le supprimer entièrement, ou bien, lorsque le sens le permet, le rendre par _ça! donc, un peu_: _ça! dites-moi, venez-donc, laissez-moi voir un peu_.—Il en est de même du mot _seulement_ que les flamands emploient si souvent d'une manière impropre et à peu près dans le même sens qu'_une fois_: _courez seulement, aidez-moi seulement_; etc. Remplacez ce ridicule _seulement_ par le mot que le sens vous indiquera, comme _çà, donc, un peu_, etc.

=Foison=, s. f., ne prend pas l'article et n'a point de pluriel: _il y aura foison de fruits cette année_;—on l'emploie aussi comme adverbe, précédé de la préposition _à_: _il y a de tout à foison_. Prononcez _foizon_ et non _foisson_.

=Folio=, s. m.; mot emprunté du latin et qui signifie feuillet: _folio 4, au folio 20_.—On appelle _folio recto_ ou simplement _recto_, la première page du feuillet, et _folio verso_ ou simplement _verso_, le revers ou la seconde page;—au pluriel _folios_.

2. _In-folio_, se dit du format d'un livre où la feuille est pliée en deux: _saint Thomas a écrit vingt volumes in-folio_; au pluriel _des in-folio_.

=Foncer=, v. a.—Ne dites pas, _foncer une porte_; dites, _enfoncer une porte_: _foncer_, c'est mettre un fond: _foncer un tonneau_.

=Fond, Fonds, Fonts.=—_Fond_ s'écrit sans _s_ toutes les fois qu'il signifie l'endroit le plus bas, le plus intérieur, le plus éloigné de l'entrée, de l'abord, de l'ouverture d'une chose creuse; _le fond d'un puits, d'un tonneau, d'un sac, d'un abîme, d'une boutique, d'un cachot, d'une haie, d'un port; le fond d'un chapeau, d'un coffre_.—_Fond_ (sans _s_) se dit aussi d'un terrain considéré surtout par rapport à son degré de fermeté, à sa qualité, à sa composition: _bâtir sur un fond peu solide; vous avez choisi là un bien mauvais fond; un fond d'argile_.—_Fond_, en parlant d'étoffes, signifie la première ou la plus basse tissure sur laquelle on a fait quelque dessin ou quelque ouvrage; il se dit aussi de l'étoffe même sur laquelle on brode, du champ sur lequel les figures d'un tableau sont peintes, des plans plus reculés d'un tableau: _velours à fond d'or, broderie sur fond de satin; un paysage sert de fond au tableau_.—Au figuré, _fond_ signifie ce qu'il y a d'essentiel dans une chose, et il est opposé à l'accessoire, à l'apparence, à la forme: _le fond d'une doctrine, le fond d'un ouvrage, le fond d'une histoire, le fond d'un procès, un fond de raison, la forme l'emporte sur le fond_.

2. _Fonds_ (avec une _s_) signifie le sol d'une terre, d'un champ, d'un héritage, somme d'argent plus ou moins considérable: _cultiver un fonds, bâtir sur son fonds, sur le fonds d'autrui; le fonds de la banque; fonds social; bailleur de fonds; être en fonds; les fonds publics; le fonds_ (le capital) _et le revenu; fonds de commerce; fonds de magasin_.—Au figuré, on le dit de la capacité, du savoir, de l'esprit, de la probité: cet _homme a un fonds de vertu, un grand fonds d'esprit_.—_Biens-fonds_ se dit des biens immeubles.—_Le fonds et le très-fonds_, c'est le fonds (le sol, la propriété, etc.) et tout ce qui en dépend: on écrit aussi _tréfonds_.

3. _Fonts_, s. m. pluriel (on ne prononce ni le _t_ ni l'_s_): c'est le bassin où l'on conserve l'eau dont le prêtre se sert pour baptiser: _les fonts baptismaux; tenir un enfant sur les fonts_.

=Fondation=, s. f., =Fondement=, s. m.—_Fondation_ signifie l'ensemble des ouvrages nécessaires pour asseoir les fondements d'un édifice; on l'emploie ordinairement au pluriel. Les fondations d'un édifice comprennent l'excavation du terrain, et, lorsqu'il est nécessaire, le pilotis à établir pour affermir le sol: _faire les fondations d'un bâtiment_. L'Académie fait remarquer que ce mot s'emploie quelquefois _abusivement_ pour les fondements mêmes.—_Fondation_ signifie encore _le fossé_, la tranchée qu'on fait pour y placer des fondements: _creuser la fondation, les fondations_.—_Fondement_ se dit quelquefois au pluriel du fossé que l'on creuse pour commencer à bâtir; cependant, le mot _fondation_ est préférable dans ce sens.—_Fondement_ signifie encore, et c'est là son acception ordinaire, la maçonnerie qui sert de base à un édifice, à une construction, et qui se fait dans la terre jusqu'au rez-de-chaussée; il s'emploie surtout au pluriel: _poser, jeter les fondements d'un édifice_. (Acad.)

=Force=, s. f.—Ne dites pas: _il y avait force de monde_; dites, _beaucoup de monde_.

2. Ne dites pas: _il a force d'argent, force de bijoux, force d'amis_; retranchez _de_ et dites, _force argent, force bijoux, force amis_.

3. _De force que._—Ne dites pas: _elle est tombée de force qu'elle riait_; dites, _elle est tombée à force de rire_. On peut aussi remplacer _de force que_ par _tant_, comme dans ces phrases: _il a fallu me porter, tant j'étais faible; il tremblait de tous ses membres, tant il avait peur_ (et non _de force que j'étais faible_ ou _qu'il avait peur_.)

=Forceps=, s. m., instrument de chirurgie: prononcez _forcep-ce_, en faisant sentir le _p_ et l'_s_.

=Forcer.=—Ne dites pas: _on lui a forcé de se taire_; dites, _on l'a forcé de se taire_; _forcer_ est un verbe actif.

2. Ne dites pas: _il fut forcé malgré lui_; dites simplement, _il fut forcé_, car c'est toujours malgré soi qu'on est forcé.

3. _Forcer_, suivi d'un infinitif, prend la préposition _à_ ou _de_: _il fut forcé de partir; on le força à signer_. (Acad.)

=Forcettes=, n'est pas français; dites _forceps_.

=Format=, _d'un livre_: voyez _in-douze_.

=Fort.=—_Cela est fort_, Flandr.:—voyez _faible_.

2. _Fort en_ et _fort sur_. On dit: _cet élève est fort sur la philosophie, sur l'histoire; elle est très-forte sur le piano, sur la harpe_; mais on dit: _il est fort aux échecs, au piquet_. (Acad.)

3. _Fort_ (_se faire_).—Dans l'expression verbale _se faire fort_, c'est-à-dire, s'engager à quelque chose, _fort_ est toujours invariable: _elle se fait fort de l'obtenir; ils se faisaient fort d'une chose qui ne dépendait pas d'eux_. (Acad.)

4. _Il est fort et hardi_:—ne prononcez pas _for-té hardi_ mais _for-é hardi_.—Dans _fort_, adj., le _t_ ne se lie pas avec la voyelle qui suit; il en est de même des mots en _ard, ord, ort_, comme _hasard, abord, port, sort, mort_, etc.; et des verbes terminés en _ert, ort_.—Mais le _t_ final de _fort_ adverbe, se lie avec le mot suivant dont il détermine le sens: _homme fort habile, fort incommode, fort à l'aise_.

=Fortement=, adv.—Ne dites pas: _il pleut fortement, il gèle fortement_; dites, _il pleut fort, il gèle fort_.

2. Ne dites pas: _sa perte sera fortement ressentie_; dites, _sera vivement ressentie_, parce qu'il s'agit ici d'un sentiment; _fortement_ (avec énergie, _au figuré_) ne se dit en effet que de l'_esprit_ et non _du cœur_: _c'est un ouvrage fortement pensé; il a parlé fortement_. (Acad.)

=Fortifier=, v. ac.—Ne dites pas: _cet enfant a beaucoup fortifié depuis un an_; dites, _s'est beaucoup fortifié_.

=Fortuné=, adj., signifie _heureux_; c'est à tort donc que quelques-uns l'emploient dans le sens de riche, qui a de la fortune: _un homme fortuné_; dites, _un homme riche_ ou _qui a de la fortune_.

=Forum=, s. m., place où le peuple discutait les affaires publiques à Rome: prononcez _forome_.

=Fosse=, s. f.—Ne dites pas: _il a la fosse au menton_; dites, _... la fossette..._

=Fou=, signifie quelquefois, excessif, prodigieux: _il y avait à la fête un monde fou; un luxe fou; il en demandait un prix fou_ (et non _de fou_).

=Foudre=, est _masculin_, lorsqu'il désigne, 1º une certaine représentation de la foudre: _les armes de l'empire français sont un aigle tenant un foudre dans ses serres_; 2º une grande tonne propre à contenir les liquides: _le célèbre foudre d'Heidelberg_: et dans les deux expressions suivantes: _un foudre de guerre_, un grand capitaine, comme Napoléon 1er; _un foudre d'éloquence_, un grand orateur, comme Bossuet.—Il est _féminin_, quand il désigne le tonnerre: _être frappé de la foudre; la foudre sillonne les nues_. Cependant, dans ce sens, il est quelquefois masculin en poésie et dans le style soutenu: _être frappé du foudre; expirer sous les foudres vengeurs_. (M. l'abbé Péters, _Grammaire_.)—Prononcez _fou-dre_ et non _fou-de, fou-te_ ni _foudère_.

=Fouet, Fouetter=: prononcez _fouè, fouèter_.

=Fouine=, s. f., grosse belette: prononcez _fouine_ (_oui_ diphth.) et non _fou-ine_ ni _fouwine_.

=Fouir=, signifie creuser la terre avec un instrument: _il faut fouir bien avant pour trouver de l'eau dans cet endroit_.—Mais si l'on veut parler du travail du sanglier, du cochon, de la taupe, etc., on se sert du verbe _fouiller_: _les sangliers, les cochons fouillent; la taupe a fouillé là_.—Enfin on dira _bècher_, et non _fouir_, un jardin, une terre.—Prononcez _fou-ir_ et non _fou-wir_.

=Fourche= (_à la_), négligemment, grossièrement; cette locution est française: _cela est fait à la fourche_.

=Fourchu.=—Ne dites pas: _pied fourchu_, mais _pied fourché_, pied fendu en deux; on dit aussi _chemin fourché_ quand il se divise en deux.—_Fourchu_ a le même sens, mais il ne s'emploie que dans certaines locutions comme _menton fourchu, barbe fourchue, faire l'arbre fourchu_ (mettre la tête en bas, les pieds en haut, écartés l'un de l'autre.)

=Fourmille.=—Ne dites pas: _une fourmille d'enfants_, pour indiquer un grand nombre d'enfants; dites, _une fourmilière d'enfants, une marmaille d'enfants_.

=Fournil=, s. m., lieu où est le four; prononcez _fourni_.

=Fouter= (=se=), est un terme ignoble et sévèrement proscrit; les auteurs par pudeur dissimulent ce mot par la lettre initiale suivie de points suspensifs: _f....._

=Frac=, redingotte, est masculin: _un beau frac_; prononcez _fraque_.

=Fragment=, s. m., morceau: prononcez le _g_ dur.

=Fraîchir=, ne signifie pas _mouiller_: _il craint de se mouiller_ (et non _de se fraîchir_) _les pieds_.

=Frais=, féminin _fraîche_ (il faut se garder de dire _fraîche_ au masculin).—Ce mot signifie, _un peu froid, récent, non salé, brillant, vigoureux_: _il fait froid en hiver; il fait frais dans les belles nuits d'été; un vent frais_ (un peu froid); _une nuit fraîche; avoir les mains fraîches_ (froides); _du pain frais_ (nouveau); _du porc frais_ (non salé); _mettre des fleurs dans un vase avec de l'eau pour les tenir fraîches; ce vieillard est encore très-frais_ (vigoureux).

2. _Frais_, ne peut pas s'employer dans le sens de _mouillé, trempé, humide_: _je suis mouillé_ (et non _frais_) _comme un canard_; _il est tout trempé_ (et non _frais_) _de sueur_; _il a pleuré, il a encore les yeux tout humides_ (et non _tout frais_); _la terre est encore tout humide_ (et non _toute fraîche_). (Wall.)

3. _Faire frais_, signifie faire un peu froid et non _faire humide, faire mouillé_.—Ne dites jamais _frisse_ pour _frais_: _frisse_ est wallon.

=Fraisil=, s. m., cendre du charbon de terre dans une forge: prononcez _fraisi_ et non _fraisile_.

=Franc=, adj., ne peut pas s'employer dans le sens de hardi, effronté, qui a de l'assurance; ne dites donc pas: _ce déclamateur est franc devant le public_; dites, _ce déclamateur a de l'assurance_, etc.

2. Un _franc menteur_ est un menteur avéré; un _homme franc_ est un homme sincère.

3. _Franc de port._—Dans cette expression, l'adjectif _franc_, est invariable, quand il précède le substantif qu'il modifie: _vous recevrez franc de port_ (franco) _la lettre que je vous envoie_. Il s'accorde, quand il vient après ce substantif: _la lettre que j'ai reçue était franche de port_.

4. Le _c_ de _franc_ ne se prononce que devant une voyelle: _un franc animal_ (fran-k'animal).

5. _Franc_, s. m.—Ne dites pas: _un franc et demi, un franc et quart_; dites, _un franc et cinquante centimes, un franc et vingt-cinq centimes_.

=Frangipane=, s. f., sorte de pâtisserie; écrivez et prononcez _frangipane_ et non _franchipane_.

=Frappant neuf.=—Ne dites pas, _un habit tout frappant neuf_, mais, _tout battant neuf_.

=Frayeux=, pour _coûteux, dispendieux, dépensier_, n'est pas français: _les voyages sont coûteux_ (et non _frayeux_); _une femme très-dépensière_ (et non _très-frayeuse_).

=Fredaine=, s. f.—Écrivez et prononcez _fredaine_ et non _frèdaine_, ni _ferdaine_.

=Freluquet=, s. m., damoiseau;—écrivez et prononcez _freluquet_ et non _fréluquet_ ni _ferluquet_.

=Frères=, _consanguins, utérins, germains_: voyez _germain_.

=Fret=, s. m., louage d'un vaisseau; prononcez _frète_.

=Friand=, de, adj., qui aime la chère fine et délicate: prononcez _fri-an_ et non _fri-ian_.

2. _Friand, Gourmand_, adj.—_Friand_ se dit de celui qui aime, recherche, connaît et savoure les morceaux délicats.—Le _gourmand_ aime à faire bonne chère; le _glouton_ et le _goinfre_ semblent, dans leur voracité, vouloir tout engloutir dans leur estomac.

=Fricandeau.=—C'est du veau lardé; ne dites pas, un _frécandeau_.

=Fricassée=, ne se dit que des viandes fricassées: _manger d'une fricassée de poulets; une fricassée de pieds de mouton_.—_Fricassée_, dans le sens que les wallons lui donnent, c'est-à-dire _du lard ou du jambon cuit dans la poêle avec des œufs battus_, se rend en français par le mot _omelette_.

=Fricasser, Frire.=—_Fricasser_, c'est faire cuire dans la poêle, dans une casserole, etc., quelque chose après l'avoir coupé par morceaux: _fricasser des poulets, des navets, des carottes, des pommes de terre_, etc.

2. _Frire_, c'est faire cuire dans une poêle avec du beurre roux ou du sain-doux ou de l'huile: _frire des œufs, des côtelettes; le beurre frit dans la poêle; poisson frit, artichauts frits, pommes de terre frites_.

=Fricot=, signifie ragoût, viande fricassée, toute sorte de mets, régal, bon repas, etc., mais il est populaire.

=Frileux, euse=, adj.: _les vieillards sont frileux_; ne dites pas _frilieux_ ni _fruleux_.

=Frimousse=, s. f., mine, visage: _quelle frimousse!_—Ce terme est méprisant et populaire.

=Fringale=, s. f.—Ce mot n'est pas français; dites _faim canine_.

=Friper=, dans le sens de manger avec avidité, goulûment, est français, mais il est bas.

=Frisquin= (_saint_), tout ce qu'on possède: on doit dire _frusquin, saint-frusquin, saint-crepin_: _il a perdu tout son frusquin, son saint-frusquin; perdre son saint-crepin; porter tout son saint-crepin_;—_saint-frusquin_ se dit principalement de l'argent et des nippes et _saint-crepin_, de la fortune en général.—Écrivez et prononcez _crepin_ et non _crépin_ ni _crespin_.

=Froc=, s. m., habit de moine: prononcez _froke_.

=Froid.=—On ne dit pas _avoir froid_ (ou _avoir chaud_) _des pieds, des mains_, etc.; on ne dit pas non plus _avoir froid_ (ou _avoir chaud_) _les pieds, les mains_, etc.;—on doit dire: _avoir froid_ (ou _avoir chaud_) _aux pieds, aux mains_, etc. Par conséquent on doit dire en parlant des mains, des pieds, etc.: _j'y ai eu froid_ (ou _chaud_) et non _j'en ai eu froid_.

2. Ne dites pas: _j'ai gagné un froid qui me fait tousser_; dites, _j'ai gagné un rhume; je suis pris, j'ai été pris, saisi d'une fraîcheur, d'un rhume, d'un refroidissement_.

3. _Froid_ (_battre_), v. n., est français et signifie recevoir une proposition d'une manière à faire voir qu'on n'est pas disposé à l'accepter.

4. _Faire froid_, et plus souvent, _battre froid à quelqu'un_, c'est le recevoir avec moins d'empressement, avec un visage moins ouvert qu'à l'ordinaire. (Acad.)

=Froidir=, v. n. et pronom., devenir froid: _il a laissé froidir son dîner_: ce mot est vieux, on dit plutôt _refroidir, se refroidir_.

=Froidure, froideur, froid.= _Froidure_ se dit uniquement du froid répandu dans l'air: _j'ai supporté la froidure des climats_.—_Froideur_ s'emploie toujours au figuré et signifie indifférence, insensibilité: _je n'ai pu endurer la froideur des grands_.—Beaucoup de personnes emploient abusivement ces expressions pour le mot _froid_.

=Fromage.=—Dites _un fromage d'Edam_ (espèce de fromage de Hollande fabriqué à Edam) et non _fromage de dames_.—Prononcez _froma-ge_ et non _froma-che_.

=Frugale, ale=, adj., qui vit de peu; ce mot n'a pas de pluriel masculin (Acad.)—Quelques grammairiens disent _frugals_, d'autres, _frugaux_. Cette dernière forme serait préférable, si le plur. masc. devenait nécessaire.

=Fruit=, s. m.—On ne dit pas: _manger un fruit_, mais, _manger du fruit_.—Ne dites pas non plus: _il lui a donné un fruit pour son goûter_; dites, _il lui a donné du fruit_ ou bien, _il lui a donné une pomme, une poire, un raisin_.

=Fumé.=—Ne dites pas, _de la viande enfumée, un jambon enfumé_, mais, _de la viande fumée, un jambon fumé_.

=Funéraire=, adj.—Ne dites pas: _un service funéraire, un service mortuaire_; dites, _un service funèbre_.

2. _Funèbre_, est un adjectif propre à dépeindre tout ce qui accompagne les funérailles, et par extension tout ce qui a un air de mort: _pompe, appareil, honneurs, ornements, chant, convoi funèbres; images funèbres; oiseaux funèbres_...

3. _Funéraire_ est, comme _mortuaire_, un terme abstrait, de légiste, d'homme d'affaires, d'intendant, qui convient surtout, sinon uniquement, dans la locution, _frais funéraires_; on dit un _drap mortuaire, registre mortuaire, extrait mortuaire, droits mortuaires_.

=Fur.=—_Au fur et à mesure, à fur et mesure_: ces deux expressions signifient _à mesure, à proportion_: _je travaillerai au fur et à mesure que vous m'apporterez de l'ouvrage_; voyez _fait-à-fait_.

=Furieux=, _furieusement_.—Ces mots s'emploient figurément et familièrement dans le sens de prodigieux, qui est excessif et extraordinaire dans son genre, et alors il précède toujours le substantif: _c'est un furieux mangeur, un furieux menteur; voilà un furieux travail; il s'est donné un furieux coup, une furieuse entorse; il fait une furieuse dépense; voilà un furieux poisson; il est furieusement grand, il est furieusement riche; il ment furieusement; elle est furieusement laide_. (Ac.)—Voyez _terrible_ et _terriblement_.

=Fusil=, s. m.—L'_l_ finale ne sonne pas (_fuzi_), non plus que dans les mots _baril, chenil, coutil, fenil, outil, persil, sourcil_.

G

=G.=—Devant _a, o, u_, il se prononce dur; devant _e_ et _i_ il s'amollit et se prononce comme _j_.

2. Dans le premier cas, les flamands doivent se garder de prononcer le _g_ du gosier; ils ne doivent pas prononcer _ghagner, ghobelet, ghide_, mais _gagner, gobelet, guide_.—Devant _e_ et _i_ ils doivent éviter de le prononcer comme _se, sé_ ou _sié_: _sibier, siémir, silet, sielée, fromase_, etc., pour _gibier, gémir, gilet, gelée, fromage_.

3. Les wallons, de leur côté, sont exposés à prononcer la syllabe _ge_ comme _che_: _ramache, plumache, rouche, horloche, prodiche, granche, sonche, lochement, juchement, prolonchement_, etc., au lieu de _ramage, plumage, rouge, horloge, prodige, grange, songe, logement, jugement, prolongement_.—Nous recommandons beaucoup aux professeurs, d'abord de se surveiller eux-mêmes et ensuite de donner à leurs élèves force exercices, afin de les initier bon gré mal gré à la bonne prononciation.

4. Le _g_ final, suivi d'une voyelle se prononce ordinairement comme _k_: _un long hiver_; à la fin de certains mots il ne se prononce pas, même devant une voyelle: _étang, seing_, etc.

=Gage.=—En parlant du salaire des domestiques et des gens de service, ce mot ne s'emploie qu'au pluriel: _gagner de gros gages_ (et non _un gros gage_); _les gages d'un laquais, d'une servante_.—_Appointements_ se dit des emplois plus relevés;—_honoraires_ et _émoluments_ se disent des professeurs, des médecins, des avocats, et de ceux dont on obtient quelque conseil ou quelque service honorable.—Prononcez _gaje_ et non _gache_.

=Gageure=, s. f., pari; prononcez _gajure_ (Acad.); il faut préférer les mots _pari_ et _parier_ aux mots _gageure_ et _gager_.

2. _Gager, Parier_.—Ne dites pas _gager, parier pour une somme_, mais, _gager, parier une somme_: _je gage, je parie cent francs, ma montre, ma tête que...._

=Gagne=, dans le sens de _gain_, et _gagnage_, dans le sens de _ouvrage, travail, gain_, ne sont pas français.

=Gagner.=—Ne dites pas en parlant du jeu: _je suis gagné, je suis perdu_; dites, _j'ai gagné, j'ai perdu_.—On dit _gagner_ une bataille et _remporter_ une victoire.—Prononcez _gagner_ (_a_ bref) et non _gâgner_ (_â_ long).

=Gaiement=, adv. =Gaieté=, s. f.: on écrit aussi _gaiment, gaîté_.

=Galant, te=, adj.—Un _galant homme_ est un homme poli et serviable; un _homme galant_ est celui qui cherche à plaire.

=Galette, Gauffre.=—Une _galette_ est une espèce de gâteau cuit au four, qui a la forme d'un pain aplati.—Les _gauffres_ sont cuites entre deux fers et présentent à la surface de petits carreaux ou des dessins en relief.—Il faut donc nommer _gauffre_ ce qu'on appelle généralement _galette_:—_galet_, dans ce sens, n'est pas français.

=Galop=, s. m., dans le sens de _savon, réprimande, semonce, saccade, garde_, est un terme populaire: prononcez _galô_ (_ô_ long).

=Gangrène=, s. f.—On prononce _cangrène_ selon l'Académie qui écrit aussi _cangrène_; nous ferons toutefois remarquer que la prononciation _gangrène_ commence à être en faveur; il en est de même de _gangrener, gangreneux_.

2. Ne dites pas _gangrin-ne_ mais _gangrè-ne_; prononcez _gangrener, gangreneux_ et non _gangrèner, gangrèneux_.

=Garçons=, s. m.—Ne dites pas: _les garçons ne sont pas à la maison_; dites, _les enfants, mes enfants, mes frères..._

=Garde à= (=prendre=), et =Prendre garde de=.—_Prendre garde à_, s'emploie surtout avec un substantif pour complément: _prenez garde à ce cheval, à ce fossé_.—Avec un verbe, on met plutôt _de_: _prenez garde de tomber, prenez garde de vous brûler_.

2. Quand on met _à_ devant un infinitif, c'est pour indiquer ce qu'il faut faire et non ce qu'il ne faut pas faire: _prenez garde à ne pas tomber; prenez garde à bien conserver votre équilibre; prenez garde à bien sauter_.

3. _Garde_, s., est féminin, quand il désigne tout un corps: _la garde royale, la garde d'honneur, la garde nationale, la garde civique_. Mais il est masculin, quand il désigne une ou plusieurs personnes tirées d'un corps: _un garde royal, un garde civique_, c'est-à-dire, un homme qui fait partie de la garde royale, de la garde civique.

4. _Garde-enfants_ ou _garde-d'enfants_: dites _une bonne d'enfants_ ou simplement _une bonne_.

5. _Garde-champêtre_, s. m.: prononcez _gar-de-cham-pê-tre_ et non _garte-champette_ ni _garde-champêtère_.

6. _Garde-Chasse_, s. m.: prononcez _gar-de chasse_ et non _garte-chasse_; il en est de même de _garde-corps, garde-fou, garde-forestier, garde-malade_, etc.

7. _Garde-robe_, s. f.: prononcez _gar-de-ro-be_ et non _gart'rope_.

=Gare, Garde.=—On dit _gare dessous, gare l'eau, gare la bombe, gare le fouet; frapper sans dire gare; si vous faites cela, gare les conséquences_. Mais il faut dire _garde_ (et non _gare_) _à vous_ (sous-entendu _prenez_.)

=Garni.=—On dit, _une robe garnie d'or, de dentelle; un chapeau garni de fleurs_, et non, une _robe garnie en or, en dentelle, ... en fleurs_. (Acad.)

=Garnisaire.=—Prononcez _garnizaire_ et non _garnissaire_, homme en garnison chez un débiteur ou chez le débiteur du gouvernement.

=Gasse=, est wallon, dans le sens de _banquet, gala_.

=Gastrique=, est un adj.; il signifie qui tient ou appartient à l'estomac: _le suc gastrique_.

=Gastrite=, s. f., est une inflammation de l'estomac: _il souffre d'une gastrite_ et non d'une _gastrique_.

=Gâter, Gâteau=: prononcez _â_ long: _gâter, gâteau_.

=Gaudron, Gaudronner=, pour _goudron, goudronner_, sont des barbarismes.—_Gaudronner_ et _godronner_ ont une toute autre signification.

=Gaz=, s. m., fluide aériforme: prononcez _gâze_ et non _gâce_.

=Gaze=, s. f., espèce d'étoffe: prononcez _gâze_ et non _gâce_.

=Geai=, s. m., oiseau.—Ne dites pas, _noir comme du geai_ mais _noir comme du jais_ ou _comme jais_: le _jais_ est une pierre noire susceptible d'un beau poli.

=Géant=, fait _géante_ et non _géane_ au féminin.

=Gelée, Gelure=, s. f.—Ne dites pas: _j'ai des gelées_ ou _des gelures aux pieds_, mais, _j'ai des engelures aux pieds_: prononcez _geler, gelée_ et non _gèler, gèlée_.

=Geler=: voyez _engeler_.

=Gémeaux=: voyez _jumeau_.

=Général=, s. et adj.: prononcez _général_ et non _gènèral_ ni _gènèrâl_.

=Génie.=—_Officier de génie_ signifie, officier qui a du génie; _officier du génie_ se dit d'un officier qui appartient au corps nommé _le génie_: on peut donc être officier _du génie_ sans être officier _de génie_ et vice-versâ.—Prononcez _génî_ (_î_ long) et non _géniïe_.

=Genièvre=, s. m., boisson: prononcez _geniè-vre_ et non _genièfe_ ni _genèvre_.

=Genre des mots.=—Nous donnons la liste des mots dont le genre peut paraître douteux et de ceux auxquels on donne souvent un genre contraire à l'usage.

2. Noms _masculins_ auxquels on donne quelquefois, par erreur, le genre _féminin_:

abîme abreuvoir acabit accessoire acrostiche acte adage affront âge alambic albâtre aloi alvéole amadou amalgame ambe amour (au sing.) amidon anachronisme anathème anchois âne angora animalcule anniversaire antidote antre aphte apologue appareil appel appendice après-dîner après-souper aqueduc arc are armistice arrosoir article artifice as astérisque asthme atome âtre auditoire augure auspice autel automate automne avé balustre bec-figue bifteck brou calque calville capendu caprice caramel catafalque centime cents chambranle chanvre cigare comble concombre crabe crêpe déciare décime décombres (plur.) décrottoir, délice dialecte v. le _Dict._ échange éclair élixir éloge emblème embouchoir émétique emplâtre emploi encensoir encombre en-tête entonnoir entr'acte entre-sol épeautre épiderme épilogue épisode épithalame équinoxe érésipèle esclandre escompte espace étage éteignoir eucologe évangile éventail éventaire exemple, exorde v. le _Dict._ fastes finale (d'opéra) frac garde, gens, gîte v. le mot _garde_. v. le mot _gens_. globule gramme hameçon hanneton harmonica hectare héliotrope hémisphère hémistiche héritage hochequeue horoscope hortensia hospice hôtel hydrogène hymne hypocondre (chant ou poésie profane) if incendie indice insecte insigne interstice intervalle inventaire iris isthme ivoire légume leurre libelle litige litre losange, mânes v. le _Dict._ manganèse mastic monticule myriagramme naphte obélisque obstacle obus omnibus ongle opuscule orage oratoire orchestre ordre organe orgue (au sing.) ours outil outrage ouvrage ovale oxigène panache paradoxe parafe pécule pénates perce-oreille pétale pétiole pique planisphère (couleur du jeu de cartes.) plantoir platine (métal.) plâtre pleurs pore prêche quadrille quelque chose, remise (une voit.) v. le _Dict._ rouge-gorge sabre saule simple squelette soque (plante médicin.) stade steppe store tire-ligne trèfle trombone tulle ulcère uniforme ustensile ventricule vignoble viscére vivres (pl.) volatile

3. Noms _féminins_ que, par erreur, on fait quelquefois _masculins_:

aire alcove allonge amnistie amorce amour (au pl.) ampoule anagramme anicroche antichambre antienne après-dînée après-midi après-soupée arbalète archives arête armoire arrhes arrière-boutique arrière-cour atmosphère auberge avant-cour avant-garde avant-scène averse balançoire barres pl. (jeu) batiste boutique bure (puits) casaque cendrillon cible colophane débâcle décrottoire délice (au pl.) (voy. le _Dict._) dent disparate ébauche ébène écaille écale écharde échasse écritoire écumoire emplette énigme épigramme épitaphe épithète équerre équivoque esquisse établi fibre filosèle friche garde, glaire v. le _Dict._ glissoire glu héliotrope herse hydre hyène hymne idole immondice (chant d'église.) impériale insomnie insulte jujube laideron lavasse losange, manche, martre ou marte v. le _Dict._ v. le _Dict._ mécanique mésange nacre oasis obole obsèques (pl.) office, v. le _Dict._ offre oie ombrelle orge, v. le _Dict._ orgue (au pl.) ouïe paroi passoire patenôtre pédale perce-neige poudre (médica.) primevère quelque chose, v. le _Dict._ réglisse relevailles (pl.) sauvegarde sentinelle simarre soie (crin.) stalle tirelire tôle vertèbre vis volatille

Pour les substantifs qui, d'après leurs différentes acceptions ou leurs divers genres, ont des genres doubles, voyez le _Dictionnaire_.

4. =Genre=, s. m.—Ne dites pas: _cette plaisanterie, cette manière de parler est de bon, de mauvais genre_; dites, _de bon, de mauvais goût; de bon, de mauvais ton_.

5. Ne dites pas: _homme de bon genre, femme de mauvais genre_; dites, _homme du bon ton, femme du mauvais ton_.—On dit aussi: _homme qui sait bien le monde, qui sait bien son monde, homme du grand monde_.

6. Ne dites pas: _être vêtu dans le bon genre_; dites, _avec goût, à la mode, à la dernière mode_.—Prononcez _jan-re_ et non _jâ-re_.

=Gens.=—_Gens_, veut au féminin les adjectifs qui le précèdent, et au masculin ceux qui le suivent: _de dangereuses gens, des gens dangereux; quelles gens! de telles gens sont à plaindre; je m'accommode de certaines gens, mais non de toutes gens_.—_Exceptions_: Les adjectifs _tel, quel, certain, maints, tout_, se mettent au masculin:—1º quand l'adjectif qui les suit n'a qu'une seule terminaison pour les deux genres: _quels braves gens! certains honnêtes gens; maints jeunes gens; tous les jeunes gens_.—2º Quand le substantif _gens_ est suivi d'un ou de plusieurs mots qui restreignent sa signification: _quels gens adroits! certains gens d'affaires; tous les gens sensés; tous gens bien connus; tous ces gens-là; tous les gens de loi, d'église_, etc.—3º Quand ils ne sont pas suivis immédiatement de leur substantif: _quels sont ces gens-là? tels sont les gens que vous fréquentez_.—_Lequel_ suit la même règle: _lesquels de ces bonnes gens voulez-vous récompenser?_—Quant aux participes passés, ils se mettent toujours au masculin: _instruits par l'expérience, les vieilles gens sont ordinairement prudents; ce sont les meilleures gens que j'aie jamais vus_. (M. l'abbé PÉTERS, _Grammaire_.)

2. On prononce _gean_, devant une consonne ou une _h_ aspirée ou lorsque _gens_ est seul ou à la fin d'une phrase: _gens peureux, gens hardis_. Devant une voyelle ou une _h_ muette, prononcez _geanze_: _gens instruits, gens habiles_.—Ce mot n'a pas de singulier; en vers, dans les genres légers, _gent_ s'emploie pour _race_: _la gent trotte-menu_ (les souris), _la gent marécageuse_ (les grenouilles). (LAFONTAINE.)

=Gentil=, adj.—L'_l_ ne se prononce que devant une voyelle et dans les mots composés, et il prend alors le son mouillé _un gentil_ (genti) _garçon_; _un gentil_ (gentille) _enfant_; _la gentillesse_ (gentiliesse); _un gentilhomme_ (gentiliome); _gentilhommerie_ (gentiliomerie).

2. Un _gentilhomme_ est un homme de naissance noble; un homme _gentil_ est un homme d'un commerce agréable, de manières affables.

3. Au pluriel, l'_l_ ne se prononce pas: _de gentils_ (gentis) _enfants_, _des gentilshommes_ (gentisomes); _les gentils_ (genti), c'est-à-dire, les payens, les idolâtres.

4. Au féminin, _gentille_, les _ll_ sont également mouillées: _une gentille fille_.

5. _Gentil_ signifie joli, agréable, gracieux et non _laborieux, actif_: _ce bijou est gentil; des manières gentilles; une chanson fort gentille; faire le gentil_ (l'agréable).

=Gentleman=, s. m., titre en Angleterre: prononcez _dgenn'tlemène_.

=Geôlier, Geôle, Geôlage=: l'_o_ est long, et l'_e_ ne se fait pas sentir: _jôlier, jôle, jôlage_.

=Géranium=, s. m., plante: prononcez _géraniome_.

=Germains, Consanguins, Utérins.=—Des frères _germains_ sont enfants du même père et de la même mère;—des frères _consanguins_ sont enfants du même père, mais de différentes mères;—des frères _utérins_ sont enfants de la même mère, mais de pères différents.

=Gérofle=, s. f.; _girofle_ est plus usité: _des clous de girofle_.—Prononcez le _fle_.

=Gestion=, s. f., action de gérer: prononcez _ges'thion_ en faisant sentir l'_s_ et le _t_ comme dans gesticuler; ne dites pas _gécion_.

=Gibelotte.=—On dit une _gibelotte de lapin_; le mot _civet_ se dit proprement du ragoût fait de chair de lièvre.

=Gifle= et =Gifler= sont français, mais populaires; dites, _tape, claque, soufflet, taloche_. Il faut en dire autant de _calotte_.—Au lieu de _gifler_ et de _calotter_, dites _taper, claquer, souffleter_: _je vous taperai; elle soufflette son enfant pour les moindres choses_.

=Gigier=, n'est pas français; dites _gésier_, pour signifier le second ventre de certains oiseaux qui se nourrissent de graines.

=Gigot=, s. m.: le _t_ ne se prononce pas.—C'est mal s'exprimer que de dire un _gigot de mouton_, car le mot gigot signifie à lui seul une cuisse de mouton; dites simplement un _gigot_.

2. On ne dit pas _une gigue de mouton_, mais on dit une _gigue de chevreuil_.

3. Ce mot n'est pas français dans le sens de mauvaise monnaie.

=Gingembre=, s. m., racine des Indes qui a un goût de poivre; écrivez et prononcez _gingembre_ et non _gingenvre_.

=Gironnée=, capacité du giron, n'est pas français.

=Gisant=, _gisons, gisez, gisent, gisait, gisement_, etc.—Quelques-uns doublent l'_s_, et quoiqu'il en soit, on doit prononcer l'_s_ dure comme si elle était double: _son cadavre gisait_ (gissait) _dans son sang_.

=Gît.=—_Ci-gît_, formule ordinaire par laquelle on commence les épitaphes; l'Académie ne dit pas si, lorsqu'il est question de plusieurs personnes, on doit dire _ci-gisent_; nous pensons que la grammaire l'exige.

=Gîte.=—Ce mot est masculin: _chercher un gîte_.

=Glaire=, humeur visqueuse, est féminin: _glaires teintes de sang_.

=Glissoire, Glissade, Glissement.=—Beaucoup de personnes, et surtout les écoliers, confondent ces trois mots.—Une _glissoire_ est un chemin frayé sur la glace pour glisser en jouant; une _glissade_ se dit de l'action de glisser involontairement; un _glissement_ se dit de l'action de glisser: ce dernier mot est peu usité.—_Glisse_, dans le sens de _glissoire_, n'est pas français.

=Gloire.=—Ne dites pas: _je me fais gloire d'être votre ami; je m'en fais gloire_; dites, _je fais gloire d'être votre ami; j'en fais gloire_.—Cependant on dit quelquefois _se faire une gloire de quelque chose_. (Acad.)

=Gloriette=, dans le sens de berceau, de cabinet de verdure, est français. (_Bescherelle, Poitevin_).

=Glorieux=, plein de vanité, de bonne opinion de lui-même, est français: _il a du mérite, mais il est un peu glorieux; il est sot et glorieux; c'est un esprit glorieux_. Il s'emploie quelquefois substantivement dans un sens analogue: _les glorieux se font haïr; c'est un glorieux, c'est une petite glorieuse_. (Acad.)

=Gne, Gn.=—Prononcez _ensei-gner, enseigne-ment, dési-gner, dési-gnation, dai-gner, i-gnorant, i-gnorer, a-gneau, ma-gnifique_, etc., et non _enseign'ner, enseign'nement, désign'ner, désign'nation, daign'ner, ign'norant, ign'norer, agn'neau, magn'nifique_.—Les flamands, de leur côté, doivent éviter dans la prononciation de ces mots de séparer le _g_ de l'_n_ et de donner au premier le son d'un _h_ ou bien le son guttural de leur _g_: _i-gnorant, ma-gnifique_, etc., et non _ih-norant, mah-nifique_ ni _igh'-norant, magh-nifique_.

=Godaille=, s. f., mauvaise boisson, mauvais vin; _godailler_, boire avec excès;—ces mots sont français mais populaires: _c'est un ivrogne, il ne fait que godailler_.

=Goëlette=, s. f., bâtiment léger; prononcez _goèlette_ (_oè_ diphth.)

=Golza=, s. m., plante oléagineuse; écrivez et prononcez _colza_ et non _golza_. Voyez _chausson_.

=Gomme=, s. f.; prononcez l'_o_ bref comme dans _homme_: _gomme_ et non _gô-me_.

=Goulée=, correspond à _gueule_ et ne se dit guère qu'en parlant des animaux: _brebis qui bêle perd sa goulée_.—En parlant des personnes, on doit se servir du mot _bouchée_: _une bouchée de pain_.

=Goulus= (_pois_), pois que l'on mange avec la cosse; ne dites pas _pois gourmands_.

=Gourmet=, s. m., celui qui sait bien connaître et goûter les vins, les mets; _gourmeur_ n'est pas français.

=Goût.= s. m.—Ne dites pas: _j'ai du goût de sortir, j'ai du goût de pleurer_; dites, _j'ai envie de pleurer, de sortir_.

2. Ne dites pas: _cela est-il à votre goût?_ dites, _cela est-il de votre goût?_

=Goûter.=—On dit _goûter un mets, goûter d'un mets_ et _goûter à un mets_.—On goûte _un mets_ pour savoir s'il est bon ou mauvais; on goûte _d'un mets_ quand on en mange comme aliment; on goûte _à un mets_ pour savoir s'il y manque quelque chose et dans le dessein d'ajouter ce qui y manque. Dites, _j'ai goûté ce vin-là et je l'ai trouvé bon; j'ai mangé du rôti, mais je n'ai pas goûté du lièvre; le cuisinier a goûté dix fois à cette sauce avant de la servir_.

2. Ne dites pas comme on entend dire tous les jours: _ce beurre ne me goûte pas; ce rôti m'a bien goûté; cela me goûte, cela ne me goûte pas_, pour exprimer que quelque chose est ou n'est pas de votre goût. Il est clair en effet que les personnes seules, et non les choses inanimées, peuvent goûter, c'est-à-dire exercer le sens du goût. Dites donc: _cela est de mon goût_ et non _cela me goûte_;—_j'ai trouvé ce rôti bon, excellent_ et non _ce rôti m'a bien goûté_;—_ce beurre est bon, a un bon goût, est de mon goût_ et non _ce beurre me goûte_;—_cela me semble bon, cela me plaît, cela a un bon goût, cela est de mon goût_, et non _cela me goûte_.

3. Ne dites pas, comme on dit en flamand: _cela goûte bon_; dites, _cela est d'un bon goût_.

4. Ne dites pas: _j'avais goût de sortir_; dites _... envie de sortir_.

=Goutte.=—Ne dites pas: _mon frère ressemble à mon père comme deux gouttes d'eau_; dites, _mon père et mon frère se ressemblent comme deux gouttes d'eau_ (se ressemblent).

2. _Goutte_, employé adverbialement pour donner plus de force à la négation, ne se dit que dans, _ne voir goutte, n'entendre goutte_: _il fait bien obscur ici, je ne vois goutte, je n'y vois goutte; c'est un homme qui ne voit goutte dans ses affaires; je n'entends goutte_ (_je ne comprends rien_) _à ce qu'il dit; cette affaire est fort embrouillée, je n'y entends goutte_. (Acad.)—Ne dites, _je n'y vois goutte_, que lorsque le pronom _y_ se rapporte à un objet dont on vient de parler, comme dans notre premier exemple où _y_ se rapporte à _chambre_; c'est donc une faute de dire _je n'y vois goutte_, pour exprimer simplement que vous avez la vue mauvaise, sans vouloir faire entendre que vous ne voyez rien dans une chambre, dans un livre, ou tout autre objet déjà exprimé.

3. Ne dites pas: _la marmite goutte_, pour exprimer que l'eau s'en échappe par une fente; dites _la marmite fuit_.

4. Ne dites pas: _avoir les gouttes_, mais _avoir la goutte_; voyez _fièvre_.

5. Prononcez _oû_ long dans _goûter, goûte, dégoûter, dégoûtant_, et _ou_ bref dans _goutter, goutte, dégoutter, dégouttant_.

=Goutter=, dans le sens de tomber goutte à goutte, n'est pas français; dites _dégoutter_: _il pleuvait il n'y a qu'un moment, les toits dégouttent encore_ (et non _gouttent_); _quand il pleut sur le curé, il dégoutte sur le vicaire_ (et non _il goutte_).

2. Ne dites pas: _il goutte, il commence à goutter_, en parlant de la pluie: dites, _il tombe des gouttes d'eau, il commence à pleuvoir_.

=Gouttière=, ne signifie pas, _eau de pluie_, mais un _canal_ par où l'eau s'écoule des toits; ne dites donc pas _un seau de gouttière_, mais _un seau d'eau de pluie_.

=Gouverne=, dans le sens de direction, est français: _je vous dis cela pour votre gouverne_.

=Gozette.=—Ne dites pas: _ce boulanger fait de bonnes gozettes_; dites, _ce boulanger fait de bons chaussons_. (Wall.) Voyez _chausson_.

=Grâce.=—_Avoir bonne grâce, avoir mauvaise grâce_, devant un infinitif, demandent la préposition _à_: _il a bonne grâce, mauvaise grâce à faire_ (et non _de faire_) _telle chose_.

=Gracier=, v. act., remettre la peine à un criminel, est français; on l'emploie souvent au passif: _il a été gracié_. (Acad.)

=Gracieux, euse=, adj.—N'écrivez pas _grâcieux_ mais _gracieux_ et prononcez _a_ bref;—il en est de même des mots _disgracieux, gracier, graciable, gracieuseté_, etc. Mais _a_ est long dans: _grâce, disgrâce, les trois Grâces, le Havre-de-Grâce, Grâce-Montegnée_.

=Gradué=, s. m., celui qui a pris des degrés dans une des facultés de théologie, de droit, de médecine, des lettres. On dit: _c'est un gradué; les gradués de l'université_.—Prononcez _gradu-é, gradu-el, gradu-er_ et non _gradu-wé, gradu-wel, gradu-wer_.

=Grain=, se dit du fruit et de la semence du froment, de l'épeautre, du seigle, de l'avoine, de l'orge, etc. Mais se serait une faute de l'employer pour désigner les froments, les seigles, l'épeautre en herbe et de dire: _les grains sont beaux; scier les grains; du grain en gerbe_; dites, _les blés, les froments_, etc., _sont beaux; scier les blés, les froments_, etc.; _du blé en gerbe_.—_Blé_ est un terme générique qui se dit de toutes les plantes qui produisent le grain dont on fait le pain.

=Grammaire.=—L'Académie ne dit pas que les deux _m_ se prononcent, et les personnes qui parlent bien n'en font entendre qu'une seule dans ce mot et dans _grammairien_ (gra-mairien), _grammatical_ (gra-matical) _grammaticalement_ (gra-maticalement), _grammatiste_ (gra-matiste).—Prononcez donc _gra-maire_ et non _gram'maire_, ni _gran-maire_ comme dans _grand'mère_, ce qui serait excessivement ridicule: _une grand'mère qui fait des fautes de grammaire_. Voyez _mm_.

=Grand.=—L'adjectif féminin _grand'_ est toujours invariable.—On dit _grand'chère_ (il n'a pas de pluriel).—_Grand'chose, grand'croix_; le pluriel est _grands-croix_ (Acad. au mot croix).—_Grand'garde_; le pluriel est _grand'gardes_.—_Grand'faim_: il n'a pas de pluriel.—_Grand'mère_; le pluriel est _grand'mères_. —_Grand'messe_: on peut dire aussi _grande messe_; le pluriel est _grand'messes_.—_Grand'oncle_: prononcez _grantoncle_; le pluriel est _grands-oncles_.—_Grand'peine_ (_à_), difficilement.—_Grand'père_: le pluriel est _grands-pères_.—_Grand'peur_.—_Grand'pitié_. —_Grand'soif_.—_Grand'tante_; le pluriel est _grand'tantes_. —_Grand'route_ ne se trouve pas dans les dictionnaires.

2. _Un grand homme_ est un homme d'un grand génie; _un homme grand_ est un homme de grande taille.—_Une grande dame_ est une dame de haute condition; _une dame grande_, une dame de haute stature. Mais on dit: _un grand homme noir, une grande dame blonde_. _Un homme à l'air grand_, dont la physionomie annonce de la noblesse d'âme; _un homme du grand air_, qui vit à la manière des grands seigneurs. (SOULICE et SARDOU.)

3. _Grande armée_: ne prononcez pas _gran-tarmée_, mais _gran-d'armée_, comme _darme_ dans _gendarme_.—Mais au masculin devant une voyelle ou une _h_ muette, ce _d_ final a le son de _t_: _grand_ (_t_) _homme, grand_ (_t_) _arbre_.

4. _Grand'chose_, s. fém.—On dit: _il n'a pas fait grand'chose de beau, de bon_, c'est-à-dire, _grand'chose de ce qui est beau, de ce qui est bon_.—Ne dites pas _grande chose_.—Voyez _chose_.

=Grandeur=, s. f.—Il ne faut pas employer ce mot comme synonyme de _gloire_: _la gloire_ (et non _la grandeur_) _le perdra; faire une chose par nécessité et non par gloire_.

=Grandir=, v. n., se conjugue avec _avoir_ ou avec _être_, selon que le sens permet de poser l'une ou l'autre des deux questions: _qu'a-t-il fait_ ou _que lui est-il arrivé?_—_cet enfant a bien grandi en peu de temps; vous êtes bien grandi_.—Voyez _vieillir_.

=Granit=, s. m., pierre dure: prononcez _granite_.

=Gras, asse=, adj.—Ne dites pas: _il fait gras_, mais _il fait chaud, l'air est étouffant_.

=Grasseyer=, v. n., parler gras: écrivez et prononcez =grasseyer=, _grasseyement_ et non _gracier, graciement_.

=Gratis=, adv., sans frais: prononcez _grâtice_.

=Gratte=, n'est pas français; il faut dire _égratignure, marque_: _se faire une égratignure_.

=Gratter=, signifie frotter, râcler et ne doit pas s'employer pour _égratigner_: _le chat l'a égratigné; s'il ne mord, il égratigne_. Mais on dira: _le chat gratte à la porte; gratter une muraille; se gratter l'oreille en signe d'embarras_.

=Gratuit, Gratuitement=: prononcez _gratuit, gratuitement_ (_a_ bref) et non _gratu-wit, gratu-witement_.

=Grave=, adj., pesant, sérieux: prononcez _grâ-ve_ (_â_ long) et non _grâ-fe_.

2. _Grave_ (_il_), du verbe graver: prononcez _gra-ve_ (_a_ bref).

=Greffe=, s., petite branche pour greffer, est _féminin_: une belle greffe de pommier.—_Greffe_, lieu d'un tribunal où sont déposées les minutes des jugements, des arrêts, etc., est _masculin_: _les pièces sont au greffe_.

2. _Greffe_, petit brin de bois, de baleine, etc., dont les enfants qui apprennent à lire, touchent les lettres qu'ils veulent épeler; ce mot est wallon;—en français on dit _touche_.

=Grelot, Grelotter=: prononcez, _grelot, grelotter_ (_e_ muet) et non _grèlot, grèlotter_.

=Grenade.=—Ne nommez pas ainsi les petites écrevisses de mer qu'on colporte aux estaminets; dites, _chevrette_ et mieux _crevette_.

=Grenier=: écrivez et prononcez _grenier_ (_e_ muet) et non _grènier_ ni _gregnier_.—Dites _au grenier_ et non _sur le grenier_.

=Grenouille=, s. f.: prononcez _grenouille_ (_e_ muet et _ll_ mouillées) et non _grènouille_.

=Grésil=, s. m., menue gelée: prononcez _grésile_.

=Grève= ou =Gravelle=, gros sable mêlé de fort petits cailloux, de fort petites pierres, sont des barbarismes qu'il faut rendre par _gravier_: _il n'y a pas de terre franche en cet endroit-là, ce n'est que du gravier_.—_Grève_, s. f., signifie proprement un lieu plat et uni, couvert de gravier, de sable, le long de la mer ou d'une grande rivière: _les vagues se déploient sur la grève; la grève était couverte de débris_.—_La Grève_ se dit, à Paris, d'une place publique qui est située sur le bord de la Seine et où l'on faisait autrefois les exécutions.

=Gribouillette=, s. f., jeu d'enfants; on dit _jeter une chose à la gribouillette_, c'est-à-dire la jeter au milieu d'une troupe d'enfants qui cherchent à s'en saisir.

=Grière.=—Ne dites pas: _du fromage de grière_, mais du fromage de _Gruyère_ (ville de Suisse).

=Grièveté=, s. f., énormité: prononcez _grièv'té_ et non _grièf'té_.

=Griffer=, v. n.—Ne dites pas: _le chat m'a griffé_; dites, _le chat m'a égratigné_.—_Griffer_ signifie, prendre avec la griffe: _les oiseaux qui griffent sont le perroquet_, etc.

=Griffon.=—Ne dites pas un _griffon_, pour indiquer une écriture mal formée qu'on lit difficilement; dites _un griffonnage_.

=Grignon=, est le côté jaune et doré de la croûte du pain; ne dites pas _grignot_ ni _grignotte_.

=Gril, Grille.=—Les _ll_ de ces mots sont mouillées, cependant _gril_, dans le langage familier, se prononce _gri_. (Acad.)—_Le gril_ (masculin) est un ustensile de cuisine sur lequel on fait rôtir de la viande, du poisson, etc.: _mettre du boudin sur le gril_.—_La grille_ est formée de plusieurs barreaux de bois ou de fer se traversant les uns les autres pour empêcher qu'on ne passe par une fenêtre, par une ouverture;—_grille_ signifie aussi des barres de fer sur lesquelles on place le charbon dans un fourneau, dans un poêle au-dessus du cendrier.

=Grillon=, espèce de cigale à chant monotone; ne dites pas _criquillon_ ni _criquion, crition_.

=Gringalet=, s. m., homme faible, débile, sans force; ce mot est français: _ce n'est qu'un gringalet_.

=Grippe=, s. f.—_Prendre quelqu'un en grippe_, ou _se prendre de grippe contre quelqu'un_, se prévenir défavorablement contre lui, sans pouvoir rendre raison de sa prévention.—Ces deux locutions sont françaises; la première était seule admise autrefois.

=Gripper=, attraper, saisir subitement; ce mot est français: _ce chat a grippé un morceau de viande; il a grippé la souris à la sortie du trou; on lui a grippé sa bourse_; on dit aussi _griffer_.

=Grogner=, v. n., gronder, gourmander, murmurer, réprimander; ce mot est français: _il ne cesse de grogner après moi_.

=Grognon=, adj., qui grogne actuellement ou qui a l'habitude de grogner; les vrais mots sont _grogneur_ et _grognard_; mais le mot _grognon_ est aujourd'hui fort usité et admis par l'Académie comme un adjectif des deux genres. Voyez _groin_.

=Groin=, museau du cochon, ne dites pas _grognon_.

=Gros.=—_Donner gros, valoir gros_, sont des expressions triviales et qu'il faut éviter d'employer; dites donc: _cette charge doit lui valoir, lui rapporter beaucoup_ et non, _cette charge doit lui valoir gros_. Dites encore: _je donnerais beaucoup pour avoir de l'instruction_, et non, _je donnerais gros..._

=Grossier=, _impoli, rustique_: voyez _rustique_.

=Groom=, s. m., petit laquais; prononcez _groûme_.

=Grouiller, Grouillement=: _le ventre lui grouille; grouillement des intestins_: ne dites pas, _grouler, groulement_.

=Gruger=, dans le sens de tromper, n'est pas français.

=Gruyère= (_fromage de_).—_Gruyère_ est une petite ville de Suisse d'où ce fromage a tiré son nom. Ne dites pas _fromage de Gruère_ ni _de Grière_.

=Gu= et =Guë= sont sonores à la fin des mots, mais ces deux terminaisons ne comprennent que les cinq masculins _aigu, ambigu, contigu, exigu, zagu_, les six féminins _aiguë, ambiguë, ciguë, contiguë, exiguë, besaiguë_ ou _besaguë_, et le verbe _j'arguë_. —L'Académie met le tréma sur l'_e_ et non sur l'_u_.

2. _Gu_ est également sonore, et fait diphthongue avec la voyelle suivante dans _aiguille_ et ses dérivés, _aiguillon_ et ses dérivés, _aiguillade_ (mais non _aiguillat_, terme d'histoire naturelle), _aiguiser, aiguisement, ambiguïté, contiguïté, exiguïté, arguez, nous arguons, vous arguez_, etc.—Ajoutez _consanguinité, sanguinification_ (mais non _sanguin, sanguinaire, sanguinolent, sanguine_ qui ont l'_u_ muet et où l'on ne fait entendre qu'un _g_ dur), _inextinguible, linguiste, linguistique, onguiculé, Guise_ (nom propre).—Il faut prendre garde cependant de prononcer dans ces mots _gui_ comme _goui_; on évitera ce défaut en s'exerçant d'abord à appuyer fortement sur l'_u_ et à le séparer en quelque sorte de la voyelle suivante; plus tard on rétablira la diphthongue.

3. Dans tous les autres mots, _gu_ a la valeur d'un _g_ dur et l'_u_ ne se fait pas sentir: _anguille, guérir, gui, guignon, guichet, guise_, etc.

=Guenille, Guenipe.=—Une _guenille_ est un haillon, un chiffon;—une _guenipe_ ou _guinche_ est une femme malpropre: _cet homme ne porte que des guenilles; cette femme est une franche guenipe_.—Prononcez _guenille_, (_ll_ mouillées), _guenipe_ (_e_ muet) et non _guènille, guè-nipe_.

=Guère=, ou =Guères=, adv.—On n'écrit _guères_ (_s_) que dans les vers, lorsqu'il est nécessaire à la rime ou à la mesure.

2. _Guère_ est toujours accompagné de la négation; dites donc: _il ne s'en est guère fallu_, et non, _il s'en est guère fallu_.—Quoique l'on dise: _il s'en faut de beaucoup_, on ne peut pas dire pourtant: _il ne s'en faut de guère_: dites, _il ne s'en faut guère_.

=Guêtre=, s. f., sorte de chaussure qui couvre la jambe: prononcez _guê-tre_ et non _guette_; dites _se guêtrer_, mettre des guêtres, et non _se guetter_.

=Guette.=—Ne dites pas: _ce chien est de bonne guette_, mais _de bon guet_.

=Gueule=, s. f., la bouche de certains quadrupèdes carnassiers et de plusieurs poissons. On dit la _gueule_ d'un chien, d'un loup, d'un lion, d'un crocodile, d'un requin, etc.—La _gueule_ est une grande bouche d'animal carnassier, armée de fortes dents: voyez _bouche_.—Prononcez _gueule_ et non _gueuille_.

=Gueuler, Gueulard=, termes bas; dites _criailler, criailleur_.

=Gueusard=, coquin, est populaire. (Acad.)

=Gueux=, adj., nécessiteux, indigent, mendiant; il signifie quelquefois aussi coquin, fripon: _ne vous fiez pas à cet homme-là, c'est un gueux_.

=Gui=, s. m., plante parasite qui naît sur les branches de certains arbres, du poirier, du pommier, de l'aubépine, du chêne, du peuplier, etc.: _le gui donne de la glu_.—Prononcez _ghi_ (_g_ dur) et non _gu-i_: voyez _gu_.

=Guide=, celui qui guide, qui conduit, est masculin;—_guide_, rêne, est féminin: _la guide du côté droit_.—Prononcez _ghi-de_ et non _gu-ide_ ni _ghi-te_; mais dans _le Guide_, nom de peintre, _gui_ fait dipthongue.

=Guignonnant=, adj.: _perdre cinq parties de suite, c'est guignonnant_ (c'est du guignon, du malheur, c'est contrariant). Ce mot figure dans les dictionnaires et est d'un fréquent usage au jeu.—Ne dites pas: _guignon guignolant_, mais _guignon guignonnant_.

=Guinée=, s. f., monnaie d'Angleterre, pièce de 25 francs: prononcez _ghinée_ et non _gu-inée_.

=Gutta-percha=, gomme résineuse: prononcez _gutta-perka_; ce mot est féminin: _de la gutta-percha_. (POITEVIN).

=Guttural=, adj., qui appartient au gosier: on prononce les deux _t_.

H

=H.=—L'_h_ est muette ou aspirée. Elle est _muette_, quand elle ne se prononce pas, comme dans _l'homme, l'histoire, adhérer, inhumer_, qu'on prononce comme s'il y avait _l'omme, l'istoire, adérer, inumer_. Elle est _aspirée_, quand elle se prononce un peu du gosier, comme dans _le héros, la haine, les hiboux_.—Cependant on peut aussi ne pas faire sentir l'_h_ aspirée et dire: _le éros, la aine, les iboux_. Cette prononciation est préférable, mais il faut éviter dans ce cas de faire l'_élision_ de la voyelle ou la _liaison_ de la consonne qui la précède avec la voyelle qui la suit: ainsi vous ne direz pas _l'éros, l'aine, lè-ziboux_, mais _le éros, la aine, lè iboux_.—L'usage seul peut servir de guide pour distinguer ces deux sortes d'_h_; dans le doute, il faut avoir soin de recourir au dictionnaire; cette recommandation est d'autant plus importante, surtout pour les étrangers, que l'erreur ici prêterait souverainement au ridicule.—Dans notre _Dictionnaire_, l'astérisque * indique que l'_h_ est _aspirée_.

=Habile=, adj.—Il régit la préposition _à_ devant un infinitif et les prépositions _en_ ou _dans_ devant un nom: _habile à manier le pinceau; habile dans les affaires, habile en affaires_.

2. _Habile_, signifie capable, intelligent, adroit, savant: _un ouvrier habile, un avocat habile, un habile général_; on le dit quelquefois en mauvaise part: _il est habile à tromper; c'est un habile fripon_.—_Habile_ signifie aussi, en terme de jurisprudence, qui est capable ou qui a droit de faire une chose: _être habile à succéder_.

3. _Habile_ se dit aussi populairement pour _diligent, expéditif_: _ce copiste est habile, il aura bientôt écrit ce mémoire_. (Acad.)

4. Mais _habile_ (ou _habïe, abïe_) ne peut jamais s'employer adverbialement dans le sens de _vite_: _accourez habile; allez habile; habile! habile!_ dites, _accourez vite; allez vite; vite! vite!_ (Wall.) Prononcez _abile_ et non _abille_ (_ll_ mouillées).

=Habileté= et =Habilité.=—Il ne faut pas confondre ces deux mots; l'_habileté_ est la qualité de ce qui est habile, le talent, le savoir, la capacité, l'intelligence.—_Habilité_ n'est guère en usage que comme terme de jurisprudence et dans cette locution, _habilité à succéder_ (aptitude à). (Acad.)

=Habiller= _de neuf_: voyez _neuf_.

=Habit.=—Ce mot indique plus spécialement un vêtement d'homme; en parlant d'une femme, employez le mot _vêtement, robe, jupe_, etc.: _maman a mis sa plus belle robe_, et non, _son plus bel habit_.

2. _Un nouvel habit_, est un habit différent de celui que l'on vient de quitter; _un habit nouveau_ est un habit de nouvelle mode.

*=Hache.=—L'_h_ est aspirée ainsi que dans tous les mots dérivés, _hacher, hachette, hachis_, etc.—Prononcez _ha-che_ et non _hage_.

*=Haie=, s. f., clôture d'épines, de ronces, etc.; prononcez _haî_ (_aî_ long) et non _hai-ïe_.

*=Haïe=, interj., cri pour animer les chevaux: prononcez _ha-î_ (deux syll.)

*=Haine=, _haïr, haïssable, haineux_.—Dites, _je hais, tu hais, il hait, hais_ (impératif) et non, _je haïs, tu haïs, il haït, haïs_.—Partout ailleurs écrivez et prononcez _ha-ïr, ha-ï, ha-ïssais_, etc.

*=Haire= et =Hère=.—_Haire_, s. féminin, est une espèce de petite chemise rude que l'on met sur la peau par esprit de mortification: _revêtir la haire et le cilice_.

2. _Hère_, s. masculin, se dit par dérision d'un homme sans considération, sans fortune, sans mérite; on ne l'emploie guère que dans la locution: _pauvre hère; c'est un pauvre hère_. (Acad.)

=Hakcelle=, n'est pas français; dites _paille hachée_ (à l'aide du _hache-paille_).

=Haleine, Alène.=—L'_haleine_ est le souffle de la respiration; l'_alène_ est un instrument de cordonnier.

*=Haleter=, être hors d'haleine.

*=Halo=, s. m., cercle lumineux autour des astres.

*=Halte=, s. f. et interj.—Prononcez _halte_ et non _hale_.

*=Hamac=, s. m., lit suspendu dans les navires: prononcez _hamaque_.

=Hameçon=, s. masculin, crochet pour prendre les poissons; l'_h_ est muette: _prendre du poisson à l'hameçon_.

*=Han=, s. m., terme populaire pour exprimer le bruit sourd que fait un homme qui frappe un coup avec effort.

*=Hanche=, s. f., partie du corps où tient la cuisse; prononcez _han-che_ et non _han-ge_.

*=Hanneton=, s. m.:—l'_h_ est aspirée: _les enfants font la guerre aux hannetons_.

*=Happelopin=, est un mot français qui signifie valet fripon et gourmand.

*=Happer=, se dit proprement d'un chien, lorsqu'il prend avidement avec la gueule ce qu'on lui jette: _on lui jeta un morceau et il le happa_.—Il signifie figurément et familièrement, attraper, saisir, surprendre à l'improviste: _il s'est laissé happer par les huissiers; les gendarmes l'ont happé_.—Mais il ne signifie jamais _voler_ comme en wallon.

*=Haquet=, s. m., espèce de charrette longue et étroite, sans ridelles, qui sert surtout à voiturer des tonneaux: _un haquet de brasseur_;—_haquetier_ est le conducteur du haquet.

*=Hardes=, s. f. pl., tout ce qui est nécessaire pour l'habillement; il n'a pas de singulier.

*=Hardi=, _hardiesse, hardiment_, etc.: l'_h_ est aspirée.

*=Hareng=, (le _g_ ne se prononce pas), _harengaison, harengère, harangade, haranguière_; l'_h_ est aspirée dans tous ces mots.

*=Haricot= (le _t_ ne se prononce pas): ne dites pas _des zaricots_, mais _des haricots_ (_h_ aspirée).

*=Haridelle=, s. f., un mauvais cheval maigre: _une vieille haridelle_.

=Harlequin=, n'est pas français; écrivez _arlequin_: _un habit d'arlequin_.

=Harmonier, Harmoniser=, v. a. ou pr., mettre en harmonie: le dernier verbe, quoique mal fait, est le plus en usage.

*=Harnais.=—L'_h_ est aspirée ainsi que dans tous les dérivés: _harnacher, harnachement_, etc.—On dit aussi _harnois_ pour _harnais_, mais seulement en poésie et dans le style soutenu.

*=Harpe=, _harpiste, harpeur, harpie, harpon_.

*=Hart=, s. f., espèce de lien d'osier ou de bois très-souple pour lier les fagots; corde qui servait à étrangler les criminels condamnés à la peine de mort: _mériter la hart, la hart au cou_.—Prononcez _hare_.

*=Hasard=, _hasarder, hasardeux, hasardeusement_: l'_h_ est aspirée dans ces mots; ne dites donc pas: _je joue à l'hasard; j'hasarde cette somme_, etc.; mais, _je joue au hasard, je hasarde_,...

2. _Hasard_, ne s'emploie au pluriel que dans le sens de _péril, risques_: _les hasards de la guerre_.

3. _Hasarder_, devant un infinitif, demande la préposition _de_;—_se hasarder_ veut _à_: _hasarder de faire une chose_; _je me hasarderai à faire cette démarche_.

*=Hâte=, _hâter, hâtif_, etc.: prononcez l'_â_ long.

2. Ne dites pas: _à toute hâte_ (_toute âte_) mais _à toute hâte_ (_h_ aspirée).

*=Hâter= (=se=) régit la prépos. _de_: _se hâter de répondre_.

*=Haut.=—Ne dites pas, _monter en haut, descendre en bas_, mais simplement, _monter_ et _descendre_, à moins qu'on ne veuille dire _tout en haut, tout en bas_, par opposition à ce qui est _moins haut, moins bas_: _montez en haut_ (_de l'échelle_) c'est-à-dire, _allez jusqu'au dernier échelon_ et ne vous arrêtez pas à mi-chemin.

2. Ne dites pas non plus _monter en haut_ pour, _monter à l'étage_; dites, _monter au premier, au second_.

3. Ne dites pas: _les élèves appliqués pourront passer dans une classe plus haute_; dites, _dans une classe supérieure_ et mieux, _pourront monter d'une classe_: cette dernière locution est généralement employée en France dans ce cas.—Voyez _descendre_.

4. _Haut ton_ et _ton haut_, ne sont pas synonymes: _prendre le haut ton_, signifie prendre le ton, les manières de la haute société; _prendre un ton haut_, veut dire prendre un ton fier, arrogant, menaçant.

*=Hautain=, adj., fier, orgueilleux, fait au féminin _hautaine_ et non _hautine_; prononcez _hautène_ (au fém.) et non _hautin-ne_.

*=Hautement=, adv.—Ce mot, dit l'Académie, n'est guère d'usage au propre; au figuré, il signifie hardiment, librement.—Il ne faut pas le confondre avec l'adverbe _haut_: on dit _hautement_ sa pensée, c'est-à-dire, hardiment, résolument; on dit, _il parle haut_, c'est-à-dire, d'une voix haute.

*=Havet=, s. m., croc, crochet en fer, est français.

*=Havir=, v. a., se dit de la viande qui se dessèche au feu sans cuire en dedans; ce mot est peu usité, dit l'Académie.

*=Havre-sac=, s. m., sac de soldat, d'ouvrier; ne dites pas _havère-sac_ ni _havur-sac_ ni _hafe-sac_.

=Hébreu.=—L'_h_ est muette: _ce que vous me dites est de l'hébreu pour moi_ (je n'y vois goutte), et non, _du hébreu_.

=Hectare, Hectolitre=, sont masculins; l'_h_ est muette ainsi que dans tous les mots qui appartiennent au système légal des poids et mesures.

*=Hein.=—Interjection familière dont on accompagne quelquefois une interrogation ou une phrase qui exprime l'étonnement: _voulez-vous, hein?—Hein, que dites-vous là?_—Prononcez _hin_.

=Hélas=, interj. (et non _hélàs_): prononcez _élâce_ (_â_ long) et non _éla_ ni _élâ_.

=Héliotrope=, genre de plantes; ce substantif est masculin: _de beaux héliotropes_.

*=Hem=, interjection dont on se sert pour appeler: _hem, hem, venez çà_.

=Hémi=, mot qui commence plusieurs termes de sciences, d'arts et qui signifie _demi_; il est invariable et l'_h_ est muette.

=Hémisphère=, s., la moitié d'une sphère, est masculin: _l'un et l'autre hémisphère_.

=Hémorragie=, s. f.—Puisque ce mot signifie par lui-même _perte de sang_, vous ne pouvez pas plus dire _une hémorragie de sang_ que du feu chaud, de l'eau humide; dites simplement _une hémorragie_.

*=Hennir=, _hennissement_ (cri du cheval): prononcez _hanir, hanissement_.

*=Henri=, n. pr.—Dans la conversation seulement l'_h_ devient muette.—L'_h_ est également aspirée dans _Henriette_.

=Héritance=, n'est pas français; dites _héritage, succession_; ce mot s'est dit autrefois pour _hérédité_.

*=Hernie=, _herniaire, hernieux_.

*=Héron=, _héros, herse, herser, héraut, hérisson_.—L'_h_ d'_héroïsme, héroïque, héroïne_ est muette.

=Hésiter=, devant un infinitif, demande la préposition _à_: _il n'hésita pas à_ (et non _de_) _répondre_: l'_h_ est muette.

*=Hêtre=, s. m., arbre; prononcez _hè-tre_, et non _hè-te_, ni _hè-tère_.

=Heure, Lieue.=—_Heure_ est une mesure de temps et _lieue_ une mesure de chemin; dites donc: _il y a six lieues de Liége à Huy_, et non _il y a six heures_; mais vous pourrez dire: _nous avons fait six lieues_ (de chemin) _en cinq heures_ (de temps).—Nous n'oserions cependant pas condamner absolument, surtout dans la conversation et dans le style épistolaire qui n'est qu'une conversation écrite, l'emploi du mot _heure_ pour _lieue_, quoiqu'il soit préférable, au demeurant, de conserver à chaque mot sa véritable signification.

2. Si vous ignorez quelle heure il est, dites, _quelle heure est-il?_—Si vous entendez l'heure sonner et que vous vouliez savoir l'heure qui sonne, dites: _quelle heure est-ce?_

3. Ne dites pas: _il est arrivé à ces heures-ci, vers ces heures-ci_; dites, _à cette heure-ci, vers cette heure-ci_.

4. Ne dites pas non plus: _j'irai vous voir vers les une heure_, mais, _vers une heure_.

5. Ne dites pas: _dix heures est sonné_, mais, _dix heures sont sonnées_.

6. Ne dites pas: _une heure de temps_; dites, simplement _une heure_.

7. Ne dites pas: _le quart avant quatre_ ou _pour quatre_, mais, _quatre heures moins un quart_.

8. Ne dites pas: _ce malade doit prendre des pilules tout les demi-heures, tout les deux heures; il part un courrier tout les vingt-quatre heures_; dites, _toutes les demi-heures, toutes les deux heures, toutes les vingt-quatre heures_.—On dira de même: _je vais voir mes parents toutes les trois semaines_, et non _tout les trois semaines_, etc. _Tout_ ici est adjectif et non adverbe et doit par conséquent prendre le genre et le nombre du nom auquel il se rapporte.

9. Ne dites pas: _je suis à bonne heure_, mais _de bonne heure_;—_trop de bonne heure_, mais _de trop bonne heure_;—_de plus bonne heure_, mais _de meilleure heure_.

10. _Quatre heures_, ne peut pas se dire pour désigner le léger repas entre le dîner et le souper; dites _goûter_: _je m'en vais goûter; j'ai fait un bon goûter_.

*=Heurler=, n'est pas français; dites _hurler_.

*=Heurter=, v. a., toucher, choquer rudement; ne dites pas avec maintes personnes _hurter_.

*=Heurtoir=, s. m., marteau pour frapper à une porte.

=Hiatus.=—L'Académie écrit _l'hiatus_ (_h_ muette); prononcez _hiatuce_.

*=Hibou=, s. m., oiseau nocturne.

*=Hie=, s. f., instrument dont on se sert pour enfoncer les pavés; on l'appelle communément _demoiselle_.—C'est aussi un instrument qui sert à enfoncer des pieux en terre et que l'on nomme vulgairement _mouton_. (Acad.)

=Hier=, adv.—Prononcez _avan-t-hier, dès_ (_z_) _hier_, et non _avan-hier_ ni _avan-z-hier_, ni _dè-hier_; cependant, dans la conversation, on peut dire _avan'hier_.

=Historien, Historiographe=, s. m.—_Historien_, celui qui écrit l'histoire;—_historiographe_, celui qui est nommé par un brevet du prince pour écrire l'histoire du temps: _Racine était historiographe de Louis XIV sans être historien_.

*=Hoche=, s. f.: voyez _taille_.

*=Hochequeue=, s., sorte de petit oiseau, ainsi appelé parce qu'il remue continuellement la queue; ce mot est masculin: _un jeune hochequeue_.—_Hochecul_ n'est pas français.

*=Hocher=, secouer, branler: _hocher la tête; hocher un arbre pour en faire tomber les fruits_.

*=Hochet= (de houille) n'est pas français; dites _briquette_ (et non _boulette_).

*=Hollande=, _Hollandais, Hongrie, Hongrois_.—L'_h_ est aspirée dans tous ces mots. Ne dites donc pas: _en n'Hollande, les z'hollandais_, mais _en Hollande, les hollandais_.

2. On disait autrefois _de l'eau de la reine d'Hongrie_; quelques personnes disent encore _de la toile d'Hollande, du fromage d'Hollande_: cet usage, dit Ch. Nodier, est celui des blanchisseuses et de l'office; il ne doit pas faire loi au salon.—Aujourd'hui on dit _de l'eau de la reine de Hongrie, de la toile, du fromage de Hollande_.—Prononcez _Holan-de_ et non _Hol-lande_ ni _Holan-te_.

*=Hom=, interj., exclamation qui exprime le doute, la défiance: _hom! il est encore bien jeune_; prononcez _home_.

*=Homard=, s. m., grosse écrevisse de mer: _un homard, des homards_ et non _un n'homard, des z'homards_.—Prononcez _homare_.

*=Honnête=, adj.—_Un homme honnête_ est un homme poli; _un honnête homme_ est un homme de probité.

=Honneur=, s., est masculin.

2. Ne dites pas: _on a érigé à Liége une statue à l'honneur de Grétry_, mais, _en l'honneur_ ou _en honneur de Grétry_.

3. Ne dites pas: _cet élève fera de l'honneur à son professeur_; mais, _... fera honneur à son professeur_.

4. Ne dites pas: _vous en avez de l'honneur_; mais, _cela vous fait honneur_.

=Honoraires=, s. m. pl.: voyez _gage_.

=Honoré, ée=, adj.—Ne dites pas: _en réponse à votre honorée du 24 juillet_; dites, _en réponse à votre lettre..._

*=Honte, Honteux.=—L'_h_ est aspirée: ainsi ne dites pas, _cela est t'honteux_, mais _cela est honteux_ (en aspirant l'_h_).

2. Ne dites pas: _j'étais honteux pour me présenter ainsi_; dites, _... de me présenter ainsi_.

=Hôpital=, s. m.: prononcez _hopital_ (_o_ bref). Voyez _o_.

*=Hoquet=, mouvement convulsif de l'estomac; prononcez _hoquè_, et non _hoquette_ ni _hiquette_, qui ne sont pas français.

=Horloge=, est féminin: _une horloge bien réglée_ et non _un horloge bien réglé_.

2. Ne dites pas: _je l'ai attendu deux heures d'horloge_; dites, _deux heures durant_, ou _deux heures tout entières_.

=Horr=, _initial_, fait toujours entendre les deux _rr_: _horreur, horrible, horriblement, horripilation_.

*=Hors=, prép.—Ne dites pas: _j'ai lu hors d'un livre une anecdote fort amusante_; dites, _j'ai lu dans un livre..._ (Fland.)

2. Ne dites pas: _on a cherché les plus beaux dehors_; dites, _on en a pris, on en a choisi les plus beaux_.

3. Ne dites pas: _il passe son temps à regarder hors de la fenêtre_; dites, _à regarder par la fenêtre_.

4. Ne dites pas: _je suis sorti hors de chez moi vers quatre heures_; mais, _je suis sorti de chez moi..._

5. Ne dites pas: _Monsieur est-il ici? non, il est hors ville_; dites, _il est absent, en voyage, à la campagne, il est sorti de la ville_.

6. Ne dites pas: _on lui a pris son argent hors de sa poche_; dites, _... de sa poche_.

7. Ne dites pas: _je vais tirer mon mouchoir hors de ma poche_; dites, _de ma poche_, comme on dit, _tirer de l'argent de son coffre, de sa bourse, de sa poche; tirer l'épée du fourreau_.

8. N'employez pas _hors_ qui est préposition pour _dehors_ qui est adverbe;—_hors_ doit toujours être suivi d'un complément: _hors d'ici, hors de la maison, hors du pays_. Lors donc que _hors_ n'a pas de complément et qu'il devrait être placé isolément, il faut le remplacer par l'adverbe _dehors_ qui correspond à _dedans_; dites donc: _votre père est-il à la maison? non, il est dehors_, et non, _il est hors_.—_Dehors_, de son côté, étant adverbe, ne peut pas avoir de complément; ne dites donc pas: _mon jardin est dehors de la ville_ ou _dehors ville_, mais _hors de la ville_.—Il en est de même de _dans_ et _dedans_; _avant_ et _auparavant_; _sur_ et _dessus_; _sous_ et _dessous_, etc.

=Hortensia=, s., arbrisseau du Japon, est _masculin_: _un bel hortensia_.

=Hostie=, s. f., ne doit pas s'employer dans le sens de _pain à cacheter_; il ne se dit que du pain que le prêtre consacre à la messe.

=Hôte=, _hôtesse_, s., qui tient un cabaret, une auberge; celui qui vient manger; celui qui héberge, qui donne l'hospitalité ou qui est hébergé: prononcez _ôte_ (_ô_ long).

=Hôtel=, _hôtellerie, hôtelier_: prononcez _otel, otell'rie, otelier_ (_o_ bref): on dit _un hôtel_ et non _une hôtel_.—Voyez _o_ et _maison_.

*=Houe=, s. f., instrument de fer, large et recourbé, qui a un manche de bois, et avec lequel on remue la terre en la tirant vers soi: _vigne labourée à la houe_.—Prononcez _hoû_ (_oû_ long) et non _hou-we_.

*=Houer=, v. a., labourer une terre avec la houe: _il faut houer cette terre_.—Il est aussi neutre: _ce vigneron ne fait que houer toute la journée_.—Prononcez _hou-er_ et non _hou-wer_.

*=Houille=, s. f.—Ne dites pas: _le marchand d'houille_, mais, _le marchand de houille_ (_h_ aspirée).

*=Houp=, interjection pour appeler: prononcez _houpe_.

*=Houppe, Huppe.=—Une _houppe_ est un assemblage de laine, de fil qui se nomme autrement _gland_; (voyez _floche_); une _huppe_ est une touffe de plumes que certains oiseaux portent sur la tête: _mettre des houppes à des chevaux de carosse; la houppe d'une ceinture, d'un bonnet;—la huppe_ (et non _la houppe_) _d'une alouette_.—On dit aussi _huppé_ dans ce sens: _poule huppée_.

*=Houssard, Husard, Hussard.=—L'_h_ est aspirée dans les trois mots: voyez _hussard_.

*=Hoyau=, s. m., sorte de houe à deux fourchons, qui sert à fouir la terre.

=Hubert=, n. pr.—D'après nous, l'_h_ devrait être aspirée, puisqu'elle l'est en wallon; cependant beaucoup de personnes la font muette.

*=Huche=, s. f., grand coffre de bois dont on se sert principalement pour pétrir le pain et pour l'y serrer.

*=Hue=, _huhau, hurhau_, (_h_ aspirée), cri des charretiers pour faire avancer les chevaux et pour les faire tourner à droite. Voyez _dia_.

*=Huée=, s. f., cri pour effrayer, se moquer.

*=Huer=, faire des huées: prononcez _hu-é, hu-er_ et non _hu-éïe, huwé, huwer_.

=Huile à brûler=: on dit plus généralement _huile de lampe, huile à quinquet_.

=Huiles= (_saintes_).—Les huiles dont on se sert pour l'extrême-onction et l'extrême-onction elle-même; dans ces acceptions, _huile_ ne se dit qu'au pluriel: _ce malade a reçu les saintes huiles_, (et non _la sainte huile_).

=Huissier=, s. m., officier de justice: l'_h_ est muette; dites donc _l'huissier, les (z') huissiers_ et non _le huissier, les huissiers_.—Beaucoup de personnes, même parmi celles qui ont reçu un certain degré d'instruction, aspirent imperturbablement l'_h_ de ce mot et s'exposent ainsi au ridicule.

=Huit.=—On dit _le huit, le huitième_; nous étions _huit_ (sans lier l'_s_ avec _huit_):—_huit_, quoique écrit avec une _h_ muette, n'admet pas plus d'élision ni de liaison que si l'_h_ était aspirée.

2. Ne dites pas: _aujourd'hui, hier, demain en huit, en quinze_; mais, _d'aujourd'hui, de demain en huit, en quinze_. (Acad.)

3. Ne dites pas: _cela est arrivé aujourd'hui, hier en huit, en quinze, en trois semaines_; dites, _il y a aujourd'hui, il y a eu hier huit jours, quinze jours, trois semaines que cela est arrivé_. (Fland.)

4. Prononcez _huite_ et non _houite_; le _t_ ne se prononce pas devant une consonne: _huit personnes_ (_hui personnes_.)

*=Hulan=, s. m.: voyez _uhlan_.

*=Hulotte= ou =Huette=, s. f., espèce de hibou.

=Humeur.=—_Être d'humeur à..._, marque l'inclination naturelle ou habituelle: _il n'est pas d'humeur à souffrir une insulte_;—_être en humeur de..._ dénote une disposition actuelle qui n'est pas une habitude: _je suis en humeur de faire ce qu'on voudra_.

=Humidité.=—Ne dites pas: _les humidités sont plus nuisibles que les gelées_; dites, _l'humidité est plus nuisible..._

*=Huppe=, s. f., oiseau: voyez _houppe_.

=Hurluberlu=, s. m., terme familier qui signifie inconsidéré, brusque, étourdi: _c'est un hurluberlu; agir en hurluberlu_.—Ne dites pas _hurluburlu_ ni _hurtuberlu_.

*=Hurter=, v. a. rencontrer durement, choquer, blesser: écrivez et prononcez _heurter_.

*=Huy=, ville: prononcez _Huy_ et non _Houy_.

=Hydromel=, boisson faite d'eau et de miel; ce mot est masculin: _l'hydromel est adoucissant_.

=Hyène=, s. f., loup d'Asie; l'_h_ est muette: _l'hyène_ et non _la hyène_.

=Hyménée=, mariage, est masculin ainsi qu'_hymen_: ne dites pas _hymenée_.

=Hymne=, est du masculin: _un hymne guerrier; Seigneur, quels hymnes sont dignes de vous?_—Il s'emploie ordinairement au féminin, en parlant des hymnes qu'on chante à l'église: _entonner une hymne; chanter une belle hymne_.

=Hypocondre=, s. m., homme bizarre, mélancolique: prononcez _hypocon-dre_ et non _hypocon-de_ ni _hypo-conte_ ni _hypocondère_.