C
=C final.=—Il ne se fait sentir qu'après une voyelle non nasale ou une consonne: arsenic (quelques-uns prononcent arseni contrairement à l'Académie), bac, hamac, lac, bec, pic, roc, bouc, caoutchouc, duc, busc, etc.; excepté pourtant dans arc-boutant, arc-bouter, arc-doubleau, broc, (voyez ce mot), accroc, raccroc, escroc, estomac, tabac, lacs (filets), cric, échecs (jeu), porc (on prononce ordinairement le c quand il est à la fin de la phrase et devant une voyelle), marc (poids), Saint-Marc, employé comme déterminatif, tels que la place Saint-Marc, le lion Saint-Marc; mais dans saint Marc, l'évangéliste, Marc, nom d'homme, le c se fait sentir; amict ne fait sentir ni le c ni le t. Dans le discours soutenu, la liaison peut avoir lieu pour les substantifs estomac, instinct, suivis d'un adjectif: estoma-kaffaibli, instin-kadmirable.—Le c se prononce également dans les noms propres Armagnac, Brissac, Balzac, Cavaignac (prononcez Cavagnac), Cognac, Nérac, Ravaillac.
=Ça=, interjection familière, dont les wallons abusent trop souvent dans les locutions suivantes: oui, ça! non, ça; régulièrement il faut la supprimer.
2. Il fera ça ou cela mieux une autre fois, est une locution wallonne; dites, il fera d'autant mieux... ou en revanche, il fera mieux. (Wall.)
3. Les flamands doivent éviter de commencer leurs phrases par le mot ça: ça est vrai, ça est bon, ça je dis, ça j'ai répondu, ça je ne sais pas; ils doivent dire simplement, c'est vrai, c'est bon, je dis cela, j'ai répondu cela, je ne le sais pas, à moins qu'on ne veuille insister particulièrement ou établir une sorte d'opposition: ceci est faux, cela est vrai; ceci est mauvais, cela est bon; quant aux expressions ça ou cela je dis, etc., cette inversion n'est jamais permise en français; il faut alors recourir à une autre tournure, par ex.: voici ce que dis, voilà ce que j'ai répondu.
4. Il est comme ça, c'est son caractère, est une expression française.
=Cabaret=, s. m.: faites le premier a bref.
=Cabas=, s. m., petit panier; l's ne se prononce pas.
2. Aller à cabasse, est une locution wallonne; dites, aller bras dessus, bras dessous.
=Cabeliaud=, n'est pas français; dites cabillaud (ll mouill.)
=Cabus=, adj. m., sans féminin, pommé; il ne se dit qu'avec le mot chou: des choux cabus; on ne prononce pas l's.—Cabusette n'est pas français; dites laitue pommée.
=Cacao=, s. m., amande du cacaoyer, base du chocolat; prononcez caca-o.
=Cachément, Cachettement=: ces mots ne sont pas français; dites en cachette, secrètement, en secret.
=Cacis= ou =Cassis=, s. m., arbuste, liqueur; prononcez câci-ce.
=Cacophonie=, s. f., son ou accord désagréable; ne dites pas cacaphonie.
=Cadastre=, s. m.; prononcez cadas-tre et non cadasse ni ca-das-tère.
=Cadavre=, s. m., corps mort; prononcez cada-vre et non cada-fe ni cada-vère: cadavre inanimé est un pléonasme ridicule.
=Cadeau=, s. m.—Ne dites pas: j'ai reçu ce livre en cadeau; dites, on m'a fait cadeau de ce livre.
=Cadenas=, s. m., serrure mobile; ne dites pas loquet pour cadenas; le loquet en effet est une fermeture très-simple que l'on met aux portes qui n'ont pas de serrure et à celles dont le pêne est dormant; il correspond assez bien au mot wallon cliche, clichette.
2. Ne confondez pas non plus le loquet ou le cadenas avec la targette, qui est une petite plaque de métal, portant un verrou plat, et qu'on met aux portes, aux fenêtres, etc., pour servir à les fermer.—Prononcez ca-d'-na et non ca-ne-na.
=Cadre=, s. m.—Ne dites pas: j'ai acheté de beaux cadres, pour de beaux tableaux: un cadre n'est que la bordure du tableau, de l'estampe. Voyez quadre.
=Café=, s. m.; prononcez café et non cafet.
2. On ne dit pas, boire le café, mais prendre le café: boire ne se dit que des liqueurs faites pour servir de boisson, pour désaltérer, comme l'eau, le vin, la bière, etc. Voyez boire.
=Cafouiller= ou =Fafouiller=, pour =Farfouiller=, sont des barbarismes: farfouiller signifie fouiller dans quelque chose avec désordre.
=Cahier=, s. m.; prononcez ca-ié, (h muette) et non ca-iet ni ca-hier, en aspirant l'h.
=Cahotement=, s. m.—Ce mot n'est pas français; dites cahot, pour exprimer les sauts que fait une voiture sur un chemin raboteux; et cahotage, pour marquer l'effet, le mouvement que produisent les cahots.
=Cahotte=, s. f., mot wallon, morceau de papier roulé en pointe de manière à pouvoir contenir quelque chose, se traduit en français par sac, sachet, cornet et rouleau qu'il ne faut pas confondre; on dit: un cornet de tabac, de café; un rouleau de pièces de cinq francs.
=Caillé=, part.; dites, du lait caillé et une dent cariée.
=Caisse=, s. f.—Ne dites pas, une caisse de montre; dites, une boîte de montre.
=Câlin=, adj. (l'a est long).—Ce mot signifie flatteur, cajoleur: un petit câlin, cet homme a l'air câlin; prendre un ton câlin; mais il ne faut pas l'employer dans le sens de méchant ou de saligaud, salaud, crapuleux. (Wall.)
=Caleçon=, s. m., sorte de culotte; ne dites pas, caneçon.
=Calendrier républicain.=—Pendant la révolution française, la Convention voulant faire commencer l'année au jour où la république avait été proclamée, abolit l'ère vulgaire, et data l'ère républicaine du 22 septembre 1792, le jour même de l'équinoxe d'automne. Les mois, au nombre de douze, se composaient uniformément de 30 jours, et étaient rangés dans l'ordre suivant: vendémiaire, brumaire, frimaire,—nivôse, pluviôse, ventôse,—germinal, floréal, prairial,—messidor, thermidor et fructidor. L'année était complétée par des jours épagomènes au nombre de 5, et de 6 dans les années sextiles. Au lieu de la division du mois en semaines, on adoptait une division en 3 décades, dont les jours s'appelaient primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi. Le jour était divisé en 10 parties ou heures. Les noms des saints et des fêtes du calendrier grégorien étaient remplacés par une série de noms de plantes, de métaux, d'animaux, d'instruments aratoires. Exemple: vendémiaire, primidi, raisin; duodi, safran, etc. Le 1er des jours complémentaires fut consacré à la vertu, le 2e au génie, le 3e au travail, le 4e à l'opinion; le 5e était la fête des récompenses; le 6e, dans les années sextiles, la fête de la révolution. La période de 4 ans, au bout de laquelle avait lieu cette addition du 6e jour, formait une franciade.—Le Calendrier républicain avait été imaginé par Romme. La signification de ces mois n'était vraie que pour le climat de Paris. Il a duré moins de 14 ans; sa 14e année, commencée le 23 septembre 1805, finit le 31 décembre suivant: sur un rapport de Laplace au Sénat, un sénatus-consulte du 21 fructidor an XIII rétablit le calendrier grégorien à compter du 1er janvier 1806.
(Dictionnaire de DEZOBRY et BACHELET).
=Calotte=, gifle, pétard, coup donné sur la tête ou au visage avec la main; remplacez ces mots par taloche, claque, soufflet: gifle et calotte pourtant figurent dans les dictionnaires, mais ils sont populaires.
=Calque=, s., est masculin: un beau calque.
=Calquer, Décalquer=, v. n.—Calquer, c'est transporter les traits d'un dessin sur un papier: calquer un dessin, un plan.—Décalquer, c'est reporter le calque d'un dessin sur du papier, sur une toile, sur une planche, etc.
=Calville= (pomme).—Dites pomme calville ou pomme de calville et non calvine ni calvi.
=Camail=, s., vêtement ecclésiastique, et des chanoines ainsi que des évêques en particulier; ce mot est masculin; le pluriel est camails.
=Cambouis=, s. m., graisse noire formée du vieux oing, dont on a enduit les roues; écrivez et prononcez cambouis et non cambuis.
=Campagne.=—Être à la campagne, c'est être en promenade à la campagne ou être dans une maison de campagne, pour y passer quelque temps; être en campagne, c'est être en mouvement, hors de chez soi, qu'on voyage pour son plaisir ou pour ses affaires: quand il est à la campagne, il met tous ses gens en campagne, pour lui procurer des vivres. Ces observations s'appliquent également aux locutions: aller à la campagne et aller en campagne.
=Canaille=, s. f.—Ne dites pas: cette personne est une canaille; ce commissaire est une canaille qui mérite la potence. Ce mot n'est pas français dans ce sens; remplacez-le selon le sens par: un gueux, coquin, fripon; un bandit, malfaiteur, vagabond; un drôle, un maraud, un gredin, un pied-plat, un infâme, un chenapan.—Canaille est un terme de mépris qui se dit de la plus vile populace: il fut insulté par la canaille.—Il se dit aussi des gens de toute condition pour lesquels on veut témoigner du mépris: il nous traite de canaille.—Il se dit quelquefois, par plaisanterie, des petits enfants qui font du bruit, qui importunent: faites taire cette petite canaille.
=Cangrène=: voyez gangrène.
=Caout-chouc=, s. m., résine élastique; prononcez caoute-chouke.
=Capable=, adj.—On dit: cet homme est capable de bien se battre, et non, à, pour se battre; capable n'est jamais suivi des prépositions à ou pour.—Voyez susceptible et assez.
=Capillaire=, capillarité, capillation, capillature: prononcez les deux ll sans les mouiller.
=Capitaine=: prononcez comme c'est écrit, capitaine et non captaine.
=Capot=, adj., 1º confus, interdit; 2º terme de jeu, qui n'a fait aucune levée; cet adjectif est des deux genres et des deux nombres; ne dites donc pas d'une femme: elle est demeurée capote; mais capot.—Prononcez capo (o bref).
2. N'employez pas capot dans le sens de frit, fricassé, cassé, brisé, perdu: cet homme est frit; cet argent est fricassé; tout est frit; ce vase est cassé; cette canne est brisée; cet homme est perdu (et non capot ni capote). (Fland.)
=Capote=, ne se dit proprement que d'une espèce de redingote à l'usage des soldats; dans tout autre cas, servez-vous des mots redingote, frac (s. m. un frac).
=Caprice=, est masculin: un caprice bizarre.
=Capuce=, s. m.; ne dites pas: il rabattit sa capuche sur son visage; dites, son capuce, ou bien, son capuchon, (couverture de tête qui fait partie de l'habillement de certains religieux.)—Capuche n'est pas français.
=Car en effet=, pléon. vicieux; dites seulement, car ou bien en effet; ces deux locutions signifient la même chose.
=Caracole=, est un mot wallon; dites limaçon ou colimaçon.
=Caramel=, bonbon, est un s. m.: aimez-vous le caramel? le caramel est bon pour le rhume; mettre du caramel dans une sauce. (Acad.) Quoique l'Académie ne donne pas d'exemple de ce mot employé au pluriel, nous croyons pourtant qu'on peut dire des caramels, pour désigner les petits bonbons sucrés, de forme carrée ou oblongue, renfermés dans du papier: cet enfant aime mieux les caramels que les dragées.
=Carbonaro=, s. m., au pl., carbonari, nom des membres d'une société secrète d'Italie; ce mot signifie proprement charbonnier.
=Caresse=, s. f.—Ne dites pas: donner des caresses; dites, faire des caresses.
=Carolus=, s. m., ancienne monnaie: prononcez caroluce et non carluce.
=Carotte=, s. f.—Tirer une carotte à quelqu'un, c'est-à-dire, obtenir adroitement d'une personne ce qu'elle n'avait nulle envie de donner, est une locution basse et populaire.
=Carpette=, mot anglais qui n'est pas francisé; dites, tapis de pied, comme on dit, tapis de table, tapis de billard: carpette se dit en français d'un gros drap rayé pour emballage.
=Carré=, ne peut pas s'employer pour quadrille (sorte de danse).—Carré ne se dit pas non plus pour palier: nous logeons sur le même palier et non, sur le même carré.
=Carreau=, s. m.—On doit dire un carré de papier ou un quart de feuille, et non un carreau de papier: écrire une note sur un carré de papier; mais on dit, un carreau de vitre ou simplement un carreau.
=Carrosse=, voiture suspendue, est masculin: un beau carrosse.—Ne dites pas: il roule carrosse, il roule en carrosse; dites, il a un carrosse, il a un équipage.
=Carrousel=, s. m., tournois: prononcez carou-zèle et non caroucèle.
=Cartabelle=, s. f., le petit livre qui indique la manière de réciter l'office, se nomme, en français, un directoire; cartabelle ne figure pas dans les dictionnaires, mais il est usité en Belgique.
=Carte=, s. f.—Ne dites pas une carte de mort, mais un billet de part, un billet d'enterrement.
2. Ne dites pas: ce professeur donne des leçons à un franc la carte; dites, à un franc le cachet.
=Carter=, dans le sens de mêler ou de faire les cartes, n'est pas français; écarter (et non carter) est un terme du jeu de piquet.
=Cas.=—En cas que, au cas que, se disent indifféremment et sont des locutions conjonctives qui régissent le subjonctif.
2. On dit en cas d'empêchement, en cas de malheur; et non, au cas d'empêchement, etc.
3. Cas (faire): on dit, faire cas, faire grand cas, ou ne faire nul cas de quelqu'un ou de quelque chose; on ne dit pas, faire du cas, faire un grand cas de...; toutefois, on dit très-bien: j'en fais beaucoup de cas.
=Casaque=, habillement dont on se sert comme d'un manteau, et qui a ordinairement les manches fort larges: ce mot est féminin.
=Casemate=, s. f., souterrain voûté d'une citadelle: prononcez cazemate et non cacemate ni casemaque.
=Casino=, s. m., société de jeu, de danse: prononcez cazino et non cacino.
=Cassonade=, s. f., sucre non raffiné: prononcez cassona-de et non cassona-te ni castonnade.
=Casuel= (accidentel), ne doit pas s'employer pour cassant, fragile; il faut dire: la porcelaine est cassante, fragile, et non casuelle.
=Cataplasme=, est masculin: appliquer un cataplasme; prononcez cataplas-me et non catapla-me. Voyez asme.
=Catéchisme=, s. m.: prononcez catéchis-me et non catéchime, catéchisse, catéchim-se, catégisme.
=Catherine=, n. pr.: écrivez et prononcez Catherine et non Cathérine.
=Cause= (à).—A cause que, signifiant parce que, est français, quoi qu'en disent MM. Chapsal et Poitevin; au mot par, l'Académie dit: parce que, à cause que; et au mot cause, elle dit: à cause que, parce que.
2. Ne dites pas: c'est cause de vous que j'ai perdu mon livre; dites, c'est à cause de vous.
3. Ne dites pas non plus: je suis tombé, c'est vous la cause; mais, c'est à cause de vous ou c'est vous qui en êtes la cause.
=Causer=, dans le sens de parler; ne dites pas: je lui ai causé longtemps; mais, j'ai causé longtemps avec lui; j'ai causé avec lui de cette affaire (et non je lui ai causé de cette affaire).
2. Ne dites pas: nous nous causerons une autre fois; dites, nous causerons...—Se causer n'est pas français.
=Causette=, n'est pas français; dites causerie ou conversation, selon le sens.
=Causeur=, fait au féminin causeuse et non causeresse.
=Cave=, Esclave, Rave, etc.: prononcez comme c'est écrit, et non ca-fe, escla-fe, ra-fe. Voyez v final.
=Ce, Cela.=—Ne dites pas: cela ne vient pas à huit jours; dites, huit jours de plus ou de moins n'y font rien ou ne font rien à l'affaire. (Fland.)
2. Ne dites pas: c'est ce que je me plains; mais, c'est ce dont je me plains.
3. Ne dites pas: c'est moi qui a, c'est moi qui est; c'est vous qui a, c'est vous qui est; dites, c'est moi qui ai, c'est moi qui suis; c'est vous qui avez, c'est vous qui êtes; c'est nous qui avons, qui sommes, etc.
4. Ça ou cela voulait bien tomber que telle ou telle chose était arrivée.—Quand on veut parler d'une circonstance favorable, d'un heureux hasard, qui arrive dans un certain temps, on dit en flamand: ça voulait bien tomber que... Cette expression ne peut pas s'employer en français; il faut dire par exemple: c'était une circonstance favorable, un heureux hasard que votre frère aîné fût là pour prendre votre défense. (Fland.)
5. Ne dites pas: cela m'étonne que, cela ne me surprend pas que... dites, je m'étonne que ou je suis étonné que; je ne suis pas surpris que...
6. Cela va sans parler, barbar.; dites, cela va sans dire.
7. Ne dites pas: c'est aujourd'hui quatre mois que Jean est mort; dites, il y a aujourd'hui quatre mois que... (Fland.)
8. Ne dites pas non plus: ça été hier trois ans que...; ce sera demain six semaines que... dites, il y a eu hier trois ans que...; il y aura demain six semaines que... (Fland.)
9. C'est... c'était.—Ne dites pas: c'est bien étonnant que...; c'est temps de dîner; c'était dix heures, quand nous arrivâmes; c'était minuit précis, lorsque les voleurs entrèrent; c'était temps qu'il se corrigeât; mais dites, il est bien étonnant; il est temps; il était dix heures; il était minuit précis; il était temps qu'il se corrigeât. (Fland.)
10. Ne dites pas: c'est beau temps aujourd'hui; dites, il fait beau temps, il fait beau aujourd'hui. (Fland.)
11. Ne dites pas: c'est fini avec moi, avec lui; dites, c'est fait de moi, de lui. (Fland.)
12. Ne dites pas: c'est inconcevable les arbres qu'il y a dans ce jardin; dites, vous ne sauriez croire combien il y a d'arbres... (Fland.)
13. Ne dites pas: c'est certain que les enfants étaient plus soumis autrefois; dites, il est certain...
14. Ne dites pas: c'est midi, c'est six heures; il est temps que je retourne; dites, il est midi, il est six heures... (Fland.)
15. Ne dites pas: saluez ce Monsieur; dites, saluez Monsieur. Ce, devant monsieur, dame, demoiselle ou devant un nom propre, est toujours injurieux. Ne dites pas: celui-ci, celle-ci prétend que (en parlant d'une personne présente) cette chose est; ce terme est impoli et inconvenant; dites, Monsieur, Madame, Jean, Jeanne, prétend que...
16. C'est à vous à, signifie ordinairement, c'est votre tour de: c'est à vous à jouer;—c'est à vous de veut dire, c'est votre droit de: c'est à vous de jouer le premier; ou, c'est votre devoir de: c'est à vous de donner l'exemple.
=Céleri=, s. m., plante potagère: prononcez cél'ri et non céléri.
=Cence, Cencier.=—Ces mots ne sont guère usités; on dit plus communément, ferme, fermier.
=Cendrisse.=—Ce mot n'est pas français; dites: cendres.
=Cens=, s. m., redevance en argent: prononcez sance.
=Censé, ée=, réputé, est simplement adjectif: vous êtes censé l'avoir fait; ne le confondez pas avec sensé, qui a du bon sens, qui est conforme à la raison: personne sensée, discours sensé.
2. Censément, n'est pas français; ne dites pas: il est censément docteur; dites, il est censé docteur.
=Cent= et =Vingt=, prennent une s quand ils sont précédés d'un autre adjectif numéral qui les multiplie: quatre-vingts enfants; ils sont quatre-vingts; deux cents hommes; ils sont deux cents.—Exceptions: quoique multipliés par un autre adjectif numéral, vingt et cent sont invariables:—1º quand ils sont suivis d'un autre nombre: quatre-vingt-un ans, quatre-vingt-deux ans, deux cent trois ans, etc.; Mathusalem vécut neuf cent soixante-neuf ans.—2º Quand ils sont employés par abréviation pour vingtième, centième, parce qu'alors ils déterminent un substantif singulier exprimé ou sous-entendu: numéro quatre-vingt, page deux cent, l'an trois cent, en dix-sept cent, l'an mil huit cent, l'an mil huit cent cinquante-neuf, c'est-à-dire, numéro quatre-vingtième, page deux centième, l'an mil huit centième, etc.—Cent, employé pour centaine, devient substantif et prend la marque du pluriel: deux cents de fagots.
=Centaure.=—Ne dites pas: ce musicien a une voix de centaure; dites, une voix de stentor.—Centaure est un monstre fabuleux, tandis que Stentor est le nom d'un grec célèbre par la force de sa voix.
=Centime, Décime=, sont masculins comme les termes du système décimal: un centime, un décime (dix centimes).—Cents est aussi masculin: un cents; mais ce mot ne peut plus s'employer aujourd'hui, en Belgique, que pour désigner la monnaie hollandaise qui correspond à peu près à nos pièces de deux centimes; remplacez donc ce mot par le mot centime: deux centimes, pièce de deux centimes, cela coûte quatre centimes, etc.
=Cep=, s. m., pied de vigne: prononcez cèpe.
=Cerf=, s. m., bête fauve de l'ordre des ruminants; prononcez cerfe, lorsqu'il est seul ou à la fin d'un mot et cère lorsqu'il s'appuie sur un autre mot. (POITEVIN, Dict.)—Dans serf (au fém. serve) on fait toujours sentir l'f. (Acad.)
=Cerise, Cerisier.=—Ne dites pas cérise, cérisier.
=Certain, aine=, adj.—Une certaine chose, est une chose non désignée; une chose certaine, est une chose vraie, sûre.
=Cesser, Décesser.=—Il ne décesse de parler, est une expression vicieuse, quoique très-commune; dites, il ne cesse, il ne discontinue pas de parler, il ne déparle pas.
=Ceux=, pr. p.—Ne dites pas: il y en a de ceux qui parlent; dites, il y en a qui parlent: prononcez ceu et non ceuze.
=Ch.=—Les flamands sont exposés à le prononcer comme une s: un sien, un sin, il se casse, panasse, siersier, siez, sicorée, etc., au lieu de, un chien, il se cache, panache, chercher, chez, chicorée, etc.—Ils ne doivent pas non plus donner à che le son de ge: panage, cravage, il se cage, il se fâge, pour panache, cravache, il se cache, il se fâche. Voyez archaïsme et sch.
=Chacun.=—On ne dit pas, un chacun, un quelqu'un; on dit simplement, chacun, quelqu'un.
2. Ne dites pas: ces livres me coûtent deux francs chaque; nous avons eu dix francs chaque; dites, six francs chacun, ou chaque livre me coûte deux francs; nous avons eu dix francs chacun; chaque est adjectif et veut toujours un substantif après lui.
=Chair=, s. f.—Ne dites pas: il est noir de chair; dites, il a la peau noire. Voyez noir.
=Chaire prêchoire=, barb.—Dites chaire de vérité ou simplement chaire (n'écrivez pas chair); ne dites pas non plus chaise.
=Chako=, s. m.: on écrit aussi schako et shako; au plur. chakos.
=Chaland=, signifie pratique, acheteur: il a perdu ses chalands; un nouveau chaland; attirer les chalands.
=Châle=, s. m., vêtement de femme: on écrit aussi, mais moins souvent, schall et shall.
=Chalet=, s. m., nom des maisons des paysans suisses, etc.; prononcez l'a et l'e brefs, chalet et non châlet ni chalais.
=Chambellan=, s. m., officier de la chambre du roi; ne dites pas chamberlan ni chambrelan.
=Chambran=, s. m., barb.; dites chambranle pour désigner l'encadrement de bois qui se place aux portes, aux cheminées: le chambranle; (masculin).
=Champignon.=—Dites, il y a un champignon à la chandelle, et non, il y a un voleur.
=Chandeleur=, s. f., fête de la Purification, 2 fév.; la fête de la Chandeleur; ne dites pas la Chandeleuse.
=Chandelle de cire=, pour cierge ou bougie.—Le mot chandelle se dit plus communément pour la chandelle de suif: les chandelles d'autel se nomment ordinairement cierges et quelquefois chandelles; bougie se dit des chandelles fines.
=Changer.=—Ne dites pas à une personne mouillée: changez-vous, allez vous changer ou allez changer; mais, changez de linge, changez de chemise, changez de vêtement.
2. Changer pour, changer contre: ces deux locutions se disent indifféremment: il a changé sa vieille vaisselle pour ou contre de la neuve.
=Chanvre= et =Chènevis=.—Le chanvre est la plante et le chènevis est la graine du chanvre; d'où il suit que l'on doit dire: donnez du chènevis à votre pinson, et non, du chanvre.
=Chaque=, adj. indéf.—Ne dites pas: il fait un voyage chaque huit jours; dites, tous les huit jours.
2. Ne dites pas: nous jouerons chaque à tour; dites, tour-à-tour. Voyez chacun.
=Char à banc=, s. m., s'écrit sans trait d'union; au pluriel chars à bancs.
=Charcutier=, s. m.—Autrefois on nommait chaircutier, celui qui vend de la viande de porc; aujourd'hui on dit seulement charcutier, charcutière (et non charcuitier, ière).
=Chardonneret=, s. m., oiseau; ne dites pas, chardonnet.
=Charité=, s. f.—Les dames de charité, sont les dames du monde qui concourent à une œuvre de bienfaisance; les dames de la charité, sont des religieuses qui soignent les pauvres, les malades, etc., et qu'on appelle ordinairement Sœurs de la charité.
2. Ce mot peut se mettre au pluriel dans le sens d'aumônes: cette dame fait de très-grandes charités; et dans cette expression proverbiale: prêter des charités à quelqu'un, c'est-à-dire, chercher à faire accroire faussement qu'il a dit ou fait quelque chose de mal.
=Charlatan=, s. m., n'a point de fém. correspondant.
=Charpie=, s. f., linge effilé qu'on met sur une plaie.—Poix, s. f., matière résineuse qui provient des pins ou des sapins: le cordonnier enduit son ligneul de poix (et non de charpie.) (Wall.)
=Charrée.=—Ne dites pas, une charrée de bois, mais, une charretée de bois.
=Charron= et =Charretier=.—Le charron, est un ouvrier qui fait des charriots; le charretier est le conducteur d'une charrette; les wallons sont exposés à employer charron pour charretier.
2. Charretier, s. m.; on dit au féminin, une charretière.
=Chasse=, s. f., action de chasser; prononcez chace (a bref); =Châsse=, s. f., coffre pour les reliques; prononcez châce (a long).
=Chasselas=, s. m., raisin; prononcez chass'là.
=Châssis=, s. m., cadre de vitrage; prononcez châci.
=Château=: voyez maison.
=Châtier=, Châtiment, Châtiable: prononcez châthier, etc., â long et ié diphthongue. Voyez ti.
=Chaud.=—Ne dites pas: j'ai chaud les mains, les pieds ou des mains, des pieds; dites, j'ai chaud aux mains, aux pieds; ou bien, j'ai les mains, les pieds chauds. Il en est de même de avoir froid. Voyez froid.
=Chauffer.=—Dites, échauffer un appartement et non, chauffer.
=Chaufferette= et =Couvet=, ustensile pour chauffer les mains, les pieds; ne dites pas, chauffette.
=Chausson=, s. m., sorte de pâtisserie qui contient de la marmelade, de la compote ou des confitures, et qui est faite d'un rond de pâte replié sur lui-même; c'est ce qui se nomme en wallon liégeois golzâ.
=Chauveté=, s. f., état de ce qui est chauve; ce mot n'est pas français; dites calvitie: cette calvitie a été causée par la maladie.
=Chef=, s. m.—Ne dites pas: j'ai dix ans de chef, d'employé, etc.; dites, il y a dix ans que je suis chef, employé; j'ai dix ans de service.
=Chemin de fer.=—Dites: je suis venu par le chemin de fer, par tel convoi et non, avec le chemin de fer, avec tel convoi; ne dites pas non plus: je suis venu par ou avec la vapeur.
=Chenal=, s. m., conduit de bois ou de plomb qui recueille les eaux du toit et les porte dans la gouttière ou dans le tuyau de descente; on dit plus souvent, chéneau, pluriel, chéneaux; chenal, quoique l'Académie n'en dise rien, doit faire au pluriel chenaux.
=Chenil=, s. m., logement des chiens de chasse: prononcez ch'ni et non chenile.
=Cheptel=, s. m., bail de bestiaux; prononcez chètèle.
=Cher, Chère=, adj., s'emploie souvent comme adverbe pour modifier un verbe, et alors il est invariable: ces étoffes sont-elles chères (adj.)?—je les ai payées cher. (adv.)
=Chercher= après quelqu'un ou après quelque chose, est une locution vicieuse; dites, chercher quelqu'un ou quelque chose: qui cherchez-vous?—Je cherche mon frère, je cherche ma montre.
2. Chercher querelle.—Les enfants disent souvent c'est lui qui me cherche; qui est venu me chercher; chercher, pris dans ce sens, n'est pas français; il faut dire: c'est lui qui me cherche querelle, qui me cherche noise, ou qui m'agace, qui me provoque.
3 Chercher, ne peut pas s'employer dans le sens d'apprendre; ne dites donc pas: où avez-vous cherché cette nouvelle; dites, où avez-vous appris cette nouvelle?
4. Ne dites pas: où avez-vous cherché pour ce mot? dites, où avez-vous cherché ce mot? (Fland.)
5. Ne dites pas non plus, voir après quelqu'un; dites, chercher quelqu'un.
=Chérif=, s. m., prince chez les Arabes ou chez les Maures. Il ne faut pas le confondre avec schérif ou shérif, officier municipal en Angleterre.
=Chétif insecte=: prononcez chéti-finsecte et non chéti-vinsecte.
=Cheval=, s. m.: prononcez cheval en appuyant fortement sur l'e et non jeval ni ch'fal; il en est de même de chevaux, cheveu, cheville, achever, écheveau, échevin.
=Chevrettes=, s. f., petites écrevisses de mer; ce mot n'est pas français; dites crevettes: aimez-vous les crevettes?
=Chevrons=, s. m. (en wallon, wère), pièces de bois placées sur les pannes (en wallon viennes), et qui soutiennent les lattes sur lesquelles on pose la tuile ou l'ardoise; voyez panne.—Chevron se dit aussi de deux morceaux de galon assemblés en angle, que les militaires ont le droit de porter sur la manche gauche de leur habit, après un certain temps de service: ce soldat a deux, a trois chevrons.
=Chez.=—Les Wallons abusent singulièrement de ce mot; ainsi ils diront: la servante de chez Simon, pour la servante de Simon; j'ai passé devant chez Pierre, pour devant la maison de Pierre; c'est un élève de chez les Jésuites, pour des Jésuites.
=Chic=, s. m.—Cet homme a du chic; cet ouvrier n'a pas le chic; etc.—Cette expression est de la dernière familiarité; on peut en dire autant de chicard, chicarder.
=Chicaneur, euse, Chicanier, ère=, adj. et s.—Le chicaneur aime à chicaner, principalement en affaires; le chicanier conteste, vétille sur les moindres choses.
=Chien=, s. m., animal domestique; prononcez chi-in et non chian, siïn, chin.
=Chiffon de pain=, gros morceau de pain, n'est pas français; dites, quignon de pain.
=Chine.=—Écrivez et prononcez échine: il s'est rompu l'échine (épine du dos).
=Chiper=, prendre, dérober, est français, mais il est très-populaire.
=Chipote=, dans le sens de chipotier, chipotière, n'est pas français.
=Chipoteur.=—Ce mot n'est pas plus français que façonneur, tripoteur, rancuneur ou rancuneux; dites, chipotier, façonnier, tripotier, rancunier, ière. Cependant on dit également bien chicaneur, euse, et chicanier, ière. Voyez ces mots.
=Chique=, s. m., petite boule de pierre ou de marbre qui sert à des jeux d'enfants; ce mot est wallon; dites, bille (ll mouillées): gobille se dit quelquefois aussi pour bille. (BESCHERELLE.)
=Chiragre=, s.f.;—chirographaire, adj. des 2 genres;—chirologie, s. f.;—chiromancie, s. f.; chiromancien adj.;—chiste, terme de chir. (on écrit plus souvent kyste; ne confondez pas avec schiste, pierre lamellée), s. m.—Dans tous ces mots, chi se prononce ki.
=Chirer=, pour déchirer, n'est pas français.
=Chirurgien=: prononcez chirurgien et non chirugien, cherurgien, cirugien, cirurgien.
=Choir=, v. n. et défectif.—Il ne s'emploie qu'à l'infinitif et au participe passé chu, chue, qui se construit avec être: il est chu.
=Cholédologie=, s. f.;—cholédoque, adj., masculin sans fémin.;—choléra,—cholérique,—chondrologie, s. f;—choraïque, adj.;—chorée, s. m.;—chorus, s. m.;—chorège, s. m.;—chorégraphie, s. f.;—chorégraphe, s. m.;—chorégraphique, adj.;—chorévêque, s. m.;—choriambe, s. m.;—chorion, s. m.;—choriste, subst. des deux genres;—chorographie, s. f.;—chorographique, adj.;—choroïde, s. f. Dans tous ces mots, cho se prononce ko.
=Choléra-morbus= ou simplement =Choléra=: prononcez koléra-morbuce, koléra (Acad.)—L'Académie écrit aussi coléra-morbus.
=Choquer=, ne s'emploie pas pour signifier pousser, bousculer, heurter: il m'a heurté en passant, et non, .... choqué; ces deux convois se sont heurtés, et non ... choqués.
=Chose=, s. f.—Évitez de vous servir de ce mot pour désigner, à la manière des enfants, une personne dont vous ne vous rappelez pas le nom: chose m'a dit; j'ai vu chose; j'ai dit à chose.
2. Ne dites pas: oh! Monsieur, c'était quelque chose! ajoutez, de beau, de magnifique; ou bien dites, c'était beau à voir. (Fland.)
3. Ne dites pas: il est fait la même chose que l'autre; dites, il est fait comme l'autre, absolument comme l'autre, ou, de même, tout de même que l'autre. (Fland.)
4. Prononcez chô-ze (ô long) et non choze ni chôce.
5. Chose (quelque).—Quelque chose est féminin dans le sens de quelle que soit la chose: quelque chose que je lui aie dite; ou au pluriel: quelques choses que je lui aie dites, je n'ai pu le convaincre.—Il est masculin quand il signifie une chose: quelque chose de fâcheux; quelque chose qu'il m'a dit m'a surpris.
6. Chose (autre).—Autre chose est masculin: quelque chose est promis, autre chose est accordé.
=Choser=, n'est pas français; ne dites pas: qu'est-ce que vous chosez là? dites, qu'est-ce que vous faites là?
=Choucroute=, s. f., chou aigre et salé; il s'écrit sans trait d'union et en un seul mot.
=Chrême=, s. masculin, huile sacrée, mêlée de baume: le saint Chrême;—crème (acc. grave), s. féminin, la partie la plus grasse du lait et nom de certaines liqueurs.
=Chrestomathie=, s. f., choix de morceaux d'auteurs réputés classiques dans une langue morte ou étrangère: la chrestomathie grecque de Boscha.—Prononcez chrestomathie (comme sympathie) et non chrestomacie.
=Chrétienté=, s. f., pays chrétien; écrivez et prononcez chrétienté (créthi-inté), et non, chrétienneté (créthi-ènn'té).
=Christ=: on prononce l's et le t dans ce mot: Chris-te; on ne les prononce pas dans Jésus-Christ, antechrist: Jésu-cri, antecri.
=Chut=, interj., paix, silence: prononcez chute.
=Chute=, s. f., mouvement d'une chose qui tombe, malheur, etc.: ce mot s'écrit sans accent circonflexe sur l'u.
=Ci.=—Les gens du peuple disent: cet homme ici, ce jardin ici; il faut dire, cet homme-ci, ce jardin-ci (avec le trait d'union).
2. Ci-inclus, ci-joint; voyez inclus.
=Cicérone=, s. m., guide des étrangers en Italie; prononcez cicérôné et non tchitchérôné ni chichérôné.
=Cicogne=, s. f., grand oiseau de passage; on prononce et on écrit aujourd'hui, cigogne.
=Cigare=, est masculin: un cigare, et non, une cigare.
=Ciguë=, s. f., herbe vénéneuse; prononcez cighû (u long) et non cighe ni cighu-we.
=Cil=, s. m., poil des paupières: prononcez cille (l mouillée). (Acad.)
=Cime=, s. f., le sommet d'une montagne, d'un arbre, etc.; écrivez cime et non cîme.
=Cimetière=, est masculin: porter un mort au cimetière; il faut bien se garder de prononcer cimetchière, cimitière ou cimetié. Voyez ti.
=Cinq.=—Devant une consonne, prononcez cin; cin francs, cin femmes; le q se fait entendre lorsque cinq est seul ou bien lorsqu'il est devant une voyelle ou une h muette et à la fin d'une phrase: cinq arbres (cinque), cinq hommes (cinque); nous sommes cinq (cinque); cinq (cinque) multiplié par cinq (cinque).
2. Ne dites pas: en tombant j'ai fait un cinq à mon pantalon (une déchirure); dites, j'ai fait un accroc (akrô).
=Cypaye=, s. m., soldat indien: prononcez cipa-ye, (comme paille) et non cipaî, (comme je paie, tu paies). (Acad.)
=Circonspect=, adj.; prononcez circonspek; cependant on peut aussi prononcer circonspè.
=Ciseau=, s. m. pl., instrument des couturières à deux branches, s'emploie ordinairement au pluriel: prêtez-moi vos ciseaux. —Cependant il s'emploie quelquefois au singulier: on n'a pas encore mis le ciseau dans cette étoffe; le chirurgien lui a donné trois coups de ciseau. (Acad.)
2. Ciseau, au singulier, est un instrument de menuisier.
=Clair, e=, adj.—Ne dites pas: le général fit une charge le sabre au clair; dites, le sabre au vent, au poing, le sabre haut, le sabre dégaîné.
=Claquer, Craquer=, v. n.—On dit, claquer des mains; faire claquer un fouet; ses dents claquent; il claque des dents.—On dit: ce lit craque; ce biscuit craque sous la dent.
=Classe=, s. f., ordre, leçon: prononcez clâce.
=Claude=: voyez reine-claude.
=Clayon=, s. m. ou =Plat d'osier=, se dit de la petite claie ronde sur laquelle on met du gâteau, de la tarte, etc.
=Clef=, s. f.—On prononce clé même devant une voyelle; quelques-uns écrivent clé. (Acad.)
2. Dites: tirez la clef de la serrure et non, tirez la clef en bas de la serrure.
3. Dites également: la clef est à la porte et non après la porte.
=Clématite=, s. f., plante; ne dites pas, clémentine.
=Clerc=, s. m., ecclésiastique, praticien; prononcez clère; le c final se prononce dans la locution: de clerc à maître.
=Cliche, Clichette=, s. f., mots wallons, que l'on fait trop souvent français.—Il faut le rendre, d'après ses acceptions diverses, par les mots: loquet, clenche, clinche, bouton et targette.
2. Le loquet est l'ensemble d'une fermeture très-simple que l'on met aux portes qui n'ont pas de serrure et à celles dont le pêne est dormant; il est composé d'un battant, d'un mentonnet, d'un levier ou bascule et d'un bouton.
3. Le mentonnet est la pièce de fer, fixée au chambranle de la porte, qui reçoit le bout de la clenche ou du loquet, pour tenir la porte fermée.
4. Le levier ou bascule est proprement un petit levier faisant bascule, sur lequel on appuie pour lever le loquet d'une porte; les mots clenche ou clinche correspondent très-bien à lever et bascule.
5. Le battant est la pièce de fer horizontale qui se lève ou se baisse à l'aide du levier et s'adapte au mentonnet pour fermer la porte.
6. Le bouton est une pièce de fer ou de cuivre qui est ordinairement de forme ronde ou ovale, en forme de croix brisée ou de crosse, et qui sert à tirer une porte à soi ou à l'ouvrir: tournez le bouton (Acad.)—N'employez pas les mots pommeau, clenche, clinche, crossette pour le mot bouton.
7. Le loqueteau est un petit loquet que l'on met ordinairement aux volets ou aux carreaux mobiles d'en haut d'une fenêtre, et auquel on attache un cordon, afin de pouvoir les ouvrir et les fermer aisément.
8. Targette, s. f., petite plaque de métal qui porte un verrou plat, et qu'on met aux portes, aux fenêtres, etc., pour servir à les fermer.
=Client=, s. m.—Les commerçants ont des pratiques, les hommes de loi ont des clients.—Prononcez cli-an et non cli-ian.
=Cligne-musette=, s. f., jeu d'enfants, où l'un ferme les yeux, tandis que les autres se cachent pour qu'il les cherche: jouer à cligne-musette ou à la cligne-musette.—Écrivez cligne-musette (trait d'union) et non clignemusette ni cligne-mussette.
=Clissé, ée=, adj., qui est garni, enveloppé d'une clisse (ou clayon), espèce de petite claie faite d'osier, de jonc: bouteille clissée, gourde clissée.
=Cloaque=, s. m., égout: prononcez clo-ake (deux syllabes).
=Cloche=, s. f., manteau de femme garni d'un capuchon et nommé pelisse dans certaines localités wallonnes.
=Cloche-pied= (à), loc. adv., sur un pied; ne dites pas: courir à croche-pied, mais, à cloche-pied.
=Cloporte=, s. m., insecte (en wallon cochon de cave, en flamand duizendbeen); ne dites pas clou-à-porte, mais cloporte.
=Clou=, s. m., petit flegmon très-douloureux qui a son siége dans la peau, est français: on l'appelle aussi furoncle (s. m.), surtout en terme de médecine.
=Clouer= et =Clouter=, ont une différence de signification bien marquée: clouter, c'est garnir de clous; clouer, c'est attacher avec des clous; d'où il suit qu'on ne peut pas dire clouer un clou, pas plus que chanter un chant; dites mettre, placer, ficher un clou, attacher avec un clou ou des clous.
2. Prononcez clou-er, je cloû et non clou-wer, je clou-we.
=Club=, s. m., société politique; prononcez clu-be et non clupe; plusieurs prononcent cloube, d'autres clobe. (Acad.)
=Cocasse=, adj. des 2 genres, plaisant, comique, ridicule; ce terme est populaire: personne cocasse, vêtement cocasse.
=Code=, s. m., recueil de lois; prononcez code (o bref) et non côde (o long) ni co-te.
=Cœtera= (et): voyez et cœtera.
=Cœur= (Avoir).—Ne dites pas: qu'ai-je cœur; je n'en ai cœur; dites, que m'importe; cela m'est égal, peu m'importe.
2. Avoir cœur (cure), est la vieille locution française avoir cure (habere curam), avoir soin, avoir souci de... Il est à regretter qu'elle soit tombée en désuétude; elle n'est plus usitée que dans quelques phrases familières, comme: a beau parler qui n'a cure de bien faire.
3. Ne dites pas: j'ai le cœur malade; dites j'ai mal au cœur.
=Coi=, adj., calme, tranquille; le féminin était autrefois coie; on ne dit plus aujourd'hui que coite.
2. Ce mot n'est guère usité que dans ces phrases familières: se tenir coi, demeurer coi. (Acad.)
3. La locution, chambre coite, (chambre bien fermée et bien chaude) a vieilli. (Acad.)
=Coing=, s. m., fruit astringent; on ne prononce pas le g.
=Coléreux=, adj.—Ne dites pas, c'est un homme coléreux; dites, c'est un homme colère ou colérique.
=Colidor=: ce mot n'est pas français; écrivez corridor et prononcez coridor.
=Colla, Colle, Colli, Collo, Collu=, initiales qui font toujours entendre les deux l: collatéral, collation, collection, collision, colloque, collusion.
=Colle=, s. f., menterie, hâblerie: quelle colle il débite là! ce terme est populaire.
=Colophane=, de la colophane, résine, est féminin; ne dites pas colaphane.
=Colorer, Colorier.=—Colorer, c'est donner la couleur, de la couleur: le soleil colore les fruits; un vif incarnat colorait son visage; les raisins commencent à se colorer; le safran colore l'eau; l'art de colorer une injustice, le verre, le cristal. Au figuré, colorer signifie, donner une belle apparence à quelque chose de mauvais: colorer un mensonge; vice coloré.—Colorier, c'est appliquer les couleurs convenables sur une estampe, sur un dessin: je veux colorier cette lithographie; gravure coloriée; frontispice colorié; ce peintre colorie mieux qu'il ne dessine.
=Colza=, s. m., chou sauvage et huile tirée de sa graine; écrivez et prononcez colza et non golza. Voyez chausson.
=Combien.=—Ne dites pas: le combien du mois sommes-nous aujourd'hui? nous sommes le combien du mois? mais dites, quel quantième du mois avons-nous; quel est le quantième du mois? ne dites pas non plus: le quantième avons-nous; mais, quel quantième...
2. Combien est-ce que vous demandez pour?—Cette manière de demander le prix d'une marchandise n'est pas française; dites, combien vendez-vous...
3. Ne dites pas non plus: combien est-ce que vous avez payé pour ce livre? dites, combien avez-vous payé ce livre?
=Commandement=, s. m., ordre.—Prononcez comman-d'-ment (en faisant sentir le d) et non comman-n'-ment (en remplaçant le d par une n); il en est de même de, je demandais, je demeure, mandement, admettre, admission, administrer, etc.
=Commander.=—On commande quelque chose à quelqu'un et l'on commande à quelqu'un; ne dites donc pas: il faut savoir commander ses ouvriers; mais, à ses ouvriers.
2. Commander quelqu'un, ne se dit que quand il s'agit de commandement militaire: dix hommes furent commandés pour cette expédition; le régiment des guides est commandé par le colonel N.—Commander à et le: voyez présider.
=Comme.=—Ce mot ne peut pas être employé pour que, à la manière des flamands; ainsi ne dites pas: il est aussi grand comme moi; vous avez reçu autant comme moi; dites, il est aussi grand que moi; vous avez reçu autant que moi.
2. Il neige comme; vous êtes comme si gai, sont des expressions barbares; il est bien plus simple de dire: il paraît qu'il neige; vous me semblez ou vous m'avez l'air d'être gai.
3. Comme pour.—Ne dites pas: j'étais comme pour pleurer, comme pour mourir; mais dites, j'étais disposé à pleurer, j'étais sur le point de pleurer, j'allais pleurer; on aurait dit que j'allais mourir, etc.
4. Comme si, ou si, ne doivent jamais être suivis du conditionnel (ce serait un flandricisme): c'est comme si vous viendriez me voir; s'il aurait fait ses devoirs, il ne serait pas puni; dites, c'est comme s'il venait me voir; s'il avait fait ses devoirs, etc.
5. Comme de juste, est un barbarisme; dites, comme il est juste, comme il est raisonnable, et mieux comme de raison.
6. Comme il parle, au lieu de, à l'entendre, est un flandricisme; ne dites donc pas: comme il parle, on le prendrait pour le premier avocat du pays; dites, à l'entendre parler, on le prendrait...
7. Ne dites pas: il m'a dit comme ça, qu'il allait partir: retranchez comme ça, qui est inutile et ridicule.
8. Ne dites pas: comment est-ce qu'on dit, qu'on fait? dites, comment dit-on, comment fait-on?
9. Ne dites pas: si j'étais comme vous, voici ce que je ferais; dites, si j'étais de vous, si j'étais à votre place...
10. Comme tout.—Ne dites pas: il est sage comme tout; dites, il est fort sage, il est parfaitement sage.
=Commencer, Finir.=—On dit, commencer par, finir par et non commencer avec, finir avec: il commence son déjeuner par le café et finit par des fruits.
2. Commencer de, désigne une action qui aura de la durée: il avait commencé d'écrire sa lettre.—Commencer à, désigne une action qui aura du progrès, de l'accroissement: cet enfant commence à parler, à lire; le jour commence à luire.
=Comment.=—Comment va-t-il avec vous; comment vous va; comment vous va-t-il?—Remplacez ces expressions par: comment vous portez-vous, comment va votre santé, comment vous en va? (Acad.)—Comment va-t-il avec vous, est un flandricisme; comment vous va et comment vous va-t-il, sont des expressions incorrectes.
2. Il y a de ridicules façons de parler, auxquelles on se laisse aller quelquefois par insouciance ou par imitation; de ce nombre sont celles-ci: (comment vous portez-vous?) comme vous voyez; pas mal et vous, et la vôtre; comme un homme qui vient de chez son notaire; un spirituel magistrat, afin d'éviter un compliment banal, abordait ses amis en leur disant: pas mal et vous?
3. Comment ce que.—Comment ce qu'on fait; comment ce qu'on dit? locutions employées par le bas peuple; il faut dire, comment fait-on, comment dit-on?
4. Ne dites pas non plus: comment est-ce qu'on raconte ce malheur? comment est-ce que cela est arrivé? Dites: comment raconte-t-on ce malheur? comment cela est-il arrivé?
=Commerce.=—Ne dites pas: mon frère fait commerce; mais, est dans le commerce, fait le commerce; il est commerçant, négociant.
2. Ne dites pas: les commerces ne vont pas; dites, le commerce ne va pas.
3. Ne dites pas: je fais plusieurs commerces; dites, j'ai ou j'exploite plusieurs branches de commerce.
=Commodité.=—Ne dites pas: cette famille a bien la commodité, a bien le moyen, est fortunée; mon cousin a bien la commodité de tenir un cheval; dites, cette famille est, vit dans l'aisance, elle est riche, elle a de la fortune; mon cousin a bien les moyens (et non le moyen) de..., est assez riche pour... Moyen, dans le sens de richesses, ne s'emploie qu'au pluriel; vous ne direz donc pas avec les wallons: mon voisin a bien le moyen; dites, mon voisin vit dans l'aisance, a de la fortune, etc.
=Commun, une=, adj.—Commune voix, désigne l'unanimité des suffrages, des voix; la voix commune est la voix vulgaire, la rumeur publique.
=Compacte=, adj. des deux genres, très-resserré, peu poreux; cet adjectif s'écrit au masculin comme au féminin; prononcez compak-te et non compake.
=Comparer.=—On dit souvent par inadvertance: cette étoffe, cette maison n'est pas à comparaître à celle-là; il faut dire, à comparer.
2. Comparer à, comparer avec.—Le premier suppose une analogie, un rapport commun de ressemblance entre les deux termes. Comparer avec éloigne l'idée de ce rapport, de cette ressemblance: il n'y a point d'église que l'on puisse comparer à celle de Saint-Pierre à Rome;—que l'on compare la docilité, la soumission du chien avec la fierté et la férocité du tigre. (BUFFON.)
=Comparoir=, v. n., usité seulement à l'infinitif; mais il a vieilli et l'on dit aujourd'hui comparaître.
=Comparution=, s. f., action de comparaître devant le juge; ce mot s'écrit et se prononce comparution, quoique l'on dise apparition et disparition.
=Compendium=, s. m., abrégé; prononcez conpindiome: un compendium de théologie.
=Comperose=, s. f., vitriol; écrivez et prononcez couperose.
=Complet=, adj. fait au fém., complète et non complette.
=Complétement=, adv., d'une manière complète, s'écrit avec un accent aigu.
=Compliment=, s. m.—Ne dites pas: allons, Monsieur, sans compliment, acceptez notre dîner; dites, sans cérémonie, sans façon.—Sans compliment, signifie, sans flatterie: je vous dis sans compliment que votre dessin est fort beau.
=Compris=, part. passé de comprendre.—Y compris, non compris, sont invariables, comme prépositions, lorsqu'ils précèdent le substantif, et ils s'accordent avec lui lorsqu'ils le suivent: combien y avait-il de régiments y compris l'artillerie? il a dix mille francs de revenu, non compris la maison où il loge; ou bien, la maison où il loge non comprise.
=Compte= (en fin de) locution triviale, irrégulière et barbare; son équivalent consacré est, au bout du compte, qui n'est pas élégant. (FRANCIS WEY.)
=Compter.=—Ne dites pas: il faut compter que je n'ai presque pas été me promener cette année; dites, à peine ai-je été me promener... On ne prononce pas le p dans compter, comptant, compte, comptoir, comptable, comptabilité.
2. Compter, espérer, promettre.—Ces verbes marquent une chose à venir; on dit, compter, espérer, promettre qu'une chose sera; ne dites donc pas: je compte que vous êtes sage; j'espère que vous avez bien travaillé; je vous promets que j'ai dit la vérité; dites: je crois que vous êtes sage; j'aime à croire, j'ai la confiance que vous avez bien travaillé; je vous assure que j'ai dit la vérité.
3. Compter, dans le sens de se proposer, croire, ne prend point la préposition de devant un infinitif: ainsi vous direz: il compte partir demain et non de partir (Acad.)
4. Ne dites pas: comptez que j'ai été malade et ne vous étonnez pas que j'aie perdu de l'embonpoint; dites, apprenez, sachez que j'ai été malade.
=Concetti=, s. m. pluriel, pensées brillantes et sans justesse; ce mot, en France, est toujours pris en mauvaise part; le singulier est concetto, mais il est peu usité.
=Concombre=, subst., plante potagère, est masculin.
=Condamner, Condamnation, Condamnable=: prononcez condaner, condanable, condanation; l'a de dam est bref, tandis qu'il est long dans damner, damnation, damnable (dâner, dânation, dânable).
=Conditionnel.=—C'est une faute d'employer le conditionnel après la conjonction si: si vous feriez, si vous iriez, si j'aurais écrit, etc.; dites, si vous faisiez, si vous alliez, si j'avais écrit, etc.: c'est là un latinisme et un flandricisme tout à la fois.
2. C'est encore une faute que d'employer le conditionnel présent ou passé pour l'imparfait ou le plus-que-parfait du subjonctif: je voudrais que vous feriez vos devoirs, j'aurais désiré que vous auriez bien étudié; cette faute est très-commune chez les wallons; pour l'éviter, il suffira de se rappeler que les verbes qui expriment la volonté, le désir, un ordre, fussent-ils même employés au conditionnel, gouvernent le subjonctif.
=Conduire, Conduite=: prononcez conduire, conduite (ui diphthongue) et non condouire, condouite, ni condu-wire, condu-wite.—Il en est de même de toutes les syllabes en ui, comme lui, je suis, je puis, puissant, suite, fuite, fuir.
=Confesse=, s., qui n'a point de genre; il ne s'emploie que précédé de l'une des prépositions à ou de: aller à confesse, venir de confesse.
=Confiance=, s. f.—On a confiance, on met sa confiance en ou dans; devant l'article il faut dans: avoir confiance en quelqu'un; mettre sa confiance en Dieu; mettre sa confiance dans les richesses; avoir confiance dans l'avenir.
=Confirmer=, v. a., conférer le sacrement de confirmation: l'évêque seul peut confirmer; ne dites donc pas: j'ai confirmé l'année dernière dans l'église de St-Antoine; dites, j'ai été confirmé...
=Confiteor=, au pluriel, des confiteor; on prononce confitéor. (Acad.)
=Confort= ou =Comfort=, s. m., assistance, secours: donner aide et confort; dans cette acception il est vieux.—Aujourd'hui il se dit, pour signifier le bien-être matériel, le bien-être de la vie: les Anglais ont un grand amour pour le confort; prononcez con-fort.
=Confortable= ou =Comfortable=, adj., qui a rapport au confort, au bien-être matériel de la vie: les anglomanes emploient à tout propos le mot confortable; ils vous diront d'une maison qu'elle est confortable, etc.—Confortable, s'emploie aussi substantivement et se dit de tout ce qui contribue au bien-être matériel: les Anglais ont un grand amour pour le confortable.
=Confrère, Collègue.=—Confrère se dit de tous les individus d'un corps, d'une société; les gens du même état sont aussi confrères. Collègue a une signification plus restreinte; il s'applique aux individus qui agissent ensemble et de concert.—Les professeurs d'un même établissement sont collègues, mais ils sont confrères par rapport aux professeurs d'autres établissements.
=Conjoncture, Conjecture.=—Conjoncture, signifie circonstance et conjecture, supposition. Dans les malheureuses conjonctures, on fait de fausses conjectures.
=Connaissance.=—Dites: j'ai rencontré quelqu'un de ma connaissance ou une de mes connaissances et non, quelqu'un de mes connaissances.
=Connaisseur.=—On dit: ce monsieur est connaisseur en musique, en peinture; et non, connaisseur de musique, de peinture.
=Connaître=, v. a.—On ne dit pas: je connais ma leçon; il connaît son discours; mais, je sais ma leçon; il sait son discours; cependant on dit très-bien: je connais tel livre, telle personne, telle maison, telle langue.
=Consanguin, ine=, s.: voyez germain.
=Consanguinité=, s. f., parenté du côté du père; l'u fait diphthongue avec i (Acad.); il ne le fait pas dans consanguin, consanguine où le g est dur.
=Conscription, Milice.=—On dit, tirer à la conscription, à la milice, etc., ou bien: tirer au sort pour la conscription, pour la milice. On tombe à la conscription, à la milice et non dans ou de la conscription, etc. Voyez réquisition.
=Conseiller quelqu'un= et =à quelqu'un=.—Conseiller quelqu'un, veut dire en général, qu'on lui donne des conseils: son avocat le conseille bien, c'est-à-dire, lui donne de bons conseils; les courtisans conseillent parfois mal les souverains, c'est-à-dire, leur donnent de mauvais conseils.—Mais si l'on exprime l'objet du conseil que l'on donne, on doit dire, conseiller à quelqu'un: je lui ai conseillé de changer de conduite; la prudence conseille aux jeunes gens de fuir l'oisiveté et les mauvaises compagnies.
=Conseilleur.=—Ce mot est vieux et ne s'emploie plus guère que dans le proverbe: les conseilleurs ne sont pas les payeurs; il faut dans les autres cas se servir du mot conseiller (n'écrivez pas conseillier).
=Consentir.=—Ne dites pas: j'ai consenti dans la proposition qu'on m'a faite; mais j'ai consenti à la proposition...
=Conséquent=, se dit d'une personne qui est d'accord avec elle-même ou avec ses principes: cet homme est conséquent dans ses projets, dans sa conduite; c'est-à-dire qu'il est le même dans ses projets, dans sa conduite qu'en tout autre occasion. (Acad.)—Appliqué aux choses, il a à peu près le sens de l'adjectif conforme: il a une conduite conséquente à ses principes. (Acad.) Mais jamais ce mot ne peut signifier, considérable, important; il ne faut pas dire: une affaire conséquente, une somme conséquente, des propriétés conséquentes; mais, une affaire importante, une somme considérable, des propriétés considérables ou de grandes propriétés. Ce qui a pu donner lieu à cet emploi vicieux du mot conséquent, c'est qu'on dit très-bien, de conséquence, pour signifier qui peut avoir des suites importantes: une affaire de conséquence, une affaire de nulle conséquence. (Acad.)
2. Prononcez concéquent et non conzéquent ni conzèquent.
=Consister=: prononcez concister et non conzister.
=Consolable=, adj.—On ne le dit que des personnes (Acad.); cependant, au mot consoler, nous trouvons dans le Diction. de l'Académie l'exemple: consoler la douleur. Or, si l'on dit consoler la douleur, il suit nécessairement que la douleur est consolable. Il y a plus: d'après l'Académie, on peut dire: douleur inconsolable; et qu'est-ce qu'une douleur inconsolable sinon une douleur qui n'est pas consolable? Voyez inconsolable.
=Consoler, Console, Consolation, Consolant=, etc.; prononcez l's dure et non conzoler, conzole, conzolation, etc.
=Consommer, Consumer.=—Consommer, v. a., achever, accomplir, mettre en sa perfection. Il se dit aussi en parlant des choses que l'on détruit en les faisant servir aux usages de la vie, comme vin, bière, viande, bois et toutes sortes de provisions: nous avons consommé nos provisions.
=Consulte= pour =Consultation=, conférence que l'on tient sur une affaire ou sur une maladie.—Ne dites pas: mon père est très-malade, il y a eu hier trois consultes; dites, ... trois consultations. Prononcez conçultations (s dure) et non conzultation.
2. Consumer, v. a., détruire, user, réduire à rien, sans but utile ou nécessaire pour celui qui détruit: le feu a consumé tout le bois; l'incendie a consumé la maison; la rouille consume le fer; les chagrins le consument.—Consumer signifie aussi, employer sans réserve; j'ai consumé tout mon temps à cet ouvrage.
3. Prononcez l's dure: conçumer, conçomer et non conzumer, conzomer.
=Contact=, s. m., attouchement; prononcez les deux consonnes finales: contak-te; prononcez de même compact, tact.
=Contempteur=, s. m., qui méprise; il n'a point de féminin correspondant.—Contemptible, adj., vil et méprisable: dans ces deux mots on prononce le p.
=Contenir=, v. a.—Ne dites pas: le bateau à vapeur contenait un prêtre, un officier et deux avocats; dites, dans le bateau à vapeur étaient...
=Content=, adj.—On doit dire, être content de quelqu'un et non sur ou après quelqu'un.
2. Ne dites pas: irons-nous à Verviers?—Je suis content; dites, volontiers.
3. Ne dites pas: je suis content de ce qu'il me quitte; dites, je suis content qu'il me quitte.
4. Ne dites pas: il était content pour avoir terminé ses devoirs; dites, d'avoir terminé...
=Contenter= (se), v. pron.—Ne dites pas: je me contente avec du pain et des fruits pour mon déjeuner; dites, je me contente de pain et de fruits...
=Contigu, Proche=: voyez proche.
=Continuer à, Continuer de.=—Continuer à, c'est poursuivre sans interruption une chose commencée, avec une intention dirigée vers un but: il continuait à lui dire des injures, à le frapper; continuer à bien vivre; il continuait à faire la guerre.—Continuer de signifie ne pas cesser, avec idée d'interruption: continuez de vous former le style; ou bien, ne pas cesser, sans interruption, mais en même temps sans que la phrase indique une intention dirigée vers un but: il continue de pleurer; la rivière continua de couler.
=Contradicteur=, s. m., n'a point de correspondant féminin.
=Contraindre=, v. a.—Devant un infinitif on dit, contraindre à et contraindre de; Laveaux établit une distinction qui nous paraît assez juste.—Contraindre à suppose un but, une tendance, une action; il faut donc préférer à toutes les fois que ces idées sont comprises dans la phrase, et de, dans tous les autres cas: on le contraignit à marcher, à s'avancer, à se battre: il s'agit ici d'une action.—Mais on dira: on le contraignit de se taire, de se tenir en repos, de prendre la fuite, de s'enfuir, de rester; c'est ici une cessation d'action.—L'Académie a observé cette différence dans ces deux phrases: on le contraignit à se battre; la ville fut contrainte de se rendre.
=Contre.=—Ne dites pas: je suis contre les plaisirs du monde, parce qu'ils détournent des devoirs envers Dieu; dites, je suis opposé aux plaisirs, j'ai de la répugnance pour....
2. On ne dit pas, être fâché sur quelqu'un; le chien aboie sur les passants, mais, être fâché contre quelqu'un; le chien aboie contre les, après les ou aux passants.
3. Ne dites pas: laisser la porte toute contre, mais tout contre.
4. Ne dites pas: il a passé tout contre moi sans me reconnaître; dites, tout près de moi; on dit, s'asseoir près de quelqu'un et non, contre quelqu'un. Mais en parlant des choses, on dit bien: j'étais assis contre le mur; ce champ est contre le bois (pour dire qu'il y touche).
5. L'expression par contre, n'est pas française, rendez-la par: en revanche, mais, du reste, du moins, au contraire: il avait mal dîné, mais, en revanche, il a bien soupé; il est bourru, du reste il est bon et humain; si cet ouvrage n'a pas le mérite de la perfection, il a du moins celui de la nouveauté.
=Contredire=, dédire, interdire, médire, prédire, font à la seconde personne du pluriel du présent de l'indicatif, vous contredisez, vous dédisez, vous interdisez, vous médisez, vous prédisez;—maudire fait, vous maudissez.—Il n'y a que dire et redire qui fassent, vous dites, vous redites.
=Contrefaction=, s. f., action de contrefaire, de falsifier, terme de jurisprudence.—On dit plus souvent, dans le langage ordinaire, contrefaçon.
=Contremander=, révoquer l'ordre qu'on a donné; ne dites pas décommander.
=Contrevention=, s. m., infraction pour contravention; contraventoirement pour en contravention et contraventaire pour contrevenant, ne sont pas français.
=Contumace=, s. f., t. de jurisprud. crimin., le refus, le défaut que fait un accusé de comparaître devant le tribunal où il est appelé: être en état de contumace; condamner par contumace. Il est souvent synonyme de contumax, adj. de deux genres, t. de jurispr. crimin., accusé ou prévenu qui est en état de contumace et auquel on fait un procès: accusé contumax, il est contumax; il s'emploie aussi substantivement: le contumax vient de se présenter devant ses juges.
=Convenir=, signifiant plaire, veut avoir; signifiant être d'accord ou avouer, il prend être: cette maison nous ayant convenu, nous sommes bientôt convenus du prix; le propriétaire est convenu lui-même que nous n'avions pas été difficiles.
=Copeau=, s. m., éclat de bois (en wallon, estalle, en flamand, spaender, krol); dites, brûler des copeaux et non des skafelings, de l'escaufelin.
=Coquemar=, s. m., espèce de pot de fer-blanc, de cuivre, etc., ayant un long bec, et qui sert à faire bouillir ou chauffer de l'eau, du café: faire bouillir de l'eau dans un coquemar. Dites cafetière, chocolatière, théière, laitière, pour désigner le vase d'argent, de terre, de fer-blanc, de porcelaine, etc., qui sert à faire ou à servir du café, du chocolat, du thé, du lait.
=Coran=: voyez alcoran.
=Corbeille d'enfant=, le linge, les langes, le maillot et tout ce qui est destiné pour un enfant nouveau-né; corbeille, dans ce sens, n'est pas français; dites layette.
=Coroner=, s. m., officier de justice en Angleterre; on fait sentir l'r finale: coronère.
=Corpendu= ou =Court-pendu=, espèce de pomme rouge; ces mots ne sont pas français; dites capendu, s. m.: un bon capendu.
=Corps=, s. m.—Corps à corps: prononcez cor à cor et non cor za cor.
2. Ne dites pas: il réclamait à corps et à cri; dites, à cor et à cri, c'est-à-dire, à toute force.
=Corpulence=, s. f., taille de l'homme considérée par rapport à sa grandeur et à sa grosseur: cet homme a de la corpulence, il est corpulent; corporence et corporent ne sont pas français.
=Coriace=, adj., dur comme le cuir: cette viande est coriace; ne dites pas, tiliasse.
=Correct, e=, adj., sans faute; on fait sentir les deux r et les deux lettres finales, même au masculin: cor-rek-te; prononcez de même le c et le t dans abject, contact, direct, exact, infect, strict, tact.—Faites également sentir les deux r dans correcteur, correction, correctif, correctionnel, corrégidor, corrélatif, corrélation, corroborer, corroboration, corroder, corrodant, corrosion, correspondre, correspondant, corrompre, corruption, corrupteur, corruptible, corroyer, corroyeur.
=Corridor=, s. m., galerie; ne dites pas, colidor; prononcez coridor.
=Corset=, s. m.—Les femmes seules portent des corsets; ne demandez donc pas à un homme, avez-vous mis votre corset de laine, de coton? dites, votre gilet de laine, de coton.
=Corsionnaire=, plante potagère dont la racine, noire en dessus et blanche en dedans, se mange cuite, comme le salsifis; dites, scorsonère (subst. féminin) et non corsionnaire; on la nomme autrement, salsifis noir ou salsifis d'Espagne.
=Cortès=, s. féminin pluriel, assemblée des États (chambres, parlement) en Espagne et en Portugal: prononcez cortèce.
=Cosaque=, s. m.: prononcez cozaque (o bref) et non côsaque (ô long).
=Côté=, s. m.—Prononcez cô-té (ô long) et non co-té (o bref).
2. Ne dites pas: de l'autre de côté; dites, de l'autre côté.
3. Ne dites pas: de tous côtés ou de tous les côtés pour partout, à la manière des wallons: on rencontre des injustices de tous côtés ou de tous les côtés; dites, partout.
4. N'employez pas non plus côtés pour pays, environs: il demeure de vos côtés, ce malheur est arrivé de ses côtés; dites: il demeure dans vos environs, dans votre pays; ce malheur est arrivé dans son pays. Cependant on dit très-bien: il demeure du côté de Verviers; il est du côté de Namur. (Acad.)
=Côte, Côtelettes=: prononcez l'ô long et non cote, cotelettes.
=Cou=, s. m.—Quelquefois on dit par euphonie col, surtout en poésie. (Acad.)
2. Ne dites pas: quelle belle cravate vous avez dans le cou; mais, quelle belle cravate vous avez au cou.
3. Cou-de-pied, s. m., haut du pied; ne dites pas: coude-pied, coup-de-pied, cou-du-pied.—Le pluriel est cous-de-pied.
=Coucher, Promener, Baigner.=—Ces verbes, employés pronominalement, doivent toujours être accompagnés de me, te, se, nous, vous, se; ainsi ne dites pas: je vais coucher, promener, baigner, mais, je vais me coucher, me promener, me baigner.
=Coudre=, v. a., fut., je coudrai, (et non je couserai); cond. je coudrais; impératif, couds, cousons, cousez; prés. du subj., que je couse, que tu couses; ind. prés., je couds, nous cousons, vous cousez, ils cousent; passé déf., je cousis, tu cousis, etc., (et non je cousus, etc.); imparf. du subj., que je cousisse, que tu cousisses, etc. (et non que je coususse, etc.)
=Couenne=, s. f., peau de porc; écrivez et prononcez couenne (ou en diphthongue) et non couanne ni couaine.
=Couler, Courir.=—En parlant des liquides, il faut se servir du verbe couler: cette fontaine coule doucement; ce tonneau, ce baril coule de toutes parts. Cependant, lorsqu'il s'agit d'un liquide qui marche régulièrement et précipitamment, on emploie quelquefois le verbe courir: le ruisseau qui court dans la prairie; l'eau qui court; le sang court dans les veines. Mais il n'est jamais permis de dire: ce vase court; le lait court dans le feu; il faut dire, ce vase coule; le lait coule dans le feu.
2. Le verbe courir se conjugue avec l'auxiliaire avoir: ne dites donc pas, je suis couru, mais j'ai couru. Mais il prend l'auxil. être quand il signifie être suivi, être recherché: cet ouvrage est fort couru; ce prédicateur est fort couru.
3. Je cours à la ville; il court à perdre haleine; il part avec lui: prononcez je cour à la ville; il cour à perdre haleine; il par avec lui. Mais au pl. ils courent avec lui (il cour-tavec), etc.; il en est de même dans les cas analogues.
=Couleur d'isabelle=, couleur mitoyenne entre le blanc et le jaune, mais dans laquelle le jaune domine; dites, couleur isabelle, quoiqu'on dise également bien, couleur de rose et couleur rose.
2. Couleurs (peindre sous des).—«On ne peint pas plus sous des couleurs que l'on ne dessine sous un crayon. Ce contre-sens, ou plutôt ce non-sens, provient de la confusion qui s'est faite à la longue entre deux locutions analogues: peindre avec des couleurs;—voir ou peindre sous un jour.» (Francis WEY). Il est donc plus correct de dire: peindre avec des couleurs.
3. Couleur, est féminin: une couleur changeante; il est masculin, lorsque, avec le nom qui le suit, il désigne une couleur particulière ou une chose ayant cette couleur: le couleur de feu, le couleur de rose, un beau couleur de feu, un joli couleur de rose, comme on dit, le rouge, le rose, un joli rose, etc.
=Coup.=—Ne dites pas: cet homme a fait les cent coups (locution populaire); dites, a fait mille folies, mille excès.
2. Boire un coup d'eau, un coup de vin; au coup de midi, au coup de trois heures, sont des expressions françaises.
=Couper=, v. a.—Ne dites pas: le vent, la grêle, la neige coupent le visage; dites, ... cinglent le visage.
=Couperose=, s. f., vitriol; ne dites pas comperose.
=Couple=, est féminin, lorsqu'il signifie simplement le nombre deux, sans idée d'union, d'assortiment, d'assemblage: une couple d'œufs, une couple de pigeons, une couple de serviettes.—Il est masculin 1º quand il désigne le mâle et la femelle: un couple de pigeons suffit pour peupler une volière; 2º quand il désigne des êtres animés, unis par un sentiment ou pour toute autre cause qui les rend propres à agir de concert: un couple d'amis; un couple de fripons; un beau couple de chiens. (Acad.)—Prononcez cou-ple et non coupe, coupèle.
=Courant.=—On doit dire, le cinq, le six, le dix du courant. Ici on ne pourrait pas supprimer l'article, parce que le mot mois est sous-entendu; c'est comme si l'on disait le cinq, le six, le dix du mois courant.
=Courrier=, s. m., se dit de la totalité des lettres qu'on écrit ou qu'on reçoit par un seul ordinaire: lire son courrier, faire son courrier.
(BESCHERELLE, POITEVIN).
=Courroie=, lien de cuir, est féminin; n'écrivez pas corroi.—Prononcez courroî et non courroiïe.
=Cours=, s. m., flux, course, étude; prononcez cour (ou long) même devant une voyelle et non cource.
2. Ne dites pas: il donne un cours d'italien; le professeur donne son cours; dites, il fait un cours, il fait son cours.—Mais on dit, donner des leçons, (quand il s'agit de leçons particulières): voyez leçon.
=Court, e=, adj.—Ne dites pas: je suis à court d'argent; le prédicateur est resté à court; dites, je suis court d'argent; le prédicateur est resté court.
=Coûter.=—Ne dites pas, coûte qui coûte, mais, coûte que coûte ou quoi qu'il en coûte; prononcez coûter (oû long) et non couter (ou bref).
2. Coûter gros:—cela doit vous coûter gros, ce n'est pas le Pérou, sont des expressions populaires dont il faut éviter l'emploi; dites, coûter beaucoup, bel et bon.
3. Ne dites pas: les leçons de mon fils me coûtent dans les cent francs par mois; dites, à peu près cent francs par mois; me reviennent à près de cent francs par mois. Voyez cher.
=Coutil=, s. m., toile forte; prononcez couti et non coutile.
=Couturière.=—Tailleuse est un mot provincial qui n'est pas admis par l'Académie.
=Couvent=, s. m. Ne dites pas: elle est entrée dans le couvent à 18 ans, dites, au couvent, comme on dit entrer au service pour se faire soldat. Entrer dans le couvent, c'est y aller pour le visiter, pour y voir quelqu'un.
=Couvert= pour couvercle; =Couverte= pour couverture, malle, mallette.—On ne dit point le couvert, mais le couvercle d'une tabatière, d'une cafetière, d'un vase quelconque; on ne dit pas la couverte, mais la couverture d'un lit, d'une chaise, d'un livre (ce qui sert à couvrir le lit, la chaise, le livre).
2. On ne dit point la couverte d'un écolier, mais la malle et mieux la mallette pour désigner le sac, ordinairement en cuir, où il renferme ses livres et ses papiers et qu'il porte suspendu à son dos à l'aide d'une courroie.
=Couvi=, adjectif, qui ne s'emploie qu'au masculin; il se dit, d'un œuf à demi couvé ou gâté pour avoir été gardé trop longtemps: un œuf couvi, des œufs couvis. Prononcez couvi et non couvice.
=Crabe=, poisson qui ressemble à une écrevisse et dont on mange la chair; ce mot est masculin: un gros crabe. Prononcez crâbe (â long).
=Crachat=, s. m., dans le sens de décoration, est de mauvais ton.
=Craie=, s. f.: prononcez craî (aî long) et non craiïe.
=Craindre=, v. a.—Ne dites pas: je crains qu'il tombe; dites, je crains qu'il ne tombe.
=Crainte.=—Ne dites pas: je n'irai pas, crainte d'être entraîné; dites, de crainte d'être entraîné.
=Cran=, s. m., entaille qu'on fait à un corps dur pour accrocher ou arrêter quelque chose: craner, faire un cran.—Ne dites pas crain, crèner.
=Crâne=, s. m., tapageur, homme qui fait le rodomont: c'est un crâne, faire le crâne; on l'emploie quelquefois adjectivement: il est crâne, il a l'air crâne: ce mot est très-familier. (Acad.) C'est à tort que les wallons donnent à ce mot d'autres acceptions.
2. Crane (mot wallon), se rend par robinet (et non robin.)
=Crapaud.=—Dans certaines localités, on a assez l'habitude de donner aux enfants le nom de ce sale animal; il faut employer un des mots suivants: marmot, mioche, marmouset, etc.
=Crapule=, s. f., débauche, habitude grossière, excès dans le boire et le manger; il se dit quelquefois et par extension de ceux qui vivent dans la crapule: n'allez pas avec ces libertins, c'est de la crapule. (Acad.) Mais ce mot ne peut pas s'employer pour petit peuple, lie du peuple, populace, gens sans éducation, gens de rien.
=Craque=, craquer, craqueur, craquerie, menterie, se vanter, hâbler, hâbleur, hâblerie; ces mots, à l'exception de craquer, figurent dans le dictionnaire de l'Académie, mais ils sont de mauvais goût.
=Crasser, se Crasser=, figurent dans les dictionnaires; mais crasser se dit surtout des armes à feu; vous direz donc: cet enfant encrasse ses habits, plutôt que, ... crasse...
=Crasseux=, pour ladre, très-avare, est familier; crasserie, avarice sordide, n'est pas français; dites, crasse et mieux ladrerie.
=Créancier, Débiteur.=—Le créancier est celui à qui on doit;—le débiteur est celui qui doit.
=Créer=, v. a.—Prononcez cré-er et non cré-ier; prononcez de même créateur, créature, création; agréable, agréer, fléau, géant, Gédéon, néant, Léopold, Napoléon, récréer, réel, réellement, suppléer, théâtre, etc.
=Crème=, s. f.: voyez chrême.
=Crémer, Écrémer.=—Crémer est un verbe neutre et signifie se couvrir de crème; il ne se dit que du lait: en été le lait crème plus qu'en hiver. Écrémer est un verbe actif qui signifie ôter la crème de dessus le lait: allez écrémer le lait, du lait.
=Crêpe=, subst., est masculin et féminin; il est masculin, lorsqu'il signifie un morceau d'étoffe noire et claire qu'on porte en signe de deuil: il porte un crêpe à son chapeau. Il est féminin, lorsqu'il signifie une pâte qu'on fait cuire en l'étendant sur la poêle; il correspond assez bien au mot wallon bouquette et au mot flamand struif.
=Crésane= ou =Creusane=, espèce de poire; dites crassane et non creusane ni crésane.
=Cresson à la noix=, n'est pas français; dites, cresson alénois.
=Crête= (de), c'est-à-dire, sur le côté le moins large, n'est pas français; dites de champ: mettre de champ, poser de champ des briques, des pierres, des solives.
=Crétin=, s. m., habitant goîtreux des Alpes, sourd, muet et idiot, et au figuré, homme stupide; ce mot n'a pas de féminin; écrivez et prononcez crétin, crétinisme et non cretin, cretinisme ni crètin, crètinisme.
=Crever=, v. neutre, signifie parfois mourir; en ce sens il ne se dit que des animaux: ce chien avala du poison et il en creva. (Acad.)
=Cric=, s. m., machine à lever; prononcez cri.
=Cric-Crac=, interj., bruit d'une fracture: prononcez crike-crake.
=Crier=, terme générique dont on se sert pour exprimer le cri particulier de chaque animal; il est ridicule de dire: ce chien, ce chat, ces grenouilles, ces corbeaux ne font que crier: les animaux ont chacun un cri particulier, et ce cri a un terme propre qui le désigne et qu'il importe de bien connaître.
2. Crier après quelqu'un; dites, appeler quelqu'un.
3. Ne dites pas: mon professeur m'a crié; dites, ... grondé, réprimandé.
4. Crier sur quelqu'un; on dit: crier contre quelqu'un.—Prononcez cri-er et non cri-ier.
=Croc=, s. m., instrument pour accrocher: prononcez crô; communément le c final ne se prononce point (Acad.);—croc-en-jambe, tour de lutte; prononcez crokanjambe.—Voyez c final.
=Croche-pied=: voyez cloche-pied.
=Croire=, v. a.—Ne dites pas: ne croyez pas à cet homme, il vous trompe; dites, ne croyez pas cet homme; croire à quelqu'un, c'est croire à son existence: croire aux revenants.
2. Ne dites pas: j'ai n'y crois rien; dites, je n'en crois rien.
3. Ne dites pas: j'ai cru être malade; mais, j'ai pensé, j'ai failli être malade.
=Croisée, Fenêtre.=—L'Académie définit ainsi le mot croisée: fenêtre, ouverture qu'on laisse dans le mur d'un bâtiment pour donner du jour à l'intérieur et qui est quelquefois divisée par un montant et par une ou plusieurs traverses.—Il se prend aussi pour le châssis vitré (la fenêtre proprement dite) qui sert à fermer cette ouverture. Les gens de bonne compagnie disent toujours fenêtre, à moins qu'ils ne veuillent parler d'une ancienne espèce de fenêtre à montants et à traverses en maçonnerie ou en bois.
=Croître=, v. n.—Écrivez je croîs, tu croîs, il croît (accent circonfl. pour distinguer ces personnes des personnes correspondantes du prés. de l'ind. de croire); nous croissons, etc.; passé déf., je crûs, tu crûs, il crût, (nous crûmes, vous crûtes), ils crûrent (accent circ. pour la même raison); fut., je croîtrai, tu croîtras, etc. (accent circ. à toutes les personnes de même qu'au cond.); je croîtrais, etc.; part. passé, crû, crûe.
=Croix=, s. f.—Ne dites pas faire une croix, pour faire le signe de la croix; voyez pile.
=Crolle=, ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut dire, boucle, anneau, cheveux frisés: une boucle de cheveux; friser à boucles; être frisé par anneaux.—Croller n'est pas français non plus; dites, boucler, friser, crêper.
2. Crolle ne s'emploie pas non plus pour copeau (éclat, morceau de bois que la hache, le rabot, etc., font tomber du bois): gros copeaux, menus copeaux; brûler des copeaux; le mot crolle, dans cette acception, est flamand.
=Cron= ou =Cromp=, pour tortu, courbé, arqué, voûté, de travers et crombain, pour bancal, bancroche, ne sont pas français, mais flamands.
=Croque-noix, Croque-noisettes=, ne sont pas français; dites, casse-noix, casse-noisettes.
=Croquer=, v. a., ne s'emploie pas dans le sens d'offenser, de piquer, piquer au vif.
=Croup=, s. m., maladie, espèce d'angine; prononcez croupe.
=Croustillant.=—Ne dites pas: cette pâtisserie est croustillante; dites, est croquante.
2. N'employez pas non plus ce mot pour plaisant, drôle: des contes croustillants; dites, croustilleux; ce dernier mot est familier et signifie plaisant, libre, graveleux. (Acad.)
=Croûte=, s. f., en style d'atelier, se dit des tableaux sans valeur: ce peintre ne fait que des croûtes.—Mais il ne s'applique pas aux personnes; ne dites donc pas: ce peintre n'est qu'une croûte.
=Cru=, s. m., terroir où quelque chose croît; il n'est guère usité qu'en parlant des produits agricoles et surtout du vin: ces foins, ces denrées sont de mon cru; du vin de mon cru, de son cru, de votre cru; ce vin-là est d'un bon cru.—Vin du cru se dit du vin fait avec le raisin recueilli dans l'endroit même où on le consomme: nous voulûmes goûter du vin du cru; il faut se défier du vin du cru; on peut dire également du vin du pays (et non de pays).
=Crucifix=, s. m.; prononcez crucifi et non crus'fi.
=Cruel, elle, Cruauté=; prononcez cru-el, cru-auté et non cru-wel, cru-wauté.
2. Un cruel enfant est un enfant insupportable; un enfant cruel est un enfant porté à la cruauté.
=Ct.=—Ces deux consonnes finales se prononcent dans tact, exact, contact, correct, direct, infect, abject, strict; mais il y a exception pour amict, district et pour toutes les terminaisons pect, tels que respect, aspect, suspect, circonspect, etc.; prononcez ami, distrik, respèk, aspèk, suspèk, etc.—Bien qu'on entende souvent dire respè, aspè, suspè, pour respèk, etc., cette prononciation n'est pas généralement admise par les grammairiens. (HENNEBERT.)
=Cueillir=, v. a., détacher de la tige; ne dites pas, cueiller; prononcez keuillir.
=Cuiller=, s. féminin; on prononce et quelques-uns écrivent cuillère. (Acad.)
=Cuire=, v. a.—On cuit les aliments et l'on fait bouillir les liquides; ne dites donc pas l'eau est cuite; faites cuire le lait; dites, l'eau a bouilli, est bouillante; faites bouillir le lait.
=Cul=, s. m., derrière d'une charrette, d'un tombereau: mettez cela au cul de la charrette; mettre une charrette à cul (les timons en l'air).—On ne prononce point l'l et quelques-uns la suppriment dans l'écriture; prononcez de même cul-de-jatte (estropié), cul-de-lampe (ornement d'architecture), cul-de-sac (impasse).
2. Cul de chandelle pour bout de chandelle et hochecul pour hochequeue (oiseau), ne sont pas français: hochequeue est masculin.
=Culotte.=—On peut dire indifféremment une culotte, des culottes, une paire de culottes; il n'en est pas de même du mot pantalon, qui dans ce sens ne s'emploie qu'au singulier: j'ai mis un pantalon neuf et non, des pantalons neufs.
=Cumulet=, n'est pas français dans le sens de culbute; dites donc, faire des culbutes et non, des cumulets.
=Curée=, dans le sens de charogne, n'est pas français.
=Curer, Écurer.=—Curer, c'est nettoyer quelque chose de creux: curer un fossé, un égoût, un étang, etc.—Écurer, c'est nettoyer avec du sablon ou quelque chose de semblable: écurer la vaissette.—Voyez récureur.
=Curieux.=—Ne dites pas: il est si curieux pour sa toilette, pour les livres; dites, il a tant de soin de sa toilette; il aime tant les livres.
Ne dites pas: je suis curieux comment cela tournera; dites, je suis curieux de voir, de savoir comment cela tournera.
=Cutée= ou =Cuitée=, la quantité de pains qu'on fait cuire à la fois dans un four; ces mots ne sont pas français; dites, cuite ou fournée.
=Cutter=, s. m., petit navire de guerre; on prononce et plusieurs écrivent cotré.
=Cuvelle=, n'est pas français; dites, cuve, cuvier, cuveau, cuvette.—La cuve est un vaisseau de grande dimension; le cuvier, est la cuve où l'on fait la lessive; le cuveau, est une petite cuve; la cuvette, est un vase dont on se sert pour se laver les mains; prononcez cuve et non cufe.
=Czar=, souverain, Czarine, impératrice de Russie; prononcez Czar, Czarine; quelques-uns écrivent et disent, tzar. (Acad.)
D
=D.=—C'est à tort que l'on prononce souvent le d des syllabes en de comme un t: timite, timitement, raite, ronte, corte, humite, Enéite, au lieu de timi-de, timi-de-ment, rai-de, ron-de, cor-de, humi-de, Enéi-de. Cependant à la fin d'un adjectif, suivi immédiatement de son substantif commençant par une voyelle ou une h muette, d a le son de t: un grand ignorant, la grande armée; prononcez gran-t-ignorant, la gran-te-armée. Il en est de même, lorsque cette lettre est à la fin d'un verbe suivi de il, elle: répond-il, entend-elle? (répon-t-il, enten-t-elle.)
2. On ne prononce pas le d final dans les adjectifs qui ne sont pas suivis immédiatement de leur substantif. Un abîme profond effraie (profon effraie). On ne le prononce pas non plus dans les substantifs, même lorsqu'ils sont suivis de leur adjectif: on dira donc un froid (froi) excessif, un bord (bor) escarpé, sans aucune liaison. Mais il faut excepter le d final dans les locutions suivantes: de pied en cap, de fond en comble, où le d prend le son de t.
3. Prononcez les deux d dans addition, additionnel, additionner, adducteur, adduction et reddition.
4. D'à moi, d'à toi, d'à lui, etc.; les personnes peu instruites disent seules: ce livre est d'à moi, d'à toi, d'à lui, etc.; il faut dire, ce livre est à moi, à toi, à lui, etc.
=D'abord que=, ne peut pas s'employer pour, puisque ou aussitôt que; ne dites donc pas: d'abord que je suis innocent, je ne dois pas être puni; d'abord que vous aurez fini vos devoirs, vous apprendez vos leçons; dites, puisque je suis innocent...; aussitôt, dès que vous aurez fini vos devoirs... (Wall.)
=Dada=, est un terme enfantin qui signifie cheval; mais il ne faut pas le confondre avec dadais, dandin, qui veulent dire niais: c'est un grand dadais, un vrai dandin.
=Dahlia=, s. m., plante d'ornement; prononcez dalia.
=Daigner=, ne doit jamais être suivi de la préposition de; ainsi ne dites pas: daignez de m'accorder votre protection, mais, daignez m'accorder...—Prononcez dai-gner et non dai-gne-ner; il en est de même de dédaigner, enseigner, etc. Voyez gne.
=Daim=, s. m., bête fauve qui tient le milieu entre le cerf et le chevreuil; la femelle s'appelle daine, que l'on prononce dine.
=Daler, Thaler, Taler=, s. m., monnaie d'Allemagne; prononcez dalère, thalère, talère; on dit plus souvent thaler que taler ou daler.
=Damas=, ville de Syrie; prononcez Damâce; damas, s. m., étoffe, fruit, acier; prononcez damâ.
=Dame=: voyez monsieur et époux.
=Damner, Damnation, Damnable=; prononcez dâner, dânation, dânable, en supprimant l'm et en allongeant l'a: voyez condamner.
=Danger.=—Ne dites pas: il n'y a pas de danger que j'aille jouer, car mes parents me l'ont défendu; dites, je me garderai bien; je n'ai garde; je ne veux pas aller jouer;—ne pouvoir mal, dans ce sens, est également un wallonisme.
=Dangereux= et dangereusement, employés pour probable, vraisemblable et probablement, vraisemblablement, apparemment, sont de véritables barbarismes. Ainsi ne dites pas: cela est bien dangereux; cela arrivera dangereusement demain; mais dites, cela est bien probable, vraisemblable; cela arrivera probablement, vraisemblablement demain—Prononcez danj'reux et non danchereux ni dangéreux, dangèreux; item, dangereusement.
=Dank.=—C'est une expression qu'il faut laisser aux flamands, puisque nous pouvons dire merci.
=Dans.=—Ne dites pas: j'ai beaucoup voyagé dans les flamands, dans les wallons; dites, chez les flamands, chez les wallons, ou dans le pays flamand, dans le pays wallon.
2. Ne dites pas: je vais m'asseoir dans le soleil; je me promène dans le soleil; il est agréable de se réchauffer dans le soleil; mais dites, je vais m'asseoir au soleil; je me promène au soleil; il est agréable de se réchauffer au soleil.
3. Ne dites pas: je suis dans un grand mal de tête; dites, j'ai un grand mal de tête.
4. Ne dites pas: s'il était dans mon pouvoir ou dans ma puissance de vous rendre service; mais dites, s'il était en mon pouvoir, en ma puissance...
5. Ne dites pas: il a fait ce voyage dans deux heures; dites, en deux heures.
6. Ne dites pas: il y a dans les quarante ans; dites, il y a à peu près ou environ quarante ans. (Wall.)
7. Ne dites pas: cela coûte dans les trois cents francs; dites, environ, à peu près trois cents francs. (Wall.)
8. Ne dites pas: je me trouvais dans la place Saint-Lambert; dites, sur la place... (Fland.)
9. Ne dites pas: j'étais dans la fenêtre, dans la pluie; dites, à la fenêtre, à la pluie; on dit, se tenir, se mettre à la fenêtre, à la pluie, au vent.
10. Ne dites pas: je serai, j'irai dans l'hôtel d'Angleterre à 4 heures; dites, à l'hôtel d'Angleterre...
11. Ne dites pas: l'un dans l'autre; mais, l'un portant l'autre: les différents vols qu'on m'a faits, m'ont causé, l'un portant l'autre, une perte de mille francs. (Wall.)
=Dante=, célèbre poète italien, auteur de la Divine Comédie: on dit Dante, et non le Dante; mais on dit le Tasse et non Tasse.
=Dartre=, s. f., maladie de peau; écrivez et prononcez dar-tre, et non dar-te ni dar-tère.
=Date= (époque), dater, datif.—Gardez-vous bien de marquer l'a d'un accent circonflexe: une vieille date (et non dâte); ce décret est daté de telle ville (et non dâté). On prononce pourtant dâte, (â long).—Ne confondez pas date, époque, avec datte, fruit du dattier.
=Davantage=, adv. (et non d'avantage), s'emploie toujours sans complément; ainsi on ne dira pas: il a davantage de livres; il en a davantage que son frère; mais il faudra dire: il a plus de livres; il en a plus que son frère.
2. Il ne faut pas le confondre avec plus: celui-ci s'emploie pour exprimer directement une comparaison: votre sœur est plus âgée que vous; mais on dira fort bien: elle a vingt ans, vous en avez davantage. Davantage ne doit pas non plus être suivi d'un adjectif; on ne doit pas dire: il est davantage âgé, davantage estimé; il faut dire plus âgé, plus estimé.
3. Les grammairiens prétendent que davantage ne doit jamais être suivi de la préposition de ni de la conjonction que. Cette règle est vraie, si de ou que forment, avec ce qui les suit, un complément de l'adverbe davantage: il a davantage de livres; il en a davantage que son frère. Mais si de ou que et les mots qui suivent, sont un complément du verbe de la proposition, il n'y a point de faute à les placer après davantage. Ainsi la phrase suivante est correcte: ne nous étonnons donc pas et ne nous effrayons pas davantage des reproches que nous avons encourus: dans cette phrase, des reproches sont le complément des verbes étonnons et effrayons.
4. Les bons grammairiens condamnent l'emploi de davantage dans le sens de le plus; ne dites donc pas: de tous les jeux celui des barres est celui qui me plaît davantage: dites le plus. En général, davantage ne doit se placer que là où le sens permet l'emploi des locutions équivalentes à de plus, en outre, de surcroît et toutes les fois qu'il n'a pas de complément.—Voyez SOULICE et SARDOU, Dictionnaire, etc.
=De=, syllabe muette, dans le corps ou au commencement d'un mot; doit se prononcer de et non ne: command'-ment, man-d'-ment, ma-d'-moiselle, len-d'-main, je lui ai d'-mandé; panier d'-noix, etc., et non comman-n'-ment, man-n'-ment, ma-n'-moiselle, len-n'main; je lui ai n'-mandé; panier n'noix, à moins toutefois qu'on ne veuille faire sentir l'e de de et prononcer: comman-de-ment, ma-de-moiselle; je lui ai de-mandé, j'irai de-main, lendemain, etc.—Prononcez de même ad-mettre, ad-ministrer, ad-mission, ad-ministration, etc.
2. Ne dites pas: j'ai rêvé de la nuit, du jour, dites: j'ai rêvé la nuit, le jour.
3. Faut-il dire: quel est le plus habile de cet homme-ci ou de celui-là? ou bien: quel est le plus habile, cet homme-ci ou celui-là? L'Académie adopte la première orthographe; elle ne partage donc pas l'opinion des grammairiens qui suppriment de.
4. Dites: le livre de mon frère, la maison de mon cousin, et non, le livre à mon frère ou d'à mon frère; la maison à mon cousin ou d'à mon cousin.
5. On dit, le deux janvier, le trois février, etc., et le deux de janvier, le trois de février, etc. (Acad.) Cependant la première manière de s'exprimer nous paraît plus usitée.
6. Ne dites pas: il est le quart de huit heures; dites, il est huit heures moins un quart. Voyez quart.
7. Ne dites pas: mon frère est le 5e de 36 dans sa classe; dites, ... sur 36...
8. Ne dites pas: d'un coup de massue il cassa la tête de son ami; dites, il cassa la tête à son ami.
9. Ne dites pas: cela ne me fait de rien, ne m'est de rien; dites, cela ne me fait rien, ne m'est rien.
10. Ne dites pas: j'y penserai de la nuit, j'y travaillerai du matin, du jour; dites, ... pendant la nuit, dans la matinée, pendant la journée.
11. La particule de, devant les noms propres de noblesse, s'écrit avec un petit d et non avec le D majuscule: de Montmorency, de Ligne, d'Oultremont, d'Orléans. On écrit De avec une majuscule, lorsque ces noms ne sont pas nobles, alors même qu'on sépare la particule du nom.
12. Après les verbes espérer, souhaiter, désirer, on peut exprimer ou sous-entendre la préposition de devant l'infinitif: j'espère réussir ou de réussir; je désire aller ou d'aller avec vous, etc.—Compter, dans le sens de, se proposer, croire, ne prend point la préposition de devant un infinitif; ainsi vous direz: il compte partir demain et non de partir. (Acad.)
13. Dans la conversation et le style familier, de se supprime souvent après les prépositions hors, près, vis-à-vis, lorsqu'elles sont suivies d'un nom de chose: il est logé hors la barrière, il demeure près la porte Saint-Antoine, vis-à-vis l'église. (Acad.) Mais devant un nom de personne ou un pronom, on doit employer de: il était près de Paul, vis-à-vis de vous, et non près Paul, vis-à-vis vous.
14. L'emploi de la préposition de est vicieux dans cette phrase: la moitié de huit est de quatre; dites, est quatre.
15. On peut exprimer ou sous-entendre la préposition de devant un infinitif après c'est... que, mieux... que, plutôt que: ainsi vous pouvez dire: c'est quelque chose que faire ou que de faire un beau rêve; il vaut mieux étudier que de ou que jouer; plutôt que de ou que m'exposer à une correction, je préfère faire mes devoirs. Néanmoins l'usage général est d'exprimer la préposition de.
16. Il ne fait que sortir, signifie, il sort à chaque instant; il ne fait que de sortir, veut dire, il vient de sortir.
17. L'usage permet également de dire: on dirait un fou, et on dirait d'un fou.
18. Ne dites pas: si j'étais toi, si j'étais lui, si j'étais vous; si j'étais à la place de, etc., je ferais telle chose; mais dites, si j'étais que de toi, de lui, etc., et mieux, si j'étais de toi, de lui, etc.
19. On emploie ordinairement la préposition de, devant un participe passé précédé d'un adjectif numéral ou d'un nom collectif; on dit: il y eut cent hommes de tués et un grand nombre de femmes de blessées, plutôt que: il y eut cent hommes tués et un grand nombre de femmes blessées;—mais on doit la supprimer devant un adjectif qualificatif: dans cette ville il n'y a pas quatre monuments remarquables. Cependant lorsque le nom qui précède le participe ou l'adjectif, est représenté par le pronom en, on exprime la préposition: sur mille hommes, il y en eut cent de tués; parmi tant de monuments, il n'y en a pas un de remarquable.
=Débâcle=, rupture et descente de glaces, est féminin; prononcez débâ-cle.
=Déballer.=—Ne dites pas: ce marchand est déballé à l'hôtel de l'Europe; dites, ... a déballé, car il n'a déballé que ses marchandises, et il ne s'est pas déballé lui-même.
=Débine=, s. f.—Être dans la débine, c'est-à-dire, dans la gêne; cette expression est triviale et même tout-à-fait populaire. Voyez blaguer.
=Débiser.=—Ne dites pas: j'ai les mains et les lèvres toutes débisées; dites, toutes gercées par la bise, par la gelée, par le froid; le froid gerce les lèvres, les mains.
=Débit=, s. m., vente, trafic; le t ne se prononce pas.—Ne dites pas: vendre en gros et en débit; dites, ... en détail.
=Débiteur=, qui doit, fait au féminin débitrice.
=Débours=, argent qu'on a avancé pour le compte de quelqu'un; ce mot a vieilli; dites déboursés (au plur.) et non débourses. (Acad.)
=Décaméron=, s. m., ouvrage contenant le récit des événements de dix jours; prononcez décamérone.
=Décanat, Doyenné.=—Le décanat est la dignité du doyen: ce curé a été promu à un décanat. Le doyenné est le pays qui ressortit à un doyen: le doyenné de Sprimont se compose de vingt paroisses.
=Décéder=, v. n., prend le verbe être dans ses temps composés. Ce mot n'est guère usité, dit l'Académie, qu'en termes de jurisprudence et d'administration, et en parlant des personnes; il s'emploie aussi au participe passé dans les inscriptions; dans tout autre cas on se sert du verbe mourir. Ces observations s'appliquent également au substantif décès.
=Décemment=, adv., d'une manière décente; prononcez déçaman; prononcez de même, apparemment, prudemment, négligemment.
=Décemvir=, s. m., l'un des dix magistrats de Rome; prononcez décèm'vir, décèm'virat.
=Décennal=, adj., qui dure dix ans: prononcez décèn'nal.
=Décesser=, n'est plus en usage; il faut dire cesser, discontinuer.
=Décider=, devant un infinitif, demande la préposition à: cette raison m'a décidé à partir (et non de partir); je me suis décidé à rester. Cependant lorsqu'il signifie, prendre une résolution, déterminer ce que l'on doit faire, il prend de: nous nous décidâmes de partir sur-le-champ.
=Décime= (pièce de dix centimes), centime, cents, sont masculins: un décime, un centime, un cents. Voyez centime et cents.
=Déclicher=, est un mot wallon: dites, lever la clenche, le loquet.
=Décombres=, débris, est un substantif masculin pluriel sans singulier: il faut faire enlever ces décombres.
=Décommander=, révoquer un ordre, n'est pas français; dites contremander.
=Décorum=, s. m., bienséance; il n'est guère usité que dans ces phrases: garder, observer le décorum, garder les bienséances; blesser le décorum, choquer les bienséances; prononcez décorome; il n'a point de pluriel.
=Découcher= (se), n'est pas français; dites se lever.—Découcher, v. n. et a., signifie, coucher hors de chez soi, ou être cause que quelqu'un quitte le lit où il couche: depuis huit jours, il a découché trois fois; le maître de la maison m'avait offert son lit, mais je n'ai pas voulu le découcher.
=Décrémer= le lait, ôter la crème de dessus le lait; ce mot n'est pas français; il faut dire écrémer. Voyez chrême et crémer.
=Décret=, s. m., loi, ordonnance; prononcez décrè et non decrè.
=Décrottoir=, s. m., est une lame de fer destinée à décrotter la chaussure; décrottoire, s. féminin, est une brosse ronde pour décrotter la chaussure.
=Dedans=, adv. de lieu, ne prend pas de complément; ainsi ne dites pas, dedans la maison, dedans ma chambre, mais, dans la maison, dans ma chambre.
2. Donner dedans, c'est se laisser tromper comme un sot; mettre quelqu'un dedans, c'est le tromper: ces locutions sont populaires. (Acad.)
=Défaufiler= et =Défiler=, (défaire un tissu fil à fil) ne sont pas français; dites éfaufiler et effiler.
=Déficeler=, ôter la ficelle, n'est pas français.
=Déficit=, s. m., ce qui manque; prononcez déficite. Quoique l'Académie dise qu'il est invariable au pluriel, nous pensons que déficit, qui a un accent sur l'e, est un mot tout-à-fait français, et qu'il doit par conséquent être soumis aux règles de la grammaire; ainsi nous écririons plutôt des déficits, avec une s que sans s.
=Défier=, v. actif: je l'en défie et non, je lui en défie.
=Définitive= (=en=), loc. adv., en résumé; ne dites pas et ne prononcez pas en définitif.
=Dégommer=, v. a., dans le sens de destituer, ruiner, déconsidérer, est français, mais il est populaire.
=Dégouttant=, signifie qui dégoutte: ce linge n'est pas sec, il est encore tout dégouttant. Ne confondez pas ce mot avec dégoûtant, qui donne du dégoût: malpropreté dégoûtante; prononcez oû long dans dégoûtant et ou bref dans dégouttant.
=Dégrafer=, détacher une agrafe; ne dites pas désagrafer.
=Dégriffer=, n'est pas français; c'est égratigner qu'il faut dire.
=Déguisé.=—Ce mot ne s'emploie pas comme substantif; ne dites donc pas: j'ai vu plus de trente déguisés pendant le carnaval; dites, plus de trente masques.
2. Ne dites pas: la petite vérole l'a déguisé; dites, l'a défiguré.—Déguiser signifie masquer, travestir.
=Déhonté=, adj., éhonté; ce mot, rejeté par quelques grammairiens, est admis par l'Académie: un homme déhonté, une femme déhontée.
=Dehors=, adv. de lieu, opposé à dedans, comme hors est opposé à dans; dehors doit toujours être employé sans complément: restez dedans, j'irai dehors.
2. Il est ridicule de mettre dehors après les verbes boire, aller, tomber, etc.; ainsi ne dites pas: buvez votre verre dehors; le feu va dehors; la bouteille est dehors; dites tout simplement, buvez, videz votre verre; le feu s'éteint; la bouteille est vide.
3. Ne dites pas non plus: je sais ma leçon dehors; dites, je sais ma leçon par cœur. (Fland.)
4. Ne dites pas: quelques historiens racontent qu'il tomba autrefois des pluies de sang dehors le ciel; dites, qu'il tomba du ciel... (Fland.)
5. Ne dites pas: on a sonné dehors que le pain est baissé; dites, on a annoncé au son de la clochette que... (Fland.)
6. Ne dites pas: il m'a donné cela dehors; j'ai eu ma carte dehors (t. de jeu de cartes); dites, il m'a donné cela; j'ai eu ma carte (en retranchant dehors). (Fland.)—Prononcez dehors et non déhors.
=Déjà=, adv.: prononcez déjà (é fermé) et non dejà ni dèjà.
Déjeter.—Ce verbe ne s'emploie que pronominalement et signifie se courber, se contourner: le bois de cette table s'est déjeté; sa colonne vertébrale s'est un peu déjetée.
2. Mais il ne faut pas l'employer dans le sens de bouleverser, déranger, mettre en désordre, bousculer, agiter, secouer: bouleverser tout dans une chambre; on a bousculé mes livres; nous fûmes horriblement bousculés dans la foule. Se déjeter ne doit pas non plus s'employer au lieu de, se débattre, s'agiter: se débattre comme un possédé; un oiseau qui se débat quand on le tient; ce malade s'agite continuellement.—Prononcez déj'ter et non déch'ter.
=Déjeuner, Dîner, Souper, Goûter.=—Ces verbes veulent la préposition de devant le nom de la chose dont on déjeune, dîne, soupe, etc.: déjeuner de chocolat, dîner de cotelettes, souper de fruits. Cependant on peut aussi employer avec: il déjeune tous les matins avec du chocolat; déjeuner avec du beurre et des radis. (Acad. aux mots matin et radis.) Nous ferons remarquer du reste que de bons écrivains n'ont pas craint de dire déjeuner avec, etc., devant le nom de la chose mangée.
2. Il est à remarquer que l'u de déjeuner, s. ou v., n'est pas marqué d'un accent circonflexe, quoiqu'il soit formé de la particule de et du verbe jeûner. Prononcez déjeuner et non d'jeuner.
=Délabrement=, s. m., état délabré; l'a est long de même que dans encadrement et dans tous les autres mots où se retrouvent les syllabes abre, adre, avre. Voyez abre.
=Délibérer=, v. a.—Ne dites pas: ce soldat est délibéré du service; dites, est quitte, délivré, libéré du service.
=Délice= et =Orgue= sont masculins au singulier et féminins au pluriel: un grand délice, de grandes délices; un bon orgue, de bonnes orgues. Cependant ils sont masculins au pluriel lorsque dans une même phrase, ils s'emploient au singulier et au pluriel: un de mes plus grands délices était d'étudier; cet orgue est un des meilleurs que j'aie entendus et un des plus beaux que j'aie jamais vus.
=Déloger= et =Découcher.=—Déloger signifie quitter le logement, décamper; découcher veut dire, coucher hors de chez soi: il déloge à la fin du mois; je vous ferai bien déloger de là; depuis huit jours il a découché trois fois. Voyez découcher.
=Demain.=—On peut dire demain au matin et demain matin; mais cette dernière locution est préférable. (Acad.)
=Demander=, v. a.—Demander excuse est une expression incorrecte; dites, je vous fais, je vous offre, je vous présente mes excuses.
2. Ne dites pas: mon maître vous demande de venir; dites, vous prie de venir ou d'aller le trouver.
3. Ne dites pas: demander après quelqu'un ou après quelque chose; mais, demander quelqu'un, demander quelque chose.
4. Après demander, il faut que et non à ce que: je demande qu'on répare mon honneur, et non, à ce qu'on répare....
5. Demander, suivi d'un infinitif, régit les prépositions à et de, suivant le sens: la prép. à, lorsque l'action, exprimée par chacun des deux verbes est faite par la même personne: il demande à entrer; Philoclès demanda au roi à se retirer.—La prép. de, dans le cas contraire: je vous demande de m'écouter.
=Déméfier= (=se=), barb.; dites, se défier ou se méfier.
=Démêler=, v. a.—On ne dit pas, démêler les cartes, mais, mêler ou battre les cartes.
=Demeurer=, prend avoir quand il signifie: 1º habiter: il a demeuré trois ans à Bruxelles; il demeure dans telle rue (plutôt que, il reste); 2º tarder: il a demeuré longtemps en chemin; 3º employer plus ou moins de temps à quelque chose: il n'a demeuré qu'une heure à faire cela.—Rester prend également avoir dans le sens de séjourner: il a resté deux jours à Lyon. (Acad.) Dans tout autre sens, demeurer et rester prennent l'auxiliaire être: il est demeuré, il est resté mille hommes sur la place; elle est demeurée, elle est restée court, seule, veuve, etc.
=Demi, ie=, placé devant un substantif, reste invariable: une demi-heure, des demi bouteilles; il reste également invariable lorsqu'il entre dans la composition d'un mot: des demi-heures, des demi-lunes, des demi-tons, des demi-dieux, des demi-frères.—Placé après son substantif, il en prend le genre, mais il s'écrit toujours au singulier: deux kilo et demi, deux livres et demie.—Demi, demie s'emploient substantivement, le premier pour désigner une moitié d'unité, le second pour signifier demi-heure: quatre demis valent deux unités; cette pendule sonne les heures et les demies. (Acad.) Prononcez demi et non démi ni dèmi.
2. Deux heures et demie, deux heures et un quart; ne faites pas la liaison de l's finale du mot heures avec le mot suivant. Voyez liaisons affectées.
=Demi-frère=, s. m., celui qui n'est frère que du côté paternel ou du côté maternel; les expressions frère germain, frère consanguin et frère utérin ne sont guère usitées qu'en jurisprudence. (Acad.)
=Démission=, s. f.—Ne dites-pas: dès que j'aurai ma démission, je me retirerai à la campagne; dites, dès que j'aurai ma retraite, ma pension... La démission est l'acte par lequel on se démet d'une dignité, d'un emploi: démission volontaire, démission forcée; donner sa démission.
2. N'employez pas non plus le mot démission, dans le sens de destitution, qui est la privation forcée d'une charge, d'un emploi, etc.: prononcer la destitution d'un fonctionnaire.
=Demoiselle.=—Une dame, faisant allusion à ses jeunes années, dit ordinairement: quand j'étais demoiselle; il serait mieux de remplacer demoiselle par le mot fille; mais il est encore mieux de dire avant mon mariage, ou d'employer quelque tour analogue à celui-là. Voyez monsieur et époux.
2. Ne dites pas: comment se porte votre demoiselle (en parlant à son père ou à sa mère)? dites, comment se porte mademoiselle votre fille ou mademoiselle N.? Il en est de même des mots dame, madame, quand on s'adresse au mari.
=Denier=, s. m., petite monnaie; ne dites pas dernier à Dieu, mais denier à Dieu: prononcez de-nié et non dé-nié ni degnier.—Voyez ni.
=Dénouement, dénouer, déjouer, jouer=, etc.; prononcez dénoû-ment, dénou-er, déjou-er, jou-er, et non dénou-we-ment, denou-wer, déjou-wer, jou-wer.
=Dent=, s. féminin: une dent, de belles dents.
2. On dit très-bien d'un enfant, qu'il fait ses dents, qu'il fait des dents, pour signifier que les dents lui viennent. (Acad.)
3. Ne dites pas: j'ai les dents longues quand je mange du fruit vert; dites, j'ai les dents agacées, quand... ou bien, ces fruits m'agacent les dents... Voyez long.
4. Ne dites pas: se laisser tirer une dent; dites, se faire arracher une dent. (Fl.)—Prononcez dan et non dante.
=Dentelle=, disposition des dents, n'est pas français; dites denture.
=Denture=, s. f., ordre dans lequel les dents sont rangées; ce mot est français: ce jeune homme à une belle denture.
=Dépareiller, Déparier.=—Dépareiller, c'est ôter ou perdre une ou plusieurs choses pareilles; un ouvrage est dépareillé par un seul volume égaré ou perdu, même quand on a remplacé ce volume, s'il n'est pas en tout semblable aux autres. Déparier, c'est ôter l'une des deux choses qui font la paire: déparier des gants, des souliers; déparier des pigeons, c'est séparer le mâle de la femelle. Il en est de même de appareiller et apparier.
=Déparler=, cesser de parler, ne s'emploie qu'avec la négative; on ne doit donc pas dire: il déparle, mais on dit, il ne déparle pas (il ne cesse pas de parler.)
=Dépêcher= (=se=), devant un infinitif, veut la préposition de: dépêchez-vous de partir (et non à partir).
2. Gardez-vous de dire: dépêchez-vous vite; dites simplement dépêchez-vous.
=Dépendre=, doit être suivi de la préposition de et non de à: cela ne dépend que de vous, et non, cela ne dépend qu'à vous. (Fland.)
=Dépenses.=—Ne dites pas; il a fait beaucoup de dépenses autour de sa maison; dites, à sa maison.
=Dépenseur=, n'est pas français; dites dépensier.
=Dépersuader=, n'est pas français; dites dissuader, déconseiller.
=Déplorable=, adj., se dit des choses: un événement déplorable; et quelquefois des personnes dans le style soutenu: une famille déplorable. (Acad.)
=Dépositaire=, subst. des deux genres, celui ou celle à qui on confie un dépôt; déposant est celui qui confie le dépôt. Prononcez dépô (ô long) et non dépo (o bref). Voyez légataire.
=De profundis=, s. m.; prononcez de profondice.
=Depuis=, prép. et adv.—Ne dites pas: il nous arriva hier plusieurs accidents, depuis que nous fûmes sortis; dites, après que nous...
2. Ne dites pas non plus: depuis Liége jusqu'à Huy il y a six lieues; dites, de Liége à Huy.... Depuis indique un certain espace de temps et non la distance.
3. Prononcez depui (ui diphthongue) et non dépui ni depoui; prononcez de même, je suis, je puis, lui, aujourd'hui, ensuite, puissant, puits, Huy, etc. Voyez ui.
=Déranger=, dans le sens de déranger la santé, indisposer, incommoder, est français, quoi qu'en disent certains grammairiens: j'ai mangé hier un peu plus qu'à l'ordinaire, et cela m'a dérangé. (Acad.)
=Dernier, ière=; prononcez der-nier et non der-gnier.
2. La dernière année de sa vie, est l'année où il est mort; l'année dernière, est l'an qui vient de s'écouler. Voy. ni.
=Derrière.=—Ne dites pas: il me loue en ma présence, et, derrière moi ou en arrière, il me déchire; dites, en mon absence, quand je suis absent, il me déchire; ou bien, par derrière il me déchire.
2. Ne dites pas: il est caché par derrière la porte; dites, ... derrière la porte.
3. Ne dites pas non plus: il loge par derrière; dites, ... sur le derrière.
=Des, Les, Mes, Tes, Ses.=—Prononcez dè, lè, mè, tè, sè, et non dé, lé, mé, té, sé.
=Descendre=, v. a. ou n., se conjugue avec l'auxiliaire avoir et avec l'auxiliaire être, selon que l'on considère l'action ou le résultat, ou selon que l'on peut répondre à l'une où à l'autre de ces questions: qu'a-t-il fait?—où est-il? qu'est-il devenu? il a descendu (qu'a-t-il fait?) la montagne au galop; votre père est-il en haut? non, il est descendu (où est-il?); j'ai descendu (qu'ai-je fait?) l'escalier en moins d'une minute; il y a plus de dix minutes que je suis descendu (où suis-je, que suis-je devenu?).
2. Ne dites pas, descendre en bas, monter en haut; dites simplement descendre, monter: il est clair en effet qu'on ne peut pas descendre en haut ni monter en bas; voyez haut. Prononcez dècen-dre et non d'cendre.
=Désagrafer=, n'est pas français; dites dégrafer.
=Déshonnête, Malhonnête=, adj.—Ces mots n'ont pas la même signification: une action déshonnête est une action contraire à la pureté; une action malhonnête est contraire à la civilité, à la bonne foi, à la droiture.
=Désir=, s. m.: prononcez désir et non desir ni d'sir; il en est de même de désirer, désireux.
=Désirer=, v. a.—Désirer de faire ou désirer faire.—On doit le faire suivre de la préposition de, lorsqu'il exprime un désir dont l'accomplissement est incertain, difficile ou indépendant de la volonté: désirer de réussir; il y a longtemps que je désirais de vous rencontrer; je désirerais bien d'en être débarrassé. (Acad.)—Quand, au contraire, ce verbe exprime un désir dont l'accomplissement est certain ou facile et plus ou moins dépendant de la volonté, il s'emploie sans la préposition de: je désire le voir; il désire vous parler. (Acad.)
2. Nous ferons remarquer que l'on emploie l'infinitif quand le verbe régi se rapporte au sujet du verbe désirer, et que l'on se sert de que avec le subjonctif, quand il ne s'y rapporte pas: je désire partir; je désire que vous partiez. (LAVEAUX).
3. Prononcez désirer et non desirer ni dèsirer: anciennement on écrivait néanmoins desir, desirer, desireux, desirable, et l'Académie dit que plusieurs écrivent et prononcent de la sorte, mais dans tous les exemples qu'elle donne elle écrit désir, désirer, désireux, désirable.
=Désister.=—Ce verbe est essentiellement pronominal; on doit dire se désister et non désister de quelque chose; se désister d'un procès. Ce serait une faute tout aussi grave d'employer ce verbe dans le sens de cesser, discontinuer.
=Dès lors=: prononcez dès lor et non dès lorse.
=Dessein= et =Dessin=.—Écrivez sans e devant l'i, quand il s'agit du travail d'un dessinateur: dessin, d'où vient le mot dessiner.
=Dessert=, s. m. et non desserf, ce qu'on sert à la fin d'un repas: prononcez dessère.
=Desserte=, s. f., ce qui reste d'un repas, ce qu'on a ôté de dessus la table.—Ce mot se dit aussi des fonctions attachées au service d'une cure, d'une chapelle: le prêtre chargé de la desserte de cette chapelle.
=Dessous, Dedans=, sont des adverbes comme dedans, dehors, auparavant; d'où il suit qu'ils ne peuvent être suivis d'un complément; vous ne direz donc pas, dessous la table; dessus le bureau, mais, sous la table, sur le bureau.—Prononcez deçu, deçou et non déçu, déçou ni dèçu, dèçou.
2. Cependant dessus, dessous s'emploient comme prépositions: 1º lorsqu'ils sont liés par une des conjonctions et, ni, ou: j'ai cherché inutilement dessus et dessous le lit; (Acad.) 2º lorsqu'ils sont précédés d'une autre préposition: ôtez cela de dessous moi.
3. Dessous de tasse.—Cette expression n'est pas française; il faut dire soucoupe.
=Dessus=, adv.—Ne dites pas: la roue lui a passé dessus; dites, lui a passé sur le corps, comme on dit, le boulet lui a passé bien près de la tête; le coup lui a passé sous les bras, entre les jambes. Voyez sens.
=De suite= et =Tout de suite.=—Ne confondez pas ces deux expressions: de suite signifie ce qui se fait l'un après l'autre sans interruption: il ne saurait dire deux mots de suite;—tout de suite, ce qui a lieu sans délai, sur-le-champ: il faut que les enfants obéissent tout de suite. Prononcez de suite (ui diphthongue) et non de souite.
2. Ne dites pas toute de suite pour tout de suite.—Voyez suite.
=Déteindre=, v. a., faire perdre la couleur à quelque chose: le vinaigre déteint les étoffes; le soleil déteint toutes les couleurs. Ce verbe est également pronominal: cette étoffe se déteint.
2. Il s'emploie aussi neutralement pour se déteindre: cette étoffe déteint beaucoup; ces cravates déteignent sur le linge. (Acad.)
=Détritus=, s. m., débris de formation naturelle: détritus de végétaux, prononcez détrituce.
=Dettes.=—Ne dites pas: je suis dans vos dettes, ni je suis sur vos dettes; dites, j'ai une dette à vous payer, je vous dois quelque chose, je suis votre débiteur.
=Deux=, adj.—Ne dites pas: nous sommes à deux, nous étions à trois: dites simplement, nous sommes deux, nous étions trois.
2. Ne dites pas non plus: ils étaient leurs trois; ils sont leurs deux; dites, ils étaient trois, ils sont deux;—ce leurs est un grossier wallonisme.
3. Ne dites pas non plus: deux et deux sont quatre, mais, font quatre.
4. Tous deux et tous les deux.—L'Académie, d'accord avec les bons grammairiens et les auteurs les plus corrects, ne trouve aucune différence entre ces deux expressions, et en autorise indifféremment l'emploi: ainsi lorsqu'on veut exprimer l'idée de simultanéité, il vaut mieux employer le mot ensemble: Pierre et Paul iront ensemble à la chasse, que de recourir à cette locution tous deux. Prononcez deû et non deuce.
=Deuxième, Second=: voyez second.
=Devancer=, v. a.: prononcez devancer et non dévancer ni dèvancer.
=Devant.=—Ne dites pas: le jour de devant, mais, la veille; ni le jour d'après, mais, le lendemain.
2. Devant indique généralement le lieu, la place; avant indique plus spécialement le temps: retirez-vous, ne vous placez pas devant moi; laissez-le courir, j'arriverai pourtant avant lui.
3. Ne dites pas: faites vos devoirs devant d'aller jouer, mais, avant d'aller jouer.
=Devanture=, quoi qu'en disent quelques grammairiens, se dit de la face antérieure et de la façade d'une maison: la devanture d'une maison. (Acad.)
=Devenir=, ne peut pas s'employer pour venir; ne dites donc pas: je deviens de la ville, mais, je viens de la ville: prononcez (je) deviens et non déviens ni dèviens.
=Deviner=, v. a.: prononcez deviner, devin et non déviner, dévin.
=Devinette=, n'est pas français; dites énigme, rébus: pourriez-vous deviner cette énigme, ce rébus.
=Devis=, s. m., propos, état d'architecture: prononcez devi.
=Dévoiement=: prononcez dévoament sans faire sentir l'e ni un y, et non dévoyement.
=Devoir=, s. m.—Ne dites pas, rendre le dernier devoir à un mort; dites, les derniers devoirs.
2. Devoir, v.—Beaucoup de personnes disent: j'ai dû rire, sans vouloir indiquer par là qu'elles ont été forcées de rire; dites simplement: j'ai ri, je n'ai pu m'empêcher de rire, c'était risible.
3. Les locutions wallonnes, il ne devrait pas, il ne pourrait pas valoir, se traduisent par, il ne faudrait pas, il ne serait pas à désirer, il ne ferait pas beau voir.
4. Ne dites pas: nous allons devoir partir; dites, nous partirons bientôt, nous allons partir; nous serons bientôt obligés de partir; il faudra que nous partions.
5. Ne dites pas, nous de-ve-rions, vous de-ve-riez, mais, nous de-vrions, vous de-vriez.
=Dévouement, Dévouer=: prononcez dévoûment, dévou-er, je me dévoû, et non dévou-wement, dévou-wer, je me dévou-we.
=Dey=, s. m., gouverneur de Tunis et ancien gouverneur d'Alger: prononcez dè et non deye.
=Di.=—Prononcez di et non gi, tgi, en donnant à di un son à peu près équivalent au g wallon ou italien: Dieu, diamant, diamètre, diable, vous demandiez, mendier, mendiant, etc.—Voyez ti.
=Dia=, cri des charretiers pour faire tourner les chevaux à gauche.—Voyez hue.
=Diable=, s. m., démon: prononcez diâble, iâ diphthongue longue et non diable, ni diape. Le féminin diablesse est un terme d'injure qui se dit ordinairement d'une femme méchante et acariâtre; il s'emploie aussi dans le sens de, bon diable, bonne diablesse; pauvre diable, pauvre diablesse; méchant diable, méchante diablesse; grand diable, grande diablesse.
2. Dites, faire le diable à quatre et non, en quatre.
=Diacre=, s. m., clerc promu au diaconat: prononcez dia-cre (i bref) et non diâcre ni diaque; il en est de même de sous-diacre.
=Diagnostic=, s. m., connaissance des symptômes d'une maladie; prononcez diagh'nostik (g dur).
=Dialecte=, s. m., idiome particulier dérivé de la langue nationale; prononcez dialek-te et non dialek.
=Dicace, Ducace=, ne sont pas français; dites kermesse, fête.
=Dictamen=, s. m., sentiment de la conscience; prononcez diktamène.
=Diction, Dictionnaire.= Prononcez dikcion, dikcionère et non dikchon, dikchonnère; il en est de même de tous les mots terminés en tion, tier, tié: accusation, formation, cabaretier, amitié, et non accusachon, formachon, cabarecher, amiché (ch des wallons, équivalant à tch ou au c des italiens).
=Dièse=, s. m., signe pour hausser la note d'un demi-ton; prononcez diè-ze et non diè-ce.
=Dieu=: prononcez Dieu (en appuyant sur di) et non Djieu ni chieu (ch wallon).—Voyez di.
=Différer=, dans le sens de disconvenir, n'est pas français; dites donc, je n'en disconviens pas; disconvenez-vous du fait? et non, je n'en diffère pas; différez-vous du fait?
2. Dans le sens de, remettre à un autre temps, il régit la prép. de devant un infinitif: ne différez pas de partir.
=Difficile.=—Ne dites pas: j'ai difficile, j'ai facile d'apprendre par cœur; tu as bien facile, tu as bien difficile; dites, j'éprouve, tu éprouves, j'ai, tu as de la difficulté, de la facilité pour... ou bien, j'apprends difficilement, malaisément, avec peine, avec difficulté, facilement, aisément, avec facilité; dites encore, (au lieu de tu as bien facile, bien difficile) c'est bien facile, bien aisé, bien difficile, mal aisé: cette locution, qui se rencontre fréquemment chez les wallons, est tout-à-fait vicieuse.
2. Ne dites pas non plus: il fait facile, il fait difficile de marcher; dites, on a de la peine, on éprouve de la difficulté à marcher; on marche avec peine, difficilement; ou bien, on marche facilement, aisément, sans peine; il est facile, difficile de, etc.
3. Ne dites pas non plus: ces livres sont difficiles ou faciles à se procurer; dites, il est difficile, facile de se procurer ces livres.
4. Quand facile à, difficile à, aisé à, bon à, sont suivis d'un infinitif, ce dernier a un sens passif: ce livre est difficile à lire, c'est-à-dire, à être lu; ainsi ces adjectifs, dans ce sens, ne peuvent régir un verbe pronominal.
5. Être difficile à vivre, c'est-à-dire, être d'un caractère difficile, d'un commerce difficile, avec qui il est difficile de vivre, est une locution correcte, quoi qu'en disent certains grammairiens, plus orthodoxes que l'Académie.
=Digestion=, s. f., coction dans l'estomac; prononcez digess'thion et non digécion, digession, dijection.
2. On dit, ces aliments sont digestibles, faciles à digérer, ou indigestes, difficiles à digérer. Digeste et digestif dans le sens de digestible ne sont pas français.
=Digne=, adj.—Dans une phrase affirmative, il se dit également du bien et du mal: il est digne de récompense, il est digne de châtiment; mais dans une phrase négative, il ne se dit que du bien: il n'est pas digne de votre amitié. On ne dira donc pas: il n'est pas digne du supplice; il faut se servir d'une autre tournure de phrase, par exemple: il ne mérite pas le supplice.—Indigne ne se dit non plus que du bien: il est indigne d'être puni, serait une faute.
2. Prononcez digne (et non dine), di-gnement, di-gnité, indi-gner, indi-gnement, et non dign'-nement, dign'-nité, indign'-ner, indign'-nement. Voyez gn.
=Diligence.=—On dit, aller, être dans la ou en diligence, et non, sur la diligence, à moins qu'il ne soit question de l'impériale; prononcez diligence, et non déligence.
=Diminuer.=—Ne dites pas, les grains, les vins diminuent, pour signifier qu'ils sont à la baisse; dites, le prix des grains, des vins diminue, baisse. Voyez augmenter.
=Diminutif.=—Évitez d'ajouter le mot petit à un diminutif: une petite barquette, une petite statuette, un petit saumonet; dites simplement, une barquette, une statuette, un saumonet, à moins que vous ne vouliez insister sur les petites dimensions de cette statuette, etc.; ainsi une petite statuette est une statue doublement petite.
=Dînatoire=, adj.—Ce mot ne figure pas dans l'Académie et n'est usité que dans l'expression suivante, déjeuner dînatoire, déjeuner qui tient lieu de dîner; on dit mieux dans ce sens, déjeuner-dîner. (Acad.)
=Dîner= de et avec: voyez déjeuner.
2. Dîner, dînée, dîné (avant, après-dînée, etc.): voyez après.
=Diocèse=, s. m., pays administré par un évêque; prononcez diocè-ze, et non diocè-ce.
=Diplôme=, s. m., charte, acte public; prononcez diplôme (ô long).
=Dire=, v. a.—On rencontre trop souvent de ces impitoyables parleurs qui vous assomment à chaque phrase de leurs éternels dis-je, dit-il, qui dit, qu'il dit; c'est une faute qu'il faut éviter avec d'autant plus de soin, qu'elle n'est propre qu'à rendre ridicule celui qui en a contracté l'habitude.
2. Dire ne s'emploie pas dans le sens de promettre; il faut donc condamner les locutions flamandes: je lui ai dit de venir, il m'a dit de venir; remplacez-les par je lui ai promis de venir; il m'a promis de venir; ou bien, je lui ai dit que je viendrai, etc.
3. Ne dites pas: je me suis laissé à dire; cette locution n'a pas le sens que les wallons y attachent; dites, j'ai cédé; j'ai cédé aux instances.
4. Dire et redire, font à la 2e p. pl. du prés. de l'ind., vous dites, vous redites; tous les autres composés font, vous médisez, vous contredisez, etc.
=Direct, Indirect=: prononcez direk-te, indirek-te.
=Directement=, adv.—Ne dites pas: ce remède m'a guéri directement; dites, sur le-champ.
=Disciple=: voyez élève.
=Discompte.=—Ce mot n'est pas français; c'est escompte qu'il faut dire. On emploie aussi à tort le mot discompte pour signifier le bon poids.
=Disconvenir=, se conjugue toujours avec l'auxiliaire être: il n'en est pas disconvenu.
=Discord=, adj., qui n'est point d'accord: instrument discord; il n'a pas de féminin.
=Disert=, adj., qui parle bien et aisément; prononcez dizère.
=Disparution.=—Ce mot n'est pas français; dites, disparition, apparition; mais il faut dire comparution.
=Dispos=, adj., léger, agile; il ne se dit que des personnes: un homme gaillard et dispos; cet adjectif n'a pas de féminin.
=Disposer=, v. a.—Ne dites pas: j'ai disposé sur vous 1000 francs; dites, de 1000 francs.
=Disputer= (=se=), dans le sens de se quereller, s'emploie rarement; ne dites donc pas: ces enfants se disputent sans cesse; dites plutôt, ces enfants se querellent sans cesse, ou disputent sans cesse.
2. Ne dites pas: son père le dispute toujours; dites, le gronde, le querelle toujours.
=Distiller=, distillerie, distillateur, distillation: les ll ne se mouillent pas et l'on n'en prononce qu'une.
=Distinct, te=, adj.—Prononcez distink'te et non distinke, ni distin.
=District=, s. m., juridiction; prononcez distrik, sans faire sentir le t final.
=Dit.=—Lorsque ce participe est placé immédiatement après un article ou un adjectif possessif, il ne forme avec lui qu'un seul mot: ledit lieu, ladite maison, mondit seigneur, sondit procès-verbal.
2. Ne dites pas: franchement dit, il a raison; dites, à franchement parler, il a raison; franchement, il a raison.
=Divers=, adj., différent; au masculin, prononcez divère et non diverce.
=Divin=, adj., placé devant un mot qui commence par une voyelle ou une h muette, se prononce comme le féminin divine: divin auteur, divin oracle.
=Divis= et =Indivis= sont invariables: posséder par divis, par indivis; l's ne se prononce pas.
=Dix.=—Prononcez dice quand il est isolé; dize, devant une voyelle ou une h muette; di, devant un mot commençant par une consonne ou une h aspirée: dix, dix héros, dix personnes, dix hommes.
=Dixième=, adj.—Prononcez dizième, vingtième et non dizièm-me, vingtièm-me.
=Docte=, adj., savant.—Prononcez dok-te et non dok.
=Docteur=, s. m., se dit quelquefois absolument pour médecin: consultez votre docteur. Ce sens est familier, et le mot médecin ou docteur en médecine, selon le sens, est préférable. (Acad.)
=Doge=, s. m., chef de la république de Venise; on dit dogaresse pour la femme du doge; prononcez doge et non doche.
=Dogme=, s. m., vérité de foi; prononcez dogh-me (g dur) et non dome, ni doghe ni doh'me.
=Doigt=, s. m.—Prononcez doa; on ne fait pas sentir le g non plus dans doigter, doigtier.
2. Ne dites pas: j'ai un mauvais doigt, un doigt blanc; dites, j'ai mal à un doigt, j'ai un panaris.
=Dompter, Dompteur, Domptable.=—Dans ces mots, le p ne se prononce pas; dites donter, donteur, etc.; mais dans indompté, indomptable, on fait sentir le p, et l'm se prononce comme n. (Acad.) Voyez p.
=Don=, s. m.—Ne dites pas: don par M. N.; dites, don de M. N., ou donné par M. N., et mieux, offert par M. N.
=Donc=, conj., par conséquent.—Le c a le son de k, lorsque donc est au commencement ou à la fin d'une phrase, ou lorsqu'il est suivi d'un mot commençant par une voyelle ou une h muette: votre frère vous aime, donc (donke) vous devez l'aimer; allons, venez donc; votre frère est donc (donke) arrivé. Hors ces trois cas, on ne fait pas sentir le c: votre frère est donc (don) sorti.
=Donner.=—Ne dites pas, donnez-moi-z'en, mais donnez-m'en.
2. Ne dites pas: donner le dernier, pour administrer l'extrême-onction. (Fland.)
3. Ne dites pas: je me suis donné à connaître, mais, je me suis fait connaître. (Wall.)
4. Ne dites pas non plus: cet homme m'a donné des sottises, mais plutôt, m'a dit des sottises, et mieux, m'a dit des injures.
5. Ne dites pas: j'ai été le dernier au concours, mais je n'en donne rien; dites, ça m'est égal, ça m'est indifférent. (Fland.)
6. Ne dites pas: donner des caresses; dites, faire des caresses.
7. Ne dites pas: donner leçon de musique, d'allemand, etc.; dites, donner des leçons de musique...
8. Ne dites pas: donner le bonjour, le bonsoir; dites, souhaiter le bonjour, le bonsoir.
=Dont=, pron. rel.—Ne dites pas: la ville dont je viens, mais, la ville d'où je viens: dont exprime simplement la relation; d'où se dit du lieu.
2. Ne dites pas: les livres que j'ai besoin, mais, les livres dont j'ai besoin. Prononcez don et non donte.
=Dormir=, ne s'emploie pas pour coucher; ne dites pas: j'ai dormi chez mon frère, mais, j'ai couché chez mon frère; dites de même, nous avons couché ensemble, et non, nous avons dormi ensemble; mais vous direz bien: je me suis couché sur l'herbe et j'y ai dormi: dormir signifie être dans le sommeil.
=Dortoir, Abattoir, Lavoir.=—Ces mots s'écrivent sans e final, tandis qu'il doit figurer dans réfectoire, conservatoire, laboratoire, baignoire.
=Dos=, s. m., partie postérieure; prononcez dô.
2. Ne dites pas: lier les mains derrière le dos, ce qui serait un contresens; dites, lier les mains au dos.
=Dôse=, petite pustule qui vient sur la peau, est un mot wallon; dites, pustule, bube, cloche, élevure, ampoule:—avoir des élevures sur la peau; la morsure du cousin produit une bube, une ampoule.
=Dot=, s. f., bien apporté en mariage: une dot considérable; prononcez dote.
=Douairière=, s. f., veuve qui jouit d'un douaire; prononcez douèrière; quelques-uns prononcent douarière.
=Douanier=, s. m., commis de la douane; prononcez douanié, et non doua-gnié. Voyez ni.
=Double.=—Faire double, c'est-à-dire faire toutes les mains aux cartes; dites mieux, faire capot, faire la vole. Prononcez, dou-ble et non doupe ni doubèle.
=Douche=, est une effusion d'eau d'un lieu élevé sur une partie malade; n'employez pas ce mot pour chaudron, grande chaudière, cuveau.
=Douter.=—Ne dites pas: je doute si vous gagnerez votre procès: dites, je doute que vous gagniez votre procès.
=Douzaine.=—On dit une douzaine, une huitaine, une dizaine, une vingtaine, une centaine, mais on ne dit pas une troisaine, une cinquaine, une sixaine, une septaine, une onzaine, etc.
=Douze heures.=—Dites midi ou minuit, selon qu'il s'agit du jour ou de la nuit. Prononcez dou-ze et non dou-ce.
=Doxal=, n'est pas français; dites jubé.
=Doyen=, s. m.: prononcez doa-i-in et non do-i-in ni doa-in.
=Drachme=, s. f., monnaie, poids; prononcez draghme (g dur); quelques-uns l'écrivent ainsi.
=Dragon=, s. m. tache qui vient sur la prunelle des hommes et des chevaux: avoir un dragon dans l'œil; ce mot est français: voyez taie.
2. Dragon, pour cerf-volant, n'est pas français.
=Drap.=—Ne dites pas, un drap de mains; dites, un essuie-mains.—Ne dites pas non plus, un drap d'enfant; dites une couche.
=Drève.=—Ce mot est flamand; dites, une avenue, une allée d'arbres: l'avenue du château.
=Dringuelle=, mot flamand, qu'il faut rendre par une des expressions suivantes: pourboire, épingle, pot-de-vin.—Les épingles (au plur.), se disent de la libéralité que l'on donne aux femmes: voilà pour les épingles des filles; ce sont les épingles de madame;—le pourboire se donne aux hommes, domestiques, commissionnaires, cochers;—le pot-de-vin est ce qui se donne par manière de présent au-delà du prix qui a été convenu pour un marché; le pourboire se donne aux personnes d'un rang inférieur; le pot-de-vin se donne à des personnes d'une position plus élevée.
=Drogman=, s. m., interprète dans les pays orientaux; prononcez drogh'man et non drogh'mane: (g dur).
=Droguer=, v. n., attendre, se morfondre: il m'a fait droguer pendant deux heures; ce terme est populaire; dites préférablement, attendre, se morfondre, faire le pied de grue;—croquer le marmot est familier.
=Droit.=—Ne dites pas: cette femme marche droite à son but; dites, droit à son but; droit est ici adverbe, et dans ce cas, marcher droit signifie marcher en droite ligne, directement, par le plus court chemin.
Néanmoins, si vous voulez parler de la tenue, du maintien, vous direz, cette femme marche droite (a une bonne tenue, ne se tient pas courbée).
En d'autres mots, droit est adverbe quand il modifie un verbe: marchez droit devant vous, mesdames, et vous arriverez bientôt; il est adjectif, quand il modifie un sujet ou un complément: marchez droite, mademoiselle, et tenez votre bougie plus droite.
=Drôle.=—Bien des personnes se trompent dans l'emploi de ce mot: drôle, (adjectif) gaillard, plaisant, original: cet homme est bien drôle; c'est un drôle d'homme, un drôle de corps; avoir une tournure drôle, une drôle de tournure; voilà qui est drôle; un conte fort drôle. (Acad.)
2. Drôle s'emploie aussi comme substantif masculin, et se dit d'un homme, d'un enfant, lorsqu'on leur attribue quelque qualité dont il faut plus ou moins se défier, ou qu'on leur impute quelque chose dont on est contrarié, mécontent, etc.: c'est un drôle bien rusé; c'est un petit drôle bien éveillé; je surpris le drôle au moment où...; ah! monsieur le drôle, vous osez... (Acad.)
3. Il se dit dans un sens tout à fait injurieux, d'un polisson, d'un mauvais sujet, d'un homme qu'on méprise: c'est un drôle, un petit drôle, qui se fait chasser de partout; vous êtes un drôle, un grand drôle. Ce mot est toujours pris en mauvaise part comme substantif, et il est familier dans ces trois acceptions (Acad.)
4. Prononcez drôle (ô long) et non drole (o bref).
=Drôlement=, adv., d'une manière drôle; prononcez et écrivez drôlement (ô long) et non drôledement; prononcez également o long dans drôlerie, drôlesse, drôlatique.
=Druide=, s. m., prêtre gaulois; prononcez druide (ui diphth.) et non dru-wide ni druite.
=Ducasse= ou =Ducace=, n'est pas français; dites, fête, kermesse et voyez ce dernier mot.
=Duègne=, s. f., gouvernante; prononcez duègne (gne mouillé) et non duène, du-ègne, du-wègne.
=Dupe=, s. f.—Ce mot est toujours du féminin, quoiqu'on puisse l'appliquer à des noms du genre masculin: cet homme a été la dupe de son bon cœur; cette femme a été la dupe de sa bonne foi.
=Dur, e=, adj.—Cela me tombe dur, pour cela m'est dur, m'est pénible, me contrarie, est un flandricisme.
2. Ne dites pas: il est si dur avec ses domestiques; dites, ... envers ses domestiques ou à l'égard de ses domestiques.
=Durant.=—Cette préposition se place quelquefois après le mot qu'elle régit: il a six mille francs de pension sa vie durant (et non durante); six ans durant (et non durants).
2. Durant que, n'est pas français; dites pendant que ou tandis que, selon le sens.
=Dussai-je=, n'est pas français; écrivez et prononcez dussé-je, puisqu'on dit que je dusse, que tu dusses.
=Duumvir=, s. m., magistrat romain; prononcez duom'vir; item duumvirat.
E
=E.=—L'e muet doit conserver son son naturel dans la prononciation; c'est donc une faute grossière de le prononcer comme un è ouvert; dites, petit, peser, peler, lever, le livre, brevet, cerise, demander, etc., et non pètit, pèser, pèler, lèver, lè livre, brèvet, cèrise, dèmander, etc.
2. L'é fermé, suivi d'un e muet, se prononce très-long; il faut donc bien se garder d'intercaler dans la prononciation un i ou un y entre l'é et l'e: fumée, aimée, blâmée, levée, etc.; prononcez fumé, aimé, blâmé, levé (é très-long pour le distinguer d'un é isolé ou du masculin, par exemple, fumé, aimé, etc.); mais ne prononcez pas: fuméïe, aiméïe, blâméïe, levéïe.
3. E pour ai, dans le verbe faire et ses composés; quoiqu'on écrive très-bien je ferai, je ferais, écrivez cependant, faisant, nous faisons, je faisais, bienfaisant, bienfaisance, et prononcez cet ai comme un e muet.
=Eau=, s. f.—Avoir l'eau, est une locution vicieuse; dites, être hydropique, avoir une hydropisie; prononcez ô (ô long en serrant les lèvres et non o, o ouvert, en desserrant les lèvres.)
=Ébène=, s.—Ce mot est féminin: ébène grise; prononcez ébène et non ébin-ne.
=Ébouler= (=s'=), =Écrouler= (=s'=).—La terre s'éboule; les murailles et les bâtiments s'écroulent; ne dites donc pas: la terre s'écroula sous nos pieds; dites, s'éboula....
=Écaille.=—Ne dites pas: les écailles d'un pot, d'un vase (brisé); dites, les têts.
2. Ne dites pas: des écailles de noix; des écailles d'œufs, de pois, de fèves: dites, des écales de noix, d'œufs. Dites au contraire des écailles et non des écales de poissons.—Brou est synonyme d'écale; cale dans ce sens n'est pas français.
=Écaler, Écosser, Écorcer, Écorcher, Écailler, Peler, Éplucher.= —Écaler, signifie ôter l'écale des noix, des œufs: il faut écaler ces noix, ces œufs.—Écosser se dit particulièrement des pois, des fèves et de quelques autres graines: elle écosse des fèves; vendre des pois écossés.—Écorcer veut dire ôter l'écorce du bois: on écorce le bois au printemps (le bois écorcé se nomme bois pelard.)—Écorcher, c'est ôter la peau d'un animal, le dépouiller: écorcher un cheval; il s'est écorché la main.—Écailler se dit des poissons dont on ôte les écailles: on n'a pas bien écaillé ce brochet.—Peler, c'est ôter la peau d'un fruit: peler une pomme, une poire; peler des pommes de terre; la peau, que l'on a ôtée de dessus les choses qui se pèlent, se nomme pelure.—Éplucher, c'est nettoyer des herbes, des graines, etc., en ôter les ordures et ce qu'il y a de mauvais, de gâté: éplucher des herbes, de la salade, éplucher du riz. Il se dit aussi en parlant des étoffes, des laines, des soies, etc. et signifie en enlever ce qu'il peut y avoir de faux, de mauvais, de reprochable en quelque chose: éplucher des draps, des laines, des soies. (Acad.)—C'est donc une faute de dire, éplucher des pommes de terre, pour, peler des pommes de terre.
=Écarter=, signifie rejeter les cartes dont on ne veut pas se servir, comme au jeu de piquet; faire les cartes ou donner les cartes, exprime la distribution que l'un des joueurs fait des cartes après les avoir battues (et mieux mêlées) et lorsqu'elles ont été coupées: ne confondez pas ces termes.
=Échalasser=, mettre des échalas à une houblonnière, à une vigne; ne dites pas échalader.
=Échange= et =Change=, sont masculins: vous n'avez pas gagné au change; vous avez fait un échange avantageux.—Prononcez chan-je, échan-je et non chan-che, échan-che.
=Échapper à, Échapper de.=—Échapper à signifie se soustraire, se dérober à, être préservé de: échapper à la fureur des ennemis, à la tempête, au danger, à la mort.—Échapper de, signifie cesser d'être où l'on était, sortir de: échapper des mains des ennemis, du naufrage, du feu, du danger.
2. Échapper se conjugue avec être, lorsqu'il se dit d'une chose dite ou faite par imprudence, par indiscrétion, par mégarde, par négligence: à peine cette parole me fut-elle échappée que je sentis mon imprudence; son secret lui est échappé.—Échapper se conjugue avec avoir, quand il se dit d'une chose qu'on a oublié de dire ou de faire ou qu'on n'a pas remarquée: ce mot, cette date, son nom m'a échappé; cette observation lui a échappé; j'ai eu beau lire attentivement, cette faute m'a échappé.
3. L'échapper belle, c'est éviter heureusement un péril dont on était menacé: tu l'as échappé belle.
=Écharde=, petit éclat de bois, une épine, un piquant de chardon qui entre dans la chair; ne le confondez pas avec écharpe, bande d'étoffe.
=Échasse=, n'est guère usité qu'au pluriel; prononcez échâce (â long). (Acad.)
=Échauffourée=, s. f., action téméraire; écrivez et prononcez échauffourée et non échaffourée.
=Èche.= Les mots terminés en èche sont marqués d'un accent circonflexe ou d'un accent grave: calèche, flamèche, flèche, mèche, sèche, bêche, dépêche, pêche, prêche, etc.
=Échec=, s. m.—Faites sentir le c, excepté lorsqu'il s'agit du jeu des échecs: tant d'échecs (échek) ne découragent pas cet auteur; jouer aux échecs (échè).
=Écheveau=, s. m., assemblage de fils de chanvre, de soie, de laine, repliés en plusieurs tours, afin qu'ils ne se mêlent point: prononcez écheveau, et non échefeau.—Échet, pour écheveau, n'est pas français. Voyez cheval.
=Échevin.= s. m., magistrat municipal: prononcez échevin et non ej'vin ni échefin; prononcez de même achever, cheville, cheval, etc. Voyez cheval.
=Écho=, s. m., son réfléchi: prononcez ékô (ô long) et non éko (o bref).
=Éclabousser=, faire jaillir la boue; ne dites pas esclabousser.
=Éclair=, est masculin: un éclair et non une éclair.
=Éclairer.=—On dit maintenant: éclairer une personne qui descend l'escalier; éclairez monsieur; vous l'éclairez mal; autrefois dans le même sens, on disait éclairer à. (Acad.)
=Écolier=: voyez élève.
=Écorces, Écosses=, de pois, de fèves; ces mots ne sont pas français; dites cosses. Voyez écaler.
=Écoute.=—Ne dites pas: donner écoute aux médisances; dites, prêter l'oreille aux...; écouter les médisances.
=Écran, Paravent.=—On se sert de l'écran pour garantir de la chaleur du feu; le paravent, garantit contre le vent ou l'air extéreur. Voyez brise-feu.
=Écraser=, v. a., aplatir et briser; prononcez écrâser (â long).
=Écrémer=, v. a.: voyez crémer.
=Écreper, Écrepure.=—Ces mots, fort en usage dans le Hainaut, pour signifier ratisser, ratissure, ne sont pas français.
=Écrevisse.=—Écrivez et prononcez écrevisse, et non écrévisse, écrèvisse, égrevisse.
=Écritoire, Encrier.=—L'écritoire est un petit meuble qui contient ou renferme les choses nécessaires pour écrire, encre, papier, plume, canif, etc.; ce mot est féminin: écritoire bien garnie; une écritoire de bureau.—Il ne faut pas confondre l'écritoire avec l'encrier, qui est un petit vase de verre, de porcelaine, de plomb, etc., dans lequel on met uniquement l'encre: encrier de verre, de plomb.
=Écrivain.=—La signification la plus ordinaire, est celle d'auteur de quelque ouvrage de littérature, et dans ce sens il est toujours masculin, même lorsqu'il se dit d'une femme: cette femme est un écrivain de mérite. Écrivain se dit plus rarement dans le sens d'employé, de commis, d'expéditionnaire, qui tient les écritures.
=Écrou=, s. m., trou dans lequel entre la vis; ne dites pas égrou.
=Écrouelles=, s. f., humeurs froides; ne dites pas égrouelles.
=Écrouler= (=s'=): voyez ébouler.
=Écuelle=, s. f., pièce de vaisselle, d'argent, d'étain, de bois, de terre, etc., qui sert le plus communément à mettre du bouillon, du potage; prononcez ékwelle (uel font une seule syllabe) et non écu-elle; prononcez de même écuellée, (plein une écuelle).
=Écumoire=, s. f., ustensile qui sert à écumer le bouillon, etc.; écumette n'est pas français.
=Éden=, s. m., paradis terrestre; prononcez édène.
=Éduquer=, est un mot populaire; dites donc: cet enfant est bien élevé et non bien éduqué.
=Effendi=, s. m., titre des fonctionnaires turcs; prononcez éfindi. Quelques-uns écrivent éfendi. (Acad.)
=Effets=, s. m. pl.—Ne dites pas: vous allez à la promenade, ayez soin de vos effets; dites, ayez soin de vos habits, de vos vêtements. Les effets sont les objets, les meubles à l'usage d'une personne: emporter ses effets; il ne se dit pas des vêtements en particulier.
=Effort=, s. m.—Ne dites pas: il s'est fait un effort dans les reins; dites, il s'est donné un tour de reins.
=Égal, e=, adj.—Ne dites pas: cela est égal pour moi; cela m'est tout égal; dites, cela m'est égal, parfaitement égal; cela m'importe peu.
2. Ne dites pas: voulez-vous jouer avec moi?—Cela m'est égal; dites, volontiers, comme vous voudrez.
=Égaler, Égaliser.=—Égaler se dit des personnes et des choses: la mort égale tous les hommes, tous les rangs.—Égaliser ne se dit que des choses: égaliser les lots d'un partage, un terrain. (Acad.)
2. Lorsqu'on dit: cinq multiplié par quatre égale vingt, le mot égale est la 3e personne du présent de l'indicatif du verbe égaler et non un adjectif; en conséquence, il faut écrire égale et non égal.
=Ége.=—Tous les mots terminés en ége portent un accent aigu et non un accent grave, sur l'e qui précède le g: barége, collége, cortége, Liége, manége, piége, siége, abrége, assiége, protége, etc.—Cependant il est généralement d'usage de prononcer ces sortes d'é comme s'ils étaient marqués d'un accent grave: barège, collège, cortège, Liège, manège, etc.; et cet usage est fondé sur cette grande loi de la prononciation qui veut qu'une syllabe muette soit précédée d'une syllabe grave. Malgré notre respect pour l'autorité de l'Académie, nous regrettons vivement qu'elle n'ait pas adopté cette dernière orthographe, comme elle l'a fait pour les finales en èche et en êche; nous sommes convaincu qu'elle devra un jour se déjuger, parce que l'usage est plus fort que les règles faites d'autorité.
=Éger.=—Les verbes en éger conservent l'accent aigu dans tous les temps et dans toutes les personnes.
=Égnime, Égnimatique=: écrivez et prononcez énigh-me, énigh-matique (g dur).
=Égoïste.=—Prononcez égoïs-te, et non égoïce; prononcez de même catéchis-te, sophis-te, pos-te, Égyp-te, pis-te, cul-te, cuis-tre, fich-tre, mons-tre, ellip-se, éclip-se, etc.—Voyez st et finales.
=Égratigner.=—Dites, le chat a égratigné cet enfant, et non, a gratté; dites également, égratignure et non gratte.
=Éhonté=,—On dit aussi déhonté. (Acad.) Voyez ce dernier mot.
=Élaguer, Émonder.=—Élaguer un arbre, en retrancher les branches superflues et nuisibles, soit à son développement, soit à la nourriture des branches fécondes.—Émonder un arbre, le rendre propre et agréable à la vue, par la soustraction de tout ce qui le gâte et le défigure.
=Élancer, Élancement=: voyez lancer, lancement.
=Élève, Disciple, Écolier, Étudiant.=—Un élève reçoit les leçons de la bouche même du maître; il se dit aussi cependant des enfants et des jeunes gens qui fréquentent une école, un collége ou qui y vivent en pension.—Le disciple suit les doctrines d'un savant mort ou vivant: les disciples de Socrate, les disciples de N. S. J.-C., les disciples de St.-Simon.—L'écolier étudie dans une école, un collége ou une pension: il y a des écoliers qui sont mauvais élèves, et qui ne sont jamais disciples des grands écrivains.—L'étudiant suit les cours d'une université ou d'une école publique: un étudiant en droit, en médecine.
=Élever, Lever.=—On lève, en dressant ce qui est couché, en haussant; dites donc, levez les mains, les yeux au ciel et non élevez... On élève, en plaçant dans un lieu ou dans un rang plus éminent: élever sa pensée vers le ciel.
=Élixir=, liqueur spiritueuse, est masculin: excellent élixir; ne dites pas élexir.
=Elles=, pluriel de elle: elles sont bavardes; prononcez elles et non elses.
2. Ne dites pas, elle l'est si bonne, mais elle est si bonne.
=Embarbouiller=, n'est pas français; dites barbouiller.
=Embarlificoter, Emberlificoter=, sont des expressions absurdes.
=Embarras.=—Ne dites pas: cet homme fait bien son embarras ou de ses embarras ou ses embarras; pour signifier qu'il se donne de grands airs, qu'il fait l'important; il faut dire: cet homme fait de l'embarras, ou fait l'important.
2. Ne dites pas avec les wallons: ce n'est pas l'embarras, mais je voudrais bien le voir; dites, malgré cela, quoi qu'il en soit, je voudrais... Prononcez ambarâ (â long).
=Emberlucoquer= (=s'=), v. a. et pron., se coiffer d'une opinion, s'en préoccuper tellement qu'on en juge aussi mal que si on avait la berlue; ne dites pas emberticoquer.
=Embêter.=—Ce mot est bas et populaire; on peut le rendre par ennuyer, fatiguer, tuer, impatienter, scier, scier le dos: cela m'ennuie; vous m'impatientez par vos discours; il me scie; cette affaire me scie le dos.
=Emblaver.=—Ne dites pas: vous emblavez toute la table; dites, vous embarrassez...
=Emblève=, rivière: voyez Amblève.
=Embonpoint=, s. m.—Ce mot est un de ceux où, par exception, n se trouve devant p.
=Embouchoir=, s. m., terme de bottier; c'est un instrument de bois en forme de jambe dont on se sert pour élargir les bottes, ou pour empêcher qu'elles ne se retrécissent; on dit plus communément embauchoir. (Acad.)
=Embouler.=—Un écheveau de fil emboulé, barbar.; dites, mêlé; embouler n'est pas français.
=Embrasement=, s. m., grand incendie; prononcez embrazement; un embrassement est l'action d'embrasser et se prononce embracement.
=Embrouillamini=, s. m., désordre, confusion; ce mot n'est pas français; dites brouillamini.
=Embûches=, s. f. pl.: voyez tendre.
=Éminent, Imminent=, péril éminent, péril imminent.—Éminent donne l'idée d'un mal, d'un péril qu'on peut regarder comme très-grand, mais dont on a le temps d'examiner la grandeur; et imminent donne l'idée d'un mal, d'un péril qu'on peut regarder comme présent et où le hasard nous engage; l'un s'envisage avec crainte; l'autre, avec effroi. On dira d'un malheureux qui doit expier son crime sur l'échafaud, qu'il est dans un péril éminent; mais d'un criminel qu'on mène au supplice ou d'un homme surpris par les voleurs, on dira qu'il est dans un péril imminent.
=Emmalgame, Emmouracher, Ennuiter=: écrivez et prononcez amalgame, amouracher, anuiter.
=Emmancher=, mettre un manche; ne dites pas amancher.
=Emment= (terminaisons en); se prononcent a-ment et non an-ment: prudemment, ardemment.
=Emmurailler, Murailler=, entourer de murs, ne sont pas français; dites murer ou entourer, fermer de murs.
=Émoluments=, s. m. pl.: voyez gage.
=Émoucher= la chandelle.—Dites moucher la chandelle; émoucher veut dire chasser les mouches.
=Émouchettes, Épinces.=—On ne dit ni l'un ni l'autre dans le sens de pinces, mouchettes (ce dernier ne s'emploie qu'au pluriel).
=Émoudre=, v. a., aiguiser sur une meule: émoudre des couteaux, des ciseaux; les verbes émouler, remouler ne sont pas français.—Cependant on dit également bien émouleur et rémouleur, pour désigner celui qui fait profession d'émoudre, de rémoudre, d'aiguiser les couteaux, les ciseaux. (Acad.)
=Empêche=, n'est pas français; dites empêchement.
=Empêché, Occupé.=—Il ne faut point confondre ces deux mots: empêché se dit d'une personne qui a de l'embarras, un empêchement; occupé se dit d'une personne qui a de l'occupation, qui travaille à quelque chose; ne dites donc pas: j'ai été ce matin voir mon ami, il était empêché à rendre ses comptes; la servante est empêchée à faire le dîner; il faut dire, il était occupé à rendre ses comptes; la servante est occupée à faire le dîner. Mais l'on dira bien: s'il me vient une visite, dites que je suis empêché, c'est-à-dire, que j'ai de l'empêchement.
=Empêcher.=—Ne dites pas: Victor voulait se battre, je l'ai empêché; dites, je l'en ai empêché.
2. Ne dites pas non plus: je lui empêcherai bien de sortir; dites, je l'empêcherai bien de sortir.
3. Empêcher quelque chose à quelqu'un, est une locution vicieuse; il faut dire, empêcher quelqu'un de faire quelque chose.
=Empereur=, s. m.: prononcez emp'reur, et non empèreur ni empéreur.
=Emplâtre=, est masculin: appliquer un emplâtre; quel emplâtre que cet homme-là! prononcez emplâ-tre et non emplâ-te, ni emplâ-tère.
=Emplette=, est féminin et ne se dit que d'un achat de petits meubles ou de certaines marchandises vendues en détail: on fait emplette d'une boîte, d'un couteau et non d'une maison, de cent kilogrammes de café.
=Employé.=—Ne dites pas: le voilà ruiné, c'est bien employé; dites, il le mérite bien; il a ce qu'il mérite; c'est bien fait; il paie sa faute.
=Empocheter=, mettre en poche; dites empocher: à mesure qu'il gagne de l'argent au jeu, il l'empoche.
=Empois=, colle d'amidon, est masculin: de l'empois épais.
=Emporter=, v. a.—Ne dites pas: cet élève a emporté tous les prix de sa classe; dites, a remporté...
=Empresser= (=s'=), prend la prép. à devant un infinitif, lorsqu'il signifie, agir avec une ardeur inquiète, se donner du mouvement pour réussir: celui qui paraît le plus empressé à nous plaire, est plus occupé de lui que de nous. Il prend de, lorsqu'il veut dire simplement se hâter: s'empresser de parler; je m'empresserai de l'avertir.
=Emprunter.=—Il prend à et de devant le nom de la personne qui prête, lorsqu'il signifie, demander et recevoir en prêt: emprunter de l'argent à quelqu'un ou de quelqu'un; emprunter une pensée à un auteur ou d'un auteur; emprunter un mot au latin ou du latin. Cependant, dans le sens de tirer, recevoir, devoir à, il prend toujours de: ce raisonnement emprunte (tire) de la circonstance présente une nouvelle force; la lune emprunte (reçoit) sa lumière du soleil. Voyez prêter.
=En.=—Ne dites pas: en Féronstrée, en Vinave-d'Ile, mais, dans la rue Féronstrée, dans la rue Vinave-d'Ile.
2. Ne dites pas: je n'en ai qu'un de canif; dites, je n'ai qu'un canif; en est de trop.
3. Ne dites pas: avoir part en l'amitié de quelqu'un, mais, à l'amitié de quelqu'un.
4. Ne dites pas: une robe garnie en argent, en or, en dentelle, mais, une robe garnie d'argent, d'or, de dentelle. On dit au contraire, une montre en or, une chaîne en argent, une fourchette en argent et non une montre d'or, une chaîne, une fourchette d'argent.
5. On dit en l'honneur et non à l'honneur: on fait à la paroisse une neuvaine en l'honneur de St Roch; j'ai donné un dîner en l'honneur de Pierre.
6. Ne dites pas: je n'irai pas à Verviers en semaine; dites, dans la semaine. (Fland.)
7. Ne dites pas: les oignons sont bons en salade; dites, dans la salade, à moins que vous ne vouliez indiquer une salade faite aux oignons.
8. Ne dites pas: fait en l'hôtel de ville; dites, fait à l'hôtel de ville ou dans l'hôtel de ville. On dit cependant bien, fait en séance ou en la séance de...
9. Ne dites pas: je l'ai rencontré en bourse, en foire; dites, à la bourse, à la foire. (Fland.)
10. Ne dites pas: cet enfant est toujours en rue; dites, dans la rue.
11. Ne dites pas: il a toujours la pipe en bouche, une canne en main; dites, à la bouche, à la main.
12. Ne dites pas: il s'ensuit de là, j'en conclus de là; dites, il s'ensuit, j'en conclus ou bien, il suit de là, je conclus de là.
13. Ne dites pas: je m'en vais voir; dites, je vais voir; en est de trop. Ne dites pas non plus: je me suis en allé; dites, je m'en suis allé.
14. Plusieurs grammairiens prétendent qu'il faut remplacer son, sa, ses, leur, leurs par l'article le, la, les et le pronon en lorsque l'objet possesseur et l'objet possédé se trouvent dans des propositions différentes; d'après eux, il faudrait dire: j'ai parcouru la ville de Liége, les rues en sont belles; et ce serait une faute de dire: j'ai parcouru..., ses rues sont belles.—M. l'abbé Péters (Grammaire, nº 325) a fait bonne justice de cette prétendue règle, et a démontré, par des exemples tirés des meilleurs auteurs, que l'on peut, dans ce cas, faire usage de l'adjectif possessif.
15. En agir: voyez agir.
=Encatharré=, n'est pas français; dites enrhumé.
=Encensoir=, est masculin: un encensoir d'argent.
=Enchifrené=, enrhumé du cerveau; enchifrènement, rhume de cerveau; ne dites pas, enchiferné, enchifernement.
=Enclos=, s. m., enceinte, espace clos: prononcez anclô (ô long.)
=Encoignure=, s. f., angle de deux murs; on prononce et plusieurs écrivent encognure (Acad.): on a placé une armoire dans cette encoignure.
=Encombre=, embarras, est masculin; prononcez encom-bre et non encom-pe ni encombère.
=Encore pas=, est un barbarisme; dites pas encore: avez-vous déjeuné? pas encore (et non encore pas).
2. Ne dites pas: cela m'est encore arrivé; je l'ai encore vu; dites, cela m'est déjà arrivé, je l'ai déjà vu: encore n'a pas le sens de déjà.
3. Ne dites pas: cette personne est encore aimable; dites, cette personne est assez aimable.
4. Ne dites pas: il est encore toujours au lit; dites, il est encore au lit.
5. Ne dites pas: j'entendis hier quelqu'un, et encore un homme d'esprit, qui soutenait cette erreur; dites, et même un homme d'esprit.
=Encourir.=—Ne dites pas: je m'encours à l'école; je m'encours pour ne pas être aperçu; dites, je cours à l'école; je m'enfuis pour ne pas être aperçu.
=En débit=, n'est pas français; dites en détail: ce marchand vend en gros et en détail.
=Endêver=, avoir grand dépit de quelque chose: il endêve de cela; faire endêver quelqu'un: il est familier.
=Endormir=, est français dans le sens d'engourdir: cette attitude forcée m'a endormi la jambe; avoir un bras endormi.
=Endroit=, signifie le beau côté d'une étoffe, celui qui est opposé à l'envers: voilà l'endroit de ce drap; quel est l'endroit?
2. A l'endroit de quelqu'un, ne signifie pas, vis-à-vis de quelqu'un, mais, à son égard, envers lui: cette manière de parler à vieilli. (Acad.)
=En exprès, A l'exprès, Par exprès=: voyez exprès.
=Enfant=, est masculin: cette fille est un enfant gâté; cette mère a perdu tous ses enfants (toutes filles); il est quelquefois féminin au singulier en parlant d'une très-jeune fille: c'est une belle enfant; la pauvre enfant. (Acad.) Il est encore féminin: 1º lorsque, employé comme terme d'amitié, il se dit d'une fille ou d'une femme: ma chère enfant, ne craignez rien; 2º dans cette phrase: c'est une bonne enfant, c'est-à-dire, une personne, fille ou femme, d'un caractère doux et facile. (M. l'abbé PÉTERS).
2. Ne dites pas: j'ai levé cet enfant, mais, je suis parrain, marraine de cet enfant, ou, je l'ai tenu sur les fonts baptismaux.
=Enfantise=, n'est pas français; dites enfantillage.
=Enfiler=, dans le sens de tromper, enjôler, est tout-à-fait populaire.
=Enfin.=—Évitez de multiplier cette expression dans une narration; ne l'employez pas non plus quand vous êtes gêné pour vous rappeler ou dire quelque chose: enfin.... enfin...: dans ces sortes de cas, enfin n'a pas de sens.
=Enflammation, Enflammable=, ne sont pas français; il faut dire inflammation, inflammable.
=Enforcir=, v. a., rendre plus fort: la bonne nourriture a enforci ce cheval; enforcir un mur. Il ne se dit guère en parlant des personnes.
2. Il s'emploie aussi avec le pronom et signifie, devenir plus fort: il s'enforcira; ce vin s'enforcit à la gelée.—Il s'emploie comme neutre dans le même sens: ce cheval enforcit tous les jours. (Acad.)
=Enfuir= (=s'=): prononcez enfu-ir et non enfou-ir; enfouir, c'est cacher sous terre. Voyez ui.
=Engager, S'engager=, devant un infinitif, demandent la préposition à: je l'ai engagé à dîner; il s'est engagé à venir nous voir.
=Engeler=, n'est pas français; dites geler: je suis gelé de froid; le vin gèle; la Meuse est gelée. Prononcez geler et non gèler.
=Engelure=, s. f., est français: avoir des engelures aux pieds, aux mains; ses engelures lui démangent beaucoup.
=Engouer=, embarrasser le gosier: prononcez engou-er, et non engou-wer.—Engouement, état engoué, passion: prononcez, engoûment, (oû long) et non engou-wement.
=Engrais=, s. m.—Dites, mettre des bœufs, des moutons à l'engrais et non, en graisse ni sur graisse.
=Engraisser, Graisser.=—Ces verbes correspondent respectivement aux substantifs engrais et graisse; on doit donc dire: engraisser une terre, un animal; cette personne a beaucoup engraissé depuis un an;—et en se servant du verbe graisser: graisser des bottes, des souliers; graisser les roues d'une voiture; graisser son linge, ses habits.
=Engrener=, engrenage, engrenure; prononcez engrener, engrenage, engrenure, et non engrèner, engrènage, engrènure.
=Engueuler=, n'est pas français; on peut le rendre par huer, accabler, poursuivre de huées, d'injures: il se fit huer de tout le monde; la canaille le poursuivit de ses huées.
=Énigme=, est féminin: prononcez énigh-me (g dur) et non énime, enih'me, énihe, énik.
=En imposer=: voyez imposer.
=Enivrer=, enivrant, enivrement: prononcez an-nivrer, an-nivrant, an-nivrement, et non énivrer, énivrant, énivrement.
=Enjeu=, ce qu'on met au jeu pour commencer à jouer; ne dites pas mettre au pot; dites, faire l'enjeu.
=Enjoué=, enjouement: prononcez enjou-é, enjoû-ment (oû long) et non enjou-wé, enjou-wement.
=Ennemi=: prononcez ènemi, et non ain-nemi.
=Ennoblir=, v. a.: voyez anoblir.
=Ennui=, ennuyer, ennuyant, ennuyeux: prononcez an-nui (ui diphthongue et non oui); an-nuyer, an-nuyant, en-nuyeux.
=Ennuyant, Ennuyeux.=—Ennuyant, qui chagrine, qui importune ou qui contrarie actuellement, dans le moment même: quelle soirée ennuyante; quel temps ennuyant!
2. Ennuyeux, euse, signifie, qui a la qualité d'ennuyer, qui est propre à ennuyer, qui ennuie habituellement: temps ennuyeux, livre ennuyeux; cet homme est bien ennuyeux.
=Enorgueillir=, rendre, devenir orgueilleux; prononcez an-norgheuillir et non énorgheuillir, ni énorgheillir.
=Enregistrer, Enregistrement=: prononcez enregis'tré, enregis'treman et non enrégis'tré, enrégistrement.
=Enrouer, Enrouement=: prononcez enrou-er, enroûment, (oû long) et non enrou-wer, enrou-wement. Voyez rauque.
=Enrouiller=, est français; mais ou dit plus ordinairement rouiller (ll mouillées). (Acad.): l'humidité enrouille et mieux, rouille le fer.
=Enseigne=, est masculin, lorsqu'il désigne un grade: un enseigne de vaisseau; il est féminin, quand il désigne l'emblème d'un commerçant: une belle enseigne.
=Enseigner.=—Ne dites pas: cet enfant a été bien enseigné; dites, bien instruit; prononcez ensei-gner, ensei-gnant, ensei-gnement, et non enseign'ner, enseign'nant, enseign'nement.—Voyez gn.
2. Enseigner, dans le sens d'indiquer, faire connaître quelque chose que ce soit, est français: enseignez-moi sa maison, enseignez-nous le chemin.
=Enserrer=, dans le sens de enfermer, enclore, est vieux; ne dites pas: j'ai enserré le chien; dites, ... enfermé. (Acad.) Mais on dit bien, enserrer des fleurs, c'est-à-dire, les mettre en serre.
=Ensevelir=: prononcez encev'lir et non encèv'lir ni ensèvélir.
=En sorte.=—Ne dites pas: il a fait si bien en sorte qu'on lui a pardonné; dites, il a fait si bien qu'on lui a pardonné.
=Ensuite=, suivi de la prép. de, ne s'emploie guère que dans ces deux phrases: ensuite de cela, ensuite de quoi (Acad.), et dans ce cas il est préposition.
=Ensuivre= (=s'=), v. essent. pron.—Il ne se dit qu'à la 3e pers. tant du sing. que du pluriel, et s'emploie le plus souvent impersonnellement: il s'ensuit que vous aviez tort. L'Académie ne donne qu'un seul exemple de ce verbe à un temps composé et c'est une phrase de barreau: le tribunal cassa la procédure et tout ce qui s'était ensuivi. Dans le langage ordinaire, on met généralement le verbe être entre la préposition en et le participe suivi: il s'en est suivi de grands maux; et tout ce qui s'en est suivi.
2. Il s'ensuit veut l'indicatif après lui; il ne s'ensuit pas, veut le subjonctif.
3. Il s'ensuit de cela, est un pléonasme vicieux; dites, il s'ensuit ou bien il suit de cela.
=Entendre.=—Entendre la raillerie, c'est avoir le talent de railler: peu de personnes entendent la fine et innocente raillerie.—Entendre raillerie, c'est ne point s'offenser d'une raillerie: vous entendez très-bien raillerie, quand d'autres que moi vous font la guerre sur vos petits défauts.
2. Ne dites pas: j'ai entendu de mon voisin que Paul vient de mourir; dites, j'ai appris de...; j'ai ouï dire, j'ai entendu dire... (Fland.) Prononcez enten-dre et non enten-te ni enten-tre ni entendère.
3. S'entend (et non c'entend, ni sentant) a à peu près le même sens que c'est-à-dire, je veux dire, bien entendu: vous aurez tous une récompense, s'entend, ceux qui l'auront méritée.
=En-tête=, ce qui s'écrit au-dessus d'une lettre, d'un tableau; ce mot est français et masculin: écrire un en-tête à un tableau; écrire des en-têtes de lettres. (BESCHERELLE.)
=Entièreté=, n'est pas français; dites, la totalité, le tout, le montant: il paya le montant, le total de la dépense ou toute la dépense.—Prononcez enti-er et non entchi-er, Voyez ti.
=Entre.=—L'e final de entre ne s'élide que dans la composition des mots devant une voyelle; on écrit entre eux, entre elles, entre autres et entr'actes, s'entr'aider, s'entr'aimer, s'entr'égorger, entr'ouvrir, etc. Si le mot suivant commence par une consonne, on réunit les deux mots par un trait, d'union: s'entre-déchirer, s'entre-nuire, etc. On écrit cependant en un seul mot: s'entremettre, s'entretenir, s'entrevoir.
2. Entre les deux, médiocrement; dites, entre-deux: fait-il froid? entre-deux.
3. Entre, Parmi.—Entre signifie au milieu de; c'est pour cela qu'en général il ne se dit que de deux objets ou de deux sortes d'objets: entre eux deux; entre la crainte et l'espérance; entre les hommes et les animaux.—Parmi signifie dans le nombre de, et c'est pour cette raison qu'il ne s'emploie qu'avec un pluriel indéfini signifiant plus de deux ou avec un collectif: parmi eux, parmi les élèves, parmi le peuple.—Cependant entre se dit quelquefois pour parmi: entre les merveilles de la nature; il fut trouvé entre les morts; la sainte Vierge Marie est bénie entre toutes les femmes. (Acad.)
=Entrefaites=, s. f., ne s'emploie guère qu'au pluriel et dans ces locutions adverbiales; sur ces entrefaites, dans ces entrefaites, pendant ce temps-là. On dit cependant quelquefois au singulier: dans l'entrefaite, dans cette entrefaite. (Acad.)
=Entreprendre= (=s'=).—Ne dites pas: il vient de s'entreprendre avec son ami; dites, il vient d'avoir querelle ou de se quereller avec son ami.
2. On dit très-bien pourtant: entreprendre quelqu'un, c'est-à-dire, se mettre à le poursuivre, à le tourmenter, à le persécuter, à le railler: si j'entreprends cet homme-là, je lui ferai voir du pays.
=Entrer=, prend l'auxiliaire être; je suis entré; nous sommes entrés.
2. On peut dire par hypallage: ce chapeau n'entre pas dans ma tête; enfoncer son chapeau dans sa tête; ces bas n'entrent pas dans mes jambes. (Acad.)
=Entretemps=, est un substantif et non un adverbe: ne dites donc pas: écrivez votre lettre, entretemps je lirai; dites, dans l'entre-temps je lirai.
2. Ce mot est peu usité et ne se dit pas au pluriel. (Acad.); entre-temps s'écrit avec un trait d'union.
=Envenimer=, infecter de venin, aigrir; prononcez envenimer et non envènimer, m'envénimer.
=Envergure=, s. f., étendue des ailes; ne dites pas enverjure.
=Envers=, prép., à l'égard: voyez vis-à-vis. Prononcez envers eux, (envèreux) et non envèrz'eu.
=Envier, Porter envie.=—Envier, se dit des choses et quelquefois des personnes: je ne lui envie point son bonheur; tout le monde l'envie (Acad.); les gens en place sont ordinairement enviés (id.)—Porter envie, ne se dit que des personnes: Caïn portait envie à Abel.
=Environ= six ou huit, est un pléonasme; car environ et ou ont la même signification; dites, six ou huit, ou bien environ six à huit.
=En voie=: voyez voie.
=Envoyer.=—Ne dites pas: j'ai envoyé ce ballot avec la diligence; dites, par la diligence.
=Épais=, adj., fait au féminin épaisse et non épaise.
=Épargner=: voyer éviter.
=Épaule=, s. f.: prononcez épôle (ô long).
=Épeautre=, espèce de blé, est masculin.
=Épellation=, s. f., action d'épeler; prononcez épèl'lation.
=Éperon=, (et non épron), s. f., fer pour piquer le cheval; prononcez ép'ron et non épéron ni épèron.
=Épidémie, Contagion.=—Épidémie, désigne une maladie qui se communique par l'air; contagion, une maladie qu'on gagne par le contact: jusqu'à présent les médecins sont partagés sur la question de savoir si le choléra est épidémique ou contagieux.
=Épiderme=, première peau, est masculin.
=Épincette=, n'est pas français; dites pincettes.
=Épine, Noble épine=, pour signifier un arbrisseau à fleurs blanches, n'est pas français; dites aubépine.
=Épion, Épionner=, sont des barbarismes; dites espion, espionner.
=Épisode=, action incidente liée à l'action principale, est masculin: un triste épisode; prononcez épizo-de, et non épizo-te.
=Épitaphe=, inscription de tombeau, est féminin: une glorieuse épitaphe.
=Éplucher=: voyez écaler.
=Époux=, s. m.—Dans la conversation, il est contraire au bon usage de dire: mon époux, son époux; mon épouse, son épouse; sa dame, sa demoiselle; dites, mon mari, son mari; ma femme, sa femme; ma fille, sa fille. Ces mots époux, épouse, dame, demoiselle, ne peuvent être précédés de l'adjectif possessif, sans trahir, chez les personnes qui les emploient ainsi, une éducation peu relevée.
=Équateur, Équation=: prononcez écouateur, écouation.
=Équerre=, est féminin: une fausse équerre.
=Équestre=, équiangle, équidique, équidistant, équilatéral, équilatère, équimultiple, équipollence, équiries, équitation: prononcez écues-tre, écui-angle, écuidique, écuitation,... et non, ekestre, ekiangle, ekidique, ekitation,... ni écouestre, écouiangle, écouidique, écouitation....
2. On ne saurait trop s'attacher dans la prononciation à bien distinguer ui, ues de oui, oues; beaucoup de personnes, ne soupçonnant pas même cette différence, prononcent généralement et impertubablement les ui comme des oui, et font, par exemple enfouir (se cacher sous terre) de s'enfuir (prendre la fuite): voyez aiguiser et ui.
=Équinoxe=, équinoxial, équerre, équivaloir, équivalent; prononcez ékinoxe, ékère, ékivaloir, etc.
=Er= final.—Dans le discours soutenu, et surtout dans les vers, l'r finale dans l'infinitif des verbes en er se lie avec la voyelle du mot suivant; er se prononce alors ère et non ére: aimer à jouer; folâtrer et rire. Dans la conversation, ces sortes de liaisons seraient affectées et ridicules. (HENNEBERT.)
=Érésipèle=, tumeur inflammatoire sur la peau, est masculin, érésipèle dartreux; on disait autrefois érysipèle, ce qui est plus conforme à l'étymologie.
2. Ne dites pas résipèle: mon frère à la résipèle; ne dites pas non plus la rose pour l'érésipèle.
=Ergot=: voyez argot.
=Ériger.=—Ne dites pas: le canal a été érigé en 1850; dites, ... creusé.—Ériger, signifie élever: ériger un monument, une statue.
=Ermite=, ermitage, erminette (sorte de hache): on écrit aussi, mais moins souvent, hermite, hermitage, herminette.
=Errer=, errant, erratum, errata, erratique, errements; erreur, erroné: faites sentir les deux r, et prononcez er'rer, er'rant, er'ratum, etc.
=Errière=: voyez arrière.
=Éruption, Irruption.=—Éruption, se dit de l'évacuation subite d'un liquide et de toute sortie prompte et avec efforts.
2. Irruption, au contraire, signifie, entrée soudaine et imprévue des ennemis dans un pays. Il faut donc dire: le Vésuve vient de faire une éruption; les ennemis ont fait une irruption dans notre pays.
=Escadre=, s. f., flotte de guerre; prononcez escâ-dre (â long) et non escate ni escadère.
=Escalier.=—Ne confondez pas ce mot avec marche, degré: l'escalier est l'ensemble des marches qui conduisent d'un étage à un autre; ne dites donc pas monter les escaliers, s'il ne s'agit que d'un étage; dites monter les degrés ou l'escalier; ne prononcez pas escayer.
=Escarole=, s. f., espèce de chicorée à larges feuilles; on écrit aussi, mais moins souvent, scariole.
=Escient= (à mon, à ton, à son, etc.), sciemment, avec connaissance; prononcez ècian et non èci-in.
=Esclabousser=, n'est pas français; dites éclabousser.
=Esclandre=, malheur avec éclat, est masculin: il est arrivé un grand esclandre dans cette famille. Prononcez esclan-dre et non esclante ni esclandère.
=Esclopé=, n'est pas français; dites éclopé (qui marche avec peine).
=Escouer=, n'est pas français; dites secouer.
=Escroc=: prononcez escrô: un vil escroc. V. c final.
=Espace=, est masculin, excepté lorsqu'il désigne ces petites pièces de métal que, dans les imprimeries, on met entre les caractères pour séparer les mots l'un de l'autre: un long espace de temps; mettre une forte espace entre deux mots.
=Espadon=, s. m., épée grande et large; dites espadon, espadonner, et non espadron, espadronner.
=Espèce=: toute espèce, voyez sorte.
=Espérer, Promettre, Compter=, doivent être suivis d'un futur: voyez compter.
2. Espérer, suivi d'un infinitif, ne régit point de préposition, lorsque l'espérance paraît fondée, et il demande la préposition de, si l'on espère avec quelque doute: j'espère le revoir aujourd'hui; peut-on espérer de vous revoir aujourd'hui? Voilà pourquoi avec un adverbe qui exprime la certitude, on dit: j'espère bien partir demain et non j'espère bien de partir.—Espérer, à l'infinitif, suivi d'un verbe aussi à l'infinitif, régit toujours la préposition de, parce qu'alors l'espérance est vague, incertaine: on m'a fait espérer de le revoir.
=Espiègle=, adj. et subst. des deux genres; prononcez espiè-gle et non espiégle ni espièk, ni espièguèle; ne dites pas non plus, un spiègle, c'est un spiègle.
=Esquelette.=—Ne dites pas un esquelette, mais un squelette; squelette est masculin.
=Esquinancie=, s. f., inflammation du gosier; on écrit aussi, mais plus rarement, squinancie; ne dites pas esquilancie.
=Essart=, s. m., =Essartage=, s. m., =Essarter=, v. a.—Ces mots figurent dans les dictionnaires de Bescherelle et de Poitevin.
2. Essart se dit d'un terrain inculte, qui peut ou doit être essarté, défriché; l'essartage (ou essartement) est l'action d'essarter, la manière d'essarter, l'effet de cette action; essarter, c'est défricher en arrachant les bois, les épines, etc.
3. On dit également écobuer qui signifie proprement écroûter la surface du sol, et brûler sur place les tranches de gazon ainsi enlevées.—Les mots sart, sartage, sarter, sartager, ne sont pas français.
=Essayer=, dans le sens de goûter, savourer, déguster, n'est pas français: goûtez ce vin (et non essayez); goûtez cette viande (et non essayez).
2. Essayer, devant un infinitif, prend la préposition à, lorsqu'il signifie s'exercer à: un enfant essaie à marcher; dans les autres acceptions, il prend de: j'ai essayé de le persuader.—S'essayer veut toujours la préposition à: s'essayer à nager.
3. Essayer, signifiant tâcher, faire ses efforts, demande un régime indirect: essayez-y (et non essayez-le); je ne sais si j'en viendrai à bout; je n'y ai pas essayé (et non je ne l'ai pas essayé).
=Est=, s. m., Orient: on prononce le t: es-te.
=Est-ce.=—Ne dites pas: plus savant est-on, plus est-ce qu'on aime l'étude; plus vous en dites, moins est-ce qu'on vous croit; dites, plus on est savant, plus on aime l'étude; plus vous en dites, moins on vous croit.
=Estaminet=, Café chez Hubert; c'est une mauvaise locution; dites, estaminet, café tenu par Hubert ou bien simplement, estaminet-Hubert, café-Hubert.
=Estoc=, s. m., longue épée ancienne; ne dites pas: frapper de stoc et de taille, mais, d'estoc et de taille; prononcez estok.
=Estomac=, s. m.—Prononcez estoma et non estomak.
2. Ne confondez pas estomac avec poitrine: il a une large poitrine; je lui ai frappé sur la poitrine (et non estomac); estomac ne se dit que de la poche qui sert à digérer et qui se trouve au-dessous du thorax ou de la poitrine proprement dite.
=Estomaquer=, ne s'emploie que pronominalement, et signifie se tenir offensé de ce qu'une personne a dit ou fait, s'en formaliser; mais il ne signifie jamais surprendre, stupéfier, interdire, comme dans l'idiome wallon: il s'est estomaqué (formalisé) de ce que je ne lui ai pas rendu sa visite assez tôt; il n'a pas sujet de s'en estomaquer;—je fus bien surpris de sa réponse; cette nouvelle l'a stupéfié (et non estomaqué).
=Estompe=, s. f.; dessin à l'estompe; ne dites pas estombe.
=Étable=, est féminin: prononcez éta-ble.
=Étal, Étau.=—Un étal, est une sorte de table chez les bouchers; plur. étaux;—un étau, est une machine de serrurier, à tenir, à serrer les objets que l'on travaille; plur. étaux.
=Étiquet=, n'est pas français; dites étiquettes.
=Étiqueter=: on ne double jamais le t: les apothicaires étiquètent leurs fioles. (Acad.)
=Étisie= et =Phthisie=, étique et phtisique, se disent indifféremment; cependant on dit plus ordinairement phthisie que étisie, et étique que phthisique.
=Étonner.=—Il faut dire: je m'étonne, je suis étonné que... et non, ça m'étonne que...
2. Ne dites pas: je m'étonne ce qu'il a pu faire; je m'étonne s'il a fait sa besogne; dites, je suis curieux de savoir, je désire vivement savoir, etc.
=Étouffe, Touffe=, pour étouffant, sont des barbarismes: il fait étouffant, on étouffe de chaleur, et non, il fait touffe, étouffe.
=Être=, v. s.: prononcez ê-tre et non ê-te ni êtère.
2. Ne dites pas: cela est-il à votre goût; dites, cela est-il de votre goût?
3. Être chaud, être froid, au lieu de avoir chaud, avoir froid, sont des flandricismes.
4. Être en voie, chasser quelqu'un en voie, jeter quelque chose en voie, sont des wallonismes: dites être parti; chasser quelqu'un; jeter quelque chose: voyez voie.
5. Être fâché à quelqu'un ou sur quelqu'un; dites, être fâché contre quelqu'un. (Wall.)
6. Être gagné, pour avoir gagné: ne dites pas, si vous avez gagné au jeu, je suis gagné; dites, j'ai gagné.
7. Être perdu: ne dites pas: vous avez mal joué, vous êtes perdu; dites, vous avez perdu.
8. Être quitte d'une chose, pour avoir perdu cette chose.—Être quitte de..., ne se dit que d'une chose que l'on est bien aise de ne plus avoir: je suis quitte de la fièvre. Mais quand on regrette une chose, on ne peut pas dire qu'on en est quitte. Bien des gens disent abusivement: je suis quitte de mon enfant, pour dire: il est mort;—je suis quitte de ma montre, de mon parapluie, pour, ma montre m'a été volée, j'ai perdu mon parapluie.
9. Être vice d'une personne, d'une chose, pour, en être dégoûté:—ne soyez pas dégoûté (et non vice) de moi, buvez hardiment dans mon verre. (Fland.)
10. Ne dites pas: est-ce là votre livre? oui, c'est lui; dites, oui, ce l'est, ou bien c'est mon livre.
11. Ne dites pas: sont-ce là vos parents? oui, ce les sont; dites, oui, ce sont eux; ne dites pas: sont-ce là vos nièces? oui ce les sont; dites, oui, ce sont elles. Quand on parle de choses inanimées, on doit répondre: ce l'est, ce les sont; mais il faut répondre: c'est lui, c'est elle, ce sont eux, ce sont elles, quand on parle de personnes.
12. Ne dites pas: vous savez ce qui en est; dites, ce qu'il en est.
13. Ne dites pas: où est l'affaire; où sont les actions du chemin de fer? dites, où en est l'affaire, où en sont les actions...?
14. Ne dites pas: nous sommes à trois; ils sont leurs deux; dites, nous sommes trois, ils sont deux.
15. Ne dites pas: six et six sont douze, mais, font douze.
16. Ne dites pas: c'est à vous à qui je parle; dites, c'est à vous que je parle.
17. Je fus, se dit très-bien pour j'allai: voyez aller.
18. C'est à vous, c'est à vous de: voyez à.
19. Être à la campagne, en campagne: voyez campagne.
=Étudiant=, s. m., se dit de celui qui suit les cours d'une université ou d'une école publique: un étudiant en droit, en médecine; il y a beaucoup d'étudiants à cette université. Il ne se dit pas pour les élèves d'une école, d'un collége. Voyez élève.
=Étudier.=—Ne dites pas: mon fils étudie avocat ou l'avocat; dites, étudie le droit ou pour être avocat.
=Étuve, Poêle.=—Une étuve est un lieu clos dont on élève assez la température pour faire transpirer; un poêle (ou poile) est un fourneau de fonte, de tôle, etc., à l'aide duquel on échauffe les chambres, escaliers, etc.; ne dites donc pas: j'ai fait mettre une étuve dans ma chambre; dites, ... un poêle.
=Eucharistie=, eucologe, Eugène, Eulalie, Euphémie, euphémisme, Euphrate, Europe, Eustache, Euterpe, etc.: prononcez eu et non u ni é; Europe et non Urope, ni Erope, ni Eurôpe.
=Eux=: prononcez eû, et non eûce.
=Évaluer=,(u-er et non u-wer) et estimer, devant ou après un nom de nombre, ou un adverbe de quantité, peuvent être accompagnés de la préposition à ou employés sans préposition: à combien ou combien a-t-on évalué votre maison? sa propriété fut évaluée cent mille francs ou à cent mille francs; cette terre a été évaluée tant ou à tant.
=Évangile=, est masculin: le saint Évangile; le premier, le dernier Évangile...
=Éventaire=, s. m., plateau d'osier sur lequel sont placés les noix, les légumes, etc., que vendent certains marchands en parcourant les rues. Ne confondez pas ce mot avec inventaire, état détaillé des meubles, des marchandises, etc.
=Évêque=: prononcez évêque, (ê long).
=Évier=, s. m., pierre d'une cuisine, d'où s'écoulent les eaux; ne dites pas levier ni lévier ni pierre à relaver; on dit pourtant pierre à laver.
=Éviter, Épargner.=—Éviter ne veut pas dire épargner; ne dites donc pas: je vous éviterai cette peine; je veux vous éviter ce désagrément; dites, je vous épargnerai cette peine; je veux vous épargner ce désagrément, (littéralement, je vous ferai éviter, je veux vous faire éviter;—mais ce n'est pas moi qui éviterai, c'est vous qui devez éviter).
=Évoquer, Invoquer=: voyez invoquer.
=Ex.=—Cette particule, dans la composition de certains mots, se prononce toujours eks: ex-ministre, ex-législateur, il faut se garder de prononcer èce ni ek: voyez x.
=Exact=, adj.: prononcez èkzak-te, et non èkza, ni èkzak.
=Examen=, s. m.: prononcez ègzamin; quelques-uns disent ègzamène.
2. Ne dites pas: j'ai fait mes examens à Liége; dites, j'ai subi, j'ai passé mes examens...
=Excellent=, n'admet ni comparatif, ni superlatif; ne dites donc pas plus excellent, très-excellent.
=Excepté=, passé, supposé, y compris, vu, approuvé et quelques autres participes, employés sans auxiliaire, s'accordent avec le substantif qui les précède immédiatement, parce qu'on sous-entend l'auxiliaire être: mes amis (étant) exceptés; cette époque (étant) passée; ces faits (étant) supposés; cette somme y (étant) comprise; les pièces (ayant été) vues et approuvées.—Mais ils sont invariables, quand le substantif les suit immédiatement, parce qu'alors on sous-entend l'auxiliaire avoir: excepté mes amis; passé cette époque; supposé ces faits; y compris cette somme; vu et approuvé l'écriture ci-dessus; reçu cent francs; c'est-à-dire, ayant excepté mes amis; ayant passé cette époque; ayant supposé ces faits; y ayant compris cette somme; j'ai vu et j'ai approuvé l'écriture ci-dessus; j'ai reçu cent francs.
=Excessivement=, adv.—Ne dites pas, excessivement beau, joli, agréable; dites, extrêmement.—Excessivement, est l'adverbe d'excessif, et ne peut s'appliquer à une qualité qu'on regarde actuellement comme bonne.
=Exclu=, part. passé de exclure, fait au féminin exclue et non excluse: prononcez eks'-clu, eks'-clure, etc. et non esclu, esclure.
=Excusable, Inexcusable=: voyez impardonnable.
=Excuse.=—On dit: je vous fais excuse, je vous fais bien excuse, je vous en fais mille excuses, ou je vous demande pardon; mais, demander excuse, est une locution vicieuse.—Prononcez ègs'-cu-ze et non es-cuze, ni ègs'cuce; prononcez de même excuser, excusable, etc.
=Exemple.=—Ce mot est masculin, excepté lorsqu'il désigne un modèle d'écriture; dans ce dernier cas, il est masculin et féminin, mais l'Académie semble préférer le masculin: vous avez un bel exemple devant les yeux; son maître de calligraphie lui donne tous les jours de nouveaux exemples.
2. On dit très-bien: suivre ou imiter l'exemple de quelqu'un; suivez son exemple; imiter l'exemple, la conduite de quelqu'un. (Acad.) Prononcez egzam-ple et non ekçample ni egzampe ni egzampelle: prononcez de même exemplaire, exempt, exempter, exemption, exorde.
=Exempt, Exempter, Exemption=: le p ne se prononce pas dans les deux premiers, mais il se fait sentir dans le dernier: exemp'tion.
=Exigu=, exil, exhaler, exhalaison, exeat, exequatur, exarchat: prononcez èg'zigu, èg'zile, èg'zaler, èg'zéat (x douce) et non èg'cigu, èg'cile, èg'çaler, èg'céat.
=Exorde=, commencement d'un discours, est masculin: cet exorde est trop long.
=Expert=, expertiser, expliquer, explication, explicite, exprès, expressément, exploiter, expédient, expirer, exposer, exterminer, extravagant, expérience, explosion, exploit, extérieur, extraire, extrait, etc.: prononcez èkspert, èkspliquer, èksplication, etc. en faisant sentir l'x et non simplement une s, espert, espliquer, esplication, esprès, esploit, estravagant, etc.
=Expirer=, v. n., signifiant mourir, et passer, dans le sens de être admis, prennent toujours avoir: dès qu'il eut expiré (Acad.); ce mot a passé dans notre langue. (Acad.)—Voyez Auxiliaire.
=Explicitement, Explicite=: voyez implicitement.
=Exporter, Exportation=: voyez importer.
=Exprès, Expressément.=—On entend assez souvent confondre ces deux adverbes, et cependant ils sont loin d'avoir le même sens. Exprès veut dire à dessein et expressément signifie formellement, explicitement, au moyen d'expressions claires, en toutes lettres: il le fait exprès (et non expressément) pour me fâcher; il a fait bâtir cet appartement exprès pour ses amis; il est venu exprès, tout exprès (et non expressément) pour demander cette place;—cela est énoncé expressément (en toutes lettres) dans le contrat; je lui avais commandé, défendu expressément (clairement) de faire telle chose.
2. A l'exprès, en exprès, par exprès, sont des barbarismes; dites simplement exprès et prononcez ègs'prè et non es'prè.
F
=F.=—Quand elle est finale, elle se prononce presque toujours, même devant une consonne: vif désir, soif brûlante, un bœuf très-maigre, une soif ardente, etc. Il faut en excepter quelques mots, tels que clef dont l'f ne se prononce ni au singulier ni au pluriel; œuf frais (eû), œuf dur (eû), nerf-de-bœuf (nèr-de-beufe); cerf-volant (cère), cerf-dix-cors (cèr), chef-d'œuvre (chè), bœuf-gras (beû). Le mot neuf forme aussi une exception: voyez ce mot.
2. Les flamands doivent se garder de prononcer f finale ou la syllabe fe comme v ou ve: un parafe et non un parave; un bref et non un brève; un if (arbre) et non ive; une griffe (ongle crochu) et non une grive (oiseau); ce cheval piaffe et non piave; piaffement et non piavement.
=Fabricant=, s. m.—Quelques-uns écrivent fabriquant (Acad.) Il nous semble que l'on doit réserver cette seconde orthographe pour le participe présent du verbe fabriquer: un fabricant d'étoffes; un ouvrier fabriquant des étoffes.
2. Le subst. fabricant n'a pas de correspondant féminin; ne dites donc pas: Madame N., fabricante de corsets; dites, faiseuse de corsets.
=Fabricien= et =Fabricier=: on dit plus ordinairement marguillier (marguillier et non margueiller).
=Face=, se dit du visage entier et ne doit pas s'employer comme synonyme de joue: une face de carême; avoir une grosse face, une face rubiconde;—avoir une fluxion à la joue; joue droite, joue gauche.
2. Ne dites pas: en face le palais, mais en face du palais. —Prononcez face et non faze.
=Facétie=, s. f., plaisanterie: prononcez facécie;—ti se prononce également ci dans les dérivés facétieux, facétieusement.
=Fâcher.=—On doit dire; se fâcher, être fâché contre quelqu'un et non à, sur, ou après quelqu'un: il est horriblement fâché contre vous et non à vous, sur vous, après vous; je me suis fâché contre lui (et non sur lui, après lui, à lui). Prononcez fâcher (â long) et non facher (a bref).
=Facile.=—Ne dites pas: j'ai facile, j'ai bien facile; vous avez bien facile; j'ai facile d'apprendre mes leçons; vous avez facile de faire ce problème; mais dites: il m'est facile, c'est bien facile, cela m'est bien facile, bien aisé; cela vous est bien facile, bien aisé; vous avez de la facilité pour apprendre vos leçons ou vous apprenez facilement vos leçons; vous ferez facilement ce problème, etc., ou une autre tournure;—mais avoir facile, avoir difficile, sont des locutions véritablement wallonnes et qu'il faut proscrire du langage correct. Voyez difficile.
=Façon=, s. f.: voyez compliment.
=Façonneur, Façonneux=, qui fait trop de façons; ces mots ne sont pas français; dites façonnier: que vous êtes façonnier; cette femme est trop façonnière.
=Fac-simile=, s. m., imitation parfaite; prononcez fac-similé: au pluriel, des fac-simile (invar.)
=Facteur.=—Ne dites pas le porteur de lettres, mais le facteur de la poste ou simplement, le facteur.
=Factieux=, adj., séditieux; prononcez fac-cieux; ti se prononce de même dans faction, factionnaire.
=Factotum=, s. m., qui se mèle de tout; prononcez factôtome: on prononçait autrefois factoton.
=Factum=, s. m., mémoire pour un procès; prononcez factome.
=Faculté=, s. m.; ne dites pas fagulté.
=Faible=, adj.: ce mot et ses dérivés s'écrivaient autrefois foible; l'Académie a adopté exclusivement faible, faiblesse, faiblir, etc. Prononcez fè-ble et non fèpe ni fèbelle.
2. Faible, fort.—Cela est faible, cela est fort, sont des exclamations dont les flamands abusent et qu'il faut rendre presque toujours par un équivalent.—Cela est fort, est français dans certains cas et se dit d'une chose qui étonne désagréablement, qui paraît extraordinaire, ou difficile à croire: cela est fort, paraît fort; voilà qui est fort.—Cela est faible pour exprimer le contraire de, cela est fort, ou pour signifier que tel propos qu'on vous tient ou telle réponse qu'on vous fait, ou telle action dont on vous parle, n'a pas grande importance ou est blâmable: dans ces diverses acceptions cette locution n'est pas française.
3. Ne dites pas non plus: cette viande est faible pour signifier, qu'elle a peu de goût; dites, cette viande est fade.
=Faiblir=, tomber faible.—Ne dites pas: cette femme est tombée faible, a faibli à l'église; dites, s'est trouvée mal, est tombée en faiblesse, en syncope, en pamoison; s'est évanouie; il lui a pris une faiblesse; elle est tombée en faiblesse.
=Faïence, Faïencier, Faïencerie=: on écrivait autrefois fayence, fayencier, fayencerie.
=Faillir.=—Devant un infinitif il demande à ou de, mais de est plus en usage: j'ai failli de tomber, à tomber; j'ai failli de l'oublier, à l'oublier; cet événement faillit de retarder, à retarder notre départ. Néanmoins on supprime souvent toute préposition, surtout dans le langage familier: il faillit être assassiné; il a failli nous arriver un malheur.
=Faim=, s. f.—Si et très ne peuvent modifier des substantifs, et par conséquent ne peuvent se placer devant faim, soif, peur; ne dites donc pas: j'ai si faim, si soif; très-faim, très-soif, etc.; dites, j'ai grand'faim, grand'soif; fort faim, fort soif; mourir de faim, avoir une faim dévorante, etc. Voyez très et si.
=Faîne=, s. f.: prononcez fène et non fa-ïne: de l'huile de faîne, ramasser des faînes.
=Fainéant, e=, subst.—Ne dites pas fainiant, ni féniant, ni fègnant.
=Faire.=—Ne dites pas à table: j'ai bien fait, pour signifier que vous n'avez plus d'appétit: dites, j'ai assez mangé, je n'ai plus besoin de rien.
2. Ne dites pas: deux et deux fait quatre, mais, font quatre.
3. Faire avec.—Ne dites pas pour inviter quelqu'un à partager votre repas: voulez-vous faire avec nous; dites, voulez-vous partager notre repas; voulez-vous dîner, manger avec nous; voulez-vous prendre un verre de vin?
4. Ne dites pas non plus pour inviter quelqu'un à se mettre de la partie: voulez-vous faire avec? dites, voulez-vous être des nôtres, venir avec nous, faire la partie avec nous?
5. Faire dans telle ou telle chose pour, faire le commerce de telle ou telle chose, est une locution vicieuse; ne dites pas: il fait dans le papier, dans les draps; dites, il fait le commerce du papier, des draps; il vend du papier, des draps, etc. (Wall.)
6. Ne dites pas: cela ne me fait de rien; dites, cela ne me fait rien, m'importe peu, ne m'importe guère, m'est bien égal.
7. Ne dites pas: je ne fais rien qui ne soit de faire; dites, qui soit blâmable, condamnable, répréhensible.
8. Ne dites pas: ça je fais, ça je ne fais pas; dites, je fais ça et je ne fais pas ça. (Fland.)
9. Ne dites pas: j'ai fait mes trois cafés ce soir; dites, j'ai été dans trois cafés, ou bien, dans mes trois cafés, si c'est affaire d'habitude.
10. Faire tourmenter, est un wallonisme; ne dites pas: mon camarade me fait tourmenter; dites simplement, me tourmente:—faire tourmenter signifierait charger quelqu'un de tourmenter, comme, faire battre, faire rendre. (Wall.)
11. Faire pour rendre.—Ne dites pas: l'oisiveté nous fait vicieux; la vertu nous fait aimables; dites, l'oisiveté nous rend vicieux; la vertu nous rend aimables.
12. Ne dites pas: je ne sais quoi faire, je ne sais quoi dire, quoi répondre; dites, je ne sais que faire, que dire, que répondre.
13. Ne dites pas: je ne sais que faire avec cela; dites, je ne sais que faire de cela.
14. Ne dites pas: vous êtes dans l'embarras, savez-vous ce que vous faites ou ce que vous fassiez; dites, savez-vous ce qu'il faut faire.
15. Faire la messe, lire la messe, pour, dire la messe, célébrer la messe est un flandricisme.—faire une messe se dit d'un musicien qui compose une messe.
16. Faire une somme, pour, faire une addition, etc.; ne dites pas: faites-moi cette somme; dites, faites-moi cette addition, cette soustraction, etc.
17. Se faire.—Ne dites pas: il s'est fait fatigué; vous vous ferez malade; dites, il s'est fatigué; vous vous rendrez malade.
18. Il fait.—Ne dites pas: il fait beau de se promener; dites, il fait beau pour se promener.
19. Faire, se met souvent pour un autre verbe qu'on ne peut pas répéter: cet homme n'aime pas tant le jeu qu'il faisait (et non qu'il le faisait); nous nous entretînmes de cette nouvelle, comme nous aurions fait de toute autre (et non comme nous l'aurions fait) (Acad.)
20. Ne faire que, ne faire que de.—Ne faire que, marque ou une action fréquemment répétée: cet enfant ne fait qu'aller et venir; ou une action instantanée: attendez-moi, je ne fais qu'aller et revenir, c'est-à-dire, je vais et reviens en un moment.—Ne faire que de, marque une action qui vient d'avoir lieu: il ne fait que d'arriver, c'est-à-dire, il vient d'arriver.
21. Faire excuse.—Voyez excuse.
22. On dit, avoir affaire et non à faire à quelqu'un: avoir affaire à plus fort que soi; si vous ne vous corrigez pas, vous aurez affaire à moi. Voyez affaire.
23. Faire les cartes.—Voyez écarter.
24. Se faire prêtre, religieux, pour, embrasser l'état ecelésiastique ou religieux, sont des expressions françaises.
25. L'Académie écrit, faisant, nous faisons, je faisais, ainsi que les dérivés faisable, bienfaisant, bienfaisance, contrefaisant; mais il faut prononcer ai comme si ces mots étaient écrits avec un e: fesant, nous fesons, je fesais, fesable, bienfesant, bienfesance, contrefesant. Il faut donc condamner l'orthographe que Voltaire avait mise à la mode et d'après laquelle on écrivait, fesant, je fesais, bienfesance, etc. Voyez e pour ai.
26. Fait-à-fait, à fait, fait et à mesure.—Ces expressions ne sont pas françaises; il faut dire, à mesure, au fur et à mesure, à fur et mesure, successivement, tour-à-tour:—on vous paiera à mesure que vous travaillerez; vous n'avez qu'à travailler et on vous paiera à mesure; travaillez, vous serez payé au fur et à mesure, à fur et mesure; vous serez payé à mesure de votre travail. Il faut préférer à mesure, à au fur et à mesure, fur et mesure.
27. Être au fait, mettre au fait, se mettre au fait, c'est-à-dire être bien instruit de, s'instruire de... sont des expressions françaises: quand vous serez au fait de votre métier; cette jeune fille est bien au fait du ménage; il se fut bientôt mis au fait de son nouvel emploi.
28. Au fait.—Ne dites pas: au fait de la comète, je vais vous conter une histoire; dites, à propos de la comète....
29. Ne dites pas non plus: c'est au fait de rire, de plaisanter, etc.; dites, c'est pour rire, c'est pour plaisanter.
=Faisan=, (coq sauvage), faisandeau, faisanderie, faiseur (ouvrier): prononcez fesan, fesandeau, fesanderie, feseur.
=Fait=, s. m.—Dans voies de fait, (violences) prononcez fête.
=Falloir=, v. n.—Ne dites pas: voilà ce qui nous faut, ce qui nous fallait; dites, ce qu'il nous faut, ce qu'il nous fallait.
2. Ne dites pas: il faut mieux étudier que jouer; dites, il vaut mieux...
=Fameux=, adj., renommé, célèbre, insigne dans son genre: fameux orateur, siège fameux, fameux voleur; c'est un fameux imbécile; voilà une fameuse bêtise.
2. Les wallons abusent de ce mot en l'appliquant à des choses d'une importance médiocre; ainsi ils diront: c'est un fameux, vous êtes un fameux, etc., au lieu de: c'est un espiègle, vous êtes un original, etc.;—on nous a servi un fameux jambon, (ou un terrible jambon); dites, un grand, un très-grand, un énorme jambon.
3. Ne dites pas non plus: goûtez-moi ce vin.—Fameux! dites, excellent, délicieux.—Vin fameux, pour vin renommé, est trivial.
=Faner=, v. a., signifie étendre l'herbe pour la faire sécher: faner le foin.—Faner ne peut pas s'employer neutralement; ne dites pas: ces fleurs commencent à faner; dites, ... à se faner.
=Fange=, s. f.—Beaucoup de wallons désignent, fort improprement, par ce mot une grande étendue de terrain inculte et couvert de bruyère; le mot fange a une tout autre signification. Traduisez par bruyère, lande, ou même par fagne qui figure dans quelques dictionnaires.
=Faon=, (petit d'une biche), faonner: prononcez fan, faner.
=Faquin=, est un terme de mépris qui signifie, homme de rien, qui fait des actions basses: ce n'est qu'un faquin; on l'a traité comme un faquin; c'est un métier de faquin: fieffé faquin.—Il ne faut donc pas employer ce mot dans le sens de, freluquet, coquet, pimpant, élégant: il était extrêmement pimpant; vous voilà bien pimpant aujourd'hui; faire le pimpant; etc.
=Farce=, se dit des actions qui ont quelque chose de plaisant, de bouffon ou de ridicule: faire une farce, des farces; faire une farce à quelqu'un; une bonne farce; quelle farce! il nous a donné la farce; c'est une farce que cela; c'est une vraie farce. (Acad.)—Faire ses farces (expression populaire), c'est se divertir d'une manière bouffonne: ces jeunes gens font leurs farces, ont fait leurs farces. (Acad.)
2. Farceur, se dit d'un homme qui fait des bouffonneries, qui est dans l'habitude d'en faire: un farceur insipide. (Acad.)—Il suit de là que les mots français farce et farceur ne correspondent pas exactement aux mots wallons farce et farceur; ceux-ci en effet ont une acception un peu détournée et se disent ordinairement d'un tour, d'une plaisanterie, d'une mystification, d'une espièglerie: cet écolier ne pense qu'à jouer des tours; je lui ai joué un bon tour; on m'a fait une méchante plaisanterie; vous avez fait là une dangereuse espièglerie.
3. Rendez le mot farceur par plaisant, qui aime les tours, espiègle, etc., selon le sens.
4. Ne dites pas farce pour farceur: cet homme est farceur; oh! que c'est farce! Cependant ce mot peut se dire des choses: une action farce, une parole farce, un maintien farce. (BESCHERELLE.)
5. Le verbe farcer, faire une farce, figure dans les dictionnaires de Bescherelle et de Poitevin.
=Fashion= (mode), =Fashionable= (à la mode), mots anglais: prononcez fachion, fachionable; néanmoins plusieurs prononcent fassion, fassionnable.
=Fastes=, s. m. pluriel, histoire; ce mot est masculin: les fastes glorieux de l'empire.
=Fat=, adj., impertinent; prononcez fate.
=Fatal, ale=, adj.—Le pluriel est fatals, mais il est peu usité.
=Faubourg.=—Prononcez fôbour.—Bourg final, ne fait pas entendre le g; Limbourg, Luxembourg, Cobourg; tandis que bourg, gros village, se prononce bourke.
=Faubourien, ienne=, adj. et s., homme du faubourg ou qui appartient au faubourg; ne dites pas faubourier, ni faubourtier.
=Faute.=—Ne dites pas: c'est de ma faute, si tu as perdu ton procès; dites, c'est ma faute ou c'est à moi la faute, si, etc.
2. Ne dites pas non plus: une faute d'attention; il faut dire, une faute d'inattention ou simplement, une inattention, une inadvertance: c'est une inadvertance; pardonnez-lui ses inadvertances; c'est une pure inattention, une faute d'inattention.—On dira très-bien au contraire: cet élève s'est trompé faute d'attention (l'attention lui a fait défaut).
=Faux=, s. f., instrument d'agriculture: la faux du temps.—On écrivait autrefois faulx.
=Faux, fausse=, adj.—Une fausse corde est une corde qui n'est pas au son voulu; une corde fausse est celle qui donne toujours un son faux.
2. Une fausse porte est une porte ignorée des importuns; une porte fausse est une porte figurée.
3. Un faux jour est un jour mauvais pour un tableau; un jour faux est un jour mal distribué dans le tableau.
=Féconder, Fécond=, etc.: prononcez fékonder, fékond, etc., et non fégonder, fégond.
=Femme.=—Ma femme, mon mari; voyez époux.
=Fenaison=, s. f., action de couper le foin; temps où on le coupe: on dit aussi, mais moins souvent, fanaison: pendant la fanaison; on dit également fanage et fauchaison.
=Fénelon=, n. pr.—On écrit et on prononce communément aujourd'hui en France, Fénelon et non Fénélon.
=Fenêtre, Croisée=: voyez croisée.
=Fenil=, s. m., lieu où l'on serre le foin; prononcez fenile.
=Fer à cheval, fer de cheval.=—On dit fer à cheval, quand il s'agit d'une table, d'un escalier ou de tout autre objet qui a la forme d'un fer qu'on met sous le pied d'un cheval: préparez une table de 30 couverts et disposez-la en fer à cheval.—On dit fer de cheval, quand il s'agit du fer même qu'on met au pied du cheval.
=Férir=, v. déf., frapper; vieux mot qui n'est plus usité que dans cette locution: sans coup férir.
=Ferlaté=, falsifié; dites frelaté: du vin frelaté.
=Ferraille, Ferrure, Ferronnerie.=—Le premier se dit collectivement d'une certaine quantité de vieux morceaux de fer usés ou rouillés: ce n'est que de la ferraille; vendeur de vieille ferraille.—Ferrure signifie garniture de fer: ferrure d'une porte; ferrure bien faite; la ferrure de ces roues n'est pas assez forte; la ferrure d'un vaisseau; les ferrures d'un gouvernail.—Ferronnerie, s'emploie pour désigner les ouvrages de fer en général;—le marchand qui vend de la ferronnerie prend le nom de ferronnier: acheter des chenets chez un ferronnier.
=Ferré= ou =Ferret=, perche munie d'un crochet de fer, à deux branches, l'une droite et l'autre courbe, dont on se sert pour pousser une barque; ces mots ne sont pas français; dites gaffe: pousser la barque au large avec la gaffe.
=Fertin=, menu poisson ou choses de peu de valeur; dites fretin.
=Fesser=, ne signifie pas clisser, entrelacer, ficeler; vous direz donc: une bouteille clissée, et non ... fessée.
=Festival=, s. m., grande fête musicale: le pluriel est festivals.
=Feu.=—Ne dites pas: le feu est dehors, ou est déteint; dites, est éteint.
2. Ne dites pas: il y a eu feu, ou le feu cette nuit-ci; dites, il y a eu un incendie.
3. =Feu, Feue.= adj.—Feu s'accorde avec son substantif, lorsqu'il le précède immédiatement: la feue reine, sa feue tante; mais il reste invariable, quand il en est séparé par l'article ou par un adjectif possessif: feu la reine, feu sa tante.
=Fève=, s. f., =Féverole=, s. f.: prononcez fè-ve, fé-v'role et non fè-fe, fé-f'role.
=Fiacre=, s. m., voiture de place; prononcez fia-cre (ia diphth.) et non fiaque, fiakère.
=Fibre=, filament délié des chairs, des plantes, est féminin: la fibre charnue, les fibres ligneuses. Prononcez fi-bre et non fi-pe ni fibère.
=Ficelle=, s. f.—Ne dites pas; cet homme est un peu ficelle; dites, est sujet à caution, est un fripon, un friponneau.
=Ficher.=—Ne dites pas, je m'en fiche; dites, je ne m'en soucie pas, je m'en moque: ficher, dans ce sens, n'est pas français.
2. Ne dites pas non plus: il lui a fiché ou fichu un soufflet; dites, il lui a donné, appliqué, administré un soufflet.
=Fichu, ue=, est un terme de mépris, bas et populaire, dont on ne doit pas se servir: voilà un fichu compliment.
=Fief=, s. m., domaine noble: prononcez fièfe.
=Fiente=, s. m., excrément de bête: prononcez fiante (ian diphth.)
=Fier, ère.= adj. hautain.—Fier homme (iron.), homme de peu de mérite;—homme fier, qui a de la fierté.—Prononcez le masc. fier comme le fém. fière.
=Fier=, v., commettre à la fidélité: prononcez fié, confié, défié, méfié (ié diphth.)
2. Ne dites pas: cet homme n'est pas à fier (flandr.); dites, cet homme n'est pas sûr, ne mérite pas confiance; ou bien, on ne peut pas se fier à cet homme.
=Fièvre=, s. f.—Ne dites pas: j'ai eu les fièvres; dites j'ai eu la fièvre. Prononcez fiè-vre et non fiévre ni fiè-fe ni fièvère.
=Fignoler=, v. n., faire l'élégant; ce mot est populaire.
=Figue= (faire la), mépriser quelqu'un, le braver, le défier, se moquer de lui: il fait la figue à tous ses ennemis. (Acad.)
=Fil=, de lin, de soie, etc.; prononcez file (l non mouillée).
2. Fil d'arka: écrivez et prononcez fil d'archal.
=Filial, ale=, adj.—Il n'y a point d'exemple du pluriel dans l'Académie: respect filial, piété filiale. Des grammairiens lui donnent le pluriel filials; Boinvilliers a dit, des sentiments filiaux.
=Fille=, s. f., filleul, fillette: mouillez les il, et ne dites pas file, fileul, filette.—Il en est de même de: anguille, bastille, camomille, cédille, charmille, chenille, cheville, coquille, esquille, étrille, famille, faucille, goupille, grille, guenille, lentille, pacotille, pastille, peccadille, quille, roquille, souquenille, vanille, vétille, vrille, etc. Voyez époux et demoiselle.
=Filosenne=, est un mot wallon qui se traduit par cordon, cordon de coton, cordon de soie.—Filoselle, dont on serait peut-être tenté de se servir, est un substantif féminin qui sert à désigner une espèce de grosse soie ou de fleuret, provenant de la bourre de la bonne soie et des cocons de rebut: des bas de filoselle;—comme on le voit, filoselle n'est pas du tout le filosenne wallon.
=Filou=, n'a pas de féminin; ne dites donc pas filoute.
=Fils=, s. m.—Quoique les grammairiens ne soient pas d'accord, nous pensons qu'il faut prononcer fice même devant une consonne; le repentir est fils de la vertu.
=Fin.=—Ne dites pas: vous avez pris la bille trop fine; dites, ... trop fin.
=Finales= (syllabes, lettres).—Nous ne saurions trop appeler l'attention des professeurs et des élèves sur la nécessité de bien prononcer les lettres et syllabes finales des mots. Les flamands aussi bien que les wallons ont à se mettre en garde contre plusieurs fautes; les premiers adoucissent généralement les fortes, tandis que les derniers renforcent les douces: les f, les p, les k, les ch, les t deviendront des v, des b, des g, des d dans la bouche d'un flamand; tandis que les wallons sont portés à faire des f, des k, des ch, des p, des t, là où il n'y a que des v, des g, des b, des d: donnons quelques exemples: un flamand prononcera parave pour parafe; attague pour attaque; vage pour vache; une pombe pour une pompe; il écoude pour il écoute. Le wallon à son tour dira: brafe pour brave; fromache pour fromage; une blaque pour une blague; une bompe pour une bombe; la bisse pour la bise, etc.—Ces défauts de prononciation, outre qu'ils prêtent au ridicule, donnent toujours une pauvre idée de l'éducation de celui qui n'a pas su s'en corriger; les professeurs donc ne sauraient y veiller de trop près, d'abord en prêchant d'exemple, et ensuite en se montrant d'une sévérité inexorable à l'encontre de ces défauts de prononciation de terroir.
2. Les wallons ont également beaucoup de peine à bien faire sentir les deux consonnes de certains mots, comme: est, ouest, tact, contact, lest, exact, infect, casque, secte, texte, prétexte, mixte, reste, il résulte, il inculque, liste, moraliste, burlesque, kiosque, etc.; généralement, ils négligent la dernière consonne et prononcent: esse, ouesse, take, contake, lesse, exake, infèke, casse, sèke, texe, mixe, resse, etc.
3. Il y a d'autres finales que les wallons et les flamands ne prononcent pas mieux: ce sont les ble, les ple, les gle, les dre, les tre, etc.—Supposons les mots: aimable, exemple, règle, vendre, ventre, etc.: un flamand prononcera aimabèle, exempèle, règuèle, vendère, ventère, tandis qu'un wallon dira, aimape, exempe, rèke, vente, vente.—Ces vices de prononciation, pourtant si communs même chez les personnes les plus instruites, proviennent en très-grande partie de ce que les instituteurs et les professeurs n'ont pas assez exercé, n'ont pas brisé leurs élèves à la bonne prononciation. Nous recommandons beaucoup, comme un moyen de se corriger de ces sortes de défauts, la lecture ou la déclamation faite en commun et à haute voix; deux jeunes gens, vraiment désireux de se défaire de cette rouille de naissance ou de terroir, se réunissent: l'un fait la lecture et l'autre exerce charitablement l'office de censeur, mais d'un censeur impitoyable; et nous leur garantissons qu'en peu de temps ils parviendront à se faire une prononciation correcte.—Il y a encore d'autres finales que les wallons ou les flamands massacrent sans pitié: nous avons eu soin de les signaler en leur lieu et place.
4. Final, ale, adj., qui finit, qui termine.—L'Académie ne donne point d'exemple du pluriel masculin; de bons grammairiens disent finals.—Ce mot s'emploie substantivement, au féminin, pour signifier la dernière syllabe d'un mot: la finale de ce mot est longue.
5. Finale, terme de musique, morceau d'ensemble qui termine un opéra, un chœur, etc.; il est masculin: il y a du brio dans ce finale.
=Finalement=, signifie la même chose qu'enfin; ne dites donc pas, enfin finalement; un seul de ces mots suffit.—Ne dites pas non plus, en fin finale.
=Finard=, adj., fin, rusé dans les petites choses; ce mot n'est pas français; dites, finaud, finaude;—ce dernier mot est familier et ne se dit qu'en mauvaise part; il se prend aussi substantivement.
=Finaud, e=, qui est fin, rusé dans de petites choses: c'est un finaud.—Finard n'est pas français: voyez ce mot.
=Finir.=—Ne dites pas: je suis fini, pour exprimer que vous avez gagné: dites, j'ai fini.
2. C'est fini avec moi, disent les flamands, lorsqu'ils se croient sur le point de mourir; dites, c'est fini de moi, c'est fait de moi.
3. Ne dites pas: Nous avions fini avec lui; dites, nous en avions fini avec lui; je suis pressé d'en finir avec cet homme.
4. Ne dites pas: la fête finit avec un feu d'artifice; dites, ... par un feu d'artifice.
5. Finir, devant un infinitif, demande la préposition de: avez-vous fini de parler et non à parler?
=Fisc=, s. m., trésor de l'État; prononcez fis'que.
=Fiscal, ale=, adj.; le pluriel est fiscaux: droits fiscaux. (Acad.)
=Fixement=, adv., d'une manière fixe: regarder fixement:—prononcez et écrivez fixement et non fixément.
=Fixer=, signifie arrêter, attacher; jamais il ne veut dire regarder quelqu'un ou regarder fixement; dites, dans ce sens, fixer les yeux, la vue, ses regards sur quelqu'un ou quelque chose; ne dites pas: il nous a longtemps fixés; dites, il nous a longtemps regardés ou regardés fixement; il a longtemps fixé les yeux sur nous, et mieux, il a eu longtemps les yeux fixés sur nous.
2. Fixer les regards de quelqu'un, c'est devenir l'objet de son attention.
=Flairer, Fleurer.=—Flairer, c'est sentir par l'odorat: flairez cette rose.—Fleurer, c'est répandre une odeur: cela fleure bon.—Flairer ne signifie jamais puer. (Wall.)
=Flamber=, v. n., jeter de la flamme; ne dites pas flammer ni blamer.
=Flanquer=, dans le sens de jeter, lancer, est français, mais populaire: flanquer un soufflet, un coup de poing, une assiette à la tête de quelqu'un. (Acad.)
=Flegme=, s. m., sang-froid; prononcez fleghme en faisant sentir un g dur.—Ne dites pas: il est flegme, mais, ... flegmatique....
=Fleuraison=, s. f., le développement et l'épanouissement des fleurs; l'époque où les plantes fleurissent; l'état des plantes en fleur. L'Académie donne aussi le mot floraison, et renvoie à fleuraison.—Quoi qu'il en soit, le mot floraison nous paraît être aujourd'hui plus usité que fleuraison.
=Fleur de lis=: voyez lis.
=Fleur d'orange.=—Quoique, à la rigueur, on peut dire fleur d'oranger, la première expression est pourtant reçue et consacrée par l'Académie: un médecin, un pharmacien pourront néanmoins dire fleur d'oranger, mais dans le style ordinaire et dans le style de la conversation, on dit fleur d'orange.
2. Le mot fleur seul, ne signifie pas farine; dites donc, allez m'acheter une livre de fleur de farine; et non, ... une livre de fleur.
=Fleurir.=—Au propre, il signifie, être en fleur: les pêchers fleurissaient déjà, lorsque la gelée est survenue; les prés fleurissants, les plaines fleurissantes.—Employé au figuré, c'est-à-dire, lorsqu'il signifie, être dans un état de prospérité, de splendeur; être en crédit, en honneur, en réputation, il fait florissant, florissante; les lettres étaient alors très-florissantes. Lorsqu'on parle d'une personne ou d'une collection de personnes, comme d'une ville, d'un peuple, d'un état, il fait toujours florissait à l'imparfait de l'indicatif: Athènes florissait sous Périclès; ces empires florissaient alors.—Mais quand on parle de choses, il fait fleurissait et florissait: les sciences fleurissaient ou florissaient sous le règne de ce prince. (Acad.)
=Flic-Flac=, bruit de plusieurs coups de fouet, de plusieurs soufflets donnés coup sur coup.
=Floche= pour signifier houppe, gland, n'est pas français; il a un gland à son bonnet et non, ... une floche.
=Floquet=, mot wallon; dites nœud, boucle: nouer à boucles; un beau nœud.
=Flouer, Floueur, Flouerie=, sont des termes populaires: dites plutôt tromper, trompeur, tromperie; duper, dupeur, duperie, etc.
=Fluide=, adj., qui coule aisément; prononcez flui-de (ui diphth.) et non flu-ide ni flu-wide, ni fluite.
=Flume= ou =Flimme=, humeurs que l'on jette en crachant; ce mot n'est pas français; dites flegme, crachat.
=Flux=, s. m., mouvement de la mer, dévoiement; prononcez flu, l'x, dans flux et reflux, ne se prononce pas devant une consonne et il prend le son de z devant une voyelle: le flux (z) et le reflux de la mer.
=Foible=: voyez faible.
=Foie=, viscère, est masculin: pâté de foie gras; prononcez foî et non foye.
=Fois.=—Ne dites pas: une fois pour tout, mais, une fois pour toutes.
2. Ne dites pas: je lui avais dit ça l'autre fois; dites, l'autre jour.
3. Ne dites pas: toutes fois qu'il vient, je m'en vais; dites, toutes les fois ou chaque fois qu'il vient.
4. De fois à autres, de temps en temps, est une locution française.
5. Les flamands emploient très-mal l'expression une fois; dites une fois, venez une fois, laissez-moi voir une fois, etc.—Il faut absolument bannir ce flandricisme du langage correct et le supprimer entièrement, ou bien, lorsque le sens le permet, le rendre par ça! donc, un peu: ça! dites-moi, venez-donc, laissez-moi voir un peu.—Il en est de même du mot seulement que les flamands emploient si souvent d'une manière impropre et à peu près dans le même sens qu'une fois: courez seulement, aidez-moi seulement; etc. Remplacez ce ridicule seulement par le mot que le sens vous indiquera, comme çà, donc, un peu, etc.
=Foison=, s. f., ne prend pas l'article et n'a point de pluriel: il y aura foison de fruits cette année;—on l'emploie aussi comme adverbe, précédé de la préposition à: il y a de tout à foison. Prononcez foizon et non foisson.
=Folio=, s. m.; mot emprunté du latin et qui signifie feuillet: folio 4, au folio 20.—On appelle folio recto ou simplement recto, la première page du feuillet, et folio verso ou simplement verso, le revers ou la seconde page;—au pluriel folios.
2. In-folio, se dit du format d'un livre où la feuille est pliée en deux: saint Thomas a écrit vingt volumes in-folio; au pluriel des in-folio.
=Foncer=, v. a.—Ne dites pas, foncer une porte; dites, enfoncer une porte: foncer, c'est mettre un fond: foncer un tonneau.
=Fond, Fonds, Fonts.=—Fond s'écrit sans s toutes les fois qu'il signifie l'endroit le plus bas, le plus intérieur, le plus éloigné de l'entrée, de l'abord, de l'ouverture d'une chose creuse; le fond d'un puits, d'un tonneau, d'un sac, d'un abîme, d'une boutique, d'un cachot, d'une haie, d'un port; le fond d'un chapeau, d'un coffre.—Fond (sans s) se dit aussi d'un terrain considéré surtout par rapport à son degré de fermeté, à sa qualité, à sa composition: bâtir sur un fond peu solide; vous avez choisi là un bien mauvais fond; un fond d'argile.—Fond, en parlant d'étoffes, signifie la première ou la plus basse tissure sur laquelle on a fait quelque dessin ou quelque ouvrage; il se dit aussi de l'étoffe même sur laquelle on brode, du champ sur lequel les figures d'un tableau sont peintes, des plans plus reculés d'un tableau: velours à fond d'or, broderie sur fond de satin; un paysage sert de fond au tableau.—Au figuré, fond signifie ce qu'il y a d'essentiel dans une chose, et il est opposé à l'accessoire, à l'apparence, à la forme: le fond d'une doctrine, le fond d'un ouvrage, le fond d'une histoire, le fond d'un procès, un fond de raison, la forme l'emporte sur le fond.
2. Fonds (avec une s) signifie le sol d'une terre, d'un champ, d'un héritage, somme d'argent plus ou moins considérable: cultiver un fonds, bâtir sur son fonds, sur le fonds d'autrui; le fonds de la banque; fonds social; bailleur de fonds; être en fonds; les fonds publics; le fonds (le capital) et le revenu; fonds de commerce; fonds de magasin.—Au figuré, on le dit de la capacité, du savoir, de l'esprit, de la probité: cet homme a un fonds de vertu, un grand fonds d'esprit.—Biens-fonds se dit des biens immeubles.—Le fonds et le très-fonds, c'est le fonds (le sol, la propriété, etc.) et tout ce qui en dépend: on écrit aussi tréfonds.
3. Fonts, s. m. pluriel (on ne prononce ni le t ni l's): c'est le bassin où l'on conserve l'eau dont le prêtre se sert pour baptiser: les fonts baptismaux; tenir un enfant sur les fonts.
=Fondation=, s. f., =Fondement=, s. m.—Fondation signifie l'ensemble des ouvrages nécessaires pour asseoir les fondements d'un édifice; on l'emploie ordinairement au pluriel. Les fondations d'un édifice comprennent l'excavation du terrain, et, lorsqu'il est nécessaire, le pilotis à établir pour affermir le sol: faire les fondations d'un bâtiment. L'Académie fait remarquer que ce mot s'emploie quelquefois abusivement pour les fondements mêmes.—Fondation signifie encore le fossé, la tranchée qu'on fait pour y placer des fondements: creuser la fondation, les fondations.—Fondement se dit quelquefois au pluriel du fossé que l'on creuse pour commencer à bâtir; cependant, le mot fondation est préférable dans ce sens.—Fondement signifie encore, et c'est là son acception ordinaire, la maçonnerie qui sert de base à un édifice, à une construction, et qui se fait dans la terre jusqu'au rez-de-chaussée; il s'emploie surtout au pluriel: poser, jeter les fondements d'un édifice. (Acad.)
=Force=, s. f.—Ne dites pas: il y avait force de monde; dites, beaucoup de monde.
2. Ne dites pas: il a force d'argent, force de bijoux, force d'amis; retranchez de et dites, force argent, force bijoux, force amis.
3. De force que.—Ne dites pas: elle est tombée de force qu'elle riait; dites, elle est tombée à force de rire. On peut aussi remplacer de force que par tant, comme dans ces phrases: il a fallu me porter, tant j'étais faible; il tremblait de tous ses membres, tant il avait peur (et non de force que j'étais faible ou qu'il avait peur.)
=Forceps=, s. m., instrument de chirurgie: prononcez forcep-ce, en faisant sentir le p et l's.
=Forcer.=—Ne dites pas: on lui a forcé de se taire; dites, on l'a forcé de se taire; forcer est un verbe actif.
2. Ne dites pas: il fut forcé malgré lui; dites simplement, il fut forcé, car c'est toujours malgré soi qu'on est forcé.
3. Forcer, suivi d'un infinitif, prend la préposition à ou de: il fut forcé de partir; on le força à signer. (Acad.)
=Forcettes=, n'est pas français; dites forceps.
=Format=, d'un livre: voyez in-douze.
=Fort.=—Cela est fort, Flandr.:—voyez faible.
2. Fort en et fort sur. On dit: cet élève est fort sur la philosophie, sur l'histoire; elle est très-forte sur le piano, sur la harpe; mais on dit: il est fort aux échecs, au piquet. (Acad.)
3. Fort (se faire).—Dans l'expression verbale se faire fort, c'est-à-dire, s'engager à quelque chose, fort est toujours invariable: elle se fait fort de l'obtenir; ils se faisaient fort d'une chose qui ne dépendait pas d'eux. (Acad.)
4. Il est fort et hardi:—ne prononcez pas for-té hardi mais for-é hardi.—Dans fort, adj., le t ne se lie pas avec la voyelle qui suit; il en est de même des mots en ard, ord, ort, comme hasard, abord, port, sort, mort, etc.; et des verbes terminés en ert, ort.—Mais le t final de fort adverbe, se lie avec le mot suivant dont il détermine le sens: homme fort habile, fort incommode, fort à l'aise.
=Fortement=, adv.—Ne dites pas: il pleut fortement, il gèle fortement; dites, il pleut fort, il gèle fort.
2. Ne dites pas: sa perte sera fortement ressentie; dites, sera vivement ressentie, parce qu'il s'agit ici d'un sentiment; fortement (avec énergie, au figuré) ne se dit en effet que de l'esprit et non du cœur: c'est un ouvrage fortement pensé; il a parlé fortement. (Acad.)
=Fortifier=, v. ac.—Ne dites pas: cet enfant a beaucoup fortifié depuis un an; dites, s'est beaucoup fortifié.
=Fortuné=, adj., signifie heureux; c'est à tort donc que quelques-uns l'emploient dans le sens de riche, qui a de la fortune: un homme fortuné; dites, un homme riche ou qui a de la fortune.
=Forum=, s. m., place où le peuple discutait les affaires publiques à Rome: prononcez forome.
=Fosse=, s. f.—Ne dites pas: il a la fosse au menton; dites, ... la fossette...
=Fou=, signifie quelquefois, excessif, prodigieux: il y avait à la fête un monde fou; un luxe fou; il en demandait un prix fou (et non de fou).
=Foudre=, est masculin, lorsqu'il désigne, 1º une certaine représentation de la foudre: les armes de l'empire français sont un aigle tenant un foudre dans ses serres; 2º une grande tonne propre à contenir les liquides: le célèbre foudre d'Heidelberg: et dans les deux expressions suivantes: un foudre de guerre, un grand capitaine, comme Napoléon 1er; un foudre d'éloquence, un grand orateur, comme Bossuet.—Il est féminin, quand il désigne le tonnerre: être frappé de la foudre; la foudre sillonne les nues. Cependant, dans ce sens, il est quelquefois masculin en poésie et dans le style soutenu: être frappé du foudre; expirer sous les foudres vengeurs. (M. l'abbé Péters, Grammaire.)—Prononcez fou-dre et non fou-de, fou-te ni foudère.
=Fouet, Fouetter=: prononcez fouè, fouèter.
=Fouine=, s. f., grosse belette: prononcez fouine (oui diphth.) et non fou-ine ni fouwine.
=Fouir=, signifie creuser la terre avec un instrument: il faut fouir bien avant pour trouver de l'eau dans cet endroit.—Mais si l'on veut parler du travail du sanglier, du cochon, de la taupe, etc., on se sert du verbe fouiller: les sangliers, les cochons fouillent; la taupe a fouillé là.—Enfin on dira bècher, et non fouir, un jardin, une terre.—Prononcez fou-ir et non fou-wir.
=Fourche= (à la), négligemment, grossièrement; cette locution est française: cela est fait à la fourche.
=Fourchu.=—Ne dites pas: pied fourchu, mais pied fourché, pied fendu en deux; on dit aussi chemin fourché quand il se divise en deux.—Fourchu a le même sens, mais il ne s'emploie que dans certaines locutions comme menton fourchu, barbe fourchue, faire l'arbre fourchu (mettre la tête en bas, les pieds en haut, écartés l'un de l'autre.)
=Fourmille.=—Ne dites pas: une fourmille d'enfants, pour indiquer un grand nombre d'enfants; dites, une fourmilière d'enfants, une marmaille d'enfants.
=Fournil=, s. m., lieu où est le four; prononcez fourni.
=Fouter= (=se=), est un terme ignoble et sévèrement proscrit; les auteurs par pudeur dissimulent ce mot par la lettre initiale suivie de points suspensifs: f.....
=Frac=, redingotte, est masculin: un beau frac; prononcez fraque.
=Fragment=, s. m., morceau: prononcez le g dur.
=Fraîchir=, ne signifie pas mouiller: il craint de se mouiller (et non de se fraîchir) les pieds.
=Frais=, féminin fraîche (il faut se garder de dire fraîche au masculin).—Ce mot signifie, un peu froid, récent, non salé, brillant, vigoureux: il fait froid en hiver; il fait frais dans les belles nuits d'été; un vent frais (un peu froid); une nuit fraîche; avoir les mains fraîches (froides); du pain frais (nouveau); du porc frais (non salé); mettre des fleurs dans un vase avec de l'eau pour les tenir fraîches; ce vieillard est encore très-frais (vigoureux).
2. Frais, ne peut pas s'employer dans le sens de mouillé, trempé, humide: je suis mouillé (et non frais) comme un canard; il est tout trempé (et non frais) de sueur; il a pleuré, il a encore les yeux tout humides (et non tout frais); la terre est encore tout humide (et non toute fraîche). (Wall.)
3. Faire frais, signifie faire un peu froid et non faire humide, faire mouillé.—Ne dites jamais frisse pour frais: frisse est wallon.
=Fraisil=, s. m., cendre du charbon de terre dans une forge: prononcez fraisi et non fraisile.
=Franc=, adj., ne peut pas s'employer dans le sens de hardi, effronté, qui a de l'assurance; ne dites donc pas: ce déclamateur est franc devant le public; dites, ce déclamateur a de l'assurance, etc.
2. Un franc menteur est un menteur avéré; un homme franc est un homme sincère.
3. Franc de port.—Dans cette expression, l'adjectif franc, est invariable, quand il précède le substantif qu'il modifie: vous recevrez franc de port (franco) la lettre que je vous envoie. Il s'accorde, quand il vient après ce substantif: la lettre que j'ai reçue était franche de port.
4. Le c de franc ne se prononce que devant une voyelle: un franc animal (fran-k'animal).
5. Franc, s. m.—Ne dites pas: un franc et demi, un franc et quart; dites, un franc et cinquante centimes, un franc et vingt-cinq centimes.
=Frangipane=, s. f., sorte de pâtisserie; écrivez et prononcez frangipane et non franchipane.
=Frappant neuf.=—Ne dites pas, un habit tout frappant neuf, mais, tout battant neuf.
=Frayeux=, pour coûteux, dispendieux, dépensier, n'est pas français: les voyages sont coûteux (et non frayeux); une femme très-dépensière (et non très-frayeuse).
=Fredaine=, s. f.—Écrivez et prononcez fredaine et non frèdaine, ni ferdaine.
=Freluquet=, s. m., damoiseau;—écrivez et prononcez freluquet et non fréluquet ni ferluquet.
=Frères=, consanguins, utérins, germains: voyez germain.
=Fret=, s. m., louage d'un vaisseau; prononcez frète.
=Friand=, de, adj., qui aime la chère fine et délicate: prononcez fri-an et non fri-ian.
2. Friand, Gourmand, adj.—Friand se dit de celui qui aime, recherche, connaît et savoure les morceaux délicats.—Le gourmand aime à faire bonne chère; le glouton et le goinfre semblent, dans leur voracité, vouloir tout engloutir dans leur estomac.
=Fricandeau.=—C'est du veau lardé; ne dites pas, un frécandeau.
=Fricassée=, ne se dit que des viandes fricassées: manger d'une fricassée de poulets; une fricassée de pieds de mouton.—Fricassée, dans le sens que les wallons lui donnent, c'est-à-dire du lard ou du jambon cuit dans la poêle avec des œufs battus, se rend en français par le mot omelette.
=Fricasser, Frire.=—Fricasser, c'est faire cuire dans la poêle, dans une casserole, etc., quelque chose après l'avoir coupé par morceaux: fricasser des poulets, des navets, des carottes, des pommes de terre, etc.
2. Frire, c'est faire cuire dans une poêle avec du beurre roux ou du sain-doux ou de l'huile: frire des œufs, des côtelettes; le beurre frit dans la poêle; poisson frit, artichauts frits, pommes de terre frites.
=Fricot=, signifie ragoût, viande fricassée, toute sorte de mets, régal, bon repas, etc., mais il est populaire.
=Frileux, euse=, adj.: les vieillards sont frileux; ne dites pas frilieux ni fruleux.
=Frimousse=, s. f., mine, visage: quelle frimousse!—Ce terme est méprisant et populaire.
=Fringale=, s. f.—Ce mot n'est pas français; dites faim canine.
=Friper=, dans le sens de manger avec avidité, goulûment, est français, mais il est bas.
=Frisquin= (saint), tout ce qu'on possède: on doit dire frusquin, saint-frusquin, saint-crepin: il a perdu tout son frusquin, son saint-frusquin; perdre son saint-crepin; porter tout son saint-crepin;—saint-frusquin se dit principalement de l'argent et des nippes et saint-crepin, de la fortune en général.—Écrivez et prononcez crepin et non crépin ni crespin.
=Froc=, s. m., habit de moine: prononcez froke.
=Froid.=—On ne dit pas avoir froid (ou avoir chaud) des pieds, des mains, etc.; on ne dit pas non plus avoir froid (ou avoir chaud) les pieds, les mains, etc.;—on doit dire: avoir froid (ou avoir chaud) aux pieds, aux mains, etc. Par conséquent on doit dire en parlant des mains, des pieds, etc.: j'y ai eu froid (ou chaud) et non j'en ai eu froid.
2. Ne dites pas: j'ai gagné un froid qui me fait tousser; dites, j'ai gagné un rhume; je suis pris, j'ai été pris, saisi d'une fraîcheur, d'un rhume, d'un refroidissement.
3. Froid (battre), v. n., est français et signifie recevoir une proposition d'une manière à faire voir qu'on n'est pas disposé à l'accepter.
4. Faire froid, et plus souvent, battre froid à quelqu'un, c'est le recevoir avec moins d'empressement, avec un visage moins ouvert qu'à l'ordinaire. (Acad.)
=Froidir=, v. n. et pronom., devenir froid: il a laissé froidir son dîner: ce mot est vieux, on dit plutôt refroidir, se refroidir.
=Froidure, froideur, froid.= Froidure se dit uniquement du froid répandu dans l'air: j'ai supporté la froidure des climats.—Froideur s'emploie toujours au figuré et signifie indifférence, insensibilité: je n'ai pu endurer la froideur des grands.—Beaucoup de personnes emploient abusivement ces expressions pour le mot froid.
=Fromage.=—Dites un fromage d'Edam (espèce de fromage de Hollande fabriqué à Edam) et non fromage de dames.—Prononcez froma-ge et non froma-che.
=Frugale, ale=, adj., qui vit de peu; ce mot n'a pas de pluriel masculin (Acad.)—Quelques grammairiens disent frugals, d'autres, frugaux. Cette dernière forme serait préférable, si le plur. masc. devenait nécessaire.
=Fruit=, s. m.—On ne dit pas: manger un fruit, mais, manger du fruit.—Ne dites pas non plus: il lui a donné un fruit pour son goûter; dites, il lui a donné du fruit ou bien, il lui a donné une pomme, une poire, un raisin.
=Fumé.=—Ne dites pas, de la viande enfumée, un jambon enfumé, mais, de la viande fumée, un jambon fumé.
=Funéraire=, adj.—Ne dites pas: un service funéraire, un service mortuaire; dites, un service funèbre.
2. Funèbre, est un adjectif propre à dépeindre tout ce qui accompagne les funérailles, et par extension tout ce qui a un air de mort: pompe, appareil, honneurs, ornements, chant, convoi funèbres; images funèbres; oiseaux funèbres...
3. Funéraire est, comme mortuaire, un terme abstrait, de légiste, d'homme d'affaires, d'intendant, qui convient surtout, sinon uniquement, dans la locution, frais funéraires; on dit un drap mortuaire, registre mortuaire, extrait mortuaire, droits mortuaires.
=Fur.=—Au fur et à mesure, à fur et mesure: ces deux expressions signifient à mesure, à proportion: je travaillerai au fur et à mesure que vous m'apporterez de l'ouvrage; voyez fait-à-fait.
=Furieux=, furieusement.—Ces mots s'emploient figurément et familièrement dans le sens de prodigieux, qui est excessif et extraordinaire dans son genre, et alors il précède toujours le substantif: c'est un furieux mangeur, un furieux menteur; voilà un furieux travail; il s'est donné un furieux coup, une furieuse entorse; il fait une furieuse dépense; voilà un furieux poisson; il est furieusement grand, il est furieusement riche; il ment furieusement; elle est furieusement laide. (Ac.)—Voyez terrible et terriblement.
=Fusil=, s. m.—L'l finale ne sonne pas (fuzi), non plus que dans les mots baril, chenil, coutil, fenil, outil, persil, sourcil.
G
=G.=—Devant a, o, u, il se prononce dur; devant e et i il s'amollit et se prononce comme j.
2. Dans le premier cas, les flamands doivent se garder de prononcer le g du gosier; ils ne doivent pas prononcer ghagner, ghobelet, ghide, mais gagner, gobelet, guide.—Devant e et i ils doivent éviter de le prononcer comme se, sé ou sié: sibier, siémir, silet, sielée, fromase, etc., pour gibier, gémir, gilet, gelée, fromage.
3. Les wallons, de leur côté, sont exposés à prononcer la syllabe ge comme che: ramache, plumache, rouche, horloche, prodiche, granche, sonche, lochement, juchement, prolonchement, etc., au lieu de ramage, plumage, rouge, horloge, prodige, grange, songe, logement, jugement, prolongement.—Nous recommandons beaucoup aux professeurs, d'abord de se surveiller eux-mêmes et ensuite de donner à leurs élèves force exercices, afin de les initier bon gré mal gré à la bonne prononciation.
4. Le g final, suivi d'une voyelle se prononce ordinairement comme k: un long hiver; à la fin de certains mots il ne se prononce pas, même devant une voyelle: étang, seing, etc.
=Gage.=—En parlant du salaire des domestiques et des gens de service, ce mot ne s'emploie qu'au pluriel: gagner de gros gages (et non un gros gage); les gages d'un laquais, d'une servante.—Appointements se dit des emplois plus relevés;—honoraires et émoluments se disent des professeurs, des médecins, des avocats, et de ceux dont on obtient quelque conseil ou quelque service honorable.—Prononcez gaje et non gache.
=Gageure=, s. f., pari; prononcez gajure (Acad.); il faut préférer les mots pari et parier aux mots gageure et gager.
2. Gager, Parier.—Ne dites pas gager, parier pour une somme, mais, gager, parier une somme: je gage, je parie cent francs, ma montre, ma tête que....
=Gagne=, dans le sens de gain, et gagnage, dans le sens de ouvrage, travail, gain, ne sont pas français.
=Gagner.=—Ne dites pas en parlant du jeu: je suis gagné, je suis perdu; dites, j'ai gagné, j'ai perdu.—On dit gagner une bataille et remporter une victoire.—Prononcez gagner (a bref) et non gâgner (â long).
=Gaiement=, adv. =Gaieté=, s. f.: on écrit aussi gaiment, gaîté.
=Galant, te=, adj.—Un galant homme est un homme poli et serviable; un homme galant est celui qui cherche à plaire.
=Galette, Gauffre.=—Une galette est une espèce de gâteau cuit au four, qui a la forme d'un pain aplati.—Les gauffres sont cuites entre deux fers et présentent à la surface de petits carreaux ou des dessins en relief.—Il faut donc nommer gauffre ce qu'on appelle généralement galette:—galet, dans ce sens, n'est pas français.
=Galop=, s. m., dans le sens de savon, réprimande, semonce, saccade, garde, est un terme populaire: prononcez galô (ô long).
=Gangrène=, s. f.—On prononce cangrène selon l'Académie qui écrit aussi cangrène; nous ferons toutefois remarquer que la prononciation gangrène commence à être en faveur; il en est de même de gangrener, gangreneux.
2. Ne dites pas gangrin-ne mais gangrè-ne; prononcez gangrener, gangreneux et non gangrèner, gangrèneux.
=Garçons=, s. m.—Ne dites pas: les garçons ne sont pas à la maison; dites, les enfants, mes enfants, mes frères...
=Garde à= (=prendre=), et =Prendre garde de=.—Prendre garde à, s'emploie surtout avec un substantif pour complément: prenez garde à ce cheval, à ce fossé.—Avec un verbe, on met plutôt de: prenez garde de tomber, prenez garde de vous brûler.
2. Quand on met à devant un infinitif, c'est pour indiquer ce qu'il faut faire et non ce qu'il ne faut pas faire: prenez garde à ne pas tomber; prenez garde à bien conserver votre équilibre; prenez garde à bien sauter.
3. Garde, s., est féminin, quand il désigne tout un corps: la garde royale, la garde d'honneur, la garde nationale, la garde civique. Mais il est masculin, quand il désigne une ou plusieurs personnes tirées d'un corps: un garde royal, un garde civique, c'est-à-dire, un homme qui fait partie de la garde royale, de la garde civique.
4. Garde-enfants ou garde-d'enfants: dites une bonne d'enfants ou simplement une bonne.
5. Garde-champêtre, s. m.: prononcez gar-de-cham-pê-tre et non garte-champette ni garde-champêtère.
6. Garde-Chasse, s. m.: prononcez gar-de chasse et non garte-chasse; il en est de même de garde-corps, garde-fou, garde-forestier, garde-malade, etc.
7. Garde-robe, s. f.: prononcez gar-de-ro-be et non gart'rope.
=Gare, Garde.=—On dit gare dessous, gare l'eau, gare la bombe, gare le fouet; frapper sans dire gare; si vous faites cela, gare les conséquences. Mais il faut dire garde (et non gare) à vous (sous-entendu prenez.)
=Garni.=—On dit, une robe garnie d'or, de dentelle; un chapeau garni de fleurs, et non, une robe garnie en or, en dentelle, ... en fleurs. (Acad.)
=Garnisaire.=—Prononcez garnizaire et non garnissaire, homme en garnison chez un débiteur ou chez le débiteur du gouvernement.
=Gasse=, est wallon, dans le sens de banquet, gala.
=Gastrique=, est un adj.; il signifie qui tient ou appartient à l'estomac: le suc gastrique.
=Gastrite=, s. f., est une inflammation de l'estomac: il souffre d'une gastrite et non d'une gastrique.
=Gâter, Gâteau=: prononcez â long: gâter, gâteau.
=Gaudron, Gaudronner=, pour goudron, goudronner, sont des barbarismes.—Gaudronner et godronner ont une toute autre signification.
=Gaz=, s. m., fluide aériforme: prononcez gâze et non gâce.
=Gaze=, s. f., espèce d'étoffe: prononcez gâze et non gâce.
=Geai=, s. m., oiseau.—Ne dites pas, noir comme du geai mais noir comme du jais ou comme jais: le jais est une pierre noire susceptible d'un beau poli.
=Géant=, fait géante et non géane au féminin.
=Gelée, Gelure=, s. f.—Ne dites pas: j'ai des gelées ou des gelures aux pieds, mais, j'ai des engelures aux pieds: prononcez geler, gelée et non gèler, gèlée.
=Geler=: voyez engeler.
=Gémeaux=: voyez jumeau.
=Général=, s. et adj.: prononcez général et non gènèral ni gènèrâl.
=Génie.=—Officier de génie signifie, officier qui a du génie; officier du génie se dit d'un officier qui appartient au corps nommé le génie: on peut donc être officier du génie sans être officier de génie et vice-versâ.—Prononcez génî (î long) et non géniïe.
=Genièvre=, s. m., boisson: prononcez geniè-vre et non genièfe ni genèvre.
=Genre des mots.=—Nous donnons la liste des mots dont le genre peut paraître douteux et de ceux auxquels on donne souvent un genre contraire à l'usage.
2. Noms masculins auxquels on donne quelquefois, par erreur, le genre féminin:
abîme abreuvoir acabit accessoire acrostiche acte adage affront âge alambic albâtre aloi alvéole amadou amalgame ambe amour (au sing.) amidon anachronisme anathème anchois âne angora animalcule anniversaire antidote antre aphte apologue appareil appel appendice après-dîner après-souper aqueduc arc are armistice arrosoir article artifice as astérisque asthme atome âtre auditoire augure auspice autel automate automne avé balustre bec-figue bifteck brou calque calville capendu caprice caramel catafalque centime cents chambranle chanvre cigare comble concombre crabe crêpe déciare décime décombres (plur.) décrottoir, délice dialecte v. le Dict. échange éclair élixir éloge emblème embouchoir émétique emplâtre emploi encensoir encombre en-tête entonnoir entr'acte entre-sol épeautre épiderme épilogue épisode épithalame équinoxe érésipèle esclandre escompte espace étage éteignoir eucologe évangile éventail éventaire exemple, exorde v. le Dict. fastes finale (d'opéra) frac garde, gens, gîte v. le mot garde. v. le mot gens. globule gramme hameçon hanneton harmonica hectare héliotrope hémisphère hémistiche héritage hochequeue horoscope hortensia hospice hôtel hydrogène hymne hypocondre (chant ou poésie profane) if incendie indice insecte insigne interstice intervalle inventaire iris isthme ivoire légume leurre libelle litige litre losange, mânes v. le Dict. manganèse mastic monticule myriagramme naphte obélisque obstacle obus omnibus ongle opuscule orage oratoire orchestre ordre organe orgue (au sing.) ours outil outrage ouvrage ovale oxigène panache paradoxe parafe pécule pénates perce-oreille pétale pétiole pique planisphère (couleur du jeu de cartes.) plantoir platine (métal.) plâtre pleurs pore prêche quadrille quelque chose, remise (une voit.) v. le Dict. rouge-gorge sabre saule simple squelette soque (plante médicin.) stade steppe store tire-ligne trèfle trombone tulle ulcère uniforme ustensile ventricule vignoble viscére vivres (pl.) volatile
3. Noms féminins que, par erreur, on fait quelquefois masculins:
aire alcove allonge amnistie amorce amour (au pl.) ampoule anagramme anicroche antichambre antienne après-dînée après-midi après-soupée arbalète archives arête armoire arrhes arrière-boutique arrière-cour atmosphère auberge avant-cour avant-garde avant-scène averse balançoire barres pl. (jeu) batiste boutique bure (puits) casaque cendrillon cible colophane débâcle décrottoire délice (au pl.) (voy. le Dict.) dent disparate ébauche ébène écaille écale écharde échasse écritoire écumoire emplette énigme épigramme épitaphe épithète équerre équivoque esquisse établi fibre filosèle friche garde, glaire v. le Dict. glissoire glu héliotrope herse hydre hyène hymne idole immondice (chant d'église.) impériale insomnie insulte jujube laideron lavasse losange, manche, martre ou marte v. le Dict. v. le Dict. mécanique mésange nacre oasis obole obsèques (pl.) office, v. le Dict. offre oie ombrelle orge, v. le Dict. orgue (au pl.) ouïe paroi passoire patenôtre pédale perce-neige poudre (médica.) primevère quelque chose, v. le Dict. réglisse relevailles (pl.) sauvegarde sentinelle simarre soie (crin.) stalle tirelire tôle vertèbre vis volatille
Pour les substantifs qui, d'après leurs différentes acceptions ou leurs divers genres, ont des genres doubles, voyez le Dictionnaire.
4. =Genre=, s. m.—Ne dites pas: cette plaisanterie, cette manière de parler est de bon, de mauvais genre; dites, de bon, de mauvais goût; de bon, de mauvais ton.
5. Ne dites pas: homme de bon genre, femme de mauvais genre; dites, homme du bon ton, femme du mauvais ton.—On dit aussi: homme qui sait bien le monde, qui sait bien son monde, homme du grand monde.
6. Ne dites pas: être vêtu dans le bon genre; dites, avec goût, à la mode, à la dernière mode.—Prononcez jan-re et non jâ-re.
=Gens.=—Gens, veut au féminin les adjectifs qui le précèdent, et au masculin ceux qui le suivent: de dangereuses gens, des gens dangereux; quelles gens! de telles gens sont à plaindre; je m'accommode de certaines gens, mais non de toutes gens.—Exceptions: Les adjectifs tel, quel, certain, maints, tout, se mettent au masculin:—1º quand l'adjectif qui les suit n'a qu'une seule terminaison pour les deux genres: quels braves gens! certains honnêtes gens; maints jeunes gens; tous les jeunes gens.—2º Quand le substantif gens est suivi d'un ou de plusieurs mots qui restreignent sa signification: quels gens adroits! certains gens d'affaires; tous les gens sensés; tous gens bien connus; tous ces gens-là; tous les gens de loi, d'église, etc.—3º Quand ils ne sont pas suivis immédiatement de leur substantif: quels sont ces gens-là? tels sont les gens que vous fréquentez.—Lequel suit la même règle: lesquels de ces bonnes gens voulez-vous récompenser?—Quant aux participes passés, ils se mettent toujours au masculin: instruits par l'expérience, les vieilles gens sont ordinairement prudents; ce sont les meilleures gens que j'aie jamais vus. (M. l'abbé PÉTERS, Grammaire.)
2. On prononce gean, devant une consonne ou une h aspirée ou lorsque gens est seul ou à la fin d'une phrase: gens peureux, gens hardis. Devant une voyelle ou une h muette, prononcez geanze: gens instruits, gens habiles.—Ce mot n'a pas de singulier; en vers, dans les genres légers, gent s'emploie pour race: la gent trotte-menu (les souris), la gent marécageuse (les grenouilles). (LAFONTAINE.)
=Gentil=, adj.—L'l ne se prononce que devant une voyelle et dans les mots composés, et il prend alors le son mouillé un gentil (genti) garçon; un gentil (gentille) enfant; la gentillesse (gentiliesse); un gentilhomme (gentiliome); gentilhommerie (gentiliomerie).
2. Un gentilhomme est un homme de naissance noble; un homme gentil est un homme d'un commerce agréable, de manières affables.
3. Au pluriel, l'l ne se prononce pas: de gentils (gentis) enfants, des gentilshommes (gentisomes); les gentils (genti), c'est-à-dire, les payens, les idolâtres.
4. Au féminin, gentille, les ll sont également mouillées: une gentille fille.
5. Gentil signifie joli, agréable, gracieux et non laborieux, actif: ce bijou est gentil; des manières gentilles; une chanson fort gentille; faire le gentil (l'agréable).
=Gentleman=, s. m., titre en Angleterre: prononcez dgenn'tlemène.
=Geôlier, Geôle, Geôlage=: l'o est long, et l'e ne se fait pas sentir: jôlier, jôle, jôlage.
=Géranium=, s. m., plante: prononcez géraniome.
=Germains, Consanguins, Utérins.=—Des frères germains sont enfants du même père et de la même mère;—des frères consanguins sont enfants du même père, mais de différentes mères;—des frères utérins sont enfants de la même mère, mais de pères différents.
=Gérofle=, s. f.; girofle est plus usité: des clous de girofle.—Prononcez le fle.
=Gestion=, s. f., action de gérer: prononcez ges'thion en faisant sentir l's et le t comme dans gesticuler; ne dites pas gécion.
=Gibelotte.=—On dit une gibelotte de lapin; le mot civet se dit proprement du ragoût fait de chair de lièvre.
=Gifle= et =Gifler= sont français, mais populaires; dites, tape, claque, soufflet, taloche. Il faut en dire autant de calotte.—Au lieu de gifler et de calotter, dites taper, claquer, souffleter: je vous taperai; elle soufflette son enfant pour les moindres choses.
=Gigier=, n'est pas français; dites gésier, pour signifier le second ventre de certains oiseaux qui se nourrissent de graines.
=Gigot=, s. m.: le t ne se prononce pas.—C'est mal s'exprimer que de dire un gigot de mouton, car le mot gigot signifie à lui seul une cuisse de mouton; dites simplement un gigot.
2. On ne dit pas une gigue de mouton, mais on dit une gigue de chevreuil.
3. Ce mot n'est pas français dans le sens de mauvaise monnaie.
=Gingembre=, s. m., racine des Indes qui a un goût de poivre; écrivez et prononcez gingembre et non gingenvre.
=Gironnée=, capacité du giron, n'est pas français.
=Gisant=, gisons, gisez, gisent, gisait, gisement, etc.—Quelques-uns doublent l's, et quoiqu'il en soit, on doit prononcer l's dure comme si elle était double: son cadavre gisait (gissait) dans son sang.
=Gît.=—Ci-gît, formule ordinaire par laquelle on commence les épitaphes; l'Académie ne dit pas si, lorsqu'il est question de plusieurs personnes, on doit dire ci-gisent; nous pensons que la grammaire l'exige.
=Gîte.=—Ce mot est masculin: chercher un gîte.
=Glaire=, humeur visqueuse, est féminin: glaires teintes de sang.
=Glissoire, Glissade, Glissement.=—Beaucoup de personnes, et surtout les écoliers, confondent ces trois mots.—Une glissoire est un chemin frayé sur la glace pour glisser en jouant; une glissade se dit de l'action de glisser involontairement; un glissement se dit de l'action de glisser: ce dernier mot est peu usité.—Glisse, dans le sens de glissoire, n'est pas français.
=Gloire.=—Ne dites pas: je me fais gloire d'être votre ami; je m'en fais gloire; dites, je fais gloire d'être votre ami; j'en fais gloire.—Cependant on dit quelquefois se faire une gloire de quelque chose. (Acad.)
=Gloriette=, dans le sens de berceau, de cabinet de verdure, est français. (Bescherelle, Poitevin).
=Glorieux=, plein de vanité, de bonne opinion de lui-même, est français: il a du mérite, mais il est un peu glorieux; il est sot et glorieux; c'est un esprit glorieux. Il s'emploie quelquefois substantivement dans un sens analogue: les glorieux se font haïr; c'est un glorieux, c'est une petite glorieuse. (Acad.)
=Gne, Gn.=—Prononcez ensei-gner, enseigne-ment, dési-gner, dési-gnation, dai-gner, i-gnorant, i-gnorer, a-gneau, ma-gnifique, etc., et non enseign'ner, enseign'nement, désign'ner, désign'nation, daign'ner, ign'norant, ign'norer, agn'neau, magn'nifique.—Les flamands, de leur côté, doivent éviter dans la prononciation de ces mots de séparer le g de l'n et de donner au premier le son d'un h ou bien le son guttural de leur g: i-gnorant, ma-gnifique, etc., et non ih-norant, mah-nifique ni igh'-norant, magh-nifique.
=Godaille=, s. f., mauvaise boisson, mauvais vin; godailler, boire avec excès;—ces mots sont français mais populaires: c'est un ivrogne, il ne fait que godailler.
=Goëlette=, s. f., bâtiment léger; prononcez goèlette (oè diphth.)
=Golza=, s. m., plante oléagineuse; écrivez et prononcez colza et non golza. Voyez chausson.
=Gomme=, s. f.; prononcez l'o bref comme dans homme: gomme et non gô-me.
=Goulée=, correspond à gueule et ne se dit guère qu'en parlant des animaux: brebis qui bêle perd sa goulée.—En parlant des personnes, on doit se servir du mot bouchée: une bouchée de pain.
=Goulus= (pois), pois que l'on mange avec la cosse; ne dites pas pois gourmands.
=Gourmet=, s. m., celui qui sait bien connaître et goûter les vins, les mets; gourmeur n'est pas français.
=Goût.= s. m.—Ne dites pas: j'ai du goût de sortir, j'ai du goût de pleurer; dites, j'ai envie de pleurer, de sortir.
2. Ne dites pas: cela est-il à votre goût? dites, cela est-il de votre goût?
=Goûter.=—On dit goûter un mets, goûter d'un mets et goûter à un mets.—On goûte un mets pour savoir s'il est bon ou mauvais; on goûte d'un mets quand on en mange comme aliment; on goûte à un mets pour savoir s'il y manque quelque chose et dans le dessein d'ajouter ce qui y manque. Dites, j'ai goûté ce vin-là et je l'ai trouvé bon; j'ai mangé du rôti, mais je n'ai pas goûté du lièvre; le cuisinier a goûté dix fois à cette sauce avant de la servir.
2. Ne dites pas comme on entend dire tous les jours: ce beurre ne me goûte pas; ce rôti m'a bien goûté; cela me goûte, cela ne me goûte pas, pour exprimer que quelque chose est ou n'est pas de votre goût. Il est clair en effet que les personnes seules, et non les choses inanimées, peuvent goûter, c'est-à-dire exercer le sens du goût. Dites donc: cela est de mon goût et non cela me goûte;—j'ai trouvé ce rôti bon, excellent et non ce rôti m'a bien goûté;—ce beurre est bon, a un bon goût, est de mon goût et non ce beurre me goûte;—cela me semble bon, cela me plaît, cela a un bon goût, cela est de mon goût, et non cela me goûte.
3. Ne dites pas, comme on dit en flamand: cela goûte bon; dites, cela est d'un bon goût.
4. Ne dites pas: j'avais goût de sortir; dites ... envie de sortir.
=Goutte.=—Ne dites pas: mon frère ressemble à mon père comme deux gouttes d'eau; dites, mon père et mon frère se ressemblent comme deux gouttes d'eau (se ressemblent).
2. Goutte, employé adverbialement pour donner plus de force à la négation, ne se dit que dans, ne voir goutte, n'entendre goutte: il fait bien obscur ici, je ne vois goutte, je n'y vois goutte; c'est un homme qui ne voit goutte dans ses affaires; je n'entends goutte (je ne comprends rien) à ce qu'il dit; cette affaire est fort embrouillée, je n'y entends goutte. (Acad.)—Ne dites, je n'y vois goutte, que lorsque le pronom y se rapporte à un objet dont on vient de parler, comme dans notre premier exemple où y se rapporte à chambre; c'est donc une faute de dire je n'y vois goutte, pour exprimer simplement que vous avez la vue mauvaise, sans vouloir faire entendre que vous ne voyez rien dans une chambre, dans un livre, ou tout autre objet déjà exprimé.
3. Ne dites pas: la marmite goutte, pour exprimer que l'eau s'en échappe par une fente; dites la marmite fuit.
4. Ne dites pas: avoir les gouttes, mais avoir la goutte; voyez fièvre.
5. Prononcez oû long dans goûter, goûte, dégoûter, dégoûtant, et ou bref dans goutter, goutte, dégoutter, dégouttant.
=Goutter=, dans le sens de tomber goutte à goutte, n'est pas français; dites dégoutter: il pleuvait il n'y a qu'un moment, les toits dégouttent encore (et non gouttent); quand il pleut sur le curé, il dégoutte sur le vicaire (et non il goutte).
2. Ne dites pas: il goutte, il commence à goutter, en parlant de la pluie: dites, il tombe des gouttes d'eau, il commence à pleuvoir.
=Gouttière=, ne signifie pas, eau de pluie, mais un canal par où l'eau s'écoule des toits; ne dites donc pas un seau de gouttière, mais un seau d'eau de pluie.
=Gouverne=, dans le sens de direction, est français: je vous dis cela pour votre gouverne.
=Gozette.=—Ne dites pas: ce boulanger fait de bonnes gozettes; dites, ce boulanger fait de bons chaussons. (Wall.) Voyez chausson.
=Grâce.=—Avoir bonne grâce, avoir mauvaise grâce, devant un infinitif, demandent la préposition à: il a bonne grâce, mauvaise grâce à faire (et non de faire) telle chose.
=Gracier=, v. act., remettre la peine à un criminel, est français; on l'emploie souvent au passif: il a été gracié. (Acad.)
=Gracieux, euse=, adj.—N'écrivez pas grâcieux mais gracieux et prononcez a bref;—il en est de même des mots disgracieux, gracier, graciable, gracieuseté, etc. Mais a est long dans: grâce, disgrâce, les trois Grâces, le Havre-de-Grâce, Grâce-Montegnée.
=Gradué=, s. m., celui qui a pris des degrés dans une des facultés de théologie, de droit, de médecine, des lettres. On dit: c'est un gradué; les gradués de l'université.—Prononcez gradu-é, gradu-el, gradu-er et non gradu-wé, gradu-wel, gradu-wer.
=Grain=, se dit du fruit et de la semence du froment, de l'épeautre, du seigle, de l'avoine, de l'orge, etc. Mais se serait une faute de l'employer pour désigner les froments, les seigles, l'épeautre en herbe et de dire: les grains sont beaux; scier les grains; du grain en gerbe; dites, les blés, les froments, etc., sont beaux; scier les blés, les froments, etc.; du blé en gerbe.—Blé est un terme générique qui se dit de toutes les plantes qui produisent le grain dont on fait le pain.
=Grammaire.=—L'Académie ne dit pas que les deux m se prononcent, et les personnes qui parlent bien n'en font entendre qu'une seule dans ce mot et dans grammairien (gra-mairien), grammatical (gra-matical) grammaticalement (gra-maticalement), grammatiste (gra-matiste).—Prononcez donc gra-maire et non gram'maire, ni gran-maire comme dans grand'mère, ce qui serait excessivement ridicule: une grand'mère qui fait des fautes de grammaire. Voyez mm.
=Grand.=—L'adjectif féminin grand' est toujours invariable.—On dit grand'chère (il n'a pas de pluriel).—Grand'chose, grand'croix; le pluriel est grands-croix (Acad. au mot croix).—Grand'garde; le pluriel est grand'gardes.—Grand'faim: il n'a pas de pluriel.—Grand'mère; le pluriel est grand'mères. —Grand'messe: on peut dire aussi grande messe; le pluriel est grand'messes.—Grand'oncle: prononcez grantoncle; le pluriel est grands-oncles.—Grand'peine (à), difficilement.—Grand'père: le pluriel est grands-pères.—Grand'peur.—Grand'pitié. —Grand'soif.—Grand'tante; le pluriel est grand'tantes. —Grand'route ne se trouve pas dans les dictionnaires.
2. Un grand homme est un homme d'un grand génie; un homme grand est un homme de grande taille.—Une grande dame est une dame de haute condition; une dame grande, une dame de haute stature. Mais on dit: un grand homme noir, une grande dame blonde. Un homme à l'air grand, dont la physionomie annonce de la noblesse d'âme; un homme du grand air, qui vit à la manière des grands seigneurs. (SOULICE et SARDOU.)
3. Grande armée: ne prononcez pas gran-tarmée, mais gran-d'armée, comme darme dans gendarme.—Mais au masculin devant une voyelle ou une h muette, ce d final a le son de t: grand (t) homme, grand (t) arbre.
4. Grand'chose, s. fém.—On dit: il n'a pas fait grand'chose de beau, de bon, c'est-à-dire, grand'chose de ce qui est beau, de ce qui est bon.—Ne dites pas grande chose.—Voyez chose.
=Grandeur=, s. f.—Il ne faut pas employer ce mot comme synonyme de gloire: la gloire (et non la grandeur) le perdra; faire une chose par nécessité et non par gloire.
=Grandir=, v. n., se conjugue avec avoir ou avec être, selon que le sens permet de poser l'une ou l'autre des deux questions: qu'a-t-il fait ou que lui est-il arrivé?—cet enfant a bien grandi en peu de temps; vous êtes bien grandi.—Voyez vieillir.
=Granit=, s. m., pierre dure: prononcez granite.
=Gras, asse=, adj.—Ne dites pas: il fait gras, mais il fait chaud, l'air est étouffant.
=Grasseyer=, v. n., parler gras: écrivez et prononcez =grasseyer=, grasseyement et non gracier, graciement.
=Gratis=, adv., sans frais: prononcez grâtice.
=Gratte=, n'est pas français; il faut dire égratignure, marque: se faire une égratignure.
=Gratter=, signifie frotter, râcler et ne doit pas s'employer pour égratigner: le chat l'a égratigné; s'il ne mord, il égratigne. Mais on dira: le chat gratte à la porte; gratter une muraille; se gratter l'oreille en signe d'embarras.
=Gratuit, Gratuitement=: prononcez gratuit, gratuitement (a bref) et non gratu-wit, gratu-witement.
=Grave=, adj., pesant, sérieux: prononcez grâ-ve (â long) et non grâ-fe.
2. Grave (il), du verbe graver: prononcez gra-ve (a bref).
=Greffe=, s., petite branche pour greffer, est féminin: une belle greffe de pommier.—Greffe, lieu d'un tribunal où sont déposées les minutes des jugements, des arrêts, etc., est masculin: les pièces sont au greffe.
2. Greffe, petit brin de bois, de baleine, etc., dont les enfants qui apprennent à lire, touchent les lettres qu'ils veulent épeler; ce mot est wallon;—en français on dit touche.
=Grelot, Grelotter=: prononcez, grelot, grelotter (e muet) et non grèlot, grèlotter.
=Grenade.=—Ne nommez pas ainsi les petites écrevisses de mer qu'on colporte aux estaminets; dites, chevrette et mieux crevette.
=Grenier=: écrivez et prononcez grenier (e muet) et non grènier ni gregnier.—Dites au grenier et non sur le grenier.
=Grenouille=, s. f.: prononcez grenouille (e muet et ll mouillées) et non grènouille.
=Grésil=, s. m., menue gelée: prononcez grésile.
=Grève= ou =Gravelle=, gros sable mêlé de fort petits cailloux, de fort petites pierres, sont des barbarismes qu'il faut rendre par gravier: il n'y a pas de terre franche en cet endroit-là, ce n'est que du gravier.—Grève, s. f., signifie proprement un lieu plat et uni, couvert de gravier, de sable, le long de la mer ou d'une grande rivière: les vagues se déploient sur la grève; la grève était couverte de débris.—La Grève se dit, à Paris, d'une place publique qui est située sur le bord de la Seine et où l'on faisait autrefois les exécutions.
=Gribouillette=, s. f., jeu d'enfants; on dit jeter une chose à la gribouillette, c'est-à-dire la jeter au milieu d'une troupe d'enfants qui cherchent à s'en saisir.
=Grière.=—Ne dites pas: du fromage de grière, mais du fromage de Gruyère (ville de Suisse).
=Grièveté=, s. f., énormité: prononcez grièv'té et non grièf'té.
=Griffer=, v. n.—Ne dites pas: le chat m'a griffé; dites, le chat m'a égratigné.—Griffer signifie, prendre avec la griffe: les oiseaux qui griffent sont le perroquet, etc.
=Griffon.=—Ne dites pas un griffon, pour indiquer une écriture mal formée qu'on lit difficilement; dites un griffonnage.
=Grignon=, est le côté jaune et doré de la croûte du pain; ne dites pas grignot ni grignotte.
=Gril, Grille.=—Les ll de ces mots sont mouillées, cependant gril, dans le langage familier, se prononce gri. (Acad.)—Le gril (masculin) est un ustensile de cuisine sur lequel on fait rôtir de la viande, du poisson, etc.: mettre du boudin sur le gril.—La grille est formée de plusieurs barreaux de bois ou de fer se traversant les uns les autres pour empêcher qu'on ne passe par une fenêtre, par une ouverture;—grille signifie aussi des barres de fer sur lesquelles on place le charbon dans un fourneau, dans un poêle au-dessus du cendrier.
=Grillon=, espèce de cigale à chant monotone; ne dites pas criquillon ni criquion, crition.
=Gringalet=, s. m., homme faible, débile, sans force; ce mot est français: ce n'est qu'un gringalet.
=Grippe=, s. f.—Prendre quelqu'un en grippe, ou se prendre de grippe contre quelqu'un, se prévenir défavorablement contre lui, sans pouvoir rendre raison de sa prévention.—Ces deux locutions sont françaises; la première était seule admise autrefois.
=Gripper=, attraper, saisir subitement; ce mot est français: ce chat a grippé un morceau de viande; il a grippé la souris à la sortie du trou; on lui a grippé sa bourse; on dit aussi griffer.
=Grogner=, v. n., gronder, gourmander, murmurer, réprimander; ce mot est français: il ne cesse de grogner après moi.
=Grognon=, adj., qui grogne actuellement ou qui a l'habitude de grogner; les vrais mots sont grogneur et grognard; mais le mot grognon est aujourd'hui fort usité et admis par l'Académie comme un adjectif des deux genres. Voyez groin.
=Groin=, museau du cochon, ne dites pas grognon.
=Gros.=—Donner gros, valoir gros, sont des expressions triviales et qu'il faut éviter d'employer; dites donc: cette charge doit lui valoir, lui rapporter beaucoup et non, cette charge doit lui valoir gros. Dites encore: je donnerais beaucoup pour avoir de l'instruction, et non, je donnerais gros...
=Grossier=, impoli, rustique: voyez rustique.
=Groom=, s. m., petit laquais; prononcez groûme.
=Grouiller, Grouillement=: le ventre lui grouille; grouillement des intestins: ne dites pas, grouler, groulement.
=Gruger=, dans le sens de tromper, n'est pas français.
=Gruyère= (fromage de).—Gruyère est une petite ville de Suisse d'où ce fromage a tiré son nom. Ne dites pas fromage de Gruère ni de Grière.
=Gu= et =Guë= sont sonores à la fin des mots, mais ces deux terminaisons ne comprennent que les cinq masculins aigu, ambigu, contigu, exigu, zagu, les six féminins aiguë, ambiguë, ciguë, contiguë, exiguë, besaiguë ou besaguë, et le verbe j'arguë. —L'Académie met le tréma sur l'e et non sur l'u.
2. Gu est également sonore, et fait diphthongue avec la voyelle suivante dans aiguille et ses dérivés, aiguillon et ses dérivés, aiguillade (mais non aiguillat, terme d'histoire naturelle), aiguiser, aiguisement, ambiguïté, contiguïté, exiguïté, arguez, nous arguons, vous arguez, etc.—Ajoutez consanguinité, sanguinification (mais non sanguin, sanguinaire, sanguinolent, sanguine qui ont l'u muet et où l'on ne fait entendre qu'un g dur), inextinguible, linguiste, linguistique, onguiculé, Guise (nom propre).—Il faut prendre garde cependant de prononcer dans ces mots gui comme goui; on évitera ce défaut en s'exerçant d'abord à appuyer fortement sur l'u et à le séparer en quelque sorte de la voyelle suivante; plus tard on rétablira la diphthongue.
3. Dans tous les autres mots, gu a la valeur d'un g dur et l'u ne se fait pas sentir: anguille, guérir, gui, guignon, guichet, guise, etc.
=Guenille, Guenipe.=—Une guenille est un haillon, un chiffon;—une guenipe ou guinche est une femme malpropre: cet homme ne porte que des guenilles; cette femme est une franche guenipe.—Prononcez guenille, (ll mouillées), guenipe (e muet) et non guènille, guè-nipe.
=Guère=, ou =Guères=, adv.—On n'écrit guères (s) que dans les vers, lorsqu'il est nécessaire à la rime ou à la mesure.
2. Guère est toujours accompagné de la négation; dites donc: il ne s'en est guère fallu, et non, il s'en est guère fallu.—Quoique l'on dise: il s'en faut de beaucoup, on ne peut pas dire pourtant: il ne s'en faut de guère: dites, il ne s'en faut guère.
=Guêtre=, s. f., sorte de chaussure qui couvre la jambe: prononcez guê-tre et non guette; dites se guêtrer, mettre des guêtres, et non se guetter.
=Guette.=—Ne dites pas: ce chien est de bonne guette, mais de bon guet.
=Gueule=, s. f., la bouche de certains quadrupèdes carnassiers et de plusieurs poissons. On dit la gueule d'un chien, d'un loup, d'un lion, d'un crocodile, d'un requin, etc.—La gueule est une grande bouche d'animal carnassier, armée de fortes dents: voyez bouche.—Prononcez gueule et non gueuille.
=Gueuler, Gueulard=, termes bas; dites criailler, criailleur.
=Gueusard=, coquin, est populaire. (Acad.)
=Gueux=, adj., nécessiteux, indigent, mendiant; il signifie quelquefois aussi coquin, fripon: ne vous fiez pas à cet homme-là, c'est un gueux.
=Gui=, s. m., plante parasite qui naît sur les branches de certains arbres, du poirier, du pommier, de l'aubépine, du chêne, du peuplier, etc.: le gui donne de la glu.—Prononcez ghi (g dur) et non gu-i: voyez gu.
=Guide=, celui qui guide, qui conduit, est masculin;—guide, rêne, est féminin: la guide du côté droit.—Prononcez ghi-de et non gu-ide ni ghi-te; mais dans le Guide, nom de peintre, gui fait dipthongue.
=Guignonnant=, adj.: perdre cinq parties de suite, c'est guignonnant (c'est du guignon, du malheur, c'est contrariant). Ce mot figure dans les dictionnaires et est d'un fréquent usage au jeu.—Ne dites pas: guignon guignolant, mais guignon guignonnant.
=Guinée=, s. f., monnaie d'Angleterre, pièce de 25 francs: prononcez ghinée et non gu-inée.
=Gutta-percha=, gomme résineuse: prononcez gutta-perka; ce mot est féminin: de la gutta-percha. (POITEVIN).
=Guttural=, adj., qui appartient au gosier: on prononce les deux t.
H
=H.=—L'h est muette ou aspirée. Elle est muette, quand elle ne se prononce pas, comme dans l'homme, l'histoire, adhérer, inhumer, qu'on prononce comme s'il y avait l'omme, l'istoire, adérer, inumer. Elle est aspirée, quand elle se prononce un peu du gosier, comme dans le héros, la haine, les hiboux.—Cependant on peut aussi ne pas faire sentir l'h aspirée et dire: le éros, la aine, les iboux. Cette prononciation est préférable, mais il faut éviter dans ce cas de faire l'élision de la voyelle ou la liaison de la consonne qui la précède avec la voyelle qui la suit: ainsi vous ne direz pas l'éros, l'aine, lè-ziboux, mais le éros, la aine, lè iboux.—L'usage seul peut servir de guide pour distinguer ces deux sortes d'h; dans le doute, il faut avoir soin de recourir au dictionnaire; cette recommandation est d'autant plus importante, surtout pour les étrangers, que l'erreur ici prêterait souverainement au ridicule.—Dans notre Dictionnaire, l'astérisque * indique que l'h est aspirée.
=Habile=, adj.—Il régit la préposition à devant un infinitif et les prépositions en ou dans devant un nom: habile à manier le pinceau; habile dans les affaires, habile en affaires.
2. Habile, signifie capable, intelligent, adroit, savant: un ouvrier habile, un avocat habile, un habile général; on le dit quelquefois en mauvaise part: il est habile à tromper; c'est un habile fripon.—Habile signifie aussi, en terme de jurisprudence, qui est capable ou qui a droit de faire une chose: être habile à succéder.
3. Habile se dit aussi populairement pour diligent, expéditif: ce copiste est habile, il aura bientôt écrit ce mémoire. (Acad.)
4. Mais habile (ou habïe, abïe) ne peut jamais s'employer adverbialement dans le sens de vite: accourez habile; allez habile; habile! habile! dites, accourez vite; allez vite; vite! vite! (Wall.) Prononcez abile et non abille (ll mouillées).
=Habileté= et =Habilité.=—Il ne faut pas confondre ces deux mots; l'habileté est la qualité de ce qui est habile, le talent, le savoir, la capacité, l'intelligence.—Habilité n'est guère en usage que comme terme de jurisprudence et dans cette locution, habilité à succéder (aptitude à). (Acad.)
=Habiller= de neuf: voyez neuf.
=Habit.=—Ce mot indique plus spécialement un vêtement d'homme; en parlant d'une femme, employez le mot vêtement, robe, jupe, etc.: maman a mis sa plus belle robe, et non, son plus bel habit.
2. Un nouvel habit, est un habit différent de celui que l'on vient de quitter; un habit nouveau est un habit de nouvelle mode.
*=Hache.=—L'h est aspirée ainsi que dans tous les mots dérivés, hacher, hachette, hachis, etc.—Prononcez ha-che et non hage.
*=Haie=, s. f., clôture d'épines, de ronces, etc.; prononcez haî (aî long) et non hai-ïe.
*=Haïe=, interj., cri pour animer les chevaux: prononcez ha-î (deux syll.)
*=Haine=, haïr, haïssable, haineux.—Dites, je hais, tu hais, il hait, hais (impératif) et non, je haïs, tu haïs, il haït, haïs.—Partout ailleurs écrivez et prononcez ha-ïr, ha-ï, ha-ïssais, etc.
*=Haire= et =Hère=.—Haire, s. féminin, est une espèce de petite chemise rude que l'on met sur la peau par esprit de mortification: revêtir la haire et le cilice.
2. Hère, s. masculin, se dit par dérision d'un homme sans considération, sans fortune, sans mérite; on ne l'emploie guère que dans la locution: pauvre hère; c'est un pauvre hère. (Acad.)
=Hakcelle=, n'est pas français; dites paille hachée (à l'aide du hache-paille).
=Haleine, Alène.=—L'haleine est le souffle de la respiration; l'alène est un instrument de cordonnier.
*=Haleter=, être hors d'haleine.
*=Halo=, s. m., cercle lumineux autour des astres.
*=Halte=, s. f. et interj.—Prononcez halte et non hale.
*=Hamac=, s. m., lit suspendu dans les navires: prononcez hamaque.
=Hameçon=, s. masculin, crochet pour prendre les poissons; l'h est muette: prendre du poisson à l'hameçon.
*=Han=, s. m., terme populaire pour exprimer le bruit sourd que fait un homme qui frappe un coup avec effort.
*=Hanche=, s. f., partie du corps où tient la cuisse; prononcez han-che et non han-ge.
*=Hanneton=, s. m.:—l'h est aspirée: les enfants font la guerre aux hannetons.
*=Happelopin=, est un mot français qui signifie valet fripon et gourmand.
*=Happer=, se dit proprement d'un chien, lorsqu'il prend avidement avec la gueule ce qu'on lui jette: on lui jeta un morceau et il le happa.—Il signifie figurément et familièrement, attraper, saisir, surprendre à l'improviste: il s'est laissé happer par les huissiers; les gendarmes l'ont happé.—Mais il ne signifie jamais voler comme en wallon.
*=Haquet=, s. m., espèce de charrette longue et étroite, sans ridelles, qui sert surtout à voiturer des tonneaux: un haquet de brasseur;—haquetier est le conducteur du haquet.
*=Hardes=, s. f. pl., tout ce qui est nécessaire pour l'habillement; il n'a pas de singulier.
*=Hardi=, hardiesse, hardiment, etc.: l'h est aspirée.
*=Hareng=, (le g ne se prononce pas), harengaison, harengère, harangade, haranguière; l'h est aspirée dans tous ces mots.
*=Haricot= (le t ne se prononce pas): ne dites pas des zaricots, mais des haricots (h aspirée).
*=Haridelle=, s. f., un mauvais cheval maigre: une vieille haridelle.
=Harlequin=, n'est pas français; écrivez arlequin: un habit d'arlequin.
=Harmonier, Harmoniser=, v. a. ou pr., mettre en harmonie: le dernier verbe, quoique mal fait, est le plus en usage.
*=Harnais.=—L'h est aspirée ainsi que dans tous les dérivés: harnacher, harnachement, etc.—On dit aussi harnois pour harnais, mais seulement en poésie et dans le style soutenu.
*=Harpe=, harpiste, harpeur, harpie, harpon.
*=Hart=, s. f., espèce de lien d'osier ou de bois très-souple pour lier les fagots; corde qui servait à étrangler les criminels condamnés à la peine de mort: mériter la hart, la hart au cou.—Prononcez hare.
*=Hasard=, hasarder, hasardeux, hasardeusement: l'h est aspirée dans ces mots; ne dites donc pas: je joue à l'hasard; j'hasarde cette somme, etc.; mais, je joue au hasard, je hasarde,...
2. Hasard, ne s'emploie au pluriel que dans le sens de péril, risques: les hasards de la guerre.
3. Hasarder, devant un infinitif, demande la préposition de;—se hasarder veut à: hasarder de faire une chose; je me hasarderai à faire cette démarche.
*=Hâte=, hâter, hâtif, etc.: prononcez l'â long.
2. Ne dites pas: à toute hâte (toute âte) mais à toute hâte (h aspirée).
*=Hâter= (=se=) régit la prépos. de: se hâter de répondre.
*=Haut.=—Ne dites pas, monter en haut, descendre en bas, mais simplement, monter et descendre, à moins qu'on ne veuille dire tout en haut, tout en bas, par opposition à ce qui est moins haut, moins bas: montez en haut (de l'échelle) c'est-à-dire, allez jusqu'au dernier échelon et ne vous arrêtez pas à mi-chemin.
2. Ne dites pas non plus monter en haut pour, monter à l'étage; dites, monter au premier, au second.
3. Ne dites pas: les élèves appliqués pourront passer dans une classe plus haute; dites, dans une classe supérieure et mieux, pourront monter d'une classe: cette dernière locution est généralement employée en France dans ce cas.—Voyez descendre.
4. Haut ton et ton haut, ne sont pas synonymes: prendre le haut ton, signifie prendre le ton, les manières de la haute société; prendre un ton haut, veut dire prendre un ton fier, arrogant, menaçant.
*=Hautain=, adj., fier, orgueilleux, fait au féminin hautaine et non hautine; prononcez hautène (au fém.) et non hautin-ne.
*=Hautement=, adv.—Ce mot, dit l'Académie, n'est guère d'usage au propre; au figuré, il signifie hardiment, librement.—Il ne faut pas le confondre avec l'adverbe haut: on dit hautement sa pensée, c'est-à-dire, hardiment, résolument; on dit, il parle haut, c'est-à-dire, d'une voix haute.
*=Havet=, s. m., croc, crochet en fer, est français.
*=Havir=, v. a., se dit de la viande qui se dessèche au feu sans cuire en dedans; ce mot est peu usité, dit l'Académie.
*=Havre-sac=, s. m., sac de soldat, d'ouvrier; ne dites pas havère-sac ni havur-sac ni hafe-sac.
=Hébreu.=—L'h est muette: ce que vous me dites est de l'hébreu pour moi (je n'y vois goutte), et non, du hébreu.
=Hectare, Hectolitre=, sont masculins; l'h est muette ainsi que dans tous les mots qui appartiennent au système légal des poids et mesures.
*=Hein.=—Interjection familière dont on accompagne quelquefois une interrogation ou une phrase qui exprime l'étonnement: voulez-vous, hein?—Hein, que dites-vous là?—Prononcez hin.
=Hélas=, interj. (et non hélàs): prononcez élâce (â long) et non éla ni élâ.
=Héliotrope=, genre de plantes; ce substantif est masculin: de beaux héliotropes.
*=Hem=, interjection dont on se sert pour appeler: hem, hem, venez çà.
=Hémi=, mot qui commence plusieurs termes de sciences, d'arts et qui signifie demi; il est invariable et l'h est muette.
=Hémisphère=, s., la moitié d'une sphère, est masculin: l'un et l'autre hémisphère.
=Hémorragie=, s. f.—Puisque ce mot signifie par lui-même perte de sang, vous ne pouvez pas plus dire une hémorragie de sang que du feu chaud, de l'eau humide; dites simplement une hémorragie.
*=Hennir=, hennissement (cri du cheval): prononcez hanir, hanissement.
*=Henri=, n. pr.—Dans la conversation seulement l'h devient muette.—L'h est également aspirée dans Henriette.
=Héritance=, n'est pas français; dites héritage, succession; ce mot s'est dit autrefois pour hérédité.
*=Hernie=, herniaire, hernieux.
*=Héron=, héros, herse, herser, héraut, hérisson.—L'h d'héroïsme, héroïque, héroïne est muette.
=Hésiter=, devant un infinitif, demande la préposition à: il n'hésita pas à (et non de) répondre: l'h est muette.
*=Hêtre=, s. m., arbre; prononcez hè-tre, et non hè-te, ni hè-tère.
=Heure, Lieue.=—Heure est une mesure de temps et lieue une mesure de chemin; dites donc: il y a six lieues de Liége à Huy, et non il y a six heures; mais vous pourrez dire: nous avons fait six lieues (de chemin) en cinq heures (de temps).—Nous n'oserions cependant pas condamner absolument, surtout dans la conversation et dans le style épistolaire qui n'est qu'une conversation écrite, l'emploi du mot heure pour lieue, quoiqu'il soit préférable, au demeurant, de conserver à chaque mot sa véritable signification.
2. Si vous ignorez quelle heure il est, dites, quelle heure est-il?—Si vous entendez l'heure sonner et que vous vouliez savoir l'heure qui sonne, dites: quelle heure est-ce?
3. Ne dites pas: il est arrivé à ces heures-ci, vers ces heures-ci; dites, à cette heure-ci, vers cette heure-ci.
4. Ne dites pas non plus: j'irai vous voir vers les une heure, mais, vers une heure.
5. Ne dites pas: dix heures est sonné, mais, dix heures sont sonnées.
6. Ne dites pas: une heure de temps; dites, simplement une heure.
7. Ne dites pas: le quart avant quatre ou pour quatre, mais, quatre heures moins un quart.
8. Ne dites pas: ce malade doit prendre des pilules tout les demi-heures, tout les deux heures; il part un courrier tout les vingt-quatre heures; dites, toutes les demi-heures, toutes les deux heures, toutes les vingt-quatre heures.—On dira de même: je vais voir mes parents toutes les trois semaines, et non tout les trois semaines, etc. Tout ici est adjectif et non adverbe et doit par conséquent prendre le genre et le nombre du nom auquel il se rapporte.
9. Ne dites pas: je suis à bonne heure, mais de bonne heure;—trop de bonne heure, mais de trop bonne heure;—de plus bonne heure, mais de meilleure heure.
10. Quatre heures, ne peut pas se dire pour désigner le léger repas entre le dîner et le souper; dites goûter: je m'en vais goûter; j'ai fait un bon goûter.
*=Heurler=, n'est pas français; dites hurler.
*=Heurter=, v. a., toucher, choquer rudement; ne dites pas avec maintes personnes hurter.
*=Heurtoir=, s. m., marteau pour frapper à une porte.
=Hiatus.=—L'Académie écrit l'hiatus (h muette); prononcez hiatuce.
*=Hibou=, s. m., oiseau nocturne.
*=Hie=, s. f., instrument dont on se sert pour enfoncer les pavés; on l'appelle communément demoiselle.—C'est aussi un instrument qui sert à enfoncer des pieux en terre et que l'on nomme vulgairement mouton. (Acad.)
=Hier=, adv.—Prononcez avan-t-hier, dès (z) hier, et non avan-hier ni avan-z-hier, ni dè-hier; cependant, dans la conversation, on peut dire avan'hier.
=Historien, Historiographe=, s. m.—Historien, celui qui écrit l'histoire;—historiographe, celui qui est nommé par un brevet du prince pour écrire l'histoire du temps: Racine était historiographe de Louis XIV sans être historien.
*=Hoche=, s. f.: voyez taille.
*=Hochequeue=, s., sorte de petit oiseau, ainsi appelé parce qu'il remue continuellement la queue; ce mot est masculin: un jeune hochequeue.—Hochecul n'est pas français.
*=Hocher=, secouer, branler: hocher la tête; hocher un arbre pour en faire tomber les fruits.
*=Hochet= (de houille) n'est pas français; dites briquette (et non boulette).
*=Hollande=, Hollandais, Hongrie, Hongrois.—L'h est aspirée dans tous ces mots. Ne dites donc pas: en n'Hollande, les z'hollandais, mais en Hollande, les hollandais.
2. On disait autrefois de l'eau de la reine d'Hongrie; quelques personnes disent encore de la toile d'Hollande, du fromage d'Hollande: cet usage, dit Ch. Nodier, est celui des blanchisseuses et de l'office; il ne doit pas faire loi au salon.—Aujourd'hui on dit de l'eau de la reine de Hongrie, de la toile, du fromage de Hollande.—Prononcez Holan-de et non Hol-lande ni Holan-te.
*=Hom=, interj., exclamation qui exprime le doute, la défiance: hom! il est encore bien jeune; prononcez home.
*=Homard=, s. m., grosse écrevisse de mer: un homard, des homards et non un n'homard, des z'homards.—Prononcez homare.
*=Honnête=, adj.—Un homme honnête est un homme poli; un honnête homme est un homme de probité.
=Honneur=, s., est masculin.
2. Ne dites pas: on a érigé à Liége une statue à l'honneur de Grétry, mais, en l'honneur ou en honneur de Grétry.
3. Ne dites pas: cet élève fera de l'honneur à son professeur; mais, ... fera honneur à son professeur.
4. Ne dites pas: vous en avez de l'honneur; mais, cela vous fait honneur.
=Honoraires=, s. m. pl.: voyez gage.
=Honoré, ée=, adj.—Ne dites pas: en réponse à votre honorée du 24 juillet; dites, en réponse à votre lettre...
*=Honte, Honteux.=—L'h est aspirée: ainsi ne dites pas, cela est t'honteux, mais cela est honteux (en aspirant l'h).
2. Ne dites pas: j'étais honteux pour me présenter ainsi; dites, ... de me présenter ainsi.
=Hôpital=, s. m.: prononcez hopital (o bref). Voyez o.
*=Hoquet=, mouvement convulsif de l'estomac; prononcez hoquè, et non hoquette ni hiquette, qui ne sont pas français.
=Horloge=, est féminin: une horloge bien réglée et non un horloge bien réglé.
2. Ne dites pas: je l'ai attendu deux heures d'horloge; dites, deux heures durant, ou deux heures tout entières.
=Horr=, initial, fait toujours entendre les deux rr: horreur, horrible, horriblement, horripilation.
*=Hors=, prép.—Ne dites pas: j'ai lu hors d'un livre une anecdote fort amusante; dites, j'ai lu dans un livre... (Fland.)
2. Ne dites pas: on a cherché les plus beaux dehors; dites, on en a pris, on en a choisi les plus beaux.
3. Ne dites pas: il passe son temps à regarder hors de la fenêtre; dites, à regarder par la fenêtre.
4. Ne dites pas: je suis sorti hors de chez moi vers quatre heures; mais, je suis sorti de chez moi...
5. Ne dites pas: Monsieur est-il ici? non, il est hors ville; dites, il est absent, en voyage, à la campagne, il est sorti de la ville.
6. Ne dites pas: on lui a pris son argent hors de sa poche; dites, ... de sa poche.
7. Ne dites pas: je vais tirer mon mouchoir hors de ma poche; dites, de ma poche, comme on dit, tirer de l'argent de son coffre, de sa bourse, de sa poche; tirer l'épée du fourreau.
8. N'employez pas hors qui est préposition pour dehors qui est adverbe;—hors doit toujours être suivi d'un complément: hors d'ici, hors de la maison, hors du pays. Lors donc que hors n'a pas de complément et qu'il devrait être placé isolément, il faut le remplacer par l'adverbe dehors qui correspond à dedans; dites donc: votre père est-il à la maison? non, il est dehors, et non, il est hors.—Dehors, de son côté, étant adverbe, ne peut pas avoir de complément; ne dites donc pas: mon jardin est dehors de la ville ou dehors ville, mais hors de la ville.—Il en est de même de dans et dedans; avant et auparavant; sur et dessus; sous et dessous, etc.
=Hortensia=, s., arbrisseau du Japon, est masculin: un bel hortensia.
=Hostie=, s. f., ne doit pas s'employer dans le sens de pain à cacheter; il ne se dit que du pain que le prêtre consacre à la messe.
=Hôte=, hôtesse, s., qui tient un cabaret, une auberge; celui qui vient manger; celui qui héberge, qui donne l'hospitalité ou qui est hébergé: prononcez ôte (ô long).
=Hôtel=, hôtellerie, hôtelier: prononcez otel, otell'rie, otelier (o bref): on dit un hôtel et non une hôtel.—Voyez o et maison.
*=Houe=, s. f., instrument de fer, large et recourbé, qui a un manche de bois, et avec lequel on remue la terre en la tirant vers soi: vigne labourée à la houe.—Prononcez hoû (oû long) et non hou-we.
*=Houer=, v. a., labourer une terre avec la houe: il faut houer cette terre.—Il est aussi neutre: ce vigneron ne fait que houer toute la journée.—Prononcez hou-er et non hou-wer.
*=Houille=, s. f.—Ne dites pas: le marchand d'houille, mais, le marchand de houille (h aspirée).
*=Houp=, interjection pour appeler: prononcez houpe.
*=Houppe, Huppe.=—Une houppe est un assemblage de laine, de fil qui se nomme autrement gland; (voyez floche); une huppe est une touffe de plumes que certains oiseaux portent sur la tête: mettre des houppes à des chevaux de carosse; la houppe d'une ceinture, d'un bonnet;—la huppe (et non la houppe) d'une alouette.—On dit aussi huppé dans ce sens: poule huppée.
*=Houssard, Husard, Hussard.=—L'h est aspirée dans les trois mots: voyez hussard.
*=Hoyau=, s. m., sorte de houe à deux fourchons, qui sert à fouir la terre.
=Hubert=, n. pr.—D'après nous, l'h devrait être aspirée, puisqu'elle l'est en wallon; cependant beaucoup de personnes la font muette.
*=Huche=, s. f., grand coffre de bois dont on se sert principalement pour pétrir le pain et pour l'y serrer.
*=Hue=, huhau, hurhau, (h aspirée), cri des charretiers pour faire avancer les chevaux et pour les faire tourner à droite. Voyez dia.
*=Huée=, s. f., cri pour effrayer, se moquer.
*=Huer=, faire des huées: prononcez hu-é, hu-er et non hu-éïe, huwé, huwer.
=Huile à brûler=: on dit plus généralement huile de lampe, huile à quinquet.
=Huiles= (saintes).—Les huiles dont on se sert pour l'extrême-onction et l'extrême-onction elle-même; dans ces acceptions, huile ne se dit qu'au pluriel: ce malade a reçu les saintes huiles, (et non la sainte huile).
=Huissier=, s. m., officier de justice: l'h est muette; dites donc l'huissier, les (z') huissiers et non le huissier, les huissiers.—Beaucoup de personnes, même parmi celles qui ont reçu un certain degré d'instruction, aspirent imperturbablement l'h de ce mot et s'exposent ainsi au ridicule.
=Huit.=—On dit le huit, le huitième; nous étions huit (sans lier l's avec huit):—huit, quoique écrit avec une h muette, n'admet pas plus d'élision ni de liaison que si l'h était aspirée.
2. Ne dites pas: aujourd'hui, hier, demain en huit, en quinze; mais, d'aujourd'hui, de demain en huit, en quinze. (Acad.)
3. Ne dites pas: cela est arrivé aujourd'hui, hier en huit, en quinze, en trois semaines; dites, il y a aujourd'hui, il y a eu hier huit jours, quinze jours, trois semaines que cela est arrivé. (Fland.)
4. Prononcez huite et non houite; le t ne se prononce pas devant une consonne: huit personnes (hui personnes.)
*=Hulan=, s. m.: voyez uhlan.
*=Hulotte= ou =Huette=, s. f., espèce de hibou.
=Humeur.=—Être d'humeur à..., marque l'inclination naturelle ou habituelle: il n'est pas d'humeur à souffrir une insulte;—être en humeur de... dénote une disposition actuelle qui n'est pas une habitude: je suis en humeur de faire ce qu'on voudra.
=Humidité.=—Ne dites pas: les humidités sont plus nuisibles que les gelées; dites, l'humidité est plus nuisible...
*=Huppe=, s. f., oiseau: voyez houppe.
=Hurluberlu=, s. m., terme familier qui signifie inconsidéré, brusque, étourdi: c'est un hurluberlu; agir en hurluberlu.—Ne dites pas hurluburlu ni hurtuberlu.
*=Hurter=, v. a. rencontrer durement, choquer, blesser: écrivez et prononcez heurter.
*=Huy=, ville: prononcez Huy et non Houy.
=Hydromel=, boisson faite d'eau et de miel; ce mot est masculin: l'hydromel est adoucissant.
=Hyène=, s. f., loup d'Asie; l'h est muette: l'hyène et non la hyène.
=Hyménée=, mariage, est masculin ainsi qu'hymen: ne dites pas hymenée.
=Hymne=, est du masculin: un hymne guerrier; Seigneur, quels hymnes sont dignes de vous?—Il s'emploie ordinairement au féminin, en parlant des hymnes qu'on chante à l'église: entonner une hymne; chanter une belle hymne.
=Hypocondre=, s. m., homme bizarre, mélancolique: prononcez hypocon-dre et non hypocon-de ni hypo-conte ni hypocondère.