‹ Dictionnaire du bon langage, Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc.Chapitre 4 sur 6 · L

L

=L.=—Il y a deux sortes d'l: l'l simple et l'l mouillée.—L'l simple est celle qui ne fait entendre qu'une seule articulation, qu'elle soit simple en effet comme dans bal, bel, fil, col, nul, etc., ou double comme dans balle, bulle, ville, molle, collége, etc.—L'l mouillée, dont la prononciation est particulière à la langue française, est presque toujours indiquée par la présence d'un i devant cette consonne; elle se prononce alors, non d'après sa valeur ordinaire, mais avec une sorte de mollesse, en faisant entendre un i après elle, indépendamment de celui qui la précède réellement; ainsi billard, piller, tilleul, bouillon, mouiller, ailleurs, bouteille, cueille, meilleur, etc., se prononcent comme s'il y avait biliard, pilier, tilieul, boulion, moulier, alieurs, bouteillie, cueillie, melieur.—Plusieurs grammairiens prétendent qu'il faut prononcer à la manière des wallons et du peuple de Paris: biïard, piïer, tiïeul, bouiïon, aiïeurs, bouteiïe, cueiïe, meiïeur, mouiïer, etc., en supprimant entièrement l'l et en la remplaçant par deux i ou par un y.—Nous pensons que la première prononciation est plus généralement reçue dans notre pays. Au reste, cette question étant très-controversée, chacun peut adopter telle prononciation qu'il lui semblera bon.—Nous ajouterons pourtant que bon nombre de grammairiens recommandent la première prononciation dans le discours soutenu et la seconde dans la conversation ordinaire.

2. L finale est mouillée dans les mots suivants: avril, babil, cil, fenil, grésil, gril, mil ou millet et péril. (Acad.)—Elle ne se prononce pas dans: baril, chenil, fournil, fusil, outil, persil, sourcil, coutil, courtil, gentil (voyez ce mot), gril (dans le langage familier), nombril, soûl, cul-de-jatte, cul-de-lampe, cul-de-sac. (Acad.)—Lle finales se mouillent dans les mots suivants: aiguille, anguille, bille, cocomille, cédille, charmille, cheville, coquille, esquille, étrille, famille, faucille, fille, goupille, grille, guenille, lentille, pacotille, pastille, quille, roquille, vétille, vrille, etc.

=La.=—Le pronom le est invariable et s'emploie toujours au masculin quand il tient la place d'un adjectif: Madame, êtes-vous malade? je le suis (et non je la suis); Mesdames, êtes-vous contentes de ce discours? nous le sommes (et non nous les sommes).—Mais si l'adjectif est précédé d'un article, le, la, les s'accordent avec lui en genre et en nombre, parce qu'alors l'adjectif devient substantif: Madame, êtes-vous la malade dont on m'a parlé? je la suis (et non je le suis); Mesdames, êtes-vous les parentes de Monsieur? nous les sommes (et non nous le sommes).—De même, en s'adressant à des hommes, vous direz: êtes-vous soldats, médecins, avocats, Messieurs?—nous le sommes: (ces subst. sont pris ici adjectivement).—Mais vous direz: êtes-vous les soldats de Sébastopol, Messieurs?—Nous les sommes: (le subst. ici est un véritable substantif).

2. =Là= (avec un accent grave pour le distinguer de l'article la) et =Ci=, adv. dém., se mettent souvent à la suite des pronoms démonstratifs, et dans ce cas, on doit mettre un trait d'union entre là et ci et les mots qui les précèdent: celui-ci, celui-là, ce temps-là, cet homme-là.

3. Il s'emploie quelquefois par une sorte de redondance, et pour donner plus de force à la phrase, et dans ce cas, il ne faut pas de trait d'union: c'est là du courage; c'est là ce que vous auriez dû faire.

4. Ne dites pas: c'est là où je l'ai vu; dites, c'est là que je l'ai vu.

5. Ne dites pas: vous êtes venu chez moi, je n'étais pas là; dites, je n'y étais pas, je n'étais pas à la maison, j'étais absent.

6. De là, sans trait d'union, signifie de ce lieu-là, de ce point-là, de ce sujet-là, de cette chose-là; de là à la ville il y a cinq cents pas; tirez-vous de là; de là sont venues les guerres civiles.

7. Delà, prép., s'écrit en un seul mot, c'est-à-dire, sans trait d'union entre de et là: delà la rivière, delà les monts; il est de delà les monts, par delà le cap de Bonne-Espérance.—Dans ces derniers cas, toutefois, on dit de préférence au delà des monts, au delà du cap de Bonne-Espérance.

8. Deçà et delà, de côté et d'autre: j'ai perdu ma bourse, je l'ai cherchée deçà et delà; il était à cheval, jambe deçà, jambe delà, c'est-à-dire à califourchon.

9. En delà, signifie plus loin.

10. Par-ci, par-là, jusque-là, s'écrivent avec un trait d'union.

11. =La, la=, sans accent grave, locution familière, espèce d'interjection: la, la, ne pleurez plus; la, la, en voilà assez.—La, la (sans accent grave); adv.: a-t-il bien travaillé? la, la,—c'est-à-dire, médiocrement.

12. =La=, s. m., note de musique: prononcez lâ (a long).

=Le, La=, art.—1º L'article la ne se met que devant les noms des femmes célèbres par leurs crimes.—2º Ce tour que les français emploient rarement parce qu'il n'est pas honnête, est plus ordinaire dans la langue italienne: Le Tasse, la Pansarosa, la Ristori.

2. Ne dites pas: il a pris son enfant sur le bras et l'a emporté; dites, sur son bras.

3. Ne dites pas: l'un jour il travaille et l'autre il ne fait rien; dites, un jour il travaille...

4. Ne dites pas: l'un ou l'autre de mes parents vient me chercher; dites, un de mes parents, quelqu'un de mes parents vient...

5. Ne dites pas: parler le français, l'allemand; dites, parler français, allemand.

6. Ne dites pas: tout alla comme je désirais; dites, comme je le désirais.

7. Écrivez et prononcez: je l'ai vu, vous l'avez reçu, etc., et non je l'lai vu, vous l'l'avez reçu.

8. Ledit, ladite, etc.: voyez dit.

=Labarum=, s. m., étendard de Constantin; prononcez labarome.

=Labour=, s. m.—ne dites pas, des chevaux de labourage, mais, des chevaux de labour.

=Laboureur=, s. m., celui qui par état laboure la terre; ce mot n'a pas de correspondant féminin.

=Lac=, s. m., ne se dit que d'une grande étendue d'eau, et ne peut pas s'employer comme synonyme de mare, de flaque: dans ce village on abreuve les bestiaux à une mare; il y a des flaques d'eau dans ce chemin.—Il est à remarquer qu'une flaque est moins grande qu'une mare; c'est plutôt ce qu'on désigne, en wallon, sous le nom de potai.—Prononcez lake au sing. et au pluriel.

=Lacer=, serrer avec un lacet;—délacer, enlacer, laceure, lacet: tous ces mots s'écrivent avec un c.

=Lâche=, lâcher, lâcheté, lâchement: prononcez l'â long.

=Lâcher=, v. a.—D'après l'Académie, il faut dire: lâcher de l'eau (uriner) et non lâcher l'eau comme on le dit vulgairement.

=Lacs=, s. m., cordon délié, nœud coulant pour prendre divers oiseaux ou le gibier; au figuré, piége, embarras;—l'orthographe de ce mot est la même au singulier qu'au pluriel:—prononcez lâ.

=Lacune=, s. f., vide, interruption; ne le confondez pas avec lagune, petit lac, flaque d'eau.

=Ladre=, subst., avare, au féminin ladresse. (Acad.)

=Lady=, s. f., titre que l'on donne en Angleterre aux femmes et aux filles de personnes titrées; au pluriel ladys. Prononcez lédi. (Acad.)

=Lai, Laie=, adj., laïque: frère lai, moine lai, c'est-à-dire, qui n'est point destiné à la prêtrise; on se sert aussi de ce mot comme substantif. Prononcez lè, son bref, comme dans laid (désagréable.)

=Laïc=: voyez laïque.

=Laideron=, s. f., jeune fille ou jeune femme laide; l'Académie n'admet point la forme laideronne: c'est une petite laideron et non laideronne.

=Laineux, Lanugineux.=—Laineux se dit des moutons et des étoffes qui ont beaucoup de laine; il se dit aussi des plantes ou parties de plantes qui sont couvertes de poils imitant la laine;—lanugineux ne se dit que des parties des plantes, feuilles, fruits, tiges, etc., qui sont couvertes d'une espèce de duvet semblable à la laine ou au coton.

2. Quoique la laine ne paraisse guère mangeable, on trouve cependant dans l'Académie le dicton: se laisser manger la laine sur le dos; ce qui signifie, souffrir tout, ne pas savoir se défendre.—Prononcez laine (lène), laineux (lèneux) et non lain-ne, lain-neux.

=Laïque=, adj. des deux genres; quelques-uns écrivent laïc au masculin (Acad.);—il est aussi substantif masculin;—il se dit d'une personne qui n'appartient pas au clergé.

=Laisse= (je, tu, il), du verbe laisser, a l'ai long;—il est bref dans laisse, s. f., corde pour mener les chiens.

2. Ne dites pas mener les chiens à la laisse, mais, en laisse.

=Laisser=, pour faire, est un flandricisme; ne dites pas: je me suis laissé faire un habit; j'ai laissé relier mon manuel; je me suis laissé saigner, etc.; dites, je me suis fait faire un habit; j'ai fait relier mon manuel; je me suis fait saigner.

2. Ne dites pas: laisser la porte sur la serrure; dites, laisser la porte à demi-fermée ou entrou'verte.

3. Ne dites pas: laissez-nous aller pour allons, partons. (Fland.)

4. Ne dites pas: je me suis laissé à dire; dites, j'ai cédé ou je me suis rendu, j'ai accédé, acquiescé à ses instances, à ses sollicitations, à sa demande. (Wall.)

5. Ne dites pas: je me suis laissé dire: il ne s'agit pas ici d'une permission à donner; dites simplement, on m'a dit.

6. On dit indifféremment, ne pas laisser de ou ne pas laisser que de: il ne faut pas laisser d'aller toujours votre chemin; il est pauvre, mais il ne laisse pas que d'être honnête homme; la seconde expression est pourtant moins usitée que la première.

=Lait=, s. m.—Prononcez lè (è bref).—Ne dites pas: une carpe à lait, mais, une carpe à laite ou à laitance (substance blanche et molle ressemblant à du lait caillé).

2. Ne dites pas: il est blanc comme un lait; dites, il est blanc comme lait ou comme du lait. Voyez jais, geai et jaune.

3. Lait de beurre ou babeurre (et non lait battu), espèce de petit lait qui reste dans la baratte après qu'on a fait le beurre.

4. Petit-lait ou lait clair, sérosité ou liquide qui se sépare du lait lorsqu'il se caille: prenez un verre de petit-lait pour vous rafraîchir.

5. Lait coupé, lait dans lequel on a mis une portion d'un autre liquide: lait coupé avec du bouillon.

6. Lait de poule, jaune d'œuf délayé dans de l'eau chaude avec du sucre.

=Laitière=, s. f., femme qui fait le métier de vendre du lait; ne dites pas, femme au lait.—Prononcez laiti-ère et non laitchi-ère. Voyez ti et di.

=Lamperon, Lampion.=—Le lamperon est le petit tuyau ou la languette qui tient la mèche, (le coton) dans une lampe.—Le lampion est un vaisseau de verre, de terre ou de fer blanc que l'on place dans une lanterne ou dont on se sert pour faire des illuminations.

=Lancées, Lançures, Lancements=, ne sont pas français; dites, élancements: j'ai des élancements dans la tête, au doigt.—Voyez le mot suivant.

=Lancer=, faire ressentir dans quelque partie du corps une douleur vive et aiguë avec agitation; dites élancer et non lancer: la tête m'élance, le doigt m'élance.

=Lande, Lente=, s. f.—Une lande est une grande étendue de terre inculte et stérile: les Ardennes et la Campine sont pleines de landes.—Une lente est l'œuf d'où sortent les poux et qui s'attachent aux cheveux des enfants et des personnes malpropres (ne dites pas lende).—Voyez fange.

=Landier=, s. m., gros chenet de fer qui sert à la cuisine pour élever le bois autour de l'âtre et le faire brûler plus facilement.—Ne dites pas andier.

=Landwehr=, s. f., garde civique en Allemagne: prononcez land'vère.

=Lange, Linge=, s. m.—Le lange est le morceau de linge dont on enveloppe les enfants au berceau;—le linge se dit de toute toile mise en œuvre selon les différents usages auxquels on veut l'employer.—Prononcez lan-ge, lin-ge, et non lan-che, lin-che.

=Langue fumée.=—Ne dites pas langue enfumée.—Prononcez lan-gue et non lan-ke; prononcez de même bague, harangue, figue, etc.

=Lanterne magique=, s. f., instrument d'optique; ne dites pas lanterne magie.

=Lapis=, s. m., pierre précieuse; on dit aussi lapis-lazuli; prononcez lapice-ladzuli.

=Lapisse=, s. m., mot wallon, eau de son, eau blanche: il faut donner de l'eau de son à ce cheval pour le rafraîchir.

=Lapoter=, mot wallon, boire en tirant avec la langue comme le chien; en français, laper: ce chien fait du bruit en lapant.

=Laps=, s. m., espace de temps; prononcez le p et l's, lap'se.

=Laque=, s. f., ne se dit pas dans le sens de cire à cacheter; dites un bâton de cire à cacheter et non, un bâton de laque.—La laque est une sorte de gomme résine: la laque sert à composer des vernis.—Ce mot est masculin quand on veut parler du vernis de Chine ou des meubles qui en sont recouverts: le beau laque de la Chine.

=Lard= (bacon de), mot wallon; dites une flèche de lard.

=Large, Long, Haut.=—Ces adjectifs peuvent s'employer substantivement au lieu de largeur, longueur, hauteur: ce tableau a six pieds de haut sur quatre de large; ces rideaux ont six aunes de long.—Mais vous ne pouvez pas dire: cette chambre est six pieds longue, large, haute; dites, est longue, large, haute de six pieds, ou a six pieds de long, de large, de haut.

2. Au large, au long et au large, du long et du large, en long et en large, sont des locutions adverbiales.

3. Large (à grand), est une locution wallonne; dites largement, grandement, amplement: il a été payé largement; il leur donna amplement à manger.

4. Ne dites pas non plus: il regarda tout large, pour signifier, il fut étonné, surpris, stupéfait, stupéfié.—(Wall.) Prononcez large et non larche.

=Larynx=, s. m., partie supérieure de la trachée-artère, principal instrument de la voix:—prononcez laraink-ce.

=Las=, interj., hélas; il est du style naïf et familier. (Acad.) Prononcez lâce.

=Las, lasse=, adj., fatigué, ennuyé, dégoûté; l'a est long au masculin et au féminin et le masculin se prononce lâ et non lâce au singulier et au pluriel: je suis si las (lâ), nous sommes si las (lâ et non lâce).

=Lasser=, v. a., fatiguer, causer de la fatigue, ennuyer, dégoûter.—Se lasser régit la prép. à ou la prép. de: la prép. à, lorsqu'il est pris dans le sens de fatiguer, et la prép. de, lorsqu'il a le sens d'ennuyer, dégoûter: on se lasse plus à rester debout qu'à marcher; on se lasse d'entendre toujours les mêmes plaintes.

=Latrines=, s. f. pluriel sans singulier, lieu où l'on satisfait à ses besoins naturels.

=Latte=, s. f., morceau de bois refendu selon son fil, long, mince, étroit, que l'on attache avec des clous sur les chevrons pour porter la tuile, ou dans l'intérieur des bâtiments, sur la charpente pour recevoir l'enduit de plâtre des plafonds et des cloisons: une botte de lattes; clouer des lattes; un grenier lambrissé sous des lattes.

=Latter=, v. a., garnir de lattes:—il faut latter et contrelatter cette cloison; il s'emploie aussi absolument: latter à claire-voie; latter à lattes jointives.—Lattis, s. m., ouvrage de lattes: couvrir un lattis avec des tuiles.—Prononcez lati et non latice.

=Laudanum=, s. m., préparation d'opium; prononcez lôdanome.—Ne dites pas de l'eau d'ânon.

=Laudes=, s. f. pl., partie de l'office: prononcez lô-de et non lô-te.

=Lauréole=, s. f., plante dont les feuilles ressemblent à celles du laurier; ne dites pas laurelle et prononcez lo-réole.

=Laurier.=—Prononcez lo-rier et non lô-rier.

=Lavanche= et =Lavange=, s. f., se disent quelquefois pour avalanche. (Acad.)

=Lavande=, s. f., plante aromatique, labiée, portant de petites fleurs bleues qui viennent par épi: eau de lavande; mettre de la lavande dans du linge.—Ne prononcez pas lavante.

=Lavandier, Lavandière.=—Un lavandier est un officier, dans certaines cours, chargé de veiller au blanchissage du linge.—Une lavandière est une femme qui lave le linge; ce mot est peu usité, on dit plus souvent dans ce sens blanchisseur, euse, lessiveur, euse, et quelquefois laveur, laveuse: laveuse de linge.

=Lavasse=, s. f., pluie, subite, abondante et impétueuse: il vint tout à-coup une grande lavasse.—Mais on ne peut pas dire: il pleut à lavasse.

2. Lavasse signifie encore, vin, bière, bouillon, sauce, tisane où l'on a mis trop d'eau: ce n'est que de la lavasse.—On dit aussi piquette dans le même sens, mais lapette n'est pas français.

=Laver=, ne peut pas s'employer dans le sens d'arroser, d'irriguer.

2. Laver, s'emploie quelquefois absolument et alors il signifie se laver les mains avant le repas: ne voulez-vous pas laver. (Acad.) Dans toute autre acception, il faut exprimer la partie du corps qu'on lave: se laver les mains, la figure, les pieds, etc.

3. On ne dit pas: laver ses mains, sa figure, etc., mais se laver les mains, la figure.

=Lavette=, s. f., petit morceau de linge dont on se sert pour laver la vaisselle.

=Lavier, Lévier=, ne sont pas français; dites évier, pour signifier une pierre en forme de table et légèrement creusée sur laquelle on lave la vaisselle, et qui a un trou pour l'écoulement des eaux: jeter les eaux par l'évier; cette cuisine a un évier.—On dit aussi pierre d'évier et pierre à laver.

=Lavis=, s. m., =Lavure=, s. f.—Lavis est un terme de peinture et signifie la manière de colorier un dessin avec de l'encre de chine, du bistre, etc.—Prononcez lavi.—Lavure est l'eau qui a servi à laver la vaisselle, les écuelles et n'est guère usité que dans cette locution: lavure de vaisselle, d'écuelles.—Lavure de vaisselle se dit aussi, familièrement, d'un bouillon, d'un potage fade et insipide où il y a trop d'eau.

=Lazzarone.= s. m., nom que l'on donne aux dernières classes du peuple napolitain; on dit au pluriel lazzaroni.—Prononcez, lad'zaroné, lad'zaroni; le z italien équivaut à ds, dz.

=Lazzi=, s. m., mot italien qui signifie, action, mouvement, geste bouffon dans la représentation des comédies: les lazzi d'Arlequin.—Il se dit, par extension, de mauvaises plaisanteries et de bouffonneries faites ailleurs qu'au théâtre: il s'en est tiré par des lazzi. L'Académie dit que quelques-uns écrivent au pluriel lazzis, mais dans les exemples qu'elle donne du pluriel, elle écrit lazzi sans s.—Prononcez l'ad'zi.

=Le=, art. et pron.—Prononcez le et non lè.

2. Le, la, les, employés comme régimes directs, ne doivent jamais s'omettre ni en vers ni en prose. Ce serait donc une faute de dire: je lui avais bien dit; donnez-lui; je ne suis pas ingrat, je lui rendrai bien; au lieu de: je le lui avais bien dit; donnez-le-lui; je le lui rendrai bien.

3. Cette règle est également applicable au pronom en. Ne dites donc pas: j'aurai plus de complaisance qu'ils n'ont; c'est là, soyez certain, la cause de son refus. Dites, qu'ils n'en ont; soyez-en certain.

4. Les phrases suivantes sont également incorrectes: prêtez-moi-le, montrez-nous-les, donnez-moi-le, etc. Ici il faut placer le régime direct le premier: prêtez-le-moi; montrez-les-nous; donnez-le-moi.

5. =Les, Des, Mes, Tes, Ses.=—Prononcez lè, dè, mè, tè, sè, et non lé, dé, mé, té, sé.

6. =Lé=, s. m., largeur d'une étoffe entre deux lisières: un lé de drap. Écrivez et prononcez lé et non lè ni lit.

=Leçon=, s. f.—Ne dites pas: je prends des leçons à un habile professeur; dites, je prends des leçons d'un habile professeur.

2. On dit très-bien, donner, prendre des leçons de musique, de dessin, d'histoire, etc. (Acad.);—mais donner leçon de grec, de latin, etc., ne nous paraît pas assez correct; il faut dire, donner des leçons de ...—Donner, prendre des leçons, se dit des leçons particulières; mais quand il s'agit de leçons ou de cours publics, on dit faire un cours (et non donner un cours), faire une leçon, faire des leçons.—Prononcez leçon et non lèçon.

=Lecteur=, lectrice, =Liseur=, liseuse.—La lecteur est en général celui qui lit, ou dont le métier est de lire à haute voix devant une ou plusieurs personnes ou une communauté; c'est un bon lecteur, c'est une excellente lectrice; lecteur du roi, lectrice de la reine.—Le liseur est celui qui aime à lire, qui ne fait que lire, qui lit beaucoup et longtemps, qui lit avec passion; le liseur est un lecteur passionné: c'est un grand liseur, une grande liseuse de romans. Il est familier.

=Légataire=, subst. des deux genres, =Testateur=, testatrice. —Légataire, est celui, celle à qui on fait un legs;—testateur, testatrice, est celui, celle qui fait un testament.—Voyez dépositaire, signataire, locataire.

=Léger=, légère, adj., qui pèse peu, agile, volage; prononcez légé et non l'gé ni legé, lègé, légère (au masc.), quoique Rousseau et Voltaire l'aient fait rimer avec air et cher.

=Législateur=, législatrice, =Légiste=.—Légiste, qui connaît ou qui étudie les lois;—législateur, celui qui donne des lois à un peuple: Moïse fut le législateur des Hébreux.

=Législation, Législature.=—Législation est le droit de faire des lois: en Belgique, la législation appartient au Roi et aux deux Chambres;—il se dit aussi du corps même des lois: réformer la législation;—il se dit encore de la science, de la connaissance des lois: il est habile en législation.—La législature, ce sont les trois pouvoirs qui concourent à la confection des lois: la législature vient de décider une grande question.—Il s'emploie souvent dans le sens d'assemblée législative: législature nombreuse, complète.—Il se dit encore de la période de temps qui s'écoule depuis l'installation d'une assemblée législative, jusqu'à l'expiration de ses pouvoirs: pendant la première, la seconde législature.

=Legs=, s. m., ce qui est légué; prononcez lè et non lègue.

=Légume=, est masculin: de bons légumes et non de bonnes légumes.

=Lendemain.=—Du jour au lendemain;—quoi qu'en disent certains grammairiens, cette expression est très-correcte et fort usitée.—Prononcez len-de-main et non lan-ne-main.—Voyez commandement.

=Lent à, Long à=, se disent indifféremment l'un pour l'autre; cependant lent à, longtemps à, nous semblent préférables à long à: ces messieurs sont bien lents à venir, sont longtemps à venir.

=Lente=, s. f.: voyez lande.

=Lesquels, Desquels=: prononcez lèquèl, dèquèl, et non lès'quel, dès'quel ni lèquéle, dèquéle.

=Lest=, s. m., poids au fond du navire; prononcez less'te et non lesse.

=Leste=, adj. des deux genres, léger, inconsidéré: prononcez less'te et non lesse.

=Lettre=, s. f.—De quel genre sont les lettres de l'alphabet?—Si l'on adopte l'appellation moderne, elles sont toutes du masculin; un be, un de, un pe, un re, un se;—si l'on adopte, au contraire, l'appellation ancienne et usuelle (c'est celle que nous avons nous-même adoptée dans notre Dictionnaire), il faut consulter le son final de la lettre: elle sera féminine si ce son final lui-même est féminin, c'est-à-dire, s'il est censé se terminer par un e muet: une f, une h, une l, une m, une r, une s, une x, parce qu'on prononce effe, hache, elle, emme, enne, erre, esse, ikse.—Elles sont du masculin lorsque le son final est grave ou est censé se terminer par une voyelle autre que l'e muet: un b, un c, un d, un g, un j, un k, un p, un q, un t, un v, w, qui se prononcent bé, cé, dé, gé, ji, ka, pé, ku, té, vé.

2. =Lettre=, s. f.—Ne dites pas, mettre des mots par lettres alphabétiques, mais, par ordre alphabétique; en effet, toutes les lettres sont alphabétiques.

3. Ne dites pas, le porteur de lettres, mais, le facteur.—Prononcez let-tre et non let-te ni lettère.

=Leur.=—Ne dites pas: ils étaient leur deux, leur trois; dites, ils étaient deux, trois ou eux deux, eux trois, elles deux, elles trois; comme on dit, nous étions nous deux, vous étiez vous trois, et non nous étions nos deux, vous étiez vos trois.

2. Leur, signifiant d'eux, d'elles, veut être devant son substantif; dites en parlant de deux frères ou deux cousins: je suis leur parent, c'est-à-dire, le parent d'eux, et non, je leur suis parent, qui signifierait, je suis parent à eux, ce qui n'est pas français.

3. Leur, pronom, s'écrit sans s: ne dites donc pas, je leurs z'ai dit; dites, je leur ai dit.

=Levain=, s. m., =Alevin=, s. m.—Le levain est une pâte aigrie qui, mêlée à la pâte dont on veut faire le pain, la fait lever et fermenter;—l'alevin, c'est du menu poisson pour peupler un étang, un vivier; dites donc, j'ai mis de l'alevin dans mon réservoir, et non pas du levain.

=Levée=, s. f.—Ne dites pas: il est capot, il n'a pas fait un seul levé; dites, une seule levée.

=Lever=, v. ac., fait au futur je lèverai, tu lèveras, etc., et au conditionnel, je lèverais, tu lèverais, etc., et non je leverai, tu leveras; je leverais, tu leverais.

2. Ne dites pas: j'ai levé cet enfant, pour dire, que vous êtes son parrain; dites, j'ai tenu cet enfant sur les fonts, ou je suis le parrain de cet enfant.

3. On dit très-bien, dans le sens de percevoir, recueillir, rassembler, ramasser, emporter: lever les fruits d'une terre; lever les impôts, des impôts; on lève annuellement tant de millions sur ce royaume; on lève un droit sur cette denrée;—on a dit de même autrefois, lever les rentes seigneuriales, la dîme.

4. Mais en parlant d'une somme d'argent, il faut dire toucher et non lever: il a touché ses appointements (et non levé); je lui ai fait toucher telle somme (et non lever); toucher de l'argent (et non lever). (Acad.)—(Wall.)—Prononcez lever et non lèver.

=Lever-Dieu=, s. m., le moment de la messe où le prêtre élève la sainte hostie; au plur., lever-Dieu; ne dites pas Dieu-levé.

=Levier=: voyez évier.

=Lèvre=, s. f.: prononcez lèvre, et non lè-fe ni lé-vère.

=Levûre=, s. f.—Ce substantif ne peut se mettre au pluriel que dans les cas où il s'agirait de différentes espèces de levûres. Il n'est pas plus correct de dire, acheter des levûres, mettre des levûres dans la pâte, que de dire acheter des levains, mettre des levains; il faut dire, acheter de la levûre, mettre de la levûre. Prononcez et écrivez levûre (accent circonflexe) et non lèvure.

=Lexique=, s. m., dictionnaire; il se dit particulièrement des dictionnaires grecs;—prononcez lek-cique, et non lek-zique; prononcez de même ses dérivés, lexicologie, lexicographie, etc.

=Lez=, adv., vieux mot signifiant à côté, proche de: la Tombe lez-Tournai.—C'est à tort que l'on remplace lez par les ou des: Plessis-les-Tours; il faudrait dire, Plessis-lez-Tours.—Prononcez lé et non lè, ni lèze.

=Liaisons affectées.=—La conversation demande plus de laisser-aller et un certain négligé que ne comporte pas le discours soutenu. Il faut donc éviter, en parlant, de multiplier les liaisons; il faut même s'attacher à les omettre le plus possible, surtout celles des s et des t et surtout encore celles qui présenteraient, dans le même mot ou dans deux mots qui se suivent, la répétition des mêmes consonnes ou des mêmes sons,—c'est ainsi que les personnes de bon ton ne diront jamais: il est onze heures z'et un quart, onze heures z'et demie; deux heures z'et demie; elles diront avec beaucoup plus de naturel il est onze heures et un quart, etc., en supprimant la liaison.—«Lier les mots avec affectation dans les discours fut de tout temps le propre de la pédanterie; c'est un défaut de maître d'écriture.» (FRANCIS WEY).

=Liard=, s. m.—Ne dites pas: je n'ai plus de petits liards; dites, je n'ai plus de petite monnaie.—Prononcez liar (en une seule syllabe) et non li-ar ni li-iar.

=Libelle=, écrit injurieux, diffamatoire, est masculin: un libelle violent.

=Libelliste=, s. m., auteur de libelle; prononcez libel'liste; et non libèliste ni libel'lisse.

=Liber=, s. m., troisième partie de l'écorce; prononcez libère.

=Libera=, s. m., prière pour les morts; prononcez libéra.

=Libéral=, libéralité, libérer.—Prononcez libéral, libéralité, libérer, et non, libèral, libèralité, libèrer.

=Librairie, Mairie, Seigneurie.=—Dites librai-rie, mai-rie, seigneu-rie, et non librai-rerie, mai-rerie, seigneu-rerie.

=Libre=, adj.: prononcez li-bre et non li-pre, li-pe, libère.

=Licence=, s. f., grade que l'on prend dans les facultés de théologie (et autrefois dans celles de droit et de médecine); c'est le degré entre le baccalauréat (le grade de bachelier) et le doctorat: la licence en théologie, en droit canon;—le licencié est celui qui a pris le grade de la licence: monsieur N. est licencié en théologie.

=Licet=, s. m., permission; prononcez licète.

=Lichefrite=, s. f., ustensile de cuisine qui reçoit la graisse et le jus de viandes qu'on fait rôtir; dites, la lèchefrite.

=Lichen=, s. m., plante parasite qui croît sur les troncs d'arbres, sur les rochers, sur les murs; prononcez likène. (Acad.)

=Licol= ou =Licou=, s. m., lien de cuir ou de crin qu'on met autour du cou des chevaux pour les attacher à l'auge, au ratelier.—Licol n'est employé qu'en poésie et devant une voyelle, pour éviter l'hiatus;—licou fait au pluriel licous.

=Lier=, v., =Lien=, s. m.: prononcez li-é, li-in, et non li-ié, li-iin.

2. Ne dites pas: lier les dents; dites, agacer les dents.

=Lierre=, s. m., plante; prononcez lière (iè diphth.)

=Liesse=, s. f., joie; prononcez li-èce;—ce mot est vieux, dit l'Académie.

=Lieu.=—Les locutions, donner lieu, trouver lieu, avoir lieu, y avoir lieu, demandent la préposition à devant un substantif et la préposition de devant un infinitif: je n'ai pas donné lieu à votre colère; j'ai lieu de (et non à) me plaindre de vous.

=Lieu-dit.=—Cette expression prend le trait d'union toutes les fois qu'elle ne peut pas se remplacer par les mots lieu nommé; ainsi il faut écrire: cette pièce de terre est située à lieu dit (nommé) derrière-la-ville; tandis que vous écrirez: cette parcelle est située à tel lieu-dit.

=Lieue=, s. f.: voyez heure.

=Ligature=, s. f.—Ne dites pas: la ligature d'un livre, mais, la reliure d'un livre.

=Ligne=, s. f.—Ne dites pas: une étoffe à ligne, mais, une étoffe rayée.

2. Ne dites pas: peignez cet enfant, et faites-lui sa ligne sur le côté, dites, sa raie.—La raie est un trait tiré de long avec une plume, un crayon, etc.; il se dit aussi d'une certaine séparation de cheveux qui se fait naturellement ou avec le peigne sur le haut de la tête. (Acad.)

=Ligner.=—Ne dites pas: ligner du papier (tirer des lignes); dites, règler du papier; cahier règlé.

=Ligneul=, s. m., =ligneux=, adj. et subst.—Le ligneul est un fil enduit de poix dont se servent les cordonniers; ligneux signifie qui a la nature ou la consistance du bois: la coque de la noix est ligneuse: prononcez li-gneux et non ligh-neux (g dur).

=Lilas=, s. m., arbuste, fleur: prononcez lilà.

=Limace=, s. f., ou =Limas=, s. m.; mollusque rampant, sans coquille, de forme allongée, à quatre tentacules, et ordinairement rougeâtre.—Limaçon, s. m., diffère de la limace et du limas en ce qu'il porte une coquille; ne dites pas: ce jardin est rempli de limaçons; dites, de limaces;—les wallons sont exposés à confondre ces mots.

=Limon, Timon.=—Le limon est une des deux pièces de devant d'une charrette ou d'un cabriolet entre lesquelles se place le cheval;—le timon est la pièce de bois de devant d'un carrosse, d'un chariot, des deux côtés de laquelle on attelle les chevaux.

=Linceul=, s. m.—Prononcez ce mot comme il est écrit, linceul et non linceuille (l mouillée);—il ne se dit que du drap de toile dont on se sert pour ensevelir les morts.—Ne dites donc pas: mettez des linceuls au lit de monsieur; dites, mettez des draps au lit... Dans cette acception on dit drap et quelquefois drap de lit.

=Linéaire=, adj., qui a rapport aux lignes; prononcez liné-aire et non liné-iaire ni lignéaire.

=Linger, ère=, s., celui, celle qui fait commerce de toile, qui vend, qui fait du linge, qui travaille en linge.—Ce mot ne s'emploie pas dans le sens de blanchisseuse, lavandière, laveur, euse, repasseuse.

=Lingerie=, s. f.—On dit un magasin de lingerie et non de lingeries.

=Lingual, ale=, adj., qui a rapport à la langue; prononcez lingoual.—Le masculin lingual n'a pas de pluriel.

=Linguistique=, s. f., science des langues; linguiste, qui s'occupe de la linguistique;—prononcez lingu-ïs-tique, lingu-ïste (ui diphth.) et non lingouistique, lingouiste ni linghistique, linghisse.

=Linteau, Liteau.=—Le linteau est une pièce de bois, de pierre ou même de fer en travers, au-dessus d'une porte ou d'une fenêtre pour maintenir la maçonnerie;—le liteau est une petite pièce de bois couchée sur une autre; en terme de chasse, c'est le lieu où le loup se repose pendant le jour; c'est aussi une raie rouge ou bleue sur du linge de table, et dans cette acception on ne l'emploie guère qu'au pluriel: serviette à liteaux (et non à linteaux).

=Lion=, lionne, lionceau.—Plusieurs auteurs disent que ion est diphthongue; nous ne saurions nous ranger à cette opinion; et nous continuerons a prononcer, comme on le fait généralement: li-on, li-onne, li-on-ceau.

=Lippe=, s. f., la lèvre d'en bas, lorsqu'elle est trop grosse ou trop avancée: avoir une grosse lippe, une vilaine lippe; ce mot est familier.

=Lippée=, s. f., bouchée et repas;—dans ce dernier cas, il est toujours accompagné de franche: une franche lippée.

=Lippu, ue=, adj., qui a une grosse lèvre: les nègres sont lippus; ce mot est familier.—Il s'emploie plus ordinairement comme substantif: c'est un gros lippu. (Acad.)

=Liquéfaction=, s. f., action de liquéfier; prononcez liku-éfaction et non likouéfaction ni likéfaction.

=Liquide=, liqueur, liquoriste, liquéfier, liquider, liquidateur: —prononcez likide, likeur, likoriste, likéfier, likider, likidateur.

=Lire.=—Ne dites pas: j'ai lu hors d'un livre, hors du journal; dites, j'ai lu dans un livre, dans un journal. (Fland.)

2. Ne dites pas non plus: j'ai lu sur la gazette, j'ai lu sur le journal, sur la feuille, etc.; dites, j'ai lu dans la gazette, dans le journal, dans la feuille, dans la revue, dans l'almanach, dans les ou aux annonces du journal, etc. (Wall.)

=Lis= (et non lys), s. m., plante bulbeuse qui porte des fleurs à six pétales; prononcez lice même devant une consonne, lis (lisse) blanc, lis (lisse) bleu, etc.

2. Fleur de lis, terme d'armoiries: écu semé de fleurs de lis; dans ce cas on prononce li sans faire sentir l's.

3. Poétiquement, les lis se disait autrefois de la France: l'empire des lis, le trône des lis; dans ce sens on prononce lice.

=Liseré=, s. m., petite bordure faite sur une étoffe ou à un habit, un gilet, avec un ruban uni ou brodé; ne dites pas liseret.

=Liseur.=—Voyez lecteur.

=Lisé-je, dormé-je=, grossier barbarisme; dites, est-ce que je lis, est-ce que je dors?

=Lisse=, adj. des deux genres, uni, poli: une étoffe lisse, du papier lisse.

=Lit de camp, Lit de sangles.=—Le lit de camp est un petit lit dont le bois se démonte de manière qu'on peut le transporter facilement; il se dit aussi d'une espèce de couchette formée de planches inclinées, qui sert de lit dans un corps de garde.—Le lit de sangles est un lit fait de sangles, et quelquefois d'un morceau de coutil attaché à deux longues pièces de bois soutenues par des pieds ou jambages qui se croisent.—Comme on le voit, c'est à tort que l'on désigne, par lit de camp, un lit de sangles.

=Litanies=, s. f. pl., prière faite en l'honneur de Dieu, de la Ste-Vierge et des saints, et composée d'une série d'invocations; dans ce sens il ne s'emploie pas au singulier: les litanies de tous les saints, de belles litanies.—Litanie, au singulier, se dit d'une énumération longue et ennuyeuse: il nous a fait une longue litanie de ses peines, de ses plaintes.

=Liteau=: voyez linteau.

=Litre=, s., unité de mesure de capacité, est masculin: un litre de bière; prononcez li-tre et non lite, litère.

=Littéral, ale=, adj., qui est selon la lettre, conformé à la lettre: traduction littérale.—L'Académie ne donne point de pluriel masculin; Trévoux, Laveaux, Fabre, l'abbé d'Olivet et Boinvillers disent, des commentaires littéraux.

=Livrance, Livrement=, action de livrer une chose vendue, ne sont pas français; il faut dire livraison: j'ai fait une livraison de six pièces de toile; je dois faire demain une livraison à tel correspondant.

=Livre=, ancienne mesure remplacée aujourd'hui par le franc, est féminin: une livre tournois.

2. Livre.—On dit un livre de prières et non un livre à prières. (Acad.)—Prononcez livre et non life ni livère. Voyez lire et prière.

=Ll= mouillées: voyez l.

=Llama=, et mieux =lama=, s. m., quadrupède ruminant du Pérou; l'Académie dit qu'on mouille les deux ll dans llama.

=Llation, Llaire=, finales où les ll sont rarement mouillées.

=Locataire, Propriétaire.=—Le locataire est celui qui tient à loyer une maison, un jardin, etc.; le propriétaire est celui à qui appartient l'objet loué. Prononcez locatère, propriétère et non locatére, propriétére.

=Locatis=, s. m., mauvais cheval de louage; prononcez locatice.

=Loch=, s. m., instrument pour mesurer la vitesse du navire; prononcez loke.

=Locomotive=, s. f., remorqueur des chemins de fer; prononcez locomoti-ve et non locomoti-fe.

=Lof=, s. m., t. de marine, le côté que le navire présente au vent: ce vaisseau va au lof; venir au lof.—Lofer, signifie venir au lof.

=Loger=, v. neutre dans le sens d'habiter, de demeurer dans une maison.—Il est actif, dans le sens de donner le logement à quelqu'un.—Avec le pron. personnel, se loger signifie, prendre un logement, disposer un logement.

=Logeur=, logeuse, celui ou celle qui tient des chambres garnies pour les ouvriers et les gens de la classe pauvre; il ne se dit pas de la personne qui loge dans ces chambres garnies.

=Logis=, s. m.—Ne dites pas: j'ai été demander à logis dans cet hôtel; dites, j'ai été demander à loger ou le logement dans cet hôtel.

2. Ne dites pas non plus: je suis au logis dans cette auberge; dites, je loge dans cette auberge.—Prononcez logi et non logice.

3. Ne dites pas: estaminet et logement; dites, logis: le logis est une maison où on loge; logement se dit du lieu où on loge et plus particulièrement du domicile habituel, du lieu où l'on habite ordinairement.—Prononcez lo-jeman et non lo-cheman.

=Loin.=—La locution, bien loin s'en faut, n'est pas française; il faut dire, tant s'en faut, loin de là: vous me demandez si j'ai gagné au jeu, tant s'en faut qu'au contraire.

2. De loin à loin, se dit de la distance: ces arbres sont plantés de loin à loin;—de loin en loin, se dit du temps: il ne nous vient voir que de loin en loin. Cependant, dans le langage ordinaire, on ne tient pas toujours compte de cette différence et l'on emploie une locution pour l'autre.—Prononcez loain (oin diphth.) et non loan.

=Long=, adj., ne se dit pas de la taille; ne dites pas: cet homme est long; dites, cet homme est grand ou de grande taille. (Fland.)

2. Long, pour lent, tardif, se dit très-bien: dépêchez, que vous êtes long; il est long à tout ce qu'il fait; les vieillards sont longs en tout; ces arbres sont longs à pousser, à croître.—Mais il ne peut pas s'employer pour loin: il y a loin d'ici à Rome, et non, il y a long...

3. Ne dites pas: les fruits verts rendent ou font les dents longues; j'ai mangé du fruit vert, j'ai les dents longues; dites, les fruits verts agacent les dents, j'ai les dents agacées.—Avoir les dents longues, bien longues, signifie être affamé après avoir été longtemps sans manger. (Wall.)

4. Ne dites pas: j'ai le temps long; j'ai le temps long de le voir arriver; dites, le temps me paraît long, je m'ennuie, je suis impatient, il me tarde de le voir arriver; il me dure de...

5. Prendre le plus long, son plus long, c'est aller en quelque lieu par le plus long chemin: vous êtes venu ici par telle rue, vous avez pris le plus long; c'est le plus long de beaucoup; c'est votre plus long.—Il signifie aussi, figurément, se servir des moyens les moins propres à faire réussir promptement ce qu'on a entrepris.

6. Le long, tout le long, tout du long, au long, tout le long de, tout du long de, locutions adverbiales; ne dites pas tout de long.

=Longtemps=, adv., s'écrit en un mot et sans trait d'union.

2. Ne dites pas: il est longtemps ou déjà longtemps arrivé; dites, il est arrivé depuis longtemps, ou, il y a longtemps, déjà longtemps qu'il est arrivé;—ne dites pas: il demeure longtemps à Bruxelles; je suis ici longtemps; dites, il demeure depuis longtemps à Bruxelles; je suis ici depuis longtemps, ou bien, il y a longtemps qu'il demeure..., que je suis ici. (Fland.)

=Loquace, Loquacité=: prononcez lokouace, lokouacité, et non, lokace, lokacité ni lokuace, lokuacité.

=Loque=, s. f., pièce, morceau d'une étoffe, d'une toile usée et déchirée: cet habit s'en va en loques, est en loques, tombe en loques.

2. Loque, s. f., chiffon: ce mot est français. (Acad.)

=Loquèle=, s. f., langage trivial; prononcez lokuèle (uè diphth.) et non lokouèle.

=Loquet=, s. m., espèce de serrure mobile qui sert à fermer une porte, une malle, une valise, etc., au moyen d'un anneau passé soit dans un autre anneau, soit dans deux pitons;—ce mot n'est pas français dans ce sens, il faut dire cadenas (ne prononcez pas cannenas). (Wall.)—Voyez cliche.

=Loquetière=, s. f., clef qui sert à ouvrir plusieurs serrures; ce mot n'est pas français; dites passe-partout.

=Loquier=, n'est pas français; dites chiffonnier.

=Lord=, s. m., titre d'honneur usité en Angleterre; le d ne se prononce pas.

=Lors=, dès lors, pour lors, lors de, alors; prononcez lore, alore, et non lorce, alorce.

=Lorsque=, conj.—On prononce l's, lors'que;—ne prononcez pas lorseque ni lorsèque.—L'e ne s'élide que devant il, ils, elle, elles, on, un, une: lorsque Alexandre (et non lorsqu'Alexandre) pénétra dans l'Inde.

=Los=, s. m., louange (vieux langage): prononcez loce.

=Losange.=—L'Académie fait ce mot du genre féminin; cependant dans tous les traités de géométrie, on dit un losange, et tous les professeurs le font du masculin.—On écrit aussi mais plus rarement lozange.

=Lot=, s. m., objet qui échoit à chacun des numéros gagnants à une loterie; ne dites donc pas: j'ai pris dix lots à cette loterie; dites, j'ai pris dix numéros, dix billets.—Ne dites pas non plus: j'ai pris dix actions. (Fland.)

=Louche=, s. f., se dit dans beaucoup de villes du Nord de la France et en Belgique, pour désigner une grande cuiller à long manche avec laquelle on sert le potage, la soupe: douze couverts et la louche. (BESCHERELLE, POITEVIN, COMPLÉMENT du Dict. de l'Acad.)—On peut dire également cuiller à soupe et grande cuiller.

=Louer, Loueur, Louange=, etc.: prononcez comme c'est écrit; gardez-vous de prononcer lou-wer, lou-weur, lou-wange.

=Louette= (la), morceau de chair à l'entrée du gosier: dites la luette; prononcez lu-ette et non lu-wette: il a la luette gonflée et non l'alouette ni la louette.

=Loueur, euse=, s., celui, celle qui fait métier de donner quelque chose à louage: un loueur de chevaux, de voitures, de vigilantes, de chambres garnies; loueuse de chaises, dans une église.—Louageur, euse, n'est pas français.

=Lourdise, Lourderie=, faute grossière contre le bon sens ou la bienséance; ces mots ont la même signification, mais lourdise vieillit (Acad.): il a fait une étrange lourderie.

=Loustic=, s. m., bouffon de corps de garde, mauvais plaisant.—Cette expression est populaire et du même acabit que blagueur, floueur, etc.

=Loyal, e, Loyauté=: prononcez loi-ial, loi-iauté et non lo-ial, lo-iauté.

=Lucifer=, s. m.: prononcez lucifère.

=Lui=, pronom.—Lui, leur, employés comme régimes indirects, à lui, à elle, à eux, à elles, ne se disent que des personnes; quand il s'agit des choses, il faut se servir du pronom y; ne dites pas, cette maison est trop petite, je lui ferai ajouter un étage; dites, j'y ferai ajouter un étage.—Il en est de même pour, de lui, d'elle, d'eux, d'elles, qu'on remplace par en: cet arbre va tomber, n'en approchez pas, et non n'approchez pas de lui.

2. Lui, elle, eux, elles:—ne dites pas en parlant d'un canif, d'une plume ou d'une chose inanimée: c'est avec lui que j'ai taillé ma plume; c'est avec elle que j'écris; il faut se servir du nom et dire, c'est avec ce canif, avec cette plume que...

3. Ne dites pas non plus, en parlant d'une chose, par exemple, d'un arbre, d'une table, d'une maison: j'étais sous lui; il est assis près d'elle; il demeure dans elle; dites, j'étais dessous; il était assis auprès; il y demeure.

4. Lui, elle, etc., suivis de qui, ne peuvent pas non plus se dire des choses; ne dites donc point en parlant d'un couteau, d'une chaise: c'est lui qui est bon, c'est elle qui est large; dites, c'est ce couteau, c'est cette table qui...

5. Leur, placé devant un verbe, est pronom et ne prend pas d's; ne dites pas, je leurs ai dit (z'ai dit), je leurs ai écrit (z'ai écrit), mais, je leur ai dit, je leur ai écrit.

6. Ne dites pas: l'aimant attire le fer à lui; dites, l'aimant attire le fer à soi.—Prononcez lui (ui diphth.) et non lu-i ni lou-i.

=Luire, Luisant=, etc.: Prononcez lui-re, lui-sant et non lou-ire, lou-isant.

=Lumignon=, s. m., bout de la mèche d'une bougie, d'une chandelle ou d'une lampe allumée: quand j'ai voulu moucher la chandelle, le lumignon est tombé.—Prononcez lumignon, en mouillant le gn.

=Lunatique=, adj., qui subit l'influence de la lune; au figuré, fantasque, capricieux: il est lunatique.

=Lune=, s. f.—Avoir des lunes, être sujet à des fantaisies, à des caprices, lubies, quintes, rats.

=Lunette= et =Lunettes=.—Lunette, au singulier, se dit d'un instrument composé d'un ou de plusieurs verres, taillés de manière à faire voir les objets plus grands à l'œil nu, ou à rendre la vue plus nette et plus distincte: regarder avec une lunette; lunette d'approche, lunette de longue vue ou à longue vue; lunette d'opéra.—Lunettes, au pluriel, se dit de deux verres de lunette, assemblés dans une même enchâssure, de manière à pouvoir être placés au devant des deux yeux: une paire de lunettes; il y a de bonnes et de mauvaises lunettes; des lunettes vertes, bleues; lunettes à branches; porter des lunettes, mettre des lunettes sur son nez; lire sans lunettes.—Voyez ciseaux.

=Lunettier=, s. m., faiseur, marchand de lunettes; prononcez lunètier et non lunetier.

=Lurer=, v. a., attirer quelqu'un par de belles promesses pour le tromper; ce mot est wallon et se rend en français par le mot leurrer: il s'est laissé leurrer.

=Luron, onne=, s.—Le masculin se dit d'un homme joyeux et sans souci, d'un bon vivant ou même, d'un homme vigoureux et déterminé; et le féminin, d'une femme réjouie, décidée, qui ne s'effarouche pas aisément: c'est un luron, un bon luron; quelle luronne!—Il est populaire. (Acad.)

=Lustre=, s. m., éclat, espèce de chandelier à plusieurs branches qu'on suspend au plafond; espace de cinq ans: je compte aujourd'hui sept lustres (35 ans).—Prononcez lus-tre et non lus-tère ni lusse, ni luxe.

=Lut=, s. m., matière molle que l'on applique sur les bouchons de certains vases, afin de prévenir l'évaporation du liquide: lut de terre glaise, lut de blanc d'œuf et de chaux:—prononcez lute.

=Luth=, s. m., instrument de musique à cordes: prononcez lute.

=Luthéranisme=, s. m., secte de Luther;—ne dites pas luthérianisme, et ne prononcez pas luthéran-isse ni luthéranim-se.

=Lutter.=—Ce verbe ne s'emploie pas pronominalement: lutter (et non se lutter) avec quelqu'un, contre quelqu'un; il est adroit, il lutte bien.

=Luxe=, s. m., somptuosité: prononcez luk-ce et non luke ni luce.

=Luxurieux, Luxueux.=—Luxurieux veut dire impudique;—luxueux signifie qui vit dans le luxe, qui aime et recherche le luxe; ne dites donc pas: cet homme est luxurieux, pour cet homme aime le luxe; dites, cet homme est luxueux.—Nous ajouterons pourtant que le mot luxueux n'a pas fait fortune et n'est guère usité.

=Lynx=, s. m., chat sauvage auquel les anciens attribuaient une vue très-perçante: prononcez laink-ce.

M

=Mm.=—Les deux m se font sentir dans imm au commencement des mots: immense, immortel, immoler, etc., de même que dans commensurable, incommensurable, commutation, commuer, commotion, commémoration, commémoraison, commensal, droit de committimus, lemming, lipogrammatique, mammaire, mammifère, et dans les noms propres Ammon, Ammonites, Emma, Emmanuel, Emmaüs, Grammont, Jemmapes, Mummius.—Les personnes qui parlent bien ne font entendre qu'une m dans grammaire, grammairien, grammatical, grammaticalement, etc.; ainsi que dans inflammation, ces mots étant usuels. (HENNEBERT.)

=Macaroni=, s. m., pâte sèche et cylindrique des italiens; le pluriel est macaronis; manger des macaronis.

=Mâchefer=, s. m., scorie qui sort du fer à la forge, au fourneau et lorsqu'on le bat rouge sur l'enclume: le mâchefer pilé est très-bon à faire du ciment.—Ce mot se dit encore des scories à demi vitreuses qui s'agglomèrent dans les foyers et forment le résidu combustible de diverses houilles.

=Machiavel=, célèbre écrivain italien: prononcez Makiavel;—mais dans machiavélique, machiavéliquement, machiavélisme, machiavéliste, le ch se prononce doux comme dans chimère, déchirer.

=Machin=, s. m.—Ce mot, qui n'est pas français, est quelquefois employé pour désigner ce dont on ne connaît pas le nom; dites une chose, un objet et selon le sens, un outil, un instrument, un meuble, une machine, etc., quand il s'agit de ces sortes d'objets.—Machine, dans ce sens, n'est pas français non plus.

=Mâchurer=, barbouiller de noir, est français: mâchurer du papier, des habits, le visage, etc.;—prononcez mâchurer (â long).

=Madame=: voyez monsieur et époux.

=Mademoiselle=, s. f., titre qu'on donne ordinairement aux filles.—C'est aussi le titre qu'on donnait anciennement à toute femme mariée qui n'était pas noble.—Le mot mademoiselle, employé absolument (seul) désignait autrefois la fille aînée de Monsieur, frère du roi de France, ou bien de la première princesse du sang, tant qu'elle n'était pas mariée.

2. Quand on parle de plusieurs demoiselles ou qu'on leur adresse la parole, l'usage veut qu'on les désigne par le mot dames; j'ai rencontré les dames Lambert en ville; bonjour, au revoir, Mesdames.—Prononcez mademoiselle et non mamzelle ni mane-moiselle.—Voyez monsieur et époux.

=Magnanime=, magnétisme, magnétique, magnétiser, magnifique, magnificence:—prononcez gn comme dans agneau, gagner, etc., et non magh-nanime, magh-nétisme, etc. ni magne-nanime, magne-nifique, ni mananime, manifique, ni mahe-nanime, mahe-nifique.

=Magnat=, s. m., grand en Hongrie: prononcez magh-nat, (g dur).

=Magnificat=, s. m., cantique de la Sainte-Vierge: prononcez magh-nificate (g dur).

=Mai=, s. m., ou arbre de mai, arbre orné de rubans et de guirlandes qu'on plante devant une porte le premier jour de mai ou le jour de l'installation d'un fonctionnaire, d'un curé, etc.

2. Mai, se dit également en Belgique des branches ou rameaux au moyen desquels on décore les rues ou les chemins par où passe une procession ou un cortége triomphal.

=Maigrir, Amaigrir.=—Maigrir, v. n., c'est devenir maigre; amaigrir, v. a., c'est rendre maigre: une personne maigrit; l'usage de certains aliments amaigrit.

=Maille, Chique, Marbre=, pour signifier de petites boules de pierre ou de marbre qui servent à des jeux d'enfants, d'écoliers, ne sont pas français; il faut dire bille: jouer aux billes (ll mouillées).

=Mailloter=, v. a., mettre un enfant dans le maillot; ce mot n'est pas français, il faut dire emmailloter.

=Main=, s. f.—Ne dites pas: il a toujours la canne en main; dites, à la main.—Voyez bouche.

=Main-d'œuvre=, s. f., travail, façon de l'ouvrier; main-forte, s. f., assistance donnée à l'autorité:—ces mots ne s'emploient pas au pluriel.

=Maint, te=, adj. (au masc. prononcez min devant une consonne). —Malgré l'idée de pluralité que renferme cet adjectif, il s'écrit au singulier ainsi que le substantif qu'il qualifie et le verbe dont celui-ci est sujet, excepté dans quelques locutions où on l'emploie indifféremment au singulier et au pluriel: maint homme, mainte femme, mainte fois, ou maintes fois; par maints et mains travaux; il m'a fait mainte et mainte difficulté.—Ne prononcez pas mai, maite.

=Maintenant=, adv., à présent: prononcez mintenant et non mè-tenant.

=Mairie=, librairie, seigneurie: ne dites pas, mairerie, librairerie, seigneurerie.

=Mais=, conj.—C'est un flandricisme de l'employer pour seulement; ne dites donc pas: il a mais peu de revenus; il nous a montré mais une petite partie de sa bibliothèque; dites, il n'a que peu de revenus; il nous a montré seulement une petite partie de sa bibliothèque.—Prononcez mai et non min.

=Maïs=, s. m., blé de Turquie: prononcez ma-ï-ce.

=Maison=, s. f.—Il serait ridicule d'employer ce mot pour désigner la première pièce d'une maison, c'est-à-dire, la cuisine. (Wall.)

2. =Maison, Famille.=—Famille, se dit plus particulièrement de la bourgeoise et maison, de la noblesse: ce jeune homme est d'honnête famille; ce gentilhomme est de bonne maison.

3. =Maison, Hôtel, Palais, Château.=—La classe moyenne habite des maisons;—les grands habitent des hôtels;—les princes, des palais;—enfin les habitations des gens riches, situées à la campagne au milieu de leurs terres, portent le nom de château.—Autrefois l'architecture seule établissait la différence; aujourd'hui, on la base sur le rang et la fortune.

=Maître=, fait au féminin maîtresse: madame est la maîtresse de la maison; cette femme est maîtresse (et non maître) de ses passions, de ses sentiments; maîtresse d'école, de piano; la maîtresse branche d'un arbre.

2. Lorsque, par le mot maître pris substantivement, on veut exprimer une idée de suprématie, d'omnipotence, il s'emploie au masculin même lorsqu'il se rapporte à un substantif féminin: la Providence est le maître; la Providence est notre maître.—C'est donc dans ce sens qu'une femme pourra dire: le maître ici, c'est moi.

3. Maître, en termes de Palais, est un titre qu'on donne aux avocats, aux avoués et aux notaires, lorsqu'il s'agit de l'exercice de leurs fonctions: maître N.; par-devant maître N.—On écrit par abréviation Me N., par-devant Me N.

4. Maître d'hôtel, Maître ès arts: l'Académie écrit ces mots sans traits d'union.

=Majesté=, s. f., titre particulier qu'on donne aux empereurs, aux rois et à leurs épouses; on dit en leur parlant: Votre Majesté, Vos Majestés (deux majuscules), et en parlant d'eux, Sa Majesté, Leurs Majestés (deux majuscules); Votre Majesté, Sire, a ordonné..., Sa Majesté a décrété; Leurs Majestés sont arrivées à Liége.

2. Par abréviation on écrit: V. M. (Votre majesté); VV. MM. (Vos Majestés), S. M. (Sa Majesté); LL. MM. (Leurs Majestés).

3. Les adjectifs et les participes qui se rapportent à ce mot se mettent au féminin, même lorsque Sa Majesté, Votre Majesté, désigne un roi, un empereur et non une reine, une impératrice; on dit: Votre Majesté est jalouse du bonheur de ses peuples; Sa Majesté est aimée de ses sujets. Les substantifs au contraire sont du masculin: Votre Majesté est le père et le protecteur de ses sujets; et non pas, est la mère, la protectrice, etc.—En conséquence les mots qui peuvent s'employer substantivement et adjectivement, tels que maître, ami, ennemi, etc., devront être du masculin, lorsqu'ils figurent dans la phrase comme substantifs, c'est-à-dire, lorsqu'ils sont accompagnés de l'article ou d'un adjectif, et ils prendront la forme du féminin s'ils font la fonction d'adjectif. On dira donc: Sa Majesté est le maître d'y aller ou de ne pas y aller; et absolument: Sa Majesté est le maître, l'ami du peuple; est un ennemi redoutable.—Mais nous croyons qu'il faudra dire: Sa Majesté est maîtresse de telle ville; Sa Majesté est amie du bien, ennemie du mal.—On peut dire: Votre Majesté est le plus éclairé des rois, parce qu'il y a ellipse du substantif (Votre Majesté est le roi le plus éclairé des rois). Cependant il vaut peut-être mieux prendre une autre tournure et dire par exemple: Vous êtes, Sire, le plus éclairé des rois.

4. Sa Majesté Impériale (S. M. I.), se dit d'un empereur quelconque; autrefois, il se disait en particulier de l'empereur d'Autriche que l'on qualifiait aussi de Sacrée Majesté, mais seulement quand on lui parlait.

5. Sa Majesté Très-Chrétienne (S. M. T. C.), se disait des rois de France.

6. Sa Majesté Catholique (S. M. C.), le souverain d'Espagne.

7. Sa Majesté Très-Fidèle (S. M. T. F.), le roi de Portugal.

8. Sa Majesté Belge, Britannique, Hollandaise, etc., le roi des Belges, de la Grande-Bretagne, de Hollande, etc.

=Major=, (quinte).—On disait autrefois et l'on dit encore quelquefois quinte major (Acad.): nous pensons qu'aujourd'hui on nomme toujours quinte majeure, les cinq cartes de suite à commencer par l'as.

=Majorer, Majoration.=—Ces mots ne sont pas français; dites augmenter, payer une surtaxe, enfler, selon le sens: les lettres chargées en sus du port des lettres ordinaires, paient une surtaxe fixe de vingt centimes; on ne peut donc pas dire, les lettres chargées sont soumises au port des lettres ordinaires, majoré d'une taxe fixe de vingt centimes.—Dites de même mes appointements ont été augmentés et non majorés; mon compte a été enflé et non, majoré; j'ai obtenu une augmentation de traitement et non, une majoration.

=Majuscule=, s. f. ou adj., lettre capitale ou simplement, capitale: ne dites pas majescule.

=Mal=, subst. m. ou adv.: prononcez l'a bref et non mâl, ce qui serait insupportable.

2. Ne dites pas: ce vin n'est pas mal; dites, ce vin n'est pas mauvais;—mal, ancien adjectif, ne s'emploie plus dans ce sens, que dans quelques locutions particulières: à la male heure, mourir de la male faim; partout ailleurs on dit mauvais.

3. Ne dites pas: il a des maux à la figure; dites, il a du mal à la figure, il a des boutons, des humeurs..., à la figure.

4. Ne dites pas non plus: j'ai un mal à un doigt; dites selon le sens, j'ai du mal à un doigt, j'ai une plaie, une coupure, un petit abcès à un doigt, j'ai un panaris...

5. Avoir mal, faire mal.—Ces locutions ne doivent jamais être suivies d'un régime direct, et ce serait une faute grave et même ridicule de dire: j'ai mal la tête, les dents, les pieds; faire mal quelqu'un, au lieu de dire, j'ai mal à la tête, aux dents, aux pieds; faire mal à quelqu'un.—De même on doit dire: j'ai de mauvais pieds, j'y ai souvent mal; on m'a arraché la dent à laquelle j'avais mal; prenez garde, vous allez faire du mal à cet enfant; je ne lui ai pas fait mal, et non pas: je les ai souvent mal, la dent que j'avais mal, etc.

6. Il serait encore plus ridicule de dire: j'ai mal à ma tête ou ma tête, à mes dents ou mes dents, etc.

7. Ne dites pas: j'ai mal aux dents, c'est un mauvais mal; dites, c'est un vilain mal, car y a-t-il un mal qui soit bon?

8. Ne dites pas: je m'ai fait mal; dites, je me suis fait mal.

9. Ne dites pas: je me suis fait mal de ce pauvre; dites, j'ai eu pitié, compassion de ce pauvre.

10. Ne dites pas de quelqu'un qui vient d'échapper à un danger: il ne peut plus mal; dites, il est hors de danger.

11. Ne pouvoir mal. (Wall.)—Cette expression ne devrait jamais sortir de la bouche d'une personne qui tient tant soit peu à parler correctement; il faut dire n'avoir garde, se garder de:—il n'a garde (et non il ne peut mal) de tromper, il est trop honnête homme; irez-vous dans cette maison? je n'ai garde (et non je ne peux mal), on s'y ennuie trop; je me garderai bien (et non je ne peux mal) d'en manger.—Rendez encore cette locution selon le sens par: il n'y a pas de risque, il n'y a pas de danger:—prenez garde de tomber: il n'y a pas de danger (et non je ne peux mal); ne parlez pas de telle chose: il n'y a pas de risque (et non je ne peux mal).—Voyez pouvoir.

12. Mal parler et parler mal: voyez parler.

=Malade=, adj.—Faites les deux a brefs.

2. Ne dites pas: il fait malade aujourd'hui; dites, il fait malsain ou ... étouffant, s'il s'agit d'un temps chaud.

3. Ne dites pas non plus: il se fait malade; dites, il se rend malade:—se faire malade signifie feindre une maladie.

=Maladieux.=—Ce mot n'est pas français; dites, maladif, valétudinaire.

=Malcomplaisant=: ce mot n'est pas français; dites, peu complaisant.

=Malcontent, Mécontent.=—Ces deux mots expriment le déplaisir que nous éprouvons, lorsque quelque chose ne réussit pas au gré de nos espérances ou de nos désirs; mais mécontent dit plus que malcontent, en ce sens qu'il exprime l'humeur, le dépit, le ressentiment contre la cause de ce déplaisir.—Un maître est malcontent (peu content) d'un domestique qui le sert maladroitement; un maître est mécontent (pas du tout content, fâché contre) d'un domestique qui le trompe, qui le vole, qui lui manque de respect, qui fait mal son service, par négligence ou par paresse;—un domestique est malcontent d'un maître qui ne lui donne pas des gratifications qu'il avait espérées; il en est mécontent, s'il ne lui paie pas ses gages;—nous sommes malcontents, lorsqu'après avoir conçu un dessein, formé un plan, le succès ne répond pas à nos espérances, sans qu'il y ait de la faute de personne; nous sommes mécontents des autres ou de nous-mêmes, si c'est par la faute des autres ou par la nôtre.

=Malentendu, Quiproquo.=—Un quiproquo consiste à prendre une chose pour une autre; un malentendu vient de ce qu'on a mal compris.—Un sourd qui n'entend pas distinctement répond à une question sur son père, en parlant de son chien: c'est un quiproquo. Un ami à qui l'on donne rendez-vous à une heure, n'arrive qu'à deux heures, parce qu'il a mal compris: c'est un malentendu.

=Malfaire=, v. n., faire de méchantes actions; il n'est usité qu'à l'infinitif: il ne se plaît qu'à malfaire.

=Malgré, Quoique.=—Malgré est une préposition qui demande un régime direct (un substantif, pronom, etc., mais jamais un verbe ni une proposition);—quoique est une conjonction qui ne peut pas avoir de régime direct et qui régit toujours un verbe ou une proposition.—Ne dites donc pas: quoique ça, mais malgré ça; ne dites pas, malgré qu'il soit pauvre, mais quoiqu'il soit pauvre.

2. Malgré que dit l'Académie, ne s'emploie qu'avec le verbe avoir et dans ces sortes de phrases seulement: malgré que j'en aie, malgré qu'il en ait, etc., c'est-à-dire, malgré moi, malgré lui, en dépit de moi, en dépit de lui: malgré qu'il en ait, nous savons son secret, c'est-à-dire, en dépit de lui ou quel que soit le mal (mauvais) gré qu'il en ait: le que de malgré que est donc ici pronom relatif et complément direct de aie, ait, etc., et non la conjonction que.

=Malhonnête=, adj.—Il a deux sens différents et se dit des personnes et des choses.—Appliqué aux choses, il se met toujours après le substantif; avec un nom de personne, il précède ou il suit le substantif selon le sens: un malhonnête homme, est un homme qui manque d'honneur, de probité; un homme malhonnête est un homme impoli, incivil, grossier.—Voyez honnête.

=Malin=, adj., fait au féminin maligne et non maline.—Ce mot signifie proprement méchant, mais il peut aussi s'employer dans le sens de rusé, adroit: il est trop malin pour se laisser attraper.—Mais appliqué aux personnes, dans le sens de, qui a de l'esprit, des moyens intellectuels, il n'est pas français; ne dites donc pas: cet enfant n'est pas malin; dites, cet enfant a peu d'esprit. (Wall.)

=Malle=, et mieux =Mallette=, s. f., se dit de l'espèce de giberne en cuir où les écoliers serrent leurs livres, cahiers, etc.:—couverte, couverture, portefeuille, ne sont pas français dans ce sens.

=Malle-poste=, s. f., voiture qui transporte les lettres et les dépêches; le pluriel est malles-poste.

=Maltraiter=, traiter mal.—Maltraiter, v. a., c'est traiter durement en paroles et en actions, ou bien faire préjudice à quelqu'un: il l'a maltraité de coups, de paroles; cet homme a fort maltraité son fils dans son testament.—Traiter mal signifie, mal régaler quelqu'un ou bien en user mal avec lui. Aux temps composés, le génie de la langue exige que l'adverbe mal passe avant le participe: il m'a mal traité;—de sorte qu'à la prononciation, cette expression peut se confondre avec celle-ci, il m'a maltraité.—Pour éviter l'équivoque, il suffira d'ajouter un modificatif, tel que bien, fort, assez, à l'adverbe mal, qui alors pourra se placer après le participe: il m'a traité fort mal.

=Maman=, s. f., mère, terme enfantin: prononcez maman et non man-man.

=Mameluk=, s. m., cavalier égyptien: prononcez mam'louk.

=Mamezelle.=—Ce mot ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut dire mademoiselle. Voyez ce mot.

=M'amie=, abréviation de mon amie; ce mot s'écrit avec une apostrophe.

=Manche.=—On dit le manche pour désigner la poignée de tout instrument, et la manche, quand il s'agit du vêtement du bras; dites donc, le manche d'un couteau, la manche d'un habit.—Mais ne dites pas, le manche ou la manche du panier, de la marmite; dites l'anse.

2. Ne dites pas: je n'étais pas dans sa bonne manche; dites, dans ses bonnes grâces, ou, je n'étais pas bien sur ses papiers, dans ses papiers.—L'Académie fait remarquer que être bien, être mal sur les papiers, dans les papiers de quelqu'un, est une locution familière.

=Manchette, Garde-manche.=—Une manchette est un ornement de mousseline, de dentelle qui se met au bras, au poignet.—Un garde-manche ou bout de manche, est une fausse manche que l'on met par-dessus la manche de l'habit, ou même de la chemise, quand on fait un travail qui peut les salir.

=Mânes=, s. m. pl., âmes des morts: les mânes plaintifs (et non plaintives) de nos ayeux: il est masculin et n'a pas de singulier.—Prononcez mânes (â long).

=Manger=, v. a.—Ne dites pas, manger un fruit, un raisin; dites, manger du fruit, du raisin.

2. Ne dites pas, si l'on vous consulte à table sur votre goût, je mange tout; ce serait annoncer un appétit de Gargantua; dites, je mange de tout.

3. Ne dites pas: nous avions dix personnes à manger; dites, nous donnions à manger à dix personnes. L'équivoque ici est mauvaise.—Cependant on dit très-bien: nous avions dix personnes à dîner.

4. Les locutions, venez manger ma soupe, j'irai demain manger votre soupe, sont familières et la bonne compagnie n'en fait point usage.

=Mange-tout=, s. m., celui qui dissipe follement tout ce qu'il a, tout ce qu'il gagne.

2. Les wallons désignent par ce mot une espèce de haricot, mais il n'est pas français dans ce sens.

3. Le pluriel s'écrit comme le singulier: prononcez man-ge-tout et non man-che-tout.

=Mangeure=, s. f., endroit mangé d'une étoffe, d'un pain, etc.: mangeure de vers, mangeure de souris: prononcez manjûre.

=Manier=, manière, maniéré, etc.—Prononcez ces mots comme ils sont écrits et non ma-gnier, ma-gnière, ma-gniéré.—Voyez ni.

=Manique=, s. f., morceau de cuir que les cordonniers mettent à leur main pour qu'elle résiste au travail; ne dites pas manicle.

=Manne=, s. f., nourriture que Dieu fit tomber du ciel pour nourrir les Israélites dans le désert;—espèce de suc concret qui découle naturellement ou par incision de certains végétaux et entre autres du frêne à fleurs et du frêne à feuilles longues; dans ces deux acceptions, on prononce mâne (â long).—L'a, au contraire est bref, lorsque manne désigne une espèce de panier à deux anses dont on se sert pour mettre du linge.—Ne dites pas mande (Flandr.)

=Manœuvre, Manouvrier.=—Le premier est l'homme de peine qui sert un autre ouvrier: le maçon ne travaille pas sans un manœuvre;—le second se dit de tout homme de peine travaillant au compte d'un entrepreneur.

=Manquer=, v. a. et n.—On peut dire manquer la messe, l'école, ses prières: voyez le Dictionnaire de l'Académie au mot messe.

2. Manquer, signifie aussi courir quelque risque, être sur le point d'éprouver quelque accident: nous avons manqué de verser; il a manqué d'être tué.—Il est familier. (Acad.)

=Manuel.=—Prononcez manu-èle et non pas manu-wèle ni manu-éle.

=Manufacture=, s. f.: ne dites pas manifacture.

=Manus= (=in=), s. m.—Dire son in-manus, recommander son âme à Dieu avant de mourir: prononcez ine-manuce.

=Maquée=, s. f., est un mot wallon, qu'il faut rendre par caillebotte, fromage blanc, fromage mou.

=Maraîcher, ère=, jardinier qui cultive un de ces terrains qu'on appelle marais, où l'on fait venir des légumes, des herbages; ne dites pas maraîchier.

=Maraude=, s. f., pillage clandestin des soldats; se dit aussi des écoliers qui vont à la picorée: on dit: aller à la maraude et mieux, en maraude; mais on ne dit pas: aller à maraude, (Acad.)—Prononcez marau-de et non marau-te.

=Maravédis=, s. m., petite monnaie d'Espagne: prononcez maravédi et non maravédice, encore moins maradévice.

=Marbre=, s. m., pierre calcaire: prononcez mar-bre et non mar-pe ni mar-bère.

=Marc=, s. m., poids;—résidu de fruits d'herbes ou d'autres substances pressurées;—du marc d'huile, du marc de café (et non de la marc de café): on ne prononce pas le c, mais on le fait sentir dans Marc, nom d'homme;—le c est muet dans la place St-Marc (mar), le lion de S.-Marc (mar), à Venise, au marc (mar) le franc.—Voyez c final.

2. Une mare, est un amas d'eau dormante.

=Marchand=, s. m.—Ne dites pas: il fait le marchand de toiles; je fais le marchand, je fais le brasseur; dites il est marchand..., je suis marchand, je suis brasseur.

2. Ne dites pas non plus: j'ai marchand, pour signifier que vous savez à qui vendre; dites, j'ai acheteur, chaland, acquéreur.

=Marché.=—Ne dites pas: le marché de grains, de légumes, etc., mais, le marché aux grains, aux légumes.

2. A bon marché, loc. adv.—On dit acheter, vendre à bon marché, à trop bon marché, à meilleur marché, et non, acheter, vendre bon marché, trop bon marché, meilleur marché.—Il n'est pas plus permis de supprimer la préposition à devant bon marché que devant bon compte, bas prix: avoir une chose à bon marché (et non bon marché); donner sa marchandise à bon marché, à trop bon marché; je l'ai eu à meilleur marché.—Cependant on peut dire: cela ne vous coûte que dix francs, c'est bon marché, c'est grand marché; le bon marché m'a tenté, tout comme on dirait, c'est un bas prix, le bas prix m'a tenté.

=Maréchal=, s. m.—Maréchal de France, maréchal-ferrant; prononcez maréchal (é fermé) et non marchal ni marichal, marèchal.

=Marguerite=, s. commun et nom pr. de femme: écrivez et prononcez marguerite et non marguérite.

=Marguillier=, s. m., celui qui a soin de tout ce qui regarde la fabrique et l'œuvre d'une paroisse ou les affaires d'une confrérie; mais il ne se dit pas du clerc, sacristain ou chantre d'une église.—Prononcez et écrivez marguillier et non marguèillier.

=Margotte=, s. f., branche qu'on met en terre pour qu'elle y prenne racine; ce mot n'est pas français: dites marcotte.

=Mari=, s. m., époux.—Mon époux, mon épouse, ne sont admis à aucun titre par les gens de bon ton; on dit simplement ma femme, mon mari, ou bien avec un peu plus de cérémonie, monsieur ou madame, suivis toujours du nom de famille (ce sont les domestiques seuls qui désignent leurs maîtres par monsieur et madame);—mais mon mari, ma femme, sont préférables parce qu'ils sont plus simples.

=Marier=, v. a., ne s'emploie jamais pour, prendre en mariage.—Ainsi au lieu de dire: il a marié une telle, dites, il a épousé une telle.—Marier, signifie unir un homme et une femme par le lien conjugal, selon les lois de l'État ou en leur administrant le sacrement de mariage. Dans cette acception il ne se dit que du prêtre ou de l'officier de l'état-civil qui remplit l'une ou l'autre de ces fonctions: l'échevin N. les a mariés à défaut du bourgmestre; c'est le vicaire qui les a mariés. (Acad.)—Il se dit aussi de ceux qui font ou procurent un mariage, soit par autorité paternelle, soit par office d'amitié: son père l'a marié à la fille, avec la fille d'un de ses amis; cet homme a la manie de marier tout le monde. (Acad.)

2. Marier, joint au pronom personnel, signifie, lorsqu'on parle d'un homme, prendre une femme, et lorsqu'on parle d'une femme, prendre un mari: il est d'âge à se marier; il s'est marié richement; il ne se mariera pas.

3. Il s'emploie aussi dans le sens réciproque: quand se marieront-ils? ils se sont mariés l'an dernier. (Acad.)

4. Cependant on peut dire: cette demoiselle s'est mariée (a épousé) à un étranger; mais c'est une faute grossière de dire: cette demoiselle s'est mariée avec un étranger.—Avec s'emploie en prose pour les choses: sa voix se marie bien avec ou à son instrument.

=Marmelade=, s. f., confiture de fruits presque réduits en bouillie: marmelade d'abricots.—Cela est en marmelade (famil.), se dit d'une chose trop cuite et presque en bouillie: et, figurément, de ce qui est fracassé, broyé: il a reçu un coup qui lui a mis la mâchoire en marmelade.—Ne dites pas marmolade.

=Marmiton, Mirmidon, Mirliton.=—On appelle marmiton, celui qui est chargé du plus bas emploi d'une cuisine.—Mirmidon se dit, par mépris, par raillerie, d'un jeune homme de très-petite taille et figurément, de ceux qui ont des prétentions exagérées et ridicules.—Un Mirliton est une espèce de flûte formée d'un bout de roseau, de sureau, de branc-ursine, et bouché par les deux bouts, avec une pelure d'oignon ou un morceau de baudruche: il est sale comme un marmiton; voilà un plaisant mirmidon; ces mirmidons prononcent sur ce qu'ils ne connaissent pas; les enfants jouent du mirliton.

=Marmonner=, v. n., signifie murmurer à voix basse; ne dites pas, avec le peuple, marronner qui signifiait autrefois, friser les cheveux en grosses boucles.—Quelques dictionnaires emploient aussi marronner pour errer dans les bois en volant comme les nègres marrons:—il est vieux dans ce sens.

=Marquer.=—Ne dites pas: il est marqué sur la gazette, sur une lettre de...; dites, on lit dans la gazette, dans une lettre de..., etc., ou employez une phrase équivalente.

=Marraine=, s. f., celle qui tient un enfant sur les fonts: prononcez mârène (â long).

=Marron, Marronnier=; prononcez mâron, mâro-nier (â long) et non maro-gnier.—Voyez ni.

=Mars=, dieu de la guerre; 3e mois de l'année;—il signifie également, au pluriel, les menus grains qu'on sème au mois de mars, tels que les orges, les avoines, les millets, etc.; le temps a été bon pour les mars cette année; s'il ne pleut pas, tous les mars sont perdus.—Quelques auteurs disent que mars, dans cette dernière acception, peut aussi se rendre par marsèche (la marsèche) ou par marsage; mais nous pensons que mars est préférable.—Dans toutes ces acceptions, prononcez marce et non mâre.

2. Ne dites pas: mars en carême; dites, marée en carême.—Cette expression signifie à propos: arriver comme marée en carême.

=Marteau=, s. m.—Ne dites pas, jeter la cognée après le marteau; dites, jeter le manche après la cognée, ce qui signifie renoncer de dépit ou de désespoir à une entreprise. (Acad.)

=Martyr, Martyre.=—Martyr, s. m., (au féminin martyre), est celui qui a souffert pour la foi chrétienne, pour une doctrine ou une foi quelconque;—martyre, s. m., est la mort ou les tourments qu'endurent celui qui est martyr: un évêque martyr, une vierge martyre; le martyre de saint Laurent.

=Masque, Mascarade.=—Ne dites pas un masqué, pour indiquer une personne déguisée; dites un masque.—Une mascarade se dit d'une réunion de masques, c'est-à-dire, de gens déguisés: une troupe de masques, un joli, un vilain masque; il faut laisser entrer les masques; venez voir une belle mascarade.

=Massacrante=, adj. fém.—Il n'est usité que dans cette locution familière: humeur massacrante, c'est-à-dire, humeur bourrue, maussade, grondeuse, menaçante.—Cette expression est approuvée par l'Académie; cependant elle n'est pas jolie, mais elle est énergique.

=Masse=, s. f.—Une masse de monde, est une expression triviale; dites, une grande foule, une grande multitude, une grande quantité de monde.

=Mastic=, est masculin: du mastic; et non de la mastic.

=Mastouche.=—On donne abusivement ce nom à la capucine; dites donc, une belle capucine, couleur capucine.

=Mat, Mate=, adj., qui n'a point d'éclat: argent mat, couleur mate: le masculin se prononce mate.—Mat, s. m., terme du jeu d'échecs, coup où le roi, mis en échec, ne peut bouger sans être pris: voilà un beau mat, être échec et mat.—Prononcez également mate.

2. =Mât=, s. m., pièce de bois longue, ronde et droite qui porte la voilure d'un navire: on ne prononce pas le t.

3. =Mate=, adj., humide, un peu mouillé:—ce mot est wallon; dites, moite pour les deux genres: il a le front moite; ces draps ne sont pas bien séchés, ils sont encore moites.

=Mater=, v. a., rendre mat, mortifier: prononcez mater (a bref);—mâter, v. a., garnir de mâts: prononcez mâter (â long).

=Matériaux=, s. m. pl., les différentes matières qui entrent dans la construction d'un bâtiment; il n'a pas de singulier.—Ne dites pas matéréaux.

=Mâtin=, s. m., gros chien de garde: l'â est long;—matin, s. m., la première partie du jour; l'a est bref.

2. =Matin.=—On dit très-bien, hier matin, demain matin, demain soir; on peut dire aussi demain au matin, demain au soir; cependant par une singulière bizarrerie, on doit dire hier au soir et non hier soir.

3. Ne dites pas: au matin, je prends une tasse de café; dites, le matin et mieux chaque matin, tous les matins...—Voyez soir.

=Matinal, Matineux, Matinier=, adj.—Matinal, qui s'est levé matin: vous êtes bien matinal aujourd'hui; l'Académie ne donne aucun exemple du pluriel masculin; nous pensons qu'il est inusité.—Matineux, matineuse, qui est dans l'habitude de se lever matin: il faut être plus matineux que vous n'êtes.—Matinier, matinière, qui appartient au matin; il n'est guère usité que dans cette expression: l'étoile matinière.—Prononcez mati-nière et non mati-gnière.—Voyez ni.

=Matou=, s. m., chat mâle; ne dites pas marou ni marcou.

=Maudire=, v. a., fait à la 2e pers. du près. de l'indic. et de l'impér., maudissez, et non maudisez, maudites.

=Mauvais, e=, adj.,—Ce mot peut s'employer dans le sens de méchant, mais jamais comme synonyme de fâché: que cet enfant est mauvais (méchant)! oh! le mauvais; oh! la mauvaise;—il était si fâché, je suis fâché et non mauvais. (Wall).

2. Mauvais mal, mauvaise maladie, ne peuvent pas se dire pour cruel mal, cruelle douleur, cruelle, dangereuse maladie:—vous avez mal aux dents, c'est un cruel mal, et non un mauvais mal; le typhus est une dangereuse maladie et non une mauvaise maladie.

3. Ne dites pas, un mauvais doigt, une mauvaise jambe, pour indiquer que vous y éprouvez un mal quelconque; dites j'ai mal au doigt, à la jambe, et non j'ai un mauvais doigt, une mauvaise jambe.

4. Mauvais air, air ignoble;—air mauvais, air terrible.—Prononcez mo-vai (o bref) et non mó-vai (ô long).

=Maximum=, s. m., le plus haut degré: prononcez mak-cimome et non mak-zimome;—en terme technique, on dit au pluriel maxima et minima.

=Me, le.=—Les personnes ignorantes seules disent: donnez-mê-le pour donnez-le-moi.

=Méchant= comme la gale.—Dites, mauvais comme la gale: la raison de ce choix est évidente; on dit que la gale est mauvaise, mais on ne dit pas qu'elle est méchante.

2. Une méchante épigramme, est une épigramme sans sel, sans mérite, mal faite;—une épigramme méchante, est une épigramme mordante: il en est de même de méchants vers et de vers méchants, etc.

=Mécontent, e=, adj.—On est mécontent de quelqu'un et non après, sur ou contre quelqu'un: il est mécontent de vous, de son fils.—Voyez malcontent.

=Mécredi=, s. m., barbar.:—écrivez et prononcez mercredi.

=Médical, Médicinal=, adj.—Médical, qui appartient à la médecine considérée comme science: l'art médical, instrument médical;—Médicinal, qui a la vertu d'une médecine, d'un médicament: plante médicinale.

=Médire=, v. n., fait au présent de l'indicatif et à l'impératif, médisez et non médites.

=Méfaire=, v. n., faire le mal, ne s'emploie qu'à l'infinitif et au participe passé, méfait, qui se construit toujours avec l'auxiliaire avoir.

=Mégarde= (par), loc. adv., par inadvertance: je me suis blessé par mégarde;—ne dites pas par mégard (mégar).

=Meilleur, e=, adj. comp.—Ne dites pas: vous chantez meilleur que moi; dites, vous chantez mieux que moi:—meilleur équivaut à plus bon et mieux à plus bien. (Fland.)

2. Ne dites pas, j'ai meilleur que vous; dites, je suis mieux que vous (Wall.)—Voyez bon.

3. Dites, je suis arrivé de meilleure heure que vous et non de plus bonne heure.—Voyez heure.

=Mélanger=:—voyez mêler.

2. Mêler à, mêler avec.—Dans l'acception de mettre ensemble plusieurs choses, les confondre, on dit mêler avec: l'Ourthe mêle à Liége ses eaux avec celles de la Meuse; mêler de l'eau avec du vin.—Mais au figuré on dit mêler à: il sait mêler la douceur à la sévérité; mêler les affaires aux plaisirs. (Acad.)—Voltaire a dit cependant: les anciens Romains étaient trop austères pour mêler leurs plaisirs avec leurs affaires: cet exemple n'est pas à imiter.

3. Mêler, mélanger.—Mêler signifie mettre ensemble, confondre;—mélanger, signifie, assembler, assortir; en mêlant les choses, on les dénature, on les brouille;—en les mélangeant, on les combine dans le but d'obtenir de leur composition un résultat avantageux, un produit nouveau.

=Mélisse=, s. f., plante, boisson: ne dites pas milisse.

=Melon=, s. m.—Ne dites pas mélon ni mèlon.

=Membour=, ne peut pas se dire pour tuteur ni membournie pour tutelle: cet enfant a perdu son tuteur et non son membour; cet homme est en tutelle et non, en membournie. (Wall.)

=Membré, Membru=, adj.—Membré ne s'emploie guère qu'avec l'adverbe bien et signifie, qui a des membres bien faits, bien proportionnés: il est bien membré.—Membru, qui a les membres fort gros: il est bien membru.—Il s'emploie aussi substantivement: un gros membru, mais il est familier dans cette dernière acception.

=Même=, adj. et adv.—Ne dites pas: j'entreprendrai tout de même ce long et pénible travail; dites, j'entreprendrai néanmoins, toutefois, malgré ça, ce long et pénible travail.

2. Ne dites pas: cette nouvelle paraît certaine, mais elle est tout de même étrange; dites, elle est pourtant, néanmoins étrange;—tout de même signifie de la même manière: mon bureau est fait tout de même que le vôtre.

3. Ne dites pas: est-ce tout de même d'aller jouer; dites, est-ce que je peux, est-il permis d'aller jouer, me donnez-vous la permission de... (Wall.)

4. Ne dites pas: c'est tout de même pour moi, ou c'est pour moi le même, c'est moi le même; dites, ça m'est égal, indifférent, m'importe peu ou peu m'importe.

5. Ne dites pas: il a le même caractère de son frère; dites, que son frère.

6. Ne dites pas: voulez-vous venir avec nous?—Tout de même;—dites, volontiers, avec plaisir.

7. Tout de même, tout le même.—Pour savoir laquelle de ces deux expressions il faut employer, il suffit de voir si, en supprimant tout, ou emploierait de même ou le même: il est tout le même qu'il y a dix ans;—ces deux robes sont faites tout de même l'une que l'autre.—Prononcez mê-me et non min-me.

=Mémento=, s. m., marque pour se souvenir.—L'Académie ne donne point d'exemple de pluriel; quant à nous, nous écririons des mémentos, parce que l'accent sur l'é donnant à ce mot le caractère de mot français, il doit être soumis aux règles de la langue française et prendre une s au pluriel.—Prononcez méminto.

=Menacer=, v. a.—Ne dites pas: il menace une maladie, une étisie, mais, il est menacé d'une maladie, d'une étisie ou il couve une maladie, une étisie.

2. Prononcez menacer (e muet) et non mènacer.

=Mener=, v. a.—Prononcez mener (e muet) ou m'ner et non mèner.—Il en est de même des mots amener, emmener; cependant dans les temps où l'n est suivi d'un e muet, le premier e devient grave et se prononce comme dans père: je mène, je mènerai (ne prononcez pas je min-ne, je min-nerai).

2. Ne dites pas: mener du bruit, mener du train; dites faire du bruit, faire du train:—ces enfants font beaucoup de bruit, font du train dans la classe.

=Menotte=, s. f., main d'enfant; liens de fer ou de corde cadenassés qu'on met aux poignets de certains prisonniers pour leur ôter l'usage des mains; dites menotte et non mènotte ni manotte ni minotte.

=Menteur=, fait au féminin menteuse et non menteresse: elle est menteuse comme un laquais.

=Mentor=, s. m., gouverneur, guide: prononcez mintor et non mantor, mennetor.

=Menu=, s. m.—Le menu d'un repas est la note de ce qui doit y entrer et non les mets comme on le pense assez généralement: il y aura demain vingt personnes à la table, il faut dresser le menu.

=Menuisier=, s. m.—Prononcez menu-isier (ui diphth.) et non menouisier ni mènuisier.

=Méphitique=, adj., qui a une odeur fétide; qui produit des exhalaisons nuisibles: air méphitique:—ne dites pas méphétique.

=Mercredi=, s. m.—Ne dites pas mécredi ni mercrédi, mercrèdi.—Voyez jour, 11.

=Mérelle=, s. f., jeu d'enfants où l'on pousse un palet (caillou, pierre) avec le pied dans des cases tracées d'avance sur le sol: on dit aujourd'hui marelle: jouer à la marelle.

=Mérinos=, s. m. (on prononce mérinoce); mouton de race espagnole, sa laine ou étoffe faite avec sa laine.—Il se prend aussi adjectivement et s'écrit mérinos pour les deux genres: bélier mérinos, brebis mérinos.—Ne prononcez pas mèrinos.

=Méritant, te.=—On dit très-bien: c'est une personne bien méritante (qui a du mérite). (Acad.)

=Mérite=, s. m., s'emploie généralement au singulier: il ne faut pas être fier de son mérite et non de ses mérites; cet homme a beaucoup de mérite et non de mérites; son mérite est au-dessus de tout éloge et non ses mérites.

=Mésange=, s. fém., petit oiseau: voilà une jolie mésange: prononcez mézange et non messange ni mézanche.

=Mésentendu=, n'est pas français; dites malentendu: voyez ce mot.

=Messe=, s. f.—On dit messe basse (et non basse messe) ou petite messe, qui se dit sans chant;—messe haute, ou grande messe ou grand'messe, (et non messe à chanter), qui est chantée: grand'messe fait au pluriel grand'messes.

2. On dit: servir la messe et non servir à la messe. (Acad.)

3. On dit, aller à la messe et non aller à messe; mais on dit, aller à vêpres et non aller aux vêpres.

4. On dit, manquer la messe et non à la messe; (Acad., au mot messe);—on dit un livre de messe, un livre de prières et non un livre à prières; (Acad., aux mots messe et prière).

5. Faire la messe, lire la messe, pour dire la messe, célébrer la messe, est un flandricisme;—faire une messe, se dit d'un musicien qui compose une messe.

6. Messe, pour signifier le fruit du néflier, n'est pas français; il faut dire nèfle: une grosse nèfle:—prononcez nè-fle et non nèfe ni nèfèle.

=Messieurs=, s. m. pl.—Ne dites pas: les messieurs furent obligés de rester debout pendant toute la séance; dites, les hommes...—Mais on peut dire ces messieurs, en parlant d'hommes désignés ou présents: je vais me promener, quant à ces messieurs (présents), ils resteront ici si bon leur semble:—cependant, il est impoli de dire ce monsieur.

=Mesurer=, v. a. et pr.—On dit se mesurer (lutter) avec quelqu'un et non contre quelqu'un.

=Métal, Métail=, s. m.—Métail est une composition de métaux;—métal indique un pur minéral: l'or est un métal, le bronze est un métail.—Quoique métail n'ait pas été admis par l'Académie, il figure pourtant dans plusieurs dictionnaires.

=Métallique=, adj., de métal; on prononce les deux ll: métal'lique.

=Métier, Profession, Art.=—Métier, profession d'un état manuel;—profession, carrière que l'on suit, emploi que l'on occupe;—art, talent qu'on cultive:—il a embrassé la noble profession des armes; puisque vous voulez faire apprendre un état manuel à votre fils, que ne choisissez-vous le métier de tailleur; l'art fait l'artiste.

=Métis, Métisse=, adj. et subst., né de deux espèces: on prononce l's de métis.

=Mets=, s. m., aliment préparé pour un repas; on l'écrit avec une s, même au singulier et on prononce mè;—l's se fait sentir devant une voyelle: un mets exquis.

=Mettre=, v. a.—Ne dites pas: mettre ou jouer dans la loterie; dites, mettre ou jouer à la loterie. (Fland.)

2. Ne dites pas: il a mis ces pierres sur un; dites, il a mis ces pierres les unes sur les autres. (Fland.)

3. Ne dites pas non plus, avec les flamands: tout est sous un; dites, tout est sens dessus dessous.

4. Ne dites pas: mettre quelqu'un en bas de sa charge; dites, déposer quelqu'un de sa charge ou le destituer. (Fland.)

5. Ne dites pas, comme c'est généralement l'usage à Mons, à une personne qui vous rend visite et que vous invitez à s'asseoir: veuillez vous mettre; dites, veuillez vous asseoir, ou servez-vous de toute autre phrase équivalente.

6. Ne dites pas au condit.: nous metterions, vous metteriez; dites, nous mettrions, vous mettriez.

=Meublé=, garni de meubles, ne peut pas s'employer pour tapissé:—aussitôt que ma chambre a été tapissée, je l'ai meublée.

=Meubler=, v. a.—Ne dites pas papier à meubler; dites, papier peint, papier-tenture, papier de tapisserie;—tapis, dans ce sens, n'est pas français.—Voyez ce dernier mot.

=Meulière, Molière=, s. f., =Molaire=, adj. et s. f.—La meulière est une pierre fort dure dont on fait les meules de moulin;—une molière est une carrière d'où l'on tire ces pierres; on appelle aussi terre molière une terre grasse et marécageuse.—On appelle enfin molaires ou dents molaires, les grosses dents qui servent à broyer les aliments.

=Meurir= pour =Mûrir=.—Ne dites pas: les fruits ne meuriront pas cette année; dites, ne mûriront pas...

=Meurtre, Assassinat.=—Le meurtre est un homicide commis avec violence;—l'assassinat est le meurtre commis avec préméditation, de guet-apens.

=Mévendre=, v. a., vendre une chose moins qu'elle ne vaut; il y a des temps ou les marchands sont obligés de mévendre.—Il a vieilli. (Acad.)

=Mezzo-termine=, s. m., (littér., moyen-terme), parti moyen pour concilier; le pluriel s'écrit comme le singulier:—prononcez med'zotèrminé.

=Mi.=—Abréviation du mot demi, mi-chemin, mi-corps, etc.—Quand on le joint au mot corps, jambe, chemin, mur, terme, sucre, et côte, on ne l'emploie qu'adverbialement avec la préposition à et sans article: il n'y a de l'eau qu'à mi-jambe; cette poutre ne va qu'à mi-mur; des confitures à mi-sucre, etc.—Joint au mot carême et au nom des mois, il fait partie du substantif et doit être précédé de l'article la, quoique les substantifs soient du masculin: la mi-carême, la mi-mai;—excepté toutefois dans cette locution proverbiale, mi-mai, queue d'hiver.

2. Mi-parti est un adjectif dont le féminin est mi-partie: les opinions ont été mi-parties; cette robe est mi-partie de blanc et de rouge.

=Miche=, s. f., pain d'une grosseur médiocre, pesant au moins une livre et quelquefois deux; il se dit aussi des pains ronds d'un poids plus considérable: une miche de douze livres. (Acad).

=Micheau=, s. m.—Ce mot n'est pas français:—au lieu de dire, je vais faire un voyage, je vous rapporterai votre micheau, il faut dire: je vous rapporterai quelque chose, je vous rapporterai un cadeau. (Wall.)

2. Micheau, n'est pas français non plus pour désigner de petits pains au beurre; dites simplement petit pain ou bien miche au beurre.

=Micmac=, s. m., est un mot français qui signifie intrigue (et non pêle-mêle), manigance, pratique secrète dont le but est blâmable: il y a eu bien du micmac dans cette affaire.

=Midi=, s. m., =Minuit=, s. m.—Ces deux mots sont du singulier et du masculin; dites donc, à midi précis, à minuit précis, et non pas à midi précise, à minuit précise.

2. Dites de même, sur le midi, sur le minuit, midi a sonné, à minuit sonnant, vers midi, vers minuit, etc., et non pas sur les midis, sur les minuits, midis ont sonné, à minuits sonnants ou sonnantes, vers les midis, vers les minuits.—Cependant, on dit très-bien vers les dix heures, vers les onze heures, etc.

3. Ne dites pas non plus avec les flamands et les wallons: il est douze heures; dites, il est midi, il est minuit.—Prononcez minu-it (ui diphth.) et non minouit.

4. Ne dites pas: c'est midi, il est temps que je sorte; dites, il est midi...—Mais à la question: quelle heure sonne? il faudra répondre: c'est midi, c'est-à-dire, ce (l'heure) qui sonne est midi, puisqu'on dit, voilà midi qui sonne. (Acad.) Ces observations s'appliquent également au mot minuit.

5. Ne dites pas: je vous verrai ce midi; dites, à midi.

6. Ne dites pas: il rentre toujours sur le midi; dites à midi, vers midi; dites de même, avant midi, après midi, avant minuit, après minuit, vers minuit.

7. Ne dites pas: midi et quart, minuit et quart; dites, midi et un quart, minuit et un quart. Voyez quart et liaisons affectées.

8. Ne dites pas: avez-vous fait midi, avez-vous mangé le midi, dites, avez-vous dîné?

9. Après-midi, s. f.: je vous ai attendu toute l'après-midi. —Plusieurs, dit l'Académie, le font du masculin;—le pluriel s'écrit comme le singulier: il passe toutes ses après-midi à étudier, c'est-à-dire, toutes ses heures de l'après-midi.

=Mier=, v. a., mettre le pain en miettes, n'est pas français; dites émier ou émietter.

=Miette, Mie=, s. f.—Miette signifie petite partie, petit morceau;—mie ne se dit que de la partie du pain qui se trouve entre les deux croûtes: des miettes (et non des mies) de sucre; donnez m'en une miette; vous ne lui en avez donné qu'une miette;—il n'a plus de dents, il ne mange plus que de la mie (et non de la miette).—Prononcez miette (iette diphth.) et non mi-ette ni mi-iette.

=Mieux=, adv. comp.—Dites, c'est ma mère que j'aime le mieux, le plus, et non, la mieux, la plus: le mieux est ici superlatif et conséquemment invariable.

2. Lorsque mieux est suivi de deux infinitifs, on met ou l'on supprime la préposition de devant le second: j'aime mieux vous déplaire que vous tromper, ou que de vous tromper.—L'emploi de la préposition de est néanmoins préférable.

3. Aimer mieux et il vaut mieux, suivis d'un infinitif, ne doivent pas être suivis des prépositions de ni à: j'aime mieux étudier, il vaut mieux étudier, et non d'étudier ni à étudier.—Voyez aimer et valoir.

4. Ne dites pas: il chante, il joue des mieux; dites, très-bien, parfaitement:—des mieux n'est pas français dans ces sortes de phrases.

5. Ne dites pas: il chante plutôt mieux que mal; dites, bien que mal, en opposant l'adverbe positif bien à l'adverbe positif mal.

6. Ne dites pas: le temps s'est radouci, il fait mieux qu'hier; dites, il fait meilleur qu'hier, en sous-entendant le mot temps, comme on dit, il fait chaud, il fait froid, il fait bon, etc.

7. Il ne faut pas employer l'un pour l'autre mieux et plus: mieux exprime la perfection, l'idée d'une supériorité de manière;—plus exprime l'extension, l'idée d'une quantité supérieure.—On ne doit pas dire: j'ai gagné mieux de cent francs, mieux que cent francs; il faut dire, plus de cent francs.

8. Mieux, se met après les verbes dans les temps simples et entre l'auxiliaire et le participe dans les temps composés: j'aime mieux, j'ai mieux aimé.

=Mille=, adj. num. card.—Ne dites pas: le premier mille francs est le plus difficile à gagner; dites, les premiers mille francs sont...; francs étant substantif, impose le genre et le nombre.

2. Ne dites pas: il m'a comblé de mille éloges; dites simplement, ... d'éloges.

3. Mille est adjectif numéral et substantif commun.—Comme adjectif, il s'écrit de deux manières (et est naturellement invariable): 1º mille, pour exprimer le nombre dix fois cent: mille francs, dix mille francs. 2º Mil, dans l'expression des dates: Léopold premier, roi des Belges, est monté sur le trône l'an mil huit cent trente et un. Cependant on écrit mille dans l'expression des dates antérieures à la naissance de Jésus-Christ: le temple de Salomon fut achevé l'an mille cinq cent avant Jésus-Christ.—Comme substantif commun, c'est-à-dire, employé pour représenter une mesure de chemin, mille s'écrit avec une s au pluriel: trois milles d'Angleterre font près d'une lieue de France.—Ne confondez pas dans la prononciation l'adjectif mil (qui se prononce mile) avec le substantif mil (millet) où l'l est mouillée comme dans babil, péril.

=Millésime=, s. m., date de monnaie; millénaire, adj., hérétique ou qui contient mille; millimètre, s. m., millième partie d'un mètre:—dans ces mots on prononce les deux ll.

=Milliaire=, milliard, milliasse, millième, millier, million, millionnaire, millionnième, billion, trillion, etc.:—dans tous ces mots les ll sont suivies d'un i et on ne prononce qu'une l.

=Minable=, adj., misérable, qui fait pitié: air minable;—qui indique une grande misère: vêtements minables.—Cette expression populaire est mauvaise sous tous les rapports, puisqu'elle ne tient à aucune racine française ni étrangère qui puisse en faire comprendre le sens et la rendre claire. (BESCHERELLE.)

=Minéral, Minerai, Mine, Minière, Carrière.=—On donne le nom de minéraux (é fermé) aux substances inorganiques qui entrent dans la constitution de la terre; ils ne vivent pas et ne se reproduisent pas, ce qui les distingue des végétaux et des animaux.—On donne le nom de minerais (e muet) aux minéraux que l'on utilise pour en extraire les métaux, tels que le fer, le zinc, le cuivre, le plomb, l'argent, l'or, etc.—On appelle mines les exploitations de minéraux: la loi distingue les mines, les minières et les carrières. Les mines s'exploitent dans la profondeur pour l'extraction des minerais et de quelques autres substances, telles que la houille, le soufre, le sel, etc. Les minières sont des exploitations superficielles ou très-rapprochées de la surface, et d'où l'on retire des minerais, de la tourbe, etc. Les carrières s'exploitent à la surface ou dans la profondeur pour les matériaux de construction, calcaire, grès, ardoise, argile, sable, pierre à plâtre, etc.

=Miniature=, s. f., peinture délicate: on prononce ordinairement mignature, dit l'Académie; cette prononciation vicieuse n'est donc pas de rigueur, et l'on doit approuver ceux qui disent mi-niature.

=Minimum=, s. m., le moindre degré: prononcez minimome.—Voyez maximum.

=Minou=, minet, minette, petit chat: le minet joue avec le chien; voilà une jolie petite minette.—Minou n'est pas français.

=Minuit=: voyez midi.

=Minute=, s. f.—Ne dites pas: en une minute de temps; si vous avez une minute de temps; dites simplement, en une minute; si vous avez une minute.—Voyez heure.

=Minutie=, s. f., bagatelle; minutieux, adj.—Prononcez minucie, minucieux.

=Mi-parti=, mi-partie: voyez mi.

=Miracle, Miraculeux=: l'a est long dans le premier et bref dans le second.

=Mirmidon=: voyez marmiton.

=Misérable=, adj.—Ne dites pas: faites-lui l'aumône, c'est une misérable femme, un misérable homme; dites, c'est une femme, un homme misérable et mieux, malheureux.—On emploie mieux cet adjectif, en l'appliquant à la condition: être réduit à un état misérable; son sort est misérable; car, en général, appliqué aux personnes et employé substantivement, il veut dire malhonnête, vicieux, débauché: c'est un misérable, un grand misérable.—Il n'y a que quelques exemples, pris dans le style élevé, où il emporte l'idée de misère: il ne se faut jamais moquer des misérables; les misérables et les malheureux méritent des secours.

=Miserere=, s. m., psaume, colique: prononcez mi-zéréré.

=Mite= ou =Teigne=, s. f., insecte qui ronge les vêtements: ne dites pas motte.

=Mitouche=: voyez nitouche.

=Mixte=, adj., mêlé, mélangé: prononcez miks-te et non mixe.

=Mixtion=, s. f., mélange de drogues; mixtionner, faire ce mélange.—Dans ces deux mots, ti conserve sa prononciation naturelle, c'est-à-dire, celle qu'il a dans les mots menti, parti: miks-thion, miks-thioner.

=Mode=, s. f.—Prononcez mo-de et non mo-te ni môde: un habit à la mode.

=Modeste=, adj.—Quoi qu'en disent certains grammairiens, modeste se dit bien des choses et signifie médiocre, simple, sans éclat: avoir un train, un équipage modeste, une table modeste; faire une dépense modeste; il s'est borné à conserver le modeste héritage de ses pères. (Acad.)—Toutefois, nous croyons qu'on ne peut pas dire un prix, une somme, une taxe modeste, mais bien, un prix, une somme, une taxe modique.

=Moelle=, s. f., substance molle dans les os, dans les bois; moellon, pierre de construction: moelleux, rempli de moelle, souple, gracieux:—dans tous ces mots oe est diphthongue; prononcez moèle, moèlon, moèleux; quelques-uns prononcent moale, moa-lon, etc.

=Mœurs=, s. f. pl.; il n'a pas de singulier.—Prononcez meurce et non meure, soit seul, soit devant une consonne.

=Moi=, pr. pers.—Ne dites pas: donnez-moi-le; donnez-moi-la; dites, donnez-le-moi, donnez-la-moi.

2. Ne dites pas: mène-moi-z-y, amuse-toi-z-y; donne-moi-z-en, sers-toi-z-en, quoiqu'on puisse dire mène-nous-y, amusez-vous-y, donnez-nous-en, servez-vous-en:—la vraie construction est mène-m'y, amuse-t-y, donne-m'en, sers-t'en.—Cependant, comme ces finales sont trop dures, il vaut mieux employer une autre tournure: mène-moi dans cet endroit, amuse-toi dans cette société, etc.

3. Ne dites pas: un ami de moi me l'a assuré; dites, un de mes amis....

4. Dites, c'est moi qui ai, qui suis; c'est nous qui sommes, qui avons; c'est vous qui êtes, qui avez: et non pas, c'est moi qui est, qui a; c'est nous qui sont, qui ont; c'est vous qui est, qui a, qui sont, qui ont, etc.

5. Ne dites pas: il a la jambe plus grosse que moi; dites, que la mienne.

6. Ne dites pas: le maître ne me refuserait pas cette permission, moi:—moi, est ici un régime indirect, il faut donc dire à moi ou prendre une autre tournure, comme: quant à moi, le maître, etc.

7. Ne dites pas: moi, je me vengerais; moi, je vais jouer; dites plutôt: pour moi, je me vengerais, pour moi, je vais jouer; ou bien, je me vengerais, moi; je vais jouer, moi.

8. Ne dites pas: c'est moi, c'est vous la cause de son malheur; dites, c'est moi qui suis, c'est vous qui êtes la cause de son malheur.

=Moindre=, est le comparatif de petit; ne dites donc pas: sa position est plus moindre que la mienne ou est la plus moindre de toutes; dites, sa position est moindre que..., est la moindre de toutes.

2. Le moindre est le superlatif de petit; vous ne direz donc pas: il a relevé le moindre petit de mes défauts; petit est de trop; dites, le moindre de mes défauts.

3. Ne dites pas: j'en ai moindre, je ne le donnerai pas à moindre; dites, j'en ai moins, je ne le donnerai pas à moins.—Moindre est adj. et ne peut pas s'employer pour moins qui est adverbe.—Prononcez moin-dre et non mointe ni moandre, moindère.

=Moins=, adv.—Au moins signifie pour le moins; du moins exprime une correction, une restriction: comment, vous n'êtes pas au moins général? vous êtes du moins colonel?

2. Ne dites pas: vous ne l'aurez pas, à moins que le demander; dites, à moins de le demander, ou à moins que de le demander:—à moins devant un infinitif veut la préposition de seule ou précédée de que; la forme à moins que de est plus ancienne.

3. Ne dites pas: je ne le ferai pas à moins que de mille francs; dites, à moins de mille francs.

4. Ne dites pas: il est moins bon qu'il en a l'air; dites, qu'il n'en a l'air.

5. Ne dites pas: le moins que possible, le moins tard que possible; supprimez le que et dites, le moins possible, le moins tard possible.

6. Ne dites pas: à moins que vous jugiez à propos; dites, à moins que vous ne jugiez à propos:—à moins que est toujours suivi de la négation.—Prononcez moins et non moans.

=Mois=, s. m., douzième partie de l'année.—Les noms des mois s'écrivent avec une petite lettre: février, mars, avril, et non Février, Mars, Avril. (Acad.)

=Moitié=, s. f.—Ne dites pas: la moitié de six est de trois; dites, est trois.—Voyez quart, tiers.

2. On dit plus d'à moitié et non plus qu'à moitié: ce vase est plus d'à moitié plein.—Prononcez moiti-é et non moi-tchié.—Voyez ti et di.

=Mon, Ton, Son=, etc., adj. pos.—Ne dites pas: j'ai mal ma tête ou à ma tête; Pierre s'est cassé sa jambe; dites, j'ai mal à la tête; Pierre s'est cassé la jambe.

2. Prononcez mon, ton, son, devant une voyelle ou une h muette, en conservant à ces mots leur prononciation propre et en ajoutant une n au mot suivant: mon âme (mon n'âme), ton âge (ton n'âge), son ouvrage (son n'ouvrage) et non mo n'âme, to n'âge, so n'ouvrage.

=Monnaie=, monnayer, monnayeur: on a abandonné l'ancienne orthographe, monnoie, monnoyer, monnoyeur.

=Mons=, s. m., abréviation du mot monsieur.—Le roi de France écrivant à un archevêque ou à un évêque disait: mons l'Archevêque, mons l'Évêque; mais entre particuliers, cette expression est méprisante: mons un tel, mons Remy.—Prononcez monce.

=Monseigneur=, s. m., titre d'honneur, s'écrit en un mot.—Le pluriel est messeigneurs; on l'emploie en parlant ou en écrivant collectivement à plusieurs des personnes qui ont droit au titre de monseigneur.—On disait autrefois nosseigneurs dans les requêtes présentées au conseil du roi, aux cours du parlement et aux autres cours souveraines. (Acad.)—Cependant on ne tient généralement pas compte de cette décision de l'Académie et l'on dit aujourd'hui nosseigneurs aussi bien et même mieux que messeigneurs: nosseigneurs les évêques de Belgique;—on écrit aussi Nos Seigneurs en deux mots et avec des majuscules.

2. Mon seigneur, s'emploie dans les prières: mon seigneur et mon Dieu;—le vassal voulant désigner quel était son suzerain, disait aussi: un tel est mon seigneur, vous êtes mon seigneur.

=Monsieur=, s. m.—Prononcez mocieu (en ne faisant sentir ni l'n ni l'r; cependant en poésie on fait quelquefois sentir l'r) et non m'cieu, mon-cieu ni mon-cieure;—le pluriel est messieurs qu'on prononce mècieu (en supprimant l'r et l's) et non mècheu ni mècieurce.

2. Si, vous adressant à un homme, vous lui parlez de sa femme, ne dites pas simplement madame, mais ajoutez le nom de famille: madame Durand, madame la comtesse de Vergy, ou bien dites, madame votre femme.—De même si vous parlez à madame Durand de son mari, ne dites pas, par exemple: comment se porte monsieur? dites, comment se porte monsieur Durand?—Un enfant, une femme, en parlant de son père ou de son mari, ne dira pas non plus: monsieur est sorti, mais mon père, mon mari, est sorti.

3. Si vous parlez à un domestique de ses maîtres, vous direz simplement monsieur, madame, mademoiselle, sans y ajouter le nom: monsieur est-il à la maison? et non monsieur Durand est-il à la maison?

4. Les mots monsieur, madame, mademoiselle, sont de rigueur pour toutes les célébrités vivantes; on dira donc: monsieur de Lamartine, monsieur Guizot, et non Lamartine, Guizot tout uniment.—Les acteurs seuls peuvent faire exception.

5. Ce, cette, devant monsieur, dame, demoiselle, ce monsieur, cette dame, cette demoiselle, est impoli; dites simplement monsieur, madame:—dites bonjour à monsieur, à madame, à mademoiselle, et non à ce monsieur, etc.

6. Abstenez-vous de même, quand il s'agit de personnes présentes ou respectables, de ces locutions: cet homme, cette femme, cet individu, celui-ci, celle-ci, cet homme-là, cette femme-là, cet individu-là, lui, elle, etc.; les gens bien élevés ne suppriment jamais les mots monsieur, madame, mademoiselle, quand ils parlent d'un tiers, absent ou présent:—cependant il faut éviter, en écrivant aussi bien qu'en parlant, de répéter trop souvent ces mots: on se rendrait insupportable.

7. Il est contraire au bon usage d'apostropher une personne par son nom à la suite du mot monsieur, madame, mademoiselle; ainsi en parlant à monsieur Durand, dites simplement, monsieur: oui, monsieur; non, monsieur; dites de même, oui, madame; oui, mademoiselle—et non oui, monsieur Durand; oui, madame Durand; oui, mademoiselle Durand.

8. On donnait le titre de monsieur (absolument) au frère du roi de France qui n'était pas destiné à occuper le trône.—Voyez mademoiselle.

=Monter=, v. n.—Les temps composés se conjuguent avec l'auxiliaire avoir, lorsqu'on veut exprimer l'action, et avec être, si l'on veut exprimer l'état, ou bien, en d'autres mots, selon que l'on peut répondre à l'une ou l'autre de ces questions: qu'a-il-fait?—où est-il, qu'est-il devenu?—il a monté (qu'a-t-il fait) quatre fois à sa chambre pendant la journée;—il est monté (où est-il) à sa chambre depuis une heure et il y est resté.—Lorsque monter est employé activement, il prend toujours avoir: il a monté l'escalier en courant.

2. Monter en haut, descendre en bas, sont généralement des pléonasmes vicieux; dites simplement monter et descendre.—Voyez haut.

=Monteuse=, une ouvrière en modes, une modiste: monteuse de bonnets, monteuse de modes. (POITEVIN).

=Monticule=, petite montagne, est masculin: un monticule.

=Moquer= (=se=), v. essentiellement pronominal;—ne dites donc pas: il me moque toujours; dites, il se moque toujours de moi.

2. On dit indifféremment: tu te ferais moquer de toi ou tu te ferais moquer. (Acad.)

3. Le participe passé moqué s'emploie aussi dans un sens passif avec le verbe être: il fut moqué de tout le monde. (Acad.)

=Mordicus=, adv., avec ténacité:—soutenir son opinion mordicus: prononcez mordicuce.

=Mordre=, v. a.—Il mord à belles dents: prononcez il mor à et non il mor t'à belles dents.—Dans les mots terminés en ord ou ort le t final ne se lie point avec la voyelle ou l'h muette qui suit.

2. Ne dites pas: les cousins m'ont mordu à la joue; dites, m'ont piqué... (Acad.)

=More=, s. m., peuple africain; moresque, adj.; moricaud, aude, adj. et s.;—on écrit aussi maure, mauresque, mauricaud.—L'Académie ne donne point le féminin correspondant de maure; quelques-uns disent, une maure, d'autres, une mauresque.

=Morigéner=, v. a., corriger;—ne dites pas moriginer ni morigérer.

=Mors=, s. m., frein:—on ne prononce pas l's excepté devant une voyelle: prendre le mors aux dents; cependant beaucoup de personnes ne font pas cette liaison.

=Mort=, s. m.—Ne dites pas un billet de mort; dites une lettre de faire part, un billet d'enterrement, un billet d'obsèques.

2. =Mort, morte=, adj.—Dans quelques locutions, il a un sens différent, selon qu'il précède ou qu'il suit le substantif.—Mort-bois, les espèces de bois de peu de valeur, comme les ronces, les genêts;—bois mort, arbre séché sur pied, branches qui ne reçoivent plus de sève.

3. Morte-eau se dit des marées les plus faibles;—eau morte, qui ne coule point.

4. Mort-ivre se dit d'un homme; mais en parlant d'une femme, il faut dire ivre-morte: voyer ivre-mort.

5. Mort-gage, s. m.: le pluriel est morts-gages.

6. Mort-né.—Mort est invariable; il fait au féminin mort-née et au pluriel mort-nés, mort-nées: une fille mort-née, des enfants mort-nés.

7. Morte-paye, s. f.: le pluriel est mortes-payes.

8. Morte-saison, s. f.: le pluriel est mortes-saisons.

9. Ne dites pas du mort-papier, pour désigner du papier non collé propre à faire sécher l'encre; dites du papier brouillard.

=Mortuaire=, adj.—Ne dites pas un service mortuaire; dites un service funèbre.

2. Ne dites pas une carte, un billet mortuaire; dites, une lettre de faire part, un billet de faire part, un billet de part, s'il s'agit de la lettre destinée à annoncer le décès;—dites billet d'enterrement, billet d'obsèques, s'il s'agit du billet destiné à être lu au prône à l'église.

3. Domicile mortuaire, terme de jurisprudence, lieu où une personne avait son domicile légal au moment de son décès; dans le langage ordinaire, on ne dit pas domicile mortuaire ni maison mortuaire: on dit, domicile du défunt, de la défunte; maison du défunt, de la défunte.

4. Mortuaire, adj., veut dire qui appartient au service, à la pompe funèbre: un drap mortuaire. (Acad.)

5. Registre mortuaire, registre où l'on inscrit les noms des personnes décédées.—Extrait mortuaire, extrait qu'on tire de ce registre.

6. Droits mortuaires, droits perçus pour les cérémonies funèbres.

7. Mortuaire, comme substantif, n'est pas français; ne dites donc pas la mortuaire, pour la maison, le domicile du défunt, de la défunte.

=Mot=, s. m.: prononcez mô et non mote.

=Mote=, s. f., petit insecte; ce mot n'est pas français; dites mite, s. f: ce fromage est plein de mites.

=Motus=, interj., silence!—prononcez motuce.

=Moucher=, v. a. et pr.—Ne dites pas: je mouche vingt fois en une heure, mais, je me mouche.

2. Ne dites pas non plus: mouchez votre nez, mais simplement, mouchez-vous.

3. Pourtant, on peut dire absolument, dans le même sens que s'il était accompagné du pronom: si cet enfant pouvait moucher, il serait soulagé; il ne mouche presque point. (Acad).

4. On peut encore dire dans le sens absolu, moucher, fatiguer: cet enfant mouche beaucoup; ce cheval fatigue beaucoup.

5. Ne dites pas: moucher une lumière, mais moucher une chandelle;—ne dites pas émoucher.

=Moucheron=, s. m., bout de la mèche d'une chandelle allumée; —mouchures, s. f. pl., ce qu'on a retranché ordinairement avec les mouchettes.—Moucheron se dit aussi de toute espèce de petite mouche, mais mouchette, pour moucheron, n'est pas français.

=Mouchettes=, s. f. pl., n'a pas de singulier: dites donc les mouchettes et non la mouchette ni l'émouchette ni les émouchettes.

=Mouchoir=, s. m., carré de toile qui sert à se moucher.—Mouchoir de cou se dit du fichu d'une femme; mais quand on parle d'un homme il faut dire cravate et non mouchoir ni mouchoir de cou.

=Moudre=, v. a.—Dites, nous moulons, vous moulez, ils moulent, je moudrai, il faut que je moule, il fallait que je moulusse.

=Moufle=, s. f., gros gant de cuir ou de laine où il n'y a pas de séparation pour les doigts, excepté pour le pouce; prononcez mou-fle et non moufe, moufèle.

=Moule=, s. f., mollusque bon à manger;—moule, s., est masculin, quand il signifie un modèle creux donnant la forme déterminée à la matière que l'on moule: retirer un vase du moule.

=Moulin=, s. m.—Ne dites pas: moulin à filer; dites, rouet:—prononcez rou-et et non rou-wet.

=Mourir=, v. n.—Ne dites pas: il a été fait mourir; dites, il a été exécuté, mis à mort; on l'a fait mourir.

2. Dites, je meurs d'envie d'aller revoir mon pays, et non, je meurs d'aller revoir mon pays.

=Mouron=, s. m., plante que l'on donne aux oiseaux; ne dites pas moron.

=Moussu, Mousseux=, adj.—Moussu se dit de ce qui est couvert de mousse;—mousseux, de ce qui mousse: il a jeté une bouteille de champagne mousseux sur ce rocher moussu.

=Moustache=, s. f.—Ce mot s'emploie généralement au singulier; ne dites donc pas: cet homme porte de longues moustaches, mais, une longue moustache; il relève sa moustache et non ses moustaches; sa moustache grisonne et non ses moustaches...

=Moyen=, s. m., se dit, au pluriel seulement, des richesses, des facultés pécuniaires: je ne connais pas ses moyens; ses moyens ne sont pas considérables. (Ac.)

2. Ne dites donc pas avec les wallons: ce fermier a bien le moyen; tu as bien le moyen de faire cette dépense; dites, ce fermier est riche, a de la fortune; tes moyens te permettent de faire cette dépense.—Prononcez moi-ien et non moi-en ni mo-ien.—Voyez fortuné.

3. Ne dites pas: les étrangers sont admis au moyen d'une légère rétribution; dites, moyennant une légère rétribution.

=Moyennant que=, est une mauvaise expression qu'il faut remplacer par pourvu que, à condition que;—on vous donnera ce livre, pourvu que vous soyez sage et non moyennant que vous soyez sage.—Prononcez moi-iènant et non moi-ènan, ni mo-iènan, moi-ien-nan.

=Moyenné, ée=, adj.—Ne dites pas un homme moyenné, un homme qui n'est pas moyenné; dites, un homme riche, qui a de la fortune, qui n'a pas de la fortune.—Voyez fortuné.

=Muffle=, s. m.—Ne dites pas: c'est un muffle; dites, c'est un orgueilleux, un vaniteux.—Muffle est une expression de bas étage.

=Mufti=, s. m., le chef de la religion mahométane; on écrit aussi muphti.

=Mur=, s. m., clôture de pierres: prononcez l'u bref;—mûr, adj. (fruit), bon à cueillir; prononcez l'u long; écrivez et prononcez de même mûrir, mûrement.

=Murailler=: voyez emmurailler.

=Mûre=, s. f.—Ne dites pas: feuilles de mûre; dites, feuilles de mûrier, comme on dit feuilles de chêne, de noyer, de vigne, etc.—Voyez orange.

=Muséum=, s. m., musée; l'Académie ne donne pas d'exemple du pluriel, mais nous pensons qu'il faut écrire des muséums avec l's comme on écrit des factums: prononcez muséome et non musé-i-ome.

=Mustache=, n'est pas français; dites, moustache: une moustache noire.—Voyez ce mot.

=Mutuellement=, adv.—Ne dites pas: ils se sont entre-nui, entraidés mutuellement; dites simplement, ils se sont entre-nui, ils se sont entraidés. (Pléon. vicieux).

=Myope, Presbyte.=—Une personne qui voit de près et non de loin, est myope;—une personne, au contraire, qui voit de loin et non de près, est presbyte.

N

=N.=—A la fin des mots, on doit faire sentir l'n dans abdomen, Éden, hymen, le Tarn et dans tous les mots où elle est unie avec le mot qui le suit, lorsque ce mot commence par une voyelle ou une h muette: ainsi, ancien ami, vilain homme se prononcent ancien n'ami, vilain n'homme.—Mais si l'n se trouvait à la fin d'un substantif suivi immédiatement d'un adjectif commençant par une voyelle ou une h muette, on ne devrait point la prononcer: ainsi l'on dira, une passion aveugle et non une passion n'aveugle ni une passio n'aveugle, parce que le substantif n'est pas nécessairement lié avec l'adjectif dans l'ordre grammatical.

2. Il en est de même du mot en, soit préposition, soit adverbe.—L'n finale se fait sentir lorsque ce mot est suivi d'un autre mot commençant par une voyelle ou une h aspirée avec lequel il a un rapport nécessaire, comme dans ces phrases: agir en ami, voyager en Allemagne, que l'on prononce comme s'il y avait, agir en n'ami, voyager en n'Allemagne.—Mais on dira: allez-vous-en au jardin, donnez-m'en un peu, sans faire sentir l'n, parce que dans ces phrases, le mot en n'a pas un rapport nécessaire avec le mot qui le suit.

3. =Nn.=—Les deux n se font sentir dans la prononciation de inn au commencement des mots, comme dans inné, innover, innommé, innombrable, etc.; excepté innocent et ses dérivés.—Elles se font également sentir dans tous les mots qui sortent du langage ordinaire, et dans les noms propres, tels que annal, adj., annales, annaliste, annate, biennal, bisannuel, conné, décennal, triennal, vicennal, septennal, surannation; Anna, Annibal, Apennins, Brennus, Cinna, Enna, Ennius, Porsenna, etc.; mais Cincinnatus se prononce plus communément Cinci-natuce.—On prononce également les deux n dans annuaire, annuel, annuité, annexe, (l'Académie ne dit rien d'annexé), annihilation, annihiler, annoise, annoter, connexe, connexion, connexité, annoter, annotation, annotateur, connivence, ennéagone, henné; et aussi dans Jenny, Sennachérib.—On ne prononce qu'une n dans les mots suivants: banne, banneau, banner, banneret, banneton, bannette, bannière, bannir, bannissable, bannissement. (HENNEBERT.)

4. =N=, se redouble: 1º dans les mots commençant par le son conn suivi d'une voyelle, comme connaître, connétable, connexe, connivence: il faut excepter cône, conoïde.

2º Dans les terminaisons en onner, comme couronner, tonner, patronner, etc.: on écrit cependant détrôner.

3º En général n se double devant une voyelle dans les dérivés des mots terminés en on: raison, raisonner; son, sonner, résonner; pardon, pardonner; ton, entonner, détonner (sortir du ton); bon, bonne, bonnement; condition, conditionnel, conditionnellement.—Cette règle admet de nombreuses exceptions; ainsi quoique don fournisse donner, on écrit donataire, donateur, donation; on écrit aussi démoniaque, qui dérive de démon; détoner, (faire explosion) et détonation (explosion); limonade de limon; patronal, patronage de patron; colonie, colonisation de colon; bonifier, bonification de bon; cantonal de canton; national, nationalité de nation; septentrional de septentrion; sonore de son; bonheur, bonhomme de bon, etc.

4º N se double presque toujours après les voyelles a, e, o, quand la syllabe est brève: canne, colonne, méridienne.

5º Avec le son en prononcé comme dans moyen, précédé d'un i ou d'un y, on double l'n lorsqu'elle est suivie du son de l'e muet: païen, païenne; il tient, ils tiennent.

5. Quand n est redoublée, elle ne donne jamais à la voyelle précédente le son nasal, si ce n'est dans ennobli, ennui et leurs dérivés.—Ainsi deux nn ne servent qu'à rendre brève la syllabe précédente: anneau, année, innocent se prononcent comme s'il n'y avait qu'une n. (SOULIER et SARDOU.)

=Nacre=, s., matière blanche et brillante qui forme l'intérieur d'un grand nombre de coquilles; ce mot est féminin: de la nacre.—Prononcez na-cre et non nake ni nakère.

=Naguère= ou =Naguères=, adv., il y a peu de temps.

=Nain=, s., qui est d'une taille bien au-dessous de l'ordinaire; le féminin est naine et non nine: prononcez nène et non nain-ne, nine.

=Naphte=, s. masculin, espèce de bitume très-subtil et très-ardent, qui brûle dans l'eau: du naphte.—On le faisait autrefois du féminin.—Prononcez naf-te et non nafe.

=Narrer=, v. a., raconter;—narration, narratif, narrateur:—dans tous ces mots, faites entendre les deux rr.

=Nasal, ale=, adj.—Quelques grammairiens disent que le pluriel masculin est nasals; cependant l'Académie dit os nasaux.

=Natal, ale=, adj.—Il se dit du lieu et de l'époque de la naissance: endroit natal, jour natal.—Ce mot n'a pas de pluriel masculin (Acad.); quelques grammairiens ont dit au pluriel natals.

=Natif, ive=, adj., se dit des personnes en parlant du lieu où elles ont pris naissance, et suppose ordinairement l'établissement fixe des parents, l'éducation, etc.; à la différence de né, qui peut supposer seulement la naissance accidentelle: Grétry était natif de Liége; Rubens est né (accidentellement) à Cologne. (Acad.)

2. Né natif est un sot pléonasme qui est assez commun chez les personnes du peuple, mais qu'il faut éviter: je suis natif de Namur et non, né natif de Namur.

=National, ale=, adj.—Garde nationale et garde national: voyez garde.—National ne double pas l'n.

=Naval, ale=, adj., qui est relatif aux vaisseaux de guerre; il n'a point de pluriel suivant l'Académie; Laveaux, Levizac, etc.; MM. Noël et Chapsal disent navals; Boinvilliers dit des combats navaux.—Nous sommes de l'avis de l'Académie; on fait disparaître la difficulté en remplaçant le substantif masculin par un synonyme féminin: ainsi au lieu de dire des combats navaux, dites des batailles navales.

=Navet=, s. m., plante dont la racine sert à la nourriture des hommes et des bestiaux; écrivez et prononcez navet (et bref) et non navai, navau.

=Navire, Vaisseau=, s. m.—Vaisseau désigne un grand bâtiment de guerre, un bâtiment de l'État;—navire se dit plutôt des bâtiments de commerce: on dira donc un navire de soixante tonneaux, un vaisseau de quatre-vingt-dix canons.—Une frégate, un brick de guerre, une gabarre même, ne sont pas des vaisseaux, ce sont des navires, ou mieux des bâtiments.

=Nayer= (=se=), =Se Nier=, v. p., ne sont pas français;—ne dites pas ces enfants se nayent, cette femme s'est nayée dans l'Ourthe; dites, ces enfants se noient, cette femme s'est noyée...

=Ne=, adv.—Il faut avoir soin de ne supprimer ne que dans les locutions reçues et autorisées; partout ailleurs ce sont de grossiers solécismes.—Ne dites donc pas: c'est délicat, point tortueux, point cupide; dites, ce n'est point tortueux, ce n'est point cupide.—Prononcez ne (e muet) et non nè.

2. Ne... que: voyez seulement.

=Néanmoins=, adv., toutefois: prononcez néan-moins et non néamoins.

=Néant=, s. m.: prononcez né-ant et non né-iant.

=Nec-plus-ultra=, loc. adv., pour indiquer un terme qu'on ne peut dépasser; on dit aussi, mais moins souvent, non-plus-ultra: l'Apollon du Belvédère est le nec-plus-ultra de la statuaire. —Prononcez nèk-pluce-ultra, nonne-pluce-ultra.

=Nef=, s. f., navire (en style poétique); partie d'une église: la grande nef.—Prononcez nèfe et non nève.

=Nèfle=, s. f., fruit du néflier; ne dites pas messe pour nèfle.—Prononcez nèfle et non nèfe ni nèfèle.

=Négative=, s. f., proposition qui nie; mot qui sert à nier: soutenir la négative.—Écrivez et prononcez négati-ve et non négatif.

=Négligemment=, adv., avec négligence; prononcez néglijaman et non néglijan-man.

=Négoce=, s., trafic, commerce, est masculin: un bon négoce. —Prononcez négoce (o bref).

=Neige=, s. f.: prononcez nei-ge et non nei-che.

=Nenni=, mot invariable dont on se sert pour refuser; il n'est usité que dans la conversation familière:—on prononce nani et non nèni.

=Néologie=, s. f., =Néologisme=, s. m.—Néologie, invention, emploi de mots nouveaux;—néologisme, abus de la néologie.—Distinguez et dites donc: j'aime la néologie pleine de goût, dont Racine nous a laissé tant d'exemples, mais je désapprouve le néologisme des poètes romantiques.

=Nerf=, s. m., tendons des muscles.—L'f ne se prononce pas au pluriel; souvent même au singulier elle s'annule dans la conversation.—On ne la prononce pas dans nerf de bœuf où l'on ne doit faire entendre que l'f du mot bœuf.—Voyez ce dernier mot.

=Nescio vos=, formule familière de refus, empruntée du latin; prononcez nes'cio voce.

=Net=, adj., propre, clair: prononcez nète (è bref); quelques-uns prononcent nè sans faire sentir le t.

=Neuf=, nom de nombre.—L'f de neuf ne se prononce pas quand il est suivi d'un substantif commençant par une consonne: neuf plumes, neuf livres (neu plumes, neu livres).—On la prononce, au contraire, quand elle n'est suivie d'aucun mot, ou lorsqu'elle n'est suivie ni d'un adjectif ni d'un substantif: ils ne sont que neuf; neuf et demi; ils étaient neuf en tout.—Quand neuf est suivi d'un substantif qui commence par une voyelle ou une h muette, on prononce l'f comme un =v=: neuf écus, neuf ans, neuf hommes (neuv écus, neuv ans, neuv hommes).

2. =Neuf, euve=, adj., nouveau, se place après le substantif: des habits neufs, des souliers neufs, et non de neufs habits, de neufs souliers.

3. Les flamands sont exposés à confondre les adjectifs neuf, nouveau, moderne, attendu qu'ils rendent dans leur idiome ces trois mots par le même adjectif; l'usage leur apprendra mieux que les règles l'emploi de ces trois adjectifs; ainsi on doit dire: un habit neuf, une maison neuve, une nouvelle mode, un auteur moderne, etc.

4. Remettre, refaire un tableau, un bâtiment à neuf, c'est réparer le tableau, le bâtiment; mais habiller quelqu'un de neuf, c'est lui donner des habits entièrement neufs.—Faites sentir l'f du masculin neuf, au singulier et au pluriel, neufe et non neu.

=Neuvaine=, s. f., prière pendant neuf jours: ne dites pas neuvaime.—Prononcez neuvène et non neuvain-ne.

=Neveu=, fait au féminin nièce et non neveuse ni niége.

=Ni=, adv.—Ne dites pas: et moi non plus; dites, ni moi non plus.

2. =Ni.=—Il faut éviter de prononcer ni dans le corps d'un mot comme gni: vous direz donc ma-nière, la-nière, pa-nier, opi-nion, cordon-nier, doua-nier, jardi-nier, commu-nier, commu-nion, ma-niaque, nous don-nions, vous pardon-niez, etc., et non, ma-gnière, la-gnière, pa-gnier, opi-gnion, cordon-gnier, doua-gnier, jardi-gnier, commu-gnier, commu-gnion, ma-gniaque, nous don-gnions, vous pardon-gniez.

=Niais, aise=, adj., sot, simple: prononcez ni-è et non ni-ïè.

=Nichet=, s. m., œuf que l'on met dans un nid préparé pour la ponte des poules; ne dites pas niau.

=Nier=, v. a.—Ne dites pas: je me suis fait nier, pour signifier que vous avez recommandé de dire que vous étiez sorti; dites avec l'Académie, je me suis fait céler.—Prononcez ni-er et non ni-ier.

=Nieule, Nule=, sont des barbarismes; dites pain à cacheter.

=Nigaude, aude=, adj., sot et niais; ne dites pas nigot: prononcez nigô (ô long).

=Nitouche= (=sainte=), s. f., personne qui affecte des airs d'innocence, de simplicité, de dévotion: c'est une sainte-nitouche;—ne dites pas sainte-mitouche.

=Noble épine=, s. f., arbrisseau épineux; il faut dire aubépine.

=Noce=, s. f.—Lorsque ce mot signifie mariage, il ne se dit qu'au pluriel: il épousa une telle en premières noces, le jour de ses noces.—Lorsqu'il désigne le festin, les réjouissances qui accompagnent le mariage, il se dit aussi bien au singulier qu'au pluriel: une noce de village; repas de noce, habits de noces; j'ai été aujourd'hui à la noce, il n'a pas voulu faire de noces.—Lorsqu'il signifie toute l'assemblée, toute la compagnie qui se trouve à la noce, il ne s'emploie qu'au singulier: après le dîner, toute la noce s'est dispersée.

2. Écrivez noce sans accent circonflexe et prononcez noce (o bref) et non nôce.

=Noël=, s. m., fête de la Nativité de N. S. J.-C.;—quoique ce mot soit masculin, on peut dire à la noël en sous-entendant le mot fête; on dit également à Noël.

2. Un Noël est un cantique spirituel en l'honneur de la Nativité de N. S. J.-C.

3. Prononcez noël (oë diphth.) et non no-èle ni no-iêle, noéle.

=Nœud=, s. m.—Le d ne se prononce pas, même devant une voyelle: un nœud indissoluble.

=Noir, e=, adj.—Ne dites pas: il est noir de teint, de peau; dites, il a le teint noir, ... la peau noire.

2. Ne dites pas du café noir; dites du café à l'eau, comme on dit café au lait, café à la crème.

=Noix, Noisettes.=—Ne dites pas: ces noix, ces noisettes ont d'excellents noyaux, pour désigner la graine bonne à manger contenue dans l'écale; dites amande:—ces noisettes ont de petites amandes; ces noix ont les amandes fort dures (et non les noyaux).—Voyez noyau.

=Nombre= (=noms de=).—Quand on écrit un nombre en toutes lettres, on met un ou plusieurs traits d'union entre les adjectifs qui le composent, depuis dix-sept jusqu'à quatre-vingt-dix-neuf, excepté entre les adjectifs vingt, trente, quarante, cinquante, soixante, et l'adjectif un, qui s'unissent au moyen de la conjonction et: ainsi on écrit: vingt et un ans, vingt-deux, vingt-trois, etc., trente et un, trente-deux, quarante et un, quarante-deux, etc., et ainsi de suite jusqu'à quatre-vingts, quatre-vingt-un, quatre-vingt-deux, etc.—Mais au-delà de quatre-vingt-dix-neuf, on n'emploie ni conjonction ni trait d'union; on dit et on écrit: cent un, cent deux, cent dix-sept, cent vingt et un, trois cent soixante-dix, etc.—Cependant au lieu de soixante-dix, soixante-onze, etc., on dit aussi, et c'est mieux pour l'euphonie, soixante et dix, soixante et onze, jusqu'à soixante et dix-neuf. (Acad.)

=Nonante, Octante, Septante.=—Ces mots ont vieilli; octante même n'est plus du tout en usage.—On les remplace par quatre-vingt-dix, quatre-vingts, soixante-dix.—Cependant en arithmétique, on peut encore faire faire usage de nonante et de septante.

=Non fait=, est un barbarisme; cependant on dit très-bien si fait dans la conversation familière: je crois qu'il n'y a pas été.—Si fait, il y a été.

=Non-pair, non-paire=, adj.—On dit plutôt impair: un nombre impair.

=Non pas=, est une négation renforcée, équivalant à non, non; mais il ne peut pas s'employer pour n'est-ce pas.

2. J'ai reçu une lettre non affranchie;—ne prononcez pas non n'affranchie, mais non affranchie.

=Nord=, s. m.—Le d ne se prononce pas; il ne sonne pas non plus dans nord-ouest, nord-est (nor-oueste, nor-este).

=Nos, Vos=, adj. poss.: prononcez nô, vô (ô long) et non no, vo (o bref).

=Nota=, s. m., mot latin qui signifie remarquez, faites attention; on dit aussi nota bene (notabéné).

=Notariel=, adj.—Ne dites pas un acte notariel; dites un acte notarié:—notariel n'est pas français.

=Notion=, s. f., connaissance: prononcez nôcion.

=Notre, votre=, adj. poss., =le nôtre, le vôtre=, pron. poss.—On les distingue dans la prononciation: ainsi notre papier, votre plume se prononcent notre, votre, (o bref), tandis que dans le nôtre, le vôtre, les nôtres, les vôtres, ô est long:—prononcez no-tre, vo-tre, etc., et non note, vote ni notère, votère, etc.

=Nourri.=—Ne dites pas: vous êtes un mal nourri; dites, ... un mal élevé.

=Nous=, pron. pers.—Il est quelquefois employé dans le sens de je ou moi: ainsi dans les ordonnances le roi dit: nous ordonnons;—les évêques, les personnes qui ont quelque autorité et les auteurs, lorsqu'ils parlent d'eux-mêmes, se servent également de cette forme: nous mandons, nous déclarons, nous certifions, nous livrons au public le fruit de longues veilles.—Dans tous ces cas, les adjectifs, les participes dépendant de nous, se mettent au singulier et non au pluriel; nous avons été critiqué injustement; nous serons juste envers nos adversaires; nous nous sommes décidé à prendre cette mesure, etc.

2. Il en est de même du pronom vous employé pour tu, toi.

3. Ne dites pas: c'est nous qui ont, c'est nous qui sont, etc.; dites, c'est nous qui avons, c'est nous qui sommes.

4. Nous autres, vous autres: voyez autre.

=Nouveau, Nouvel, elle=, adj.—Un habit nouveau, est un habit à la mode nouvelle; un nouvel habit, est un habit nouvellement fait ou nouvellement porté.—Un habit neuf est un habit qui vient d'être fait.

2. L'adjectif nouveau, placé devant le substantif, éveille l'idée de certains objets analogues à ceux que va désigner le substantif; il exprime un rapport d'ordre, de succession, de nombre.—Placé après le substantif, il équivaut à récent, ou spécifie une chose inconnue jusque-là dans son genre.—On va chercher dans une bibliothèque de nouveaux livres; on reçoit d'un auteur un livre nouveau.—Une nouvelle faute, c'est une dernière faute ajoutée à des fautes antérieures;—une faute nouvelle, c'est une faute dans un genre nouveau.

3. Un nouveau vin est un vin mis nouvellement en perce; un vin nouveau est un vin de l'année.

=Noyau=, s. m., partie dure et ligneuse d'un fruit, abricot, cerise, etc., qui contient une amande;—l'amande, est la graine contenue dans le noyau; on mange l'amande et non le noyau de la noisette, de l'aveline, etc.—Les wallons disent souvent noyau pour amande.—Pierre, pierrette, pirette, dans le sens de noyau, ne sont pas français.—Prononcez noi-ieau et non no-ieau, noi-au.—Voyez noix.

=Nu, nue=, adj.—Il est invariable, lorsqu'il précède le substantif: nu-tête, nu-jambes, nu-pieds.—Cependant en terme de jurisprudence, on dit la nue propriété, c'est-à-dire, la propriété du fonds dont un autre a l'usufruit.—Nu, placé après le substantif, prend le genre et le nombre du nom: la tête nue, les pieds nus.

=Nuit=, s. f., nuitée, nuitamment, nuire, nuisible;—ui forme une diphthongue, laquelle ne compte dans les vers que pour une syllabe;—prononcez donc nuit, nuire, etc., et non nouit, nouire ni nu-it, nu-ire.—V. ui.

2. Ne dites pas: il était dix heures à la nuit ou de la nuit; dites, il était dix heures du soir.

3. Ne dites pas: j'ai rêvé, je me suis éveillé de la nuit; dites, pendant la nuit ou la nuit.

4. Dites, bonne nuit et non bon soir, lorsque vous prenez congé de quelqu'un au moment d'aller vous coucher, autrement dites bonsoir et non bonne nuit: la bonne nuit, ne se dit pas.

=Nul, nulle=, adj.; voyez aucun.

=Nullité=, s. f., défaut qui rend nul: prononcez nul'lité (en faisant sentir les deux ll).

=Numéro=, s. m., plur. numéros: prononcez numéro et non numèro, numero.

O

=O.=—L'o marqué de l'accent circonflexe, est toujours long: alcôve, côte, diplôme, hôte, excepté dans hôtel, hôtellerie, rôti et autres dérivés de rôt, lequel a conservé l'ô long, ainsi que dans prévôtal, prévôtale, prévôtalement, hôpital.—Voici la liste d'un certain nombre de mots qui se prononcent avec l'o long, bien que la plupart d'entre eux ne portent pas toujours l'accent circonflexe: atome, axiome, enjôleur, fosse, fossé, geôle, godron, grosil, idiome, motus, odeur (mais non odorat, odoriférant), ôter, prône, prôner, rapsode, rapsodie, symptôme, tome, zone.—Les noms propres Ancône, Brantôme, Cobourg, Durosoy, Joseph, Rhône, Saône, et les dérivés, suivent la même prononciation. (HENNEBERT.)—Ajoutons que plusieurs grammairiens prononcent Joseph, o bref.

=Oasis=, s. f., espace qui dans un désert de sable, offre de la végétation; ce mot est féminin: la grande oasis.—Prononcez oazice et non owazice, oazi.

=Obéissance, Soumission.=—La première est une conséquence de la seconde;—la soumission est dans la volonté et l'obéissance, dans l'action: celui qui se soumet à Dieu, obéit à sa volonté: —obéissance ne s'emploie pas au pluriel.—Prononcez obé-issance, obé-ir et non obéi-issance, obéi-ir.

=Obéré de dettes=, (pléon.)—Obéré est tiré d'un mot latin qui signifie endetté; il faut donc dire obéré tout simplement, ou perdu de dettes, chargé de dettes: ce négociant est fort obéré.

=Obit=, s. m., service pour le repos de l'âme d'un mort: prononcez obite.

=Obliger=, devant un infinitif, demande à ou de, lorsqu'il signifie engager, contraindre: l'envie de parvenir l'a obligé d'étudier; vous m'obligerez à me fâcher.—Il prend de, lorsqu'il veut dire, rendre service, et lorsqu'il est employé au passif: vous m'obligeriez beaucoup d'aller lui parler; il fut obligé de sortir; je serai obligé de vous punir,—S'obliger demande à: prêtez-moi ce livre, je m'oblige à vous le rendre (et non de vous le rendre) dans deux jours.

=Obliquité=, s. f., inclinaison; prononcez oblikité et non oblikuité.

=Obsèques=, s. f. pl., funérailles solennelles.—Ce mot est féminin et n'a pas de singulier; dites donc, on lui a fait de belles (et non de beaux) obsèques; on a célébré des obsèques solennelles (et non un obsèque solennel ni des obsèques solennels.)

2. Prononcez ob-sèques et non ob-zèques.

=Observer=, v. a,—Lorsque observer s'emploie dans le sens de remarquer, ce qui arrive souvent, il doit se construire comme ce verbe: ainsi, puisqu'on ne dit pas, je vous remarque que..., mais je vous fais remarquer que, on ne dit pas non plus, je vous observe que, mais je vous fais observer que:—je vous fais observer que vous êtes dans l'erreur, et non, je vous observe que vous êtes dans l'erreur.

2. Quelques personnes disent aussi, faire une observation, dans le sens de faire remarquer, de faire observer; cette manière de parler est incorrecte, car on ne peut pas plus dire faire une observation à quelqu'un, qu'observer à quelqu'un;—il faut dire, je vous ferai faire cette observation; je vous prie de faire cette observation.

3. Prononcez ob-cerver et non ob-zerver. Voyez remarquer.

=Obtenir=, v. a., se faire accorder: prononcez obtenir (e muet) et non obtènir.

=Obus=, s. m., petite bombe: prononcez obuze. (Acad.)

=Occiput=, s. m., le derrière de la tête: prononcez ok-'cipute.

=Occuper=, v. a.—Ne dites pas, il est occupé à mourir; dites, il est près de mourir, sur le point de mourir. (Flandr.)

2. Ne dites pas: il est occupé après ce travail depuis quinze jours; dites, il est occupé à ce travail. (Flandr.)

3. On dit, il est occupé à écrire et non d'écrire.

4. Occuper à (s'), s'occuper de.—S'occuper à quelque chose, c'est y travailler: il s'occupe à son jardin; il s'occupe à détruire les abus.—S'occuper de quelque chose, c'est y penser ou chercher les moyens d'y réussir: il s'occupe de son jardin; il s'occupe de détruire les abus.(Acad.)

=Occurrence=, s. f., rencontre; prononcez ocur'rence.

=Octave=, s., est féminin: une octave solennelle;—prononcez octa-ve et non octa-fe.

=Octavo= (=in=): voyez in-douze.

=Oculer=, signifie, greffer et ne se dit pas dans le sens de communiquer une maladie par le virus; dites donc, il faut faire inoculer le vaccin à cet enfant, et non oculer.

=Œcuménique=, adj., universel: concile œcuménique;—œ se prononce é, ainsi que dans œcuménicité, œcuméniquement.

=Œil=, (et non œuil), s. m., organe de la vue.—On prononce euille (ll mouillées); le pluriel est yeux; excepté dans œils-de-bœuf, fenêtres de forme ronde ou ovale (on prononce l'f de bœuf); œils-de-chat, œils-de-serpent, etc., noms de pierres précieuses; œils-de-bouc, coquillages; œils-de-chèvre, plantes; œils-d'or, poissons, etc.

2. Le pluriel yeux se dit de certains trous qui se trouvent dans la mie de pain et dans plusieurs espèces de fromage: un pain qui a des yeux, de grands yeux; un fromage qui n'a pas d'yeux,—Il se dit aussi de certaines marques de graisse qu'on aperçoit dans le bouillon: ce bouillon est très-gras, il a beaucoup d'yeux. (Acad.)

3. Entre quatre yeux, loc. adv., tête à tête: on prononce ordinairement (mais on n'écrit jamais) entre quatre-z-yeux. (Acad.)—Malgré l'autorité de l'Académie, nous ne conseillons pas de prononcer ainsi cette phrase; nous ne voyons pas du reste ce que la prononciation régulière, quatre yeux, peut avoir de désagréable à l'oreille.

=Œuf=, s. m.—L'f ne se prononce qu'au singulier: un œuf (œufe), des œufs (œu);—il en est de même du mot bœuf: voyez ce mot.

=Œuvre=, s., est féminin, quand il signifie une production de l'esprit, une action morale, etc.: les bonnes œuvres sont commandées par la charité; les œuvres de Corneille sont belles et nobles.—Il est masculin, quand il signifie le recueil de toutes les estampes d'un même graveur ou les ouvrages d'un musicien: avoir tout l'œuvre de Hollar, de Callot, etc.; le premier, le second œuvre de Grétry, de Gevaert, de Grisard.—On dit aussi le grand œuvre, pour désigner, en terme d'alchimie, la pierre philosophale, c'est-à-dire la prétendue transmutation des métaux en or: c'est un fou qui veut trouver le grand œuvre.

2. Mettre en œuvre, se dit des choses et non des personnes; ne dites donc pas: je mets beaucoup d'ouvriers en œuvre; dites, j'emploie beaucoup d'ouvriers.

3. Prononcez eu-vre (eu bien ouvert) et non eufe, œuvère.

=Office=, lieu où l'on fait, où l'on prépare tout ce qui se met sur la table pour le dessert, et dans lequel on garde le linge et la vaisselle; il est féminin dans ce sens: une grande office.—Dans les autres acceptions, office est masculin: de bons offices, un office solennel.

=Officine=, s. f., se dit quelquefois, chez les pharmaciens, pour laboratoire, boutique.

=Offre=, s., action d'offrir.—On l'a fait autrefois du masculin, mais aujourd'hui il est toujours du féminin: une offre avantageuse.—Prononcez o-fre et non ofe, ofère.

=Offrir=, v. a., devant un infinitif, demande la préposition de;—s'offrir prend à ou de:—il offre d'acheter (et non à acheter) ma maison à tel prix; il s'est offert de bonne grâce à y aller ou d'y aller.

=Ogre=, s. m., monstre qu'on suppose se nourrir de chair humaine: manger comme un ogre;—le féminin est ogresse.—Prononcez o-gre et non oke, oguère.

=Oie, Oye= (terminaisons en).—Les wallons font en général trop sentir l'i et l'e: ils prononcent, par exemple, voi-ïe, soi-ïe, j'envoi-ïe, que je croi-ïe, fourvoi-ïement, etc.—Oi suivi d'un e muet, devient une syllabe longue, mais on ne doit pas faire sentir un second i ni même l'e muet: prononcez simplement voî (oî long), soî, j'envoî, que je croî, fourvoî-ment.—Il en est de même de aie, aye, ée, ie, oue, ue, etc.

=Oignon=, s. m.—Prononcez ognon en supprimant l'i; quelques-uns même écrivent ognon (Acad.): prononcez de même ognonet, ognonière.

=Oiseleur, Oiselier=, s. m.—L'oiseleur, est celui qui fait métier de prendre des oiseaux: il n'a point de féminin correspondant.—L'oiselier, est celui dont le métier est d'élever, de vendre des oiseaux.

=Oiseux, Oisif=, adj.—Oiseux, qui par goût ou par habitude ne fait rien ou ne fait que des riens: gens oiseux et fainéants.—Il se dit aussi des choses et signifie inutile, vain, qui n'est bon à rien, ne sert à rien: des disputes, des questions oiseuses; une épithète oiseuse.—Oisif, ive, qui ne fait rien, qui n'a point d'occupation: un homme oisif.

2. On dit vie oisive, pour signifier la vie d'une personne oisive.—Le premier se dit plus particulièrement des choses et le second des personnes.

=Olibrius=, s. m., étourdi qui fait l'entendu, qui se donne des airs: prononcez olibriuce.

=Ombreux, Ombragé, Ombrageux, Ombré=, adj.—Ombreux, où il y a beaucoup d'ombre, qui fait de l'ombre; forêt, vallée ombreuse;—Ombragé, qui fait de l'ombrage, un superbe marronnier ombrage sa maison; chemin ombragé d'ormes.—Ombrageux ne se dit au propre que des chevaux, des mulets, etc., qui sont sujets à avoir peur et à s'arrêter ou à se jeter subitement de côté quand ils voient leur ombre ou quelque objet qui les surprend.

2. Ombrageux.—Il se dit figurément des personnes qui prennent trop légèrement des soupçons, de l'ombrage sur des choses qui les regardent, qui les intéressent: c'est un homme fort ombrageux. (Acad.)

3. Ombré est un terme d'art; il indique qu'on a représenté non-seulement les linéaments des corps, mais les accidents d'ombre ou de lumière: tête ombrée, dessin ombré.

=On, L'on.=—L'on ne s'emploie généralement que pour éviter un concours désagréable de sons ou bien un hiatus; voilà pourquoi on l'emploie plus particulièrement après qui, que, quoi, et, si, ou, où;—il vaut mieux dire: de qui l'on parle; si l'on dit; et l'on croit; on se tait ou l'on parle bien; le pays où l'on va, que de dire: de qui on parle; si on dit; et on croit; on se tait ou on parle bien; le pays où on va.—Cependant si le pronom était suivi d'un mot commençant par la lettre l, il faudrait se servir de on pour éviter la rencontre de deux l: si on lui dit, à qui on lit, et non, si l'on lui dit, à qui l'on lit.—On doit toujours être préféré à l'on au commencement d'une phrase: on rapporte (et non l'on) que l'empereur Nicolas penchait plutôt vers la guerre que vers la paix.

2. On ne se dit que des hommes et jamais de Dieu; ainsi, au lieu de dire: au jour du jugement, on nous demandera compte du bien et du mal que nous aurons fait, dites: Dieu nous demandera compte...

=Oncle=, s. m.—Dites, un tel est mon oncle et non mon mononcle.—Prononcez on-cle et non onke, onkèle.

=Ongle=, quoique anciennement féminin, est aujourd'hui masculin: avoir les ongles trop longs et non trop longues.—Prononcez on-gle et non onke, on-cle, onguèle.

=Onglet=, s. m., morceau d'étoffe ou de peau qui sert à couvrir le doigt:—le mot onglet n'a pas cette signification, il faut dire doigtier.

=Onze=, adj. num. card., qui se prend aussi substantivement.—Quoique ce mot commence par une voyelle, il arrive quelquefois, et surtout quand il est question de dates, qu'on prononce et qu'on écrit sans élision l'article ou la particule qui le précède: le onze du mois; de onze qu'ils étaient, il en est mort dix; de vingt il n'en est resté que onze.—On dit aussi dans la conversation familière: il n'en est resté qu'onze.

2. Quand onze est précédé d'un mot qui finit par une consonne, on ne prononce pas plus la consonne finale que s'il y avait une aspiration: vers les onze heures; ils étaient onze.

3. Prononcez on-ze et non on-ce.

=Onzième=, adj. num. ord., se prend aussi substantivement.—La première syllabe est ordinairement aspirée: le onzième du mois; dans sa onzième année; le cinq du onzième mois; il vivait au onzième siècle; il a deux onzièmes dans cette affaire; il est le onzième sur la liste; quelques-uns disent l'onzième. (Acad.)

2. Prononcez onziè-me et non onzièm-me; prononcez de même deuxième, troisième, quatrième, vingtième, etc.

=Ophicléïde=, s. m., instrument de musique:—prononcez ophiclé-ide et non ophicleite, ophiclé-ite.

=Ophtalmie=, s. f., maladie des yeux: prononcez oftalmî et non optalmi-ïe ni optalmî.

=Opuscule=, petit ouvrage, est masculin: l'auteur de cet opuscule fameux est un tel.

=Or=, s. m., ne se dit au pluriel que pour signifier les différentes couleurs que l'on peut donner à l'or; une boite de deux ors; des ors de différentes couleurs. (Acad.)

=Orage=, est masculin: les orages ont été fréquents cette année.

2. Ne dites pas une tempête orageuse (pléon. vic.); dites simplement tempête, parce qu'une tempête est toujours orageuse.

=Oral, ale=, adj., qui est dit de vive voix.—Il n'est guère usité au féminin qu'avec les substantifs loi, tradition et au masculin avec les substantifs masculins enseignement et examen: il ne s'emploie donc pas au pluriel.

=Orange=, s. f.,—Quoiqu'on doive dire des fleurs de fraisier, des fleurs de pêcher et non des fleurs de fraise, de pêche, l'Académie écrit cependant un bouquet de fleurs d'orange; et au mot eau, on lit cet exemple: eau de fleur d'orange, où le mot fleur est du singulier.—Prononcez orange et non oranche.—Voyez fleur.

=Orang-outang=, s. m., grand singe à face humaine; le pluriel est orangs-outangs.—Prononcez oran-outan; quelques-uns prononcent orangue-outan.

=Orateur=, n'a point de féminin: une femme orateur; les passions sont les seuls orateurs qui persuadent toujours.

=Oratorio=, s. m., petit drame en musique dont le sujet est tiré de l'Écriture-Sainte; on peut écrire des oratorios comme on écrit des duos.

=Orchestre.=—Autrefois on faisait ce mot du féminin; aujourd'hui on ne le fait plus que du masculin:—prononcez orkes-tre et non orkesse, orkestère; prononcez de même orchestrer, orchestration, orchestique.

=Ordonner=, suivi d'un infinitif, demande la préposition de: je lui ai ordonné de et non à sortir.

=Oreillette=, n'est pas français; dites des boucles d'oreilles, des pendants d'oreilles.—On dit les oreillettes du cœur.

=Orémus=, s. m., prière, oraison; dire des orémus.—Prononcez orémuce.

=Organe=, est masculin: un bel organe, et non une belle organe.

=Orge=, est féminin: voilà de belle orge, de belles orges.—Il est masculin dans les deux expressions suivantes: orge mondé, orge bien nettoyée; orge perlé, orge réduite en petits grains dépouillés de leur son.—Prononcez or-ge et non or-che.

=Orgeat=, s. m., boisson rafraîchissante: prononcez orja.

=Orgelet=, s. m., (ou grain d'orge), petite tumeur inflammatoire sur le bord libre des paupières:—j'ai un orgelet à l'œil gauche.

=Orgue=: voyez délice.

=Orgueil=, s. m.—L'l finale est mouillée et ce mot se prononce comme deuil; ne dites pas orgheil, orghueule: prononcez de même les dérivés orgueilleux, orgueilleusement, s'enorgueillir.

=Ormeau=, s. m., arbre; ne dites pas un vieil ormeau; dites, un vieil orme;—les ormeaux sont de jeunes ormes.

=Ornière=, s. f., trace de roue de voiture: prononcez or-nière et non or-gnière.—Voyez ni.

=Orteil=, s. m., doigt de pied: se dresser sur ses orteils;—il se dit particulièrement et le plus souvent du gros doigt de pied: avoir la goutte à l'orteil, au gros orteil: prononcez orteille (l mouillée) et non ortelle.

=Orthographier=, v. n.: il sait bien orthographier;—ce mot ne vient pas d'orthographe mais d'orthographie, qui est le nom ancien de cette science;—ne dites pas orthographer.

=Os=, s. m., partie dure du corps: prononcez ô (long) et non oce; on ne fait sentir l's que devant une voyelle où il sonne comme z: un amas d'os et de chair.—Les ossements sont un amas d'os.

=Osciller=, oscillation, oscillatoire: on prononce les deux ll sans les mouiller.

=Osier, Hart.=—L'osier est un arbrisseau de la famille des saules:—une hart est un brin d'osier, de saule ou de tout autre bois pliant: lier avec de l'osier; délier la hart (et non l'osier) d'un fagot.—Prononcez hare (h aspirée).

=Où=, adv.—Ce mot ne peut jamais être employé pour que: ne dites pas, c'est là où je demeure; dites, c'est là que je demeure; ne dites pas, c'est là où je vais; dites, c'est là que je vais.

2. Ne dites pas: c'est le monsieur où je vais; dites, chez qui, chez lequel je vais. (Flandr.)

3. Ne dites pas: voici le verre où j'ai bu dedans; dites, voici le verre dans lequel j'ai bu. (Wall.)

4. Ne dites pas: la ville où nous y entrâmes deux jours après; dites, la ville où nous entrâmes ou bien et nous y entrâmes, car où signifie dans laquelle ville et y signifie dans cette ville;—les deux mots ensemble veulent donc dire nous entrâmes dans laquelle ville, dans cette ville.

5. Ne dites pas: j'irai où que vous voudrez; dites, j'irai où vous voudrez. (Wall.)

6. Ne dites pas: il ne se passait pas de semaine où je n'allasse à Liége; dites, que je n'allasse à Liége.

7. Ne dites pas: où est-ce que vous êtes? où est-ce que cela est? où est-ce que c'est que cela est?—dites, où êtes-vous, où cela est-il, où est cela.

8. Ou, conj.:—sept ou huit personnes: voyez à.

9. Où, adv. s'écrit avec un accent grave; et ou conjonct., s'écrit sans accent.

=Ouate=, s. f., =Ouater=, v. a.—On prononce ouète, ouèter (wète, wèter), dit l'Académie;—nous pensons néanmoins que cette prononciation est moins en usage que ouate, ouater (wate, water).

2. Les auteurs étant partagés sur la question de savoir si ou est aspiré ou non, nous croyons que l'on peut dire indifféremment de la ouate ou de l'ouate; l'Académie du reste donne des exemples de l'une et de l'autre orthographe.

=Oubli=, s. m., action d'oublier, ne s'emploie pas au pluriel.

2. Oublie, s. f., sorte de pâtisserie fort mince et de forme ronde: prononcez oublî (î long) et non oubli-ïe;—prononcez de même oublier, j'oublî(e), j'oubli-ais, j'oublî-(e)rai et non oubli-ïer, j'oubli-ïe, j'oubli-ïais, j'oubli-ïerai.

=Oublier à=, vieillit (Acad.): ainsi au lieu de dire: il a oublié à lire et à écrire; dites, il ne sait plus lire ni écrire.—Oublier à signifie perdre l'usage, l'habitude; oublier de veut dire perdre le souvenir de quelque chose: oublier à chanter, à écrire; j'ai oublié d'apprendre ma leçon.

=Oublieux=, adj., =Oublieur=, subs. m.—Oublieux, qui est sujet à oublier: les vieillards sont oublieux;—l'oublieur est celui qui fait ou vend des oublies:—oublieur se prononce oublieux. (Acad.)

=Oue.=—La syllabe oue, finale ou non, se prononce oû (long) et non ou-we:—de la boue, une roue, engouement, enrouement:—prononcez boû, roû, engoûment, enroûment, et non bou-we, rouwe, engou-wement, enrou-wement.—Voyez ie et ue.

2. Ouer, ouir, ouet, etc.:—prononcez ou-er, ou-ir, et non ou-wer, ou-wir:—jouer, louer, clouer; ouïr, jouir, jouet, alouette, amadouer et non jou-wer, lou-wer, clou-wer, amadou-wer, ou-wir, jou-wir, jou-wet, alou-wette.

=Ouest=, s., m. le couchant du soleil: prononcez ouèste (ouè diphth.)

=Oui=, particule d'affirmation opposée à non.—Il s'emploie quelquefois substantivement et alors, dit l'Académie, il se prononce comme s'il était aspiré: le oui et le non; il a dit ce oui à regret.—Nous ferons remarquer que l'Académie aspire encore ce mot lorsqu'il n'est pas pris substantivement: je crois que oui.—On dit aussi avec aspiration, c'est-à-dire, sans faire sentir la consonne finale du mot qui précède oui: mais oui, vraiment oui; dire le grand oui.

=Ouï-dire=, s. m., ce qu'on sait par le seul dire d'autrui; ce mot est invariable: il ne faut pas s'arrêter aux ouï-dire.

=Ouïe=, s. f., sens des sons: il a l'ouïe fine et non fin:—prononcez ouî non ou-wi-ïe ni ou-iïe.

2. =Ouïes=, au plur. sans sing., se dit des ouvertures placées aux deux côtés de la tête des poissons et par lesquelles ils donnent issue à l'eau qui est entrée dans leur bouche par la respiration.

=Ouïr=, v. a., entendre, recevoir les sons par l'ouïe; on ne se sert aujourd'hui presque plus de ce verbe qu'à l'infinitif et aux temps formés du participe ouï et du verbe avoir.

=Ourler=, v. a., faire un ourlet (et non une ourle);—ne dites pas ourlir.

=Ours=, est masculin: c'est un ours, un vrai ours; il est vêtu comme un ours; prononcez ource.—Ourse est la femelle de l'ours.

=Ousque.=—Ne dites pas ouse qu'il est? dites, où est-ce qu'il est? ou, plus brièvement, où est-il?

=Outil=, s. m.: un bon outil, et non, une bonne outil.—Prononcez outi et non outile.

=Outre=, prép.—Ne dites pas, en outre de cela, dites, outre cela ou en outre:—en outre s'emploie sans complément.—Prononcez ou-tre et non oute, outère.

=Ouvrable=, adj. m., consacré au travail; il n'est usité que dans l'expression jour ouvrable; mais on dit aussi jour ouvrier. (Acad.)—Ouvrable dans le sens de qui peut être ouvert, n'est point français.

=Ouvrage=, s.—Ce mot, qui était quelquefois du féminin du temps de Louis XIV, surtout en parlant des ouvrages des femmes, est toujours du masculin aujourd'hui: un bel ouvrage et non une belle ouvrage.

=Ouvrier, ère=, s.:—prononcez ouvri-é, ouvri-ère et non ouvri-ié, ouvri-ière.

=Ovale=, adj., qui a la forme d'un œuf: visage ovale:—le masculin est ovale comme le féminin.—Il est aussi substantif masculin: un grand ovale;—on le faisait autrefois du féminin.

P

=P.=—Le p final, ne se prononce pas dans les mots ordinaire: drap, galop, sirop, trop, coup, loup, corps, champ, temps, camp, exempt, prompt, je romps, etc., et dans les noms propres français qui dérivent de noms communs: telle est la règle générale.

2. Le p se fait sentir dans cap, laps, relaps, rapt, jalap, hanap, julep, salep, concept (faites sentir le t), et aussi dans cep pris isolément.—Le p muet, à la fin des mots, ne se lie pas avec la voyelle suivante; on ne peut donc pas dire, un loup enragé (lou-penragé), etc.

3. Il se prononce également dans psaume, adoption, captieux, contempteur, contemptible, exemption (quoiqu'on ne le prononce pas dans exempt, exempte, exempter), impromptu, rédempteur, rédemption, rédemptoriste, reptile, septante, septantième, septembre, septenaire, septennal, septentrion, septentrional, septuagénaire, septuagésime, symptôme; dans accepter, excepter et leurs dérivés.

4. Mais il ne se prononce pas dans presque tous les mots où il se trouve entre deux consonnes, tels que: Baptiste, saint Jean-Baptiste, cheptel, baptême, baptiser, débaptiser, baptismal, baptistaire, baptistère, comptabilité, comptable, comptant, compte, compter, comptoir, décompte, décompter, mécompte, escompte, promptitude, prompt, prompte, promptement, sculpture, sculpteur, sept, septième, septier (ou setier), et leurs dérivés.—Ajoutez les noms propres Champfort, Champmeslé.—D'après l'Académie on le supprime dans dompter (donter), dompteur (donteur), domptable (dontable), tandis qu'il faut le prononcer dans indompté, indomptable. Nous ne nous chargerons pas d'expliquer cette contradiction.

=Pachus=, est une corruption du mot flamand pak-huis et il faut le rendre par le mot magasin:—quand un homme achète beaucoup de choses de même nature, on dit, qu'on croit qu'il veut en faire un magasin et non un pachus.

=Page=, s. féminin, dans le sens de page d'un livre, d'un cahier.—On dit également page dix et page dixième; page vingt, page cent et page vingtième, page centième, comme on dit, chapitre dix et chapitre dixième, chapitre cent et chapitre centième.

=Paiement=, paîment, payement, s. m., action de payer:—l'Académie autorise ces trois orthographes, mais, dans tous les exemples qu'elle donne, elle écrit payement:—dans ce dernier cas, prononcez pai-ïement.

=Païen, païenne=, adj. et subst.—On n'écrit plus aujourd'hui payen, payenne:—prononcez pa-ïien, pa-ïiène (et non pa-ïiain-ne).

=Paillasse=, s. f.—Dites une paillasse et non un garde-paille.

=Paille=, s. f., le tuyau et l'épi du blé, du seigle, de l'orge, etc., quand le grain en a été enlevé.—On entend aussi par paille un certain défaut de fusion dans les métaux.

2. Ce mot ne s'emploie pas au pluriel, à moins qu'il ne s'agisse de l'ensemble de la récolte: les pailles sont belles; les pailles servent à faire de la litière et du fumier.

=Pain=, s. m.—Ne dites pas un pain enchanté ou à chanter; dites un pain à cacheter.

=Pair=, s. m., titre de dignité, on appelle pairesse la femme d'un pair.

2. =Paire=, s. f., couple d'animaux de la même espèce, mâle et femelle: une paire de pigeons, de poulets (un mâle et une femelle); on dit familièrement une paire d'amis.—On donne aussi ce nom à deux choses de même espèce qui doivent nécessairement se trouver ensemble: une paire de gants, une paire de bas, une paire de souliers; on dit aussi une paire de bœufs (deux bœufs propres à être attachés au même joug.)—On le dit encore d'une chose unique composée de deux pièces: une paire de lunettes, une paire de pincettes.—Voyez couple.

=Palais=, hôtel, maison, château: voyez maison.

=Pâle=, adj., blanchâtre, peu coloré; ne dites pas voir pâle, mais être pâle. (Flandr.)—Prononcez pâle (â long).

=Palefrenier=, (et non palefermier, palefernier), domestique qui a soin des chevaux: prononcez palefrenier (e muet) et non palefrènier, palefre-gnier.—Voy. e et ni.

=Palette=, est un mot wallon; rendez-le par truelle, s'il s'agit d'un outil de maçon, et par pelle à feu ou pelle, s'il est question d'un instrument de cuisine: enlevez les cendres dans la pelle.

=Palladium=, s. m.; statue de Pallas: prononcez pal'ladiome.

=Palletée=, autant qu'il en peut tenir sur une pelle; ce mot n'est pas français; dites pellée, pellerée, pelletée: une pelletée de terre.

=Pallier=, v. a., déguiser, excuser; palliatif, qui pallie, remède;—prononcez les deux ll, pal'lier, pal'liatif.

=Pallium=, s. m., ornement des archevêques: prononcez palliome.

=Palot=, s. m., terme de mépris, personne grossière et sans éducation: prononcez palo (a et o brefs).

2. =Pâlot, otte=, adj., un peu pâle: prononcez pâlo (â long).

=Palpitant d'actualité=: voyez actualité.

=Palus=, s. m., marais: les palus Méotides; prononcez paluce.

=Pampe, Pampre.=—La pampe est la feuille du blé, de l'orge;—le pampre est une branche de vigne avec ses feuilles.

=Pan, Basque=, partie découpée et tombante de certains vêtements: —pan se dit d'un manteau, d'une robe, d'une chemise;—basque se dit d'un habit, d'une veste, d'une casaque: habit à petites basques, à grandes basques; les pans d'un manteau, d'une chemise.

=Panacée=, s. f., remède à tous les maux: tous les charlatans se vantent d'avoir trouvé la panacée.

=Panaris=, s. m., inflammation au bout des doigts, accompagnée d'élancements douloureux; ne dites pas, un doigt blanc, un mauvais doigt.—Prononcez panari.

=Pandectes=, s. f. pl. (ou digeste, s. m.), recueil des décisions des anciens jurisconsultes romains que Justinien fit compiler: prononcez pandek-tes et non pandèkes;—diges-te et non digesse.

=Pandémonium=, s. m.—Lieu imaginaire où l'on suppose que Satan assemble le conseil même des démons: pandémoniome.

=Pandour= ou =Pandoure=, s. m., nom de certains soldats hongrois.

=Panégyrique=, s. masculin, discours solennel à la louange de quelqu'un et notamment d'un saint; ne dites pas panégérique, panagérique.

=Panier=, s. m.: prononcez pa-nier et non pa-gnier.—Voyez ni.

=Panne=, employé pour tuile, n'est pas français.

2. Panne, s. f. (en wallon vienne), pièce de bois placée horizontalement sur la charpente d'un comble (toit) pour porter les chevrons: voyez ce mot.—Verne n'est pas français.

3. Panne, se dit aussi, chez les ouvriers, de la partie du marteau opposée au gros bout: frapper de panne.

=Pantalon=: voyez culotte.

=Pantomime=, s. f., espèce de drame où les acteurs suppléent à la parole par le geste: écrivez et prononcez pantomime et non pantomine—Il se dit aussi de l'acteur qui s'exprime par gestes sans proférer une parole: dans ce dernier cas il est masculin: les anciens avaient d'excellents pantomimes.

=Pantoufle=, s. f., chaussure de chambre: écrivez et prononcez pantou-fle et non pantoufe, pantoufèle.

=Paon=, s. m., oiseau, papillon;—prononcez pan;—voyez ao, aon, aou.

=Papal, ale=, adj., qui appartient au pape: pouvoir papal; ce mot n'a pas de pluriel masculin.

=Papayer=, s. m., arbre des Indes: prononcez pa-pa-îé.

=Pape=, s. m., le chef de l'Église; prononcez pâpe (â long).

=Papeterie=, s. f., fabrique de papiers: prononcez papet'rie et non papèt'rie.

=Papier=, s. m.—Ne dites pas: papier passé, papier gris, mort papier, papier de tache, pour désigner du papier non collé qui prend les taches et fait sécher l'encre; dites papier brouillard.—Voyez tapis.

=Papillon=, papillonnage, papillonner, papillotage, papillotte, papillotter:—les ll sont mouillées dans ces six mots.

=Papin=, n'est pas français dans le sens de cataplasme.—D'après Bescherelle, papin se dit de farine bouillie dans de l'eau ou dans du lait: faire manger du papin à un enfant.

=Papyrus=, s. m., plante d'Égypte qui servait autrefois pour écrire: prononcez papiruce.

=Pâque=, fête des juifs, est féminin: la Pâque des Juifs.

2. Pâque, et plus ordinairement Pâques, fête des chrétiens, est masculin et s'emploie régulièrement au singulier: quand Pâques sera venu; quand Pâques sera passé; le jour de Pâques, le temps de Pâques; je vous paierai à Pâques; à Pâques prochain.

3. Pâques fleuries, le dimanche des Rameaux, qui précède immédiatement celui de Pâques.

4. Pâques closes, le dimanche de Quasimodo qui suit immédiatement celui de Pâques;—faire ses pâques, faire ses dévotions, communier un des jours de la quinzaine de Pâques: se mettre en état de faire de bonnes pâques (remarquez le petit p de pâques): dans ces trois expressions, Pâques est féminin et ne se dit qu'au pluriel. (Acad.)—L'a est long dans ces mots, ainsi que dans pâquerette, espèce de marguerite.

5. Pâque.—Ne dites pas une branche de pâque, mais, un rameau de buis, ou bien, de buis bénit, si c'est du buis bénit le jour des Rameaux.

=Paquebot=, s. m., petit bâtiment de mer qui transporte les lettres et les passagers: prononcez pak'bô et non paquébô, paquèbô.

=Par=, prép.—La locution, par après, dans le sens de après, ensuite, depuis, a vieilli, dit l'Académie.

2. Il faut éviter l'emploi de par devant le mot Dieu; cependant il est des cas où par vaut mieux que de: l'univers a été créé par Dieu et non, de Dieu.

3. Par trop, loc. adv., beaucoup trop: il est par trop pressant; il est par trop importun: cette locution est familière. (Acad.)

4. Mais par ne peut pas s'employer, comme en wallon, dans le sens de encore, en même temps, etc.: vous avez bien fait vos devoirs, mais vous devez encore bien apprendre vos leçons; vous avez lu sa lettre; lisez en même temps ma réponse (et non par ma réponse).

=Paradoxe=, s. m., proposition contraire à l'opinion commune: un vrai paradoxe.—Ce mot s'employait autrefois comme adjectif: cette opinion est trop paradoxe. (Acad.) On dit aujourd'hui paradoxal, ale.—Prononcez paradokce et non paradoke.

=Parapet=, s. m., mur à hauteur d'appui le long d'un pont, d'un quai, d'un mur de fortification;—ne dites pas parapel.

=Paraphe=, et plus souvent =Parafe=, marque qui accompagne ordinairement la signature et qui en tient lieu quelquefois; ce mot est masculin: il a mis son parafe pour approuver ce compte.

2. Parapher et plus souvent parafer, v. a., mettre son parafe.—Une pataraffe est une suite de traits mal formés, de lettres illisibles et mal écrites: votre dictée est une véritable pataraffe.

=Parapluie=, s. m.: prononcez parapluî (ui diphth.) et non paraplouî.

=Parasite=, s. m., qui fait métier d'aller manger à la table d'autrui, etc.—Prononcez parazite et non paracite.

=Parce que=, s'écrit en deux mots, lorsqu'il signifie à cause que: il est tombé parce que le chemin est glissant.—Il s'écrit en trois mots, lorsqu'il signifie par la chose que, par les choses que et que l'on peut intercaler l'adjectif tout entre par et ce: il m'a assuré par ce qu'il y a de plus saint; par ce que vous venez de dire, on doit conclure que...—Voyez cause que (à).

=Pardon=, s. m.:—demander pardon, faire des excuses: voyez excuse.

=Pardonnable=, adj., ne se dit guère que des choses (Acad.): faute, erreur pardonnable; ne dites donc pas, votre fils est pardonnable; dites votre fils est excusable: voyez impardonnable.

=Pardonner=, v. a.—On pardonne une faute et on pardonne à quelqu'un:—ne dites donc pas: je le pardonne, je pardonne mes ennemis, mais, je lui pardonne, je pardonne à mes ennemis.

=Pareil, eille=, adj.—Ne dites pas: ils sont habillés pareil; dites, ils sont habillés de même, tout de même; ils ont, ils portent les mêmes vêtements.

=Parent, te=, s. m., se dit non seulement du père et de la mère, mais de ceux de qui on descend et en général de ceux qui sont de la même famille, qui sont de même sang, qui touchent par consanguinité à quelqu'un; il se dit même de ceux qui sont simplement alliés. (Acad).—Proche, subst. masculin, signifie aussi parent; dans ce cas il n'est d'usage qu'au pluriel: c'est un de mes proches; ce fut le sentiment de tous ses proches. (Acad.)

=Paret= (ou parait, paris).—Sorte d'interjection familière que l'on met à la fin d'une foule de phrases et qui n'ajoute absolument rien au sens: je veux sortir, paret; c'est un habit neuf, paret; j'avais raison, paret, etc.—Il suffit presque toujours de changer le ton de la voix, pour éviter de s'en servir; d'autres fois, on la remplace par, voyez-vous, eh bien, etc. (Wall.)

=Parfaitement.=—Ne dites pas: je suis très-parfaitement ou fort parfaitement ou bien parfaitement convaincu; dites simplement, je suis parfaitement convaincu;—on ne peut rien ajouter à ce qui est parfait.

=Parier, Pari=, s'emploient de préférence à gager, gageure.

2. Ne dites pas: je parie pour cinq francs; pour combien pariez-vous?—dites je parie cinq francs; combien pariez-vous?

3. Pariure n'est pas français: dites pari, gageure.

=Parisis=, adj., ancienne monnaie de Paris: un sou parisis:—prononcez parizice.

=Parler mal= et =Mal parler=.—Parler mal signifie employer des expressions hors d'usage, user de termes équivoques, construire péniblement ses phrases ou à contre-sens, prononcer d'une manière incorrecte:—dans ce cas parler mal s'emploie sans régime: il parle bien mal pour un académicien.—Mal parler, c'est dire des choses offensantes, tenir des propos inconsidérés, déplacés, qui peuvent porter atteinte à la réputation de ceux dont on parle: il ne faut parler mal de personne.—En résumé, parler mal, c'est parler incorrectement et mal parler, c'est médire: il ne faut point parler mal devant les grammairiens ni mal parler des absents.

2. Parler, est un verbe neutre:—ne dites donc pas, je l'ai parlé, je vais la parler, les parler; dites, je lui ai parlé, je vais lui parler, leur parler.

3. Ne dites pas, il n'est pas à parler; dites selon le sens, on craint de lui parler, il est inabordable, ou bien on ne peut lui parler en ce moment, il n'est pas visible. (Fland.)

4. Ne dites pas non plus: comme il parle, on croirait que son fils est une merveille, dites, à l'entendre, on croirait que...

5. Ne dites pas: cela va sans parler, dites, cela va sans dire.

6. Ne dites pas: parler avec quelqu'un, mais parler à quelqu'un.

7. Ne dites pas d'un vase fêlé, qu'il parle latin ou qu'il est déchiré;—ces expressions sont des flandriciens; dites simplement qu'il est fêlé.

8. L'usage permet souvent de supprimer la préposition qui devait suivre le verbe parler, et au lieu de dire, parler avec raison, parler de chasse, on dit simplement, parler raison, parler chasse:—il faut de bonne heure parler raison aux enfants; parler affaires; parler musique, peinture, politique, littérature, etc.

=Parmi=, prép.: voyez entre.

2. Ne dites pas: on ne voit que lui parmi les rues; dites, dans les rues.

3. Ne dites pas: tous ses papiers ont volé parmi la chambre; dites, dans la chambre ou au milieu de la chambre.

4. Ne dites pas: parmi payant, vous serez admis dites en payant ou moyennant payement...

5. Ne dites pas: laquelle choisissez-vous parmi ces plumes; dites, laquelle choisissez-vous de ces plumes.

6. Ne dites pas: l'un parmi l'autre, mais l'un portant l'autre, l'un tenant l'autre, l'un dans l'autre.

7. Parmi que, n'est pas français; il faut le rendre par pourvu que:—j'irai pourvu que (et non parmi que) vous m'accompagniez.

=Paroi=, s. f., muraille:—il désigne plus particulièrement une cloison de maçonnerie qui sépare une chambre ou quelque autre pièce d'un appartement d'avec un autre: les parois de cette chambre sont humides.—Il est vieux en ce sens, et l'on dit ordinairement cloison.

=Parole d'honneur=, Dieu me pardonne! sur mon honneur, sur ma foi, ma foi, aussi vrai que j'existe, je vous le jure, et autres affirmations du même genre, sont à la fois repoussées par la bonne compagnie et par l'habitude de la vérité.

=Parquet=, s. m.—Il ne faut pas confondre ce mot avec pavé et plancher:—un parquet est un assemblage à compartiments, faits de pièces de bois minces clouées sur des lambourdes, et qui forme le plancher d'en bas d'une salle, d'une chambre, etc.: un parquet de bois de chêne, de bois de noyer, de marqueterie.—Voyez pavé et plancher.

=Parrain=, s. m., celui qui tient un enfant sur les fonts: prononcez pârain (â long.)

=Partager= avec, =Partager= entre.—Quand on conserve une portion de ce que l'on partage, on doit dire partager avec: il a partagé sa fortune avec ses frères.—Quand on ne se réserve rien pour soi dans un partage, on doit dire partager entre: il partagea entre les pauvres tout ce qui lui restait.—Partager le travail aux ouvriers, c'est le répartir entre eux; on dit dans le même sens: il partage également sa tendresse entre tous ses enfants.

=Partial, Impartial, ale=, adj.—Plusieurs personnes confondent ces deux mots:—un homme partial est celui qui favorise avec une préférence injuste et passionnée un parti, une personne, une opinion: un juge partial est un mauvais juge (le pluriel masc. partiaux est peu usité).—Un homme impartial est celui qui est exempt de partialité, qui ne sacrifie point la justice ou la vérité à des préventions, à des affections, à des considérations particulières: juger d'une manière impartiale.—La partialité est un défaut, tandis que l'impartialité est une qualité.—Prononcez parcial, parcialité, parcialement, imparcial, etc.—Voyez impartial.

=Partibus= (=in=).—Il se dit de celui qui a un titre d'évêché dans un pays occupé par les infidèles: Frayssinous, évêque d'Hermopolis, était un évêque in partibus.—Prononcez ine partibuce.

=Participer à, Participer de.=—Participer à veut dire, prendre part à une chose: un associé dans une affaire participe aux profits et aux pertes. On le prend aussi dans le sens de s'intéresser: je participe à votre douleur.—Participer de signifie, tenir de la nature de quelque chose: le mulet participe de l'âne et le cheval.

=Particule.=—La particule de qui accompagne les noms patronymiques des familles nobles, s'écrit avec un petit d: de Montalembert, de Chateaubriand, d'Aremberg, d'Oultremont.—Elle s'écrit avec un grand D lorsque ces noms ne sont pas nobles, alors même qu'on la sépare du nom.

=Particulièrement=, adv., signifie singulièrement, spécialement, en détail, mais non, séparément, en particulier;—ne dites donc pas: je désire vous parler particulièrement; dites, en particulier, séparément.

=Partisan=, s. m., celui qui est attaché à un parti, à une opinion, à une personne: les partisans de la république, les partisans du libre-échange, etc.—L'Académie ne reconnaît pas à ce mot de correspondant féminin; le féminin partisanne, employé par quelques auteurs, n'a pas été adopté généralement.

=Partner=, s. m., l'associé avec qui l'on joue: vous êtes mon partner.—L'Académie préfère l'orthographe suivante, partenaire.

2. Ne dites pas compagnon pour partenaire.

=Pas vrai?=—Cette interrogation est souvent employée dans la conversation pour dire, n'est-il pas vrai?—nous croyons qu'on ne peut pas la tolérer.—Voyez point.

2. Ne dites pas: il ne peut souffrir personne, pas encore ses amis; dites, pas même ses amis.

=Pascal, ale= (et non paschal), adj.—Le pluriel masculin pascaux n'est pas usité; plusieurs bons lexicographes disent des cierges pascals;—quand à nous, nous pensons que pascals choque l'oreille et qu'on ne peut pas l'employer.

=Pasquée=, (ou pasquille) s. f.—Nom que les liégeois donnent à une chanson burlesque, comique ou satyrique;—ce mot n'est pas français; rendez-le par chanson, chansonnette ou couplets burlesques, satiriques, comiques, et non par, pasquinade, qui signifie tout autre chose, etc.—Faire une pasquée sur ou contre quelqu'un, c'est le chansonner.

=Passager, ère=, adj.—Ne dites pas une rue passagère, un chemin passager, pour signifier une rue où il passe beaucoup de monde ou un chemin par lequel on a le droit de passer; dites rue passante, chemin passant:—la rue Féronstrée est une des rues les plus passantes de Liége.

=Passe=, s. m. (mot wall.), aliment formé de son, de pommes de terre, de farine, etc., que l'on donne au bétail pour l'engraisser; dites pâtée, soupe, ratatouille.

=Passement de temps=, loc. wall.:—dites perte de temps ou passe temps, selon le sens: la musique est un passe temps; toutes ces pertes de temps sont nuisibles à vos études.

=Passer=, v. n., demande avoir ou être, selon que le sens permet de répondre à l'une ou à l'autre de ces questions: qu'a-t-il fait?—ou bien où est-il? qu'est-il devenu:—il a passé à Liége l'année dernière (qu'a-t-il fait?);—il est passé en Amérique depuis tel temps (où est-il, qu'est-il devenu)?

2. Le participe passé s'emploie comme préposition dans le sens d'après et alors il est invariable: passé dix heures vous ne me trouverez plus.

3. On dit prêter serment et non passer serment: il fut admis à prêter serment.

4. Ne dites pas: la semaine passée, le mois passé, l'an passé; dites, la semaine dernière, le mois dernier, l'an dernier.

5. On dit repasser du linge et non passer du linge.

6. On dit donner, engager sa parole, et non passer sa parole.

7. Ne dites pas: y avait-il beaucoup d'invités?—oui, passé les quarante;—dites, plus de quarante.

=Passoire=, s. f., ustensile percé de petits trous pour passer le jus des légumes ou des fruits écrasés:—une passoire et non un passoir ni une passerette.

=Pasteur=, s. m., titre des ministres protestants;—il ne s'emploie pas dans le langage ordinaire comme synonyme de curé catholique; mais dans le style relevé (oratoire, poétique), c'est une expression reçue: c'est un vieux pasteur qui n'est connu que sous le nom de curé. (CHATEAUB.)

=Patarafe=: voyez parafe.

=Patard=, s. m., petite monnaie ancienne; il ne s'emploie plus que dans ces phrases familières: je n'en donnerais pas un patard; cela ne vaut pas un patard; il n'a pas un patard. (Acad.)—Le mot wallon patard se rend par sou: ce cahier coûte cinq sous.

=Patatras=, figure pour exprimer le bruit que fait un corps qui tombe avec fracas: il pose le pied maladroitement, et, patatras, le voilà par terre.

=Pâté=, s. m., =Pâtée=, s. f.—Un pâté est une sorte de pâtisserie;—une pâtée est une sorte de pâte pour engraisser les dindons, une sorte de soupe pour nourrir les chiens, les chats, etc.—Prononcez pâté (â long);—prononcez de même pâte, pâtée, pâtisserie, pâture, pâturage, pâturon.

=Patenôtre=, s. f. (et non patenote, patenosse), l'oraison dominicale ou le Pater noster;—on comprend aussi sous ce nom l'Avé et les autres premières prières qu'on apprend aux enfants: cet enfant sait sa patenôtre (il est populaire).—Il se dit aussi de toute sorte d'autres prières chrétiennes: avez-vous achevé vos patenôtres? il est familier et ne se dit qu'en plaisantant.

2. Patenôtres, au pluriel, se dit populairement des grains d'un chapelet, et d'un chapelet tout entier.—Prononcez pâtenôtre (ô long) et non pâtenote, patenotère.

=Pater= (prière chrétienne), est masculin et invariable: dire cinq Pater et cinq Avé.

2. Pater et Avé s'écrivent avec une majuscule. (Acad.) Prononcez pâtère (â long).

=Patère=, s. f., ornement en cuivre ou en tout autre métal qui supporte les rideaux d'une croisée; dites une patère et non un patère.

=Pathos=, s. m., élévation de style affectée, boursoufflure: c'est du pathos.—Prononcez patôce.

=Patience=, s'emploie quelquefois absolument et en manière d'adverbe: si on lui laissait quelque chose, patience, mais on lui ôte tout;—eh bien, patience.

=Pâtir=, v. n., souffrir;—on pâtit de et non à quelque chose: il a fait la faute et j'en pâtis (et non j'y pâtis).—Prononcez pâtir (â long).

=Pâtis=, s. m., terrain vague, friche où l'on met paître les bestiaux;—pâture, pâturer, pâturage;—dans ces mots l'â est long;—l's de pâtis ne se prononce point.

=Patois=, s. m., langage du peuple et des paysans, particulier à chaque province; chaque province a son patois; patois namurois, montois, liégeois.

=Patraque=, s. f., machine usée ou mal faite et de peu de valeur; personne faible et débile: cette montre n'est qu'une patraque, une vieille patraque; votre voiture est une patraque;—je ne suis plus qu'une vieille patraque. Ces expressions, quoique françaises, sont triviales.—Ne dites pas patracle.

=Patres= (=ad=), expression latine qui s'emploie dans ces phrases familières: aller ad patres, mourir;—envoyer ad patres, faire mourir.—Prononcez ad'patrèsse.

=Patron, Patronne=, Patronage (une n) patronner (deux n), patronal (une n), patronnesse (deux n):—une patronnesse, dame qui dirige une fête ou une œuvre de charité: une dame patronnesse.—Voyez la lettre n pour les cas où l'n se redouble.

=Pâture=, s. f.—N'employez pas ce mot dans le sens de fourrage: donner du fourrage au bétail (et non de la pâture).

=Pause=, s. f., cessation, intervalle: faire une pause: prononcez pôze (ô long) et non pôce.

=Pauvre=, adj. et subst.; le substantif pauvre a pour féminin correspondant pauvresse (femme pauvre qui mendie).—Dans le sens ordinaire, l'adjectif pauvre se met devant ou après le substantif: un pauvre homme, une pauvre femme, un pauvre artisan (Acad.); ou bien, un homme pauvre, une femme pauvre, un artisan pauvre.—Dans le sens de chétif, mauvais dans son genre, il se place ordinairement devant le substantif: il a fait un pauvre discours; c'est un pauvre esprit, un pauvre poète; un pauvre musicien. (Acad.)—Devant les substantifs exprimant une idée de profession, d'attribution, il se prend toujours dans ce dernier sens, c'est-à-dire, en mauvaise part:—un pauvre peintre, c'est un mauvais peintre;—un peintre pauvre, c'est un peintre sans fortune.—Prononcez pau-vre et non paufe, pauvère.

2. Ne dites pas: cela est pauvre, c'est pauvre; dites, cela est misérable, c'est pitoyable, ou bien, disgracieux, triste, déplorable, selon le sens. (Fland.)

=Pauvret, ette=, adj., diminutif de pauvre; terme de commisération, d'affection: le pauvret, la pauvrette ne sait où aller; il est familier. (Acad.)

=Pauvreté=, s. f., ne s'emploie au pluriel que dans le sens de choses sans valeur, basses, viles: c'est un diseur de pauvretés; ce livre est rempli de pauvretés.

=Pauvreteux=, n'est pas français; dites chétif, pauvre, souffreteux, malheureux.

=Pavage=, s. m., ouvrage fait avec des pavés: un pavage bien fait; pavage de grès, de pierre dure, de lave;—il se dit aussi du travail du paveur et des matériaux fournis par lui: j'ai payé tant pour le pavage de ma cour; un mémoire de pavage.

=Pavé=, s. m. morceau de grès, de pierre dure, de marbre, etc., dont on se sert pour paver;—assemblage de pavés qui couvrent une aire, une surface;—il se dit particulièrement en parlant d'un chemin, d'une rue, etc.: ne quittez pas le pavé; entretenir le pavé.—Le mot pavée n'est pas français.

=Pavement=, s. m., se dit de l'action de paver et des matériaux qu'on emploie pour cet effet: il a coûté tant pour le pavement de cette cour.—Il se dit plus particulièrement des ouvrages de luxe et de goût qui forment les pavages intérieurs: le pavement en mosaïque d'une église; le pavement des édifices grecs et romains étaient souvent de marbre de couleur. (Acad.) Prononcez pavement et non pafement.

=Paver=, v. a., couvrir le terrain, le sol d'un chemin, d'une rue, d'une cour, d'une écurie, d'une salle, etc., avec du grès, de la pierre dure, du caillou, du marbre, de la brique, etc.—(Acad.)

2. Il suit de là qu'on ne peut pas dire, mettre un pavé en planches; on doit dire, mettre un plancher ou planchéier;—on ne peut pas dire non plus un pavé en planches; dites un plancher.—Voyez parquet et plancher.

3. Ne dites pas non plus: paver en carreaux; dites carreler.

=Payant.=—Ne dites pas, un mauvais payant, mais, un mauvais payeur, une mauvaise paye.

=Paye=, s. f., solde des gens de guerre, celui qui paie; prononcez l'y: pai-ïe;—l'Académie n'admet pas l'orthographe paie qui pourtant est reçue par plusieurs bons grammairiens.

2. Paye, s. f., débiteur; ce mot est français: c'est une bonne paye, une mauvaise paye; d'une mauvaise paye on tire ce qu'on peut. (Acad.)

=Payement=, s. m.: voyez paiement.

=Payeur=, s. m., celui qui paie; le féminin correspondant est payeuse.

=Pays=, s. m., région, contrée;—il s'emploie aussi populairement dans le sens de compatriote, et dans cette acception, on dit au féminin une payse: c'est mon pays, c'est un de mes pays; bonjour, pays; elle est allée avec une de ses payses.—Ce mot, dit l'Académie, est populaire.—Prononcez péi.

2. Dites, du vin du pays et non du vin de pays: voyez cru.

=Paysage, Paysan, anne=; prononcez pé-izaje, péizan, péizane (et non péizan-ne).

=Peau=, s. f.—Ne dites pas: il est noir de peau, de cheveux, etc.; dites, il a la peau noire, les cheveux noirs.

=Peccable, impeccable=, adj., capable ou incapable de pécher; —peccadille, s. f., faute légère; peccante, adj. f., terme de médecine, qui pèche, humeur peccante;—peccata, s. m., se dit d'un âne dans les combats publics d'animaux; peccavi, s. m., contrition, repentir, un bon peccavi:—on prononce les deux c dans tous ces mots.

=Pécher=, v. n., commettre un péché: prononcez pécher (é aigu);—pêcher, v. a., prendre du poisson et pêcher, s. m., arbre qui produit la pêche: prononcez pêcher (ê ouvert).—Il en est de même de péché, pécheur et pêcheur, pêche.

=Pécule=, s. m., =Pécune=, s. f.—Le premier se dit du produit des épargnes d'une personne qui ne travaille pas pour son compte: il avait amassé un pécule.—Pécune est un vieux mot qui signifie argent comptant: disette de pécune.

=Pécunier, ière=, adj., qui regarde l'argent, qui y a rapport; ce mot n'est pas français;—dites, pécuniaire: peine pécuniaire, intérêt pécuniaire.—Prononcez pécu-niaire et non pécu-gniaire.—Voyez ni.

=Pédale=, s. f., gros tuyau d'orgue qu'on fait jouer avec le pied: la pédale et non le pédale.

=Peindre=, v. a., =Peinturer= v. a.—Le premier signifie, représenter les objets par les couleurs;—le second, peindre d'une seule couleur: peinturer une maison, un treillis:—peinturer étant peu usité (Acad.), on peut le remplacer par peindre.

=Peine=, s. f.—On lui a ordonné cela sur peine, sous peine ou à peine de la vie:—de ces trois façons de parler, sous peine est la plus usitée et la meilleure; (Acad.)—sur peine nous paraît peu correct.

2. Avoir de la peine, avoir peine, devant un infinitif, demandent la préposition à: il aura beaucoup de peine à (et non de) gagner son procès; avoir de la peine à (et non de) marcher; j'ai peine à (et non de) voir clair dans tout ceci.

3. Ne dites pas: ce n'est pas les peines ou cela ne vaut pas les peines de vous déranger pour si peu; dites, ce n'est pas la peine, cela ne vaut pas la peine de...

4. Ne dites pas: donnez-vous la peine de vous asseoir; dites, veuillez vous asseoir, je vous prie de vous asseoir.—Prononcez pène (è bref) et non pain-ne.

=Peineux, euse=, adj., veut dire qui a de la peine, qui est triste; mais il ne signifie nullement, dans le sens wallon, capot, confus, interdit, penaud, interdit, décontenancé.—Semaine peineuse, la semaine sainte. (BESCHERELLE).

=Pelard= (bois), chêne dont on a ôté l'écorce pour faire du tan (pelwai en wall.)

=Peler=, v. a. et n., ôter le poil, la peau; il ne double point l'l: ce velours se pèle.—Prononcez peler (e muet) et non pèler.—Voyez éplucher.

=Pèlerin, ine=, s.; pèlerinage, pèlerine, s. f. (vêtement de femme):—écrivez et prononcez ces mots avec un accent grave et non un accent aigu (Acad.)—Ne dites pas non plus pèlèrin, pèlèrinage, pèlèrine, ni pélérin, pélérinage, pélérin, mais pèlerin, pèlerinage, pèlerine (le second e est muet).

=Pelle=, s. f., ustensile de cuisine pour frire, fricasser; ce mot n'est pas français; dites poêle et prononcez poale.—Une pelle (prononcez pèle) est un instrument de fer ou de bois, large et plat à long manche: pelle de four, pelle à feu, pelle de jardin.

=Pellicule=, s. f. peau très-mince, il se forme une pellicule (ou mieux peau) sur le lait bouilli, sur l'encre; il y a dans un œuf deux pellicules, celle qui tapisse intérieurement la coque, et celle qui enveloppe le jaune.—On prononce les deux ll.

=Pelure=, s. f., peau, enveloppe de certains fruits, de certaines légumes: pelure de pomme, de poire; du vin couleur de pelure d'oignon.—Ne dites pas pelate, pelote.—Voyez éplucher, écaler.

=Pénal, ale=, adj., qui assujettit a des peines; il n'a point de pluriel masculin; quelques grammairiens pourtant disent des codes pénals.

=Pénates=, adj. et subst.:—les dieux pénates ou les pénates, demeure, habitation;—ce mot est masculin et ne s'emploie qu'au pluriel: je reverrai mes pénates chéris.

=Pendant que, Tandis que.=—Pendant que marque simplement la simultanéité de deux événements, de deux choses: pendant que vous étiez en Espagne, j'étais en Italie.—Tandis que marque non pas précisément la simultanéité de deux événements et de deux choses, mais une opposition, soit entre les temps que cette conjonction indique et un autre temps exprimé ou sous-entendu, soit entre deux actions qui se font simultanément: vous faites fort bien tandis que vous êtes jeune de travailler à vous instruire, quand vous serez vieux il ne sera plus temps; tandis que vous vous divertissez, je me consume dans le chagrin.

=Pendre=, v. a.—Ne dites pas: il était pendu après son père; dites, il était pendu au cou de son père, ou, selon le sens, il s'accrochait à son père.

=Pendule=, s., est masculin, lorsqu'il signifie le poids suspendu qui, lorsqu'il est mis en mouvement, fait des oscillations régulières;—il est féminin, lorsqu'il désigne une petite horloge de salon: la pendule est arrêtée.

=Pêne=, s. m.—C'est le morceau de fer qui sort de la serrure et s'engage dans un crampon, (gâche) pour fermer une porte; le pêne de cette serrure est usé.—Voyez cliche.

=Pensée=, s. f., opération de l'intelligence: une pensée généreuse: prononcez pensée (é long) et non pensé-ïe.—Voyez ée, ie, ue, oue.

=Penser=, v. n.—Ne dites pas: j'ai d'autres choses à penser; dites, j'ai à penser à bien d'autres choses.

2. Ne dites pas: il n'a que lui à penser; dites, il n'a à penser qu'à lui.

=Pensum=, s. m., au pluriel pensums, surcroît de travail qu'on exige d'un écolier pour le punir: on lui a donné pour pensum dix verbes à faire; il a eu trois pensums cette semaine.—Prononcez pinsome.

=Pentacorde=, s. m., lyre à cinq cordes;—pentagone, adj. et s. m., à cinq angles;—pentamètre, adj. et s. m., vers latin de cinq pieds;—pentandrie, s. f., classe de plantes;—pentapole, s. f., contrée qui a cinq villes principales;—pentateuque, s. m., nom collectif des cinq premiers livres de la Bible:—Pent se prononce pènt dans tous ces mots. (Acad.)

=Pentecôte=, s. f., fête chrétienne; prononcez pant'côte (ô long).

=Pépie=, s. f., petite peau blanche qui vient au bout de la langue des oiseaux et les empêche de boire; ne dites pas pépi, pipie.

=Pepin=, s. m., semence qui se trouve au centre de certains fruits: un pepin de pomme, de raisin, de groseille: écrivez et prononcez pepin (e muet) et non pépin (Acad.);—plusieurs lexicographes écrivent néanmoins pépin.—Le nom propre Pépin s'écrit ordinairement avec un accent aigu.

=Pépinière= (et non pepinière), s. f., plant de petits arbres: planter une pépinière.—Prononcez pépi-nière et non pépi-gnière.—Voyez ni.

=Pequet=, s. m. (mot wall.), rameau de verdure qu'on attache à une maison pour annoncer qu'on y vend des boissons; en français, on dit bouchon: un bouchon de cabaret;—ce mot se dit quelquefois pour le cabaret lui-même: il n'y a dans ce village qu'un mauvais bouchon. (Acad.)

=Percale=, s. f.—Ne prononcez pas percaille, mais percale et écrivez percale, percaline;—on écrit aussi, mais moins bien, perkale, perkaline.

=Perce-neige=, petite plante à fleurs blanches qui fleurit en hiver;—ce mot est féminin: une perce-neige, des perce-neige. —Prononcez perce-neige et non perce-neiche.

=Percepteur, Précepteur.=—Un percepteur est celui qui est chargé de recouvrer (de percevoir) les impôts, les deniers, les revenus; il n'a pas de correspondant féminin.—Un précepteur est celui qui est chargé de l'instruction et de l'éducation d'un enfant, d'un jeune homme; ce mot n'a pas de correspondant féminin; il peut cependant se rapporter à un substantif féminin: les femmes sont les vrais précepteurs du bon ton et du bon goût.

=Percer=, v. a.—Ne dites pas: voilà une pipe bien percée; dites, bien culottée.

=Percha= (gutta): voyez gutta-percha.

=Perclus=, adj., impotent, qui a perdu l'usage d'une partie de ses membres: il est perclus de tous ses membres; cette femme est percluse d'un bras.—Le féminin est percluse et non perclue.

=Perderai=, perderais, barb.; écrivez et prononcez perdrai, perdrais.

=Perdreau=, s. m., jeune perdrix de l'année;—une perdrix (féminin) est une gallinacée qui a plus d'une année.

=Père=, s. m., frère, etc.: prononcez père, frère, prière, (è ouvert) et non pére, frére, priére.

=Perfection=, s. f.—Ne dites pas: il travaille à la perfection; il joue du piano à la perfection; dites, en perfection.

=Péril=, s. m., risque, danger: L'l est mouillée ainsi que dans périlleux, périlleusement.

=Période=, est masculin et féminin: il est féminin, lorsqu'il signifie une révolution qui se renouvelle régulièrement;—un circuit d'un nombre d'années déterminé;—une phrase composée de plusieurs membres.—Il est masculin, lorsqu'il se dit du plus haut point où une chose, une personne puisse arriver, est arrivé: Napoléon est arrivé au plus haut période de la grandeur; cet homme est au dernier période de la vie.—Il se dit aussi d'un espace de temps indéterminé: un long période de temps; dans un court période. (Acad.)—Prononcez période et non périote.

=Péripétie=, s. f., dénouement du drame: prononcez péripécie.

=Périr=, v. neutre.—Dans les temps composés, il prend l'auxiliaire avoir (Ac.); cependant quelques écrivains l'ont conjugué avec être: tous ceux qui étaient sur ce navire sont péris.—L'Académie ne se sert que de l'auxiliaire avoir.

2. Périr étant un verbe neutre, ne dites pas: ce sont les mauvaises fréquentations qui ont péri ce jeune homme; dites, ce sont... qui ont perdu... (Wall.)

=Persan, ane, Perse.=—Perse se dit des habitants de l'ancienne Perse;—les habitants de la Perse moderne s'appellent Persans, ce qui n'empêche pas qu'on ne donne aussi la qualification de Persan aux anciens Perses.

=Persécuter=, persécution, persécuteur, persévérer, persévérance, persistance, persister:—dans tous ces mots, l's étant précédée d'une consonne, se prononce dure, comme dans si, son, sa, ses.

=Persil=, s. m., plante potagère: prononcez perci et non percile.

=Personne=, s. f.—Ne dites pas: n'y a-t-il personne d'autre à la maison? personne d'autre que...; dites, n'y a-t-il pas d'autre personne? personne autre que... Voyez rien d'autre.

2. Ce mot est féminin, quand il désigne un individu déterminé et peut être remplacé par homme, femme: deux personnes différentes me l'ont assuré; une personne, deux personnes; je ne connais aucune personne aussi heureuse que cette femme.

3. Il est masculin, quand il est pris d'une manière indéterminée: personne oserait-il le nier? je ne connais personne d'aussi heureux que cette femme.

=Perspective=, s. f., t. de peint.: écrivez et prononcez perspective et non perspectife, perpective.

=Persuader=, persuasion: prononcez l's dure puisqu'elle est précédée d'une consonne: perçuader, (l'a est bref) perçuasion et non perzuader, perzuasion.

=Perte=, s. f.—Ne dites pas: j'ai fait de grandes dépenses à pure perte, mais, en pure perte.

=Peser=, pesant, pesanteur, peseur, peson:—prononcez pezer, pezant, pezanteur, etc. (e muet), et non pèzer, pèzant, pèzanteur.

=Pétale=, s., chacune des pièces qui composent la corolle d'une fleur; ce mot est masculin: un pétale blanc.

=Pétaud= ou =Petaud=, s. m.—Ce mot n'est usité que dans cette locution: c'est la cour du roi Pétaud, c'est-à-dire, un lieu de confusion, de désordre où personne ne s'entend.

=Pétaudière= ou =Petaudière=, s. f., lieu où chacun veut être maître, où il n'y a que désordre et confusion: cette classe est une vraie pétaudière.

=Péter=, v. n., se dit figurément de certaines choses qui font un bruit subit et éclatant: le bois de chêne pète dans le feu; le laurier et le sel, jetés dans le feu, pètent; cette boite, cette fusée, ce fusil, ce pistolet etc., pètent bien; cette bouteille de vin mousseux a bien pété; une corde de son violon, de sa harpe vient de péter; ce vin fait péter les bouteilles. (Acad.)

2. Il signifie aussi éclater, faire explosion: son fusil, son pistolet lui a pété dans la main. (Acad.) Mais il ne faut pas l'employer dans le sens fêler, s'étoiler: il ne faut pas exposer ce vase à la gelée, il se fêlerait; un verre fêlé; carreau de vitre étoilé (fêlé en forme d'étoile); prenez garde que vos bouteilles ne s'étoilent.

3. Ne dites pas, des pommes de terre pétées, dites des pommes terre grillées.

4. On écrit et on prononce péter et non pèter; on ne redouble pas le t devant e muet: il pète, il pétera.

=Petiller=, v. n., éclater avec bruit; dans ce mot et dans petillant, petillement, les ll sont mouillées: plusieurs écrivent et prononcent pé au lieu de pe.

=Pétiole=, s. masc., queue de feuilles; pétiolé, adj.; porté par un pétiole:—prononcez péciole, péciolé.

=Petit, Long.=—N'employez pas petit pour court, ni long pour grand; dites, cet habit est trop court, et non trop petit; cette femme est grande, et non cette femme est longue.—Prononcez petit (e muet) et non pètit.

2. Un petit homme, est un homme de petite taille;—un homme petit, est un homme sans cœur, sans dignité, sans esprit.

3. Petit peu (un), un tout peu, un tant soit peu: ces locutions ne sont pas françaises; dites, un peu, très-peu, bien peu, tant soit peu, un tantinet.—Toutefois, dans la conversation, on admet petit peu comme représentant mieux la petitesse de la quantité.

4. Petit à petit.—Il a fait sa fortune petit à petit.—Ne dites pas de petit à petit.

=Petto= (=in=), en secret, dans l'intérieur du cœur: prononcez ine pet'to; les deux tt se prononcent.—Voyez in-petto.

=Pétulant, te=, adj., signifie remuant, vif, impétueux, brusque, et non mutin, têtu; il est fort pétulant; il est d'un naturel pétulant, d'un caractère pétulant (remuant);—voyez le petit mutin (et non pétulant).

=Peu=, adv.—Dans le langage familier un peu est quelquefois explétif et sert à adoucir l'impératif: dites-moi un peu; venez ici un peu, que je vous parle; voyons un peu comment vous vous y prendrez. (Acad.)—Les flamands doivent se garder de rendre ce un peu, par seulement, une fois.

2. Ne dites pas un peu du pain, mais un peu de pain.

=Peuple=, s. m., nation, populace: prononcez peuple (eu bref) et non peupe, peupèle.

=Peur=, s. f.,—N'employez pas ce mot dans le sens de soin, avoir soin: cet écolier a soin de ses livres et non, a peur de ses livres. (Wall.)

2. Ne dites pas: vous feriez peur les gens; dites, vous feriez peur aux gens.

3. Ne dites pas: vous m'avez fait prendre une peur; dites, vous m'avez fait peur.

=Peut-être=, adv.—Prononcez peut-être (eu bref) pour le distinguer de (cela) peut être où l'eu est long; ne dites pas peut-ête, peut-êtère.

=Ph=, se prononce comme f: Philippe (fi-lipe et non flipe); phare (fare), philosophie (filosofie).

=Phébus=, s. m., Apollon, le soleil (en style poét.), style obscur et empoulé: vous croyez avoir fait du sublime et ce n'est que du phébus.—Prononcez fébuce.

=Phénix=, s. m., oiseau fabuleux qui renaissait, dit-on, de ses cendres; personne unique ou rare dans son espèce: vous êtes le phénix des hôtes de ce bois.—Prononcez fénikce et non fénik, fénice.

=Phrase=, s. f., assemblage de mots formant un sens: une belle phrase.—Prononcez frâze (â long) et non frâce.

=Piailleur, euse=, s., celui ou celle qui ne fait que piailler, crier continuellement par dépit ou par méchanceté: cet enfant est un piailleur.—Ne dites pas piaillard.

=Piane-piane=, adv., lentement, à pas comptés: marcher piane-piane: on ne prononce point les e.

=Piano= ou =Forte-piano= ou =Piano-forte=, s. m., instrument de musique à clavier: on prononce forté et piano (ia bref et diphth.) et non pî-anno, pi-âno.

2. Piano, s. m., adj. et adv., terme de musique, doux, doucement, avec douceur.—Le pluriel est pianos.

=Piauler=, v. n., se dit des enfants qui se plaignent en pleurant: cet enfant ne fait que piauler.

=Pic=, s. m. (prononcez pique).—Ce mot a plusieurs significations bien distinctes.—Le pic est un instrument de fer courbé et pointu vers le bout, et dont on se sert pour casser des morceaux de rocher et pour ouvrir la terre: il faut un pic pour ouvrir cette terre remplie de cailloux.

2. Pic, en terme de géographie, se dit des montagnes très-hautes: le pic de Ténériffe.

3. Pic est un oiseau grimpeur qui perce l'écorce des arbres avec son bec, pour chercher des vers et des insectes.

4. Enfin pic est un terme de jeu de piquet.—Il ne faut pas le confondre avec pique qui signifie une des couleurs du jeu de cartes, et est également masculin: il tourne du pique ou de pique ou pique.

=Picorée=, (la), a le même sens que le mot maraude; mais on dit aller à la picorée et non pas en picorée, quoiqu'on dise aller en maraude plutôt que aller à la maraude.—Picoreur, s. m., qui va à la picorée: ce mot n'a pas de correspondant féminin.—V. maraude.

=Picot.=—Ne dites pas: cet enfant est tombé dans les picots; dites, dans les orties.

=Pie=, s. f., oiseau de la famille des corbeaux; prononcez pî (î long) et non pi-ïe.

2. =Pie=, adj., pieux; il n'est usité qu'avec le mot œuvre, œuvre pie, c'est-à-dire, œuvre de charité faite en vue de plaire à Dieu.

=Pièce, Place.=—Dites un appartement composé de quatre pièces et non de quatre places: prononcez pièce (è grave mais bref) et non piéce.

=Pied=, s. m.—Ne dites pas: j'ai voyagé, j'ai fait le chemin de pied, je suis venu de pied; dites j'ai voyagé,... à pied.

2. On peut dire par hypallage: il n'avait point de souliers dans ses pieds, au lieu de: il n'avait point ses pieds dans des souliers. (Acad.)

3. Pied bot (bot n'a pas de féminin), pied contrefait: avoir un pied bot:—il se dit également d'un homme qui a le pied contrefait: les deux frères sont pieds bots; ne dites pas pied à boule ni pitabole.

4. De plain-pied, locut. adv., sans monter ni descendre: on va dans cette chambre de plain-pied.—N'écrivez pas de-plein-pied et ne dites pas de plat pied.

5. Pied droit.—Ne dites pas, j'ai un pied droit pour mesurer; dites, ... un pied de roi.

=Piedsinte= ou =Piedsente=, n'est pas français; dites sentier.

=Piége=, s. m., embûche: prononcez piège (è ouvert) et non pièche.—Voyez tendre et ége.

=Pierre, Pierrette.=—Ne dites pas des pierres d'abricot, des pierrettes de cerise, etc.; dites des noyaux d'abricot, de cerise.—On nomme pierre une espèce de gravier qui se trouve dans certaines poires: ces poires ont beaucoup de pierres.—Voyez noyau et amande.

2. Pierre d'achoppement, danger, obstacle; ne dites pas pierre d'achoquement.

3. On écrit un tailleur de pierre et non un tailleur de pierres, homme qui taille la pierre et non le bois ni le fer; mais on dira un casseur de pierres, homme qui casse les pierres.

=Piété=, s. f., dévotion; ce mot n'a pas de pluriel.

=Piètre=, adj., mesquin, chétif et de nulle valeur dans son genre: un habit piètre, un piètre ouvrier; ne dites pas peutre.—Prononcez piè-tre (piè diphth.) et non piète, piètère.

=Pieux, se=, adj., qui a de la piété:—prononcez pi-eu (deux syll.) pour le distinguer de pieu (pièce de bois pointue) qu'on prononce pieu (en une seule syll.)

=Pile=, s. f., se dit de celui des deux côtés d'une pièce de monnaie où sont empreintes les armes du souverain; le côté opposé se nomme croix ou tête: n'avoir ni croix ni pile; jouons, jetons à croix-pile qui l'aura; que retenez-vous, croix ou pile?

2. Pile, s. f., soufflet, taloche: ce mot n'est pas français.

=Piler=, v. a., écraser, broyer; écrivez et prononcez piler et non piller (ll mouillées).—Le vase de métal, de pierre, de faïence, etc., dans lequel on pile, se nomme mortier: un mortier de cuivre sert d'enseigne à ce pharmacien.—Le pilon est l'instrument dont on se sert pour piler dans un mortier: un pilon de fer, de bois.

=Pilotis=, s. m., grosse pièce de bois pointue qu'on fait entrer en terre avec force pour asseoir les fondements d'un édifice, etc.; ne dites pas pilote, qui signifie, celui qui gouverne un vaisseau: Amsterdam est bâti sur pilotis et non, ... sur pilotes.

=Pince, Pincette=, s. f.—Pince se dit d'une sorte de longues tenailles dont on se sert pour remuer les grosses bûches dans une cheminée: il faut prendre cette bûche avec la pince.—Il se dit également dans plusieurs arts ou métiers, de certaines tenailles, les unes grosses, les autres petites, qui servent à différents usages: les taillandiers, les serruriers ont de grosses pinces pour tenir leur ouvrage, quand ils le mettent au feu; les horlogers, les arquebusiers ont de petites pinces pour prendre et placer les goupilles et autres pièces légères.—Pince signifie aussi un barre de fer aplatie par un bout, et dont on se sert comme d'un levier: lever une grosse pierre avec une pince.

2. Pincette, s. f., et plus ordinairement pincettes (au plur.), ustensile de fer à deux branches égales, dont on se sert pour accommoder le feu: attiser le feu avec des pincettes. On dit aussi tenailles dans ce sens.—Il se dit encore d'un instrument de fer, dont on se sert pour s'arracher le poil: il se fait la barbe avec la pincette.—Il se dit également, dans plusieurs arts ou métiers, de petits instruments de fer à deux branches, dont on se sert pour prendre ou pour placer certains objets qu'on ne pourrait ni prendre ni placer facilement avec les doigts.—Ne dites point épince, épincette.—Voyez tenaille.

=Pinçon, Pincée, Pinson.=—Pinçon, s. m., se dit de la marque qui reste sur la peau quand on a été pincé: je me suis fait un pinçon en fermant cette porte. Mais on dit avoir l'onglée et non des pinçons, lorsqu'on veut parler de certaines douleurs qu'on ressent au bout des doigts quand on y a eu fort froid: je ne puis pas écrire, j'ai l'onglée.—Pincée, s. f., se dit de ce qu'on peut prendre de certaines choses en les pinçant entre deux ou trois doigts: une pincée de sel.—Le pinson, s. m., est une sorte de petit oiseau: gai comme un pinson.—Voyez pensum.

=Pipe=, s. f.—Dites pipe bien culottée, et non pipe bien percée ni bien passée.

=Piquanterie=, n'est pas français: il faut dire picoterie, pour signifier des paroles malignes et de nature à blesser; picoter c'est faire des picoteries; il m'impatiente par des picoteries continuelles; il l'a picoté pendant toute la soirée.

=Pique-assiettes=, n'est pas français; dites piqueur d'assiettes, piqueur de table ou écornifleur, pour désigner celui qui cherche à manger aux dépens d'autrui.

=Piqûre=, s. f., petite blessure que fait une chose ou un animal qui pique: écrivez piqûre (avec un accent circonflexe) et non piqure.

=Pire, Pis.=—Pire, adj. comparatif de mauvais, (plus mauvais); au superlatif on dit le pire (le plus mauvais).—Pis, adv. comparatif de mal (plus mal); le superlatif est le pis.—Servez-vous de pire, lorsque, en reversant le sens de la phrase, vous diriez meilleur, et de pis, si c'est mieux que vous emploieriez:—tant pis (tant mieux); il va de mal en pis (en mieux); le pis (le mieux) que j'y trouve; il est bien pire (bien meilleur) qu'il n'était; de deux maux, il faut éviter le pire (le meilleur); ils sont pis que (mieux) jamais ensemble.

2. On ne dit pas: plus pire, plus pis, pas plus qu'on ne dit plus meilleur, plus mieux.

3. On ne fait sentir l's de pis que devant une voyelle: au pis aller; qui pis est.

=Piteux, euse=, adj., qui excite la pitié, un spectacle piteux, une mine piteuse.—Ne dites pas pitieux.

=Pitié=, s. f., compassion pour les peines d'autrui; ce mot ne s'emploie pas au pluriel.—On écrit grand'-pitié ou grande pitié dans cette locution: c'est grand'-pitié ou grande pitié. (Acad.)—Prononcez piti-é et non pit-chié.—Voyez ti et di.

=Place=, s. f.—On doit se servir du mot pièce, lors qu'on parle des différentes parties d'une maison: son appartement est composée de tant de pièces (et non de places); le salon est la plus belle pièce de la maison; la seconde pièce; la salle ou la pièce à manger (et non la place).

2, Ne dites pas, à la place ou en place d'étudier, il joue; dites, au lieu d'étudier, il joue.

3. Ne dites pas: Messieurs, mettez-vous à place; dites, en place.

=Placer= (=se=),—Ne dites pas: placez-vous, je vous prie; dites, asseyez-vous...

=Placet=, s. m., demande écrite à l'effet d'obtenir une grâce, une faveur du Roi; en parlant des ministres, des tribunaux, etc., on se sert du mot pétition;—au pluriel, placets.—Prononcez placè (è bref).

=Plafonner=, v. a.—Ne dites pas plafonner un mur, mais, plâtrer un mur: on ne plafonne que les plafonds.

=Plaideur=, s. m., celui qui est en procès; au féminin, plaideuse.

=Plaidoyer=, v. n., =Plaidoyeur=, s. m., ne sont pas français; il faut dire plaider, plaidailler, plaideur, plaidailleur.

=Plain, aine=, adj., plat, uni sans inégalité: pays plain; la bataille s'est donnée en plaine campagne; drap plain.

2. Plain-pied.—Voyez pied.

3. Plain-chant, s. m., le chant d'église: on a exécuté une messe en plain-chant.—Il n'a pas de pluriel.

=Plaindre=, v. a., signifie, entre autres acceptions, employer, donner avec répugnance, à regret, d'une manière insuffisante: il ne plaint ni son temps ni ses soins quand il s'agit de rendre service; il plaint le pain à ses domestiques; il plaint l'avoine à ses chevaux; il plaint jusqu'aux habits qu'il donne à ses enfants.—Il correspond assez bien au mot wallon mèskeûre; le mot keûre se rendrait également assez bien par, ne pas plaindre: je ne lui plains pas cette réprimande, il l'a bien méritée.

=Plaine=, s. f. campagne: prononcez plène (è long) et non plain-ne.

=Plaire=, v. n.—Ne dites pas: il faut bien plaire ses parents; dites, à ses parents.

2. Ce qui plaît, signifie ce qui est agréable; ce qu'il plaît, signifie ce que l'on veut.—Ne dites donc pas: je fais ce qui me plaît, pour faire entendre que vous n'avez pas d'ordre à recevoir; dites, je fais ce qu'il me plaît.—Au contraire, dites: les gens peu raisonnables sacrifient leurs intérêts à ce qui leur plaît; c'est-à-dire, à ce qui leur est agréable.

3. Ne dites pas: si vous plaît? pour engager quelqu'un à répéter ce qu'il vient de dire; dites, s'il vous plaît ou plaît-il, ou pardon, je n'ai pas entendu, je n'ai pas compris.

4. Se plaire, suivi d'un infinitif, demande la préposition à: il se plaît à étudier, à chasser.

=Plaisant, ante=, adj., agréable, qui plaît: je ne trouve pas plaisant que vous vous occupiez de moi. Il est peu usité dans ce sens, et il ne s'emploie que dans des phrases négatives.

2. Il signifie plus ordinairement, qui divertit, qui fait rire: il nous a fait un conte plaisant; c'est le plus plaisant homme du monde; il a des manières tout à fait plaisantes; histoire plaisante et récréative.—Ne dites donc pas d'un homme qu'il est plaisant, pour faire entendre qu'il est aimable.

3. Plaisant se dit aussi, par une sorte de mépris, et pour signifier, impertinent; ridicule: en ce sens, il précède toujours le substantif: c'est un plaisant homme, un plaisant visage; il a un plaisant habit; je vous trouve plaisant de vouloir...

=Plaisir=, s. m.—Ou dit avoir du plaisir, avoir plaisir, y avoir du plaisir à,—et avoir le plaisir, faire plaisir de:—vous aurez du plaisir à (et non de) causer avec lui; j'ai plaisir à travailler avec lui;—vous me ferez plaisir de (non à) parler ainsi.—Prononcez plésire et non plèsir, ni plési.

=Plan=, s. m.—Ne dites pas: jeter son plan sur quelqu'un, sur quelque chose; dites, jeter son plomb, son dévolu: il a jeté son plomb sur cet emploi, jeter un dévolu, son dévolu sur quelqu'un, sur quelque chose.

=Planchéier=, v. a., garnir de planches, faire un plancher: j'ai fait planchéier mon cabinet de bois, (et non de planches) de sapin.—Ne dites pas plancheter ni plancher.

=Plancher=, s. m.—On appelle ainsi les planches et les poutres qui séparent deux étages ou qui sont placées sur l'aire du rez-de-chaussée: il est tombé sur le plancher; peindre les solives d'un plancher; suspendre quelque chose au plancher;—mais il ne faut pas dire, monter au plancher, l'escalier du plancher, au lieu de monter à l'étage, l'escalier de l'étage.—Si la maison a plusieurs étages, on dit monter au premier, au second, etc.—Voyez pavé.

=Plane=, s. f., outil tranchant et à deux poignées pour aplanir, rendre unis des morceaux de bois des planches.

=Planisphère=, carte où les deux moitiés du globe céleste ou du globe terrestre sont représentées; ce mot est masculin: la mappemonde est un planisphère terrestre.

=Plantoir=, s. m., outil de bois, pointu et quelquefois ferré par le bout, dont les jardiniers se servent pour faire dans la terre les trous où ils veulent mettre des plantes ou des graines: un bon plantoir.—Une plantoire n'est pas français.

=Planure=, s. f., bois que l'on retranche des pièces que l'on plane: se chauffer avec des planures.

=Plaquer=, dans le sens d'adhérer fortement, de coller, n'est pas français: ce papier est collé (et non plaqué) sur du carton; ces deux feuillets sont collés (et non plaqués).

=Plat, ate=, adj.—Le plat pays est le village par rapport à la ville;—un pays plat est la plaine par rapport aux montagnes.

=Platine=, s., or blanc, est masculin: le platine a été découvert en Amérique.—Dans toutes les autres acceptions, il est féminin: la platine d'un fusil, la platine d'une serrure.—Plusieurs personnes se servent à tort de ce mot pour indiquer un petit chandelier de cuisine; il faut dire bougeoir.

=Plâtre=, s. masculin: du plâtre.

=Platrier=, s. m., celui qui prépare le plâtre ou qui le vend; ne dites pas plâtreur.

=Plein, eine=, adj.—Tout plein, sert quelquefois d'adverbe de quantité, et alors, il signifie beaucoup: on trouve tout plein de gens qui pensent...; il y a tout plein de monde dans les rues; j'ai tout plein de livres d'égarés; vous dites qu'il n'y a pas de boutique dans cette rue, il y en a tout plein.—Il est très familier. (Acad.)

2. Plein est invariable, lorsqu'il est séparé de son substantif par un adjectif possessif: il a plein ses poches d'argent.—Il s'accorde avec son substantif, quand il n'en est pas séparé: il donne de l'argent à pleines mains; il en a les poches pleines.

=Pléis=, poisson.—Ce mot n'est pas français; il vient apparemment du flamand pladys; il faut dire plie.

=Pléonasme vicieux=, surabondance de mots qui rendent le discours diffus ou incorrect; nous en donnerons quelques exemples (prononcez plé-onas-me et non pléïonasme, pléoname).

2. Arrière.—Les grecs épouvantés reculent en arrière: on ne peut pas reculer en avant; arrière est donc de trop.

3. Allumer la lumière; dires allumer la bougie, la chandelle, etc.; on ne peut allumer la lumière; cependant, on peut dire allumer le feu ou du feu.

4. Assez.—Vos raisons sont assez suffisantes; l'idée exprimée par le mot assez est déjà renfermée dans le mot suffisant.

5. Aujourd'hui.—Le jour d'aujourd'hui les enfants sont peu soumis.—Jour et aujourd'hui expriment la même idée.

6. Beaucoup.—Ce discours est rempli de beaucoup de citations. Il ne pourrait pas être rempli de peu de citations; beaucoup est donc superflu.

7. Borne.—Cicéron a étendu les bornes et les limites de la science. Ces deux mots exprimant la même idée, l'un des deux suffit.

8. Brillant.—Un brillant éclat: brillant est de trop, car tout éclat est brillant.

9. Charlemagne.—Magne (du latin magnus) veut dire Charles-le-Grand; ne dites donc pas Charlemagne-le-Grand, quoique pourtant on puisse dire le grand Charlemagne, ce mot étant dans ce cas considéré simplement comme un nom propre.

10. En.—Les vainqueurs étaient au nombre de vingt mille, dont il n'y en eut pas un seul de tué. Retranchez en ou bien dites: dont il n'y eut pas un seul de tué.

11. Inanimé.—Un cadavre inanimé: y a-t-il des cadavres animés ou vivants?

12. Mon, ma, mes, ton, ta, tes, son, sa, ses.—J'ai mal à mon pied, tu as mal à ta tête; il a mal à son bras: est-ce qu'on peut avoir mal au pied, à la tête, au bras d'un autre?

13. Malgré.—Il fut forcé malgré lui de partir; c'est toujours malgré soi qu'on est forcé.

14. Mutuellement.—Il faut s'entr'aider mutuellement: ce dernier mot n'ajoute rien au sens.—Il en est de même de l'un l'autre, les uns les autres employés dans ce sens.

15. Orageux.—Une tempête orageuse: il n'y a point de tempête sans orage.

16. De part et d'autre.—Cet entretien se termina par des plaintes réciproques de part et d'autres: ces derniers mots sont superflus, car réciproque et de part et d'autre signifient la même chose.

17. Partout.—Il y a des sots tout partout: le dernier mot rend à lui seul toute la pensée; supprimez tout.

18. Petit.—Un petit monticule, une petite maisonnette, une petite barquette, un petit peu: l'idée de petit est marquée par monticule, maisonnette, barquette et peu; donc le mot petit est de trop.

19. Puis.—Il va dîner, puis ensuite il ira chez nous; puis signifie déjà ensuite.

20. Seulement.—Pour faire trembler les révoltés, le roi n'aurait seulement qu'à se montrer: seulement est de trop, car l'idée qu'il exprime est rendue par ne... que.

21. Temps.—Une heure de temps, un jour, une semaine, un mois, une année de temps:—les heures, les jours, etc., ne mesurent pas autre chose que le temps.

22. Vite.—Dépêchez-vous vite; peut-on se dépêcher lentement?

23. Voyons voir: répétition barbare.

24. Nous entrâmes dans la maison où nous y trouvâmes des amis: retranchez y ou bien dites: et nous y trouvâmes des amis.

=Pleurésie=, s. f., maladie: ne dites pas plurésie ni purésie.

=Pleurs=, s. masculin, sans singulier, larmes: des pleurs amers.—Bossuet a dit dans le style élevé, en parlant de l'enfer: là règne un pleur éternel; mais ici le mot pleur paraît être pris dans un sens figuré, pour peine, douleur.

=Pleuviner=, pour désigner une pluie fine qui tombe, n'est pas français; dites bruiner ou pluviner: il commence à bruiner, à pluviner.—Bruiner est préférable.

=Pleuvoir=, fait au participe passé plu: il y a longtemps qu'il n'ait plu (et non pleu),—L'Académie ne donne pas de participe présent.

=Pli=, s. m., terme du jeu de cartes;—ne dites pas, j'ai fait deux, trois, six plis; dites, j'ai fait deux, trois, six levées.

=Plier, Ployer=, v. a.—Voici ce que dit le Dictionnaire de l'Académie:—plier, mettre en un ou plusieurs doubles et avec un certain ordre: plier du linge, plier des habits, des hardes, des draps de lit, des serviettes; pliez votre serviette, plier une lettre, etc.—Plier signifie aussi courber, fléchir: plier de l'osier, plier des branches, des branches d'arbre, des branches de vigne pour en faire un berceau, plier les genoux.

2. Plier s'emploie figurément, et signifie, assujétir, soumettre, faire céder, s'accoutumer: il faudra plier ce jeune homme à la bonne règle; plier son esprit, son humeur aux volontés, aux désirs d'autrui.—Il est aussi neutre, et signifie devenir courbé: un roseau, un bâton, une houssine, une baguette qui plie; la planche pliait sous lui.—Figurément, plier sous le poids des affaires, sous le poids des années; plier sous l'autorité, sous les ordres de quelqu'un.

3. Ployer veut dire, fléchir, courber: ployer une branche d'arbre; ployer le genou en marchant.—Il signifie quelquefois, arranger une chose en la pliant, en la mettant en rouleau, en paquet, etc. ployez votre marchandise; ployez votre serviette; ployez vos habits.

Ployer s'emploie comme actif, comme neutre et avec le pronom personnel dans presque toutes les acceptions du verbe plier, mais seulement en poésie et dans le style élevé;—dans le langage ordinaire, on se sert de ployer. (Acad.)

=Ploter=, v. a., battre, maltraiter; écrivez peloter et prononcez ploter: on l'a bien peloté; il a été bien peloté dans cette conversation, dans cette dispute.

=Pluie=, s. f., eau qui tombe des nuages: prononcez pluî (ui diphth.) et non pluiïe, ni plouî.

=Plume=, s. f.:—c'est une belle plume, pour, il a une écriture, n'est pas français.

=Pluriel, elle=, adj. et subst.—Quelques-uns, dit l'Académie, écrivent plurier, et la plupart prononcent plurié;—nous pensons que cette forme et cette prononciation sont surannées, et qu'il faut aujourd'hui écrire et prononcer pluriel (plurièle, è bref).

=Plus=, adv. de comp.—Prononcez plu et non plusse: l's cependant se prononce dans: je dis plus, il a plus et dans plus-que-parfait.

2. Il a le même sens que davantage, mais on ne peut pas l'employer pour davantage: voyez ce mot.

3. Plus d'à demi, plus d'à moitié: ces locutions sont préférables à celles-ci: plus qu'à demi, plus qu'à moitié.

4. Ne dites pas: il a plus que vingt ans; il a dépensé plus que cent francs; dites, il a plus de vingt ans; il a dépensé plus de cent francs.

5. Ne dites pas: il est plus sage, il est moins sage comme vous; dites, que vous.

6. Ne dites pas: plus pauvre est-on, plus est-ce qu'on veut briller; plus que je le connais, plus que je l'estime; dites, plus pauvre est-on, plus veut-on briller; plus je le connais, plus je l'estime.

7. Ne dites pas: je n'ai plus vu ce monsieur, pour signifier que vous le voyez pour la première fois; dites, je ne l'ai pas encore vu, je ne l'ai jamais vu.

8. Plus pire, plus meilleur, plus pis, plus mieux, sont des locutions barbares.

9. Plus comparé à mieux; voyez ce dernier mot.

10. Plus tôt et plutôt.—Plus tôt, en deux mots, a rapport au temps et est opposé à plus tard: il est arrivé plus tôt (plus tard) que vous.—Plutôt, en un mot, éveille une idée de choix, de préférence: plutôt mourir que de me déshonorer; c'est-à-dire, je préfère, j'aime mieux mourir que...

=Poche=, s. f.—Ne dites pas: j'ai ce papier en poche; dites, dans ma poche; mettre, serrer, fourrer quelque chose dans sa poche, dans ses poches.—Mettre en poche, (figuré et famil.) c'est mettre en réserve et appliquer à son profit un argent qu'on a reçu pour une autre destination.

=Poêle=, a plusieurs significations:—poêle, s. masculin (et non poèle ni poële), drap mortuaire qui recouvre le cercueil; voile qui recouvre la tête des mariés; sorte de dais.—Poêle ou poile, s. masculin (et non poèle ni poële), sorte de fourneau de terre ou de fonte ou de tôle, par le moyen duquel on échauffe des chambres, des serres, etc.—Poêle, s. féminin (et non poèle ni poële), ustensile de cuisine à longue queue pour frire, fricasser;—poêlon, petite poêle:—dans toutes ces diverses acceptions, prononcez poale, poalon, poalier et non pèle ni poèle.

=Poêlier=, s. m. (et non poëlier), artisan qui fait des poêles: prononcez poalier et non poèlier.

=Poème=, s. m., ouvrage en vers;—poète:—l'e est grave dans ces mots; l'o et l'è forment deux syllabes de même que pour les dérivés poésie, poétereau, poétesse, poétique, poétiser, etc.

2. On doit se garder d'intercaler, dans la prononciation, un i entre l'o et l'e; ne dites donc pas, po-ïème, po-ïète, po-ïésie, po-ïétique, etc.

=Poète=, s. m., celui qui cultive la poésie; au féminin, poétesse, mais il est peu usité et l'on dit plus volontiers une femme poète.

=Poigner=, n'est pas français; il faut dire toucher, manier, prendre dans la main:—regardez cela, mais n'y touchez pas; ne touchez pas cela; manier un drap pour voir s'il est doux, s'il est fin.—Empoigner est français.

=Poignet=, poignant, poignée, poignard:—prononcez poagnet, poagnant, poagnée, poagnard et non pognet, pognant, pognée, pognard.

=Poil=, s. m.—On ne dit pas un poil, mais bien un grain de tabac, d'avoine, de poudre à canon;—un brin d'herbe, de fil, de soie, de paille;—un flocon de neige: la grêle n'a pas laissé dans ce pré un brin d'herbe; le seigle et le froment ont déjà poussé de beaux brins; ces pauvres n'ont pas un brin de paille pour se coucher.

2. Poil (mort).—Il faut traduire par poil follet, si l'on veut désigner ces poils rares et légers qui viennent avant la barbe; duvet s'emploie aussi dans cette acception, surtout en poésie;—et par duvet, si l'on veut parler des poils qui poussent aux jeunes oiseaux avant les plumes: ce jeune homme n'a encore que le poil follet; le poil follet commence à lui pousser; ces petits moineaux ont encore leur duvet.—Prononcez poale et non poèle.

=Poindre=, v. n., n'est usité qu'à l'infinitif et au futur; il se dit proprement du jour qui commence à paraître, et de plantes qui commencent à pousser: à peine le jour commençait à poindre; je partirai dès que le jour poindra; dès que les herbes commencent à poindre; le poil commence à lui poindre au menton.

2. Ne dites pas pointer dans ce sens: j'ai vu poindre (et non pointer) le jour.

3. Prononcez poindre et non poandre ni poin-te, poindère.

=Point= (=à=).—Cette locution est française et signifie, à propos; il était ruiné, il a recueilli une grande succession, cela lui est venu bien à point;—vous arrivez à point, bien à point;—tout vient à point à qui peut attendre.

=Point, Pas.=—Ne dites pas: il y a six mois que je ne l'ai pas vu; dites, il y a six mois que je ne l'ai vu.

2. Ne dites pas: ont-ils pas fait telle chose; viendra-t-il pas aujourd'hui? dites, n'ont-ils pas fait telle chose; ne viendra-t-il pas aujourd'hui?—Voyez pas.

3. Peu ou point, ni peu ni point:—Ces locutions sont françaises: la première signifie presque point et la seconde, point du tout:—il a peu ou point de santé; il n'a d'esprit ni peu ni point.

4. Prononcez point (en faisant sentir l'in comme dans pin) et non poant.

=Pointilleux, euse=, celui qui aime à pointiller, à contester: vous êtes bien pointilleux;—ne dites pas pointilleur.

=Poireau= et =Porreau=, s. m.—Ces deux mots sont reçus, mais porreau paraît moins usité (Acad.):—cependant comme porreau est plus en usage en Belgique que poireau, nous pensons qu'il faut lui donner la préférence, au moins dans la conversation: c'est une plante potagère du genre des oignons: une soupe aux porreaux.

2. Poireau signifie aussi une excroissance qui vient sur la peau, particulièrement aux mains: il a les mains pleines de poireaux;—il se dit dans le même sens, en parlant des chevaux et des chiens: un cheval qui a des poireaux aux jambes; un petit chien qui a des poireaux aux joues.—On dit aussi verrue dans ce sens.—Poireau: prononcez poareau.

=Pois goulus=, pois que l'on mange avec la cosse; ne dites pas pois gourmands.

=Poivrier, Poivrière.=—Le poivrier est un arbrisseau qui produit le poivre; il se dit aussi, d'un vase, d'une boîte où l'on conserve le poivre;—la poivrière est un ustensile de table de la forme d'une salière dans lequel on met le poivre;—il se dit aussi d'un petit vase en forme de poire dont l'extrémité est percée d'un petit trou et que l'on secoue pour saupoudrer de poivre divers aliments.

=Polder=, s. m., au pl., polders, vastes plaines de la Belgique qui sont protégées par les digues: prononcez pol-dre.

=Polichinelle=, s. m., sorte de marionnette; ne dites pas porichinelle ni pourichinelle.

=Polir=, v. a.—Ne dites pas polir, dans le sens de repasser du linge: voilà des chemises bien repassées, et non bien polies;—il faut dire également repasseuse et non polisseuse.

=Pollen=, s. m. poussière fécondante des fleurs: prononcez pol'lène, en faisant sentir les deux ll et l'n.

=Pommeau=: voyez cliche et bouton.

=Ponctuer=, ponctuation, ponctuel, ponctualité etc.:—prononcez le c comme un k.

=Pontonnier=, s. m., celui qui reçoit le droit exigé pour le passage d'une rivière, soit sur un pont, soit dans un bac.—Prononcez ponto-nier et non ponto-gnier.

=Poques= et =Poquettes=: ces mots ne sont pas français;—il faut dire petite vérole: mon frère a eu la petite vérole et non, les poques, les poquettes.

=Porc=, s. m., cochon:—le c ne se fait pas sentir devant une consonne: du porc frais (por).

=Porc-épic=, s. m., quadrupède dont le corps est hérissé de piquants; au pluriel, porcs-épic:—prononcez porképik au pluriel comme au singulier.

=Portant, te=, ne s'emploie qu'avec les adverbes bien et mal: mon frère est bien portant, ma sœur est mal portante (se porte bien, se porte mal).

2. L'un portant l'autre, pour l'un parmi l'autre: voyez parmi.

=Porte= d'une agraffe (la), est une espèce de petit anneau où l'on fait entrer le crochet d'une agraffe et qui sert à la retenir.—Ne dites pas œillet.

=Porteballe=, s. m., s'écrit sans trait d'union et en un seul mot.—Il se dit d'un marchand ambulant qui porte sur son dos une balle de marchandises; au pluriel des porteballes:—ne dites pas porte-panier.

=Porte-cigare=, s. m., espèce de chalumet au bout duquel on adapte un cigare;—étui pour renfermer plusieurs cigares;—au pluriel, des porte-cigare dans la première acception, et porte-cigares au singulier et au pluriel, dans la seconde;—dans ce cas, nous préférerions le mot étui à cigares; on éviterait ainsi l'équivoque.

=Portefaix, Portefeuille, Portemanteau=, s'écrivent sans trait d'union et en un seul mot.

=Porter=, s. m., espèce de bière anglaise: prononcez portère.

=Porteur de lettres=, ne se dit pas; dites facteur.

=Portion, Potion.=—Portion signifie part, partie: les héritiers ont partagé tout le bien du défunt en quatre portions; garçon, servez-moi une portion de fraises.—Potion ne désigne qu'un remède liquide: une potion calmante et non une portion calmante.—Prononcez porcion, pôcion (ô long).

=Possible=, adj.—Il est possible que, est-il possible que, veut le subjonctif: il est possible que je gagne (et non que je gagnerai) le gros lot; est-il possible que vous vous laissiez (et non que vous vous laisserez) toujours entraîner par vos camarades.

2. Possible est invariable, comme attribut d'une proposition elliptique, lorsqu'il est précédé des mots plus, moins, le plus, le moins: ils ne songent qu'à payer le moins d'impôts possible, c'est-à-dire, qu'il lui est possible.

3. Ne dites pas: cela peut être possible; c'est un pléonasme vicieux; dites simplement: cela est possible.

4. Prononcez possi-ble et non possipe, possibèle.

=Poste=, s. f.: prononcez pos-te et non posse.

2. Ne dites pas d'un domestique qu'il est dans un bon poste; dites qu'il est dans une bonne condition.

3. Papier de poste n'est pas admis par l'Académie, qui dit papier à lettres.

=Post-scriptum=, s. m., ce qui est ajouté à une lettre, ordinairement après la signature: on l'indique par ces deux lettres: P. S.—Au pluriel des post-scriptum. (Acad.) Prononcez poss'-scriptome.

=Posture=, s. f., signifie la position du corps, mais il n'est pas synonyme de statue: il y a des statues dans son jardin (et non des postures).

=Pot=, s. m., vase de terre ou de métal: prononcez pô (ô long); l'o devient bref dans pot-à-l'eau, pot-au-lait, pot-au-feu.

2. Ce mot, suivi de la préposition à, marque la destination du pot; et lorsqu'il est suivi de la préposition de, il indique l'usage actuel du vase: pot-à-l'eau, pot-au-lait, pot à fleurs, etc., vases propres à mettre de l'eau, du lait, des fleurs;—pot d'eau, pot de lait, pot de fleurs, vase qui contient maintenant de l'eau, du lait, des fleurs.

3. Ne dites pas: mettez au pot ou à la potte, pour, mettez au jeu, faites l'enjeu.

4. Ne dites pas, il est bête comme un pot; en effet, un pot ne peut être ni bête ni intelligent; dites, il est bête comme une oie;—cependant on peut dire d'une personne de peu d'intelligence, qu'elle est bouchée comme un pot.

5. On dit également bien, il est sourd comme un pot (et non comme une porte).

=Potable=, adj., qui peut se boire, qu'on peut boire sans répugnance: eau potable, ce vin est déjà potable;—prononcez potable, et non potape ni potabèle.—Voyez buvable.

=Potassium=, s. m., nouveau métal: prononcez potaciome.

=Pot-au-feu=, s. m., s'écrit avec des traits d'union;—au pluriel, des pot-au-feu. (Acad.)—Ce mot signifie la quantité de viande destinée à être mise dans le pot: mettre un pot-au-feu, trois pot-au-feu; un pot-au-feu de trois livres de viande, de trois livres.—Pot-au-feu ne se dit pas du bouilli.

=Pot-de-vin=, s. m., sorte de présent qui se fait en sus du prix convenu pour un marché; au pluriel des pots-de-vin: on lui donne mille francs pour le pot-de-vin.—Voyez dringuelle.

=Pot pourri=, s. m., s'écrit sans trait d'union.

=Poteau= (d'eau), petit amas d'eau formé par la pluie, etc., dans les parties creuses des chemins;—ce mot n'est pas français; rendez-le par flaque ou mare (la flaque est plus petite que la mare): il y a des flaques d'eau dans ce chemin; dans ce village on abreuve les bestiaux à une mare, à la mare.

=Potée=, s. f., ce qui est contenu dans un pot, ce que peut contenir un pot: une potée d'eau, une potée de bouillon, une potée de lait.

2. Une potée d'enfants, c'est un grand nombre d'enfants;—éveillé comme une potée de souris, se dit d'un enfant fort vif, fort remuant et fort gai. (Acad.)—Plusieurs lexicographes disent éveillé comme une portée de souris.

3. On ne dit pas, une potée de fleurs ou simplement une potée; le mot français est pot de fleurs.

4. Potée ne se dit pas non plus en français pour quart de pinte.

=Potiquet=, n'est pas français; dites petit pot.

=Potiron=, s. m., espèce de citrouille ronde: manger du potiron;—ne dites pas poturon.

=Potte=, n'est pas français; il faut dire fossette pour désigner un petit creux que les enfants font en terre pour y jeter et y faire entrer des noix, des billes, des noyaux, etc.: jouer à la fossette.

=Pouce=, s. m., le plus gros et le plus court des doigts de la main.

2. On peut dire, manger un morceau sur le pouce, c'est-à-dire, à la hâte;—l'Académie donne cet exemple: manger, déjeuner sur le pouce, (à la hâte, sans prendre le temps de s'asseoir).—c'est donc à tort que certains grammairiens condamnent la première locution.

3. Ne dites pas le pouce du pied: dites le gros orteil ou simplement l'orteil.

=Pouding=, s. m., sorte de mets anglais composé de différents ingrédients: prononcez poudingue.

=Poudre=, s. f., se dit de divers médicaments, simples ou composés, qui sont sous la forme de poudre; ce mot est féminin: poudre purgative; une poudre d'une grande vertu.

=Poulain=, s. m., jeune cheval: le féminin correspondant est pouliche;—on disait autrefois poulaine ou pouline.

=Poule=, s. f.; ne dites pas pouille.

=Pouls=, s. m., battement des artères: prononcez pou et non poule ni pouce.

=Poumonie=, s. f., maladie de poumons; poumonique, qui en est atteint;—ces mots ne sont pas français: dites pulmonie, pulmonique.

=Poupard=, s. m., enfant au maillot, gros enfant: ne dites pas papard.—On dit aussi poupon, pouponne.

=Poupée=, s. f., jouet de petites filles; ne dites pas poupe, pope.

=Pour=, prép.—Ne dites pas: qui est-ce, qu'est-ce pour un homme, pour une musique, pour un arbre, pour une fleur? dites simplement qui est-ce ou quel est cet homme, quelle est cette musique, quel est cet arbre, quelle est cette fleur?

2. Ne dites pas: pour à l'égard de votre frère; dites, pour votre frère ou à l'égard de votre frère.

3. Ne dites pas: le vin est fait pour boire; dites, pour être bu.—Avec pour, évitez les verbes actifs pris dans un sens passif.

4. Ne dites pas: pour quant à moi; dites, pour moi ou quant à moi.

5. Ne dites pas: s'il est puni, c'est pour lui, car il l'a bien mérité; dites, s'il est puni, tant pis pour lui...

6. Ne dites pas: c'est un long travail, j'en ai pour moi trois mois; dites, j'en ai pour trois mois.

7. Ne dites pas: tout est trop cher, ce n'est plus pour vivre; dites, il n'y a plus moyen de vivre. (Fland.)

8. Ne dites pas, le dites-vous pour de bon; dites, tout de bon.

9. Ne dites pas, il dort pour quatre; dites, il dort comme quatre. (Fland.)

10. Ne dites pas, je n'oserais le faire, c'est bon vous ou pour vous; dites, c'est bon à vous.

=Pourboire=, s. m.: voyez dringuelle.

=Pourpre=, s. m., couleur rouge foncée: prononcez pour-pre et non pourpe ni pourpère.

2. Pourpre, maladie dangereuse, est masculin: il a la maladie du pourpre.

=Pourquoi.=—Ne dites pas: Dieu est juste, c'est pourquoi que nous devons l'aimer; dites, c'est pourquoi nous devons l'aimer. (Wall.)

2. Ne dites pas: pourquoi est-ce que vous faites cela; pourquoi est-ce que c'est que vous faites cela?—dites, pourquoi faites-vous cela?

=Poursuivre=, v. a., fait au part. passé poursuivi et non poursui: il m'a poursuivi pendant une heure;—la même observation s'applique au verbe suivre.

=Pourvu que=, loc. conj.: voyez parmi que.

=Pousser=, v. a. et n.—On dit très-bien, les arbres commencent à pousser; ces fleurs poussent déjà, pour signifier un accroissement qui se produit dans les arbres et dans les plantes.—On dit également, les arbres commencent à pousser des boutons, des feuilles;—mais pousser, dans ce dernier sens, ne s'emploie pas comme verbe neutre;—il faut dire, les arbres poussent des boutons, des feuilles, etc., ou bien, les arbres verdissent.

=Poussière=, s. f.—Ne dites pas, j'ai une poussière dans l'œil; dites, j'ai un grain de poussière ou j'ai de la poussière dans l'œil.

2. Poudreux, couvert de poussière, dans le langage ordinaire, est infiniment préférable à poussiéreux:—pousseux n'est pas français.

=Poussin, Poulet.=—Poussin, petit poulet nouvellement éclos: une poule qui appelle, qui rassemble ses poussins.—Poulet se dit du petit d'une poule, plus âgé et plus fort que le poussin: manger du poulet; élever, engraisser des poulets.

=Poutre=, s., grosse pièce de bois équarri qui soutient les solives d'un plancher; ce mot est féminin: la poutre est cassée.—Prononcez pou-tre et non poute ni poutère.

=Poutrelle=, s. f., petite poutre: dans ce bâtiment il ne faut que des poutrelles.

=Pouvoir=, v. n.—Il ne peut mal de tomber, de négliger ses devoirs (Wall.): voyez mal.

2. Ne dites pas: le verre est cassé, je n'en peux rien; dites je n'y puis rien, ce n'est pas ma faute;—on dit encore: on l'accuse fort injustement de telle chose, il n'en peut mais.

3. Ne dites pas, cet homme peut contre la boisson (Flandr.); dites, cet homme sait supporter la boisson. (Flandr.)

4. Ne dites pas: cette dépense n'est pas trop forte pour lui, il peut là contre; dites, il peut la faire sans se gêner. (Fland.)

5. Pouvoir, savoir.—On ne saurait, on ne peut.—On ne saurait paraît plus propre à marquer l'impuissance morale où l'on est de faire une chose;—on ne peut, semble marquer plus précisément et avec plus d'énergie l'impossibilité de la chose en elle même. Ce qu'on ne saurait faire est trop difficile; ce qu'on ne peut faire est impossible: on ne saurait bien servir deux maîtres; on ne peut pas obéir en même temps à deux ordres opposés.

=Précepteur=, s. m.: voyez Percepteur.

=Prêcher=, v. a.—Ne dites pas, prêcher par exemple; dites, prêcher d'exemple.

=Prédire=, v. a., se conjugue comme médire:—indic. prés., vous prédisez; impér., prédisez.

2. Ne dites pas: tableau appartenant à M. X. prédit; dites, à M. X. cité plus haut, déjà nommé;—susdit, susdite se dit aussi, surtout dans le style de pratique.

=Préférer=, v. a.—On dit préférer faire et préférer de faire.

2. Lorsqu'il est suivi de deux infinitifs mis en opposition, il faut dire préférer de... plutôt que de....:—il préféra de mourir plutôt que de se rendre lâchement.

=Prélire=, v. a., t. d'imprim.: ne dites pas, la vente se fera aux conditions à prélire; dites, aux conditions indiquées plus haut, ci-dessus mentionnées.

=Premier, ière=, adj. num. ord.—Prononcez premier (e muet) et non prémier, prèmier, promier: prononcez de même premièrement.

=Premièrement=, adv.—N'employez pas premièrement pour tout à l'heure, il n'y a pas longtemps: dites donc: il est arrivé tout à l'heure et non il arrive premièrement;—je venais de dîner quand vous êtes entré, et non, je dînais premièrement quand vous êtes entré;—il vient de partir et non il part premièrement;—Caïn a rougi le premier ou est le premier qui ait rougi la terre du sang humain, et non Caïn a premièrement rougi la terre. (Fland.)

2. Ne dites pas: dînons premièrement, nous verrons ensuite; dites, dînons d'abord...

=Prendre=, v. a.—Prendre sa main, prendre son pied, sont des expressions ridicules et qui n'ont pas de sens;—au lieu de dire, je prends ma main et je lui donne un soufflet; dites simplement, je lui donne un soufflet.

2. Ne dites pas, ne prenez pas mauvais que je vous contredise; dites, ne trouvez pas mauvais... (Fland.)

3. Ne dites pas, prenez attention à ce que vous faites; dites, faites attention...—Voyez attention. (Fland.)

4. Ne dites pas, prendre confiance en quelque chose; dites, mettre sa confiance en quelque chose.

5. Ne dites pas, l'idée lui a pris de sortir; dites, l'idée lui est venue de sortir.

6. Ne dites pas, prendre bon, pour trouver bon ou prendre en bonne part. (Fland.)

7. Ne dites pas au cond.: nous prenderions, vous prenderiez; dites, nous prendrions, vous prendriez.

=Preneur, Bailleur=, en style de notaire, font au féminin preneuse et bailleresse; dites bailleresse de fonds et non bailleuse de fonds.

=Prenker= ou =Prinquère=, est un mot du flamand vulgaire; rendez-le par hanneton (h aspirée).

=Près de= et =Prêt à=—Près de, loc. prép., signifie sur le point de: les beaux jours sont près de finir.—Prêt à est un adjectif qui veut dire disposé à, et qui s'accorde avec le mot qu'il modifie: l'ignorant est toujours prêt à s'admirer.—Ainsi près de la mort et prêt à la mort, ne présentent pas le même sens:—le premier signifie voisin de la mort et le second préparé à mourir.

2. Près de, auprès de, au prix de: voyez prix.

=Presbyte=, adj. et s.: voyez myope.

=Prescience=, s. f., connaissance de l'avenir: prononcez press'ciance et non pré-ciance.

=Préséance=, s. f., droit de prendre place avant quelqu'un dans une solennité:—prononcez l's dure, précéance.

=Président à la cour=, et =Président de la cour=.—Un président à la cour est un président d'une chambre de la cour; le premier président d'une cour d'appel ou de cassation a seul le droit au titre de président de la cour.

=Présider=, occuper la première place dans une assemblée, s'emploie avec ou sans la préposition à: présider une compagnie, présider l'assemblée, ou présider à une compagnie, présider à l'assemblée.—On dit de même présider un concours et présider à un concours. (Acad.)

=Presque=, adv.:—L'e ne s'élide que dans presqu'île: un ouvrage presque achevé (et non presqu'achevé),—cependant l'e devant une voyelle s'élide dans la prononciation.

=Pressez-vous vite=, hâtez-vous vite, dépêchez-vous vite, sont des pléonasmes vicieux; dites simplement, pressez-vous, hâtez-vous, dépêchez-vous.

=Présupposer=, présupposition: l's est dure dans ces mots.

=Prêt à=: voyez près de.

=Pretantaine=, s. f.—Courir la pretantaine, courir çà et là sans sujet:—ne dites pas prétentaine ni pertaintaine.

=Prétendûment=, adv.—Ce mot est hors d'usage; il faut le remplacer par le participe prétendu, due ou soi-disant: on a vérifié la pièce prétendue fausse et non prétendûment fausse; un tel, soi-disant docteur.

=Prétendre.=—Prétendre la première place, c'est l'exiger comme un droit; et prétendre à la première place, c'est y aspirer, c'est travailler à l'obtenir.

=Prêter, Emprunter.=—Il ne faut pas confondre ces deux mots:—prêter, c'est donner quelque chose à quelqu'un, lequel s'engage à vous le rendre: j'ai prêté de l'argent à mon frère pour le mettre à même de payer ses dettes;—emprunter, au contraire, c'est recevoir quelque chose de quelqu'un en s'engageant à le lui rendre: j'ai emprunté de l'argent à mon frère pour payer mes dettes;—en un mot, celui qui prête, donne et celui qui emprunte, reçoit.—Il en est de même des substantifs prêt et emprunt.—Plusieurs wallons emploient abusivement prêter pour emprunter.

=Prétexte=, s. m., raison apparente dont on se sert pour cacher le vrai motif: prononcez préteks-te (en faisant sentir l'x et le t final) et non prétekse ni prétèke.

=Prêtre=, s. m.;—le féminin correspondant prêtresse n'est usité qu'en parlant du culte des faux dieux:—prononcez prê-tre et non prê-te ni prê-tère.

=Preuve=, s. f., ce qui établit la vérité: prononcez preu-ve (eu bref) et non preu-fe ni preû-ve.

=Prévenir=, v. a., instruire, avertir quelqu'un d'une chose par avance;—on peut dire, prévenir quelqu'un d'une chose ou bien prévenir quelqu'une qu'une chose est, a été ou sera: il m'a fait prévenir de son arrivée; je vous préviens que vous aurez demain une visite qui vous surprendra. (Acad.) Voyez informer.

2. Prévenir d'avance, est un pléonasme vicieux: il m'a fait prévenir de son arrivée et non il m'a fait prévenir d'avance.

=Prévisant=, mot wallon, qui regarde de trop près à quelque chose; qui est trop exact, trop ménager;—traduisez-le par regardant: il ne faut pas être si regardant, trop regardant; vous êtes trop regardant.

=Prévoir=, v. a., se conjugue comme voir, excepté au futur et au conditionnel, où il fait, je prévoirai, tu prévoiras, etc., je prévoirais, tu prévoirais, etc.

2. Prévoir d'avance, est un pléonasme vicieux, car prévoir signifie par lui-même, voir d'avance.

=Prévôt=, prévôtal, prévôtalement: l'o est bref dans ces trois mots.

=Prie-Dieu=, s. m., sorte de pupitre devant lequel on s'agenouille pour faire ses prières; au pluriel des prie-Dieu.—Ne dites pas prié-Dieu et prononcez prî-Dieu (î long) et non pri-ïe-Dieu.

=Prier=, v. n.: prononcez pri-er et non pri-ier.

2. Ne dites pas: je vous prie le bon jour, le bon soir; dites, je vous souhaite le bon jour, le bon soir.

3. On dit, prier quelqu'un d'une chose ou de faire quelque chose. (Acad.)

=Prière=, s. f.—On dit un livre de prières et non un livre à prières. (Acad.)—Voyez livre.

=Prieur=, s. m., dignité ecclésiastique; l'i est long ainsi que dans prieure, prieuré.

=Primatie=, s. f., dignité du primat: prononcez primacie; —primatial, prononcez primacial.

=Primeur=, s. f., se dit au singulier de la première saison des fruits et des légumes: les fraises, les pois sont chers dans la primeur, dans leur primeur.—Il se dit aussi en parlant du vin: certains vins sont bons dans la primeur, c'est-à-dire, sont bons à boire aussitôt après la vendange.—Primeurs, au pluriel, se dit des fruits et des légumes précoces: on a servi des primeurs.

=Priser=, v. n., prendre du tabac,—priseur, qui prend du tabac, sont des mots français.

=Prix=, s. m.—Ne dites pas: ce marchand vend à des prix civils; dites, à des prix modiques ou à juste prix.

2. Au prix de, auprès de, près de.—Auprès de et au prix de s'emploient pour marquer la différence qu'il y a entre deux objets comparés: la terre n'est qu'un point auprès du reste de l'univers; qu'est-ce que cette vie au prix de l'éternité!—Au prix de doit être préféré, quand il s'agit de la valeur de deux objets: qu'est-ce que la science au prix de la vertu? ce service n'est rien au prix de celui qu'il m'avait rendu. (Acad.)—Près de ne s'emploie plus pour auprès de, au prix de: le vers suivant a donc cessé d'être correct: pour vous régler sur eux, que sont-ils près de vous? (Rac.)—Aujourd'hui on dirait: que sont-ils auprès ou au prix de vous.

=Prochain, aine=, adj.—Ne dites pas: j'irai vous voir lundi qui vient, la semaine qui vient, etc.; dites, lundi prochain, la semaine prochaine. (Wall.)

2. =Prochain=, s. m., chaque homme en particulier et tous les hommes en général: il faut aimer son prochain comme soi-même.—Il ne s'emploie pas au pluriel.

=Proche=, voisin, est adjectif, adverbe et substantif: les maisons proches de la rivière sont sujettes aux inondations; les maisons qui sont proche (près) de la rivière; je demeure ici proche (près).

2. Proche, précédé du verbe être est adjectif ou préposition: ces maisons sont proches ou proche de la ville; mais précédé d'un autre verbe, il est toujours préposition: les maisons que l'on construit proche de la ville.

3. Proches, au pluriel, est substantif et signifie les parents: c'est un de mes proches;—voyez parent.

4. Proche, contigu.—Deux objets sont contigus, lorsqu'ils se touchent immédiatement, lorsqu'il y a entre eux un contact véritable: ces deux maisons sont contiguës, c'est-à-dire qu'elles se touchent et ne sont séparées par quoi que ce soit.—Au contraire, ces deux maisons peuvent être proches l'une de l'autre, quoique étant séparées par une ou plusieurs maisons, jardin, place, etc.

=Procurer=, v. a.—Ne dites pas, il s'est procuré d'une chambre, d'un domestique; dites, il s'est procuré une chambre, un domestique. (Fland.)

=Professeur=, s. m., n'a pas de correspondant féminin; on dit maîtresse: maîtresse de musique, de dessin, d'anglais.

=Profession=: voyez métier.

=Proficiat=, n'est guère usité que dans cette locution: souhaiter à quelqu'un un bon proficiat, c'est-à-dire, lui souhaiter une bonne réussite;—il s'emploie quelquefois seul et signifie alors, je vous fais compliment, je vous félicite:—votre devoir est très-bien fait, proficiat!—Prononcez proficiate et non proféciate.

=Profil=, s. m., trait d'un objet vu de côté: prononcez profile (l non mouillée).

=Profit=, s. m., petit instrument de métal qui sert à brûler les chandelles jusqu'au bout; ce mot n'est pas français; il faut dire binet ou brûle-tout.

=Profiter=, est un verbe neutre; ne dites donc pas, je n'ai rien profité, mais, je n'ai profité de rien. (Fland.)

2. Ne dites pas, j'ai profité cent francs dans cette soirée; dites, j'ai gagné cent francs... (Fland.)

3. Ne dites pas, je profite beaucoup de lui; dites, avec lui ou dans sa fréquentation. (Fland.)

=Profondis= (=de=):—voyez de profundis.

=Prolongation, Prolongement.=—Prolongation signifie le temps qu'on ajoute à la durée fixe de quelque chose: prolongation de congé, de terme.—Prolongement veut dire l'extension, la continuation de quelque portion d'étendue, d'espace: prolongement d'un mur, d'un chemin. Voyez proroger.

=Promener=, v. n.—Ne dites pas: je vais promener, coucher, baigner, etc.; dites, je vais me promener, me coucher, me baigner.

2. Cependant on peut dire, en sous-entendant se, je l'ai envoyé promener. (Acad.)—Prononcez promener (e muet) et non promèner.

=Promenoir, Promenade.=—La promenade est l'action de se promener;—le promenoir est le lieu où l'on se promène.—Prononcez promenade, promenoir (e muet) et non promènade, promènoir.

=Promettre=, v. a.—Ne dites pas, je vous promets que j'y suis allé; dites, je vous assure ou je vous certifie que...—Voyez compter.

=Prompt=, prompte, promptement, promptitude:—on ne prononce pas le second p dans ces mots: pront, pronte, prontement, prontitude. (Acad.)

=Prône=, s. masculin, instruction pendant la messe paroissiale: faites l'ô long ainsi que dans prôner.

=Prononciation.=—Pour arriver à se former une bonne prononciation, il importe, entre autres choses, aux wallons comme aux flamands, de donner à chaque lettre son véritable son ou sa juste valeur. Nous nous contenterons ici de dire un mot des lettres douces et des lettres fortes: on pourra s'en faire une idée exacte par le tableau suivant.

=Douces.= =Fortes.=

b—bombe p—pompe c—ronce q, ke—rauque d—ronde t—conte g—bague q—barque g—fromage ch—vache j—il a jeté (j'té) ch—acheter (ache'ter) v—grive f—griffe z—douze c—pouce s—blouse s (dure)—mousse

L'important, avons-nous dit, est de conserver à chaque lettre sa valeur naturelle, et de ne pas faire des douces des fortes et réciproquement: que deviendra le mot grive, par exemple, si vous prononcez griffe? il deviendra tout à fait méconnaissable. Or, les wallons et les flamands, en ceci, pèchent précisément par les défauts contraires: les wallons tendent à faire fortes toutes les douces, tandis que les flamands sont exposés à adoucir toutes les fortes: ainsi une grive chez un wallon deviendra une griffe; et chez un flamand une griffe deviendra une grive.—Dans la liaison des mots c'est une faute commune aux flamands d'adoucir les fortes: mon père est allé (est d'allé) à Verviers; donc il n'ira pas chez vous (donc gu'il n'ira pas) etc.

2. Prononciation d'un jugement:—Cette expression est vicieuse;—il faut dire prononcé: le prononcé du jugement aura lieu samedi prochain.

=Pronostic=, s. m., conjecture, jugement sur ce qui doit arriver: ce médecin fait ordinairement des pronostics fort justes:—On écrivait anciennement prognostic.—Prononcez prognostique.

=Proportionné=, proportionnément, proportionnel, proportionnellement. —Ces deux derniers sont des termes de mathématiques et ne se disent qu'en parlant des quantités, des grandeurs, des nombres: quantités proportionnelles; échelle proportionnelle; réduire proportionnellement un grand dessin à un petit;—la récompense fut proportionnée au service; il n'a pas été récompensé proportionnément (et non proportionnellement) à son mérite.—Ti se prononce comme ci dans ces mots et dans proportionné, proportion, proportionalité.

=Propre=, adj.—Il a un sens différent selon qu'il est placé devant ou après le substantif: mon propre habit indique l'habit qui m'appartient; il n'est pas question ici de propreté mais de propriété.—Mon habit propre, indique l'état de propreté de celui-ci.—Les propres termes d'une lettre sont les mêmes mots, sans y rien changer, rapportés fidèlement;—des termes propres sont des termes qui expriment nettement la pensée, et conformément aux règles de la langue.

2. Lorsque propre signifie, bien net, bien lavé, bien nettoyé, etc., il se met après son substantif: apportez-moi une assiette propre; voici un verre propre, vous avez des mains propres.—Lorsqu'il signifie, qui appartient en propre, dont on est possesseur, il se place ordinairement devant le substantif: vous avez mes propres gants; il a été blessé par son propre cheval.

3. Ne dites pas, vous êtes si propre avec cette robe; dites, vous êtes si bien avec cette robe. (Wall.)

4. Ne dites pas, c'est du propre que vous avez fait là; dites, c'est une belle affaire, une jolie équipée, un beau tour, une belle besogne, selon le sens.

5. Ne dites pas, c'est du propre pour cela est mal, ni je suis propre pour signifier, que vous avez reçu un malencontre.—Prononcez pro-pre et non pro-pe ni pro-père.

=Prorata= (=au=), à proportion, à raison de: au prorata de sa fortune;—ne dites pas à prorata.

=Proroger, Prolonger= (prorogation, prolongation).—Proroger, v. a., c'est prolonger le temps qui avait été pris, qui avait été donné pour quelque chose: on a prorogé le délai qu'on lui avait accordé; dans cette acception, il a à peu près le même sens que prolonger.—Proroger, en terme de législation politique, signifie suspendre les séances des Chambres par un acte de l'autorité royale, et en remettre la continuation à un certain jour: le roi a prorogé les Chambres jusqu'au premier mars.

2. Prolonger, v. a., veut dire, faire durer plus longtemps, rendre de plus longue durée: prolonger la guerre, prolonger sa vie.—Voyez prolongation, prolongement.

=Prose=, s. f., discours non assujetti à la mesure, tout ce qui n'est pas vers: prononcez prô-ze (ô long) et non pro-ze ni prô-ce.

=Prospectus=, s. m., programme qui annonce d'avance le sujet, le prix, le format d'un livre ou le but, les conditions d'un établissement nouveau: prononcez pros'pektuce.

=Proue=, s. f., partie de l'avant du vaisseau, par opposition à la poupe: prononcez proû (oû long) et non prou-we.

=Prouesse=, s. f., action de valeur: prononcez prou-esse et non prou-wesse.

=Prune, Pruneau.=—Prune se dit du fruit frais du prunier;—pruneau se dit de la prune séchée au four: une compote aux pruneaux.

=Prusse=, prussien, Russie, russe:—l'u est bref dans ces mots; c'est donc une faute de prononcer Prû-ce, prû-cien, Rû-cie, rû-ce.

=Psaume=, (et non pseaume), psautier, psalmiste: prononcez le p et non saume, sautier, salmiste.

=Pseudonyme=, s. m., qui a un faux nom: ouvrage pseudonyme; le pseudonyme de cet ouvrage est M. Pierre.—Prononcez le p.

=Psychologie=, s. f., traité philosophique de l'âme; psychologique, psychologiste:—prononcez le p et le ch a le son de k.

=Puer=, s'emploie ordinairement sans régime: cette viande pue;—mais il s'emploie quelquefois avec un régime: cette chambre pue le musc, et non après le musc, comme on dit en flamand.—Prononcez pu-er, il pû, nous pu-ons, etc., et non pu-wer, il pu-we, nous pu-wons.

=Puîné=, puînée, adj., qui est né depuis un de ses frères ou une de ses sœurs: c'est mon frère puîné;—on l'emploie aussi substantivement comme synonyme de cadet: c'est mon puîné.—Cependant, dans la conversation, l'on se sert plus ordinairement du nom de cadet. (Acad.)

=Puis=, adv., signifie ensuite.—Ne dites donc pas: il va dîner, puis ensuite il se rendra chez vous; c'est comme si vous disiez ensuite ensuite il se rendra chez vous.—Prononcez puis (ui diphth.) et non pou-is; prononcez de même puits, puisard, puissant, puissance, puîné, puisque, etc.

=Puissant=, adj.—Ce mot ne signifie ni gros ni gras; ainsi ne dites pas un homme puissant, une femme puissante pour désigner un homme gros ou gras, corpulent, etc.

=Punch= (et non épunch), s. m., sorte de liqueur: prononcez ponche et non punche.

=Purésie=: voyez pleurésie.

=Purgatoire=, s. m.: ne dites pas purcatoire.

=Purge=, s. f., est peu usité; employez de préférence purgatif, purgation, médecine: prendre un purgatif, une purgation, une médecine.

=Pusillanime=, adj., lâche; pusillanimité, s. f., manque de courage:—on prononce les deux ll sans les mouiller et l's a le son de z.

Q

=Q.=—On prononce ku suivant l'appellation ancienne et usuelle, et ke, suivant l'appellation moderne.—Q ne s'écrit jamais sans être suivi d'un u, si ce n'est dans quelques mots où il est final, coq, cinq. Les deux lettres qu se prononcent comme s'il n'y avait qu'un simple k, excepté dans les mots que nous indiquerons ci-après.

=Qua=, se prononce comme coua dans les mots suivants: quadragénaire, quadragésimal, quadragésime, quadrangulaire, quadratrice, quadrifide, quadriflore, quadrilobé, quadrivalve, quadrige, quadrilatère, quadrinome, quadrumane, quadrupède, quadruple, quadrupler, quaker ou quacre, quanquam (m finale), quartidi, quartile, in-quarto, quaternaire, quatuor, quartz, quartzeux.

2. Qua, se prononce comme ka dans les mots suivants: quadran (ou cadran), quadrat, quadratin, quadrature, quadre (ou cadre), quadrille, quai, qualité, quanquan (ou cancan), quand, quant, quantité, quart, quarteron, quasi, quaterne, quatrain, quatre, quatre-vingt, quatrième, quarante.

=Quadran=, s. m., horloge solaire: prononcez cadran; on écrit plus souvent cadran.

=Quadrature=, s. f., en terme de géométrie et d'astronomie, prononcez coua;—en terme d'horlogerie, prononcez ka. (Acad.)

=Quadre=, s. m., bordure de bois, etc., autour d'un tableau: prononcez, cadre et non cate ni cadère.—On écrit plus communément cadre.

=Quadrille=, s., jeu, danse à quatre; ce mot est ordinairement masculin, dit l'Académie, danser un quadrille: prononcez kadrille, en mouillant les ll.—Il est féminin, lorsqu'il signifie une troupe de chevaliers du même parti dans un carrousel: la première quadrille était magnifiquement vêtue.

=Quaker= ou =Quacre=, s. m., secte religieuse en Angleterre et aux États-Unis;—on prononce coa-cre;—le féminin est quakeresse.

=Quand, Quant.=—Quand, adv., signifie lorsque, dans le temps que, dans quel temps: quand Dieu créa le monde en six jours; j'irai vous trouver, mais je ne puis vous dire quand.—Il est aussi conjonction, et alors il signifie, encore que, quoique, alors même que: quand je le voudrais, je ne le pourrais pas; en ce sens, il veut le verbe suivant au conditionnel.—Devant une voyelle le d de quand se prononce comme t: quand il voudra.—Prononcez can et non kan-te devant une consonne: quand même.

2. Quant, adv., est toujours suivi de la préposition à, et signifie à l'égard de, pour ce qui est de: quant à lui, il fera ce qu'il voudra; quant à ce qui est de moi;—quant à, suivi de moi ou de soi, se prend aussi substantivement: tenir son quant-à-moi, son quant-à-soi; se tenir sur son quant-à-moi, sur son quant-à-soi, prendre un air réservé et fier, ne répondre qu'avec circonspection.—On dit également se mettre sur son quant-à-moi, sur son quant-à-soi, faire le suffisant, le hautain.

3. Ne dites pas, quant au reste pour au reste. (Wall.)

4. Ne dites pas, j'y serai quand vous; dites, en même temps que vous, aussitôt que vous.

5. Ne dites pas, quand je suis guéri, j'irai vous voir; dites, quand je serai guéri... (Fland.)

6. Quant, ne doit pas s'employer pour quantième: quel quantième (et non le quant ni le combien, ni le quantième) du mois avons-nous? il a reçu des nouvelles toutes fraîches, mais je ne sais pas de quel quantième elles sont; de quel quantième (et non du quant ni du combien, ni du quantième) vous a-t-il écrit? montre à quantièmes.—Voyez combien.

=Quanquam=, s. m. (on prononce couan'couame), harangue latine que prononçait un écolier à l'ouverture de certaines thèses de philosophie ou de théologie.

=Quanquan=, s. m., terme corrompu du latin quanquam:—on prononce et l'on écrit ordinairement cancan; il se dit populairement, surtout au pluriel, des bavardages dans lesquels il entre de la médisance: ces bruits ne sont que des cancans;—il signifie aussi faire beaucoup de bruit d'une chose qui n'en vaut pas la peine: faire des cancans, de grands cancans.

=Quantes=, adj. f. pl., n'est usité que dans ces locutions familières: toutes et quantes fois que ou toutes fois et quantes que:—je vous prêterai des livres toutes et quantes fois que vous voudrez; je vous accompagnerai chez lui toutes fois et quantes qu'il vous plaira:—il a vieilli. (Acad.)

=Quantième=: ne dites pas quantrième;—voyez quant et combien.

=Quarré=, quarrément, se quarrer, quarrure:—on écrit ordinairement carré, carrément, se carrer, carrure.

=Quart.=—Ne dites pas: il est le quart avant quatre heures, il est le quart pour quatre heures; dites, il est trois heures trois quarts ou il est quatre heures moins un quart. (Acad.)

2. Ne dites pas non plus: il est le quart après deux heures; dites, il est deux heures et un quart ou il est deux heures un quart (mais non deux heures et quart). (Acad.)

=Quarteron=, s. m., quatre onces, quart d'un cent, prononcez mais n'écrivez pas cartron.

=Quartier=, s. m.—Rien de plus commun que de voir affiché: quartier à louer; il faut dire appartement à louer; chambre ou chambres à louer, car une maison ne se divise pas en quartiers, mais en appartements.

2. On dit très-bien les quartiers d'une ville.

3. Quartier se dit aussi de ce qui se paie de trois mois en trois mois pour les loyers, pensions, rentes, gages, etc.: il doit deux quartiers de son loyer; le prix de la pension se paie par quartiers (trimestres).

4. Ne dites pas: les soldats sont rentrés au quartier; dites, ... à la caserne.

=Quarto= (=in=), un ouvrage in-quarto, prononcez ain-couarto.—Voyez in-douze.

=Quasiment.=—Ce mot n'est plus en usage; dites, presque, quasi:—il est presque minuit; il n'arrive quasi jamais à temps.

=Quasimodo=, s. f., le dimanche après Pâques; on prononce kasimodo et couasimodo.

=Quatre=, adj. num.—Entre quatre yeux, en tête à tête: je lui dirai cela entre quatre yeux. Selon l'Académie, on prononce, ordinairement, par euphonie, entre quatre-z-yeux;—quoi qu'il en soit, la prononciation entre quatre yeux nous paraît préférable.—Voyez œil.

2. Se mettre en quatre, c'est s'employer de tout son pouvoir pour rendre service: c'est un homme qui se met en quatre pour ses amis. (Acad.)

3. Comme quatre, veut dire beaucoup, excessivement: il crie, il fait du bruit comme quatre; il mange, il boit comme quatre; un œuf gros comme quatre; il a de l'esprit comme quatre. (Acad.)—Prononcez qua-tre et non quate ni qua-tere.

=Quatre-vingts.=—On écrit quatre-vingts hommes, et quatre-vingt-un, quatre-vingt-deux, etc., hommes;—Voyez cent.

=Quatrième=, adj. num.: on prononce katrième (î long) et non katri-aim-me.

=Que=, se prononce comme ke dans que, quenouille, querelle, quereller, quel, quelque, quelqu'un, quérir, question, queue.—Il se prononce comme cue (et non coue) dans quérimonie, questeur, questure.

2. Ne dites pas: j'ai plus que trente ans; dites, j'ai plus de trente ans.

3. Ne dites pas, vous avez mis l'habit que vous êtes si bien avec; dites, avec lequel vous êtes si bien.

4. Ne dites pas: c'est la fenêtre qu'il y a des carreaux cassés; dites, où il y a..., dans laquelle il y a...

5. Ne dites pas: de la manière qu'il agit, de la manière qu'il parle; donnez-lui ce qu'il a besoin;—que, pronom relatif est toujours régime direct, et ne peut par conséquent s'employer qu'avec des verbes actifs; dites donc: de la manière dont il agit, de la manière dont il parle; donnez-lui ce dont il a besoin.

6. Ne dites pas: je vais vous dire qu'est-ce que c'est; dites, ce que c'est.

7. Ne dites pas, qu'est-ce qui vous a parlé; dites, qui est-ce qui vous a parlé?

8. Ne dites pas, qu'est-ce qui vous appelle, mais qui est-ce qui vous appelle.

9. Ne dites pas: que veut-on dire, la chose est ainsi; dites, qu'y faire la chose est ainsi. (Fland.)

10. Ne dites pas: que vous n'ayez pas été trompé, est étrange: dites, que..., cela est étrange.

11. Ne dites pas: la plume que vous écrivez, que vous écrivez si bien avec; dites, la plume avec laquelle vous écrivez...: on n'écrit pas une plume, mais, avec une plume. (Wall.)

12. Ne dites pas: quel beau temps qu'il fait; quel beau discours qu'il a prononcé; dites, quel beau temps il fait, quel beau discours il a prononcé. (Wall.)

13. Ne dites pas: il fait tant de sottises; il arrange si mal ses affaires que ce n'est pas pour dire; dites, qu'on ne saurait l'exprimer, qu'on ne peut s'en faire une idée, ou bien prenez une autre tournure, mais, ce n'est pas pour dire, n'est pas supportable.

=Quelque, Quelqu'un, Quelquefois=:—prononcez toujours l'l et non quéque, quéqu'un, quéquefois; prononcez également quèlque, quèlqu'un, quèlquefois et non quélque, quélqu'un, quélquefois.

2. Ne dites pas: Oh! Monsieur, c'était quelque chose; dites, c'était beau, rare, magnifique. (Fland.)

=Quelqu'un= (=un=).—Ce pléonasme, admis autrefois, ne l'est plus du tout aujourd'hui; il faut dire simplement quelqu'un:—quelqu'un (et non un quelqu'un) me l'a dit.

2. Quelqu'un, une, substantif., signifiant un, une entre plusieurs: nous attendons des hommes, il en viendra quelqu'un (un); plusieurs femmes m'ont promis de venir, nous en aurons quelqu'une (une).—Quelqu'un pris absolument s'emploie pour deux genres, et signifie une personne: quelqu'un m'a dit; j'attends ici quelqu'un.—C'est pourquoi quelqu'une m'a dit, j'attends ici quelqu'une, ne sont point des locutions françaises.—Au pluriel, on dit absolument; quelques-uns assurent le contraire; mais on ne dirait pas, en employant quelques-uns comme régime du verbe: je connais quelques-uns; il faut dire avec le pronom en, j'en connais quelques-uns; et dans le cas, quelques-uns n'est point pris absolument, il se rapporte avec un substantif énoncé auparavant et dont le pronom en rappelle l'idée.

=Quelque chose=, est masculin lorsqu'il signifie une chose: j'ai appris quelque chose de bon; il est féminin lorsqu'il signifie, quelle soit la chose ou quelle que fût la chose: quelque chose qu'il m'ait dite, je n'ai pas confiance en lui.—Voyez chose.

=Quelquefois=, ne peut pas s'employer pour peut-être ou par hasard: Jean n'est pas encore de retour. Il est peut-être (et non quelquefois) malade; si par hasard le maître vous voyait, vous seriez puni, et non, si quelquefois le maître.

=Quenouille=, s. f., canne pour filer: prononcez kenouille (e muet et ll mouillées) et non quènouille ni quenoule.

=Querelle, Quereller=:—prononcez kerèle, kerèler, krèle, krèler, et non kèrelle, kèrèller ni kérelle, et encore moins karèle, karler.

=Questeur, Questure=:—prononcez cuesteur, cuesture et non kesteur, kesture ni couesteur, couesture.

=Question=, s. f., demande, proposition, torture:—prononcez kess'thion et non kécion; prononcez de même questionner.

=Qu'est-ce qui=, se dit des choses et qui est-ce qui, des personnes: ne dites donc pas, qu'est-ce qui m'a appelé, mais qui est-ce qui m'a appelé.

=Queue=, s. f.: prononcez keû (eû long) et non keu-we.

2. On dit la queue d'une poêle, d'une casserole; le manche d'un balai, d'une pelle; les manches ou mancherons d'une charrue; des tiges, des fanes, et non des queues de pommes de terre, de navets, de carottes, de panais, de betteraves, etc.

=Qui=, se prononce comme ki dans qui, quiconque, quidam (kidan), quillage, quille, quiller, quilliette, quillier, quinquina (kinkina), quitte, quitter, quiproquo.

2. Il se prononce comme cui (et non coui) dans quia (à), quibus, quiescent, quiet, quiétisme, quiétiste, quiétude, quindécagone, quindécemvir (cuindécem'vir), quinquagénaire (cuincouagénère), quinquagésime (cuinquouagésime), quinque (cuincué), quinquennal (cuincuenn'nal), quinquennium (cuincuèn'niome), quinquenove (cuinkenove), quinquerce (cuincuerce), quinquerème (cuincuérème), quintetto (cuintèt'to), quintetti (cuintèt'ti), quintidi, quintil, quintuple, quintupler, quitus (cuituce).

3. Ne dites pas: c'est moi qui a, c'est moi qui est; c'est vous qui ont, c'est vous qui sont; c'est nous qui ont, c'est nous qui sont:—qui doit toujours s'accorder en genre, en nombre et en personne avec son antécédent; dites donc, c'est moi qui ai, qui suis; c'est vous qui avez, qui êtes; c'est nous qui avons, qui sommes, etc.

4. Ne dites pas: c'est à vous à qui je parle; est-ce à moi à qui vous en voulez; dites, c'est à vous que je parle; est-ce à moi que vous en voulez?

5. Ne dites pas: parlez à tout qui vous voudrez; dites, parlez à qui vous voudrez, à tous ceux que vous voudrez. (Wall.)

6. A qui, de qui.—Qui, précédé d'une préposition, ne peut se dire que des personnes; on le remplace par lequel, laquelle, quand il s'agit des choses: dites donc, l'étude à laquelle (et non à qui) je consacre mon temps; le cheval sur lequel (et non sur qui) je suis monté.

=Quia= (=à=), terme usité seulement dans ces phrases proverbiales: être à quia, mettre à quia, c'est-à-dire, être réduit ou réduire quelqu'un à ne pouvoir répondre; prononcez cuia (a bref) et non couia ni kiia.

=Quibus=, s. m., terme populaire qui n'est guère usité que dans cette phrase: avoir du quibus, avoir de l'argent, être riche: prononcez cuibuce et non couibuce ni kibuce.

=Quiconque=, pron. indif., est masculin dans le sens général: quiconque est capable de mentir, est indigne d'être compté au nombre des hommes.—Employé pour désigner une femme, il est féminin: mesdames, quiconque de vous sera assez hardie pour médire de moi, je l'en ferai repentir. (Acad.)

=Quidam=, s. m., désigne les personnes dont on ignore ou dont on n'exprime pas le nom; je fus accosté par un certain quidam, un quidam de mauvaise mine; le féminin quidane n'est usité qu'en terme de palais.—Prononcez kidan.

=Quiet=, quiétisme, quiétiste: prononcez cuiet, cuiétisme, cuiétiste, et non coui ni ki.

=Quille=, s. f.—Dites jouer aux quilles et non aux guilles.

=Quincaille, Quincaillerie, Quincaillier=:—on écrit aussi, mais moins souvent, clincaille, clincaillerie, clincaillier.

2. Le mot quincaillerie ne s'emploie qu'au singulier: marchand de quincaillerie.—Prononcez kincaille, etc.

=Quine=, s. m., ne se dit pas pour désigner le jeu du loto: dites donc jouer au loto et non à la quine.—Quine se dit au loto de cinq numéros gagnant ensemble sur la même ligne horizontale ou de même couleur; j'ai un quine (il est masculin).

=Quinine=, s. féminin (de la quinine), quinquina, s. m. (on dit aussi quina):—prononcez kinine, kinkina, kina.

=Quinquagénaire=, adj. et subst., qui est âgé de cinquante ans: prononcez cuincouagénère.

=Quinquagésime=, s. f., le dimanche de la Quinquagésime;—prononcez cuincouagézime et non kinkagézime.

=Quinquennal, ale=, adj., qui dure cinq ans; le pluriel est quinquennaux:—prononcez cuincuèn'nal et non kinkèn'nal.

=Quint=, adj., ne s'emploie guère que dans ces dénonciations, et pour signifier cinquième de nom:—Charles-Quint, empereur; Sixte-Quint, pape.

=Quintousse.=—Ce mot n'est pas français; il faut le rendre par coqueluche: cet enfant souffre beaucoup de la coqueluche.

=Quintuple=, adj., cinq fois autant; quintupler:—prononcez cuintuple, cuintupler, et non kintuple, kintupler ni couintuple, couintupe, cointupèle, etc.

=Quinze=, adj. num.—On dit d'aujourd'hui, de demain, d'hier en quinze et non, aujourd'hui, demain, hier en quinze. (Acad.)

2. Ne dites pas: cela est arrivé aujourd'hui, demain, hier en quinze; dites cela est arrivé il y a aujourd'hui, il y aura demain, il y a eu hier quinze jours. (Fland.)—Voyez huit.—Prononcez kin-ze et non kince.

=Quiproquo=, s. m., méprise, malentendu: il a fait un quiproquo. —L'Académie écrit au pluriel des quiproquo; nous ne voyons pas ce qui empêche décrire des quiproquos: le mot n'a plus la forme ni la prononciation latine, il est donc tout-à-fait français: voyez malentendu.—Prononcez kiprokô (ô long.)

=Quitte=, adj.; le pluriel est quittes: nous sommes quittes. —Quitte signifie qui est délivré, débarrassé de quelque chose; il suit de là qu'on est quitte de quelque chose de mauvais, de gênant, de fâcheux, comme d'une fièvre, d'un procès, etc.; mais on ne peut pas dire que l'on est quitte de quelque chose auquel on était attaché ou que l'on regardait comme un bien; ne dites donc pas, il est quitte de sa bourse, de son chapeau, de sa place, de ses parents, etc.; dites, il a perdu, on lui a volé sa bourse, son chapeau, etc.

2. Ne dites pas, je suis quitte avec vous, mais, ... envers vous.

=Quitter=, v. a., dans le sens de tenir quitte, a pour régime direct le nom de la personne et pour régime indirect le nom de la chose: donnez-moi la moitié de ce que vous me devez et je vous quitte du reste (et non le reste); je vous quitte de tout ce que vous me devez (et non tout ce que); je vous quitte des intérêts et du principal; je vous en quitte. (Acad.)

2. Ne dites pas: je connais un moyen de quitter les taches de graisse; dites, ... d'enlever, d'ôter, d'effacer les taches de graisse. (Fland.)

3. Ne dites pas: c'est là que nous avions quitté, reprenons notre conversation; dites, c'est là que nous en étions restés... (Fland.)

4. Ne dites pas: quittez la table, ôtez la table, pour desservir.

5. On dit très-bien, quitter son habit, sa robe, ses souliers, etc., dans le sens d'ôter quelque chose de dessus soi, de s'en dépouiller, de s'en débarrasser. (Acad.)

=Quoi=, pron.—Ne dites pas: je ne sais quoi faire, quoi dire, quoi répondre, quoi penser, etc.; dites, je ne sais que faire, que dire, que répondre, que penser.

2. Ne dites pas de quoi pour quoi: on vous fait une question que vous ne comprenez pas, et pour vous la faire répéter vous dites, quoi? (et non de quoi), c'est-à-dire, que dites-vous, qu'avez-vous dit?

3. Il a de quoi, ils ont de quoi, locution triviale; dites, il est riche, il a de l'argent, il est dans l'aisance, etc.—Voyez fortuné, moyen, moyenné.

4. Ne dites pas, à quoi monte le budget; dites, à combien...

=Quoique=, conj.—Quoique, en un mot, veut dire encore que: quoique vous ayez raison, je ne puis pourtant pas vous approuver entièrement;—quoi que, en deux mots, veut dire quelque chose que; quoi que vous fassiez, vous ne réussirez pas.

2. Ne dites pas, quoique ça, mais malgré ça et mieux malgré cela:—malgré cela, je lui pardonne.—Voyez malgré.

3. Ne dites pas, quoiqu'il fait beau, je reste à la maison, dites, quoiqu'il fasse beau... Quoique gouverne toujours le subjonctif.

=Quote=, adj.:—il n'est usité que dans cette expression quote-part, qui ne s'emploie pas au pluriel: il doit payer tant pour sa quote-part.—Prononcez kote-part.

R

=Rr.=—Les deux r se font entendre dans les mots qui commencent, 1º par err, comme errer, erreur, erroné et autres dérivés; 2º par irr, comme irraisonnable, irrasatiable, irrécusable, irrégulier, irréligion, irritabilité, etc.; 3º par horr, comme horreur, horrible, horripilation et aussi abhorrer.

2. Les deux r se prononcent également, 1º dans les futurs et les conditionnels des verbes mourir, acquérir, requérir, courir, et les dérivés; 2º dans aberration, concurrence, concurrent, corroder, corrosion, erratique, erre, errhin, errement, interrègne, inénarrable, myrrhis, narration, narrateur, narratif, narré, narrer, occurrence, terreur, terrible, torrent et le verbe errer à l'infinitif et au participe.—Les deux r se prononcent dans les noms propres Burrhus, Pyrrha, Pyrrhon, Pirrhus, Verrès, etc., et dans les mots dérivés pyrrhique, pyrrhonien, etc. (HENNEBERT.)

=Rabattu.=—Ne dites pas, c'est du rabattu pour c'est du rebattu, c'est du rebâché.

=Raccroc=, s. m., coup imprévu du jeu: il s'est sauvé par raccroc: prononcez racrô (ô long).

=Raccuser.=—Ce mot n'est pas français pour signifier redire par méchanceté, ce qu'on a vu ou entendu; il faut dire rapporter, rapporteur, dénoncer, dénonciateur:—c'est lui qui nous a rapportés; les enfants sont rapporteurs.

=Rachever=, n'est pas français: dites achever.

=Raclée=, s. f., volée de coups: recevoir une bonne raclée; ce terme est populaire.

=Racoudre=, n'est pas français: dites recoudre:—votre manche est décousue, faites-la recoudre; s'il s'agit de raccommodage, dites raccommoder.

=Racquitter.=—Ce verbe est français: il avait beaucoup perdu, mais j'ai pris son jeu et je l'ai racquitté; il avait perdu tout son argent, mais il s'est racquitté; essayez de vous racquitter; vous vous racquitterez une autre fois.

=Radis=, s. m., légume:—l's ne se prononce pas.

=Rafistoler=, n'est pas français; dites réparer, raccommoder, rarranger, retoucher.

=Rafle=, s. f., terme de jeu, enlever tout sans rien laisser;—au jeu des dés, rafle se dit quand les dés amènent chacun le même point: j'ai fait rafle de quatre.—Prononcez ra-fle et non rafe ni rafèle.

=Rafraîchir.=—Dans le sens de faire un repas, de boire un coup, etc.; il ne s'emploie que pronominalement: nous sommes allés nous rafraîchir à tel hôtel (et non rafraîchir).

=Rahausse=, ce qui sert à hausser; dites hausse: mettre une hausse à des souliers, à des bottes; mettre des hausses aux pieds d'une table, d'une armoire.

=Raide=, raidir, raideur, raidillon:—on écrit aussi roide, roidir, roideur, roidillon.—En conversation, dit l'Académie, et quelquefois dans le discours soutenu, on prononce rède, rèdir, rèdeur, rèdillon. Il résulte de cette observation que l'on peut aussi prononcer roide (roade), roidir (roadir), roideur, roidillon, mais seulement dans le discours soutenu.

=Raie=, s. f.; voyez ligne.

=Raiguiser=, n'est pas français; il faut dire aiguiser ou aiguiser de nouveau, selon le sens: allez aiguiser votre couteau; faites-le aiguiser de nouveau:—voyez aiguiser.

=Rail=, s. m. pl., rails, barre, barreau: raille.

=Raillerie= (entendre).—Voyez entendre.

=Rail-way=, s. m., chemin de fer: prononcez rail-wai.

=Raison=, s. f.—Ce mot ne s'emploie pas dans le sens de querelle, différend, démêlé;—ne dites donc pas: j'ai eu des raisons avec lui; dites, j'ai eu une querelle, un différend avec lui.—Mais on dit fort bien, conter ses raisons à quelqu'un, c'est-à-dire, l'instruire de ses affaires, de ses intérêts, lui explique les motifs de la conduite qu'on a tenue.

=Raisonnable=, adj.—Quelques personnes emploient à tort le mot raisonnable pour moyen, et le crieur d'une petite ville du Hainaut terminait de la manière suivante l'annonce d'une vente de porcs: il y en a des grands, des petits et des raisonnables. (OMNIBUS MONTOIS.)

=Raja= ou =Rajah=, s. m., prince indou: prononcez raja.

=Rallargir=, mot wallon: dites rélargir: il est obligé de faire rélargir tous ses habits.

=Rallonge, Rallonger.=—Ces mots sont français: mettre une rallonge à une robe, à une table; rallonger une jupe, une table.—On dit aussi dans le même sens allonge, allonger.

=Ramonasse=, mot d'origine flamande qu'il faut rendre en français par les mots rave, raifort ou radis, selon le sens.

=Ramponeau=, s. m., terme de cuisine; ce mot n'est pas français; dites filtre à café.

=Rance=, dans le sens de crêpe, est un mot wallon: il a mis un crêpe à son chapeau.

=Rancuneux, euse=, adj. qui garde rancune: ce mot n'est pas français: dites rancunier, ière.

=Ranger= (=se=), de, signifie se mettre de:—se ranger à, veut dire adopter: se ranger du parti, du côté de quelqu'un; se ranger à l'avis (et non de l'avis) de quelqu'un.

=Râpe=, s. f., =Râper=, v. a.: l'â est long comme dans pâté.

=Rapêcher=, retirer de l'eau: ce mot est wallon; dites repêcher: il était tombé au fond de la rivière, on l'a repêché à demi-mort.

=Raphaël=, n. pr.—Prononcez Raphaèle et non Rapha-yèle.

=Rapiécer, Rapiéceter, Rapétasser.=—Rapiécer, c'est raccommoder en mettant une pièce ou des pièces;—rapiéceter, c'est remettre sans cesse de nouvelles pièces;—rapétasser, c'est raccommoder grossièrement de vieilles hardes.

=Rappeler= (=se=): on dit, se rappeler quelque chose et non de quelque chose:—je me le rappelle et non je m'en rappelle.—Il est toutefois d'usage de dire: je me rappelle d'avoir vu, d'avoir fait, d'avoir écrit. (Acad.), c'est-à-dire, je me rappelle le fait d'avoir vu, d'avoir fait, etc.

2. Rappeler (en), ne dites pas: j'ai été condamné, mais je vais en rappeler; dites, je vais en appeler, je vais en appel, je vais interjeter appel.

=Rapport=, s. m.—Ne dites pas: il m'en veut à rapport de vous, ou bien, à rapport que je suis riche; dites, il m'en veut à cause de vous, ou bien parce que je suis riche. (Wall.)

2. Ne dites pas, il dit cela par rapport à vous; dites, il dit cela à cause de vous, ou à votre adresse, selon le sens.

3. Ne dites pas: je ne suis pas venu à l'école, à rapport que j'ai été malade; dites, parce que j'ai été malade.

4. Ne dites pas: sur le rapport de la conduite, je n'ai que de bons renseignements à donner de mon domestique; dites, sous le rapport...

=Rapt=, s. m., enlèvement par violence; on prononce le p et le t, (rapte).

=Rare=, adj.—Dites, il est rare que je le fasse, que nous le fassions et non, que je le fais, que nous le faisons.

=Ras, ase=, adj., qui a le poil coupé jusqu'à la peau ou qui a le poil fort court, etc.—On dit au ras de l'eau, à ras l'eau, c'est-à-dire, presque au niveau de l'eau: cette embarcation est à ras l'eau:—on dit aussi à rase terre, c'est-à-dire, à fleur de terre, de niveau avec le sol environnant: dans la cour est un puits dont la margelle est à rase terre.

2. Ne dites pas, mesurer à rase; dites, mesurer à rase mesure.—Prononcez raze au masculin comme au féminin.

=Rasibus=, prép., tout près: la balle lui passa rasibus du front.—Prononcez rasibuce.

=Rassercir= ou =Rassercer=.—Ce mot n'est pas français; dites rentraire, s'il s'agit de l'action de coudre ensemble deux morceaux d'étoffe sans que la couture paraisse;—dites ravauder, pour signifier, raccommoder de méchantes hardes à l'aiguille, sans pièces: ravauder des bas, une veste; aiguille à ravauder.

=Ratatouille=, s. f., ragoût grossier, composé ordinairement de viande et de légumes: quelle ratatouille nous servez-vous donc là? ce traiteur ne donne que de la ratatouille. (BESCHERELLE.)

=Râteau=, Râteler, Râtelier, etc.—Prononcez l'â comme dans pâté: un râteau à dents de fer; râteler des foins, des avoines, manger à plus d'un râtelier.

=Rattaquer.=—Ne dites pas: il a rattaqué à Bruxelles; dites, il a appelé..., il a interjeté appel à Bruxelles.

=Rattendre=, n'est pas français; dites donc, attendez-moi, attendez un peu et non rattendez-moi; rattendez un peu.

2. Ne dites pas, on a rattendu un homme dans le bois; dites, on a attaqué...

=Rature, Effaçure=, s. f.—Les ratures consistent en quelques traits de plume qu'on passe sur ce qu'on écrit;—les effaçures se font à l'aide d'un grattoir; un écrit plein de ratures, chargé de ratures; l'effaçure n'empêche pas qu'on ne lise encore quelque chose de ce qui était écrit.—De même le verbe raturer a une toute autre signification que les verbes gratter, effacer, ôter: il est difficile d'avoir un style pur sans raturer (biffer, bâtonner) beaucoup.

=Rauque, Enroué.=—Rauque ne se dit que de la voix et jamais des personnes;—enroué se dit également de la voix et des personnes, mais il n'exprime qu'un effet passager, inaccoutumé: une voix rauque; cet homme a une voix forte, mais le son en est rauque; un homme enroué (et non rauque); avoir la voix enrouée, parler enroué.

2. Prononcez roque (o bref).

=Ravauderie=, s. f., ne signifie pas vieillerie, gueuserie, bagatelle: on ne vend là que de la vieillerie; il ne se meuble que de vieilleries.—Ravauderie veut dire, bavardage, discours, plein de niaiseries, de bagatelles: il ne dit que des ravauderies; quelle ravauderie venez-vous nous conter.

=Ravoir.=—Ce verbe ne s'emploie qu'à l'infinitif; dans les autres temps, il faut se servir de l'un des mots: payer, se rétablir, avoir de nouveau, reposséder, regagner, retenir, récupérer, recouvrer, rattraper:—vous le payerez (et non je vous raurai); cette personne commence à se rétablir (et non à se ravoir); si je puis retenir mes papiers, je ne les lui donnerai plus;—je voudrais bien retenir l'argent que je lui ai prêté;—il voudrait bien retenir ce qu'il a dit;—je n'ai jamais pu récupérer mes déboursés dans cette affaire;—il a recouvré sa bourse;—il cherche à recouvrer son bien;—allez toujours devant, je vous aurai bientôt rattrapé;—il a si bien fait qu'il a rattrapé la montre qu'on lui avait volée; on ne m'y rattrapera plus;—bien fin qui m'y rattrapera.

=Rawette=, s. f., mot wallon qui se rend selon le sens par: et le reste, surcroît, cadeau ou une autre expression équivalente:—son emploi lui vaut par an mille francs et le reste (la locution haïe au bout a vieilli); après ma journée j'ai dû faire une course d'une lieue par surcroît; je vais vous acheter cette pièce d'étoffe, mais vous me donnerez ce foulard en cadeau, vous me ferez cadeau de ce foulard, vous me donnerez quelque chose en sus du marché.—Voyez dringuelle.

=Rayé.=—En parlant d'étoffes, on dit un dessin rayé et non un dessin à lignes.

=Re.=—Particule qui entre dans la composition d'un grand nombre de mots, et qui sert à indiquer un sens contraire, comme dans repousser, rejeter, renvoyer, etc.;—ou bien un sens itératif (de nouveau) comme dans redire, refaire;—ou un sens augmentatif comme dans relâcher, rendre plus lâche.

=Rébarbatif, ive=, adj., rude, repoussant: cet homme a toujours une humeur rébarbative.—Rébarbaratif n'est pas français.

=Rebelle=, adj. et s. =Rebeller= (=se=): prononcez re et non ré ni rè.—Prononcez et écrivez, au contraire, rébellion et non rebellion.

=Rebiffade=, s. f., mauvais accueil, refus avec mépris et paroles.—Rebuffade n'est pas français.

=Rebiffer=, v. a. et n., regimber, ne pas vouloir, refuser;—se rebiffer, est très-usité parmi le peuple, mais il ne figure pas dans les dictionnaires. (BESCHERELLE).

=Rebours=, s. m., sens contraire.—A rebours, au rebours, loc. adv. et prép., en sens contraire: il prend tout à rebours, au rebours de ce qu'on lui dit.—On ne prononce pas l's.—A la rebours n'est pas français.

=Rébus=, s. m., sorte de jeu d'esprit, allusion, équivoque: prononcez rébuce.

=Rébutoire= (=vice=).—Ce mot n'est pas français; dites vice, cas rédhibitoire: la pousse, la morve et la courbature sont des cas rédhibitoires pour la vente d'un cheval.—Prononcez rédibitoire.

=Récépissé=, s. m., (au plur. récépissés), écrit par lequel on reconnaît avoir reçu des papiers, des pièces, etc.: ne dites pas récipissé.

=Recette=, s. f., se dit de la composition de certains remèdes ou médicaments ou bien d'un écrit enseignant la manière de faire cette composition; mais quand il s'agit de la prescription d'un médecin destinée au pharmacien, on se sert du mot ordonnance: portez cette ordonnance au pharmacien.

=Rechanger= (=se=), signifie, changer de linge: vous êtes mouillé, rechangez-vous.—Mais il n'est pas français dans le sens de se remplacer, se relever, faire quelque chose à tour de rôle, alternativement: cette besogne est très-fatiguante, mais nous pourrons la faire à tour de rôle.

=Rèche=, adj., ce mot est français: rude au toucher:—cette étoffe est rèche, il a la peau rèche;—aigre, rude au goût: pomme rèche, poire rèche.

2. Rétif, difficile à vivre: je lui trouve l'esprit un peu rèche.

=Réchigner=, est un verbe neutre qui signifie, témoigner par l'air de son visage la mauvaise humeur où l'on est, le chagrin, la répugnance qu'on éprouve: qu'avez-vous à réchigner? il réchigne toujours; il fait les choses de mauvaise grâce et en réchignant; c'est un homme qui réchigne à tout.—Mais il ne faut pas employer ce verbe activement ni pronominalement: il s'est fait réchigner, il s'est réchigné; dites, il s'est fait rabrouer, rembarrer; il réchigne.

=Réciproquer=, v. a., rendre la pareille, est familier et ne se dit que par plaisanterie. (BESCHERELLE).

=Récit=, réciter, récitation, etc.; écrivez et prononcez ré et non re.

=Réclame=, s. f., annonce pour recommander un ouvrage, tel ou tel genre d'industrie, de spéculation, etc.—N'employez pas ce mot dans le sens de réclamation: j'ai adressé une réclamation (et non une réclame) au bourgmestre.

=Récolte=, s. f.—Prononcez récolte et non recolte, récolle, r'colte;—prononcez de même les mots commençant par ré, comme réduire, réforme, réformer, réformation, répéter, etc.

=Récompenser=, n'est pas synonyme de dédommager; dites donc, si la nature l'a fait laid, elle l'a dédommagé (et non récompensé) en lui donnant de l'esprit.

=Reconnaissant, te=, adj.—On dit reconnaissant envers quelqu'un, envers son bienfaiteur; mais on ne dit pas reconnaissant à quelqu'un; c'est donc une faute de dire: je vous suis très-reconnaissant de ce service: dites, je vous suis fort obligé, bien obligé de ce service.

=Recouper=, signifie, couper de nouveau: cet habit avait été mal coupé, il a fallu le recouper; au jeu de cartes, lorsqu'on n'a pas coupé net, il faut recouper.—Mais n'employez pas ce mot dans le sens de rogner: il faut rogner ce bâton, il est trop long; rogner un manteau, les bords d'un chapeau; se rogner les ongles.

=Recouvrer, Recouvrir.=—Il ne faut pas confondre ces deux mots: recouvrer signifie rentrer en possession et recouvrir veut dire couvrir une seconde fois: dites donc, j'ai recouvré la santé, les biens que j'avais perdus, et on a recouvert mon toit.

=Recréer, Récréer.=—Ne confondez pas ces deux mots: recréer signifie créer de nouveau, donner une nouvelle existence, remettre sur pied;—récréer veut dire divertir, réjouir.—Prononcez recré-er, et non recré-i-er.

=Recrue=, nouvelle levée de gens de guerre;—soldat nouvellement arrivé au service;—gens qui arrivent inopinément; ce mot est féminin: nos recrues se sont comportées dans cette affaire comme de vieux soldats.

=Recto=, s. m., la première page d'un feuillet, se trouvant à droite, lorsqu'on ouvre le livre; il se dit par opposition au verso qui est la seconde page;—vous trouverez ce passage folio 24, recto.

=Recul=, s. m., mouvement d'une chose qui recule: on prononce l'l.

=Recureur, euse=, s.—Ce mot n'est pas français; il faut dire écureur, euse.—Cependant le verbe récurer existe, mais écurer est préférable et plus usité.

=Reddition=, s. f.—On dit la distribution des prix et non la reddition des prix;—on dit bien cependant reddition de compte, mais rendage de compte n'est pas français.

2. Ne dites pas: j'ai payé, j'ai reçu mes rendages; dites, ... mes fermages, mes rentes.

=Rédempteur=, rédemption, rédemptoriste:—dans ces mots on fait sentir le p.

=Rédhibition=, s. f., action pour faire cesser une vente; prononcez rédibition.—Voyez rebutoire.

=Rédicule=, s. m., petit sac dans lequel les femmes portent leur mouchoir, leur bourse, etc.; écrivez et prononcez ridicule.

=Réel=, réellement, réalité, réaliste, etc.—Prononcez ré-el, ré-ellement, etc., et non ré-i-el, ré-i-ellement.

=Reformer, Réformer.=—Reformer, c'est former de nouveau: reformer un régiment qu'on venait de licencier;—réformer, c'est opérer une réforme: réformer la société, une loi.

=Refroidir=, s'emploie neutralement pour, devenir froid: laissez refroidir le bouillon.—Ne dites pas réfroidir ni rafroidir.

=Refuser=, v. a.—Lorsqu'il est suivi d'un autre verbe à l'infinitif, il régit la préposition de: il refusa de manger, de se coucher.—On peut dire aussi: il refusa à manger, à coucher, mais dans le sens de il refusa de donner à manger, à coucher, et alors manger et coucher sont pris substantivement.—Se refuser, suivi d'un infinitif, demande la préposition à: il se refusa à le suivre.

=Refuge, Réfugier.=—Écrivez et prononcez re dans refuge et ré dans réfugier.

=Regarder=, v. a.—Ne dites pas: regarder hors de la fenêtre, mais, par la fenêtre.

2. Ne dites pas, regardez voir, mais simplement, regardez.

3. Ne dites pas: après quoi regardez-vous? je regarde après mon canif; dites, que cherchez-vous? je cherche mon canif.

4. Regarder large, dans le sens de, être étonné, être stupéfié, stupéfait, est un grossier wallonnisme.

=Regimber=, ruer, en parlant des animaux; au fig., refuser d'obéir:—ce verbe est neutre et ne s'emploie pas pronominalement: un inférieur qui regimbe (et non qui se regimbe) contre son supérieur.

=Registre=, s. m.—Quelques-uns prononcent et écrivent regître, dit l'Académie, qui dans tous les exemples qu'elle donne, écrit registre;—d'où il suit que cette dernière orthographe est préférable: prononcez r'gis'-tre et non regisse, registère (ni régître).

=Règlement=, s. m., règle, statuts: écrivez et prononcez règlement et non réglement.

=Régler=, v. a.—Régler un cahier, c'est tracer des lignes avec une règle;—ne dites pas ligner.

=Réglisse.=—Ce mot est féminin: la réglisse est adoucissante.

2. On appelle racine de réglisse ou simplement réglisse, la racine de cette plante, et jus de réglisse, le suc de la même plante préparé: mettre de la racine de réglisse ou de la réglisse dans une tisane; du jus de réglisse anisé; un bâton de jus de réglisse—Prononcez réglisse et non régli.

=Régnicole=, adj. et s. m., habitant naturel d'un pays, ou étranger naturalisé: prononcez le g dur, regh'nicole.

=Regret=, s. m.—Être aux regrets que ou de, n'est pas français;—il faut dire, avoir regret, avoir du regret, regretter: j'ai regret que vous ne puissiez m'accompagner; j'ai du regret de vous voir malade; je regrette qu'il soit parti seul.

2. A regret, est une locution adverbiale qui signifie avec répugnance: cet enfant obéit à regret.

=Reguérir= (=se=), n'est pas français; dites guérir ou se guérir: il est guéri, il se guérira bientôt.

=Reguiser= ou =Raiguiser=, n'est pas français; dites simplement aiguiser ou aiguiser de nouveau, selon le sens.

=Reine=, s. f., femme du roi: prononcez rène et non rain-ne.

2. Reine-Claude, s. f., espèce de prune très-estimée: prononcez comme c'est écrit, reine-Claude et non reine glaude.

3. L'Académie écrit des reines-Claude:—quelques grammairiens prétendent que ce mot doit rester invariable et ils écrivent des reine-Claude, en sous-entendant des prunes de la reine Claude;—d'autres enfin, et nous nous rangeons à leur avis, soutiennent qu'il faut pluraliser les deux mots et écrire des reines-claudes;—il nous semble en effet que par suite d'un long et fréquent usage le mot Claude a perdu sa qualité de nom propre et est devenu bel et bien nom commun; voilà pourquoi nous voudrions également voir, écrire ce dernier mot avec un c minuscule.

=Relâche=, interruption, discontinuation; ce mot est masculin: sa maladie commence à lui donner du relâche.

=Rélargir=, v. a. Rendre plus large et se rélargir, sont français: faire rélargir ses habits.

=Relaver=, v. a.—Dites un évier ou pierre d'évier, pierre à laver, et non pierre à relaver: voyez lavier.

=Reléguer=, relation, rejaillir, rehausser:—écrivez et prononcez re et non ré.

=Rèler=, dans le sens de se couvrir de givre ou de bruiner, n'est pas français;—rèler signifie se fendre de haut en bas sous la forme d'une vis: le suif se rèle.

=Relevailles=, cérémonie qui se fait à l'église, lorsqu'une femme y va la première fois après ses couches pour se faire bénir par le prêtre; ce mot est féminin et n'a pas de singulier: le jour de ses relevailles; c'est le curé qui a fait les relevailles de ma tante.

=Relevée=, s. f., le temps de l'après-dînée: à deux heures de relevée; l'audience de relevée; vacations de relevée.

2. Ce mot est un terme de procédure (Académie) qu'il faut bannir du langage ordinaire en le remplaçant par les expressions après-dînée ou après-midi, soir.

=Relieur=, s. m.—Dites simplement un relieur et non un relieur de livres.

=Religion=, religieux, etc.: prononcez religi-on, religi-eux et non religeon, religeux.

=Reliquat=, s. m., ce qui reste: le reliquat d'un compte de tutelle;—prononcez relika; prononcez de même reliquataire.

=Reluquer=, v. a., lorgner curieusement du coin de l'œil; au fig., avoir des vues sur une chose, la désirer;—reluqueur, euse, s., celui, celle qui reluque:—ces mots sont français, mais très-familiers.

=Remaigrir=, n'est pas français; dites ramaigrir, v. a. et n., rendre maigre de nouveau ou redevenir maigre.

=Remarquer=, v. a.—Ne dites pas: je vous remarquerai que vous êtes dans l'erreur; dites, je vous ferai remarquer, comme on dit je vous ferai observer: voyez ce dernier mot.

=Remerciement=, remercîment, s. m., discours par lequel on remercie:—la seconde orthographe est la plus usitée.

=Remercier=, v. a.—On remercie de quelque chose et non pour quelque chose: je vous remercie de vos bontés et non pour vos bontés.

2. Remercier s'emploie pour, congédier, révoquer: remercier un employé;—mais se remercier, dans le sens de donner sa démission d'un emploi, d'une charge, etc., n'est pas français.

3. Prononcez remerci-er et non remerci-ier.

=Remolade=, rémoulade, s. f., espèce de sauce piquante;—le second vieillit.

=Remords=, s. m.—On ne prononce ni le d ni l's; cette dernière lettre se fait sentir, lorsqu'elle est suivie d'un mot commençant par une voyelle. Les poètes retranchent quelquefois l's, mais cette licence n'est point permise en prose.—Remords ne peut pas se dire pour exprimer le mauvais goût qui reste de quelque liqueur après qu'on l'a bue; il faut dire arrière-goût, déboire:—ce vin laisse un arrière-goût; du vin qui a du déboire, quelque déboire.—Déboire s'emploie aussi au figuré: les plaisirs ont leur déboire; il a éprouvé bien des déboires.

=Rémouleur= ou Émouleur, s. m., celui dont le métier consiste à émoudre, à aiguiser les couteaux, les ciseaux, etc.; ce mot n'a pas de correspondant féminin;—écrivez et prononcez rémouleur, émouleur et non remouleur, emouleur.—Rémouler, émouler ne sont pas français; c'est émoudre ou rémoudre qu'il faut dire.

=Remuement= ou =remûment=, s. m., action de ce qui remue: prononcez remû-ment, remuer et non remu-wement, remu-wer.—Voyez ue.

=Remplir=, v. a.—Ne dites pas remplir un but, mais atteindre un but: voyez ce mot.

=Rendre=, v. a.—Ne dites pas, maison à rendre, c'est-à-dire, à prendre sur rente; dites maison à arrenter.

2. Ne dites pas non plus: on a bien rendu cette comédie; dites, on a bien joué, bien représenté cette comédie.

3. Ne dites pas: nous rende-rions, vous ren-de-riez, mais, nous ren-drions, vous ren-driez.

=Renonce=, s. f., terme dont on se sert, à certains jeux de cartes pour exprimer qu'on n'a point d'une certaine couleur; renon, n'est pas français;—il faut dire renonciation pour exprimer l'action de renoncer à quelque chose: je viens d'envoyer ma renonciation à mon propriétaire.

=Renoncer=, v. n. et a.—Ne dites pas d'un malade: il est renoncé des médecins; dites, il est abandonné des médecins, les médecins ne répondent plus de lui.

=Rentraire=, v. a., coudre, joindre bord à bord, etc.;—ne le confondez pas avec rentrer qui signifie entrer de nouveau. Voyez rassercir.

=Renverser=, v. a.—Ne dites pas: il a renversé son vin sur la table; dites, versé, si c'est à dessein et répandu, si c'est par étourderie ou par maladresse;—renverser se dit du contenant: il a renversé le verre, la bouteille, l'encrier, la table, etc.

=Renvoi=, s. m., en terme de médecine se dit, surtout au pluriel, des gorgées de substances gazeuses ou liquides, qui remontent de l'estomac ou de l'œsophage dans la bouche, sans être accompagnées des efforts qui caractérisent les vomissements. (Acad.)—Aigreur, s. f., se dit des rapports que causent quelquefois les aliments mal digérés; et, dans ce sens, on l'emploie plus ordinairement au pluriel qu'au singulier: cela donne des aigreurs, cause des aigreurs. (Acad.)—Ainsi, quoi qu'en disent certains auteurs, renvoi est tout aussi français qu'aigreur, avec cette différence toutefois que le premier semble plutôt être un terme technique.

=Repartie=, s. f., réplique, réponse prompte; prononcez reparti et non répartî ni réparti-ïe.

=Repartir, Ressortir.=—Repartir (re), partir de nouveau ou répliquer, et ressortir, sortir de nouveau, se conjuguent comme partir et sortir:—mais répartir (ré), partager, distribuer, et ressortir, être du ressort ou de la compétence de quelque juridiction, se conjuguent comme finir:—je repartis, je ressortis, nous répartissons, nous ressortissons, etc.—On dit ressortir à et non de: cette affaire ressortit au juge de paix; les tribunaux de première instance ressortissent aux cours d'appel.

=Repasser=, v. a.—On dit repasser le linge et non polir le linge; l'instrument qui sert à repasser le linge se nomme fer à repasser et non polissoir:—ce dernier mot s'emploie pour signifier un instrument propre à polir, à l'usage des relieurs, des doreurs, des cordonniers, etc.

=Repasseur=, s. m., ouvrier qui repasse, aiguise les lames, couteaux, etc.—Ce mot figure dans le dictionnaire de Bescherelle et dans celui de Poitevin;—on dit très-bien repasser des couteaux, rasoirs, etc.; mais plusieurs grammairiens, à la suite de l'Académie, disent que repasseur n'est pas français.

=Repasseuse=, s. f., ouvrière qui repasse le linge; ce mot n'a pas de correspondant masculin.

=Répété.=—Il ne faut pas dire répété au lieu de réputé: il est réputé fort riche, il est réputé pour un homme de bien.

=Répliquer, Répondre.=—Ces verbes ne peuvent pas avoir un nom de personne pour régime direct, et ce serait une faute très-grave de dire: ne LE répondez pas, ne LE répliquez pas; je ne LES ai pas répondu; il ne répond PERSONNE; dites, ne LUI répondez pas, ne LUI répliquez pas; je ne LEUR ai pas répondu; il ne répond A personne.

=Répondre la messe.=—On ne dit pas répondre à la messe, mais répondre la messe, c'est-à-dire, prononcer à haute voix les paroles que doit dire celui qui sert la messe. (Acad.)

2. Prononcez répondre, répliquer et non repondre, repliquer.

=Repos=, s. m.—Ne dites pas, il n'est jamais de repos; dites, il n'est jamais en repos.

=Reprendre=, v. a.—Ne dites pas, on l'a repris du collége; dites, on l'a retiré du collége.

=Représaille=, s. f., vengeance; ce mot s'emploie plutôt au pluriel qu'au singulier.—Prononcez reprézailles (ll mouillées) et non repressaille.

=Réprimable=, adj., qui doit ou peut être réprimé: abus réprimable.

=Réprimandable=, adj. qui peut ou doit être réprimandé.—Ce mot, quoique figurant dans certains dictionnaires, nous paraît hasardé; nous préférons, selon le sens, les mots réprimable, blâmable, repréhensible, etc.

=Répugner=, demande la préposition à devant un infinitif: il répugne à faire cela. (Acad.)

=Requiem=, s. m., prière pour les morts: messe de requiem;—au pluriel requiem. Prononcez recui-ème et écrivez requiem.

=Réquisition=, s. f.—Ne confondez pas ce mot avec conscription: —une réquisition est une levée extraordinaire d'hommes destinés à l'armée;—la conscription est la levée annuelle qui se fait en Belgique, en France, etc.—Voyez conscription.

=Réséda=, s. m.—Écrivez et prononcez réséda;—et non résida;—résette n'est pas français.

=Résilier=, v. a.—Ne dites pas: il a résilié sa place; dites, il a renoncé à sa place, il a donné sa démission.

2. Résilier signifie, casser, annuler, invalider et se dit d'un contrat, d'une vente, d'un bail, d'un marché, etc.: les juges ont résilié ce contrat.

=Résoudre=, v. a., a deux participes, résolu et résous.—Celui-ci n'a pas de féminin et ne se dit que des choses qui se changent, qui se convertissent en d'autres: brouillard résous en pluie.—Mais on ne pourrait pas dire: j'ai résous de partir; je me suis résous à plaider; il faut dire, j'ai résolu de partir, je me suis résolu à plaider.

2. Résoudre, employé activement, prend la préposition de devant un infinitif: j'ai résolu de vendre ma maison; cependant, s'il est précédé de son régime direct, il prend la préposition à: je me suis résolu à vendre ma maison.

=Respect=, s. m.—L'Académie cite les locutions suivantes: sauf le respect, sauf respect, sauf votre respect, sauf le respect que je vous dois, avec le respect que je vous dois.—Ce sont des termes d'adoucissement dont on se sert dans le style familier, quand on veut dire quelque chose qui pourrait choquer ceux devant qui l'on parle;—populairement on dit: sauf le respect que je dois à la compagnie et parlant par respect; mais il serait incorrect de dire, sous votre respect ou sur votre respect.

2. C'est mal connaître la valeur des mots que de terminer ainsi une lettre: j'ai l'honneur d'être avec respect; dites simplement, je suis avec respect.

3. Prononcez respèk; quelques-uns pourtant prononcent respè: voyez ct.

=Respectif, ive=, adj.—Ne dites pas avec les billets de part: époux, père, frère respectif, etc.; retranchez le mot respectif, car il va de soi que le défunt n'a pas été de son vivant époux, père, frère des mêmes personnes.

=Ressembler=, v. neutre, ne peut pas avoir de régime direct; ne dites donc pas: la fille ressemble la mère, mais ressemble à la mère.—Prononcez reçambler, reçamblance et non res'sembler, res'semblance; prononcez de même: ressort, ressortir, ressaisir, ressasser, ressentiment, ressentir, resserrer, ressource, ressouvenir, ressouvenance, ressuer, etc.

=Ressortir=, v. n.: voyez repartir.

=Ressusciter=, v. a. et n., ramener ou revenir à la vie: prononcez réçucité.

=Restaurant=, s. m., se dit de l'établissement d'un restaurateur; restauration n'est pas français dans ce sens;—le restaurateur est le traiteur chez qui on peut prendre ses repas à toute heure; ainsi vous direz: je dîne au restaurant et non chez le restaurant;—chez le restaurateur et non au restaurateur.

=Reste= (=au=), =du reste=, loc. adv.—Au reste s'emploie quand, après avoir exposé un fait ou traité une matière, on ajoute quelque chose qui a du rapport avec ce que l'on vient de dire: c'est là ce qu'il y a de plus sage; au reste, c'est aussi ce qu'il y a de plus juste.—On emploie du reste, quand ce qui suit ne complète pas le sens de ce qui précède ou lorsque ce qui suit n'a pas une relation essentielle avec ce que l'on a déjà dit: il est capricieux; du reste, honnête homme. (Acad.)—Prononcez res'te et non res'se.—Voyez finales, 2.

=Rester=, v. n., suit la même règle pour l'emploi de l'auxiliaire que le verbe demeurer; c'est-à-dire, qu'il se conjugue avec avoir ou avec être selon que le sens permet de répondre à l'une ou l'autre de ces deux questions: qu'a-t-il fait? ou bien, où est-il?—On l'attendait à Liége, mais il est resté à Mons; quand j'ai voulu prendre cet outil, le manche m'est resté dans la main; il a resté deux jours à Tongres.—Voyez demeurer.

2. Rester dîner, rester loger, etc., quelque part, est un flandricisme; vous direz donc: le roi a logé au palais ou bien le roi a resté au palais et y a logé, et non le roi est resté loger au palais;—j'ai dîné chez un tel, un tel m'a retenu à dîner, je suis resté à dîner chez un tel, et non je suis resté dîner chez un tel.

=Restituer=, v. a., rendre ce qu'on a pris: restituer le bien d'autrui.

2. Ne dites donc pas, restituer un livre à sa place; dites, remettre un livre à sa place.

3. Prononcez restitu-er et non restitu-wer.—Voyez ue.

=Résulter=, v. n. s'ensuivre, ne s'emploie qu'à l'infinitif et à la 3e personne des autres temps: il résulte de cette discussion; les maux qui résultèrent de la guerre.

2. Il se conjugue avec avoir ou avec être: qu'a-t-il résulté de là? ou qu'en est-il résulté?

=Résurrectionner=, n'est pas français: dites ressusciter.

=Rétamer=, enduire la surface intérieure d'une couche d'étain fondu; ce mot n'est pas français; dites étamer.

=Rétention=, s. f.: dites une rétention d'urine, et non une détention...

=Retirer=, v. a.—Ne dites pas: cette entreprise était difficile, mais il s'en est bien retiré; dites, il s'en est bien tiré.

=Retour=, s. m.—Avoir de retour, donner de retour, dans le sens de rendre, remettre, faire remettre, renvoyer, n'est pas français;—dites donc, prêtez-moi ce livre, je vous le renverrai ce soir, etc., et non, vous l'aurez de retour...

2. Ne dites pas: il y a longtemps qu'il garde mon livre; tâchez de l'avoir de retour; dites, tâchez de le ravoir.

3. Ne dites pas: il a quitté le pays et demeure de tour chez ses parents; dites, est retourné chez ses parents.

4. Ne dites pas non plus: je lui ai envoyé un chien, et il m'enverra de retour, un dindon; dites, il m'enverra un dindon en échange.—De retour, dans le cas précédent, signifierait ce qu'on ajoute, ce qu'on joint à la chose qu'on troque contre une autre pour rendre le troc égal: voulez-vous troquer votre dictionnaire contre le mien? je vous donnerai cinq francs de retour.

=Retourner=, v. n.—Pour savoir si l'on doit dire retourner ou s'en retourner, il suffit de voir si l'on dirait aller ou s'en aller:—il est temps que nous nous en retournions (et non que nous retournions); il s'en retourna comme il était venu; elle s'en est retournée; retourne-t-en; retournez à l'ouvrage.

2. On ne dit pas se retourner sur quelqu'un, mais vers quelqu'un.—Comme on ne dit pas, avancez en avant, on ne doit pas dire, retournez en arrière; il en est de même du verbe reculer.

=Retrancher.=—Retrancher de, c'est ôter quelque chose d'un tout: retrancher un couplet d'une chanson;—retrancher à, c'est priver quelqu'un de quelque chose: retrancher le vin à un malade; on lui a retranché sa pension.

=Rets=, s. m., filet pour prendre des poissons, des oiseaux; ce mot s'écrit au singulier comme au pluriel.—Prononcez rè.

=Réunir=, v. a., dans le sens de posséder en même temps, n'admet qu'un complément direct composé, et ne doit jamais être suivi de à ni de avec: Turenne réunissait la prudence et la hardiesse.—Unir veut un régime direct et un régime indirect précédé de à: Turenne unissait la prudence à la hardiesse. Voyez unir.

=Revanche=, s. f.—Écrivez et prononcez revanche et non revange ni revenge;—dites de même revancheur, revancher, se revancher et non revengeur, revenger, revanger, se revenger ni se revanger:—courage, je vais te revancher; pourquoi ne te revanches-tu pas?

=Revenir=, v. n., retourner à l'endroit d'où on était sorti: je reviens au gîte; je reviens d'un long voyage.—Mais on ne peut pas dire: je reviens de la messe, je reviens de Bruxelles; dites, je viens de la messe, je viens de Bruxelles.

2. Ne dites pas: revenir sur l'eau, sur la terre pour, revenir par eau, par terre.

3. Ne dites pas non plus: je ne puis revenir sur son nom; dites, je ne puis me rappeler son nom.

=Rêver à, Rêver de, Rêver sur.=—Rêver à, c'est penser à quelque chose étant éveillé: rêver à une affaire;—rêver de, c'est penser à quelque chose étant endormi: rêver de combats, de naufrages, de quelqu'un;—rêver quelqu'un n'est pas français;—on dit j'ai rêvé de vous et non je vous ai rêvé; cependant on peut dire: vous avez rêvé cela, rêver combats, rêver naufrages.—Réver sur, c'est méditer profondément sur quelque chose: rêver longtemps sur une affaire.—On ne dit pas rêver après les honneurs, pour, désirer vivement, avec passion; on dit rêver les honneurs, la fortune.

=Réverbère=, s. m., lanterne; prononcez réverbère, et non reverbère.

=Revêtir=, se conjugue comme vêtir; il faut donc dire: les formes dont la pensée se revêt et non, se revêtit.

=Reviser=, v. a., examiner de nouveau.—On écrit reviser, mais révision, réviseur ont un accent aigu.

=Revoici, Revoilà=, prép.—Ces mots sont français: le revoici, le revoilà.

=Revoir=, v. a.—A revoir est une locution dont on se sert pour dire qu'il faut faire un nouvel examen d'un compte, d'un écrit, etc.: à côté de chaque article douteux de ce compte, j'ai mis: à revoir; revoir un manuscrit, revoir des épreuves.—Au revoir (adieu), est une expression de civilité dont on se sert en prenant congé de quelqu'un et alors le mot revoir est pris substantivement: au revoir, jusqu'au revoir; il ne lui a pas seulement dit au revoir:—à revoir dans ce cas n'est pas français.

=Rez=, prép. qui signifie, tout contre, joignant; il ne se dit plus que dans ces locutions, rez pied, rez terre, à fleur de terre, au niveau du sol: couper des arbres rez terre.—Au rez:—cette expression n'est pas française, et se traduit par contre, jusque contre, jusque, joignant, rasibus: le coup lui passa rasibus du nez.

=Rh.=—Ces deux lettres se prononcent comme s'il n'y avait qu'une r: le h qui suit l'r est purement étymologique.

=Rhum=, s. m., eau-de-vie de sucre; quelques-uns écrivent rum, dit l'Académie, qui cependant dans tous les exemples qu'elle donne, écrit rhum.—Prononcez rome.

=Rhumatique=, n'est français qu'en style de médecine et est synonyme de rhumatismal: goute rhumatique;—dites donc, cette maison est insalubre, malsaine, humide et non rhumatique.

=Rhume=, s. m.—Dites, j'ai un rhume, ou je suis enrhumé et non j'ai le rhume;—dites de même j'ai un rhume et non j'ai un froid.

=Ric-à-ric=, signifie tout juste, rigoureusement: je le ferai payer ric-à-ric; on lui a payé ric-à-ric tout ce qu'on lui devait; compter ric-à-ric.

=Richard=, s. m., celui qui, dans une condition médiocre, a fait fortune; ce mot n'a pas de correspondant féminin.

=Ride=, pli qui se fait sur le front, sur le visage; ce mot est féminin: il a soixante ans et il n'a pas encore une seule ride.

=Ridicule=, adj., ne peut pas s'employer pour, entêté, d'un avis différent, difficile à contenter:—allons, ne soyez pas entêté (et non ridicule) et entendez raison. (Fland.)—Prononcez et écrivez ridicule et non rédicule.—Voyez rédicule.

=Rien=, s. m.—Ne dites pas: cela n'est de rien, ne me fait de rien; dites, cela n'est rien, ne me fait rien. (Fland.)

2. Ne dites pas: je n'ai rien d'autre à lui dire; dites, je n'ai rien autre chose à lui dire. (Wall.)

3. Ne dites pas, il passe le jour à rien faire, mais, à ne rien faire.

4. Rien moins, précédé du verbe être et suivi d'un adjectif, a le sens de la négation: il n'est rien moins que sage (il n'est pas sage).—Suivi d'un substantif ou accompagné d'un verbe, il peut avoir le sens positif ou négatif, selon la circonstance: vous lui devez de la reconnaissance, car il n'est rien moins que votre bienfaiteur (il est votre bienfaiteur); il n'aspire à rien moins qu'à prendre votre place (il aspire à prendre votre place ou bien il n'aspire pas le moins du monde à prendre votre place). (Acad.)

5. Servir à rien, servir de rien: voyez servir.

6. La prononciation du mot rien est soumise à quelques règles qui sont également applicables au mot bien.—On doit faire sentir l'n et faire la liaison dans ces mots, lorsqu'ils sont suivis immédiatement de l'adjectif ou de l'adverbe ou du verbe qu'ils modifient, si cet adjectif, cet adverbe ou ce verbe commencent par une voyelle ou une h muette: un homme bien honorable, bien aimable; rien à dire; rien à vous écrire.—Mais si les mots bien et rien sont suivis de tout autre mot que de l'adjectif, de l'adverbe ou du verbe qu'ils modifient, la consonne n, quoique placée devant une voyelle, aura un son nasal et on ne fera pas la liaison, comme dans: il parlait bien et à propos; il ne voyait rien et n'entendait rien.

=Rifflard=, s. m., vieux parapluie qu'on ne peut pas porter comme une canne: ce mot est familier.

=Rincée=, s. f., volée de coups de bâton, correction manuelle: recevoir une fameuse rincée:—ce mot est populaire.

=Riole=, pour rigole, est un mot flamand (riool).

=Ripopée=, s. f., signifie, mélange que les cabaretiers font de différents restes de vin; il se dit également du mélange de différentes sauces: ce vin n'est que de la ripopée; quelle ripopée faites-vous là?—Mais il ne doit jamais s'employer comme synonyme de ribambelle: il m'a dit une ribambelle d'injures; il amena une ribambelle d'enfants.

=Rire=, v. n.—Ne dites pas: nous avons ri avec cela, avec cet homme; dites, nous avons ri de cela, de cet homme.

2. On ne dit pas, rire à larmes, mais, rire aux larmes.

3. Ne dites pas, il en rit dessous son nez; dites, il en rit sous cape.

4. Écrivez et prononcez: je ris, tu ris, il rit, et non je rie, tu rie, il rie. (Wall.)

=Risibel=, pour érésipèle, est un grossier flandricisme.

=Risquant, Risqueux.=—Ces mots ne figurent pas dans les dictionnaires et doivent se traduire par risquable, dangereux, hasardeux:—une affaire, un projet risquable; cela est bien hasardeux, bien risquable; une entreprise hasardeuse.—Risquable signifie aussi, qu'on peut risquer avec quelque chance de succès: cette entreprise n'est pas sûre, mais elle est risquable.

=Robe=, s. f.—On dit, une robe de dentelle, de velours, de taffetas, de satin, etc., et non une robe en dentelle, en velours, etc.; dites de même un chapeau garni de, une robe garnie de...

=Rochet=, s. m.: voyez surplis.

=Roide=, roideur, roidir.—On prononce et on écrit généralement aujourd'hui raide, raideur, raidir.—Voyez raide.

=Ronde=, s. f., chanson qu'une personne chante seule, et dont le refrain est répété par tous en dansant en rond: danser une ronde; ronde villageoise. (Acad.)—On dit aussi branle (s. f.) dans le même sens.—C'est le cramignon liégeois.

=Rosbif= ou =Roastbeef=, s. m., bœuf rôti; prononcez ross'bif.

=Rose=, affection aiguë, inflammatoire, caractérisée par rougeur; ce mot est wallon et se rend en français par érésipèle, s. masculin: érésipèle dartreux.—Voyez ce mot.

=Rossignol=, s. m., oiseau; prononcez ros'signol et non rozignol.

=Rôti, Rôtir=, etc.; prononcez roti, rotir (o bref): voyez o.

=Roué, ée=, adj., dans le sens de finaud, retors, n'est pas français.

=Rougeaud, eaude=, adj., qui a naturellement le visage rouge: un gros rougeaud, une grosse rougeaude;—ne dites pas rougeot ni rouget.

=Rouille, ée=, adj.—Dites un fusil rouillé, un pistolet rouillé et non, enrouillé;—mais on dit également bien: l'humidité enrouille et rouille le fer; le fer s'enrouille et se rouille.

=Roulette=, s. f., machine roulante où un enfant se tient debout sans pouvoir tomber, et qui l'aide à marcher.

=Royal, ale=, adj.—Prononcez roi-ial et non ro-ial ni roi-al;—prononcez de même royaume, royauté, royalement.

=Rude=, adj.—Ne dites pas, ce maître est trop rude avec ses ouvriers; dites, à ses ouvriers ou envers ses ouvriers.

=Rue=, s. f.—Ne dites pas: votre fils est toujours sur la rue; je vous ai rencontré en rue; dites, votre fils est toujours dans la rue; je vous ai rencontré dans la rue.

2. Rue sans fin, rue sans bout: ces mots ne sont pas français; dites cul-de-sac et mieux impasse.

3. Prononcez rù et non ru-we: voyez ue.

=Rumb=, s. m., nom que l'on donne à chacune des trente-deux parties de la boussole de l'horizon desquelles part un des trente-deux vents: prononcez le b, rombe.

=Ruse=, s. f., dans le sens de querelle, dispute, réprimande, n'est pas français.

2. Il n'est pas français non plus dans le sens de peine, mal, embarras: il s'est donné beaucoup de mal (et non de ruses) pour conclure cette affaire; vous vous donnez beaucoup d'embarras (et non de ruses).

=Russie, russe=: l'u est bref; ne dites donc pas Rûcie, Rûce: voyez Prusse.

=Rustaud, Rustre=, adj.—On est rustaud, faute d'éducation, faute d'usage;—on est rustre par humeur, par rudesse de caractère: les manières du rustaud sont ses formes; elles déplaisent, mais elles n'offensent pas; les manières du rustre sont ses mœurs, elles choquent et elles offensent.

=Rustique, Grossier, Impoli.=—C'est un plus grand défaut d'être rustique que d'être simplement impoli; et c'en est encore un plus grand d'être rustique.—L'impoli manque de belles manières, il ne plaît pas; le grossier en a de désagréables, il déplaît; le rustique en a de choquantes, il rebute.—L'impolitesse est le défaut des gens d'une médiocre éducation; la grossièreté l'est de ceux qui en ont une mauvaise; la rusticité, de ceux qui n'en ont point eu.—On souffre l'impoli dans le commerce du monde; on évite le grossier; on se lie point du tout avec le rustique. (GIRARD)

S

=S.=—S, entre deux voyelles a le son de z: rose, ruse, agonisant, je refuse, j'arrose, je pèse, etc.—Après une consonne, elle a un son dur: consister, persister, assister; etc. (concister, percister, ascister.)

2. On sait que les mots terminés en ase, ise, ose, use, etc., doivent se prononcer comme si l's était remplacée par un z: base (baze), église (églize), rose (roze), arrosement (arrozement), déguisement (déguizement), museler (muzeler), la Meuse (Meuze), j'use (j'uze), je méprise (méprize), etc., et non bace, églice, roce, la Meuce, j'uce, je méprice;—les wallons ne sauraient trop s'exercer sur ce point.

3. L's finale sonne dans les mots suivants: as, ambesas, atlas, lampas, les interjections las et hélas, stras, vasistas;—bis, cassis ou câcis, gratis, jadis, maïs, fils, lis, (mais dans fleur-de-lis, terme de blason, l's ne sonne pas)—albatros, mérinos, rhinocéros;—blocus, calus, choléra-morbus ou coléra-morbus, motus, omnibus, prospectus, rébus, ours, mœurs, mars, (nom du 3e mois, d'une planète, et d'une divinité mythologique);—l's sonne également dans les mots tout latins: ad patres, aloès, kermès, de profundis, lapis, agnus, angelus, argus, blocus, chorus, fœtus, hiatus, motus, orémus, papyrus, etc.

4. L's finale sonne aussi dans les noms propres suivants: Adonis, Atlas, Argos, Bacchus, Brutus, etc.—Il y a des noms propres français où elle sonne également; ce sont: Arras, Blacas, Calas, Carpentras, Coutras, Cujas, du Bartas, Duras, Pézenas, Privas, Stanislas, Tartas, Toyras, Varillas, Vaugelas, Agnès, Bruéys, Clovis, Genlis, la Lys (rivière), Médicis, Senlis et tous ceux en us: Caylus, Fréjus, Jansénius, Grotius, Nostradamus, etc.

5. Cependant elle ne sonne pas dans Villers, nom propre de lieu:—en France on prononce Vilère et en Belgique Vilé: Villers-l'Evêque.

=Sabbat=, s. m., dernier jour de la semaine juive;—sabbatine, s. f., autrefois thèse de controverse qui avait lieu ordinairement le samedi (sabbat);—sabbatique, adj.;—année sabbatique, septième année chez les juifs:—dans tous ces mots on ne fait sentir qu'un b.

=Sable=, s. m., terre légère, gravier; prononcez sâble (â long).

=Sableux, Sablonneux=, adj.—Sableux, n'est guère usité que dans cette locution, farine sableuse, farine dans laquelle se trouve mêlé du sable.—Sablonneux, lieu où il y a beaucoup de sable: pays sablonneux.

=Sablier=, s. m., petit vase contenant du sable propre à être répandu sur l'écriture pour la sécher:—ne dites pas sablière (lieu d'où on extrait le sable).

=Sabord, Babord, Tribord= et =Vibord=, ss. mm.—Sabord, embrasure pour le service du canon dans un vaisseau;—babord, côté gauche d'un vaisseau en partant de la poupe (la partie de l'arrière d'un vaisseau);—tribord, côté droit d'un navire, à partir de la poupe;—vibord, grosse planche qui porte le pont supérieur d'un vaisseau.

=Sabre=, arme tranchante; ce mot est masculin, un beau sabre;—l'â est long ainsi que dans sabrer.

=Sachet=, s. m., petit sac: porter du camphre dans un sachet; —prononcez sachet (et bref) et non sachai (ai long).

=Sacrement=, s. m.—On dit sacrement et non sacrament, quoique l'on dise bien sacramental, ale, sacramentel, elle, sacramentalement, sacramentellement.

=Sacristain=, s. m., et non sacristiain;—le féminin correspondant est sacristine et non sacristaine, qui désigne dans un couvent de religieuses celle qui a soin de la sacristie.

=Sage=, sagement: prononcez sa-je, sa-jement et non sache, sachement.

2. Une sage-femme est une accoucheuse; une femme sage est une femme qui a de la sagesse.

=Saigner du nez=, veut dire, perdre du sang par le nez ou manquer de courage: il s'était chargé de faire cette proposition, mais il a saigné du nez (Acad.);—saigner au nez ou par le nez, dans le sens de saigner du nez, n'es pas français;—mais saigner au nez, dans le sens de pratiquer une saignée au nez, est français.

=Saint, te=, adj.—Il s'écrit par une petite lettre devant le nom du saint et sans trait d'union: les apôtres saint Pierre et saint Paul. (Acad.)—L'Académie écrit avec une petite s et sans trait d'union: la sainte Vierge (nous préférons Sainte-Vierge), les saints Pères, la sainte Trinité, la sainte Bible, la sainte Famille, la sainte Église, l'Écriture sainte;—et sans majuscule: les saints anges, les saints docteurs, les saints apôtres, le saint sacrement, la sainte table, le saint père.—Elle fait observer qu'en écrivant au pape, on écrit: Très-Saint Père.

2. Lorsqu'on veut désigner la fête, l'église mise sous l'invocation d'un saint, une ville, un village, une rue qui porte le nom du saint, ce mot s'écrit par une majuscule et se joint au mot suivant par un trait d'union: la Saint-Jean, l'église Saint-Antoine, la ville de Saint-Hubert, le village de Saint-Hadelin, la rue Saint-Georges, etc.

3. Quand saint est écrit par abréviation, l's est toujours majuscule: les apôtres S. Pierre et St. Paul, Ste Gudule, les SS. Pères; on voit que l'abréviation peut s'écrire de deux manières.—On écrit le Saint-Esprit et l'Esprit saint.

4. Sainte nitouche et non sainte mitouche:—voyez nitouche.

=Salade=, s. f.—Prononcez sa-lade (les deux a brefs) et non salâde ni salâte, slade.

=Saligaud, saligaude=, adj., personne malpropre;—prononcez ces mots comme ils son écrits et non saligot, saligotte.

=Salissant, te.=—Ne dites pas, cette couleur est contre l'ordure, mais, cette couleur n'est pas salissante.

=Saluer=, v. a.—Ne dites pas: je l'ai salué d'un verre de bière, pour, je lui ai présenté un verre de bière;—ne dites pas non plus, on vous salue pour je vous salue.

=Samson=, n. pr.: prononcez San-son et non Sameson.

=Sanctifier=, sanctification, sanctuaire, sanction, sanctionner: —dans ces mots faites sentir légèrement le c comme un k: que votre nom soit sanctifié; la sanctification du dimanche; sanctionner une loi.

=Sanglier=, s. m., porc sauvage: prononcez sanglîé (i long).

=Sanguin=, sanguine, sanguinaire, sanguinolent:—le g est dur et l'u ne se prononce pas: sanguin, sanguinaire, sanguinolent;—mais l'u se fait sentir dans sanguinification, s. f. (transformation du chyle en sang).

=Sans que=, loc. conj., ne doit pas être suivi de ne: il l'a fait sans qu'on le lui ait dit; je ne puis parler sans qu'il m'interrompe (et non sans qu'il ne m'interrompe).

2. Sans, étant préposition, ne peut pas s'employer adverbialement; ainsi ne dites pas: je suis tellement habitué à me promener avec cet ami que je ne puis m'en aller sans; dites, sans lui.

3. Sans dessus dessous; écrivez et voyez sens dessus dessous.

4. Sans devant derrière; écrivez et voyez sens devant derrière.

=Santé=, s. f., état de celui qui se porte bien.—Il ne se dit au pluriel que lorsqu'il est en quelque sorte personnifié, comme dans cette phrase: il y a des santés faibles que peu de chose dérange, c'est-à-dire, il y a des personnes ayant une santé faible.—Mais on ne dirait pas bien: messieurs, ayez soin de vos santés, ménagez vos santés; vos santés sont-elles bonnes? Dans tous ces exemples, santé doit être au singulier.—Santé peut aussi se mettre au pluriel dans le sens de toast: porter des santés.

=Saoul, e=, adj., repu, rassasié; saouler, rassasier avec excès, enivrer: prononcez sou, souler.—On écrit plus souvent soûl, soûler:—ces termes sont bas et de mauvais ton.

2. Ne dites pas d'une personne qu'elle est une soûlée; ce mot n'est pas français;—employez le mot ivrogne ou bien soûlard, arde, soûlaud, aude;—ces deux derniers termes sont populaires et soûlaud ne figure que dans quelques dictionnaires.

=Sarbacane=, s. f. (en flamand blaespyp), long tuyau de verre, de bois, de fer-blanc, par lequel on peut, en soufflant, jeter des pois ou autre chose; on peut même se parler au moyen d'une sarbacane, afin de n'être entendu que d'une seule personne: se jeter des pois avec une sarbacane.

2. Ne dites pas sarabacane ni serbacane.

=Sarrau=, s. m., espèce de blouse grossière en toile, en coton que portent les paysans, les rouliers, etc.; on écrit aussi, mais moins souvent, sarrot.—Prononcez sârô (â et ô longs).

=Sart=, s. m., sarter, sartage, sartager:—ces mots ne sont pas français: voyez essart.

=Sas=, s. m., tissu de crin, de soie, etc., qui est entouré d'un cercle de bois et qui sert à passer de la farine, du plâtre, des liquides, etc.—On ne prononce l's finale que devant une voyelle ou une h muette.

=Sasse= ou =Escope=, s. f., sorte de pelle de bois étroite et creuse qui sert à prendre et à jeter l'eau hors des navires, chaloupes, nacelles, etc.

=Sauf votre respect=: voyez respect.

=Saule=, arbre; ce mot est masculin: un saule pleureur.

=Saume= ou =Same= (mot wallon), filet de pêche; en français, trouble ou truble, s. féminin.

=Saumer=, v. n. (mot wallon), jeter ou tirer vers un but pour savoir qui jouera le premier;—abuter est le mot français: abutons d'abord et puis nous jouerons.

=Saunière= (et non saunier), s. f., vaisseau, espèce de coffre où l'on conserve le sel;—saunier, s. m., ouvrier qui travaille à faire le sel, celui qui débite, qui vend le sel.

=Saur=, adj. m., ou =Saure=, adj. des deux genres, qui est de couleur jaune, tirant sur le brun.—Saure ne se dit guère que des chevaux.—On écrit hareng saur, par abréviation de saure, et l'on dit aussi, mais moins souvent, hareng-sauret. (Acad.)—L'Académie écrit aussi sor, en renvoyant au mot saure.

2. Ne dites pas angletin ni ingletin, pour hareng saur.

=Sauvage=, adj.—Ne dites pas d'un animal domestique qu'il est sauvage; dites, qu'il est farouche.

=Sauvagin, ine=, adj.—Il n'est guère usité que dans cette locution, goût sauvagin, certain goût, certaine odeur qu'ont quelques animaux de mer, d'étang, de marais;—il s'emploie plus ordinairement comme substantif: le canard sent le sauvagin et non le sauvage.

=Sauver.=—Ne dites pas, le prisonnier est sauvé hier, pour indiquer qu'il a pris la fuite; dites, le prisonnier s'est sauvé:—est sauvé signifierait qu'il est hors de danger.

=Savoir, Pouvoir.=—Savoir s'emploie dans le sens d'avoir le pouvoir, la force, le moyen, l'adresse, l'habileté de faire quelque chose: je saurai bien le réduire; je saurai bien me défendre; je n'y saurais que faire; je le voudrais bien, mais je ne saurais; je ne saurais faire ce que vous me dites; ne sauriez-vous aller jusque-là? il n'a su en venir à bout; il ne sait pas ouvrir cette porte, ayant la clef dans sa main.(Acad.)—Voyez pouvoir.

2. Faire à savoir, c'est-à-dire, faire savoir:—il ne s'emploie guère que dans les proclamations, les publications, les affiches, etc.: on fait à savoir que tels et tels héritages sont à vendre. (Acad.)

3. Savoir à parler, locution barbare; ne dites pas, je ne sais pas à parler de cette affaire; en savez-vous à parler? dites, je n'ai pas entendu parler de cette affaire, je n'ai pas connaissance, je ne suis pas instruit, informé de cette affaire; en avez-vous entendu parler, en avez-vous connaissance, en êtes vous informé, instruit.

4. Sais-tu, savez, savez-vous, sont autant de locutions vicieuses et barbares que l'on n'entend que trop souvent en Belgique: oui, non, sais-tu; tu ne m'oublieras pas, sais-tu; sois bien sage, sais-tu; oui, non, savez-vous; je ne suis pas méchant, savez-vous; il est riche, savez-vous.—Il faut s'attacher à faire disparaître de la conversation cette phrase aussi ridicule que parasite et monotone;—il suffira la plupart du temps de donner une autre inflexion à la voix; d'autres fois on pourra la remplacer par certes, certainement, assurément, sans doute, etc.

5. Il faut en dire autant de vois-tu, voyez-vous, employés à peu près dans le même sens et que certaines personnes répètent à satiété: ce sont là des tics contre lesquels on ne saurait trop se mettre en garde.

6. Savez-vous quoi, est encore une locution mauvaise; ne dites donc pas: savez-vous quoi? eh bien, vous ferez vos excuses et tout s'arrangera pour le mieux; dites, savez-vous ce qu'il faut faire, ce qu'il faut dire, etc.

7. Ne dites pas non plus: savez-vous ce que vous fassiez? faites vos excuses, etc.; dites, savez-vous ce qu'il faut faire, ce que vous avez à faire, ce que vous devez ou devriez faire. (Wall.)

=Sayer=, pour essayer, est un barbarisme; ne dites pas, venez sayer votre robe, mais, venez essayer votre robe.

=Scandale=, s. m., mauvais exemple: prononcez scandale et non scane-dale ni escandale.

=Scariole=, s. f.—On écrit plus souvent escarole, espèce de chicorée qu'on mange en guise de salade. Ne dites pas scarole.

=Sch=, d'origine allemande, et sh anglais, se prononcent comme le ch français: kirsh, schlague, shérif, schlich, les noms propres Schaffhouse, Schelestadt, Ashanti, Cavandisch, Shéridan, Shore, etc.—Goldsmith (écrivain anglais) se prononce Gold'chmite.

=Scarlatine=, s. f., et adj.: la scarlatine n'attaquait guère que les enfants; la fièvre scarlatine.—Écrivez et prononcez scarlatine et non escarlatine.

=Sceau=, s. m., grand cachet: prononcez sô.

=Sceller=, v. a., appliquer le sceau; ce verbe garde les deux ll dans toute sa conjugaison, ainsi que seller (mettre la selle).

=Scène=, s. f., spectacle, querelle; prononcez cène (è long):—ne le confondez pas avec cène (la dernière cène de J.-C.)

=Schah=, titre du souverain de la Perse; le pluriel est comme le singulier: prononcez châ.

=Schako=, s. m.—On écrit aussi shako et l'on prononce chacô.

=Schall=, s. m., vêtement de femme; on écrit aussi shall et le plus souvent châle; prononcez châle.

=Scheik=, s. m., chef de tribu chez les arabes; on écrit ordinairement cheik et on prononce chèk.

=Schelling= ou =Shelling=, s. m., monnaie anglaise d'un franc et vingt centimes: prononcez chelin.

=Schérif=, s. m.; on écrit ordinairement shérif, officier municipal en Angleterre: prononcez chérif.—Ne le confondez pas avec chérif qui se dit d'un prince chez les Arabes et chez les Maures.

=Scholaire=, scholastique, scholiaste, scholie, s'emploient moins souvent que scolaire, scolastique, scoliaste, scolie.

=Schooner=, goëlette;—prononcez chounère.

=Schyte=, s. m., nom d'un ancien peuple; prononcez cite.

=Scie=, sciant, scier, ennuyeux, ennuyer, etc.;—ces expressions sont populaires: quelle scie que cet homme-là; comme il est sciant, comme il scie!

=Sciemment=, adv., le sachant bien;—prononcez ciaman et non cian-man.

=Science=, s. f.; prononcez ci-ance (trois syllabes).

=Scintiller=, scintillant, scintillation;—on prononce les deux ll sans les mouiller.

=Sciure=, s. f.—Pour savoir si l'on doit mettre ce mot au singulier ou au pluriel, il suffit de le remplacer par farine. De même que l'on dirait de la farine de froment, de même aussi l'on doit dire de la sciure et non des sciures de bois; sécher le pavé d'une cuisine avec de la sciure (et non des sciures) de bois.

=Scorbut=, s. m.:—on ne prononce pas le t.

=Scorie=, s. f., substance terreuse ou pierreuse vitrifiée qui nage sur la surface des métaux fondus.—On appelle scories volcaniques certains produits des volcans.—Voyez mâchefer.

=Scorsonère=, s. f., légume, espèce de salsifis; ne dites pas scorsionère ni corsionelle;—remarquez que ce mot est féminin.

=Sculpter=, sculpteur, sculpture:—prononcez sculter, sculteur, sculture.—Sculpterie n'est pas français.

=Se=, pr. pers.—Ne dites pas: quand se vient le soir, quand se vient le jour; dites, quand le soir vient, quand le jour vient.

=Seau=, s. m., vaisseau propre à puiser, à porter de l'eau: prononcez sô et non séau ni siau, séïau, séhau.

=Sec=, fait au féminin sèche, et il n'y a que les gens qui n'ont reçu aucune instruction qui puissent dire: avoir la bouche sec, les mains secs.

=Second=, adj. ord., deuxième.—Prononcez cegon et non sekon;—le c se prononce également g, surtout dans la conversation, dans seconde, seconder, secondement, secondaire, secondairement. (Acad.)

2. On dit Henri second, François second et mieux Henri deux, François deux.

3. Second, deuxième.—On ne peut se servir indifféremment des mots second et deuxième.—Deuxième semble annoncer un troisième; il éveille l'idée d'une série, tandis que second éveille l'idée d'un ordre seulement. On dira d'un ouvrage en deux volumes: voici le second volume, et d'un ouvrage qui aura plus de deux volumes, voici le deuxième volume.—On dit, par la même raison, je demeure au second et non au deuxième, même en parlant d'une maison qui a plus de deux étages, parce qu'on ne veut pas faire l'énumération des étages de la maison; on veut seulement indiquer que l'on demeure au-dessus du premier.

4. Prononcez l'x de deuxième et de deuxièmement comme un z; prononcez en outre deuziè-me, deuziè-mement et non deuzièm-me, deuxièm-mement.

=Secousse=, s. f.: n'écrivez pas sécousse.

=Secret=, s. m., secrétaire, secrétariat, etc.;—prononcez secrè (et non sècrè), secrétaire, etc., et non segrè, segrétaire.

=Secrétaire, Secrétariat, Secrétairerie.=—C'est le second e qui est marqué de l'accent aigu et non le premier; n'écrivez et ne prononcez donc pas: sécretaire, sécretariat, sécretairerie; écrivez de même secrètement et non sécrètement.

=Sécrétion=, s. f., toute matière qui sort du corps;—ne prononcez pas secrétion.

=Sehu= ou seyu ou saou:—ce mot n'est pas français; dites sureau: du thé de fleurs de sureau.

=Seigle= ou =Sègle=, s. m., sorte de blé; prononcez sei-gle et non sei-ke, seiguèle.

=Seigneur=, s. m.—Prononcez sè-gneur et non sé-gnieur ni sègn'nieur.

=Seigneurie=, s. f., droit, terre de seigneur, titre d'honneur: ne dites pas séigneurerie.—Voyez mairie.

=Seize=, adj. num.—Prononcez sei-ze et non sei-ce; prononcez de même onze, douze, treize, quatorze, quinze.

=Sellette.=—Mettre quelqu'un sur la sellette, être sur la sellette; ne dites pas selette.

=Semaille=, s. f., ensemencement des céréales et des autres plantes objet de la grande culture, ne s'emploie guère qu'au pluriel: les semailles sont une opération importante pour un cultivateur.—Il se dit aussi des grains semés ou à semer: semailles de froment; les semailles commencent à lever; les semailles (et non les semés) sont de belle venue.—Il se dit encore de la saison pendant laquelle on ensemence les terres: au temps des semailles, à la fin des semailles.—Semaison est un vieux mot qui signifiait le temps où l'on fait les semailles:—Bescherelle est d'avis qu'il faut rétablir ce mot dans les dictionnaires.

=Semaine=, s. f.—Ne dites pas: j'irai vous voir à la semaine; dites, la semaine prochaine.

2. Ne dites pas non plus, la semaine qui vient, le mois qui vient, l'année qui vient; dites, la semaine prochaine, le mois prochain, l'année prochaine.

3. Les noms des jours de la semaine s'écrivent avec une petite lettre: dimanche, lundi, etc. et non Dimanche, Lundi. (Acad.)

4. Prononcez semène et non sèmène ni semain-ne.

=Sembler=, v. n.—Ne dites pas: vous semblez un gouverneur; dites, vous avez l'air d'un gouverneur.

=Semer=, semeur, semence, semis, semoir:—prononcez se et non sè.

2. =Semer, Ensemencer.=—Semer a rapport au grain:—ensemencer a rapport à la terre; on sème le blé, on ensemence le champ.

=Semestre=, s. m., espace de six mois consécutifs; prononcez semestre et non sémestre ni semesse ni semestère.

=Semi=, mot tiré du latin et qui signifie demi; il ne s'emploie que devant un autre mot auquel on le joint par un trait d'union et il ne prend jamais la marque du pluriel: des semi-tons, des fleurs semi-doubles.—Écrivez et prononcez semi et non sémi ni sèmi.

=Séminariste=, s. m., élève d'un séminaire;—le séminaire est l'établissement ecclésiastique lui-même; ne dites donc pas: j'ai rencontré deux séminaires sur le marché; dites, deux séminaristes.—Prononcez séminaris-te et non séminarisse.

=Semoule=, s. f., pâte de farine très-fine; d'après l'Académie, on doit prononcer semouille.—N'écrivez pas semouille.

=Sempiternel, nelle=, adj., perpétuel; prononcez sainpiternel. (Acad.)

=Sénatus-consulte=, s. masculin, décision du sénat: un sénatus-consulte; le pluriel est sénatus-consultes.—Prononcez sénatuce-consul-te (et non sénatuce-consule.)

=Senor=, s. m., seigneur, monsieur;—senora, madame;—prononcez sègnore, sègnora comme dans seigneur, enseigner.

=Sens=, s. m.—On fait sentir l's finale, lorsque après ce mot on peut faire une pause, et elle devient nulle si la pause est impossible: mettez cette table de ce sens-là (san-là); c'est un sot qui n'a pas le sens (san) commun; à mon sens (sance).

2. Sens dessus dessous, loc. adv., qui se dit en parlant de la situation d'un objet tourné de manière que ce qui devrait être dessus ou en haut se trouve dessous ou en bas: renverser un objet sens dessus dessous.—Il se dit aussi familièrement de ce qui est dans un grand désordre et tout bouleversé: tous mes papiers sont sens dessus dessous; ma bibliothèque est sens dessus dessous.—N'écrivez pas sans dessus dessous.

3. Sens devant derrière, loc. adv., dont on se sert en parlant de la situation d'un objet tourné de telle façon que ce qui devrait être devant se trouve derrière: elle a mis son bonnet sens devant derrière; sa perruque est sens devant derrière.—N'écrivez pas sans devant derrière.

=Sensible=, adj., signifie qui est aisément ou vivement touché, mais non, qui émeut.—Ne dites donc pas: c'est un livre, c'est une pièce très-sensible; dites, c'est un livre très-touchant, une pièce très-touchante.

=Sente=, s. f., sentier.—L'Académie donne ce mot et renvoye au mot sentier; il ne paraît être d'usage que dans les campements.—Pied-sente n'est pas français; dites sentier.

=Senté-je=, expression barbare; dites sens-je et mieux est-ce que je sens, parce que sens-je paraît dur.—Ne dites pas non plus dormé-je, mais est-ce que je dors.

=Sentinelle=, est féminin: la sentinelle, une sentinelle;—quelques poètes ont fait ce mot du masculin: ces nombreux sentinelles (Delille): c'est une licence qu'il ne faut pas imiter.

=Sentir.=—Dites, cette fleur sent bon et non, sent bonne:—ici bon est adverbe.

2. Ne dites pas: ce couteau sent après l'oignon; dites, ce couteau sent l'oignon (Fland.)—Voyez puer.

=Seoir=, v. n., être assis.—Il n'est plus guère en usage qu'au participe présent séant et au participe passé sis, sise qui signifie situé, située: tribunal séant à Liége; maison sise dans la rue Hors-Château.—Cependant, on dit encore, en poésie et dans le langage familier, sieds-toi pour assieds-toi.

2. Seoir, v. n. être convenable à la personne, à la condition, au lieu, au temps, etc.—Il n'est plus d'usage à l'infinitif et n'a d'usitées que les formes suivantes: indic. prés., il sied, ils siéent,—imp., il seyait, ils seyaient;—futur, il siéra, ils siéront;—condit. prés., il siérait, ils siéraient;—part, prés., seyant: il n'a point de temps composés.—On l'emploie souvent comme impersonnel: il vous sied bien (il vous appartient bien) de vouloir réformer les autres.

=Sept=, adj. num.—On ne prononce pas le p dans sept ni dans ses composés septième et septièmement; mais on le prononce dans tous les autres: septante, septembre, septenaire, septennal, septennalité, septentrion, septentrional, septidi, septuagénaire, septuagésime, septuple, septupler, etc.—Quant au t de sept, il ne se prononce que lorsque ce mot est pris à part: le nombre sept, ils étaient sept, ou lorsqu'il est suivi d'une voyelle on d'une h muette: sept amis, sept hommes.—Il faut ajouter à cette observation de l'Académie, que le t se prononce dans tous les cas lorsque le mot sept est employé substantivement: le sept d'avril, le sept de trèfle; sept multiplié par trois; un sept de chiffre ou simplement un sept, le sept du mois.

=Septante=, adj. num., soixante-dix.—Il n'est plus guère usité qu'en Belgique et dans le midi de la France ainsi que dans le style de mathématiques; on le remplace partout ailleurs par le mot soixante-dix. Il en est de même de nonante; quant à octante il n'est plus du tout en usage.—Prononcez le p, sep'tante.

=Septennal, ale=, adj., qui arrive ou qui est renouvelé tous les sept ans: fête septennale. On prononce le p et les deux nn: sep'ten'nale.

=Septier=, s. m., mesure de grains, de liquides; on écrit plus souvent setier.—Prononcer cetié et non cètié ni cetchié.—Voyez ti et di.

=Séquestrer, Séquestration=: prononcez sékestrer, sékestration.

=Sera.=—Ne dites pas: sera lui qui aura la place, sera vous qui partirez; dites, ce sera lui, ce sera vous qui... ou bien, s'il s'agit d'une interrogation: sera-ce lui..., sera-ce vous...?

=Sérail=, s. m.; le pluriel est sérails.

=Serein, eine=, adj., qui est clair, doux, calme;—serin (et non serein), s. m., sorte d'oiseau chanteur.—Prononcez se et non sè.

=Sérénade, Aubade=, s. f.—Ils désignent l'un et l'autre un concert de voix ou d'instruments donné dans la rue ou sous les fenêtres de quelqu'un; la sérénade se donne le soir et l'aubade le matin.—Prononcez sérénade, aubade et non sérénate, aubate ni sèrènade; ne dites pas non plus ombade.

=Serf=, adj. s., espèce d'esclave: prononcez serfe;—le féminin est serve (ne prononcez pas serfe).—V. cerf.

=Sérincheur.=—Ne dites pas d'un mauvais musicien, c'est un sérincheur; dites, c'est un râcleur, un croque-note.—(Les ouvriers qu'on désigne sous le nom de sérincheurs, s'appellent cardeurs en français).

=Serre.=—N'employez pas ce mot dans le sens de serrure ou de batterie de fusil, de pistolet.

=Serrer, Enserrer.=—Serrer signifie étreindre, presser ou bien mettre quelque chose dans un lieu où il ne soit exposé ni à être volé ni à s'égarer ni à être gâté.—Enserrer signifie mettre dans une serre: enserrer des orangers.

2. Serrer, ne peut pas s'employer pour fermer; ne dites donc pas, serrez la porte, la fenêtre, le livre, etc.; dites, fermez la porte, etc.

3. Serre-papier, s. m., arrière-cabinet;—tablettes à compartiment où l'on serre des papiers;—petit meuble pesant de marbre, de granit, etc., qu'on met sur des papiers pour les tenir:—presse-papiers n'est pas français.—Le pluriel s'écrit comme le singulier.

=Serrure=, s. f.—Ne dites pas, laissez la porte sur la serrure, pour signifier ne pas la fermer entièrement; dites, laissez la porte entr'ouverte, ou laissez la porte tout contre.—Prononcez cèrure.

=Serveur de messe=, servant de messe: ces mots ne sont pas français; dites enfant de chœur.—V. acolyte.

=Service.=—Ne dites pas, qu'y a-t-il de votre service? dites, qu'y a-t-il pour votre service ou à votre service?

2. Ne dites pas, ce domestique n'est pas au service pour le moment; dites, n'est pas en service.—Mais lorsque service est suivi d'un complément, l'article est de rigueur: être au service de quelqu'un; il a été longtemps au service d'un tel.

3. Service, employé d'une manière absolue, signifie le service militaire: il a vieilli au service.

=Servir.=—Servir à rien, servir de rien.—Ce qui ne sert à rien aujourd'hui, peut servir demain à quelque chose: il a des talents qui ne lui servent à rien.—Ce qui ne sert de rien ne peut jamais être d'aucune utilité: les murmures contre les décrets de la Providence ne servent de rien; vous êtes aveugle, des lunettes ne vous servent de rien.

2. On dit servir la messe, répondre la messe et non à la messe.

=Serviteur=, s. m.—Le féminin correspondant est servante.

=Seul, eule=, adj.—Un seul homme est un homme unique; un homme seul est un homme isolé, retiré.

=Seulement=, adv.—Ne dites pas: dites-le seulement, faites-le seulement, venez seulement, courez seulement, parlez seulement, etc.—Ce seulement est un flandricisme qui, ordinairement, n'ajoute rien au sens et qu'il faut faire disparaître entièrement en français, ou bien remplacer, selon le sens, par çà, donc, un peu, je vous prie, etc.:—dites-le, faites-le, venez, etc.,—dites-le donc, faites-le donc, venez-donc;—çà! dites-le, çà! faites-le, çà! venez;—dites-le, je vous prie, faites-le, je vous prie, venez, je vous prie.—Voyez fois.

2. Ne dites pas, je n'ai seulement qu'à paraître, et il se taira (pléon. vic.); dites, je n'ai qu'à paraître...

=Sexe=, s. m.: le sexe masculin, féminin:—prononcez cekce et non cèke.

=Sexte=, s. f., une des petites heures de l'office;—s. m., le sixième livre des Décrétales.—Prononcez ceks'te et non cêke ni cekce.

=Si=, conj., ne s'élide que devant il, ils:—s'il, s'ils.

2. Si ne doit jamais être suivi du conditionnel; ne dites donc pas: si j'aurais le temps, j'irais le voir; si je l'aurais su, je n'y serais pas allé; dites, si j'avais le temps, si je l'avais su...

3. C'est également une faute d'employer le conditionnel au lieu du subjonctif; ainsi vous ne direz pas: je voudrais que cela serait; j'ai craint qu'il ne viendrait pas; dites, je voudrais que cela fût, j'ai craint qu'il ne vint pas.

4. Ne dites pas: si j'étais vous ou si j'étais comme vous, je ferais telle chose; dites, si j'étais à votre place ou si j'étais que de vous, si j'étais de vous, je ferais telle chose.

5. Si peut s'employer familièrement comme particule affirmative: vous dites que non et je dis que si; vous n'avez pas été là? si.—On dit également si fait: je crois qu'il n'a pas été là; si fait, il y a été.

6. Ne dites pas, si longtemps que j'aurai une goutte de sang dans les veines, je me défendrai; dites, tant que j'aurai... (Wall.)

7. Ne dites pas, si vite qu'il est levé, il étudie; dites, dès que, aussitôt qu'il est levé... (Wall.)

8. Si peut s'employer au lieu de tant devant un participe passé, et au lieu de tellement devant une locution adverbiale; on peut dire: si aimé, si à l'aise, si à propos, si en colère, etc.—Il serait trop rigoureux de condamner ces sortes d'expressions, dit Boniface.

=Sibylle=, s. f., prophétesse dans l'antiquité; les ll ne se mouillent pas, cibile.—Sibyllin, adj., de sibylle, vers sibyllins: prononcez les deux ll, cibil'lin.—Une sébille, s. f., est un vase de bois, rond et creux: jetons un sou dans la sébille de ce pauvre aveugle.

=Sieste=, s. f., =Méridienne=, s. f.—Sieste, temps qu'on donne au sommeil pendant la chaleur du jour;—méridienne, temps que l'on donne au sommeil après le dîner.

=Sieur=, s. m., abréviation de monsieur: prononcez cieure en une syllabe.

=Signal=, signifier, signification: prononcez si-gnal, si-gnifier, si-gnification et non sign'-nal, sign'-nification, sign'-nifier.—Voyez gne.

=Signet=, s. m., ruban pour marquer dans un livre: autrefois on supprimait le g dans l'écriture et dans la prononciation; mais aujourd'hui on écrit et on prononce signet.

=Simple=, nom générique et vulgaire des herbes et des plantes médicinales; ce substantif est masculin: la mélisse est un simple d'une grande vertu.

=Sinapisme=, s. m., cataplasme à la moutarde; prononcez sinapis-me et non sinapisse ni sinapim-se.

=Singulier=, s. m.:—prononcez singulié; mais faites sonner l'r finale de singulier, adjectif, lorsqu'il fait corps avec le mot qui le suit: quel singulier (lière) homme! le singulier (lière) animal!

=Sinon=, conj., autrement, sans quoi, ne doit jamais être précédé de ou: obéissez, sinon vous serez puni, et non, ou sinon...

=Sirop=, s. masculin: du sirop de pomme;—prononcez cirô (ô long) et non cirot (o bref) ni sirope.—On écrit plus rarement syrop.

=Sis, sise=, part. passé du verbe seoir; il ne s'emploie plus que comme adjectif et en style de pratique (avoués, notaires, huissiers), dans le sens de situé, située: une maison sise rue des Mineurs. Voyez seoir.

=Sitôt=, adv.—Ne dites pas, sitôt l'arrivée de la diligence, je partirai; dites, aussitôt après l'arrivée, aussitôt la diligence arrivée; dès que la diligence sera arrivée, etc.

=Six=, adj. num.—Devant une consonne, l'x ne se prononce pas: six personnes;—elle sonne comme z devant une voyelle ou une h muette: six amis, six hommes;—à la fin d'une phrase, après son substantif, ou bien lorsqu'on l'emploie substantivement, on prononce six en faisant sonner l'x comme une s: de douze qu'ils étaient il n'en est resté que six; le chapitre six traite de...; le six du mois.—Elle se prononce aussi, dans le corps de la phrase, lorsqu'il est suivi d'un repos: ils étaient six, tous de bonne humeur. (Acad.)

=Sixain=, s. m., petite pièce de poésie composée de six vers; prononcez cizin.

=Sixième, sixièmement.=—L'x se prononce comme z; prononcez sizième, sizièm'ment et non siziain-me, siziain-m'ment.

=Skaufelin=, est un mot flamand; dites des copeaux.

=Sloop=, s. m., petit navire à un seul mât; on prononce et quelques-uns écrivent sloupe. (Acad.)

=Soc, Socle, Socque=, s. m.—Le soc est un couteau de fer attaché à la charrue, qui fend la terre et forme le sillon;—un socle est la base carrée d'une colonne, etc., le piédestal d'une statue, d'un vase;—un socque est une chaussure grossière qui en enveloppe une autre et la préserve de la boue, de l'humidité.

=Société=, s. f.—Aller en société, est une mauvaise locution; il est mieux de dire, aller dans le monde, dans le grand monde, fréquenter le monde.

2. Ne dites pas, je n'ai pu lui parler, il était en société; dites, il était en compagnie.—Prononcez société et non socièté.

=Sœurs=, consanguines, germaines, utérines: voyez germain.

=Sofa=, s. m.: on écrit aussi sopha.

=Soi-disant.=—Terme de pratique; il se dit aussi par raillerie ou par mépris, dans le langage ordinaire et s'écrit au pluriel comme au singulier: un tel soi-disant docteur; de soi-disant docteurs.

=Soie=, s. f., étoffe; prononcez soi et non soi-ïe.

2. Soie, s. f., se dit, surtout au pluriel, du poil long et rude de certains animaux: des soies de cochon. Il se dit aussi du poil long et doux d'un barbet, d'un épagneul, d'un bichon: cet épagneul a de belles soies.—Ce mot est féminin.

=Soierie=, s. f., toute marchandise de soie: prononcez soirie et non soi-ïeri-ïe.

=Soif=, s. f.—Voyez faim et si.

=Soigner=, v. a.—Ne dites pas: je soignerai pour votre affaire; dites, je soignerai votre affaire, j'aurai soin de votre affaire, je m'occuperai de votre affaire.

2. Ne dites pas, vous soignerez que tout soit prêt; dites, vous aurez soin que tout soit prêt.

=Soin=, s. m.: prononcez soin et non soan.

=Soir=, s. m.—Dites un matin, un soir au lieu de dire un jour au matin, un jour au soir.

2. Ne dites pas, un jour sur le soir, un jour au soir, dites un soir:—un soir il aperçut la lune au fond d'un puits.

3. On dit: demain au soir (Acad. au mot demain) et demain soir (Acad. au mot soir);—on dit hier au soir, mais on ne dit pas bien hier soir.—Voyez matin.

=Soit=, adv., à la bonne heure: soit, j'y consens;—prononcez soite.

=Soixantaine=, soixante, soixanter, soixantième: dans ces quatre mots, x se prononce comme deux ss.

=Solde=, est féminin, lorsqu'il signifie la paye des militaires: faire une retenue sur la solde des troupes.—Il est masculin, lorsqu'il signifie la différence entre le doit et l'avoir d'un compte ou le payement qui se fait pour demeurer quitte de compte: le solde est de 300 francs au doit; le solde de votre compte se monte à 500 francs.—Prononcez sol-de et non sol-te ni solle.

=Solécisme=, s. m., faute contre la syntaxe: c'est moi qui a fait cela, est un solécisme;—prononcez solécis-me et non solécisse, ni solécim'se. Voyez barbarisme.

=Soleil=, s. m.—Ne dites pas, il fait soleil, mais il fait du soleil comme on dit il fait du vent.

2. Dites, se reposer au soleil et non, dans le soleil.—Prononcez soleille (ll mouill.) et non solèle.

=Solennel, elle=, adj.—On prononce solanel et non solan-nel et on fait l'a bref; il en est de même de ses dérivés solennellement, solennisation, solenniser, solennité.—Plusieurs, dit l'Académie, écrivent solemnel, solemnellement, solemnité, etc., cette dernière orthographe n'est plus guère usitée de nos jours.

=Solive=, s. f., en wallon, terrâsse, pièce de charpente qui sert à former et à soutenir le plancher d'une chambre, d'une salle, etc., et qui porte sur les murs ou sur les poutres: solive de brin, solive de sciage.

=Solliciter=, sollicitation, solliciteur, sollicitude: dans tous ces mots, on prononce les deux ll.

2. Devant un infinitif, on dit solliciter à, quand l'action exprimée par le second verbe n'a point pour but le sujet: je l'ai sollicité à faire cette démarche.—On dit solliciter de quand l'action se termine au sujet: je l'ai sollicité de venir me voir: cette distinction nous paraît un peu subtile.—Devant les substantifs et les pronoms, on dit toujours solliciter à: solliciter à la révolte; qui est-ce qui vous a sollicité à cela?

=Solo=, s. m.—L'Académie écrit des solo sans s: mais puisqu'elle met une s au pluriel de duo (de beaux duos), il est évident qu'il faut écrire des solos avec une s.

=Somme, Sommeil=:—ils ne se disent que de l'homme;—on dit, faire un somme, mais on ne dit pas, faire un sommeil.

=Sommité=, s. f., sommet; on prononce les deux mm.

=Somnambule=, adj., somnambulisme, s. m.;—somnifère, adj.;—somnolence, subst.;—somnolent, ente, adj.:—dans tous ces mots, on prononce l'm.

=Somptuaire=, adj.;—somptueusement, adv.;—somptueux, euse, adj.;—somptuosité, subst.:—dans la prononciation de ces mots, on fait sentir le p.

=Son, Sa, Ses=, adj. poss.—Mon, ton, son, suivis d'un mot commençant par une voyelle ou une h muette, ont un son nasal très-prononcé: mon ami, ton habit, son argent, prononcez mon-n'ami, ton-n'habit, son-n'argent et non mo-n'ami, to-n'habit, so-n'argent.

2. Ne dites pas: mon frère parle si bien son français, son allemand; dites, parle si bien le français, l'allemand.

3. Ne dites pas: celui qui a recueilli ces omnibus, voudrait qu'on touchât son français; dites, ... voudrait qu'on parlât bien le français.

4. Son, sa, ses, remplacés par le pronom en: voyez en.

=Sonate=, s. f., pièce de musique instrumentale; ne dites pas sonade.

=Songer=, v. n.—Ne dites pas: j'ai songé de lui mille choses désagréables; dites, j'ai pensé de lui mille choses désagréables.

2. Ne dites pas: j'ai songé de vos commissions ou songé de faire la commission; dites, j'ai songé à vos commissions, à faire votre commission:—songer quelque chose ou de quelque chose, c'est rêver quelque chose ou de quelque chose.

=Sonnant=, part. prés., du verbe sonner.—Il est adjectif verbal, lorsqu'il se dit d'un objet qui rend un son clair et distinct: de l'étain sonnant, airain sonnant.—Il est aussi adjectif dans les locutions horloge, montre sonnante, espèces sonnantes (monnaies d'or ou d'argent); à l'heure sonnante; arriver à sept heures sonnantes; à midi sonnant, etc.:—et dans cette phrase du langage théologique, propositions mal sonnantes, qu'on écrit aussi, propositions malsonnantes, en un seul mot.

=Sonner=, v. n. et v. a.—Quand il a pour sujet un mot qui désigne l'heure, il prend l'auxiliaire être: on dit minuit est sonné, midi est sonné, huit heures sont sonnées, et non minuit a sonné, midi a sonné, huit heures ont sonné.—On dit aussi, la messe est sonnée, les vêpres sont sonnées.

2. Ne dites pas, on sonne à messe, à vêpres; dites, on sonne la messe, les vêpres.

3. Ne dites pas, sonner à mort, mais sonner pour un mort;—ni sonner une transe, une agonie, mais sonner le glas, un glas.—Voyez transe.

4. On dit sonner du cor, de la trompette et jouer du cor, de la trompette.—Voyez jouer.

=Sont.=—Ne dites pas, cinq et cinq sont dix; dites, ... font dix.

=Sor, Soret=, adj. m.: voyez saure.

=Sôrot= ou =Saurot=: cette orthographe est vicieuse; dites, sarrot et mieux sarreau.

=Sorte=, s. f.—Il est tout aussi incorrect de dire: j'ai fait toute sorte que de dire j'ai fait toute espèce; le sens n'est complet qu'en ajoutant un des substantifs, chose, marchandise, étoffe, etc.; il faut donc dire: j'ai fait toutes sortes de choses.

2. Ne dites pas: il a fait si bien en sorte qu'il a réussi; dites, il a si bien fait qu'il a réussi.

3. Toute sorte et toute espèce, se mettent indifféremment au singulier et au pluriel, excepté lorsque le substantif qui suit ne s'emploie pas au singulier: nourrir toutes sortes de bêtes; souhaiter toutes sortes de prospérités, toute sorte de bonheur à quelqu'un; toute sorte de livres ne sont pas également bons; lire toute sorte d'écriture; il ne faut pas se fier à toutes sortes de gens, à toutes sortes de personnes; des marchandises de toute espèce.—L'accord du verbe ou de l'adjectif se fait, non pas avec sorte, espèce, mais avec le substantif qui suit: toute sorte de personnes sont (et non pas est) venues; une sorte de fruit qui est mûr (et non mûre) en hiver.

=Sortir=, v. n., demande avoir ou être, selon que le sens permet de répondre à l'une ou à l'autre de ces questions: qu'a-t-il fait, ou bien, où est-il, qu'est-il devenu?—il a sorti (qu'a-t-il fait?) mais il vient de rentrer; il est sorti (où est-il? qu'est-il devenu?) mais il va rentrer.

2. Ne dites pas, il est sorti hors de la chambre, hors de la ville; dites, il est sorti de la chambre, de la ville.

3. Ne dites pas, sortez dehors ou hors d'ici; dites simplement sortez d'ici.

4. On dit très-bien, sortir d'entendre la messe, sortir de dîner, etc., dans le sens de sortir du lieu où l'on a entendu la messe, où l'on a fait le dîner. (Acad.) Mais on ne peut pas dire: je sors de faire telle chose, je sors d'être malade; il faut dire, je viens de faire telle chose, je viens d'être malade.

5. Ne prononcez pas, je sors z'avec vous; prononcez, je sor avec vous.

6. Ne dites pas, sortez votre casquette et dites bonsoir; dites, ôtez votre casquette...

7. Ne dites pas, connaissez-vous le nouveau règlement qui vient de sortir? dites, qui vient de paraître.

8. Sortir s'emploie aussi comme verbe actif dans quelques phrases du style familier où il signifie, faire sortir, tirer:—il est temps de sortir les orangers de la serre; sortez ce cheval de l'écurie; sortez la voiture de la remise; on l'a sorti d'une affaire fâcheuse. (Acad.)

9. Sortir, v. a. et déf., usité en terme de jurisprudence; il signifie, obtenir, avoir:—cette sentence sortira son plein et entier effet dans quinze jours.—Dans ce sens, sortir se conjugue comme finir, mais il n'est usité qu'à la 3e personne: il sortit, ils sortissent; il sortissait, ils sortissaient; subj. prés., qu'il sortisse, qu'ils sortissent; part. prés., sortissant.

=Sot, Sotte=, adj.—On ne prononce le t de sot que lorsqu'il est suivi d'un mot commençant par une voyelle ou une h muette: un sot enfant (so-t'enfant), un sot (so) personnage; c'est un sot (so).

2. Dites d'un homme qui est tombé en démence, qu'il est devenu fou et non, qu'il est devenu sot.

=Sottise=, s. f., signifie aussi injure: il m'a dit des ou cent sottises (injures). Cette expression pourtant paraît être de mauvais ton.

=Soucier= (=se=), signifie s'inquiéter, s'intéresser, faire cas, etc.: de quoi vous souciez-vous?—Ainsi lorsqu'on veut exprimer une idée d'indifférence, d'insouciance, de mépris, il faut accompagner le verbe se soucier de la négation: je ne me soucie pas (et non je me soucie) de cet homme-là; je ne me soucie pas (et non je me soucie) qu'il vienne; je ne me soucie pas (et non je me soucie) de ce que l'on dit de moi; faites tout ce qu'il vous plaira, je ne m'en soucie guère (et non je m'en soucie).—On peut cependant dire ironiquement: je me soucie bien de cet homme-là; qu'ai-je besoin de lui?

=Soucoupe=, s. f., espèce de petite assiette de porcelaine, de faïence, etc., qui se place sous une tasse ou sous un gobelet de même matière, propre à prendre du café, du chocolat, etc.: verser son café dans la soucoupe; la tasse et la soucoupe sont d'ancienne porcelaine.—Soutasse n'est pas français.

=Souffler, Siffler.=—Il existe entre ces deux verbes la même différence qu'entre les substantifs souffle et sifflet: le vent lui soufflait au nez; ce soufflet est troué, il ne souffle plus; siffler pour faire boire un cheval; le vent siffle dans la serrure; il entendait les balles qui lui sifflaient à l'oreille; cet acteur à été sifflé.

=Souguenille=, s. f., long surtout de grosse toile: écrivez et prononcez souquenille.

=Souhaiter=, v. a.—Devant un infinitif, il est suivi ou non de la préposition de: souhaiter d'avoir un emploi; je souhaiterais pouvoir vous obliger.

=Soûl=, adj., au fém. soûle.—On écrit plus rarement saoul, saoule; on prononce soû, soûle, en ne faisant sentir l'l qu'au féminin.

2. Dans le sens de ivre, il est bas et de mauvais goût. Voyez saoul.

=Soûlée=, employé substantivement dans le sens d'ivrogne, n'est pas français; mon voisin est un ivrogne et non une soûlée.—On dit cependant, mais populairement, soûlard, arde, et soûlaud, aude. Voyez saoul.

=Soûler=, rassasier avec excès, enivrer; on écrit plus rarement saouler.—Ce terme est bas.

=Soulier=, s. m., chaussure; l'l ne se mouille pas: sou-lié et non souil-lié ni souyié.

=Soupe=, s. f.—Ne dites pas: je vous invite à la soupe, à manger la soupe; dites je vous invite à dîner. (Popul.)

=Souper=, s. m.: on écrit aussi soupé.

2. Après-soupé, s. féminin; on dit mieux après-soupée.

=Soupied=, s. m.—On écrit plus ordinairement sous-pied: au pluriel, des soupieds et des sous-pieds. (Acad.)

=Soupoudrer=, v. a.—Écrivez et prononcez saupoudrer, poudrer de sel, de poivre, de farine, de sucre, etc.

=Sourcil=, s. m., ligne de poils au-dessus de l'œil; prononcez sourci.

=Sourciller=, v. n., =Sourcilleux=, adj.: mouillez les ll.

=Sourd-muet, sourd et muet.=—Le sourd et muet a deux infirmités distinctes et indépendantes l'une de l'autre;—le sourd-muet n'est muet que parce qu'il n'entend pas, et il recouvrerait la parole, si l'on pouvait lui rendre l'ouïe.—Cette distinction est fondée; mais, dans la pratique, on n'en tient presque pas compte, attendu que le résultat est le même.—Prononcez mu-et et non mu-wet.

=Sourdité=, n'est pas français; dites surdité.

=Sous= votre respect, locution vicieuse: dites sauf votre respect.—Voyez respect.

=Souscription, Suscription.=—La souscription, c'est la signature que l'on met au-dessous d'un acte pour l'approuver; c'est un engagement de fournir une certaine somme pour une entreprise; c'est aussi une reconnaissance donnée à un souscripteur.—La suscription n'est autre chose que l'adresse qui est écrite au dos d'une lettre.

=Sous-curé=, s. m:—C'est l'onder-pastoor des flamands; mais en français on doit dire vicaire: j'ai rencontré le curé et le vicaire de la paroisse.

=Sous-diviser, sous-division=: on dit plus ordinairement subdiviser, subdivision.

=Sous-louer=, v. a., donner ou prendre à loyer une partie d'une maison, d'une terre, etc., déjà louée par un locataire principal: j'ai sous-loué ma maison.—Ne dites pas sur-louer.

=Sous-main.=—Ne dites pas, on a intrigué en sous main, ni en dessous main; dites, on a intrigué sous main.

=Sous-pied=: voyez soupied.

=Soutasse=, n'est pas français; dites soucoupe.

=Soutenement=, s. m., t. de maçonnerie, appui, soutien.—Quelques-uns, dit l'Académie, écrivent soutènement; nous pensons que cette dernière orthographe est préférable, puisque l'Académie écrit entretènement avec un è, et ténement avec un é. V. ège.

=Souvenir=, v. et s. m.: prononcez souvenir et non soufenir ni soumenir.

=Souvent=, adv.—Ne dites pas: je l'ai fait, je l'ai dit plus souvent, pour dire simplement que vous l'avez fait souvent, assez souvent: dans ce cas il n'y a pas de comparaison; dites donc je l'ai fait, je l'ai dit assez souvent. (Fland.)

=Soye.=—Ne dites pas, il faut que cela soye; dites, il faut que cela soit.

=Spécimen=, s. m., modèle, échantillon: prononcez spécimène au singulier et au pluriel.

=Spégulaire=, pour signifier la résine dont les musiciens se servent pour frotter l'archet; ce mot n'est pas français; il faut dire colophane, et ce mot est féminin: de la colophane.

=Sphynx=, s. m., monstre fabuleux, insecte: prononcez sfainkce.

=Spiral=, adj. ou s.—On dit le ressort spiral ou simplement, le spiral d'une montre; mais on ne peut pas dire l'aspiral ni la spirale d'une montre.

=Spiritueux=, adj.—Ne dites pas, une liqueur spirituelle; mais une liqueur spiritueuse.

=Spleen=, s. m.; dégoût de la vie: avoir le spleen; être dévoré du spleen; il n'a pas de pluriel;—prononcez spline et non spléne ni splène.

=Squelette=: s.—Ce mot est masculin: un squelette d'homme;—écrivez et prononcez squelette et non squèlette, squélette ni esquelette.

=Ss.=—Les deux ss se font entendre dans assentiment, dissension, disséminer, essence, essentiel, transsuder, transsudation.—Il en est de même de sc dans adolescence, ascension, condescendre, effervescence, efflorescence, résipiscence.

=St, St=, terme invariable, signe qu'on emploie dans l'écriture, pour exprimer un son que forme quelquefois la voix, lorsqu'on appelle quelqu'un: st, st, venez ici tout de suite.—Il se prononce sit, sit, et on ne fait sentir l'i que très-faiblement (Acad.)

2. St (terminaisons en): voyez t.

=Stagnant, ante=, qui ne coule point: eau stagnante.—Stagnation, s. f., état de ce qui ne coule point et au figuré, stagnation des affaires, affaires de commerce qui languissent, qui sont suspendues.—Dans ces deux mots, gn se prononce dur.

=Staminet=, s. m., cabaret; écrivez et prononcez estaminet: les estaminets de Bruxelles sont élégants.

=Stathouder=, s. m., chef de l'ancienne république de Hollande; prononcez stade-houdère ou stade-oudère.

=Statue=, s. f.: écrivez et prononcez statu et non estatue. Voyez ée, ie, oue, ue.

=Steam-boat=, s. m., bateau à vapeur: prononcez stime-bote.

=Steamer=, s. m., bateau à vapeur: prononcez stimère ou stémère.

=Steeple-chase=, s. f., mot anglais, course à cheval faite à travers des obstacles: prononcez stipel-tchèsse.

=Stentor=, s. m., nom d'un guerrier grec au siége de Troie, et dont la voix, dit-on, faisait seule plus d'effet que celle de cinquante hommes: il a une voix de stentor; ne dites pas une voix de centaure. L'Académie écrit stentor avec une petite s.

=Sterling=, s. m., monnaie d'Angleterre; il ne se dit point seul et il est invariable: cinquante livres sterling;—la livre sterling vaut vingt-cinq francs;—prononcez sterlain.

=Stigmate=, s. masculin, marque que laisse une plaie, cicatrice: il porte les stigmates de la petite vérole.—Stigmatiser, v. a., marquer avec un fer rouge, etc.: le g se prononce dur dans ces mots.—On écrit aussi, mais rarement, stygmate, stygmatiser.

=Stockfisch=, s. masculin, sorte de morue salée et séchée à l'air; on prononce et l'on écrit aussi stokfiche.

=Store=, s. m., sorte de rideau qui se lève et se baisse; ce mot est masculin: des stores élégants.

=Stras=, s. m., composition qui imite le diamant; prononcez strâce: on n'écrit pas strasse.

=Strict, icte=, adj., étroit, resserré, sévère: on prononce le c et le t final: strik'te. Voyez finales, q et t.

=Subitement=, adv.—Dites, cet homme est mort subitement et non, est mort subite.

=Subjonctif=, s. m., mode verbal.—C'est une faute d'employer le présent pour l'imparfait du subjonctif: il faudrait que je retourne à pied; dites, il faudrait que je retournasse à pied.—Sans doute, beaucoup de personnes se servent de cette tournure pour éviter les formes disgracieuses de certains imparfaits du subjonctifs, terminés en asse, insse, etc.—Quoi qu'il en soit de cette raison d'euphonie, elle ne nous paraît pas suffisante pour se dispenser des règles touchant la concordance des temps du subjonctif avec ceux de l'indicatif; au surplus, dans les cas où l'oreille serait affectée d'une manière désagréable, nous conseillons de faire disparaître le subjonctif en recourant à un autre tour de phrase; ainsi au lieu de dire, il faudrait que je retournasse à pied, dites simplement, il me faudrait retourner à pied.—Voyez conditionnel et imparfait.

=Subsister=, subsistance, subside, subséquent: prononcez subcister, subcistance, subcide, subcéquent et non subzister, subzistance, subzide, subzéquent.

=Substance=, substantiel, substituer, etc.; faites sentir l's qui suit le b: subs'tance et non subtance.

=Substanter=, v. a., entretenir la vie au moyen des aliments: ce mot n'est pas français; dites sustenter: il n'a pas de quoi se sustenter.

=Subtiliser=, v. a., tromper, attraper: ce mot est français: c'est un voleur qui en subtilise un autre.

=Subvenir=, v. n., secourir, soulager: dans ses temps composés il prend toujours l'auxiliaire avoir: on a subvenu à ses besoins.

=Sucandi=, n'est pas français; dites, sucre candi.

=Succade=, n'est pas français; dites, sucrerie: cet enfant est malade parce qu'il mange trop de sucrerie, et non, trop de succades.

=Succession=, s. f.—Prononcez suk-cession et non su-cession.

=Succès=, s. m., réussite, avantage, prononcez sukcè (è long).

=Succinct, incte=, adj., =succinctement=, adv.—On fait sentir les deux premiers c, en séparant les syllabes suc-cinct, mais le dernier c est nul;—le t de succinct se prononce.

=Succomber=, v. n.—Il prend toujours avoir dans ses temps composés: il a succombé glorieusement.

2. On dit succomber sous, lorsque le complément est représenté comme un poids qui nous accable, qui nous fait ployer: succomber sous le poids, sous le faix, sous le travail. (Acad.)

3. On dit succomber à, pour signifier, céder à, se laisser aller à: succomber à la douleur, à la tentation. (Idem.)

=Sucre=, s. m., suc très-doux qu'on tire de la canne à sucre, de la betterave: prononcez sucre et non suc ni sukère.

2. Ne dites pas du sucre andi pour signifier du sucre dépuré, cristallisé; dites, du sucre candi.

=Sucrer=, v. a.—On sucre l'eau, le lait, le café, les fraises, mais on ne se sucre pas soi-même; vous ne direz donc pas à vos convives: sucrez-vous, êtes-vous sucré, mais, sucrez votre café, votre thé, etc.; votre café, votre thé est-il sucré, avez-vous pris du sucre, etc.

=Suer=, v. n.—Ne dites pas, faites suer le linge au soleil; dites faites sécher...—Prononcez suer et non su-wer.

=Sueur=, s. f., liquide qui sort des pores: prononcez sueur (ueu diphth.) et non, su-eur ni su-weur.

=Suffisant, ante=, part. et adj. verb.—Assez suffisant est un pléonasme vicieux; dites donc, vos raisons sont suffisantes, et non assez suffisantes.—Prononcez suffizant et non suffissant.

=Suggérer=, v. a., insinuer, inspirer: prononcez sugh'gérer (le premier g est dur).

=Suggestion=, s. f., instigation: prononcez sugh'jesthion (le premier g est dur et ti se prononce comme dans question); ne prononcez pas suggécion.

=Suicider= (=se=), v. pr., se tuer, se donner la mort.—L'Académie n'a pas admis ce mot, attendu qu'il présente étymologiquement, un pléonasme ridicule; mais l'usage n'a pas tenu compte de l'arrêt de la cour suprême ni des prescriptions du bon sens; et cette expression est aujourd'hui généralement reçue malgré les lamentations de quelques grammairiens boudeurs.

=Suicidé=, qui s'est donné la mort.—Ce mot n'est pas français; il faut dire suicide: autrefois le corps des suicides était traîné sur la claie.—Prononcez suicide, suicider (ui diphth.) et non su-wicide, su-wicider.—Voyez ue.

=Suie=, s. f., =Suif=, s. m.—La suie est une matière noire qui s'attache à l'intérieur de la cheminée.—Le suif est la graisse de mouton ou de bœuf dont on se sert pour faire la chandelle: chandelle de suif; de la suie de cheminée et non du suif ni du soufre de cheminée.—Prononcez sui, suif (ui diphth.) et non soui, souif.

=Suite=, s. f.—De suite, tout de suite.—De suite, loc. adv., l'un après l'autre, sans interruption: faites-les marcher de suite; j'ai reçu vingt visites de suite; il ne saurait dire deux mots de suite. Il se dit encore de l'ordre dans lequel les choses doivent être rangées: ces livres, ces médailles ne sont pas de suite; mettez-les, rangez-les bien de suite.—Tout de suite, autre loc. adv., signifiant sur-le-champ, aussitôt, sans délai: il faut que les enfants obéissent tout de suite; il faut aller chercher tout de suite le médecin.—La différence entre le sens de ces deux locutions n'est pas tellement marquée qu'on ne puisse, dans beaucoup de circonstances, les prendre l'une pour l'autre. En effet, combien de phrases où sans délai et sans interruption présentent absolument le même résultat! C'est ce que reconnaît très-bien l'Académie:—tout de suite, dit-elle, signifie aussi sans interruption: il but trois rasades tout de suite; il a couru vingt postes tout de suite. Dans ce sens, ajoute-t-elle, souvent on dit simplement de suite.—Quoi qu'il en soit, il vaut mieux ne pas confondre ces deux locutions et leur conserver leur signification propre; la clarté du langage n'a qu'à y gagner.

2. Ne dites pas, toute de suite pour tout de suite.

3. De suite que.—Ne dites pas, je vous préviendrai de suite qu'il sera venu; dites, dès qu'il sera venu, aussitôt qu'il sera venu.

=Suivre=, v. a., fait au part. passé, suivi et non suit: il m'a suivi (et non suit) toute la journée.

=Sujet=, s. m.—Ce mot ne peut pas s'employer dans le sens de domestique: il change tous les jours de domestiques, et non, de sujets.

=Sujétion=, s. f., dépendance, assiduité: prononcez sujécion.

=Superstition, Superstitieux.=—Prononcez supers'ticion, supers'ticieux (en faisant sentir la seconde s), et non, superticion, superticieux.

=Suppléer=, v. a.—Suppléer quelque chose, c'est l'ajouter, le fournir, lorsqu'il manque; fournir ce qu'il faut de surplus, et dans ce cas on ajoute une chose de même nature: il lui manquait six mille francs, son père les a suppléés; suppléer ce qui manque dans un auteur, c'est-à-dire, remplir les lacunes qui se trouvent dans ses ouvrages.—Suppléer à quelque chose, c'est le remplacer, en réparer l'absence, le défaut, c'est-à-dire, remplacer cette chose par un équivalent; dans les temps de disette, on supplée au pain par le riz et par les pommes de terre; la valeur supplée au génie. Ici la chose qui remplace n'est pas de la même nature que la chose remplacée.

2. Quand il se dit des personnes, suppléer est toujours actif;—suppléer quelqu'un, c'est tenir sa place, faire ses fonctions: si vous ne pouvez venir, je vous suppléerai.—Prononcez suplé-er et non suplé-ïer.

=Suprématie=, s. f., supériorité: prononcez suprémacie.

=Sûr= et =sur=.—Sûr, signifiant certain, s'écrit avec l'accent circonflexe;—sur, qui a un goût acide et aigret et sur préposition, s'écrivent sans accent circonflexe.

2. Sûr, adj., ne peut pas s'employer pour sûrement, certainement: j'irai vous voir certainement demain, et non sûr demain.

3. Sur, prép.—Ce mot donne lieu à beaucoup d'omnibus.—Ne dites pas: sur la rue, sur la foire, sur une chambre, sur le grenier, sur le monde, sur un jour, sur un dimanche, sur une fois, jouer sur le piano, sur le violon, etc.; dites, il est dans la rue, ou en rue, à la foire, il a acheté ce cheval à la foire, dans une chambre, (il demeure dans une chambre garnie), au grenier, (il est monté au grenier), dans le monde, (il y a beaucoup de dangers dans le monde), un jour, un dimanche, une fois (j'irai vous voir une fois, un jour, un dimanche); il joue bien du piano, du violon.

4. Ne dites pas, j'ai lu cette nouvelle sur le journal, sur la gazette, sur un cahier; dites dans le journal, dans la gazette, dans un cahier. (Wall.)

5. Ne dites pas, mon père écrit sur un bureau, mais, dans un bureau. (Wall.)

6. Ne dites pas, j'ai fait la route sur trois heures; mais, en trois heures. (Wall.)

7. Ne dites pas: Ce monsieur vit sur ses rentes, mais, de ses rentes. (Wall.)

8. Ne dites pas: il est fâché sur vous, il est mécontent sur vous ou après vous; dites, il est fâché contre vous, il est mécontent de vous. (Wall.)

9. Ne dites pas: faites bouillir cela sur un litre d'eau; dites, dans un litre d'eau. (Fland.)

10. Ne dites pas: il a changé ses tableaux sur des meubles, mais, contre des meubles.

11. Cependant l'usage permet de dire: tirer sur quelqu'un; sur la fin de l'hiver; il y a deux fenêtres sur la rue; je m'y rendrai sur les neuf heures (vers les neuf heures).

12. Ne dites pas: sur le temps que vous irez en ville, j'écrirai ma lettre; dites, pendant que vous irez... (Wall.)

13. Ne dites pas: le professeur en a toujours sur moi, tandis qu'il laisse faire les autres; dites, le professeur m'avertit, me gronde, me punit toujours, tandis que... (Wall.)

14. Ne dites pas: il a beaucoup appris sur le peu de temps qu'il a étudié, dites, il a beaucoup appris pour le peu de temps qu'il a étudié. (Wall.)

15. Ne dites pas: sur cela, il est aisé de conclure que... dites, d'après cela, il est aisé de conclure.

=Surdité=, s. f., état sourd; ne dites pas sourdité.

=Surfaire=, v. a., demander un prix trop élevé; il se conjugue comme faire: vous surfaites.

=Surjet.=—Ce mot, fort en usage pour désigner la bonne mesure, le bon pieds, n'est pas français.

=Surlouer=, n'est pas français; dites sous-louer: j'ai sous-loué la maison et non, ... surloué.

=Surplis=, s. m., =Rochet=, s. m., vêtement d'église, ordinairement en toile et qui couvre le corps jusqu'au jambes; les manches du surplis sont très larges, tandis que celles du rochet sont des manches ordinaires: ne dites pas suplis ni supplice.

=Surpris, e, Surprenant, te.=—Ne dites pas: vous êtes surpris, il est surprenant qu'il n'a pas fait votre commission; dites, qu'il n'ait pas fait... (subj.)

=Sus=, prép., sur; il n'est guère usité que dans cette phrase: courir sus à quelqu'un.

2. En sus, adv. au delà, en outre: il a touché des gratifications en sus de ses appointements.

3. Sus, interj. famil. dont on se sert pour exhorter, pour exciter: sus, mes amis, sus donc, levez-vous; or sus, dites-nous... Prononcez suce et non su.

=Susceptible=, adj., =Capable=, adj.—Susceptible, capable de recevoir certaine qualité, certaine modification; il se dit également des personnes et des choses: la matière est susceptible de toute sorte de formes; l'esprit de l'homme est susceptible de bonnes, de mauvaises impressions; susceptible d'amour, de haine, susceptible du bien et du mal.—Il diffère de capable; en ce qu'il s'emploie toujours dans le sens passif, tandis que capable a un sens actif.—Capable, dans le sens de, qui est en état de faire une chose, qui a les qualités requises pour, se dit des choses aussi bien que des personnes, contrairement à l'opinion de certains grammairiens: seriez-vous capable de porter ce fardeau? votre cheval n'est pas capable de traîner cette voiture; cette digue n'est pas capable de résister à la violence des flots. (Acad.)—Mais susceptible ne peut pas s'employer dans ce sens; ne dites donc pas: il est susceptible de se tromper comme un autre; dites, il est capable de, il peut se tromper...

2. Susceptible se dit absolument des personnes, et signifie, qui est facile à blesser, qui s'offense aisément: un esprit, un caractère, un homme susceptible.

=Susmentionné=: ce mot n'est pas français; dites, mentionné ci-dessus.

=Suspect, ecte=, adj., qui est soupçonné ou qui mérite de l'être; on prononce le c et le t: suspek-te.

=Syllabe=, syllabique, syllabaire, monosyllabe, etc., syllepse, syllogisme: dans tous ces mots, prononcez les deux ll.

=Symptôme=, s. m., signe, accident dont on tire quelque présage: des symptômes de fièvre; prononcez le p: cimp'tôme (ô long).

=Synode=, s., conseil épiscopal, ce mot est masculin: le synode doit statuer prochainement sur cette affaire.

=Synonymes, Homonymes, Paronymes=, s. m.—On donne le nom de synonymes aux mots qui ont une signification à peu près semblable, comme épée, glaive;—les homonymes sont les mots qui se prononcent de la même manière, mais qui ont une signification différente: saint, sain, sein, seing;—les paronymes ont une prononciation à peu près semblable: bayer, payer; boule, poule.

=Syrop=, s. m.—On écrit ordinairement sirop: voyez ce mot.

T

=T= ou =Te=, placés à la fin des mots et précédés d'une s doivent se faire sentir dans: Ernest, lest, les-te, res-te, pos-te, pis-te, cas-te, Augus-te, subsis-te, résis-te, Baptis-te, évangélis-te, catéchis-te, calvinis-te, modis-te, etc.—Ce serait une faute grossière que de supprimer le t et de prononcer: Ernesse, lesse, resse, posse, pisse, casse, Augusse, subsisse, résisse, Baptisse, évangélisse, catéchisse, calvinisse, modisse.

2. T final.—Il ne se fait sentir que dans un très-petit nombre de mots ordinaires: bat, queue de poisson (et non bât, selle pour les bêtes de somme), fat, mat, adjectif, cobalt, opiat, et cætera, fret, accessit, déficit, transit, granit, l'adverbe soit (à la bonne heure), dot, but, brut, lut, ut, note de musique (il est muet dans bahut), caput, sept, huit, indult, fait dans l'expression voies de fait; quelques grammairiens ajoutent immédiat et net.

3. Par décision du 11 mars 1819, l'Académie a décidé que le t serait maintenu dans le pluriel des mots terminés en ant, ent, soit afin de distinguer le pluriel de serments, parents, etc., de ceux d'examens, païens, etc., soit afin de faire connaître le singulier des mots auxquels ils appartiennent.

=Tabac=, s. m.: prononcez taba et non tabak.

=Tabatière=, s. f., boîte à tabac: voyez boîte.—Prononcez taba-tière et non tabatchi-ère: voyez ti.

=Table=, s. f.: prononcez ta-ble (a bref). et non tâble, ni tape ni tabèle.

2. Ne dites pas, le dîner est à table; dites, le dîner est servi.

=Tablée=, s. f., réunion de personnes autour d'une table: une tablée d'amis;—ce mot se trouve dans les dictionnaires, mais il n'est pas admis par l'Académie.

=Tablier=, s. m., pièce de toile, etc., qu'on met devant soi: prononcez tablier et non tabilier ni tabellier.

=Tacet=, s. m., terme de musique, silence: prononcez le t final: tacette.

=Tache=, s. f., souillure: il a des taches sur son habit (et non dans son habit);—tacher, v. a., faire des taches: tacher du linge avec de l'encre.—L'a est bref dans ces deux mots, ainsi que dans tacheter, qui signifie, barioler, marquer de diverses taches: le soleil lui a tacheté (et non taché) le visage.

2. Taché, part. pas.—Ne dites pas, Jean est taché de la petite vérole; dites, ... est marqué.

3. Ne dites pas, du papier de tache ni du papier buvard; dites, du papier brouillard.

4. =Tâche=, s. f., ouvrage, occupation: remplir sa tâche;—tâcher, v. n., s'efforcer, viser à:—l'â est long et est marqué d'un accent circonflexe dans ces deux mots.

5. Tâcher, v. n., prend à quand il signifie viser à: il tâche à m'embarrasser.—Mais lorsque tâcher exprime les efforts que l'on fait pour venir à bout de quelque chose, il prend de: je tâcherai de vous satisfaire.—Il est mieux de dire tâcher de que tâcher que: je tâcherai de vous contenter, et non, je tâcherai que vous soyez content.

=Tact=, s. m., toucher, l'un des cinq sens; prononcez le c et le t final: tak-te. Voyez finales, 2. et t.

=Taie=, s. f., sorte de sac qui enveloppe un oreiller; ne dites pas une tête d'oreiller, mais une taie d'oreiller.

2. Taie, s. f., certaine tache blanche et opaque qui se forme quelquefois sur l'œil: il a une taie sur l'œil, sur la cornée: prononcez taî, et non tai-ïe.—Fleurette ou florette n'est pas français.—Voyez dragon.

=Taillant=, s. m., le tranchant d'un couteau, d'une hache, d'un sabre, etc.; ce mot est français: prendre un couteau du côté du taillant.

=Taille=, s. f., se dit chez les boulangers, les bouchers, etc., d'un petit bâton fendu en deux parties égales, sur lesquelles le vendeur et l'acheteur font des coches ou petites entailles, pour marquer la quantité de viande, de pain que l'un fournit à l'autre: prendre à la taille le pain chez le boulanger. (Acad.)—On peut dire également coche (s. f.); mais hoche n'est pas français.

2. Ne dites pas: salon pour la taille des cheveux; dites, salon pour la coupe des cheveux:—on taille les pierres, les arbres, etc., et on coupe les cheveux.

3. Ne dites pas: voilà une belle taille de robe; dites, voilà un beau corsage.

=Tailleuse=, s. f., se dit quelquefois pour couturière, celle qui taille et coupe les vêtements de femme. (BESCHERELLE, POITEVIN.)—Employez de préférence le mot couturière.

=Tain=, s. m., mélange d'étain et de vif-argent que l'on applique derrière les glaces pour en faire des miroirs: le tain de ce miroir est enlevé; dites le tain et non l'étain.

=Tais-toi, Taisez-vous.=—Termes ridicules que certaines personnes intercalent à chaque instant dans la conversation; ces mots n'ajoutent rien au sens de la phrase; il suffit presque toujours de les supprimer, en changeant le ton de la voix; on peut aussi les remplacer par un des mots suivants: certainement, n'est-ce pas, mais, comptez, voyez, etc.: il fait bien chaud aujourd'hui!—oh! oui, certainement (et non taisez-vous). (Wall.)

=Talent=, s. m.—On dit un homme de talent et non un homme à talent.

=Talus=, s. m., pente, inclinaison de haut en bas que l'on donne à un terrain, etc.; prononcez talu et non taluce.

=Tambour de basque=, s. m., petit tambour à un seul fond, entouré de grelots; ne dites pas tambour de basse.

2. Tambour, s. m.—On bat du tambour et non le tambour.

=Tandis que=, conj.:—on fait sentir légèrement l's, tandisse que et non tandi que.—Voyez pendant que.

=Tant=, adv.—Ne dites pas tant qu'à moi ni pour tant qu'à moi au lieu de quant à moi, pour moi:—quant à moi, je ne l'ai point vu.

2. Ne dites pas tant pire, mais tant pis, comme on ne dit pas, tant meilleur, mais tant mieux.—Voyez pire.

3. Ne dites pas, un tant soit peu, mais tant soit peu: attendez tant soit peu; donnez-en, mettez-en tant soit peu.

=Tantième=, s. m.—Ne dites pas: je ne sais pas au juste le tantième de son traitement; dites, le chiffre de son traitement.

=Taon=, s. m., sorte de grosse mouche qui s'attache surtout aux animaux: prononcez ton et non ta-on. (Acad.)

=Taper=, v. a., donner des tapes: il l'a tapé, je vous taperai.—On dit aussi taper du pied; voilà une réponse bien tapée, un mot bien tapé.—Mais il ne faut pas employer ce verbe comme synonyme de jeter.

=Tapis, Tapisserie, Papier de couleur.=—Un tapis est une pièce d'étoffe, de toile cirée, etc., dont on couvre une table, le parquet d'une chambre.—La tapisserie est un ouvrage ordinairement fait à l'aiguille ou au métier, et qui sert à revêtir et à parer les murs. Lorsque la tapisserie est de papier, on l'appelle plus ordinairement papier peint ou papier-tenture ou papier de tapisserie (mais jamais tapis).—On nomme papier de couleur le papier coupé en feuilles, de couleur rouge, jaune, marbrée, jaspée, etc., dont se servent principalement les relieurs.

=Tapissier, sière=, s. qui travaille en toutes sortes de meubles, d'étoffes, etc.; ne dites pas tapisseur.

=Taque= de cheminée, grande plaque de fer ou de fonte qu'on applique au fond d'une cheminée; ce mot n'est pas français, dites, plaque de feu ou plaque de cheminée. (Wall.)

=Taquiner=, v. a.—Ne dites pas, cette affaire le taquine; dites, l'inquiète, le tourmente:—taquiner, tourmenter, impatienter pour de minces sujets, ne peut avoir pour sujet qu'un nom de personne: il m'a taquiné tout un jour.

=Tarder=, v. n.—On peut dire tarder de, mais l'usage préfère tarder à: il tarde à venir. (Acad).—Employé impersonnellement, ce verbe régit de, quand c'est un infinitif qui suit: il me tarde d'achever mon ouvrage. (Acad.)

=Targette=, s. f.:—Voyez cliche.

=Tarlarigot= ou =Tallarigot=, (boire à): il faut dire boire à tire-larigot—Ce terme n'est employé que dans la phrase proverbiale et populaire: boire à tire-larigot, boire excessivement; quelques-uns prétendent qu'il faudrait écrire tire la rigaud. (Acad.)

=Tarte=, s. f., pièce de pâtisserie: tarte à la crème, aux cerises.—Tartre, s. masculin, dépôt terreux et salin produit dans les tonneaux par la fermentation du vin;—sédiment crayeux et salin qui s'attache aux dents: il y a beaucoup de tartre sur vos dents.—Prononcez tar-tre et non tarte ni tartère.

=Tartine=, s. f., tranche de pain recouverte de beurre, de confitures, etc.: tartine de beurre, de confitures;—ce mot est français.

=Tasson.=—Ce mot n'est pas français; dites têt et mieux tesson, débris de bouteille cassée, de pot cassé: il s'est blessé en marchant sur un tesson de bouteille.

2. Ne dites pas tesson, pour désigner un blaireau. (Wall.)

=Tatouage=, s. m., action de tatouer, c'est-à-dire de barioler, peindre le corps de diverses couleurs, etc.: (oua, oue sont diphth.)—Ne prononcez pas tatou-wage, tatou-wer.—Voyez oue et ue.

=Taupe=, s. f.: prononcez tôpe (ô long).—Au se prononce toujours ô long, excepté: 1º devant un g dur (gue) ou to: augure (ogur), auguste (oguste), automne (otone);—2º devant st: caustique (costique), austère (ostère);—3º devant r: Laure (Lore), taure (tore);—mais vaurien (vaut rien) se prononce vôriain (ô long).

=Te Deum=, s. m., cantique de l'Église qui commence par ces mots; au pluriel, des Te Deum.—L'Académie écrit Te Deum, sans trait d'union et avec deux majuscules.—Prononcez té déome et non té dé-ïome.—V. i.

=Tel et tel.=—Ces adjectifs ainsi que le substantif qui les suit, s'emploient au singulier ou au pluriel, selon qu'on peut les faire précéder de un ou de de: par telle et telle (par une telle et une telle) raison; il m'a dit telle et telle chose; avoir telle et telle qualité; à telles et telles (à de telles et de telles) conditions.

2. Ne dites pas: combien coûte un tel livre?—dites, combien coûte tel livre ou ce livre?

3. Ne dites pas: un homme tel qu'il soit, ne me fait pas peur; dites, un homme, quel qu'il soit, ne me fait pas peur.—Tel a un sens positif et précis et gouverne l'indicatif: tel qu'il est, ce livre est à peine lisible.

=Tèle=, n'est pas français; dites, une écuelle, une terrine, et non une tèle.

=Tellement que.=—Ne dites pas: il n'a point d'habits pour se couvrir, tellement qu'il est malheureux; il a fait des progrès étonnants, tellement qu'il est appliqué à l'étude;—dites, tellement il est malheureux, tant il est malheureux;—tellement il s'est appliqué à l'étude, tant il s'est appliqué à l'étude (en supprimant le que).

=Témoin, à témoin.=—Témoin est invariable au commencement d'une proposition: votre frère est un bon élève, témoin les prix qu'il remporte chaque année.—A témoin est invariable dans tous les cas, parce que, dans chaque expression, témoin est une abréviation de témoignage: je vous prends tous à témoin.—Partout ailleurs, témoin est substantif et par conséquent variable: les témoins ont comparu; je vous prends pour témoins, Messieurs.—Ce mot s'emploie aussi, sans changer de genre, en parlant d'une femme: cette femme est un bon témoin.

=Tempe=, s. f., la partie de la tête qui est depuis l'oreille jusqu'au front: la tempe droite; ne dites pas le temple ni la temple.

2. Ne dites pas non plus: les tempes de la tête; le mot tempe indique assez qu'il s'agit de la tête; dites simplement les tempes.

=Tempester=, n'est pas français; il faut dire tempêter, pester: tempêter contre quelqu'un; tempêter pour rien, à propos de rien; c'est un homme qui peste toujours contre l'autorité; il ne fait que pester.

=Temporaire, Temporel, elle=, adj.—Temporaire signifie momentané;—temporel, périssable: les biens de ce monde sont temporels; cette défense est sévère, mais elle n'est que temporaire.

=Temps=, s. m.—Le p ne se prononce pas, mais c'est une faute que de le supprimer dans l'écriture, comme le font quelques personnes.

2. Ne dites pas d'une personne, qu'elle a bien le temps, pour signifier qu'elle est assez riche; dites, qu'elle est dans l'aisance, qu'elle a de la fortune.

3. Ne dites pas: en deux heures de temps, en trois mois de temps, en quatre années de temps; dites simplement, en deux heures, en trois mois, en quatre années.

4. Ne dites pas: j'ai tout le temps de faire mes devoirs, je ne suis pas si pressé; dites, j'ai le temps, j'ai encore le temps de..., j'ai assez de temps, il me reste assez de temps pour faire mes devoirs... (Wall.)

5. Ne dites pas: j'ai le temps long de voir arriver cette belle fête; j'ai le temps long, je m'ennuie;—dites, il me tarde, je me réjouis de voir arriver cette belle fête; le temps me paraît long, le temps m'est long, je m'ennuie. (Wall.)

6. Ne dites pas: j'ai vu le temps que les enfants avaient un grand respect pour leur parents; dites, j'ai vu le temps où les enfants... (Wall.)

7. Ne dites pas: dans le temps ce n'était pas comme ça; dites, autrefois, anciennement, jadis, selon que l'époque est plus ou moins éloignée. (Wall.)

8. Ne dites pas: je n'ai pas le temps pour étudier; dites, je n'ai pas le temps d'étudier. (Fland.)

9. On dit de temps en temps et de temps à autre (quelquefois). (Acad.)

=Ténacité=, s. f., qualité de ce qui est tenace, opiniâtreté; ne dites pas tenacité, quoiqu'on dise tenace.

=Tendant=, est adjectif verbal, lorsqu'il signifie qui tend à; il est participe présent, lorsqu'on peut le remplacer par, étant fait pour: des discours tendants à prouver; une requête tendante à ce qu'il plaise à la cour; semer des libelles tendants à la sédition;—ces discours ne tendant point à éclaircir la matière, il convient...

=Tendre=, v. a.—On dit, tendre des filets, tendre ou dresser un piège, tendre ou dresser des embûches.

=Tendreté=, s. f., qualité de ce qui est tendre; il se dit seulement des viandes, des fruits, des légumes: la tendreté d'un gigot, d'un lièvre; la tendreté de ces légumes, de ces fruits.

=Tendron=, s. m., cartilages à l'extrémité de la poitrine de quelques animaux; on dit des tendrons de veau et non des tendons de veau.

=Tendue=, s. f., action de tendre des piéges, des filets: aller à la tendue; il se dit aussi de la place, de l'endroit où l'on a tendu des piéges, des toiles, des filets: ma tendue se trouve sur telle campagne.—On dit plus généralement tenderie, que quelques-uns écrivent abusivement tendrie.

=Ténèbres=, s. féminin pluriel: les ténèbres sont épaisses.

=Tenir=, v. a.—Ne dites pas, il faut tenir de soi; dites, il faut se respecter, avoir de la dignité; il faut garder son quant-à-soi. (Wall.)

2. Ne dites pas: cet homme ne se tient pas de soi; dites, ... ne se respecte pas, ne conserve, ne garde pas sa dignité.

3. Ne dites pas, tenir sa tête droite, pour, se porter bien, conserver sa santé:—portez-vous bien, conservez votre santé, et non, tenez ou tâchez de tenir votre tête droite. (Fland.)

4. Ne dites pas d'une personne riche, qu'elle tient voiture; dites, qu'elle a équipage ou qu'elle a un équipage.

5. Ne dites pas: cet homme a tenu des emplois considérables; dites, a occupé, a rempli...

6. Ne dites pas: cet acteur ne pourra tenir son rôle; dites, ne pourra remplir ou conserver, garder, selon le sens.

7. Ne dites pas, il ne tient pas d'aller à la promenade; dites, il ne tient pas à aller à la promenade. (Wall.)

8. Ne dites pas: je n'ai pas besoin de mon chien, tenez-le avec; dites simplement, gardez-le.

9. Ne dites pas: on ne peut tenir les rossignols en hiver, le froid les fait périr; dites, on ne peut conserver les rossignols...

10. Ne dites pas: j'aime à tenir des lapins à la campagne; dites, j'aime à avoir, à soigner, à élever, à nourrir des lapins... (Wall.)

11. Ne dites pas: je ne me tiens pas à ce que tu dis, car tu mens; dites, je ne m'en tiens pas ou je ne m'arrête pas à ce que tu dis...

=Ténor=, s. m., (et non ténore, mot italien): voix de taille, chanteur; au pluriel des ténors.—Taille, signifiant ténor, n'est presque plus usité. (Acad.)

=Tentatif, ive=, adj.—Ne dites pas: ce fruit est tentatif; dites, ce fruit est appétissant.

=Terme=, s. m.—Ne dites pas: je ne sais pas s'il le disait à terme de plaisanterie; dites, en plaisantant, par plaisanterie.

2. Ne dites pas: à terme de plaisanter, il parle très-sérieusement; dites, au lieu de ou bien loin de plaisanter...

=Terre= (à ou par).—Ne dites pas: Jean est tombé à terre de tout son long; dites, est tombé par terre...—Voyez tomber.

=Terriblement=, adv., signifie, dans le langage familier, extrêmement, excessivement:—il pleut, il neige extrêmement; gagner terriblement au jeu; perdre terriblement; manger terriblement; il étudie terriblement; il parle terriblement; il est terriblement ennuyeux. (Acad.)

=Tertre=, s. masculin, éminence de terre dans une plaine, colline, monticule: tertre couvert de gazon; prononcez ter-tre et non terte ni tertere.

=Testament=, s. m.—Ancien Testament (avec deux majuscules et sans trait d'union), les livres saints qui ont précédé la naissance de J.-C.—Nouveau Testament (avec deux majuscules et sans trait d'union), les livres saints postérieurs à la naissance de J.-C.

=Tétanos=, s. m., convulsion permanente des muscles: prononcez tétanôce.

=Tétard=, s. m., petit de la grenouille; prononcez tétare.

=Tête=, s. f.; voyez taie.

2. On ne dit pas, la tête d'un sanglier, d'un saumon, d'un brochet: on dit la hure.

3. Ne dites pas: je ne sais où donner la tête; dites, je ne sais où donner de la tête.

4. En faire à sa tête, n'en faire qu'à sa tête, c'est se conduire à sa guise, sans consulter personne, sans tenir compte de l'avis des autres. (Acad.)

5. Tête à tête, loc. adv., seul à seul: parler tête à tête: on l'écrit sans traits d'union.—Tête-à-tête, s. m., s'écrit avec des traits d'union, et alors il se dit d'une conversation, d'une entrevue seul à seul: un long tête-à-tête; de fréquents tête-à-tête.

6. En tête, s. masculin (style admin.), ce qui s'écrit en tête d'une lettre, d'un tableau: faire imprimer des en tête de lettres; écrire l'en tête d'un tableau: ce mot est invariable.

=Tétière= de lit, partie du lit sur laquelle repose la tête: ce mot n'est pas français; il faut dire chevet.

=Texte=, s. m., les propres paroles d'un auteur, etc. l'avocat a rapporté le texte de la loi.—Prononcez l'x et le t: teks-te et non texe. Prononcez également l'x dans ses dérivés, textuel, textuellement, etc.

=Taler=, s. m.:—voyez daler.

=Thé=, s. m.—C'est à tort qu'on appelle ainsi toute herbe propre à faire de la tisane; il faut dire herbe médicinale, herbe à tisane.

2. Thé, s. m., se dit de l'arbrisseau qui produit le thé et de l'infusion de thé; il se dit également d'une collation dans laquelle on sert du thé. (Acad.)—Mais ce mot n'est pas français, quand il s'agit de l'eau dans laquelle on a fait bouillir ou infuser de l'orge, de la réglisse, du chiendent ou autre substance, soit grain, soit racine, fleurs, feuilles, ou bois, pour en composer un breuvage, une boisson médicamenteuse:—dans cette acception, il faut dire tisane: tisane rafraîchissante; un verre de tisane; il ne boit que de la tisane. (Acad.)

=Théâtre=, s. m.: prononcez thé-â-tre et non thé-iâtre ni théâte, théâtère.

=Théière=, s. f.; thétière n'est pas français.

=Théologie=, théologien, théologal, théorie, théorème, etc.:—prononcez thé-o et non thé-io.

=Thésauriser=, v. n., amasser de l'argent; ne dites pas trésoriser.

=Thuia= ou =Thuya=, s. m., sorte d'arbrisseau toujours vert.

=Ti=, dans les syllabes en tié, tier, tiers, tiez, tieu, tien, tion, etc., doit conserver sa prononciation propre: ainsi prononcez amiti-é, moiti-é, méti-er, cabareti-er, enti-er, volonti-ers, un ti-ers, vous acheti-ez, vous éti-ez, Mathi-eu, ti-en, ti-ens, questi-on, etc., et non ami-tchi-é, moitchi-é, métchi-er, cabarétchi-er, entchi-er, volontchi-ers, un tchi-ers, vouz achetchi-ez, vous étchi-ez, Matchi-eu, tchi-en, tchi-ens, questchi-on.—Les wallons sont exposés à remplacer ti par un son qui équivaut plus au moins à leur ch, tch (planchî, pochî, Macheu):—voyez di.

=Tic-tac=, s. m. et =Tactique=, s. f.—Ne confondez pas ces deux mots: le premier ne se dit que du bruit d'un balancier, d'un moulin: le tic-tac d'une montre.—Le second signifie la marche qu'on suit, les moyens qu'on emploie pour réussir dans quelque affaire: je vois votre tactique, c'est une vieille tactique.

=Tiens=, est quelquefois interjection: tiens! ou tiens, tiens, c'est étonnant.—Dans ce cas il serait ridicule de remplacer tiens par tenez, pour parler plus poliment, attendu qu'il ne s'agit nullement de l'impératif du verbe tenir.

=Tiers, erce.=—Ne dites pas: le tiers de douze est de quatre; dites, est quatre.—Voyez ti.

=Tiliasse= ou =Tignasse=.—Ne dites pas: la chair de ce dindon est tiliasse; dites, est coriace (c'est-à-dire, résistante, difficile à broyer).

=Timon=, s. m.; voyez limon.

=Timoré, ée=, adj., qui craint d'offenser Dieu ou qui porte très-loin le scrupule: conscience timorée.—Il ne se dit pas dans le sens de timide.

=Tire-larigot=: voyez tarlarigot.

=Tirelire=, petit vase, avec une fente en haut, par laquelle on fait entrer des pièces de monnaie qu'on veut amasser; ce mot est féminin: ma tirelire n'est pas remplie de napoléons.

=Tirer=, v. a.—Ne dites pas: le thé, le café a-t-il tiré? pour demander s'il est infusé; dites, le thé, le café est-il tiré?

2. Ne dites pas: mon voisin m'a tiré en justice; dites, m'a attrait en justice, m'a fait assigner en justice, m'a fait citer. (Fland.)

3. Ne dites pas: je vais tirer mon paletot, il fait très-chaud ici; dites, je vais ôter mon paletot... (Fland.)

4. Ne dites pas: tirez votre casquette, votre chapeau; dites, ôtez votre casquette, votre chapeau ou simplement, découvrez-vous. (Fland.)

5. Ne dites pas: on lui a tiré une dent hier; dites, on lui a arraché une dent hier. (Fland.)

6. Ne dites pas: ce babillard m'a tiré en ridicule; dites, m'a tourné en ridicule. (Fland.)

7. Ne dites pas, il tire, pour faire entendre que le vent se glisse à travers quelque fente; dites, le vent souffle ou bien, il y a un vent coulis; il vient un vent coulis par cette porte; je sens un vent coulis qui me donne sur l'épaule; les vents coulis sont dangereux.

8. Ne dites pas: cet enfant tire après son père; dites, ressemble à son père, a des traits de son père. (Wall.)

9. Ne dites pas: j'ai tiré ou j'ai tiré bas deux lièvres; dites, j'ai abattu ou j'ai tué deux lièvres. (Wall.)—Tirer un lièvre, c'est simplement tirer dessus, mais non le tuer.

10. On dit très-bien, tirer sa révérence, dans le sens de faire sa révérence.

11. On dit de deux ennemis déclarés, qu'ils en sont aux couteaux tirés, à couteaux tirés et non à couteaux tirer.

=Tisonnier= ou =Tire-braise=, s. m., ustensile de fer recourbé vers le bout, et qui sert à attiser le feu, à tirer les braises, etc.—Le mot fer, dans ce sens, est wallon.

=Toast=, s. m., proposition de boire à la santé de quelqu'un; au pluriel toasts. On prononce et quelques-uns écrivent toste. (Acad.)

2. Toaster, v. n., boire à la santé de quelqu'un: on prononce et on écrit ordinairement toster.

=Tohu-bohu=, s. m., confusion, mélange ou conflit d'opinions, de système: c'est un véritable tohu-bohu.

=Tôle=, s. f., fer battu et réduit en feuilles ou plaques minces, dont on fait des poêles et d'autres ouvrages: tuyaux de grosse tôle.—Ce mot est féminin; prononcez tôle (ô long).

=Tollé.=—Mot emprunté du latin et qui n'est usité que dans des locutions comme celle-ci: crier tollé sur quelqu'un, c'est-à-dire, crier pour exciter l'indignation contre lui.—On prononce les deux ll.

=Tombée=, s. f.—Il ne s'emploie guère que dans cette locution: à la tombée de la nuit, au moment où le jour tombe, où la nuit approche. (Acad.)

=Tomber=, v. n.—La plupart des grammairiens disent que le participe de ce verbe ne se construit jamais avec l'auxiliaire avoir; cependant plusieurs bons auteurs présentent plusieurs exemples de tombé combiné avec avoir; et l'Académie, de son côté, donne l'exemple suivant: les poètes disent que Vulcain a tombé du ciel pendant un jour entier.—Quoi qu'il en soit, nous pensons qu'il faut régulièrement le construire avec être; dites donc, je suis tombé, il est tombé et non j'ai tombé, il a tombé.

2. Ne dites pas: ce malade est tombé hors de connaissance ou sans connaissance; dites, ce malade a perdu connaissance.

3. Ne dites pas: prenez garde de ne pas tomber, pour recommander de ne pas tomber; dites, prenez garde de tomber.

4. Ne dites pas d'un jeune milicien, qu'il est tombé dedans; dites qu'il a tiré un mauvais numéro; qu'il est désigné pour le service. (Wall.)

5. Tomber à terre, tomber par terre.—Ce qui touche à la terre, tombe par terre;—ce qui n'y touche pas, tombe à terre. Ainsi, un arbre tombe par terre, et les fruits tombent à terre.

=Tome, Volume.=—Noms qu'on donne aux livres matériellement pris comme objets qui ont place dans les bibliothèques.—Le tome est une division ou une partie d'un ouvrage; un tome en suppose d'autres, c'est un commencement ou une suite.—Le volume, c'est tout ce qui est réuni dans une même brochure ou dans une même reliure; c'est un tout distinct. Quelquefois on fait mettre deux ou plusieurs tomes en un volume; c'est, par exemple, quand il n'y a qu'une table pour tout l'ouvrage; on peut même réunir ainsi des ouvrages différents, des opuscules qui aient peu ou point de rapports. Un tome peut à son tour être publié en deux ou plusieurs volumes.—En général, les tomes ont quelque rapport au contenu, au lieu que les volumes ne se considèrent qu'extrinsèquement, par rapport à la grosseur, au format, au nombre. (LAFAYE)—Prononcez tôme (ô long).

=Ton=, adj. poss.—Mon, ton, son, suivis d'un mot commençant par une voyelle ou une h muette, conservent leur prononciation naturelle et l'on ajoute une seconde n pour faire la liaison: mon âme, ton ami, son oncle se prononcent mon n'âme, ton n'ami, son n'oncle et non mo-n'âme, to-n'ami, so-n'oncle.

2. Ton. s. m.—Ne dites pas: ce jeune homme se donne des tons, dites, fait l'important.

=Torcher=, v. a.—Ne dites pas: je me suis torché le pied; dites, je me suis foulé le pied.

=Torrent=, s. m., courant d'eau rapide: prononcez les deux rr, ainsi que dans torrentiel, torrentueux, torréfier, torréfaction.

=Tors, torse=, adj., qui est tordu ou qui en a la figure: un cou tors, un fil tors, une jambe torse.

2. On dit populairement torte au féminin, en parlant de ce qui est contourné, difforme: jambes tortes, bouche torte. (Acad.)

=Tortoir=, s. m., et mieux =Garrot=, s. m., petite perche, bâton qu'on passe dans une corde, dans un lien quelconque, pour serrer quelque chose en tordant: serrez davantage le garrot de cette malle, de cette scie.

=Tory=, s. m., mot emprunté de l'anglais et qui désigne les partisans des prérogations royales ou les conservateurs; au pluriel torys. (Acad.)—Prononcez tori, ou tôri à l'anglaise.

=Toton=, s. m., espèce de dé qui est traversé d'une petite cheville sur laquelle on le fait tourner, et qui est marqué de différentes lettres sur ses faces latérales: les totons sont ordinairement d'os ou d'ivoire.—Ne dites pas tonton.

=Touche=, s. f.—Ne dites pas: écrivez sur votre ardoise avec votre touche; dites, avec votre crayon.—On dit crayon et crayon d'ardoise;—la touche est un petit brin de bois, de baleine, etc., dont les enfants, qui apprennent à lire, se servent pour toucher les lettres.

=Toucher=, v. a., en parlant de certains instruments de musique, signifie jouer: toucher la lyre, l'orgue, le piano; il touche le piano agréablement, délicatement.—C'est une faute de dire toucher du piano, toucher de l'orgue, etc.—Voyez jouer.

=Touiller=, v. a., mêler, brouiller: touiller des œufs.—Touiller figure dans les dictionnaires comme terme populaire.

=Toujours=, adv.—Les Wallons emploient abusivement toujours dans le sens de cependant, pourtant, néanmoins, malgré cela:—quoique le temps soit à la pluie, nous irons toujours (néanmoins) nous promener; mon professeur m'a fort bien expliqué ce problème, mais je sens que j'aurai toujours (pourtant) de la peine à en trouver la solution.

=Tour=, s. m.—On dit également, c'est à mon tour de ou à, ou bien c'est mon tour de ou à: c'est mon tour à vous aller voir; c'est mon tour, c'est à mon tour de monter la garde.—Voyez a, 6.

=Tourelle=, s. f., petite tour; ne dites pas tourette.

=Tourmenter=, v. a.—Ne dites pas: Pierre me fait tourmenter, Paul m'a fait tourmenter, etc.; dites simplement Pierre me tourmente, Paul m'a tourmenté, en supprimant le verbe faire, qui est ici de trop. (Wall.)—Voyez faire, 10.

=Tournement.=—Ne dites pas, avoir des tournements de tête; dites avoir des tournoiements de tête et mieux, avoir des vertiges.

=Tournevis=, s. m., instrument de fer ou d'acier pour serrer ou desserrer les vis: prononcez l's ainsi que dans vis.

=Toursiveux=, adj. (mot wallon), malicieux, astucieux: il est malicieux comme un vieux singe; homme astucieux.

=Tous=, plur. de tout.—On fait sentir l's lorsque tous est pris substantivement ou qu'il est placé à la fin d'une phrase: il faut se faire tout à tous; tous l'ont vu; ils y étaient tous.

=Tout=, adj.—Ne dites pas, une fois pour tout; dites une fois pour toutes (sous-entendu les fois).

2. Tout, reste au masculin devant un nom de ville féminin: tout Liége en parle; tout Bruxelles l'admira; tout Rome fut consterné; tout Vienne apprit cette nouvelle fâcheuse; c'est-à-dire, tout le peuple de Liége, de Bruxelles, de Rome, de Vienne...

3. Ne dites pas, en terme de jeu, pour de bon, pour le bon, pour tout de bon, pour de rire; dites, pour rire et tout de bon (c'est-à-dire sérieusement, entièrement, de bon jeu, pour quelque chose).

4. Ne dites pas, tout de long de la rivière, mais tout du long...

5. Ne dites pas, tous les deux heures, tous les vingt-quatre heures, tous les trois semaines; dites, toutes les deux heures, toutes les vingt-quatre heures, toutes les trois semaines.

6. On dit également bien: ce n'est pas le tout ou ce n'est pas tout de bien réciter sa leçon, il faut encore la comprendre. (Acad.)

7. Ne dites pas, il m'a fait tout peur; dites, il m'a fait peur. (Wall.)

8. Ne dites pas: il est malade tout comme tout, il est sage tout comme tout; dites, il est fort malade, fort sage.

9. Ne dites pas: il est heureux comme tout, il est pauvre comme tout; dites, il est fort heureux, il est fort pauvre.

10. Ne dites pas: vous m'éclaboussez et vous me salissez tout; dites, ... vous me salissez entièrement, tout à fait.

11. Tout à fait, est adverbe et ne peut par conséquent s'employer comme substantif;—ne dites donc pas: le nouveau propriétaire a changé tout à fait dans cette maison; dites, a changé tout.—Écrivez ce mot sans traits d'union. (Acad.)

12. Tout plein, beaucoup; cette expression est française: il y a tout plein de monde dans les rues;—j'ai tout plein de livres d'égarés; vous dites qu'il n'y a pas de boutiques dans cette rue, il y en a tout plein.

13. Tout de suite et de suite: voyez suite.

14. Toute sorte, toute espèce: voyez sorte.

15. Tous deux, tous les deux: voyez deux.—On dit de même tous trois, tous quatre et tous les trois, tous les quatre;—au-delà de ce dernier nombre jusqu'à dix, on supprime rarement l'article: tous les cinq, tous les six, tous les sept, etc.;—au-delà de dix, on l'emploie toujours: tous les seize, tous les vingt.

16. Tout à coup, tout d'un coup.—Tout à coup (sans traits d'union) signifie soudainement, subitement: ce mal l'a pris tout à coup, comme il y pensait le moins. (Acad.)—Tout d'un coup signifie tout d'une fois, tout en même temps: il gagna mille écus tout d'un coup. (Acad.)

=Toux=, est un substantif féminin: j'ai la toux;—ne dites pas tousse. (Wall.)

=Tracassement=, n'est pas français; dites tracas, tracasserie: il est dans le tracas du déménagement; il y a bien du tracas dans cette maison; il passe sa vie à faire des tracasseries.

=Tracassier, ière=, subst.—Celui, celle qui aime à tracasser. On l'emploie aussi adjectivement: une administration tracassière.

=Traducteur=, s., celui qui traduit d'une langue en une autre. Ce mot n'a pas, quoi qu'en disent certains grammairiens, de correspondant féminin: madame Dacier, traducteur d'Homère (et non traductrice).

=Trafic=, s. m., négoce, commerce de marchandises: on prononce le c: trafike.

=Trahir, trahison.=—L'h est muette dans ces mots; prononcez tra-ir, tra-ison et non tra-hir, tra-hison.

=Train=, s. m.—Faire du train, pour, faire du tapage, est français, mais populaire; cependant on ne dit pas mener du train:—voyez mener.

=Traîner=, être en langueur sans pouvoir se rétablir; ce mot est français: il y a longtemps qu'il traîne; il traînera encore quelque temps.—Prononcez trèner et non train-ner.

=Traîtrise.=—Ce mot n'est pas français: dites trahison.

=Tramontane=, s. f.—Perdre la tramontane, c'est perdre la tête comme les matelots qui, perdant l'étoile polaire (tramontane), ne savent plus se diriger sur mer; ne dites pas trémontade.

=Tranquille=, adj., calme, paisible.—Prononcez trankile et non tranquille (ll mouillées).—Prononcez de même une seule l non mouillée dans tranquillement, tranquillité, tranquilliser, tranquillisant.

2. Laissez-moi donc tranquille? est impoli, pour dire: n'en parlons plus, je vous prie; brisons là-dessus, s'il vous plaît; assez sur ce sujet, parlons d'autre chose, si vous le voulez bien, etc.

=Trans=, prép., dans la composition des mots, signifie au-delà, à travers;—l's se fait sentir.

=Transaction=, transiger, transalpin, transitif, transition, transitoire:—prononcez l's douce: tranzaction, tranziger, tranzalpin, etc.

=Transe.=—Ne dites pas, sonner une transe, une agonie; dites sonner le glas, un glas funèbre. Remarquez qu'on ne pourrait pas dire: un tel est mort, on vient de sonner son glas; dites, on vient de sonner le glas (cloche funèbre), ou bien de sonner son trépas, son décès.

=Transir=, v. a. et n., pénétrer, engourdir de froid: je suis transi de froid;—prononcez trancir, tranci, trancissement et non tranzir, tranzi, tranzissement.

=Transit=, s. m., faculté de faire passer des marchandises sans payer de droits d'entrée: prononcez tranzite, et non trancite ni tranzi.

=Translater=, v. a., traduire d'une langue en une autre: ce mot est vieux (Acad.); on dit plus communément aujourd'hui traduire.

=Transvider=, verser une liqueur d'un vase dans un autre: ce mot n'est pas français; il faut dire transvaser.

=Trappe.=—Ce mot n'est pas français, dans le sens de souricière, ratière, taupière, etc., instrument dont on se sert pour prendre les souris, les rats, les taupes. (Wall.)

=Travailler=, v. a. et n.—Ne dites pas, il a travaillé longtemps après cet ouvrage; dites, ... à cet ouvrage. (Fland.)

=Travers.=—A travers, au travers, loc. prép.—La première est toujours suivie d'un régime simple, et l'autre, de la préposition de: à travers les champs, au travers des champs.—A travers désigne un passage libre, tandis que au travers indique qu'il y a des obstacles à surmonter pour se frayer un passage: à travers la route, au travers des ennemis.—Mais l'Académie fait remarquer que cette distinction n'est pas toujours observée: on ne voyait le soleil qu'à travers les nuages, qu'au travers du brouillard.

=Traverse=, s. f.—Ne dites pas un chemin de travers, mais, un chemin de traverse, pour signifier un chemin particulier qui conduit à un lieu où ne mène pas le grand chemin ou qui est plus court que ce grand chemin.

=Traverser=, v. a.—On ne dit pas traverser un pont, mais passer un pont ou traverser la rivière:—traverser un pont, en effet, c'est passer du côté d'amont à celui d'aval, ou réciproquement, et non suivre le pont dans sa longueur.—Cette observation s'applique également aux rues, aux chemins, tandis qu'au contraire, une place peut être traversée dans tous les sens.

=Trayer=, triller, trayage, trillage, choisir ou l'action de choisir, entre plusieurs choses, les meilleures seulement: ces mots ne sont pas français; dites trier, triage.—Chercher dehors, pour trier, est un flandricisme.

=Trébucher=, est un verbe neutre qui ne peut pas s'employer pronominalement; se trébucher n'est pas plus français que se tomber ou se marcher:—il ne peut pas faire un pas sans trébucher (et non sans se trébucher.)

=Trèfle=, s. m., plante ou l'une des quatre couleurs du jeu de cartes; ce mot est masculin: voilà de beau trèfle; je joue du trèfle.—Prononcez trè-fle et non trè-fe ni trè-fèle.

=Trémontade=, n'est pas français: voyez tramontane.

=Trente et un=: prononcez trenté un et non trenté iun;—prononcez de même vingt et un, quarante et un, etc.—Voyez nombre.

=Très=, ne se joint qu'à un adjectif, à un participe ou à un adverbe, et non à un substantif; on ne doit pas dire: j'ai très-faim, très-soif, très-raison, très-peur; il est très-matin, etc.; il faut dire, j'ai bien faim, fort soif, extrêmement, terriblement faim, soif, etc.

2. Remarquez que très doit toujours être joint, par un trait d'union, à l'adjectif, au participe ou à l'adverbe: très-riche, très-aimé, très-bien. (Acad.)

=Trésoriser=: voyez thésauriser.

=Tressauter=, n'est pas français; dites donc, ce coup de fusil ma fait tressaillir et non, tressauter.

=Tricheur=, tricheuse, celui, celle qui triche, qui trompe au jeu: trichard n'est pas français.

=Tricoises=, s. f. pl., tenailles dont se servent les maréchaux pour ferrer et déferrer les chevaux. (Acad.) Dans les autres acceptions, dites tenailles. (Wall.)

=Triennal, ale=, adj., qui dure trois ans: période triennale; —prononcez les deux nn, trien'nal.

=Trimbaler=, v. n., mener, conduire, faire courir, etc.; ce mot est trivial.

=Trimer=, v. n., marcher vite et avec fatigue; ce mot est très-populaire; dites, se tuer à marcher, à courir, à faire des courses.

=Tringle=, s. f., verge de fer: prononcez trin-gle et non tringue ni trin-guèle.

=Trio=, s. m., musique à trois parties; au pluriel, trios.

=Tripotier, ière=, s., celui, celle qui tripote, intrigant, intrigante:—tripoteur n'est pas français.

=Triste=, adj.—Un triste caractère, est un caractère avec lequel on ne peut pas vivre; un caractère triste, est celui qui est porté à la tristesse.

=Triumvir=, s. m., un des trois magistrats chargés de l'administration dans l'ancienne Rome:—prononcez triomevir; prononcez de même triumviral, triumvirat. (Acad.)

=Troc=, s. m., échange de meubles, de nippes, de chevaux et autres choses semblables: faire un troc avec quelqu'un.—Prononcez troque et non tro.

=Trognon=, s. m., le cœur, le milieu d'un fruit dont on a ôté tout ce qu'il y avait de meilleur à manger; il se dit principalement des poires et des pommes.—Le trognon d'un chou, un trognon de chou, est la tige d'un chou dont on a ôté les feuilles.—Ne dites pas rognon dans ce sens.

=Trois-pieds=, n'est pas français; dites trépied.

=Trombone=, s. m., espèce de grande trompette; on donne aussi ce nom à celui qui joue cet instrument: ce mot est masculin dans ces deux acceptions: le son du trombone est grave; le premier trombone de l'harmonie.

=Trompette=, est masculin, quand il désigne celui qui sonne de la trompette: le trompette de telle compagnie.—Il est féminin dans les autres acceptions.

=Tronc=, s. m.; boîte placée dans les églises pour recevoir les offrandes des personnes charitables: prononcez tron et non tronke.—Le mot bloc, employé pour tronc, n'est pas français.

=Trône=, s. m., siége royal: prononcez trône (ô long) et non trone (o bref).

=Trop=, adv.—Ne dites pas, il est trop courageux que pour se rendre; dites, il est trop courageux pour se rendre.—On ne prononce le p de trop que pour faire la liaison devant une voyelle ou une h muette: trop avare (ne dites pas tro-z'avare).

=Trotte=, s. f., espace de chemin; ce mot figure dans le dictionnaire de l'Académie comme terme populaire: il y a une bonne trotte d'ici là.—Il est mieux de dire traite, course: il y a une bonne traite, une longue course d'ici là.

=Trouée=, s. f., ouverture, espace vide dans un bois, dans une haie, etc.; ce mot est français: il est facile de faire une trouée dans ce bois; dans cette haie il y a une trouée par où nous pourrons aisément passer.—Prononcez trou-é (é long) et non trou-wé ni trou-wéïe.—Voyez ue, oue, ie, é, 2.

=Troupe=, s. f.—En parlant de quelqu'un qui est au service, dites: il est dans les troupes et non, dans la troupe ni à la troupe.

=Trouver bon=, trouver mauvais, approuver, désapprouver, etc., sont des expressions correctes. (Acad.)

=Truand, ante=, s., vaurien, vagabond, qui mendie par fainéantise: cet homme est un vrai truand.—Ce mot est substantif, et ne peut s'employer comme synonyme de paresseux, indolent; du reste, il est populaire et peu usité, dit l'Académie.—Prononcez tru-and et non tru-want.—Voyez oue, ue.

=Truc=, s. m. Avoir le truc, avoir l'art, le secret, le talent, être habile, rusé: il a le truc, il s'en tirera bien.—Ce mot est populaire et sent un peu l'argot.

=Truelle=, s. f.—Une truelle est un instrument de maçon; il ne faut pas employer ce mot comme synonyme de pelle.—Prononcez tru-elle et non tru-welle.

=Truffe=, s. f., légume très-savoureux et très-odoriférant; écrivez et prononcez truffe et non truffle.

=Trumeau, Glace.=—La partie du mur comprise entre deux fenêtres se nomme trumeau; il se dit aussi des glaces, ordinairement hautes et étroites, qui se mettent entre deux fenêtres ou qui sont placées au-dessus d'une cheminée.

=Tsar.= Voyez czar.

=Tu-autem=, s. m., expression latine dont on se sert pour dire, le point essentiel, le nœud, la difficulté d'une affaire: c'est là le tu-autem.—On ne l'emploie pas au pluriel: prononcez tu-autème.

=Tuer=, tueur etc.—Prononcez tu-er, tu-eur, je tû, et non tu-wer, tu-weur, je tu-we.—Voyez oue, ue.

=Tuile=, s. f.—Dites un toit couvert en tuiles ou de tuiles et non un toit couvert en pannes ou de pannes: ce dernier mot est flamand.—Prononcez tu-ile, et non tou-ile.—Voyez ui.

=Tulle=, s. m., sorte de tissu en réseau, très-fin; ce mot est masculin: du tulle brodé.

2. Tulle, pierre tendre, rouge, propre à marquer: ce mot est wallon et se rend en français par, craie rouge.

=Tumulte=, s. m., grand mouvement accompagné de bruit et de désordre; prononcez le t final: tumulte et non tu-mule.—Voyez finales, 2. et t.

=Tuser=, mot wallon qui signifie, penser, réfléchir, être absorbé par une idée;—il va sans dire qu'on ne peut pas l'employer en parlant français.

=Tutti=, terme de musique; prononcez les deux tt, tut'ti.

=Tuyau=, s. m.: prononcez tui-iau et non tu-iau.

=Typhus=, s. m., maladie contagieuse: prononcez typhuce.

=Tyran=, s. m.—On dit aussi une femme tyran domestique.

=Tzar=, s. m.: voyez czar.

U

=Ubiquiste=, s. m., docteur en Sorbonne non résident;—homme à qui les lieux sont indifférents, qui se trouve bien partout: prononcez ubikuiste (la diphth. ui se fait sentir) et non ubikiste ni ubikouiste ni ubikuisse;—prononcez de même ubiquitaire, ubiquité.

=Ue, uer.=—En général les wallons prononcent mal ces sortes de syllabes, en intercalant abusivement un w entre l'u et l'e, er; ainsi avenue, cohue, vendue, contribue deviennent avenu-we, cohu-we, vendu-we, contribu-we; de même attribuer, puer, continuer, se prononcent attribu-wer, pu-wer, continu-wer.—C'est là une faute grossière de prononciation: ue doit se prononcer simplement u long: avenû, cohû, vendû, contribû: en appuyant sur l'u suivi d'un e muet, on le distingue suffisamment d'un u non suivi d'un e et que l'on fait bref.

2. De même les syllabes uer, uet, ué, uez, ua, uan, uo, etc., doivent conserver leur prononciation naturelle et ne pas se transformer en u-wer, u-wé, u-wez, u-wet, u-wa, etc.: prononcez donc attribu-er, évalu-é, vous contribu-ez, mu-et, continu-ation, évalu-ation, du-o et non attribu-wer, évalu-wé, vous contribu-wez, mu-wet, continu-wation, évalu-wation, du-wo.—Le défaut de prononciation que nous signalons, est extrêmement grossier, quoique pourtant il soit très-commun dans les provinces wallonnes; nous devons en dire autant du défaut suivant.

3. Les mêmes observations s'appliquent à la prononciation du latin: vous direz donc tu-us, su-us, sensu-um, defectu-i, cu-i, tribu-o, tribu-i, etc., et non tu-wus, su-wus, sensu-wum, defectu-wi, cu-wi, tribu-wo, tribu-wi.

=Uhlan=, s. m.—L'u est aspiré; on écrit aussi hulan et houlan (Acad.): espèce de lancier dans l'armée autrichienne.

=Ui.=—Généralement les wallons ne font aucune différence en ui et oui et prononcent de la même manière Louis et lui, Huy et oui, fouir et fuir; c'est un défaut dont il importe souverainement de se corriger.—Conservez donc à la diphthongue ui son véritable son ui (u-i) et ne la métamorphosez pas gauchement en oui (ou-i), ce qui est tout différent.

=Ultimatum=, s. m., dernière condition d'un traité;, il n'a point de plur.—Prononcez ultimatome.

=Umble=, s. m., poisson qui ressemble beaucoup à la truite: on prononce omble, mais on dit et l'on écrit communément ombre, ombre-chevalier.

=Un, une=, adj. num. card.—Il s'emploie souvent comme substantif, et alors il ne prend point d's au pluriel: trois un de suite font cent onze.—Le masculin un se prononce à peu près comme s'il y avait eun et le féminin une se prononce u-ne: un jardin, un héros, une table, etc.—Devant une voyelle ou une h muette, un se prononce aussi eun, mais on le joint par une autre n au mot suivant: un oiseau, un homme (eun-noi-seau, eun-nhomme et non pas, u-noiseau, u-nhomme).—Dans les locutions sur les une heure, vers les une heure, l's de l'article pluriel les ne doit point se joindre à l'adjectif une; on prononce sur lè une heure, vers lè une heure: la raison en est que cet article pluriel n'appartenant point au substantif une heure, mais à un substantif pluriel sous-entendu, tel que environs, moments, etc., il repousse le singulier une.

2. L'un et l'autre, l'un ou l'autre, etc., se prononcent l'eun-net l'autre, l'eun-nou l'autre, ou bien sans joindre l'n aux mots et, ou. Mais lorsque l'un est séparé de l'autre par d'autres mots que les conjonctions et, ou et que la préposition à, l'n de l'un ne se fait point sentir devant la voyelle du mot qui suit: ainsi l'un est riche, l'autre est pauvre; l'un aime à lire, l'autre à jouer, ne se prononcent point l'eu-nest riche, l'eu-naime à lire, etc.

3. Un chacun: voyez chacun.

4. Un. Ne dites pas: c'est un de Verviers; dites, c'est un Verviétois, c'est quelqu'un de Verviers.

5. Ne dites pas: monsieur Pierre est de ceux qui fut décoré; dites, un de ceux qui furent...

6. Un, premier.—On dit le premier janvier, le deux, le trois, le dix janvier; on dit de même Léopold premier, Philippe deux, Philippe trois, Philippe cinq:—en vers cependant on peut dire second dans ce dernier cas: François second.

7. Ne dites pas: l'un jour ou l'autre, j'irai vous voir, dites, un de ces jours-ci...

8. Ne dites pas: l'un jour il est gai, l'autre jour il est triste; dites, un jour il est gai, l'autre jour il est triste.

9. Ne dites pas: j'ai vu un qui était original; dites, j'en ai vu un (s'il y a un substantif exprimé précédemment), ou j'ai vu un homme, j'ai vu quelqu'un...

10. Ne dites pas: je lui ai expédié un cinquante kilogrammes; ôtez un et dites, je lui ai expédié cinquante kilogrammes.

11. Ne dites pas: c'est un des plus éloquents prédicateurs que nous avons; dites, ... que nous ayons.

12. Ne dites pas: il n'y en avait pas un qui comprenait; dites, ... qui comprît.

13. Ne dites pas: l'un ou l'autre de mes amis vient me prendre; dites, un de mes amis vient me prendre.

=Uniforme=, s. masculin: un uniforme neuf et non une uniforme neuve.

=Union=, s. f.: prononcez u-nion et non u-gnion: l'union fait la force.—Voyez ni.

=Unir=, v. a.—Unir, dans le sens propre, veut la préposition à ou la préposition avec: unir un mot à un autre ou avec un autre. (Acad.)—Au figuré, il ne prend que la préposition à: Turenne unissait la prudence à la hardiesse; ce jeune homme unit la modestie au mérite.—Son composé réunir veut la préposition à, lorsqu'il est employé au propre: le cou réunit la tête au corps. Mais au figuré, dans le sens de posséder en même temps, réunir veut que les différents compléments directs soient joints par la conjonction et: Turenne réunissait la prudence et la hardiesse; ce jeune homme réunit la modestie et le mérite.

=Université=, s. f.—Il n'y a en France qu'une université proprement dite, et sous ce nom l'on comprend les académies, les facultés (de droit, de médecine, de belles-lettres, etc., établies dans les chefs-lieux des cours impériales ou cours d'appel), les colléges impériaux, les colléges communaux, les pensions et les écoles primaires;—ne dites donc pas: ouvrage adopté par les universités de France, mais, par l'Université de France.

=Us=, s. m. pl., les règles, la pratique qu'on a coutume de suivre en quelques pays touchant certaines matières; il est presque toujours joint au mot coutumes: les us et coutumes.—Prononcez uce.

=Usage=, s. m.—En parlant des choses qui durent longtemps, employez le mot user: cette étoffe de drap est d'un bon user; il y a des étoffes qui deviennent plus belles à l'user.—Usage, dans ce sens, n'est pas français.

=User=, v. n.—Ne dites pas: en usez-vous, je n'en use pas: dites, en prenez-vous, prenez-vous du tabac, je n'en prends pas, je ne prends pas de tabac. On peut également se servir du mot priser, qui ne figure pas dans le dictionnaire de l'Académie, mais qu'un usage universel a consacré depuis longtemps: prisez-vous? je ne prise pas.

=Ustensile=, s. masculin: un ustensile de cuisine.

=Usufruit=, usufruitier.—Gardez-vous bien d'écrire ou de prononcer usurfruit, usurfruitier: il n'a pas cette terre en propre, il n'en a que l'usufruit, il n'en est que l'usufruitier.

=Usurpateur=, s. m.—Le féminin correspondant est usurpatrice.

=Utérin, ine=, s. m.: frères, sœurs utérins, consanguins, germains: voyez germain.

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