‹ Dictionnaire du bon langage Contenant les difficultés de la langue française, les règles et les fautes de prononciation, les locutions vicieuses, les wallonnismes, les flandricismes, etc.Chapitre 4 sur 6 · L

L

=L.=—Il y a deux sortes d'_l_: l'_l_ simple et l'_l_ mouillée.—L'_l_ simple est celle qui ne fait entendre qu'une seule articulation, qu'elle soit simple en effet comme dans _bal, bel, fil, col, nul_, etc., ou double comme dans _balle, bulle, ville, molle, collége_, etc.—L'_l_ mouillée, dont la prononciation est particulière à la langue française, est presque toujours indiquée par la présence d'un _i_ devant cette consonne; elle se prononce alors, non d'après sa valeur ordinaire, mais avec une sorte de mollesse, en faisant entendre un _i_ après elle, indépendamment de celui qui la précède réellement; ainsi _billard, piller, tilleul, bouillon, mouiller, ailleurs, bouteille, cueille, meilleur_, etc., se prononcent comme s'il y avait _biliard, pilier, tilieul, boulion, moulier, alieurs, bouteillie, cueillie, melieur_.—Plusieurs grammairiens prétendent qu'il faut prononcer à la manière des wallons et du peuple de Paris: _biïard, piïer, tiïeul, bouiïon, aiïeurs, bouteiïe, cueiïe, meiïeur, mouiïer_, etc., en supprimant entièrement l'_l_ et en la remplaçant par deux _i_ ou par un _y_.—Nous pensons que la première prononciation est plus généralement reçue dans notre pays. Au reste, cette question étant très-controversée, chacun peut adopter telle prononciation qu'il lui semblera bon.—Nous ajouterons pourtant que bon nombre de grammairiens recommandent la première prononciation dans le discours soutenu et la seconde dans la conversation ordinaire.

2. _L_ finale est mouillée dans les mots suivants: _avril, babil, cil, fenil, grésil, gril, mil_ ou _millet_ et _péril_. (Acad.)—Elle ne se prononce pas dans: _baril, chenil, fournil, fusil, outil, persil, sourcil, coutil, courtil, gentil_ (voyez ce mot), _gril_ (dans le langage familier), _nombril, soûl, cul-de-jatte, cul-de-lampe, cul-de-sac_. (Acad.)—_Lle_ finales se mouillent dans les mots suivants: _aiguille, anguille, bille, cocomille, cédille, charmille, cheville, coquille, esquille, étrille, famille, faucille, fille, goupille, grille, guenille, lentille, pacotille, pastille, quille, roquille, vétille, vrille_, etc.

=La.=—Le pronom _le_ est invariable et s'emploie toujours au masculin quand il tient la place d'un adjectif: _Madame, êtes-vous malade? je le suis_ (et non _je la suis_); _Mesdames, êtes-vous contentes de ce discours? nous le sommes_ (et non _nous les sommes_).—Mais si l'adjectif est précédé d'un article, _le, la, les_ s'accordent avec lui en genre et en nombre, parce qu'alors l'adjectif devient substantif: _Madame, êtes-vous la malade dont on m'a parlé? je la suis_ (et non _je le suis_); _Mesdames, êtes-vous les parentes de Monsieur? nous les sommes_ (et non _nous le sommes_).—De même, en s'adressant à des hommes, vous direz: _êtes-vous soldats, médecins, avocats, Messieurs?—nous le sommes_: (ces subst. sont pris ici adjectivement).—Mais vous direz: _êtes-vous les soldats de Sébastopol, Messieurs?—Nous les sommes_: (le subst. ici est un véritable substantif).

2. =Là= (avec un accent grave pour le distinguer de l'article _la_) et =Ci=, adv. dém., se mettent souvent à la suite des pronoms démonstratifs, et dans ce cas, on doit mettre un trait d'union entre _là_ et _ci_ et les mots qui les précèdent: _celui-ci, celui-là, ce temps-là, cet homme-là_.

3. Il s'emploie quelquefois par une sorte de redondance, et pour donner plus de force à la phrase, et dans ce cas, il ne faut pas de trait d'union: _c'est là du courage; c'est là ce que vous auriez dû faire_.

4. Ne dites pas: _c'est là où je l'ai vu_; dites, _c'est là que je l'ai vu_.

5. Ne dites pas: _vous êtes venu chez moi, je n'étais pas là_; dites, _je n'y étais pas, je n'étais pas à la maison, j'étais absent_.

6. _De là_, sans trait d'union, signifie de ce lieu-là, de ce point-là, de ce sujet-là, de cette chose-là; _de là à la ville il y a cinq cents pas; tirez-vous de là; de là sont venues les guerres civiles_.

7. _Delà_, prép., s'écrit en un seul mot, c'est-à-dire, sans trait d'union entre _de_ et _là_: _delà la rivière, delà les monts; il est de delà les monts, par delà le cap de Bonne-Espérance_.—Dans ces derniers cas, toutefois, on dit de préférence _au delà des monts, au delà du cap de Bonne-Espérance_.

8. _Deçà_ et _delà_, de côté et d'autre: _j'ai perdu ma bourse, je l'ai cherchée deçà et delà; il était à cheval, jambe deçà, jambe delà_, c'est-à-dire à califourchon.

9. _En delà_, signifie plus loin.

10. _Par-ci, par-là, jusque-là_, s'écrivent avec un trait d'union.

11. =La, la=, sans accent grave, locution familière, espèce d'interjection: _la, la, ne pleurez plus; la, la, en voilà assez_.—_La, la_ (sans accent grave); adv.: _a-t-il bien travaillé? la, la_,—c'est-à-dire, médiocrement.

12. =La=, s. m., note de musique: prononcez _lâ_ (_a_ long).

=Le, La=, art.—1º L'article _la_ ne se met que devant les noms des femmes célèbres par leurs crimes.—2º Ce tour que les français emploient rarement parce qu'il n'est pas honnête, est plus ordinaire dans la langue italienne: _Le Tasse, la Pansarosa, la Ristori_.

2. Ne dites pas: _il a pris son enfant sur le bras et l'a emporté_; dites, _sur son bras_.

3. Ne dites pas: _l'un jour il travaille et l'autre il ne fait rien_; dites, _un jour il travaille..._

4. Ne dites pas: _l'un ou l'autre de mes parents vient me chercher_; dites, _un de mes parents, quelqu'un de mes parents vient..._

5. Ne dites pas: _parler le français, l'allemand_; dites, _parler français, allemand_.

6. Ne dites pas: _tout alla comme je désirais_; dites, _comme je le désirais_.

7. Écrivez et prononcez: _je l'ai vu, vous l'avez reçu_, etc., et non _je l'lai vu, vous l'l'avez reçu_.

8. _Ledit, ladite_, etc.: voyez _dit_.

=Labarum=, s. m., étendard de Constantin; prononcez _labarome_.

=Labour=, s. m.—ne dites pas, _des chevaux de labourage_, mais, _des chevaux de labour_.

=Laboureur=, s. m., celui qui par état laboure la terre; ce mot n'a pas de correspondant féminin.

=Lac=, s. m., ne se dit que d'une grande étendue d'eau, et ne peut pas s'employer comme synonyme de _mare_, de _flaque_: _dans ce village on abreuve les bestiaux à une mare; il y a des flaques d'eau dans ce chemin_.—Il est à remarquer qu'une _flaque_ est moins grande qu'une _mare_; c'est plutôt ce qu'on désigne, en wallon, sous le nom de _potai_.—Prononcez _lake_ au sing. et au pluriel.

=Lacer=, serrer avec un lacet;—_délacer, enlacer, laceure, lacet_: tous ces mots s'écrivent avec un _c_.

=Lâche=, _lâcher, lâcheté, lâchement_: prononcez l'_â_ long.

=Lâcher=, v. a.—D'après l'Académie, il faut dire: _lâcher de l'eau_ (uriner) et non _lâcher l'eau_ comme on le dit vulgairement.

=Lacs=, s. m., cordon délié, nœud coulant pour prendre divers oiseaux ou le gibier; au figuré, piége, embarras;—l'orthographe de ce mot est la même au singulier qu'au pluriel:—prononcez _lâ_.

=Lacune=, s. f., vide, interruption; ne le confondez pas avec _lagune_, petit lac, flaque d'eau.

=Ladre=, subst., avare, au féminin _ladresse_. (Acad.)

=Lady=, s. f., titre que l'on donne en Angleterre aux femmes et aux filles de personnes titrées; au pluriel _ladys_. Prononcez _lédi_. (Acad.)

=Lai, Laie=, adj., laïque: _frère lai, moine lai_, c'est-à-dire, qui n'est point destiné à la prêtrise; on se sert aussi de ce mot comme substantif. Prononcez _lè_, son bref, comme dans _laid_ (désagréable.)

=Laïc=: voyez _laïque_.

=Laideron=, s. f., jeune fille ou jeune femme laide; l'Académie n'admet point la forme _laideronne_: _c'est une petite laideron_ et non _laideronne_.

=Laineux, Lanugineux.=—_Laineux_ se dit des moutons et des étoffes qui ont beaucoup de laine; il se dit aussi des plantes ou parties de plantes qui sont couvertes de poils imitant la laine;—_lanugineux_ ne se dit que des parties des plantes, feuilles, fruits, tiges, etc., qui sont couvertes d'une espèce de duvet semblable à la laine ou au coton.

2. Quoique la laine ne paraisse guère _mangeable_, on trouve cependant dans l'Académie le dicton: _se laisser manger la laine sur le dos_; ce qui signifie, souffrir tout, ne pas savoir se défendre.—Prononcez _laine_ (_lène_), _laineux_ (_lèneux_) et non _lain-ne, lain-neux_.

=Laïque=, adj. des deux genres; quelques-uns écrivent _laïc_ au masculin (Acad.);—il est aussi substantif masculin;—il se dit d'une personne qui n'appartient pas au clergé.

=Laisse= (je, tu, il), du verbe _laisser_, a l'_ai_ long;—il est bref dans _laisse_, s. f., corde pour mener les chiens.

2. Ne dites pas _mener les chiens à la laisse_, mais, _en laisse_.

=Laisser=, pour _faire_, est un flandricisme; ne dites pas: _je me suis laissé faire un habit; j'ai laissé relier mon manuel; je me suis laissé saigner_, etc.; dites, _je me suis fait faire un habit; j'ai fait relier mon manuel; je me suis fait saigner_.

2. Ne dites pas: _laisser la porte sur la serrure_; dites, _laisser la porte à demi-fermée_ ou _entrou'verte_.

3. Ne dites pas: _laissez-nous aller_ pour _allons, partons_. (Fland.)

4. Ne dites pas: _je me suis laissé à dire_; dites, _j'ai cédé_ ou _je me suis rendu, j'ai accédé, acquiescé à ses instances, à ses sollicitations, à sa demande_. (Wall.)

5. Ne dites pas: _je me suis laissé dire_: il ne s'agit pas ici d'une permission à donner; dites simplement, _on m'a dit_.

6. On dit indifféremment, _ne pas laisser de_ ou _ne pas laisser que de_: _il ne faut pas laisser d'aller toujours votre chemin; il est pauvre, mais il ne laisse pas que d'être honnête homme_; la seconde expression est pourtant moins usitée que la première.

=Lait=, s. m.—Prononcez _lè_ (_è_ bref).—Ne dites pas: _une carpe à lait_, mais, _une carpe à laite_ ou _à laitance_ (substance blanche et molle ressemblant à du lait caillé).

2. Ne dites pas: _il est blanc comme un lait_; dites, _il est blanc comme lait_ ou _comme du lait_. Voyez _jais, geai_ et _jaune_.

3. _Lait de beurre_ ou _babeurre_ (et non _lait battu_), espèce de petit lait qui reste dans la baratte après qu'on a fait le beurre.

4. _Petit-lait_ ou _lait clair_, sérosité ou liquide qui se sépare du lait lorsqu'il se caille: _prenez un verre de petit-lait pour vous rafraîchir_.

5. _Lait coupé_, lait dans lequel on a mis une portion d'un autre liquide: _lait coupé avec du bouillon_.

6. _Lait de poule_, jaune d'œuf délayé dans de l'eau chaude avec du sucre.

=Laitière=, s. f., femme qui fait le métier de vendre du lait; ne dites pas, _femme au lait_.—Prononcez _laiti-ère_ et non _laitchi-ère_. Voyez _ti_ et _di_.

=Lamperon, Lampion.=—Le _lamperon_ est le petit tuyau ou la languette qui tient la mèche, (le coton) dans une lampe.—Le _lampion_ est un vaisseau de verre, de terre ou de fer blanc que l'on place dans une lanterne ou dont on se sert pour faire des illuminations.

=Lancées, Lançures, Lancements=, ne sont pas français; dites, _élancements_: _j'ai des élancements dans la tête, au doigt_.—Voyez le mot suivant.

=Lancer=, faire ressentir dans quelque partie du corps une douleur vive et aiguë avec agitation; dites _élancer_ et non _lancer_: _la tête m'élance, le doigt m'élance_.

=Lande, Lente=, s. f.—Une _lande_ est une grande étendue de terre inculte et stérile: _les Ardennes et la Campine sont pleines de landes_.—Une _lente_ est l'œuf d'où sortent les poux et qui s'attachent aux cheveux des enfants et des personnes malpropres (ne dites pas _lende_).—Voyez _fange_.

=Landier=, s. m., gros chenet de fer qui sert à la cuisine pour élever le bois autour de l'âtre et le faire brûler plus facilement.—Ne dites pas _andier_.

=Landwehr=, s. f., garde civique en Allemagne: prononcez _land'vère_.

=Lange, Linge=, s. m.—Le _lange_ est le morceau de linge dont on enveloppe les enfants au berceau;—le _linge_ se dit de toute toile mise en œuvre selon les différents usages auxquels on veut l'employer.—Prononcez _lan-ge, lin-ge_, et non _lan-che, lin-che_.

=Langue fumée.=—Ne dites pas _langue enfumée_.—Prononcez _lan-gue_ et non _lan-ke_; prononcez de même _bague, harangue, figue_, etc.

=Lanterne magique=, s. f., instrument d'optique; ne dites pas _lanterne magie_.

=Lapis=, s. m., pierre précieuse; on dit aussi _lapis-lazuli_; prononcez _lapice-ladzuli_.

=Lapisse=, s. m., mot wallon, _eau de son, eau blanche_: _il faut donner de l'eau de son à ce cheval pour le rafraîchir_.

=Lapoter=, mot wallon, boire en tirant avec la langue comme le chien; en français, _laper_: _ce chien fait du bruit en lapant_.

=Laps=, s. m., espace de temps; prononcez le _p_ et l'_s_, _lap'se_.

=Laque=, s. f., ne se dit pas dans le sens de cire à cacheter; dites _un bâton de cire à cacheter_ et non, _un bâton de laque_.—La _laque_ est une sorte de gomme résine: _la laque sert à composer des vernis_.—Ce mot est masculin quand on veut parler du vernis de Chine ou des meubles qui en sont recouverts: _le beau laque de la Chine_.

=Lard= (_bacon de_), mot wallon; dites _une flèche de lard_.

=Large, Long, Haut.=—Ces adjectifs peuvent s'employer substantivement au lieu de _largeur, longueur, hauteur_: _ce tableau a six pieds de haut sur quatre de large; ces rideaux ont six aunes de long_.—Mais vous ne pouvez pas dire: _cette chambre est six pieds longue, large, haute_; dites, est _longue, large, haute de six pieds_, ou _a six pieds de long, de large, de haut_.

2. _Au large, au long et au large, du long et du large, en long et en large_, sont des locutions adverbiales.

3. _Large_ (_à grand_), est une locution wallonne; dites _largement, grandement, amplement_: _il a été payé largement; il leur donna amplement à manger_.

4. Ne dites pas non plus: _il regarda tout large_, pour signifier, _il fut étonné, surpris, stupéfait, stupéfié_.—(Wall.) Prononcez _large_ et non _larche_.

=Larynx=, s. m., partie supérieure de la trachée-artère, principal instrument de la voix:—prononcez _laraink-ce_.

=Las=, interj., hélas; il est du style naïf et familier. (Acad.) Prononcez _lâce_.

=Las, lasse=, adj., fatigué, ennuyé, dégoûté; l'_a_ est long au masculin et au féminin et le masculin se prononce _lâ_ et non _lâce_ au singulier et au pluriel: _je suis si las_ (lâ), _nous sommes si las_ (lâ et non _lâce_).

=Lasser=, v. a., fatiguer, causer de la fatigue, ennuyer, dégoûter.—_Se lasser_ régit la prép. _à_ ou la prép. _de_: la prép. _à_, lorsqu'il est pris dans le sens de _fatiguer_, et la prép. _de_, lorsqu'il a le sens _d'ennuyer, dégoûter_: _on se lasse plus à rester debout qu'à marcher; on se lasse d'entendre toujours les mêmes plaintes_.

=Latrines=, s. f. pluriel sans singulier, lieu où l'on satisfait à ses besoins naturels.

=Latte=, s. f., morceau de bois refendu selon son fil, long, mince, étroit, que l'on attache avec des clous sur les _chevrons_ pour porter la tuile, ou dans l'intérieur des bâtiments, sur la charpente pour recevoir l'enduit de plâtre des plafonds et des cloisons: _une botte de lattes; clouer des lattes; un grenier lambrissé sous des lattes_.

=Latter=, v. a., garnir de lattes:—_il faut latter et contrelatter cette cloison_; il s'emploie aussi absolument: _latter à claire-voie; latter à lattes jointives_.—_Lattis_, s. m., ouvrage de lattes: _couvrir un lattis avec des tuiles_.—Prononcez _lati_ et non _latice_.

=Laudanum=, s. m., préparation d'opium; prononcez _lôdanome_.—Ne dites pas _de l'eau d'ânon_.

=Laudes=, s. f. pl., partie de l'office: prononcez _lô-de_ et non _lô-te_.

=Lauréole=, s. f., plante dont les feuilles ressemblent à celles du laurier; ne dites pas _laurelle_ et prononcez _lo-réole_.

=Laurier.=—Prononcez _lo-rier_ et non _lô-rier_.

=Lavanche= et =Lavange=, s. f., se disent quelquefois pour _avalanche_. (Acad.)

=Lavande=, s. f., plante aromatique, labiée, portant de petites fleurs bleues qui viennent par épi: _eau de lavande; mettre de la lavande dans du linge_.—Ne prononcez pas _lavante_.

=Lavandier, Lavandière.=—Un _lavandier_ est un officier, dans certaines cours, chargé de veiller au blanchissage du linge.—Une _lavandière_ est une femme qui lave le linge; ce mot est peu usité, on dit plus souvent dans ce sens _blanchisseur, euse, lessiveur, euse_, et quelquefois _laveur, laveuse_: _laveuse de linge_.

=Lavasse=, s. f., pluie, subite, abondante et impétueuse: _il vint tout à-coup une grande lavasse_.—Mais on ne peut pas dire: _il pleut à lavasse_.

2. _Lavasse_ signifie encore, vin, bière, bouillon, sauce, tisane où l'on a mis trop d'eau: _ce n'est que de la lavasse_.—On dit aussi _piquette_ dans le même sens, mais _lapette_ n'est pas français.

=Laver=, ne peut pas s'employer dans le sens _d'arroser, d'irriguer_.

2. _Laver_, s'emploie quelquefois absolument et alors il signifie se laver les mains avant le repas: _ne voulez-vous pas laver_. (Acad.) Dans toute autre acception, il faut exprimer la partie du corps qu'on lave: _se laver les mains, la figure, les pieds_, etc.

3. On ne dit pas: _laver ses mains, sa figure_, etc., mais _se laver les mains, la figure_.

=Lavette=, s. f., petit morceau de linge dont on se sert pour laver la vaisselle.

=Lavier, Lévier=, ne sont pas français; dites _évier_, pour signifier une pierre en forme de table et légèrement creusée sur laquelle on lave la vaisselle, et qui a un trou pour l'écoulement des eaux: _jeter les eaux par l'évier; cette cuisine a un évier_.—On dit aussi _pierre d'évier_ et _pierre à laver_.

=Lavis=, s. m., =Lavure=, s. f.—_Lavis_ est un terme de peinture et signifie la manière de colorier un dessin avec de l'encre de chine, du bistre, etc.—Prononcez _lavi_.—_Lavure_ est l'eau qui a servi à laver la vaisselle, les écuelles et n'est guère usité que dans cette locution: _lavure de vaisselle, d'écuelles_.—_Lavure de vaisselle_ se dit aussi, familièrement, d'un bouillon, d'un potage fade et insipide où il y a trop d'eau.

=Lazzarone.= s. m., nom que l'on donne aux dernières classes du peuple napolitain; on dit au pluriel _lazzaroni_.—Prononcez, _lad'zaroné, lad'zaroni_; le _z_ italien équivaut à _ds, dz_.

=Lazzi=, s. m., mot italien qui signifie, action, mouvement, geste bouffon dans la représentation des comédies: _les lazzi d'Arlequin_.—Il se dit, par extension, de mauvaises plaisanteries et de bouffonneries faites ailleurs qu'au théâtre: _il s'en est tiré par des lazzi_. L'Académie dit que quelques-uns écrivent au pluriel _lazzis_, mais dans les exemples qu'elle donne du pluriel, elle écrit _lazzi_ sans _s_.—Prononcez _l'ad'zi_.

=Le=, art. et pron.—Prononcez _le_ et non _lè_.

2. _Le, la, les_, employés comme régimes directs, ne doivent jamais s'omettre ni en vers ni en prose. Ce serait donc une faute de dire: _je lui avais bien dit; donnez-lui; je ne suis pas ingrat, je lui rendrai bien_; au lieu de: _je le lui avais bien dit; donnez-le-lui; je le lui rendrai bien_.

3. Cette règle est également applicable au pronom _en_. Ne dites donc pas: _j'aurai plus de complaisance qu'ils n'ont; c'est là, soyez certain, la cause de son refus_. Dites, _qu'ils n'en ont; soyez-en certain_.

4. Les phrases suivantes sont également incorrectes: _prêtez-moi-le, montrez-nous-les, donnez-moi-le_, etc. Ici il faut placer le régime direct le premier: _prêtez-le-moi; montrez-les-nous; donnez-le-moi_.

5. =Les, Des, Mes, Tes, Ses.=—Prononcez _lè, dè, mè, tè, sè_, et non _lé, dé, mé, té, sé_.

6. =Lé=, s. m., largeur d'une étoffe entre deux _lisières_: _un lé de drap_. Écrivez et prononcez _lé_ et non _lè_ ni _lit_.

=Leçon=, s. f.—Ne dites pas: _je prends des leçons à un habile professeur_; dites, _je prends des leçons d'un habile professeur_.

2. On dit très-bien, _donner, prendre des leçons de musique, de dessin, d'histoire_, etc. (Acad.);—mais _donner leçon de grec, de latin_, etc., ne nous paraît pas assez correct; il faut dire, _donner des leçons de ..._—_Donner, prendre des leçons_, se dit des leçons particulières; mais quand il s'agit de leçons ou de cours publics, on dit _faire un cours_ (et non _donner un cours_), _faire une leçon, faire des leçons_.—Prononcez _leçon_ et non _lèçon_.

=Lecteur=, _lectrice_, =Liseur=, _liseuse_.—La _lecteur_ est en général celui qui lit, ou dont le métier est de lire à haute voix devant une ou plusieurs personnes ou une communauté; _c'est un bon lecteur, c'est une excellente lectrice; lecteur du roi, lectrice de la reine_.—Le _liseur_ est celui qui aime à lire, qui ne fait que lire, qui lit beaucoup et longtemps, qui lit avec passion; le _liseur_ est un lecteur passionné: _c'est un grand liseur, une grande liseuse de romans_. Il est familier.

=Légataire=, subst. des deux genres, =Testateur=, _testatrice_. —_Légataire_, est celui, celle à qui on fait un legs;—_testateur, testatrice_, est celui, celle qui fait un testament.—Voyez _dépositaire, signataire, locataire_.

=Léger=, _légère_, adj., qui pèse peu, agile, volage; prononcez _légé_ et non _l'gé_ ni _legé, lègé, légère_ (au masc.), quoique Rousseau et Voltaire l'aient fait rimer avec _air_ et _cher_.

=Législateur=, _législatrice_, =Légiste=.—_Légiste_, qui connaît ou qui étudie les lois;—_législateur_, celui qui donne des lois à un peuple: _Moïse fut le législateur des Hébreux_.

=Législation, Législature.=—_Législation_ est le droit de faire des lois: _en Belgique, la législation appartient au Roi et aux deux Chambres_;—il se dit aussi du corps même des lois: _réformer la législation_;—il se dit encore de la science, de la connaissance des lois: _il est habile en législation_.—La _législature_, ce sont les trois pouvoirs qui concourent à la confection des lois: _la législature vient de décider une grande question_.—Il s'emploie souvent dans le sens d'assemblée législative: _législature nombreuse, complète_.—Il se dit encore de la période de temps qui s'écoule depuis l'installation d'une assemblée législative, jusqu'à l'expiration de ses pouvoirs: _pendant la première, la seconde législature_.

=Legs=, s. m., ce qui est légué; prononcez _lè_ et non _lègue_.

=Légume=, est masculin: _de bons légumes_ et non _de bonnes légumes_.

=Lendemain.=—_Du jour au lendemain_;—quoi qu'en disent certains grammairiens, cette expression est très-correcte et fort usitée.—Prononcez _len-de-main_ et non _lan-ne-main_.—Voyez _commandement_.

=Lent à, Long à=, se disent indifféremment l'un pour l'autre; cependant _lent à, longtemps à_, nous semblent préférables à _long à_: _ces messieurs sont bien lents à venir, sont longtemps à venir_.

=Lente=, s. f.: voyez _lande_.

=Lesquels, Desquels=: prononcez _lèquèl, dèquèl_, et non _lès'quel, dès'quel_ ni _lèquéle, dèquéle_.

=Lest=, s. m., poids au fond du navire; prononcez _less'te_ et non _lesse_.

=Leste=, adj. des deux genres, léger, inconsidéré: prononcez _less'te_ et non _lesse_.

=Lettre=, s. f.—De quel genre sont les lettres de l'alphabet?—Si l'on adopte l'appellation moderne, elles sont toutes du masculin; un _be_, un _de_, un _pe_, un _re_, un _se_;—si l'on adopte, au contraire, l'appellation ancienne et usuelle (c'est celle que nous avons nous-même adoptée dans notre _Dictionnaire_), il faut consulter le son final de la lettre: elle sera féminine si ce son final lui-même est féminin, c'est-à-dire, s'il est censé se terminer par un _e_ muet: une _f_, une _h_, une _l_, une _m_, une _r_, une _s_, une _x_, parce qu'on prononce _effe, hache, elle, emme, enne, erre, esse, ikse_.—Elles sont du masculin lorsque le son final est grave ou est censé se terminer par une voyelle autre que l'_e_ muet: un _b_, un _c_, un _d_, un _g_, un _j_, un _k_, un _p_, un _q_, un _t_, un _v, w_, qui se prononcent _bé, cé, dé, gé, ji, ka, pé, ku, té, vé_.

2. =Lettre=, s. f.—Ne dites pas, _mettre des mots par lettres alphabétiques_, mais, _par ordre alphabétique_; en effet, toutes les lettres sont alphabétiques.

3. Ne dites pas, _le porteur de lettres_, mais, _le facteur_.—Prononcez _let-tre_ et non _let-te_ ni _lettère_.

=Leur.=—Ne dites pas: _ils étaient leur deux, leur trois_; dites, _ils étaient deux, trois_ ou _eux deux, eux trois, elles deux, elles trois_; comme on dit, _nous étions nous deux, vous étiez vous trois_, et non _nous étions nos deux, vous étiez vos trois_.

2. _Leur_, signifiant _d'eux, d'elles_, veut être devant son substantif; dites en parlant de deux frères ou deux cousins: _je suis leur parent_, c'est-à-dire, _le parent d'eux_, et non, _je leur suis parent_, qui signifierait, _je suis parent à eux_, ce qui n'est pas français.

3. _Leur_, pronom, s'écrit sans s: ne dites donc pas, _je leurs z'ai dit_; dites, _je leur ai dit_.

=Levain=, s. m., =Alevin=, s. m.—Le _levain_ est une pâte aigrie qui, mêlée à la pâte dont on veut faire le pain, la fait lever et fermenter;—l'_alevin_, c'est du menu poisson pour peupler un étang, un vivier; dites donc, _j'ai mis de l'alevin dans mon réservoir_, et non pas _du levain_.

=Levée=, s. f.—Ne dites pas: _il est capot, il n'a pas fait un seul levé_; dites, _une seule levée_.

=Lever=, v. ac., fait au futur _je lèverai, tu lèveras_, etc., et au conditionnel, _je lèverais, tu lèverais_, etc., et non _je leverai, tu leveras; je leverais, tu leverais_.

2. Ne dites pas: _j'ai levé cet enfant_, pour dire, que vous êtes son parrain; dites, _j'ai tenu cet enfant sur les fonts_, ou _je suis le parrain de cet enfant_.

3. On dit très-bien, dans le sens de percevoir, recueillir, rassembler, ramasser, emporter: _lever les fruits d'une terre; lever les impôts, des impôts; on lève annuellement tant de millions sur ce royaume; on lève un droit sur cette denrée_;—on a dit de même autrefois, _lever les rentes seigneuriales, la dîme_.

4. Mais en parlant d'une somme d'argent, il faut dire _toucher_ et non _lever_: _il a touché ses appointements_ (et non _levé_); _je lui ai fait toucher telle somme_ (et non _lever_); _toucher de l'argent_ (et non _lever_). (Acad.)—(Wall.)—Prononcez _lever_ et non _lèver_.

=Lever-Dieu=, s. m., le moment de la messe où le prêtre élève la sainte hostie; au plur., _lever-Dieu_; ne dites pas _Dieu-levé_.

=Levier=: voyez _évier_.

=Lèvre=, s. f.: prononcez _lèvre_, et non _lè-fe_ ni _lé-vère_.

=Levûre=, s. f.—Ce substantif ne peut se mettre au pluriel que dans les cas où il s'agirait de différentes espèces de levûres. Il n'est pas plus correct de dire, _acheter des levûres, mettre des levûres dans la pâte_, que de dire _acheter des levains, mettre des levains_; il faut dire, _acheter de la levûre, mettre de la levûre_. Prononcez et écrivez _levûre_ (accent circonflexe) et non _lèvure_.

=Lexique=, s. m., dictionnaire; il se dit particulièrement des dictionnaires grecs;—prononcez _lek-cique_, et non _lek-zique_; prononcez de même ses dérivés, _lexicologie, lexicographie_, etc.

=Lez=, adv., vieux mot signifiant à côté, proche de: _la Tombe lez-Tournai_.—C'est à tort que l'on remplace _lez_ par _les_ ou _des_: _Plessis-les-Tours_; il faudrait dire, _Plessis-lez-Tours_.—Prononcez _lé_ et non _lè_, ni _lèze_.

=Liaisons affectées.=—La conversation demande plus de laisser-aller et un certain négligé que ne comporte pas le discours soutenu. Il faut donc éviter, en parlant, de multiplier les liaisons; il faut même s'attacher à les omettre le plus possible, surtout celles des _s_ et des _t_ et surtout encore celles qui présenteraient, dans le même mot ou dans deux mots qui se suivent, la répétition des mêmes consonnes ou des mêmes sons,—c'est ainsi que les personnes de bon ton ne diront jamais: _il est onze heures z'et un quart, onze heures z'et demie; deux heures z'et demie_; elles diront avec beaucoup plus de naturel _il est onze heures et un quart_, etc., en supprimant la liaison.—«Lier les mots avec affectation dans les discours fut de tout temps le propre de la pédanterie; c'est un défaut de maître d'écriture.» (FRANCIS WEY).

=Liard=, s. m.—Ne dites pas: _je n'ai plus de petits liards_; dites, _je n'ai plus de petite monnaie_.—Prononcez _liar_ (en une seule syllabe) et non _li-ar_ ni _li-iar_.

=Libelle=, écrit injurieux, diffamatoire, est masculin: _un libelle violent_.

=Libelliste=, s. m., auteur de libelle; prononcez _libel'liste_; et non _libèliste_ ni _libel'lisse_.

=Liber=, s. m., troisième partie de l'écorce; prononcez _libère_.

=Libera=, s. m., prière pour les morts; prononcez _libéra_.

=Libéral=, _libéralité, libérer_.—Prononcez _libéral, libéralité, libérer_, et non, _libèral, libèralité, libèrer_.

=Librairie, Mairie, Seigneurie.=—Dites _librai-rie, mai-rie, seigneu-rie_, et non _librai-rerie, mai-rerie, seigneu-rerie_.

=Libre=, adj.: prononcez _li-bre_ et non _li-pre, li-pe, libère_.

=Licence=, s. f., grade que l'on prend dans les facultés de _théologie_ (et autrefois dans celles de droit et de médecine); c'est le degré entre le baccalauréat (le grade de bachelier) et le doctorat: _la licence en théologie, en droit canon_;—_le licencié_ est celui qui a pris le grade de la licence: _monsieur N. est licencié en théologie_.

=Licet=, s. m., permission; prononcez _licète_.

=Lichefrite=, s. f., ustensile de cuisine qui reçoit la graisse et le jus de viandes qu'on fait rôtir; dites, _la lèchefrite_.

=Lichen=, s. m., plante parasite qui croît sur les troncs d'arbres, sur les rochers, sur les murs; prononcez _likène_. (Acad.)

=Licol= ou =Licou=, s. m., lien de cuir ou de crin qu'on met autour du cou des chevaux pour les attacher à l'auge, au ratelier.—_Licol_ n'est employé qu'en poésie et devant une voyelle, pour éviter l'hiatus;—_licou_ fait au pluriel _licous_.

=Lier=, v., =Lien=, s. m.: prononcez _li-é, li-in_, et non _li-ié, li-iin_.

2. Ne dites pas: _lier les dents_; dites, _agacer les dents_.

=Lierre=, s. m., plante; prononcez _lière_ (_iè_ diphth.)

=Liesse=, s. f., joie; prononcez _li-èce_;—ce mot est vieux, dit l'Académie.

=Lieu.=—Les locutions, _donner lieu, trouver lieu, avoir lieu, y avoir lieu_, demandent la préposition _à_ devant un substantif et la préposition _de_ devant un infinitif: _je n'ai pas donné lieu à votre colère; j'ai lieu de_ (et non _à_) _me plaindre de vous_.

=Lieu-dit.=—Cette expression prend le trait d'union toutes les fois qu'elle ne peut pas se remplacer par les mots _lieu nommé_; ainsi il faut écrire: _cette pièce de terre est située à lieu dit_ (nommé) _derrière-la-ville_; tandis que vous écrirez: _cette parcelle est située à tel lieu-dit_.

=Lieue=, s. f.: voyez _heure_.

=Ligature=, s. f.—Ne dites pas: _la ligature d'un livre_, mais, _la reliure d'un livre_.

=Ligne=, s. f.—Ne dites pas: _une étoffe à ligne_, mais, _une étoffe rayée_.

2. Ne dites pas: _peignez cet enfant, et faites-lui sa ligne sur le côté_, dites, _sa raie_.—La _raie_ est un trait tiré de long avec une plume, un crayon, etc.; il se dit aussi d'une certaine séparation de cheveux qui se fait naturellement ou avec le peigne sur le haut de la tête. (Acad.)

=Ligner.=—Ne dites pas: _ligner du papier_ (tirer des lignes); dites, _règler du papier; cahier règlé_.

=Ligneul=, s. m., =ligneux=, adj. et subst.—Le _ligneul_ est un fil enduit de poix dont se servent les cordonniers; _ligneux_ signifie qui a la nature ou la consistance du bois: _la coque de la noix est ligneuse_: prononcez _li-gneux_ et non _ligh-neux_ (_g_ dur).

=Lilas=, s. m., arbuste, fleur: prononcez _lilà_.

=Limace=, s. f., ou =Limas=, s. m.; mollusque rampant, sans coquille, de forme allongée, à quatre tentacules, et ordinairement rougeâtre.—_Limaçon_, s. m., diffère de la limace et du limas en ce qu'il porte une coquille; ne dites pas: _ce jardin est rempli de limaçons_; dites, _de limaces_;—les wallons sont exposés à confondre ces mots.

=Limon, Timon.=—Le _limon_ est une des deux pièces de devant d'une charrette ou d'un cabriolet entre lesquelles se place le cheval;—le _timon_ est la pièce de bois de devant d'un carrosse, d'un chariot, des deux côtés de laquelle on attelle les chevaux.

=Linceul=, s. m.—Prononcez ce mot comme il est écrit, _linceul_ et non _linceuille_ (_l_ mouillée);—il ne se dit que du drap de toile dont on se sert pour ensevelir les morts.—Ne dites donc pas: _mettez des linceuls au lit de monsieur_; dites, _mettez des draps au lit..._ Dans cette acception on dit _drap_ et quelquefois _drap de lit_.

=Linéaire=, adj., qui a rapport aux lignes; prononcez _liné-aire_ et non _liné-iaire_ ni _lignéaire_.

=Linger, ère=, s., celui, celle qui fait commerce de toile, qui vend, qui fait du linge, qui travaille en linge.—Ce mot ne s'emploie pas dans le sens de blanchisseuse, lavandière, laveur, euse, repasseuse.

=Lingerie=, s. f.—On dit _un magasin de lingerie_ et non _de lingeries_.

=Lingual, ale=, adj., qui a rapport à la langue; prononcez _lingoual_.—Le masculin _lingual_ n'a pas de pluriel.

=Linguistique=, s. f., science des langues; _linguiste_, qui s'occupe de la linguistique;—prononcez _lingu-ïs-tique, lingu-ïste_ (_ui_ diphth.) et non _lingouistique, lingouiste_ ni _linghistique, linghisse_.

=Linteau, Liteau.=—Le _linteau_ est une pièce de bois, de pierre ou même de fer en travers, au-dessus d'une porte ou d'une fenêtre pour maintenir la maçonnerie;—le _liteau_ est une petite pièce de bois couchée sur une autre; en terme de chasse, c'est le lieu où le loup se repose pendant le jour; c'est aussi une raie rouge ou bleue sur du linge de table, et dans cette acception on ne l'emploie guère qu'au pluriel: _serviette à liteaux_ (et non _à linteaux_).

=Lion=, _lionne, lionceau_.—Plusieurs auteurs disent que _ion_ est diphthongue; nous ne saurions nous ranger à cette opinion; et nous continuerons a prononcer, comme on le fait généralement: _li-on, li-onne, li-on-ceau_.

=Lippe=, s. f., la lèvre d'en bas, lorsqu'elle est trop grosse ou trop avancée: _avoir une grosse lippe, une vilaine lippe_; ce mot est familier.

=Lippée=, s. f., bouchée et repas;—dans ce dernier cas, il est toujours accompagné de _franche_: _une franche lippée_.

=Lippu, ue=, adj., qui a une grosse lèvre: _les nègres sont lippus_; ce mot est familier.—Il s'emploie plus ordinairement comme substantif: _c'est un gros lippu_. (Acad.)

=Liquéfaction=, s. f., action de liquéfier; prononcez _liku-éfaction_ et non _likouéfaction_ ni _likéfaction_.

=Liquide=, _liqueur, liquoriste, liquéfier, liquider, liquidateur_: —prononcez _likide, likeur, likoriste, likéfier, likider, likidateur_.

=Lire.=—Ne dites pas: _j'ai lu hors d'un livre, hors du journal_; dites, _j'ai lu dans un livre, dans un journal_. (Fland.)

2. Ne dites pas non plus: _j'ai lu sur la gazette, j'ai lu sur le journal, sur la feuille_, etc.; dites, _j'ai lu dans la gazette, dans le journal, dans la feuille, dans la revue, dans l'almanach, dans les_ ou _aux annonces du journal_, etc. (Wall.)

=Lis= (et non _lys_), s. m., plante bulbeuse qui porte des fleurs à six pétales; prononcez _lice_ même devant une consonne, _lis_ (_lisse_) _blanc, lis_ (_lisse_) _bleu_, etc.

2. _Fleur de lis_, terme d'armoiries: _écu semé de fleurs de lis_; dans ce cas on prononce _li_ sans faire sentir l'_s_.

3. Poétiquement, _les lis_ se disait autrefois de la France: _l'empire des lis, le trône des lis_; dans ce sens on prononce _lice_.

=Liseré=, s. m., petite bordure faite sur une étoffe ou à un habit, un gilet, avec un ruban uni ou brodé; ne dites pas _liseret_.

=Liseur.=—Voyez _lecteur_.

=Lisé-je, dormé-je=, grossier barbarisme; dites, _est-ce que je lis, est-ce que je dors?_

=Lisse=, adj. des deux genres, uni, poli: _une étoffe lisse, du papier lisse_.

=Lit de camp, Lit de sangles.=—_Le lit de camp_ est un petit lit dont le bois se démonte de manière qu'on peut le transporter facilement; il se dit aussi d'une espèce de couchette formée de planches inclinées, qui sert de lit dans un corps de garde.—_Le lit de sangles_ est un lit fait de sangles, et quelquefois d'un morceau de coutil attaché à deux longues pièces de bois soutenues par des pieds ou jambages qui se croisent.—Comme on le voit, c'est à tort que l'on désigne, par _lit de camp_, un _lit de sangles_.

=Litanies=, s. f. pl., prière faite en l'honneur de Dieu, de la Ste-Vierge et des saints, et composée d'une série d'invocations; dans ce sens il ne s'emploie pas au singulier: _les litanies de tous les saints, de belles litanies_.—_Litanie_, au singulier, se dit d'une énumération longue et ennuyeuse: _il nous a fait une longue litanie de ses peines, de ses plaintes_.

=Liteau=: voyez _linteau_.

=Litre=, s., unité de mesure de capacité, est masculin: _un litre de bière_; prononcez _li-tre_ et non _lite, litère_.

=Littéral, ale=, adj., qui est selon la lettre, conformé à la lettre: _traduction littérale_.—L'Académie ne donne point de pluriel masculin; Trévoux, Laveaux, Fabre, l'abbé d'Olivet et Boinvillers disent, _des commentaires littéraux_.

=Livrance, Livrement=, action de livrer une chose vendue, ne sont pas français; il faut dire _livraison_: _j'ai fait une livraison de six pièces de toile; je dois faire demain une livraison à tel correspondant_.

=Livre=, ancienne mesure remplacée aujourd'hui par le franc, est féminin: _une livre tournois_.

2. _Livre._—On dit _un livre de prières_ et non _un livre à prières_. (Acad.)—Prononcez _livre_ et non _life_ ni _livère_. Voyez _lire_ et _prière_.

=Ll= _mouillées_: voyez _l_.

=Llama=, et mieux =lama=, s. m., quadrupède ruminant du Pérou; l'Académie dit qu'on mouille les deux _ll_ dans _llama_.

=Llation, Llaire=, finales où les _ll_ sont rarement mouillées.

=Locataire, Propriétaire.=—Le _locataire_ est celui qui tient à loyer une maison, un jardin, etc.; le _propriétaire_ est celui à qui appartient l'objet loué. Prononcez _locatère, propriétère_ et non _locatére, propriétére_.

=Locatis=, s. m., mauvais cheval de louage; prononcez _locatice_.

=Loch=, s. m., instrument pour mesurer la vitesse du navire; prononcez _loke_.

=Locomotive=, s. f., remorqueur des chemins de fer; prononcez _locomoti-ve_ et non _locomoti-fe_.

=Lof=, s. m., t. de marine, le côté que le navire présente au vent: _ce vaisseau va au lof; venir au lof_.—_Lofer_, signifie venir au lof.

=Loger=, v. neutre dans le sens d'habiter, de demeurer dans une maison.—Il est _actif_, dans le sens de donner le logement à quelqu'un.—Avec le pron. personnel, _se loger_ signifie, prendre un logement, disposer un logement.

=Logeur=, _logeuse_, celui ou celle qui tient des chambres garnies pour les ouvriers et les gens de la classe pauvre; il ne se dit pas de la personne qui loge dans ces chambres garnies.

=Logis=, s. m.—Ne dites pas: _j'ai été demander à logis dans cet hôtel_; dites, _j'ai été demander à loger_ ou _le logement dans cet hôtel_.

2. Ne dites pas non plus: _je suis au logis dans cette auberge_; dites, _je loge dans cette auberge_.—Prononcez _logi_ et non _logice_.

3. Ne dites pas: _estaminet et logement_; dites, _logis_: le _logis_ est une maison où on loge; _logement_ se dit du lieu où on loge et plus particulièrement du domicile habituel, du lieu où l'on habite ordinairement.—Prononcez _lo-jeman_ et non _lo-cheman_.

=Loin.=—La locution, _bien loin s'en faut_, n'est pas française; il faut dire, _tant s'en faut, loin de là_: _vous me demandez si j'ai gagné au jeu, tant s'en faut qu'au contraire_.

2. De _loin à loin_, se dit de la distance: _ces arbres sont plantés de loin à loin_;—_de loin en loin_, se dit du temps: _il ne nous vient voir que de loin en loin_. Cependant, dans le langage ordinaire, on ne tient pas toujours compte de cette différence et l'on emploie une locution pour l'autre.—Prononcez _loain_ (_oin_ diphth.) et non _loan_.

=Long=, adj., ne se dit pas de la taille; ne dites pas: _cet homme est long_; dites, _cet homme est grand_ ou _de grande taille_. (Fland.)

2. _Long_, pour _lent_, tardif, se dit très-bien: _dépêchez, que vous êtes long; il est long à tout ce qu'il fait; les vieillards sont longs en tout; ces arbres sont longs à pousser, à croître_.—Mais il ne peut pas s'employer pour _loin_: _il y a loin d'ici à Rome_, et non, _il y a long..._

3. Ne dites pas: _les fruits verts rendent_ ou _font les dents longues; j'ai mangé du fruit vert, j'ai les dents longues_; dites, _les fruits verts agacent les dents, j'ai les dents agacées_.—_Avoir les dents longues, bien longues_, signifie être affamé après avoir été longtemps sans manger. (Wall.)

4. Ne dites pas: _j'ai le temps long; j'ai le temps long de le voir arriver_; dites, _le temps me paraît long, je m'ennuie, je suis impatient, il me tarde de le voir arriver; il me dure de..._

5. _Prendre le plus long, son plus long_, c'est aller en quelque lieu par le plus long chemin: _vous êtes venu ici par telle rue, vous avez pris le plus long; c'est le plus long de beaucoup; c'est votre plus long_.—Il signifie aussi, figurément, se servir des moyens les moins propres à faire réussir promptement ce qu'on a entrepris.

6. _Le long, tout le long, tout du long, au long, tout le long de, tout du long de_, locutions adverbiales; ne dites pas _tout de long_.

=Longtemps=, adv., s'écrit en un mot et sans trait d'union.

2. Ne dites pas: _il est longtemps_ ou _déjà longtemps arrivé_; dites, _il est arrivé depuis longtemps_, ou, _il y a longtemps, déjà longtemps qu'il est arrivé_;—ne dites pas: _il demeure longtemps à Bruxelles; je suis ici longtemps_; dites, _il demeure depuis longtemps à Bruxelles; je suis ici depuis longtemps_, ou bien, _il y a longtemps qu'il demeure..., que je suis ici_. (Fland.)

=Loquace, Loquacité=: prononcez _lokouace, lokouacité_, et non, _lokace, lokacité_ ni _lokuace, lokuacité_.

=Loque=, s. f., pièce, morceau d'une étoffe, d'une toile usée et déchirée: _cet habit s'en va en loques, est en loques, tombe en loques_.

2. _Loque_, s. f., chiffon: ce mot est français. (Acad.)

=Loquèle=, s. f., langage trivial; prononcez _lokuèle_ (_uè_ diphth.) et non _lokouèle_.

=Loquet=, s. m., espèce de serrure mobile qui sert à fermer une porte, une malle, une valise, etc., au moyen d'un anneau passé soit dans un autre anneau, soit dans deux pitons;—ce mot n'est pas français dans ce sens, il faut dire _cadenas_ (ne prononcez pas _cannenas_). (Wall.)—Voyez _cliche_.

=Loquetière=, s. f., clef qui sert à ouvrir plusieurs serrures; ce mot n'est pas français; dites _passe-partout_.

=Loquier=, n'est pas français; dites _chiffonnier_.

=Lord=, s. m., titre d'honneur usité en Angleterre; le _d_ ne se prononce pas.

=Lors=, _dès lors, pour lors, lors de, alors_; prononcez _lore, alore_, et non _lorce, alorce_.

=Lorsque=, conj.—On prononce l'_s_, _lors'que_;—ne prononcez pas _lorseque_ ni _lorsèque_.—L'_e_ ne s'élide que devant _il, ils, elle, elles, on, un, une_: _lorsque Alexandre_ (et non _lorsqu'Alexandre_) _pénétra dans l'Inde_.

=Los=, s. m., louange (vieux langage): prononcez _loce_.

=Losange.=—L'Académie fait ce mot du genre féminin; cependant dans tous les traités de géométrie, on dit _un losange_, et tous les professeurs le font du masculin.—On écrit aussi mais plus rarement _lozange_.

=Lot=, s. m., objet qui échoit à chacun des numéros gagnants à une loterie; ne dites donc pas: _j'ai pris dix lots à cette loterie_; dites, _j'ai pris dix numéros, dix billets_.—Ne dites pas non plus: _j'ai pris dix actions_. (Fland.)

=Louche=, s. f., se dit dans beaucoup de villes du Nord de la France et en Belgique, pour désigner une grande cuiller à long manche avec laquelle on sert le potage, la soupe: _douze couverts et la louche_. (BESCHERELLE, POITEVIN, COMPLÉMENT du Dict. de l'Acad.)—On peut dire également _cuiller à soupe_ et _grande cuiller_.

=Louer, Loueur, Louange=, etc.: prononcez comme c'est écrit; gardez-vous de prononcer _lou-wer, lou-weur, lou-wange_.

=Louette= (_la_), morceau de chair à l'entrée du gosier: dites _la luette_; prononcez _lu-ette_ et non _lu-wette_: _il a la luette gonflée_ et non _l'alouette_ ni _la louette_.

=Loueur, euse=, s., celui, celle qui fait métier de donner quelque chose à louage: _un loueur de chevaux, de voitures, de vigilantes, de chambres garnies; loueuse de chaises_, dans une église.—_Louageur, euse_, n'est pas français.

=Lourdise, Lourderie=, faute grossière contre le bon sens ou la bienséance; ces mots ont la même signification, mais _lourdise_ vieillit (Acad.): _il a fait une étrange lourderie_.

=Loustic=, s. m., bouffon de corps de garde, mauvais plaisant.—Cette expression est populaire et du même acabit que _blagueur, floueur_, etc.

=Loyal, e, Loyauté=: prononcez _loi-ial, loi-iauté_ et non _lo-ial, lo-iauté_.

=Lucifer=, s. m.: prononcez _lucifère_.

=Lui=, pronom.—_Lui, leur_, employés comme régimes indirects, _à lui, à elle, à eux, à elles_, ne se disent que des personnes; quand il s'agit des choses, il faut se servir du pronom _y_; ne dites pas, _cette maison est trop petite, je lui ferai ajouter un étage_; dites, _j'y ferai ajouter un étage_.—Il en est de même pour, _de lui, d'elle, d'eux, d'elles_, qu'on remplace par _en_: _cet arbre va tomber, n'en approchez pas_, et non _n'approchez pas de lui_.

2. _Lui, elle, eux, elles_:—ne dites pas en parlant d'un canif, d'une plume ou d'une chose inanimée: _c'est avec lui que j'ai taillé ma plume; c'est avec elle que j'écris_; il faut se servir du nom et dire, _c'est avec ce canif, avec cette plume que..._

3. Ne dites pas non plus, en parlant d'une chose, par exemple, d'un arbre, d'une table, d'une maison: _j'étais sous lui; il est assis près d'elle; il demeure dans elle_; dites, _j'étais dessous; il était assis auprès; il y demeure_.

4. _Lui, elle_, etc., suivis de _qui_, ne peuvent pas non plus se dire des choses; ne dites donc point en parlant d'un couteau, d'une chaise: _c'est lui qui est bon, c'est elle qui est large_; dites, _c'est ce couteau, c'est cette table qui..._

5. _Leur_, placé devant un verbe, est pronom et ne prend pas d'_s_; ne dites pas, _je leurs ai dit_ (_z'ai dit_), _je leurs ai écrit_ (_z'ai écrit_), mais, _je leur ai dit, je leur ai écrit_.

6. Ne dites pas: _l'aimant attire le fer à lui_; dites, _l'aimant attire le fer à soi_.—Prononcez _lui_ (_ui_ diphth.) et non _lu-i_ ni _lou-i_.

=Luire, Luisant=, etc.: Prononcez _lui-re, lui-sant_ et non _lou-ire, lou-isant_.

=Lumignon=, s. m., bout de la mèche d'une bougie, d'une chandelle ou d'une lampe allumée: _quand j'ai voulu moucher la chandelle, le lumignon est tombé_.—Prononcez _lumignon_, en mouillant le _gn_.

=Lunatique=, adj., qui subit l'influence de la lune; au figuré, fantasque, capricieux: _il est lunatique_.

=Lune=, s. f.—_Avoir des lunes_, être sujet à des fantaisies, à des caprices, lubies, quintes, rats.

=Lunette= et =Lunettes=.—_Lunette_, au singulier, se dit d'un instrument composé d'un ou de plusieurs verres, taillés de manière à faire voir les objets plus grands à l'œil nu, ou à rendre la vue plus nette et plus distincte: _regarder avec une lunette; lunette d'approche, lunette de longue vue ou à longue vue; lunette d'opéra_.—_Lunettes_, au pluriel, se dit de deux verres de lunette, assemblés dans une même enchâssure, de manière à pouvoir être placés au devant des deux yeux: _une paire de lunettes; il y a de bonnes et de mauvaises lunettes; des lunettes vertes, bleues; lunettes à branches; porter des lunettes, mettre des lunettes sur son nez; lire sans lunettes_.—Voyez _ciseaux_.

=Lunettier=, s. m., faiseur, marchand de lunettes; prononcez _lunètier_ et non _lunetier_.

=Lurer=, v. a., attirer quelqu'un par de belles promesses pour le tromper; ce mot est wallon et se rend en français par le mot _leurrer_: _il s'est laissé leurrer_.

=Luron, onne=, s.—Le masculin se dit d'un homme joyeux et sans souci, d'un bon vivant ou même, d'un homme vigoureux et déterminé; et le féminin, d'une femme réjouie, décidée, qui ne s'effarouche pas aisément: _c'est un luron, un bon luron; quelle luronne!_—Il est populaire. (Acad.)

=Lustre=, s. m., éclat, espèce de chandelier à plusieurs branches qu'on suspend au plafond; espace de cinq ans: _je compte aujourd'hui sept lustres_ (35 ans).—Prononcez _lus-tre_ et non _lus-tère_ ni _lusse_, ni _luxe_.

=Lut=, s. m., matière molle que l'on applique sur les bouchons de certains vases, afin de prévenir l'évaporation du liquide: _lut de terre glaise, lut de blanc d'œuf et de chaux_:—prononcez _lute_.

=Luth=, s. m., instrument de musique à cordes: prononcez _lute_.

=Luthéranisme=, s. m., secte de Luther;—ne dites pas _luthérianisme_, et ne prononcez pas _luthéran-isse_ ni _luthéranim-se_.

=Lutter.=—Ce verbe ne s'emploie pas pronominalement: _lutter_ (et non _se lutter_) _avec quelqu'un, contre quelqu'un; il est adroit, il lutte bien_.

=Luxe=, s. m., somptuosité: prononcez _luk-ce_ et non _luke_ ni _luce_.

=Luxurieux, Luxueux.=—_Luxurieux_ veut dire impudique;—_luxueux_ signifie qui vit dans le luxe, qui aime et recherche le luxe; ne dites donc pas: _cet homme est luxurieux_, pour _cet homme aime le luxe_; dites, _cet homme est luxueux_.—Nous ajouterons pourtant que le mot _luxueux_ n'a pas fait fortune et n'est guère usité.

=Lynx=, s. m., chat sauvage auquel les anciens attribuaient une vue très-perçante: prononcez _laink-ce_.

M

=Mm.=—Les deux _m_ se font sentir dans _imm_ au commencement des mots: _immense, immortel, immoler_, etc., de même que dans _commensurable, incommensurable, commutation, commuer, commotion, commémoration, commémoraison, commensal_, droit de _committimus, lemming, lipogrammatique, mammaire, mammifère_, et dans les noms propres _Ammon, Ammonites, Emma, Emmanuel, Emmaüs, Grammont, Jemmapes, Mummius_.—Les personnes qui parlent bien ne font entendre qu'une _m_ dans _grammaire, grammairien, grammatical, grammaticalement_, etc.; ainsi que dans _inflammation_, ces mots étant usuels. (HENNEBERT.)

=Macaroni=, s. m., pâte sèche et cylindrique des italiens; le pluriel est _macaronis_; _manger des macaronis_.

=Mâchefer=, s. m., scorie qui sort du fer à la forge, au fourneau et lorsqu'on le bat rouge sur l'enclume: _le mâchefer pilé est très-bon à faire du ciment_.—Ce mot se dit encore des _scories_ à demi vitreuses qui s'agglomèrent dans les foyers et forment le résidu combustible de diverses houilles.

=Machiavel=, célèbre écrivain italien: prononcez _Makiavel_;—mais dans _machiavélique, machiavéliquement, machiavélisme, machiavéliste_, le _ch_ se prononce doux comme dans _chimère, déchirer_.

=Machin=, s. m.—Ce mot, qui n'est pas français, est quelquefois employé pour désigner ce dont on ne connaît pas le nom; dites _une chose, un objet_ et selon le sens, _un outil, un instrument, un meuble, une machine_, etc., quand il s'agit de ces sortes d'objets.—_Machine_, dans ce sens, n'est pas français non plus.

=Mâchurer=, barbouiller de noir, est français: _mâchurer du papier, des habits, le visage_, etc.;—prononcez _mâchurer_ (_â_ long).

=Madame=: voyez _monsieur_ et _époux_.

=Mademoiselle=, s. f., titre qu'on donne ordinairement aux filles.—C'est aussi le titre qu'on donnait anciennement à toute femme mariée qui n'était pas noble.—Le mot _mademoiselle_, employé absolument (seul) désignait autrefois la fille aînée de _Monsieur_, frère du roi de France, ou bien de la première princesse du sang, tant qu'elle n'était pas mariée.

2. Quand on parle de plusieurs demoiselles ou qu'on leur adresse la parole, l'usage veut qu'on les désigne par le mot _dames_; _j'ai rencontré les dames Lambert en ville; bonjour, au revoir, Mesdames_.—Prononcez _mademoiselle_ et non _mamzelle_ ni _mane-moiselle_.—Voyez _monsieur_ et _époux_.

=Magnanime=, _magnétisme, magnétique, magnétiser, magnifique, magnificence_:—prononcez _gn_ comme dans _agneau, gagner_, etc., et non _magh-nanime, magh-nétisme_, etc. ni _magne-nanime, magne-nifique_, ni _mananime, manifique_, ni _mahe-nanime, mahe-nifique_.

=Magnat=, s. m., grand en Hongrie: prononcez _magh-nat_, (_g_ dur).

=Magnificat=, s. m., cantique de la Sainte-Vierge: prononcez _magh-nificate_ (_g_ dur).

=Mai=, s. m., ou _arbre de mai_, arbre orné de rubans et de guirlandes qu'on plante devant une porte le premier jour de mai ou le jour de l'installation d'un fonctionnaire, d'un curé, etc.

2. _Mai_, se dit également en Belgique des branches ou rameaux au moyen desquels on décore les rues ou les chemins par où passe une procession ou un cortége triomphal.

=Maigrir, Amaigrir.=—_Maigrir_, v. n., c'est devenir maigre; _amaigrir_, v. a., c'est rendre maigre: _une personne maigrit_; _l'usage de certains aliments amaigrit_.

=Maille, Chique, Marbre=, pour signifier de petites boules de pierre ou de marbre qui servent à des jeux d'enfants, d'écoliers, ne sont pas français; il faut dire _bille_: _jouer aux billes_ (_ll_ mouillées).

=Mailloter=, v. a., mettre un enfant dans le maillot; ce mot n'est pas français, il faut dire _emmailloter_.

=Main=, s. f.—Ne dites pas: _il a toujours la canne en main_; dites, _à la main_.—Voyez _bouche_.

=Main-d'œuvre=, s. f., travail, façon de l'ouvrier; _main-forte_, s. f., assistance donnée à l'autorité:—ces mots ne s'emploient pas au pluriel.

=Maint, te=, adj. (au masc. prononcez _min_ devant une consonne). —Malgré l'idée de pluralité que renferme cet adjectif, il s'écrit au singulier ainsi que le substantif qu'il qualifie et le verbe dont celui-ci est sujet, excepté dans quelques locutions où on l'emploie indifféremment au singulier et au pluriel: _maint homme, mainte femme, mainte fois_, ou _maintes fois; par maints et mains travaux; il m'a fait mainte et mainte difficulté_.—Ne prononcez pas _mai, maite_.

=Maintenant=, adv., à présent: prononcez _mintenant_ et non _mè-tenant_.

=Mairie=, _librairie, seigneurie_: ne dites pas, _mairerie, librairerie, seigneurerie_.

=Mais=, conj.—C'est un flandricisme de l'employer pour _seulement_; ne dites donc pas: _il a mais peu de revenus; il nous a montré mais une petite partie de sa bibliothèque_; dites, _il n'a que peu de revenus; il nous a montré seulement une petite partie de sa bibliothèque_.—Prononcez _mai_ et non _min_.

=Maïs=, s. m., blé de Turquie: prononcez _ma-ï-ce_.

=Maison=, s. f.—Il serait ridicule d'employer ce mot pour désigner la première pièce d'une maison, c'est-à-dire, _la cuisine_. (Wall.)

2. =Maison, Famille.=—_Famille_, se dit plus particulièrement de la bourgeoise et _maison_, de la noblesse: _ce jeune homme est d'honnête famille; ce gentilhomme est de bonne maison_.

3. =Maison, Hôtel, Palais, Château.=—La classe moyenne habite des _maisons_;—les grands habitent des _hôtels_;—les princes, des _palais_;—enfin les habitations des gens riches, situées à la campagne au milieu de leurs terres, portent le nom de _château_.—Autrefois l'architecture seule établissait la différence; aujourd'hui, on la base sur le rang et la fortune.

=Maître=, fait au féminin _maîtresse_: _madame est la maîtresse de la maison; cette femme est maîtresse_ (et non _maître_) _de ses passions, de ses sentiments; maîtresse d'école, de piano; la maîtresse branche d'un arbre_.

2. Lorsque, par le mot _maître_ pris substantivement, on veut exprimer une idée de suprématie, d'omnipotence, il s'emploie au masculin même lorsqu'il se rapporte à un substantif féminin: _la Providence est le maître; la Providence est notre maître_.—C'est donc dans ce sens qu'une femme pourra dire: _le maître ici, c'est moi_.

3. _Maître_, en termes de Palais, est un titre qu'on donne aux avocats, aux avoués et aux notaires, lorsqu'il s'agit de l'exercice de leurs fonctions: _maître N.; par-devant maître N._—On écrit par abréviation _Me N., par-devant Me N._

4. _Maître d'hôtel, Maître ès arts_: l'Académie écrit ces mots sans traits d'union.

=Majesté=, s. f., titre particulier qu'on donne aux empereurs, aux rois et à leurs épouses; on dit en leur parlant: _Votre Majesté, Vos Majestés_ (deux majuscules), et en parlant d'eux, _Sa Majesté, Leurs Majestés_ (deux majuscules); _Votre Majesté, Sire, a ordonné..., Sa Majesté a décrété; Leurs Majestés sont arrivées à Liége_.

2. Par abréviation on écrit: V. M. (_Votre majesté_); VV. MM. (_Vos Majestés_), S. M. (_Sa Majesté_); LL. MM. (_Leurs Majestés_).

3. Les _adjectifs_ et les _participes_ qui se rapportent à ce mot se mettent au féminin, même lorsque _Sa Majesté, Votre Majesté_, désigne un roi, un empereur et non une reine, une impératrice; on dit: _Votre Majesté est jalouse du bonheur de ses peuples; Sa Majesté est aimée de ses sujets_. Les _substantifs_ au contraire sont du masculin: _Votre Majesté est le père et le protecteur de ses sujets_; et non pas, _est la mère, la protectrice_, etc.—En conséquence les mots qui peuvent s'employer substantivement et adjectivement, tels que _maître, ami, ennemi_, etc., devront être du masculin, lorsqu'ils figurent dans la phrase comme substantifs, c'est-à-dire, lorsqu'ils sont accompagnés de l'article ou d'un adjectif, et ils prendront la forme du féminin s'ils font la fonction d'adjectif. On dira donc: _Sa Majesté est le maître d'y aller ou de ne pas y aller_; et absolument: _Sa Majesté est le maître, l'ami du peuple; est un ennemi redoutable_.—Mais nous croyons qu'il faudra dire: _Sa Majesté est maîtresse de telle ville; Sa Majesté est amie du bien, ennemie du mal_.—On peut dire: _Votre Majesté est le plus éclairé des rois_, parce qu'il y a ellipse du substantif (_Votre Majesté est le roi le plus éclairé des rois_). Cependant il vaut peut-être mieux prendre une autre tournure et dire par exemple: _Vous êtes, Sire, le plus éclairé des rois_.

4. _Sa Majesté Impériale_ (S. M. I.), se dit d'un empereur quelconque; autrefois, il se disait en particulier de l'empereur d'Autriche que l'on qualifiait aussi de _Sacrée Majesté_, mais seulement quand on lui parlait.

5. _Sa Majesté Très-Chrétienne_ (S. M. T. C.), se disait des rois de France.

6. _Sa Majesté Catholique_ (S. M. C.), le souverain d'Espagne.

7. _Sa Majesté Très-Fidèle_ (S. M. T. F.), le roi de Portugal.

8. _Sa Majesté Belge, Britannique, Hollandaise_, etc., le roi des Belges, de la Grande-Bretagne, de Hollande, etc.

=Major=, (_quinte_).—On disait autrefois et l'on dit encore quelquefois _quinte major_ (Acad.): nous pensons qu'aujourd'hui on nomme toujours _quinte majeure_, les cinq cartes de suite à commencer par l'as.

=Majorer, Majoration.=—Ces mots ne sont pas français; dites _augmenter, payer une surtaxe, enfler_, selon le sens: _les lettres chargées en sus du port des lettres ordinaires, paient une surtaxe fixe de vingt centimes_; on ne peut donc pas dire, _les lettres chargées sont soumises au port des lettres ordinaires, majoré d'une taxe fixe de vingt centimes_.—Dites de même _mes appointements ont été augmentés_ et non _majorés_; _mon compte a été enflé_ et non, _majoré_; _j'ai obtenu une augmentation de traitement_ et non, _une majoration_.

=Majuscule=, s. f. ou adj., lettre capitale ou simplement, capitale: ne dites pas _majescule_.

=Mal=, subst. m. ou adv.: prononcez l'_a_ bref et non _mâl_, ce qui serait insupportable.

2. Ne dites pas: _ce vin n'est pas mal_; dites, _ce vin n'est pas mauvais_;—_mal_, ancien adjectif, ne s'emploie plus dans ce sens, que dans quelques locutions particulières: _à la male heure, mourir de la male faim_; partout ailleurs on dit _mauvais_.

3. Ne dites pas: _il a des maux à la figure_; dites, _il a du mal à la figure, il a des boutons, des humeurs..., à la figure_.

4. Ne dites pas non plus: _j'ai un mal à un doigt_; dites selon le sens, _j'ai du mal à un doigt, j'ai une plaie, une coupure, un petit abcès à un doigt, j'ai un panaris..._

5. _Avoir mal, faire mal_.—Ces locutions ne doivent jamais être suivies d'un régime direct, et ce serait une faute grave et même ridicule de dire: _j'ai mal la tête, les dents, les pieds; faire mal quelqu'un_, au lieu de dire, _j'ai mal à la tête, aux dents, aux pieds; faire mal à quelqu'un_.—De même on doit dire: _j'ai de mauvais pieds, j'y ai souvent mal; on m'a arraché la dent à laquelle j'avais mal; prenez garde, vous allez faire du mal à cet enfant; je ne lui ai pas fait mal_, et non pas: _je les ai souvent mal, la dent que j'avais mal_, etc.

6. Il serait encore plus ridicule de dire: _j'ai mal à ma tête_ ou _ma tête, à mes dents_ ou _mes dents_, etc.

7. Ne dites pas: _j'ai mal aux dents, c'est un mauvais mal_; dites, _c'est un vilain mal_, car y a-t-il un mal qui soit bon?

8. Ne dites pas: _je m'ai fait mal_; dites, _je me suis fait mal_.

9. Ne dites pas: _je me suis fait mal de ce pauvre_; dites, _j'ai eu pitié, compassion de ce pauvre_.

10. Ne dites pas de quelqu'un qui vient d'échapper à un danger: _il ne peut plus mal_; dites, _il est hors de danger_.

11. _Ne pouvoir mal._ (Wall.)—Cette expression ne devrait jamais sortir de la bouche d'une personne qui tient tant soit peu à parler correctement; il faut dire _n'avoir garde, se garder de_:—_il n'a garde_ (et non _il ne peut mal_) _de tromper, il est trop honnête homme; irez-vous dans cette maison? je n'ai garde_ (et non _je ne peux mal_), _on s'y ennuie trop; je me garderai bien_ (et non _je ne peux mal_) _d'en manger_.—Rendez encore cette locution selon le sens par: _il n'y a pas de risque, il n'y a pas de danger_:—_prenez garde de tomber: il n'y a pas de danger_ (et non _je ne peux mal_); _ne parlez pas de telle chose: il n'y a pas de risque_ (et non _je ne peux mal_).—Voyez _pouvoir_.

12. _Mal parler_ et _parler mal_: voyez _parler_.

=Malade=, adj.—Faites les deux _a_ brefs.

2. Ne dites pas: _il fait malade aujourd'hui_; dites, _il fait malsain_ ou _... étouffant_, s'il s'agit d'un temps chaud.

3. Ne dites pas non plus: _il se fait malade_; dites, _il se rend malade_:—_se faire malade_ signifie _feindre une maladie_.

=Maladieux.=—Ce mot n'est pas français; dites, _maladif, valétudinaire_.

=Malcomplaisant=: ce mot n'est pas français; dites, _peu complaisant_.

=Malcontent, Mécontent.=—Ces deux mots expriment le déplaisir que nous éprouvons, lorsque quelque chose ne réussit pas au gré de nos espérances ou de nos désirs; mais _mécontent_ dit plus que _malcontent_, en ce sens qu'il exprime l'humeur, le dépit, le ressentiment contre la cause de ce déplaisir.—Un maître est _malcontent_ (peu content) d'un domestique qui le sert maladroitement; un maître est _mécontent_ (pas du tout content, fâché contre) d'un domestique qui le trompe, qui le vole, qui lui manque de respect, qui fait mal son service, par négligence ou par paresse;—un domestique est _malcontent_ d'un maître qui ne lui donne pas des gratifications qu'il avait espérées; il en est _mécontent_, s'il ne lui paie pas ses gages;—nous sommes _malcontents_, lorsqu'après avoir conçu un dessein, formé un plan, le succès ne répond pas à nos espérances, sans qu'il y ait de la faute de personne; nous sommes _mécontents_ des autres ou de nous-mêmes, si c'est par la faute des autres ou par la nôtre.

=Malentendu, Quiproquo.=—Un _quiproquo_ consiste à prendre une chose pour une autre; un _malentendu_ vient de ce qu'on a mal compris.—Un sourd qui n'entend pas distinctement répond à une question sur son père, en parlant de son chien: c'est un _quiproquo_. Un ami à qui l'on donne rendez-vous à une heure, n'arrive qu'à deux heures, parce qu'il a mal compris: c'est un _malentendu_.

=Malfaire=, v. n., faire de méchantes actions; il n'est usité qu'à l'infinitif: _il ne se plaît qu'à malfaire_.

=Malgré, Quoique.=—_Malgré_ est une préposition qui demande un régime direct (un substantif, pronom, etc., mais jamais un verbe ni une proposition);—_quoique_ est une conjonction qui ne peut pas avoir de régime direct et qui régit toujours un verbe ou une proposition.—Ne dites donc pas: _quoique ça_, mais _malgré ça_; ne dites pas, _malgré qu'il soit pauvre_, mais _quoiqu'il soit pauvre_.

2. _Malgré que_ dit l'Académie, ne s'emploie qu'avec le verbe _avoir_ et dans ces sortes de phrases seulement: _malgré que j'en aie, malgré qu'il en ait_, etc., c'est-à-dire, malgré moi, malgré lui, en dépit de moi, en dépit de lui: _malgré qu'il en ait, nous savons son secret_, c'est-à-dire, en dépit de lui ou _quel que soit le mal_ (mauvais) _gré qu'il en ait_: le _que_ de _malgré que_ est donc ici pronom relatif et complément direct de _aie, ait_, etc., et non la conjonction _que_.

=Malhonnête=, adj.—Il a deux sens différents et se dit des personnes et des choses.—Appliqué aux choses, il se met toujours après le substantif; avec un nom de personne, il précède ou il suit le substantif selon le sens: _un malhonnête homme_, est un homme qui manque d'honneur, de probité; _un homme malhonnête_ est un homme impoli, incivil, grossier.—Voyez _honnête_.

=Malin=, adj., fait au féminin _maligne_ et non _maline_.—Ce mot signifie proprement _méchant_, mais il peut aussi s'employer dans le sens de _rusé, adroit_: _il est trop malin pour se laisser attraper_.—Mais appliqué aux personnes, dans le sens de, qui a de l'esprit, des moyens intellectuels, il n'est pas français; ne dites donc pas: _cet enfant n'est pas malin_; dites, _cet enfant a peu d'esprit_. (Wall.)

=Malle=, et mieux =Mallette=, s. f., se dit de l'espèce de giberne en cuir où les écoliers serrent leurs livres, cahiers, etc.:—_couverte, couverture, portefeuille_, ne sont pas français dans ce sens.

=Malle-poste=, s. f., voiture qui transporte les lettres et les dépêches; le pluriel est _malles-poste_.

=Maltraiter=, _traiter mal_.—_Maltraiter_, v. a., c'est traiter durement en paroles et en actions, ou bien faire préjudice à quelqu'un: _il l'a maltraité de coups, de paroles; cet homme a fort maltraité son fils dans son testament_.—_Traiter mal_ signifie, mal régaler quelqu'un ou bien en user mal avec lui. Aux temps composés, le génie de la langue exige que l'adverbe _mal_ passe avant le participe: _il m'a mal traité_;—de sorte qu'à la prononciation, cette expression peut se confondre avec celle-ci, _il m'a maltraité_.—Pour éviter l'équivoque, il suffira d'ajouter un modificatif, tel que _bien, fort, assez_, à l'adverbe _mal_, qui alors pourra se placer après le participe: _il m'a traité fort mal_.

=Maman=, s. f., mère, terme enfantin: prononcez _maman_ et non _man-man_.

=Mameluk=, s. m., cavalier égyptien: prononcez _mam'louk_.

=Mamezelle.=—Ce mot ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut dire _mademoiselle_. Voyez ce mot.

=M'amie=, abréviation de _mon amie_; ce mot s'écrit avec une apostrophe.

=Manche.=—On dit _le manche_ pour désigner la poignée de tout instrument, et _la manche_, quand il s'agit du vêtement du bras; dites donc, _le manche d'un couteau, la manche d'un habit_.—Mais ne dites pas, _le manche ou la manche du panier, de la marmite_; dites _l'anse_.

2. Ne dites pas: _je n'étais pas dans sa bonne manche_; dites, _dans ses bonnes grâces_, ou, _je n'étais pas bien sur ses papiers, dans ses papiers_.—L'Académie fait remarquer que _être bien, être mal sur les papiers, dans les papiers de quelqu'un_, est une locution familière.

=Manchette, Garde-manche.=—Une _manchette_ est un ornement de mousseline, de dentelle qui se met au bras, au poignet.—Un _garde-manche_ ou _bout de manche_, est une fausse manche que l'on met par-dessus la manche de l'habit, ou même de la chemise, quand on fait un travail qui peut les salir.

=Mânes=, s. m. pl., âmes des morts: _les mânes plaintifs_ (et non _plaintives_) _de nos ayeux_: il est masculin et n'a pas de singulier.—Prononcez _mânes_ (_â_ long).

=Manger=, v. a.—Ne dites pas, _manger un fruit, un raisin_; dites, _manger du fruit, du raisin_.

2. Ne dites pas, si l'on vous consulte à table sur votre goût, _je mange tout_; ce serait annoncer un appétit de Gargantua; dites, _je mange de tout_.

3. Ne dites pas: _nous avions dix personnes à manger_; dites, _nous donnions à manger à dix personnes_. L'équivoque ici est mauvaise.—Cependant on dit très-bien: _nous avions dix personnes à dîner_.

4. Les locutions, _venez manger ma soupe, j'irai demain manger votre soupe_, sont familières et la bonne compagnie n'en fait point usage.

=Mange-tout=, s. m., celui qui dissipe follement tout ce qu'il a, tout ce qu'il gagne.

2. Les wallons désignent par ce mot une espèce de haricot, mais il n'est pas français dans ce sens.

3. Le pluriel s'écrit comme le singulier: prononcez _man-ge-tout_ et non _man-che-tout_.

=Mangeure=, s. f., endroit mangé d'une étoffe, d'un pain, etc.: _mangeure de vers, mangeure de souris_: prononcez _manjûre_.

=Manier=, _manière, maniéré_, etc.—Prononcez ces mots comme ils sont écrits et non _ma-gnier, ma-gnière, ma-gniéré_.—Voyez _ni_.

=Manique=, s. f., morceau de cuir que les cordonniers mettent à leur main pour qu'elle résiste au travail; ne dites pas _manicle_.

=Manne=, s. f., nourriture que Dieu fit tomber du ciel pour nourrir les Israélites dans le désert;—espèce de suc concret qui découle naturellement ou par incision de certains végétaux et entre autres du frêne à fleurs et du frêne à feuilles longues; dans ces deux acceptions, on prononce _mâne_ (_â_ long).—L'_a_, au contraire est bref, lorsque _manne_ désigne une espèce de panier à deux anses dont on se sert pour mettre du linge.—Ne dites pas _mande_ (Flandr.)

=Manœuvre, Manouvrier.=—Le premier est l'homme de peine qui sert un autre ouvrier: _le maçon ne travaille pas sans un manœuvre_;—le second se dit de tout homme de peine travaillant au compte d'un entrepreneur.

=Manquer=, v. a. et n.—On peut dire _manquer la messe, l'école, ses prières_: voyez le Dictionnaire de l'Académie au mot _messe_.

2. _Manquer_, signifie aussi courir quelque risque, être sur le point d'éprouver quelque accident: _nous avons manqué de verser; il a manqué d'être tué_.—Il est familier. (Acad.)

=Manuel.=—Prononcez _manu-èle_ et non pas _manu-wèle_ ni _manu-éle_.

=Manufacture=, s. f.: ne dites pas _manifacture_.

=Manus= (=in=), s. m.—_Dire son in-manus_, recommander son âme à Dieu avant de mourir: prononcez _ine-manuce_.

=Maquée=, s. f., est un mot wallon, qu'il faut rendre par _caillebotte, fromage blanc, fromage mou_.

=Maraîcher, ère=, jardinier qui cultive un de ces terrains qu'on appelle _marais_, où l'on fait venir des légumes, des herbages; ne dites pas _maraîchier_.

=Maraude=, s. f., pillage clandestin des soldats; se dit aussi des écoliers qui vont à la picorée: on dit: _aller à la maraude_ et mieux, _en maraude_; mais on ne dit pas: _aller à maraude_, (Acad.)—Prononcez _marau-de_ et non _marau-te_.

=Maravédis=, s. m., petite monnaie d'Espagne: prononcez _maravédi_ et non _maravédice_, encore moins _maradévice_.

=Marbre=, s. m., pierre calcaire: prononcez _mar-bre_ et non _mar-pe_ ni _mar-bère_.

=Marc=, s. m., poids;—résidu de fruits d'herbes ou d'autres substances pressurées;—_du marc d'huile, du marc de café_ (et non _de la marc de café_): on ne prononce pas le _c_, mais on le fait sentir dans _Marc_, nom d'homme;—le _c_ est muet dans la _place St-Marc_ (_mar_), _le lion de S.-Marc_ (_mar_), à Venise, _au marc_ (_mar_) _le franc_.—Voyez _c final_.

2. Une _mare_, est un amas d'eau dormante.

=Marchand=, s. m.—Ne dites pas: _il fait le marchand de toiles; je fais le marchand, je fais le brasseur_; dites _il est marchand..., je suis marchand, je suis brasseur_.

2. Ne dites pas non plus: _j'ai marchand_, pour signifier que vous savez à qui vendre; dites, _j'ai acheteur, chaland, acquéreur_.

=Marché.=—Ne dites pas: _le marché de grains, de légumes_, etc., mais, _le marché aux grains, aux légumes_.

2. _A bon marché_, loc. adv.—On dit _acheter, vendre à bon marché, à trop bon marché, à meilleur marché_, et non, _acheter, vendre bon marché, trop bon marché, meilleur marché_.—Il n'est pas plus permis de supprimer la préposition _à_ devant _bon marché_ que devant _bon compte, bas prix_: _avoir une chose à bon marché_ (et non _bon marché_); _donner sa marchandise à bon marché, à trop bon marché; je l'ai eu à meilleur marché_.—Cependant on peut dire: _cela ne vous coûte que dix francs, c'est bon marché, c'est grand marché; le bon marché m'a tenté_, tout comme on dirait, _c'est un bas prix, le bas prix m'a tenté_.

=Maréchal=, s. m.—_Maréchal de France, maréchal-ferrant_; prononcez _maréchal_ (_é_ fermé) et non _marchal_ ni _marichal, marèchal_.

=Marguerite=, s. commun et nom pr. de femme: écrivez et prononcez _marguerite_ et non _marguérite_.

=Marguillier=, s. m., celui qui a soin de tout ce qui regarde la fabrique et l'œuvre d'une paroisse ou les affaires d'une confrérie; mais il ne se dit pas du clerc, sacristain ou chantre d'une église.—Prononcez et écrivez _marguillier_ et non _marguèillier_.

=Margotte=, s. f., branche qu'on met en terre pour qu'elle y prenne racine; ce mot n'est pas français: dites _marcotte_.

=Mari=, s. m., époux.—_Mon époux, mon épouse_, ne sont admis à aucun titre par les gens de bon ton; on dit simplement _ma femme, mon mari_, ou bien avec un peu plus de cérémonie, _monsieur_ ou _madame_, suivis toujours du nom de famille (ce sont les domestiques seuls qui désignent leurs maîtres par _monsieur_ et _madame_);—mais _mon mari, ma femme_, sont préférables parce qu'ils sont plus simples.

=Marier=, v. a., ne s'emploie jamais pour, _prendre en mariage_.—Ainsi au lieu de dire: _il a marié une telle_, dites, _il a épousé une telle_.—_Marier_, signifie unir un homme et une femme par le lien conjugal, selon les lois de l'État ou en leur administrant le sacrement de mariage. Dans cette acception il ne se dit que du prêtre ou de l'officier de l'état-civil qui remplit l'une ou l'autre de ces fonctions: _l'échevin N. les a mariés à défaut du bourgmestre; c'est le vicaire qui les a mariés_. (Acad.)—Il se dit aussi de ceux qui font ou procurent un mariage, soit par autorité paternelle, soit par office d'amitié: _son père l'a marié à la fille, avec la fille d'un de ses amis; cet homme a la manie de marier tout le monde_. (Acad.)

2. _Marier_, joint au pronom personnel, signifie, lorsqu'on parle d'un homme, prendre une femme, et lorsqu'on parle d'une femme, prendre un mari: _il est d'âge à se marier; il s'est marié richement; il ne se mariera pas_.

3. Il s'emploie aussi dans le sens réciproque: _quand se marieront-ils? ils se sont mariés l'an dernier_. (Acad.)

4. Cependant on peut dire: _cette demoiselle s'est mariée_ (a épousé) _à un étranger_; mais c'est une faute grossière de dire: _cette demoiselle s'est mariée avec un étranger_.—_Avec_ s'emploie en prose pour les choses: _sa voix se marie bien avec ou à son instrument_.

=Marmelade=, s. f., confiture de fruits presque réduits en bouillie: _marmelade d'abricots_.—_Cela est en marmelade_ (famil.), se dit d'une chose _trop cuite et presque en bouillie_: et, figurément, de ce qui _est fracassé, broyé_: _il a reçu un coup qui lui a mis la mâchoire en marmelade_.—Ne dites pas _marmolade_.

=Marmiton, Mirmidon, Mirliton.=—On appelle _marmiton_, celui qui est chargé du plus bas emploi d'une cuisine.—_Mirmidon_ se dit, par mépris, par raillerie, d'un jeune homme de très-petite taille et figurément, de ceux qui ont des prétentions exagérées et ridicules.—Un _Mirliton_ est une espèce de flûte formée d'un bout de roseau, de sureau, de branc-ursine, et bouché par les deux bouts, avec une pelure d'oignon ou un morceau de baudruche: _il est sale comme un marmiton; voilà un plaisant mirmidon; ces mirmidons prononcent sur ce qu'ils ne connaissent pas; les enfants jouent du mirliton_.

=Marmonner=, v. n., signifie murmurer à voix basse; ne dites pas, avec le peuple, _marronner_ qui signifiait autrefois, friser les cheveux en grosses boucles.—Quelques dictionnaires emploient aussi _marronner_ pour errer dans les bois en volant comme les nègres marrons:—il est vieux dans ce sens.

=Marquer.=—Ne dites pas: _il est marqué sur la gazette, sur une lettre de..._; dites, _on lit dans la gazette, dans une lettre de..., etc._, ou employez une phrase équivalente.

=Marraine=, s. f., celle qui tient un enfant sur les fonts: prononcez _mârène_ (_â_ long).

=Marron, Marronnier=; prononcez _mâron, mâro-nier_ (_â_ long) et non _maro-gnier_.—Voyez _ni_.

=Mars=, dieu de la guerre; 3e mois de l'année;—il signifie également, au pluriel, les menus grains qu'on sème au mois de mars, tels que les orges, les avoines, les millets, etc.; _le temps a été bon pour les mars cette année; s'il ne pleut pas, tous les mars sont perdus_.—Quelques auteurs disent que _mars_, dans cette dernière acception, peut aussi se rendre par _marsèche_ (la marsèche) ou par _marsage_; mais nous pensons que _mars_ est préférable.—Dans toutes ces acceptions, prononcez _marce_ et non _mâre_.

2. Ne dites pas: _mars en carême_; dites, _marée en carême_.—Cette expression signifie _à propos_: _arriver comme marée en carême_.

=Marteau=, s. m.—Ne dites pas, _jeter la cognée après le marteau_; dites, _jeter le manche après la cognée_, ce qui signifie renoncer de dépit ou de désespoir à une entreprise. (Acad.)

=Martyr, Martyre.=—_Martyr_, s. m., (au féminin _martyre_), est celui qui a souffert pour la foi chrétienne, pour une doctrine ou une foi quelconque;—_martyre_, s. m., est la mort ou les tourments qu'endurent celui qui est martyr: _un évêque martyr, une vierge martyre; le martyre de saint Laurent_.

=Masque, Mascarade.=—Ne dites pas _un masqué_, pour indiquer une personne déguisée; dites _un masque_.—Une _mascarade_ se dit d'une réunion de _masques_, c'est-à-dire, de gens déguisés: _une troupe de masques, un joli, un vilain masque; il faut laisser entrer les masques; venez voir une belle mascarade_.

=Massacrante=, adj. fém.—Il n'est usité que dans cette locution familière: _humeur massacrante_, c'est-à-dire, humeur bourrue, maussade, grondeuse, menaçante.—Cette expression est approuvée par l'Académie; cependant elle n'est pas jolie, mais elle est énergique.

=Masse=, s. f.—_Une masse de monde_, est une expression triviale; dites, _une grande foule, une grande multitude, une grande quantité de monde_.

=Mastic=, est masculin: _du mastic_; et non _de la mastic_.

=Mastouche.=—On donne abusivement ce nom à la _capucine_; dites donc, _une belle capucine, couleur capucine_.

=Mat, Mate=, adj., qui n'a point d'éclat: _argent mat, couleur mate_: le masculin se prononce _mate_.—_Mat_, s. m., terme du jeu d'échecs, coup où le roi, mis en échec, ne peut bouger sans être pris: _voilà un beau mat, être échec et mat_.—Prononcez également _mate_.

2. =Mât=, s. m., pièce de bois longue, ronde et droite qui porte la voilure d'un navire: on ne prononce pas le _t_.

3. =Mate=, adj., humide, un peu mouillé:—ce mot est wallon; dites, _moite_ pour les deux genres: _il a le front moite; ces draps ne sont pas bien séchés, ils sont encore moites_.

=Mater=, v. a., rendre mat, mortifier: prononcez _mater_ (_a_ bref);—_mâter_, v. a., garnir de mâts: prononcez _mâter_ (_â_ long).

=Matériaux=, s. m. pl., les différentes matières qui entrent dans la construction d'un bâtiment; il n'a pas de singulier.—Ne dites pas _matéréaux_.

=Mâtin=, s. m., gros chien de garde: l'_â_ est long;—_matin_, s. m., la première partie du jour; l'_a_ est bref.

2. =Matin.=—On dit très-bien, _hier matin, demain matin, demain soir_; on peut dire aussi _demain au matin, demain au soir_; cependant par une singulière bizarrerie, on doit dire _hier au soir_ et non _hier soir_.

3. Ne dites pas: _au matin, je prends une tasse de café_; dites, _le matin_ et mieux _chaque matin, tous les matins..._—Voyez _soir_.

=Matinal, Matineux, Matinier=, adj.—_Matinal_, qui s'est levé matin: _vous êtes bien matinal aujourd'hui_; l'Académie ne donne aucun exemple du pluriel masculin; nous pensons qu'il est inusité.—_Matineux, matineuse_, qui est dans l'habitude de se lever matin: _il faut être plus matineux que vous n'êtes_.—_Matinier, matinière_, qui appartient au matin; il n'est guère usité que dans cette expression: _l'étoile matinière_.—Prononcez _mati-nière_ et non _mati-gnière_.—Voyez _ni_.

=Matou=, s. m., chat mâle; ne dites pas _marou_ ni _marcou_.

=Maudire=, v. a., fait à la 2e pers. du près. de l'indic. et de l'impér., _maudissez_, et non _maudisez, maudites_.

=Mauvais, e=, adj.,—Ce mot peut s'employer dans le sens de _méchant_, mais jamais comme synonyme de _fâché_: _que cet enfant est mauvais (méchant)! oh! le mauvais; oh! la mauvaise_;—_il était si fâché, je suis fâché_ et non _mauvais_. (Wall).

2. _Mauvais mal, mauvaise maladie_, ne peuvent pas se dire pour _cruel mal, cruelle douleur, cruelle, dangereuse maladie_:—_vous avez mal aux dents, c'est un cruel mal_, et non _un mauvais mal_; _le typhus est une dangereuse maladie_ et non _une mauvaise maladie_.

3. Ne dites pas, _un mauvais doigt, une mauvaise jambe_, pour indiquer que vous y éprouvez un mal quelconque; dites _j'ai mal au doigt, à la jambe_, et non _j'ai un mauvais doigt, une mauvaise jambe_.

4. _Mauvais air_, air ignoble;—_air mauvais_, air terrible.—Prononcez _mo-vai_ (_o_ bref) et non _mó-vai_ (_ô_ long).

=Maximum=, s. m., le plus haut degré: prononcez _mak-cimome_ et non _mak-zimome_;—en terme technique, on dit au pluriel _maxima_ et _minima_.

=Me, le.=—Les personnes ignorantes seules disent: _donnez-mê-le_ pour _donnez-le-moi_.

=Méchant= _comme la gale_.—Dites, _mauvais comme la gale_: la raison de ce choix est évidente; on dit que la gale est mauvaise, mais on ne dit pas qu'elle est méchante.

2. _Une méchante épigramme_, est une épigramme sans sel, sans mérite, mal faite;—_une épigramme méchante_, est une épigramme mordante: il en est de même de _méchants vers_ et de _vers méchants_, etc.

=Mécontent, e=, adj.—On est mécontent _de_ quelqu'un et non _après, sur_ ou _contre_ quelqu'un: _il est mécontent de vous, de son fils_.—Voyez _malcontent_.

=Mécredi=, s. m., barbar.:—écrivez et prononcez _mercredi_.

=Médical, Médicinal=, adj.—_Médical_, qui appartient à la médecine considérée comme science: _l'art médical, instrument médical_;—_Médicinal_, qui a la vertu d'une médecine, d'un médicament: _plante médicinale_.

=Médire=, v. n., fait au présent de l'indicatif et à l'impératif, _médisez_ et non _médites_.

=Méfaire=, v. n., faire le mal, ne s'emploie qu'à l'infinitif et au participe passé, _méfait_, qui se construit toujours avec l'auxiliaire _avoir_.

=Mégarde= (_par_), loc. adv., par inadvertance: _je me suis blessé par mégarde_;—ne dites pas _par mégard_ (_mégar_).

=Meilleur, e=, adj. comp.—Ne dites pas: _vous chantez meilleur que moi_; dites, _vous chantez mieux que moi_:—_meilleur_ équivaut à _plus bon_ et _mieux_ à _plus bien_. (Fland.)

2. Ne dites pas, _j'ai meilleur que vous_; dites, _je suis mieux que vous_ (Wall.)—Voyez _bon_.

3. Dites, _je suis arrivé de meilleure heure que vous_ et non _de plus bonne heure_.—Voyez _heure_.

=Mélanger=:—voyez _mêler_.

2. _Mêler à, mêler avec_.—Dans l'acception de mettre ensemble plusieurs choses, les confondre, on dit _mêler avec_: _l'Ourthe mêle à Liége ses eaux avec celles de la Meuse; mêler de l'eau avec du vin_.—Mais au figuré on dit _mêler à_: _il sait mêler la douceur à la sévérité; mêler les affaires aux plaisirs_. (Acad.)—Voltaire a dit cependant: _les anciens Romains étaient trop austères pour mêler leurs plaisirs avec leurs affaires_: cet exemple n'est pas à imiter.

3. _Mêler, mélanger_.—_Mêler_ signifie mettre ensemble, confondre;—_mélanger_, signifie, assembler, assortir; en _mêlant_ les choses, on les dénature, on les brouille;—en les _mélangeant_, on les combine dans le but d'obtenir de leur composition un résultat avantageux, un produit nouveau.

=Mélisse=, s. f., plante, boisson: ne dites pas _milisse_.

=Melon=, s. m.—Ne dites pas _mélon_ ni _mèlon_.

=Membour=, ne peut pas se dire pour _tuteur_ ni _membournie_ pour _tutelle_: _cet enfant a perdu son tuteur_ et non _son membour_; _cet homme est en tutelle_ et non, _en membournie_. (Wall.)

=Membré, Membru=, adj.—_Membré_ ne s'emploie guère qu'avec l'adverbe _bien_ et signifie, qui a des membres bien faits, bien proportionnés: _il est bien membré_.—_Membru_, qui a les membres fort gros: _il est bien membru_.—Il s'emploie aussi substantivement: _un gros membru_, mais il est familier dans cette dernière acception.

=Même=, adj. et adv.—Ne dites pas: _j'entreprendrai tout de même ce long et pénible travail_; dites, _j'entreprendrai néanmoins, toutefois, malgré ça, ce long et pénible travail_.

2. Ne dites pas: _cette nouvelle paraît certaine, mais elle est tout de même étrange_; dites, _elle est pourtant, néanmoins étrange_;—_tout de même_ signifie de la même manière: _mon bureau est fait tout de même que le vôtre_.

3. Ne dites pas: _est-ce tout de même d'aller jouer_; dites, _est-ce que je peux, est-il permis d'aller jouer, me donnez-vous la permission de..._ (Wall.)

4. Ne dites pas: _c'est tout de même pour moi_, ou _c'est pour moi le même, c'est moi le même_; dites, _ça m'est égal, indifférent, m'importe peu_ ou _peu m'importe_.

5. Ne dites pas: _il a le même caractère de son frère_; dites, _que son frère_.

6. Ne dites pas: _voulez-vous venir avec nous?—Tout de même_;—dites, _volontiers, avec plaisir_.

7. _Tout de même, tout le même_.—Pour savoir laquelle de ces deux expressions il faut employer, il suffit de voir si, en supprimant _tout_, ou emploierait _de même_ ou _le même_: _il est tout le même qu'il y a dix ans;—ces deux robes sont faites tout de même l'une que l'autre_.—Prononcez _mê-me_ et non _min-me_.

=Mémento=, s. m., marque pour se souvenir.—L'Académie ne donne point d'exemple de pluriel; quant à nous, nous écririons _des mémentos_, parce que l'accent sur l'_é_ donnant à ce mot le caractère de mot français, il doit être soumis aux règles de la langue française et prendre une _s_ au pluriel.—Prononcez _méminto_.

=Menacer=, v. a.—Ne dites pas: _il menace une maladie, une étisie_, mais, _il est menacé d'une maladie, d'une étisie_ ou _il couve une maladie, une étisie_.

2. Prononcez _menacer_ (_e_ muet) et non _mènacer_.

=Mener=, v. a.—Prononcez _mener_ (_e_ muet) ou _m'ner_ et non _mèner_.—Il en est de même des mots _amener, emmener_; cependant dans les temps où l'_n_ est suivi d'un _e_ muet, le premier _e_ devient grave et se prononce comme dans _père_: _je mène, je mènerai_ (ne prononcez pas _je min-ne, je min-nerai_).

2. Ne dites pas: _mener du bruit, mener du train_; dites _faire du bruit, faire du train_:—ces _enfants font beaucoup de bruit, font du train dans la classe_.

=Menotte=, s. f., main d'enfant; liens de fer ou de corde cadenassés qu'on met aux poignets de certains prisonniers pour leur ôter l'usage des mains; dites _menotte_ et non _mènotte_ ni _manotte_ ni _minotte_.

=Menteur=, fait au féminin _menteuse_ et non _menteresse_: _elle est menteuse comme un laquais_.

=Mentor=, s. m., gouverneur, guide: prononcez _mintor_ et non _mantor, mennetor_.

=Menu=, s. m.—Le _menu_ d'un repas est la note de ce qui doit y entrer et non les mets comme on le pense assez généralement: _il y aura demain vingt personnes à la table, il faut dresser le menu_.

=Menuisier=, s. m.—Prononcez _menu-isier_ (_ui_ diphth.) et non _menouisier_ ni _mènuisier_.

=Méphitique=, adj., qui a une odeur fétide; qui produit des exhalaisons nuisibles: _air méphitique_:—ne dites pas _méphétique_.

=Mercredi=, s. m.—Ne dites pas _mécredi_ ni _mercrédi, mercrèdi_.—Voyez _jour_, 11.

=Mérelle=, s. f., jeu d'enfants où l'on pousse un palet (caillou, pierre) avec le pied dans des cases tracées d'avance sur le sol: on dit aujourd'hui marelle: _jouer à la marelle_.

=Mérinos=, s. m. (on prononce _mérinoce_); mouton de race espagnole, sa laine ou étoffe faite avec sa laine.—Il se prend aussi adjectivement et s'écrit _mérinos_ pour les deux genres: _bélier mérinos, brebis mérinos_.—Ne prononcez pas _mèrinos_.

=Méritant, te.=—On dit très-bien: _c'est une personne bien méritante_ (qui a du mérite). (Acad.)

=Mérite=, s. m., s'emploie généralement au singulier: _il ne faut pas être fier de son mérite_ et non _de ses mérites; cet homme a beaucoup de mérite_ et non _de mérites_; _son mérite est au-dessus de tout éloge_ et non _ses mérites_.

=Mésange=, s. fém., petit oiseau: _voilà une jolie mésange_: prononcez _mézange_ et non _messange_ ni _mézanche_.

=Mésentendu=, n'est pas français; dites _malentendu_: voyez ce mot.

=Messe=, s. f.—On dit _messe basse_ (et non _basse messe_) ou _petite messe_, qui se dit sans chant;—_messe haute_, ou _grande messe_ ou _grand'messe_, (et non _messe à chanter_), qui est chantée: _grand'messe_ fait au pluriel _grand'messes_.

2. On dit: _servir la messe_ et non _servir à la messe_. (Acad.)

3. On dit, _aller à la messe_ et non _aller à messe_; mais on dit, _aller à vêpres_ et non _aller aux vêpres_.

4. On dit, _manquer la messe_ et non _à la messe_; (Acad., au mot _messe_);—on dit _un livre de messe, un livre de prières_ et non _un livre à prières_; (Acad., aux mots _messe_ et _prière_).

5. _Faire la messe, lire la messe_, pour _dire la messe, célébrer la messe_, est un flandricisme;—_faire une messe_, se dit d'un musicien qui compose une messe.

6. _Messe_, pour signifier le fruit du néflier, n'est pas français; il faut dire _nèfle_: _une grosse nèfle_:—prononcez _nè-fle_ et non _nèfe_ ni _nèfèle_.

=Messieurs=, s. m. pl.—Ne dites pas: _les messieurs furent obligés de rester debout pendant toute la séance_; dites, _les hommes..._—Mais on peut dire _ces messieurs_, en parlant d'hommes désignés ou présents: _je vais me promener, quant à ces messieurs_ (présents), _ils resteront ici si bon leur semble_:—cependant, il est impoli de dire _ce monsieur_.

=Mesurer=, v. a. et pr.—On dit _se mesurer_ (lutter) _avec quelqu'un_ et non _contre quelqu'un_.

=Métal, Métail=, s. m.—_Métail_ est une composition de métaux;—_métal_ indique un pur minéral: _l'or est un métal, le bronze est un métail_.—Quoique _métail_ n'ait pas été admis par l'Académie, il figure pourtant dans plusieurs dictionnaires.

=Métallique=, adj., de métal; on prononce les deux _ll_: _métal'lique_.

=Métier, Profession, Art.=—_Métier_, profession d'un état manuel;—_profession_, carrière que l'on suit, emploi que l'on occupe;—_art_, talent qu'on cultive:—_il a embrassé la noble profession des armes; puisque vous voulez faire apprendre un état manuel à votre fils, que ne choisissez-vous le métier de tailleur; l'art fait l'artiste_.

=Métis, Métisse=, adj. et subst., né de deux espèces: on prononce l'_s_ de _métis_.

=Mets=, s. m., aliment préparé pour un repas; on l'écrit avec une _s_, même au singulier et on prononce _mè_;—l'_s_ se fait sentir devant une voyelle: _un mets exquis_.

=Mettre=, v. a.—Ne dites pas: _mettre_ ou _jouer dans la loterie_; dites, _mettre_ ou _jouer à la loterie_. (Fland.)

2. Ne dites pas: _il a mis ces pierres sur un_; dites, _il a mis ces pierres les unes sur les autres_. (Fland.)

3. Ne dites pas non plus, avec les flamands: _tout est sous un_; dites, _tout est sens dessus dessous_.

4. Ne dites pas: _mettre quelqu'un en bas de sa charge_; dites, _déposer quelqu'un de sa charge_ ou _le destituer_. (Fland.)

5. Ne dites pas, comme c'est généralement l'usage à Mons, à une personne qui vous rend visite et que vous invitez à s'asseoir: _veuillez vous mettre_; dites, _veuillez vous asseoir_, ou servez-vous de toute autre phrase équivalente.

6. Ne dites pas au condit.: _nous metterions, vous metteriez_; dites, _nous mettrions, vous mettriez_.

=Meublé=, garni de meubles, ne peut pas s'employer pour _tapissé_:—_aussitôt que ma chambre a été tapissée, je l'ai meublée_.

=Meubler=, v. a.—Ne dites pas _papier à meubler_; dites, _papier peint, papier-tenture, papier de tapisserie_;—_tapis_, dans ce sens, n'est pas français.—Voyez ce dernier mot.

=Meulière, Molière=, s. f., =Molaire=, adj. et s. f.—La _meulière_ est une pierre fort dure dont on fait les meules de moulin;—une _molière_ est une carrière d'où l'on tire ces pierres; on appelle aussi _terre molière_ une terre grasse et marécageuse.—On appelle enfin _molaires_ ou _dents molaires_, les grosses dents qui servent à broyer les aliments.

=Meurir= pour =Mûrir=.—Ne dites pas: _les fruits ne meuriront pas cette année_; dites, _ne mûriront pas..._

=Meurtre, Assassinat.=—Le _meurtre_ est un homicide commis avec violence;—l'_assassinat_ est le meurtre commis avec préméditation, de guet-apens.

=Mévendre=, v. a., vendre une chose moins qu'elle ne vaut; _il y a des temps ou les marchands sont obligés de mévendre_.—Il a vieilli. (Acad.)

=Mezzo-termine=, s. m., (littér., _moyen-terme_), parti moyen pour concilier; le pluriel s'écrit comme le singulier:—prononcez _med'zotèrminé_.

=Mi.=—Abréviation du mot _demi, mi-chemin, mi-corps_, etc.—Quand on le joint au mot _corps, jambe, chemin, mur, terme, sucre_, et _côte_, on ne l'emploie qu'adverbialement avec la préposition _à_ et sans article: _il n'y a de l'eau qu'à mi-jambe; cette poutre ne va qu'à mi-mur; des confitures à mi-sucre_, etc.—Joint au mot _carême_ et au nom des mois, il fait partie du substantif et doit être précédé de l'article _la_, quoique les substantifs soient du masculin: _la mi-carême, la mi-mai_;—excepté toutefois dans cette locution proverbiale, _mi-mai, queue d'hiver_.

2. _Mi-parti_ est un adjectif dont le féminin est _mi-partie_: _les opinions ont été mi-parties; cette robe est mi-partie de blanc et de rouge_.

=Miche=, s. f., pain d'une grosseur médiocre, pesant au moins une livre et quelquefois deux; il se dit aussi des pains ronds d'un poids plus considérable: _une miche de douze livres_. (Acad).

=Micheau=, s. m.—Ce mot n'est pas français:—au lieu de dire, _je vais faire un voyage, je vous rapporterai votre micheau_, il faut dire: _je vous rapporterai quelque chose, je vous rapporterai un cadeau_. (Wall.)

2. _Micheau_, n'est pas français non plus pour désigner de petits pains au beurre; dites simplement _petit pain_ ou bien _miche au beurre_.

=Micmac=, s. m., est un mot français qui signifie intrigue (et non _pêle-mêle_), manigance, pratique secrète dont le but est blâmable: _il y a eu bien du micmac dans cette affaire_.

=Midi=, s. m., =Minuit=, s. m.—Ces deux mots sont du singulier et du masculin; dites donc, _à midi précis, à minuit précis_, et non pas _à midi précise, à minuit précise_.

2. Dites de même, _sur le midi, sur le minuit, midi a sonné, à minuit sonnant, vers midi, vers minuit_, etc., et non pas _sur les midis, sur les minuits, midis ont sonné, à minuits sonnants_ ou _sonnantes, vers les midis, vers les minuits_.—Cependant, on dit très-bien _vers les dix heures, vers les onze heures_, etc.

3. Ne dites pas non plus avec les flamands et les wallons: _il est douze heures_; dites, _il est midi, il est minuit_.—Prononcez _minu-it_ (_ui_ diphth.) et non _minouit_.

4. Ne dites pas: _c'est midi, il est temps que je sorte_; dites, _il est midi..._—Mais à la question: _quelle heure sonne?_ il faudra répondre: _c'est midi_, c'est-à-dire, ce (l'heure) qui sonne est midi, puisqu'on dit, _voilà midi qui sonne_. (Acad.) Ces observations s'appliquent également au mot _minuit_.

5. Ne dites pas: _je vous verrai ce midi_; dites, _à midi_.

6. Ne dites pas: _il rentre toujours sur le midi_; dites _à midi, vers midi_; dites de même, _avant midi, après midi, avant minuit, après minuit, vers minuit_.

7. Ne dites pas: _midi et quart, minuit et quart_; dites, _midi et un quart, minuit et un quart_. Voyez _quart_ et _liaisons affectées_.

8. Ne dites pas: _avez-vous fait midi, avez-vous mangé le midi_, dites, _avez-vous dîné_?

9. _Après-midi_, s. f.: _je vous ai attendu toute l'après-midi_. —Plusieurs, dit l'Académie, le font du masculin;—le pluriel s'écrit comme le singulier: _il passe toutes ses après-midi à étudier_, c'est-à-dire, toutes ses heures de l'après-midi.

=Mier=, v. a., mettre le pain en miettes, n'est pas français; dites _émier_ ou _émietter_.

=Miette, Mie=, s. f.—_Miette_ signifie petite partie, petit morceau;—_mie_ ne se dit que de la partie du pain qui se trouve entre les deux croûtes: _des miettes_ (et non _des mies_) _de sucre; donnez m'en une miette; vous ne lui en avez donné qu'une miette_;—_il n'a plus de dents, il ne mange plus que de la mie_ (et non _de la miette_).—Prononcez _miette_ (_iette_ diphth.) et non _mi-ette_ ni _mi-iette_.

=Mieux=, adv. comp.—Dites, _c'est ma mère que j'aime le mieux, le plus_, et non, _la mieux, la plus_: _le mieux_ est ici superlatif et conséquemment invariable.

2. Lorsque _mieux_ est suivi de deux infinitifs, on met ou l'on supprime la préposition _de_ devant le second: _j'aime mieux vous déplaire que vous tromper_, ou _que de vous tromper_.—L'emploi de la préposition _de_ est néanmoins préférable.

3. _Aimer mieux_ et _il vaut mieux_, suivis d'un infinitif, ne doivent pas être suivis des prépositions _de_ ni _à_: _j'aime mieux étudier, il vaut mieux étudier_, et non _d'étudier_ ni _à étudier_.—Voyez _aimer_ et _valoir_.

4. Ne dites pas: _il chante, il joue des mieux_; dites, _très-bien, parfaitement_:—_des mieux_ n'est pas français dans ces sortes de phrases.

5. Ne dites pas: _il chante plutôt mieux que mal_; dites, _bien que mal_, en opposant l'adverbe positif _bien_ à l'adverbe positif _mal_.

6. Ne dites pas: _le temps s'est radouci, il fait mieux qu'hier_; dites, _il fait meilleur qu'hier_, en sous-entendant le mot _temps_, comme on dit, _il fait chaud, il fait froid, il fait bon_, etc.

7. Il ne faut pas employer l'un pour l'autre _mieux_ et _plus_: _mieux_ exprime la perfection, l'idée d'une supériorité de manière;—_plus_ exprime l'extension, l'idée d'une quantité supérieure.—On ne doit pas dire: _j'ai gagné mieux de cent francs, mieux que cent francs_; il faut dire, _plus de cent francs_.

8. _Mieux_, se met après les verbes dans les temps simples et entre l'auxiliaire et le participe dans les temps composés: _j'aime mieux, j'ai mieux aimé_.

=Mille=, adj. num. card.—Ne dites pas: _le premier mille francs est le plus difficile à gagner_; dites, _les premiers mille francs sont..._; _francs_ étant substantif, impose le genre et le nombre.

2. Ne dites pas: _il m'a comblé de mille éloges_; dites simplement, _... d'éloges_.

3. _Mille_ est adjectif numéral et substantif commun.—Comme _adjectif_, il s'écrit de deux manières (et est naturellement invariable): 1º _mille_, pour exprimer le nombre _dix fois cent_: _mille francs, dix mille francs_. 2º _Mil_, dans l'expression des dates: _Léopold premier, roi des Belges, est monté sur le trône l'an mil huit cent trente et un_. Cependant on écrit _mille_ dans l'expression des dates antérieures à la naissance de Jésus-Christ: _le temple de Salomon fut achevé l'an mille cinq cent avant Jésus-Christ_.—Comme _substantif commun_, c'est-à-dire, employé pour représenter une mesure de chemin, _mille_ s'écrit avec une _s_ au pluriel: _trois milles d'Angleterre font près d'une lieue de France_.—Ne confondez pas dans la prononciation l'adjectif _mil_ (qui se prononce _mile_) avec le substantif _mil_ (millet) où l'_l_ est mouillée comme dans _babil, péril_.

=Millésime=, s. m., date de monnaie; _millénaire_, adj., hérétique ou qui contient mille; _millimètre_, s. m., millième partie d'un mètre:—dans ces mots on prononce les deux _ll_.

=Milliaire=, _milliard, milliasse, millième, millier, million, millionnaire, millionnième, billion, trillion_, etc.:—dans tous ces mots les _ll_ sont suivies d'un _i_ et on ne prononce qu'une _l_.

=Minable=, adj., misérable, qui fait pitié: _air minable_;—qui indique une grande misère: _vêtements minables_.—Cette expression populaire est mauvaise sous tous les rapports, puisqu'elle ne tient à aucune racine française ni étrangère qui puisse en faire comprendre le sens et la rendre claire. (BESCHERELLE.)

=Minéral, Minerai, Mine, Minière, Carrière.=—On donne le nom de _minéraux_ (_é_ fermé) aux substances inorganiques qui entrent dans la constitution de la terre; ils ne vivent pas et ne se reproduisent pas, ce qui les distingue des végétaux et des animaux.—On donne le nom de _minerais_ (_e_ muet) aux minéraux que l'on utilise pour en extraire les métaux, tels que le fer, le zinc, le cuivre, le plomb, l'argent, l'or, etc.—On appelle _mines_ les exploitations de minéraux: la loi distingue les _mines_, les _minières_ et les _carrières_. Les _mines_ s'exploitent dans la profondeur pour l'extraction des minerais et de quelques autres substances, telles que la houille, le soufre, le sel, etc. Les _minières_ sont des exploitations superficielles ou très-rapprochées de la surface, et d'où l'on retire des minerais, de la tourbe, etc. Les _carrières_ s'exploitent à la surface ou dans la profondeur pour les matériaux de construction, calcaire, grès, ardoise, argile, sable, pierre à plâtre, etc.

=Miniature=, s. f., peinture délicate: on prononce ordinairement _mignature_, dit l'Académie; cette prononciation vicieuse n'est donc pas de rigueur, et l'on doit approuver ceux qui disent _mi-niature_.

=Minimum=, s. m., le moindre degré: prononcez _minimome_.—Voyez _maximum_.

=Minou=, _minet, minette_, petit chat: _le minet joue avec le chien; voilà une jolie petite minette_.—_Minou_ n'est pas français.

=Minuit=: voyez _midi_.

=Minute=, s. f.—Ne dites pas: _en une minute de temps; si vous avez une minute de temps_; dites simplement, _en une minute; si vous avez une minute_.—Voyez _heure_.

=Minutie=, s. f., bagatelle; _minutieux_, adj.—Prononcez _minucie, minucieux_.

=Mi-parti=, _mi-partie_: voyez _mi_.

=Miracle, Miraculeux=: l'_a_ est long dans le premier et bref dans le second.

=Mirmidon=: voyez _marmiton_.

=Misérable=, adj.—Ne dites pas: _faites-lui l'aumône, c'est une misérable femme, un misérable homme_; dites, _c'est une femme, un homme misérable_ et mieux, _malheureux_.—On emploie mieux cet adjectif, en l'appliquant à la condition: _être réduit à un état misérable; son sort est misérable_; car, en général, appliqué aux personnes et employé substantivement, il veut dire malhonnête, vicieux, débauché: _c'est un misérable, un grand misérable_.—Il n'y a que quelques exemples, pris dans le style élevé, où il emporte l'idée de _misère_: _il ne se faut jamais moquer des misérables; les misérables et les malheureux méritent des secours_.

=Miserere=, s. m., psaume, colique: prononcez _mi-zéréré_.

=Mite= ou =Teigne=, s. f., insecte qui ronge les vêtements: ne dites pas _motte_.

=Mitouche=: voyez _nitouche_.

=Mixte=, adj., mêlé, mélangé: prononcez _miks-te_ et non _mixe_.

=Mixtion=, s. f., mélange de drogues; _mixtionner_, faire ce mélange.—Dans ces deux mots, _ti_ conserve sa prononciation naturelle, c'est-à-dire, celle qu'il a dans les mots _menti, parti_: _miks-thion, miks-thioner_.

=Mode=, s. f.—Prononcez _mo-de_ et non _mo-te_ ni _môde_: _un habit à la mode_.

=Modeste=, adj.—Quoi qu'en disent certains grammairiens, _modeste_ se dit bien des choses et signifie _médiocre, simple, sans éclat_: _avoir un train, un équipage modeste, une table modeste; faire une dépense modeste; il s'est borné à conserver le modeste héritage de ses pères_. (Acad.)—Toutefois, nous croyons qu'on ne peut pas dire _un prix, une somme, une taxe modeste_, mais bien, _un prix, une somme, une taxe modique_.

=Moelle=, s. f., substance molle dans les os, dans les bois; _moellon_, pierre de construction: _moelleux_, rempli de moelle, souple, gracieux:—dans tous ces mots _oe_ est diphthongue; prononcez _moèle, moèlon, moèleux_; quelques-uns prononcent _moale, moa-lon_, etc.

=Mœurs=, s. f. pl.; il n'a pas de singulier.—Prononcez _meurce_ et non _meure_, soit seul, soit devant une consonne.

=Moi=, pr. pers.—Ne dites pas: _donnez-moi-le; donnez-moi-la_; dites, _donnez-le-moi, donnez-la-moi_.

2. Ne dites pas: _mène-moi-z-y, amuse-toi-z-y; donne-moi-z-en, sers-toi-z-en_, quoiqu'on puisse dire _mène-nous-y, amusez-vous-y, donnez-nous-en, servez-vous-en_:—la vraie construction est _mène-m'y, amuse-t-y, donne-m'en, sers-t'en_.—Cependant, comme ces finales sont trop dures, il vaut mieux employer une autre tournure: _mène-moi dans cet endroit, amuse-toi dans cette société_, etc.

3. Ne dites pas: _un ami de moi me l'a assuré_; dites, _un de mes amis...._

4. Dites, _c'est moi qui ai, qui suis; c'est nous qui sommes, qui avons; c'est vous qui êtes, qui avez_: et non pas, _c'est moi qui est, qui a; c'est nous qui sont, qui ont; c'est vous qui est, qui a, qui sont, qui ont_, etc.

5. Ne dites pas: _il a la jambe plus grosse que moi_; dites, _que la mienne_.

6. Ne dites pas: _le maître ne me refuserait pas cette permission, moi_:—_moi_, est ici un régime indirect, il faut donc dire _à moi_ ou prendre une autre tournure, comme: _quant à moi, le maître_, etc.

7. Ne dites pas: _moi, je me vengerais; moi, je vais jouer_; dites plutôt: _pour moi, je me vengerais, pour moi, je vais jouer_; ou bien, _je me vengerais, moi; je vais jouer, moi_.

8. Ne dites pas: _c'est moi, c'est vous la cause de son malheur_; dites, _c'est moi qui suis, c'est vous qui êtes la cause de son malheur_.

=Moindre=, est le comparatif de _petit_; ne dites donc pas: _sa position est plus moindre que la mienne_ ou _est la plus moindre de toutes_; dites, _sa position est moindre que..., est la moindre de toutes_.

2. _Le moindre_ est le superlatif de _petit_; vous ne direz donc pas: _il a relevé le moindre petit de mes défauts_; _petit_ est de trop; dites, _le moindre de mes défauts_.

3. Ne dites pas: _j'en ai moindre, je ne le donnerai pas à moindre_; dites, _j'en ai moins, je ne le donnerai pas à moins_.—_Moindre_ est adj. et ne peut pas s'employer pour _moins_ qui est adverbe.—Prononcez _moin-dre_ et non _mointe_ ni _moandre, moindère_.

=Moins=, adv.—_Au moins_ signifie pour le moins; _du moins_ exprime une correction, une restriction: _comment, vous n'êtes pas au moins général? vous êtes du moins colonel?_

2. Ne dites pas: _vous ne l'aurez pas, à moins que le demander_; dites, _à moins de le demander_, ou _à moins que de le demander_:—_à moins_ devant un infinitif veut la préposition _de_ seule ou précédée de _que_; la forme _à moins que de_ est plus ancienne.

3. Ne dites pas: _je ne le ferai pas à moins que de mille francs_; dites, _à moins de mille francs_.

4. Ne dites pas: _il est moins bon qu'il en a l'air_; dites, _qu'il n'en a l'air_.

5. Ne dites pas: _le moins que possible, le moins tard que possible_; supprimez le _que_ et dites, _le moins possible, le moins tard possible_.

6. Ne dites pas: _à moins que vous jugiez à propos_; dites, _à moins que vous ne jugiez à propos_:—_à moins que_ est toujours suivi de la négation.—Prononcez _moins_ et non _moans_.

=Mois=, s. m., douzième partie de l'année.—Les noms des mois s'écrivent avec une petite lettre: _février, mars, avril_, et non _Février, Mars, Avril_. (Acad.)

=Moitié=, s. f.—Ne dites pas: _la moitié de six est de trois_; dites, _est trois_.—Voyez _quart, tiers_.

2. On dit _plus d'à moitié_ et non _plus qu'à moitié_: _ce vase est plus d'à moitié plein_.—Prononcez _moiti-é_ et non _moi-tchié_.—Voyez _ti_ et _di_.

=Mon, Ton, Son=, etc., adj. pos.—Ne dites pas: _j'ai mal ma tête_ ou _à ma tête; Pierre s'est cassé sa jambe_; dites, _j'ai mal à la tête; Pierre s'est cassé la jambe_.

2. Prononcez _mon, ton, son_, devant une voyelle ou une _h_ muette, en conservant à ces mots leur prononciation propre et en ajoutant une _n_ au mot suivant: _mon âme_ (_mon n'âme_), _ton âge_ (_ton n'âge_), _son ouvrage_ (_son n'ouvrage_) et non _mo n'âme, to n'âge, so n'ouvrage_.

=Monnaie=, _monnayer, monnayeur_: on a abandonné l'ancienne orthographe, _monnoie, monnoyer, monnoyeur_.

=Mons=, s. m., abréviation du mot _monsieur_.—Le roi de France écrivant à un archevêque ou à un évêque disait: _mons l'Archevêque, mons l'Évêque_; mais entre particuliers, cette expression est méprisante: _mons un tel, mons Remy_.—Prononcez _monce_.

=Monseigneur=, s. m., titre d'honneur, s'écrit en un mot.—Le pluriel est _messeigneurs_; on l'emploie en parlant ou en écrivant collectivement à plusieurs des personnes qui ont droit au titre de _monseigneur_.—On disait autrefois _nosseigneurs_ dans les requêtes présentées au conseil du roi, aux cours du parlement et aux autres cours souveraines. (Acad.)—Cependant on ne tient généralement pas compte de cette décision de l'Académie et l'on dit aujourd'hui _nosseigneurs_ aussi bien et même mieux que _messeigneurs_: _nosseigneurs les évêques de Belgique_;—on écrit aussi _Nos Seigneurs_ en deux mots et avec des majuscules.

2. _Mon seigneur_, s'emploie dans les prières: _mon seigneur et mon Dieu_;—le vassal voulant désigner quel était son suzerain, disait aussi: _un tel est mon seigneur, vous êtes mon seigneur_.

=Monsieur=, s. m.—Prononcez _mocieu_ (en ne faisant sentir ni l'_n_ ni l'_r_; cependant en poésie on fait quelquefois sentir l'_r_) et non _m'cieu, mon-cieu_ ni _mon-cieure_;—le pluriel est _messieurs_ qu'on prononce _mècieu_ (en supprimant l'_r_ et l'_s_) et non _mècheu_ ni _mècieurce_.

2. Si, vous adressant à un homme, vous lui parlez de sa femme, ne dites pas simplement _madame_, mais ajoutez le nom de famille: _madame Durand, madame la comtesse de Vergy_, ou bien dites, _madame votre femme_.—De même si vous parlez à madame Durand de son mari, ne dites pas, par exemple: _comment se porte monsieur?_ dites, _comment se porte monsieur Durand?_—Un enfant, une femme, en parlant de son père ou de son mari, ne dira pas non plus: _monsieur est sorti_, mais _mon père, mon mari, est sorti_.

3. Si vous parlez à un domestique de ses maîtres, vous direz simplement _monsieur, madame, mademoiselle_, sans y ajouter le nom: _monsieur est-il à la maison?_ et non _monsieur Durand est-il à la maison?_

4. Les mots _monsieur, madame, mademoiselle_, sont de rigueur pour toutes les célébrités vivantes; on dira donc: _monsieur de Lamartine, monsieur Guizot_, et non _Lamartine, Guizot_ tout uniment.—Les acteurs seuls peuvent faire exception.

5. _Ce, cette_, devant _monsieur, dame, demoiselle_, _ce monsieur, cette dame, cette demoiselle_, est impoli; dites simplement _monsieur, madame_:—_dites bonjour à monsieur, à madame, à mademoiselle_, et non _à ce monsieur_, etc.

6. Abstenez-vous de même, quand il s'agit de personnes présentes ou respectables, de ces locutions: _cet homme, cette femme, cet individu, celui-ci, celle-ci, cet homme-là, cette femme-là, cet individu-là, lui, elle_, etc.; les gens bien élevés ne suppriment jamais les mots _monsieur, madame, mademoiselle_, quand ils parlent d'un tiers, absent ou présent:—cependant il faut éviter, en écrivant aussi bien qu'en parlant, de répéter trop souvent ces mots: on se rendrait insupportable.

7. Il est contraire au bon usage d'apostropher une personne par son nom à la suite du mot _monsieur, madame, mademoiselle_; ainsi en parlant à monsieur Durand, dites simplement, _monsieur_: _oui, monsieur; non, monsieur_; dites de même, _oui, madame; oui, mademoiselle_—et non _oui, monsieur Durand; oui, madame Durand; oui, mademoiselle Durand_.

8. On donnait le titre de _monsieur_ (absolument) au frère du roi de France qui n'était pas destiné à occuper le trône.—Voyez _mademoiselle_.

=Monter=, v. n.—Les temps composés se conjuguent avec l'auxiliaire _avoir_, lorsqu'on veut exprimer l'action, et avec _être_, si l'on veut exprimer _l'état_, ou bien, en d'autres mots, selon que l'on peut répondre à l'une ou l'autre de ces questions: _qu'a-il-fait?—où est-il, qu'est-il devenu?_—_il a monté_ (qu'a-t-il fait) _quatre fois à sa chambre pendant la journée;—il est monté_ (où est-il) _à sa chambre depuis une heure et il y est resté_.—Lorsque _monter_ est employé activement, il prend toujours _avoir_: _il a monté l'escalier en courant_.

2. _Monter en haut, descendre en bas_, sont généralement des pléonasmes vicieux; dites simplement _monter_ et _descendre_.—Voyez _haut_.

=Monteuse=, une ouvrière en modes, une modiste: _monteuse de bonnets, monteuse de modes_. (POITEVIN).

=Monticule=, petite montagne, est masculin: _un monticule_.

=Moquer= (=se=), v. essentiellement pronominal;—ne dites donc pas: _il me moque toujours_; dites, _il se moque toujours de moi_.

2. On dit indifféremment: _tu te ferais moquer de toi_ ou _tu te ferais moquer_. (Acad.)

3. Le participe passé _moqué_ s'emploie aussi dans un sens passif avec le verbe être: _il fut moqué de tout le monde_. (Acad.)

=Mordicus=, adv., avec ténacité:—_soutenir son opinion mordicus_: prononcez _mordicuce_.

=Mordre=, v. a.—_Il mord à belles dents_: prononcez _il mor à_ et non _il mor t'à belles dents_.—Dans les mots terminés en _ord_ ou _ort_ le _t_ final ne se lie point avec la voyelle ou l'_h_ muette qui suit.

2. Ne dites pas: _les cousins m'ont mordu à la joue_; dites, _m'ont piqué..._ (Acad.)

=More=, s. m., peuple africain; _moresque_, adj.; _moricaud, aude_, adj. et s.;—on écrit aussi _maure, mauresque, mauricaud_.—L'Académie ne donne point le féminin correspondant de _maure_; quelques-uns disent, _une maure_, d'autres, _une mauresque_.

=Morigéner=, v. a., corriger;—ne dites pas _moriginer_ ni _morigérer_.

=Mors=, s. m., frein:—on ne prononce pas l'_s_ excepté devant une voyelle: _prendre le mors aux dents_; cependant beaucoup de personnes ne font pas cette liaison.

=Mort=, s. m.—Ne dites pas _un billet de mort_; dites _une lettre de faire part, un billet d'enterrement, un billet d'obsèques_.

2. =Mort, morte=, adj.—Dans quelques locutions, il a un sens différent, selon qu'il précède ou qu'il suit le substantif.—_Mort-bois_, les espèces de bois de peu de valeur, comme les ronces, les genêts;—_bois mort_, arbre séché sur pied, branches qui ne reçoivent plus de sève.

3. _Morte-eau_ se dit des marées les plus faibles;—_eau morte_, qui ne coule point.

4. _Mort-ivre_ se dit d'un homme; mais en parlant d'une femme, il faut dire _ivre-morte_: voyer _ivre-mort_.

5. _Mort-gage_, s. m.: le pluriel est _morts-gages_.

6. _Mort-né_.—_Mort_ est invariable; il fait au féminin _mort-née_ et au pluriel _mort-nés, mort-nées_: _une fille mort-née, des enfants mort-nés_.

7. _Morte-paye_, s. f.: le pluriel est _mortes-payes_.

8. _Morte-saison_, s. f.: le pluriel est _mortes-saisons_.

9. Ne dites pas du _mort-papier_, pour désigner du papier non collé propre à faire sécher l'encre; dites du _papier brouillard_.

=Mortuaire=, adj.—Ne dites pas _un service mortuaire_; dites _un service funèbre_.

2. Ne dites pas _une carte, un billet mortuaire_; dites, _une lettre de faire part, un billet de faire part, un billet de part_, s'il s'agit de la lettre destinée à annoncer le décès;—dites _billet d'enterrement, billet d'obsèques_, s'il s'agit du billet destiné à être lu au prône à l'église.

3. _Domicile mortuaire_, terme de jurisprudence, lieu où une personne avait son domicile légal au moment de son décès; dans le langage ordinaire, on ne dit pas _domicile mortuaire_ ni _maison mortuaire_: on dit, _domicile du défunt, de la défunte; maison du défunt, de la défunte_.

4. _Mortuaire_, adj., veut dire qui appartient au service, à la pompe funèbre: _un drap mortuaire_. (Acad.)

5. _Registre mortuaire_, registre où l'on inscrit les noms des personnes décédées.—_Extrait mortuaire_, extrait qu'on tire de ce registre.

6. _Droits mortuaires_, droits perçus pour les cérémonies funèbres.

7. _Mortuaire_, comme substantif, n'est pas français; ne dites donc pas _la mortuaire_, pour _la maison, le domicile_ du défunt, de la défunte.

=Mot=, s. m.: prononcez _mô_ et non _mote_.

=Mote=, s. f., petit insecte; ce mot n'est pas français; dites _mite_, s. f: _ce fromage est plein de mites_.

=Motus=, interj., silence!—prononcez _motuce_.

=Moucher=, v. a. et pr.—Ne dites pas: _je mouche vingt fois en une heure_, mais, _je me mouche_.

2. Ne dites pas non plus: _mouchez votre nez_, mais simplement, _mouchez-vous_.

3. Pourtant, on peut dire absolument, dans le même sens que s'il était accompagné du pronom: _si cet enfant pouvait moucher, il serait soulagé; il ne mouche presque point_. (Acad).

4. On peut encore dire dans le sens absolu, _moucher, fatiguer_: _cet enfant mouche beaucoup; ce cheval fatigue beaucoup_.

5. Ne dites pas: _moucher une lumière_, mais _moucher une chandelle_;—ne dites pas _émoucher_.

=Moucheron=, s. m., bout de la mèche d'une chandelle allumée; —_mouchures_, s. f. pl., ce qu'on a retranché ordinairement avec les mouchettes.—_Moucheron_ se dit aussi de toute espèce de petite mouche, mais _mouchette_, pour moucheron, n'est pas français.

=Mouchettes=, s. f. pl., n'a pas de singulier: dites donc _les mouchettes_ et non _la mouchette_ ni _l'émouchette_ ni _les émouchettes_.

=Mouchoir=, s. m., carré de toile qui sert à se moucher.—_Mouchoir de cou_ se dit du fichu d'une femme; mais quand on parle d'un homme il faut dire _cravate_ et non _mouchoir_ ni _mouchoir de cou_.

=Moudre=, v. a.—Dites, _nous moulons, vous moulez, ils moulent, je moudrai, il faut que je moule, il fallait que je moulusse_.

=Moufle=, s. f., gros gant de cuir ou de laine où il n'y a pas de séparation pour les doigts, excepté pour le pouce; prononcez _mou-fle_ et non _moufe, moufèle_.

=Moule=, s. f., mollusque bon à manger;—_moule_, s., est masculin, quand il signifie un modèle creux donnant la forme déterminée à la matière que l'on moule: _retirer un vase du moule_.

=Moulin=, s. m.—Ne dites pas: _moulin à filer_; dites, _rouet_:—prononcez _rou-et_ et non _rou-wet_.

=Mourir=, v. n.—Ne dites pas: _il a été fait mourir_; dites, _il a été exécuté, mis à mort; on l'a fait mourir_.

2. Dites, _je meurs d'envie d'aller revoir mon pays_, et non, _je meurs d'aller revoir mon pays_.

=Mouron=, s. m., plante que l'on donne aux oiseaux; ne dites pas _moron_.

=Moussu, Mousseux=, adj.—_Moussu_ se dit de ce qui est couvert de mousse;—_mousseux_, de ce qui mousse: _il a jeté une bouteille de champagne mousseux sur ce rocher moussu_.

=Moustache=, s. f.—Ce mot s'emploie généralement au singulier; ne dites donc pas: _cet homme porte de longues moustaches_, mais, _une longue moustache_; _il relève sa moustache_ et non _ses moustaches_; _sa moustache grisonne_ et non _ses moustaches..._

=Moyen=, s. m., se dit, au pluriel seulement, des richesses, des facultés pécuniaires: _je ne connais pas ses moyens; ses moyens ne sont pas considérables_. (Ac.)

2. Ne dites donc pas avec les wallons: _ce fermier a bien le moyen; tu as bien le moyen de faire cette dépense_; dites, _ce fermier est riche, a de la fortune; tes moyens te permettent de faire cette dépense_.—Prononcez _moi-ien_ et non _moi-en_ ni _mo-ien_.—Voyez _fortuné_.

3. Ne dites pas: _les étrangers sont admis au moyen d'une légère rétribution_; dites, _moyennant une légère rétribution_.

=Moyennant que=, est une mauvaise expression qu'il faut remplacer par _pourvu que, à condition que_;—_on vous donnera ce livre, pourvu que vous soyez sage_ et non _moyennant que vous soyez sage_.—Prononcez _moi-iènant_ et non _moi-ènan_, ni _mo-iènan, moi-ien-nan_.

=Moyenné, ée=, adj.—Ne dites pas _un homme moyenné, un homme qui n'est pas moyenné_; dites, _un homme riche, qui a de la fortune, qui n'a pas de la fortune_.—Voyez _fortuné_.

=Muffle=, s. m.—Ne dites pas: _c'est un muffle_; dites, _c'est un orgueilleux, un vaniteux_.—_Muffle_ est une expression de bas étage.

=Mufti=, s. m., le chef de la religion mahométane; on écrit aussi _muphti_.

=Mur=, s. m., clôture de pierres: prononcez l'_u_ bref;—_mûr_, adj. (fruit), bon à cueillir; prononcez l'_u_ long; écrivez et prononcez de même _mûrir, mûrement_.

=Murailler=: voyez _emmurailler_.

=Mûre=, s. f.—Ne dites pas: _feuilles de mûre_; dites, _feuilles de mûrier_, comme on dit feuilles de chêne, de noyer, de vigne, etc.—Voyez _orange_.

=Muséum=, s. m., musée; l'Académie ne donne pas d'exemple du pluriel, mais nous pensons qu'il faut écrire _des muséums_ avec l'_s_ comme on écrit _des factums_: prononcez _muséome_ et non _musé-i-ome_.

=Mustache=, n'est pas français; dites, _moustache_: _une moustache noire_.—Voyez ce mot.

=Mutuellement=, adv.—Ne dites pas: _ils se sont entre-nui, entraidés mutuellement_; dites simplement, _ils se sont entre-nui, ils se sont entraidés_. (Pléon. vicieux).

=Myope, Presbyte.=—Une personne qui voit de près et non de loin, est _myope_;—une personne, au contraire, qui voit de loin et non de près, est _presbyte_.

N

=N.=—A la fin des mots, on doit faire sentir l'_n_ dans _abdomen, Éden, hymen, le Tarn_ et dans tous les mots où elle est unie avec le mot qui le suit, lorsque ce mot commence par une voyelle ou une _h_ muette: ainsi, _ancien ami, vilain homme_ se prononcent _ancien n'ami, vilain n'homme_.—Mais si l'_n_ se trouvait à la fin d'un _substantif_ suivi immédiatement d'un adjectif commençant par une voyelle ou une _h_ muette, on ne devrait point la prononcer: ainsi l'on dira, _une passion aveugle_ et non _une passion n'aveugle_ ni _une passio n'aveugle_, parce que le substantif n'est pas nécessairement lié avec l'adjectif dans l'ordre grammatical.

2. Il en est de même du mot _en_, soit préposition, soit adverbe.—L'_n_ finale se fait sentir lorsque ce mot est suivi d'un autre mot commençant par une voyelle ou une _h_ aspirée avec lequel il a un rapport nécessaire, comme dans ces phrases: _agir en ami, voyager en Allemagne_, que l'on prononce comme s'il y avait, _agir en n'ami, voyager en n'Allemagne_.—Mais on dira: _allez-vous-en au jardin, donnez-m'en un peu_, sans faire sentir l'_n_, parce que dans ces phrases, le mot _en_ n'a pas un rapport nécessaire avec le mot qui le suit.

3. =Nn.=—Les deux _n_ se font sentir dans la prononciation de _inn_ au commencement des mots, comme dans _inné, innover, innommé, innombrable_, etc.; excepté _innocent_ et ses dérivés.—Elles se font également sentir dans tous les mots qui sortent du langage ordinaire, et dans les noms propres, tels que _annal_, adj., _annales, annaliste, annate, biennal, bisannuel, conné, décennal, triennal, vicennal, septennal, surannation; Anna, Annibal, Apennins, Brennus, Cinna, Enna, Ennius, Porsenna_, etc.; mais _Cincinnatus_ se prononce plus communément _Cinci-natuce_.—On prononce également les deux _n_ dans _annuaire, annuel, annuité, annexe_, (l'Académie ne dit rien d'_annexé_), _annihilation, annihiler, annoise, annoter, connexe, connexion, connexité, annoter, annotation, annotateur, connivence, ennéagone, henné_; et aussi dans _Jenny, Sennachérib_.—On ne prononce qu'une _n_ dans les mots suivants: _banne, banneau, banner, banneret, banneton, bannette, bannière, bannir, bannissable, bannissement_. (HENNEBERT.)

4. =N=, se redouble: 1º dans les mots commençant par le son _conn_ suivi d'une voyelle, comme _connaître, connétable, connexe, connivence_: il faut excepter _cône, conoïde_.

2º Dans les terminaisons en _onner_, comme _couronner, tonner, patronner_, etc.: on écrit cependant _détrôner_.

3º En général _n_ se double devant une voyelle dans les dérivés des mots terminés en on: _raison, raisonner_; _son, sonner, résonner_; _pardon, pardonner_; _ton, entonner, détonner_ (sortir du ton); _bon, bonne, bonnement_; _condition, conditionnel, conditionnellement_.—Cette règle admet de nombreuses exceptions; ainsi quoique _don_ fournisse _donner_, on écrit _donataire, donateur, donation_; on écrit aussi _démoniaque_, qui dérive de _démon_; _détoner_, (faire explosion) et _détonation_ (explosion); _limonade_ de _limon_; _patronal, patronage_ de _patron_; _colonie, colonisation_ de _colon_; _bonifier, bonification_ de _bon_; _cantonal_ de _canton_; _national, nationalité_ de _nation_; _septentrional_ de _septentrion_; _sonore_ de _son_; _bonheur, bonhomme_ de _bon_, etc.

4º _N_ se double presque toujours après les voyelles _a, e, o_, quand la syllabe est brève: _canne, colonne, méridienne_.

5º Avec le son _en_ prononcé comme dans _moyen_, précédé d'un _i_ ou d'un _y_, on double l'_n_ lorsqu'elle est suivie du son de l'_e_ muet: _païen, païenne_; _il tient, ils tiennent_.

5. Quand _n_ est redoublée, elle ne donne jamais à la voyelle précédente le son nasal, si ce n'est dans _ennobli, ennui_ et leurs dérivés.—Ainsi deux _nn_ ne servent qu'à rendre brève la syllabe précédente: _anneau, année, innocent_ se prononcent comme s'il n'y avait qu'une _n_. (SOULIER et SARDOU.)

=Nacre=, s., matière blanche et brillante qui forme l'intérieur d'un grand nombre de coquilles; ce mot est féminin: _de la nacre_.—Prononcez _na-cre_ et non _nake_ ni _nakère_.

=Naguère= ou =Naguères=, adv., il y a peu de temps.

=Nain=, s., qui est d'une taille bien au-dessous de l'ordinaire; le féminin est _naine_ et non _nine_: prononcez _nène_ et non _nain-ne, nine_.

=Naphte=, s. masculin, espèce de bitume très-subtil et très-ardent, qui brûle dans l'eau: _du naphte_.—On le faisait autrefois du féminin.—Prononcez _naf-te_ et non _nafe_.

=Narrer=, v. a., raconter;—_narration, narratif, narrateur_:—dans tous ces mots, faites entendre les deux _rr_.

=Nasal, ale=, adj.—Quelques grammairiens disent que le pluriel masculin est _nasals_; cependant l'Académie dit _os nasaux_.

=Natal, ale=, adj.—Il se dit du lieu et de l'époque de la naissance: _endroit natal, jour natal_.—Ce mot n'a pas de pluriel masculin (Acad.); quelques grammairiens ont dit au pluriel _natals_.

=Natif, ive=, adj., se dit des personnes en parlant du lieu où elles ont pris naissance, et suppose ordinairement l'établissement fixe des parents, l'éducation, etc.; à la différence de _né_, qui peut supposer seulement la naissance accidentelle: _Grétry était natif de Liége_; _Rubens est né_ (accidentellement) _à Cologne_. (Acad.)

2. _Né natif_ est un sot pléonasme qui est assez commun chez les personnes du peuple, mais qu'il faut éviter: _je suis natif de Namur_ et non, _né natif de Namur_.

=National, ale=, adj.—_Garde nationale_ et _garde national_: voyez _garde_.—_National_ ne double pas l'_n_.

=Naval, ale=, adj., qui est relatif aux vaisseaux de guerre; il n'a point de pluriel suivant l'Académie; Laveaux, Levizac, etc.; MM. Noël et Chapsal disent _navals_; Boinvilliers dit des _combats navaux_.—Nous sommes de l'avis de l'Académie; on fait disparaître la difficulté en remplaçant le substantif masculin par un synonyme féminin: ainsi au lieu de dire _des combats navaux_, dites _des batailles navales_.

=Navet=, s. m., plante dont la racine sert à la nourriture des hommes et des bestiaux; écrivez et prononcez _navet_ (_et_ bref) et non _navai, navau_.

=Navire, Vaisseau=, s. m.—_Vaisseau_ désigne un grand bâtiment de guerre, un bâtiment de l'État;—_navire_ se dit plutôt des bâtiments de commerce: on dira donc _un navire de soixante tonneaux, un vaisseau de quatre-vingt-dix canons_.—Une frégate, un brick de guerre, une gabarre même, ne sont pas des _vaisseaux_, ce sont des _navires_, ou mieux des _bâtiments_.

=Nayer= (=se=), =Se Nier=, v. p., ne sont pas français;—ne dites pas _ces enfants se nayent, cette femme s'est nayée dans l'Ourthe_; dites, _ces enfants se noient, cette femme s'est noyée..._

=Ne=, adv.—Il faut avoir soin de ne supprimer _ne_ que dans les locutions reçues et autorisées; partout ailleurs ce sont de grossiers solécismes.—Ne dites donc pas: _c'est délicat, point tortueux, point cupide_; dites, _ce n'est point tortueux, ce n'est point cupide_.—Prononcez _ne_ (_e_ muet) et non _nè_.

2. _Ne... que_: voyez _seulement_.

=Néanmoins=, adv., toutefois: prononcez _néan-moins_ et non _néamoins_.

=Néant=, s. m.: prononcez _né-ant_ et non _né-iant_.

=Nec-plus-ultra=, loc. adv., pour indiquer un terme qu'on ne peut dépasser; on dit aussi, mais moins souvent, _non-plus-ultra_: _l'Apollon du Belvédère est le nec-plus-ultra de la statuaire_. —Prononcez _nèk-pluce-ultra, nonne-pluce-ultra_.

=Nef=, s. f., navire (en style poétique); partie d'une église: _la grande nef_.—Prononcez _nèfe_ et non _nève_.

=Nèfle=, s. f., fruit du néflier; ne dites pas _messe_ pour _nèfle_.—Prononcez _nèfle_ et non _nèfe_ ni _nèfèle_.

=Négative=, s. f., proposition qui nie; mot qui sert à nier: _soutenir la négative_.—Écrivez et prononcez _négati-ve_ et non _négatif_.

=Négligemment=, adv., avec négligence; prononcez _néglijaman_ et non _néglijan-man_.

=Négoce=, s., trafic, commerce, est masculin: _un bon négoce_. —Prononcez _négoce_ (_o_ bref).

=Neige=, s. f.: prononcez _nei-ge_ et non _nei-che_.

=Nenni=, mot invariable dont on se sert pour refuser; il n'est usité que dans la conversation familière:—on prononce _nani_ et non _nèni_.

=Néologie=, s. f., =Néologisme=, s. m.—_Néologie_, invention, emploi de mots nouveaux;—_néologisme_, abus de la néologie.—Distinguez et dites donc: _j'aime la néologie pleine de goût, dont Racine nous a laissé tant d'exemples, mais je désapprouve le néologisme des poètes romantiques_.

=Nerf=, s. m., tendons des muscles.—L'_f_ ne se prononce pas au pluriel; souvent même au singulier elle s'annule dans la conversation.—On ne la prononce pas dans _nerf de bœuf_ où l'on ne doit faire entendre que l'_f_ du mot _bœuf_.—Voyez ce dernier mot.

=Nescio vos=, formule familière de refus, empruntée du latin; prononcez _nes'cio voce_.

=Net=, adj., propre, clair: prononcez _nète_ (_è_ bref); quelques-uns prononcent _nè_ sans faire sentir le _t_.

=Neuf=, nom de nombre.—L'_f_ de _neuf_ ne se prononce pas quand il est suivi d'un substantif commençant par une consonne: _neuf plumes, neuf livres_ (_neu plumes, neu livres_).—On la prononce, au contraire, quand elle n'est suivie d'aucun mot, ou lorsqu'elle n'est suivie ni d'un adjectif ni d'un substantif: _ils ne sont que neuf; neuf et demi; ils étaient neuf en tout_.—Quand _neuf_ est suivi d'un substantif qui commence par une voyelle ou une _h_ muette, on prononce l'_f_ comme un =v=: _neuf écus, neuf ans, neuf hommes_ (_neuv écus, neuv ans, neuv hommes_).

2. =Neuf, euve=, adj., nouveau, se place après le substantif: _des habits neufs, des souliers neufs_, et non _de neufs habits, de neufs souliers_.

3. Les flamands sont exposés à confondre les adjectifs _neuf, nouveau, moderne_, attendu qu'ils rendent dans leur idiome ces trois mots par le même adjectif; l'usage leur apprendra mieux que les règles l'emploi de ces trois adjectifs; ainsi on doit dire: _un habit neuf, une maison neuve, une nouvelle mode, un auteur moderne_, etc.

4. Remettre, refaire un tableau, un bâtiment _à neuf_, c'est réparer le tableau, le bâtiment; mais habiller quelqu'un _de neuf_, c'est lui donner des habits entièrement neufs.—Faites sentir l'_f_ du masculin _neuf_, au singulier et au pluriel, _neufe_ et non _neu_.

=Neuvaine=, s. f., prière pendant neuf jours: ne dites pas _neuvaime_.—Prononcez _neuvène_ et non _neuvain-ne_.

=Neveu=, fait au féminin _nièce_ et non _neveuse_ ni _niége_.

=Ni=, adv.—Ne dites pas: _et moi non plus_; dites, _ni moi non plus_.

2. =Ni.=—Il faut éviter de prononcer _ni_ dans le corps d'un mot comme _gni_: vous direz donc _ma-nière, la-nière, pa-nier, opi-nion, cordon-nier, doua-nier, jardi-nier, commu-nier, commu-nion, ma-niaque, nous don-nions, vous pardon-niez_, etc., et non, _ma-gnière, la-gnière, pa-gnier, opi-gnion, cordon-gnier, doua-gnier, jardi-gnier, commu-gnier, commu-gnion, ma-gniaque, nous don-gnions, vous pardon-gniez_.

=Niais, aise=, adj., sot, simple: prononcez _ni-è_ et non _ni-ïè_.

=Nichet=, s. m., œuf que l'on met dans un nid préparé pour la ponte des poules; ne dites pas _niau_.

=Nier=, v. a.—Ne dites pas: _je me suis fait nier_, pour signifier que vous avez recommandé de dire que vous étiez sorti; dites avec l'Académie, _je me suis fait céler_.—Prononcez _ni-er_ et non _ni-ier_.

=Nieule, Nule=, sont des barbarismes; dites _pain à cacheter_.

=Nigaude, aude=, adj., sot et niais; ne dites pas _nigot_: prononcez _nigô_ (_ô_ long).

=Nitouche= (=sainte=), s. f., personne qui affecte des airs d'innocence, de simplicité, de dévotion: _c'est une sainte-nitouche_;—ne dites pas _sainte-mitouche_.

=Noble épine=, s. f., arbrisseau épineux; il faut dire _aubépine_.

=Noce=, s. f.—Lorsque ce mot signifie _mariage_, il ne se dit qu'au pluriel: _il épousa une telle en premières noces, le jour de ses noces_.—Lorsqu'il désigne le festin, les réjouissances qui accompagnent le mariage, il se dit aussi bien au singulier qu'au pluriel: _une noce de village; repas de noce, habits de noces; j'ai été aujourd'hui à la noce, il n'a pas voulu faire de noces_.—Lorsqu'il signifie toute l'assemblée, toute la compagnie qui se trouve à la noce, il ne s'emploie qu'au singulier: _après le dîner, toute la noce s'est dispersée_.

2. Écrivez noce sans accent circonflexe et prononcez _noce_ (_o_ bref) et non _nôce_.

=Noël=, s. m., fête de la Nativité de N. S. J.-C.;—quoique ce mot soit masculin, on peut dire _à la noël_ en sous-entendant le mot fête; on dit également _à Noël_.

2. _Un Noël_ est un cantique spirituel en l'honneur de la Nativité de N. S. J.-C.

3. Prononcez _noël_ (_oë_ diphth.) et non _no-èle_ ni _no-iêle, noéle_.

=Nœud=, s. m.—Le _d_ ne se prononce pas, même devant une voyelle: _un nœud indissoluble_.

=Noir, e=, adj.—Ne dites pas: _il est noir de teint, de peau_; dites, _il a le teint noir, ... la peau noire_.

2. Ne dites pas _du café noir_; dites _du café à l'eau_, comme on dit _café au lait, café à la crème_.

=Noix, Noisettes.=—Ne dites pas: _ces noix, ces noisettes ont d'excellents noyaux_, pour désigner la graine bonne à manger contenue dans l'écale; dites _amande_:—_ces noisettes ont de petites amandes; ces noix ont les amandes fort dures_ (et non _les noyaux_).—Voyez _noyau_.

=Nombre= (=noms de=).—Quand on écrit un nombre en toutes lettres, on met un ou plusieurs traits d'union entre les adjectifs qui le composent, depuis _dix-sept_ jusqu'à _quatre-vingt-dix-neuf_, excepté entre les adjectifs _vingt, trente, quarante, cinquante, soixante_, et l'adjectif _un_, qui s'unissent au moyen de la conjonction _et_: ainsi on écrit: _vingt et un ans_, _vingt-deux, vingt-trois_, etc., _trente et un, trente-deux, quarante et un, quarante-deux_, etc., et ainsi de suite jusqu'à _quatre-vingts, quatre-vingt-un, quatre-vingt-deux_, etc.—Mais au-delà de _quatre-vingt-dix-neuf_, on n'emploie ni conjonction ni trait d'union; on dit et on écrit: _cent un, cent deux, cent dix-sept, cent vingt et un, trois cent soixante-dix_, etc.—Cependant au lieu de _soixante-dix, soixante-onze_, etc., on dit aussi, et c'est mieux pour l'euphonie, _soixante et dix, soixante et onze_, jusqu'à _soixante et dix-neuf_. (Acad.)

=Nonante, Octante, Septante.=—Ces mots ont vieilli; _octante_ même n'est plus du tout en usage.—On les remplace par _quatre-vingt-dix, quatre-vingts, soixante-dix_.—Cependant en arithmétique, on peut encore faire faire usage de _nonante_ et de _septante_.

=Non fait=, est un barbarisme; cependant on dit très-bien _si fait_ dans la conversation familière: _je crois qu'il n'y a pas été.—Si fait, il y a été_.

=Non-pair, non-paire=, adj.—On dit plutôt _impair_: _un nombre impair_.

=Non pas=, est une négation renforcée, équivalant à _non, non_; mais il ne peut pas s'employer pour _n'est-ce pas_.

2. _J'ai reçu une lettre non affranchie_;—ne prononcez pas _non n'affranchie_, mais _non affranchie_.

=Nord=, s. m.—Le _d_ ne se prononce pas; il ne sonne pas non plus dans _nord-ouest, nord-est_ (_nor-oueste, nor-este_).

=Nos, Vos=, adj. poss.: prononcez _nô, vô_ (_ô_ long) et non _no, vo_ (_o_ bref).

=Nota=, s. m., mot latin qui signifie _remarquez, faites attention_; on dit aussi _nota bene_ (_notabéné_).

=Notariel=, adj.—Ne dites pas _un acte notariel_; dites _un acte notarié_:—_notariel_ n'est pas français.

=Notion=, s. f., connaissance: prononcez _nôcion_.

=Notre, votre=, adj. poss., =le nôtre, le vôtre=, pron. poss.—On les distingue dans la prononciation: ainsi _notre papier, votre plume_ se prononcent _notre, votre_, (_o_ bref), tandis que dans _le nôtre, le vôtre, les nôtres, les vôtres_, _ô_ est long:—prononcez _no-tre, vo-tre_, etc., et non _note, vote_ ni _notère, votère_, etc.

=Nourri.=—Ne dites pas: _vous êtes un mal nourri_; dites, _... un mal élevé_.

=Nous=, pron. pers.—Il est quelquefois employé dans le sens de _je_ ou _moi_: ainsi dans les ordonnances le roi dit: _nous ordonnons_;—les évêques, les personnes qui ont quelque autorité et les auteurs, lorsqu'ils parlent d'eux-mêmes, se servent également de cette forme: _nous mandons, nous déclarons, nous certifions, nous livrons au public le fruit de longues veilles_.—Dans tous ces cas, les adjectifs, les participes dépendant de _nous_, se mettent au singulier et non au pluriel; _nous avons été critiqué injustement; nous serons juste envers nos adversaires; nous nous sommes décidé à prendre cette mesure_, etc.

2. Il en est de même du pronom _vous_ employé pour _tu, toi_.

3. Ne dites pas: _c'est nous qui ont, c'est nous qui sont_, etc.; dites, _c'est nous qui avons, c'est nous qui sommes_.

4. _Nous autres, vous autres_: voyez _autre_.

=Nouveau, Nouvel, elle=, adj.—_Un habit nouveau_, est un habit à la mode nouvelle; _un nouvel habit_, est un habit nouvellement fait ou nouvellement porté.—_Un habit neuf_ est un habit qui vient d'être fait.

2. L'adjectif _nouveau_, placé devant le substantif, éveille l'idée de certains objets analogues à ceux que va désigner le substantif; il exprime un rapport d'ordre, de succession, de nombre.—Placé après le substantif, il équivaut à _récent_, ou spécifie une chose inconnue jusque-là dans son genre.—On va chercher dans une bibliothèque de _nouveaux_ livres; on reçoit d'un auteur un livre _nouveau_.—_Une nouvelle faute_, c'est une dernière faute ajoutée à des fautes antérieures;—_une faute nouvelle_, c'est une faute dans un genre nouveau.

3. Un _nouveau vin_ est un vin mis nouvellement en perce; un _vin nouveau_ est un vin de l'année.

=Noyau=, s. m., partie dure et ligneuse d'un fruit, abricot, cerise, etc., qui contient une _amande_;—_l'amande_, est la graine contenue dans _le noyau_; on mange _l'amande_ et non _le noyau_ de la noisette, de l'aveline, etc.—Les wallons disent souvent _noyau_ pour _amande_.—_Pierre, pierrette, pirette_, dans le sens de _noyau_, ne sont pas français.—Prononcez _noi-ieau_ et non _no-ieau, noi-au_.—Voyez _noix_.

=Nu, nue=, adj.—Il est invariable, lorsqu'il précède le substantif: _nu-tête, nu-jambes, nu-pieds_.—Cependant en terme de jurisprudence, on dit _la nue propriété_, c'est-à-dire, la propriété du fonds dont un autre a l'usufruit.—_Nu_, placé après le substantif, prend le genre et le nombre du nom: _la tête nue, les pieds nus_.

=Nuit=, s. f., _nuitée, nuitamment, nuire, nuisible_;—_ui_ forme une diphthongue, laquelle ne compte dans les vers que pour une syllabe;—prononcez donc _nuit, nuire_, etc., et non _nouit, nouire_ ni _nu-it, nu-ire_.—V. _ui_.

2. Ne dites pas: _il était dix heures à la nuit ou de la nuit_; dites, _il était dix heures du soir_.

3. Ne dites pas: _j'ai rêvé, je me suis éveillé de la nuit_; dites, _pendant la nuit_ ou _la nuit_.

4. Dites, _bonne nuit_ et non _bon soir_, lorsque vous prenez congé de quelqu'un au moment d'aller vous coucher, autrement dites _bonsoir_ et non _bonne nuit_: _la bonne nuit_, ne se dit pas.

=Nul, nulle=, adj.; voyez _aucun_.

=Nullité=, s. f., défaut qui rend nul: prononcez _nul'lité_ (en faisant sentir les deux _ll_).

=Numéro=, s. m., plur. _numéros_: prononcez _numéro_ et non _numèro, numero_.

O

=O.=—L'_o_ marqué de l'accent circonflexe, est toujours long: _alcôve, côte, diplôme, hôte_, excepté dans _hôtel, hôtellerie, rôti_ et autres dérivés de _rôt_, lequel a conservé l'_ô_ long, ainsi que dans _prévôtal, prévôtale, prévôtalement, hôpital_.—Voici la liste d'un certain nombre de mots qui se prononcent avec l'_o_ long, bien que la plupart d'entre eux ne portent pas toujours l'accent circonflexe: _atome, axiome, enjôleur, fosse, fossé, geôle, godron, grosil, idiome, motus, odeur_ (mais non _odorat_, _odoriférant_), _ôter, prône, prôner, rapsode, rapsodie, symptôme, tome, zone_.—Les noms propres _Ancône, Brantôme, Cobourg, Durosoy, Joseph, Rhône, Saône_, et les dérivés, suivent la même prononciation. (HENNEBERT.)—Ajoutons que plusieurs grammairiens prononcent _Joseph_, _o_ bref.

=Oasis=, s. f., espace qui dans un désert de sable, offre de la végétation; ce mot est féminin: _la grande oasis_.—Prononcez _oazice_ et non _owazice, oazi_.

=Obéissance, Soumission.=—La première est une conséquence de la seconde;—la _soumission_ est dans la volonté et _l'obéissance_, dans l'action: _celui qui se soumet à Dieu, obéit à sa volonté_: —_obéissance_ ne s'emploie pas au pluriel.—Prononcez _obé-issance, obé-ir_ et non _obéi-issance, obéi-ir_.

=Obéré de dettes=, (pléon.)—_Obéré_ est tiré d'un mot latin qui signifie _endetté_; il faut donc dire _obéré_ tout simplement, ou _perdu de dettes, chargé de dettes_: _ce négociant est fort obéré_.

=Obit=, s. m., service pour le repos de l'âme d'un mort: prononcez _obite_.

=Obliger=, devant un infinitif, demande _à_ ou _de_, lorsqu'il signifie engager, contraindre: _l'envie de parvenir l'a obligé d'étudier; vous m'obligerez à me fâcher_.—Il prend _de_, lorsqu'il veut dire, rendre service, et lorsqu'il est employé au passif: _vous m'obligeriez beaucoup d'aller lui parler; il fut obligé de sortir; je serai obligé de vous punir_,—_S'obliger_ demande _à_: _prêtez-moi ce livre, je m'oblige à vous le rendre_ (et non _de vous le rendre_) _dans deux jours_.

=Obliquité=, s. f., inclinaison; prononcez _oblikité_ et non _oblikuité_.

=Obsèques=, s. f. pl., funérailles solennelles.—Ce mot est féminin et n'a pas de singulier; dites donc, _on lui a fait de belles_ (et non _de beaux_) _obsèques; on a célébré des obsèques solennelles_ (et non _un obsèque solennel_ ni _des obsèques solennels_.)

2. Prononcez _ob-sèques_ et non _ob-zèques_.

=Observer=, v. a,—Lorsque _observer_ s'emploie dans le sens de _remarquer_, ce qui arrive souvent, il doit se construire comme ce verbe: ainsi, puisqu'on ne dit pas, _je vous remarque que..._, mais _je vous fais remarquer que_, on ne dit pas non plus, _je vous observe que_, mais _je vous fais observer que_:—_je vous fais observer que vous êtes dans l'erreur_, et non, _je vous observe que vous êtes dans l'erreur_.

2. Quelques personnes disent aussi, _faire une observation_, dans le sens _de faire remarquer, de faire observer_; cette manière de parler est incorrecte, car on ne peut pas plus dire _faire une observation à quelqu'un_, qu'_observer à quelqu'un_;—il faut dire, _je vous ferai faire cette observation; je vous prie de faire cette observation_.

3. Prononcez _ob-cerver_ et non _ob-zerver_. Voyez _remarquer_.

=Obtenir=, v. a., se faire accorder: prononcez _obtenir_ (_e_ muet) et non _obtènir_.

=Obus=, s. m., petite bombe: prononcez _obuze_. (Acad.)

=Occiput=, s. m., le derrière de la tête: prononcez _ok-'cipute_.

=Occuper=, v. a.—Ne dites pas, _il est occupé à mourir_; dites, _il est près de mourir, sur le point de mourir_. (Flandr.)

2. Ne dites pas: _il est occupé après ce travail depuis quinze jours_; dites, _il est occupé à ce travail_. (Flandr.)

3. On dit, _il est occupé à écrire_ et non _d'écrire_.

4. _Occuper à_ (_s'_), _s'occuper de_.—_S'occuper à quelque chose_, c'est y travailler: _il s'occupe à son jardin; il s'occupe à détruire les abus_.—_S'occuper de quelque chose_, c'est y penser ou chercher les moyens d'y réussir: _il s'occupe de son jardin; il s'occupe de détruire les abus_.(Acad.)

=Occurrence=, s. f., rencontre; prononcez _ocur'rence_.

=Octave=, s., est féminin: _une octave solennelle_;—prononcez _octa-ve_ et non _octa-fe_.

=Octavo= (=in=): voyez _in-douze_.

=Oculer=, signifie, greffer et ne se dit pas dans le sens de communiquer une maladie par le virus; dites donc, _il faut faire inoculer le vaccin à cet enfant_, et non _oculer_.

=Œcuménique=, adj., universel: concile œcuménique;—_œ_ se prononce _é_, ainsi que dans _œcuménicité, œcuméniquement_.

=Œil=, (et non _œuil_), s. m., organe de la vue.—On prononce _euille_ (_ll_ mouillées); le pluriel est _yeux_; excepté dans _œils-de-bœuf_, fenêtres de forme ronde ou ovale (on prononce l'_f_ de _bœuf_); _œils-de-chat, œils-de-serpent_, etc., noms de pierres précieuses; _œils-de-bouc_, coquillages; _œils-de-chèvre_, plantes; _œils-d'or_, poissons, etc.

2. Le pluriel _yeux_ se dit de certains trous qui se trouvent dans la mie de pain et dans plusieurs espèces de fromage: _un pain qui a des yeux, de grands yeux; un fromage qui n'a pas d'yeux_,—Il se dit aussi de certaines marques de graisse qu'on aperçoit dans le bouillon: _ce bouillon est très-gras, il a beaucoup d'yeux_. (Acad.)

3. _Entre quatre yeux_, loc. adv., tête à tête: on prononce ordinairement (mais on n'écrit jamais) _entre quatre-z-yeux_. (Acad.)—Malgré l'autorité de l'Académie, nous ne conseillons pas de prononcer ainsi cette phrase; nous ne voyons pas du reste ce que la prononciation régulière, _quatre yeux_, peut avoir de désagréable à l'oreille.

=Œuf=, s. m.—L'_f_ ne se prononce qu'au singulier: _un œuf_ (_œufe_), _des œufs_ (_œu_);—il en est de même du mot _bœuf_: voyez ce mot.

=Œuvre=, s., est _féminin_, quand il signifie une production de l'esprit, une action morale, etc.: _les bonnes œuvres sont commandées par la charité; les œuvres de Corneille sont belles et nobles_.—Il est _masculin_, quand il signifie le recueil de toutes les estampes d'un même graveur ou les ouvrages d'un musicien: _avoir tout l'œuvre de Hollar, de Callot_, etc.; _le premier, le second œuvre de Grétry, de Gevaert, de Grisard_.—On dit aussi le _grand œuvre_, pour désigner, en terme d'alchimie, la _pierre philosophale_, c'est-à-dire la prétendue transmutation des métaux en or: _c'est un fou qui veut trouver le grand œuvre_.

2. _Mettre en œuvre_, se dit des choses et non des personnes; ne dites donc pas: _je mets beaucoup d'ouvriers en œuvre_; dites, _j'emploie beaucoup d'ouvriers_.

3. Prononcez _eu-vre_ (_eu_ bien ouvert) et non _eufe, œuvère_.

=Office=, lieu où l'on fait, où l'on prépare tout ce qui se met sur la table pour le dessert, et dans lequel on garde le linge et la vaisselle; il est _féminin_ dans ce sens: _une grande office_.—Dans les autres acceptions, _office_ est masculin: _de bons offices, un office solennel_.

=Officine=, s. f., se dit quelquefois, chez les pharmaciens, pour _laboratoire, boutique_.

=Offre=, s., action d'offrir.—On l'a fait autrefois du masculin, mais aujourd'hui il est toujours du féminin: _une offre avantageuse_.—Prononcez _o-fre_ et non _ofe, ofère_.

=Offrir=, v. a., devant un infinitif, demande la préposition _de_;—_s'offrir_ prend _à_ ou _de_:—_il offre d'acheter_ (et non _à acheter_) _ma maison à tel prix; il s'est offert de bonne grâce à y aller_ ou _d'y aller_.

=Ogre=, s. m., monstre qu'on suppose se nourrir de chair humaine: _manger comme un ogre_;—le féminin est _ogresse_.—Prononcez _o-gre_ et non _oke, oguère_.

=Oie, Oye= (_terminaisons en_).—Les wallons font en général trop sentir l'_i_ et l'_e_: ils prononcent, par exemple, _voi-ïe, soi-ïe, j'envoi-ïe, que je croi-ïe, fourvoi-ïement_, etc.—_Oi_ suivi d'un _e_ muet, devient une syllabe longue, mais on ne doit pas faire sentir un second _i_ ni même l'_e_ muet: prononcez simplement _voî_ (_oî_ long), _soî, j'envoî, que je croî, fourvoî-ment_.—Il en est de même de _aie, aye, ée, ie, oue, ue_, etc.

=Oignon=, s. m.—Prononcez _ognon_ en supprimant l'_i_; quelques-uns même écrivent _ognon_ (Acad.): prononcez de même _ognonet, ognonière_.

=Oiseleur, Oiselier=, s. m.—_L'oiseleur_, est celui qui fait métier de prendre des oiseaux: il n'a point de féminin correspondant.—_L'oiselier_, est celui dont le métier est d'élever, de vendre des oiseaux.

=Oiseux, Oisif=, adj.—_Oiseux_, qui par goût ou par habitude ne fait rien ou ne fait que des riens: _gens oiseux et fainéants_.—Il se dit aussi des choses et signifie inutile, vain, qui n'est bon à rien, ne sert à rien: _des disputes, des questions oiseuses; une épithète oiseuse_.—_Oisif, ive_, qui ne fait rien, qui n'a point d'occupation: _un homme oisif_.

2. On dit _vie oisive_, pour signifier la vie d'une personne oisive.—Le premier se dit plus particulièrement des choses et le second des personnes.

=Olibrius=, s. m., étourdi qui fait l'entendu, qui se donne des airs: prononcez _olibriuce_.

=Ombreux, Ombragé, Ombrageux, Ombré=, adj.—_Ombreux_, où il y a beaucoup d'ombre, qui fait de l'ombre; _forêt, vallée ombreuse_;—_Ombragé_, qui fait de l'ombrage, _un superbe marronnier ombrage sa maison; chemin ombragé d'ormes_.—_Ombrageux_ ne se dit au propre que des chevaux, des mulets, etc., qui sont sujets à avoir peur et à s'arrêter ou à se jeter subitement de côté quand ils voient leur ombre ou quelque objet qui les surprend.

2. _Ombrageux._—Il se dit figurément des personnes qui prennent trop légèrement des soupçons, de l'ombrage sur des choses qui les regardent, qui les intéressent: _c'est un homme fort ombrageux_. (Acad.)

3. _Ombré_ est un terme d'art; il indique qu'on a représenté non-seulement les linéaments des corps, mais les accidents d'ombre ou de lumière: _tête ombrée, dessin ombré_.

=On, L'on.=—_L'on_ ne s'emploie généralement que pour éviter un concours désagréable de sons ou bien un hiatus; voilà pourquoi on l'emploie plus particulièrement après _qui, que, quoi, et, si, ou, où_;—il vaut mieux dire: _de qui l'on parle; si l'on dit; et l'on croit; on se tait ou l'on parle bien; le pays où l'on va_, que de dire: _de qui on parle; si on dit; et on croit; on se tait ou on parle bien; le pays où on va_.—Cependant si le pronom était suivi d'un mot commençant par la lettre _l_, il faudrait se servir de _on_ pour éviter la rencontre de deux _l_: _si on lui dit, à qui on lit_, et non, _si l'on lui dit, à qui l'on lit_.—_On_ doit toujours être préféré à _l'on_ au commencement d'une phrase: _on rapporte_ (et non _l'on_) _que l'empereur Nicolas penchait plutôt vers la guerre que vers la paix_.

2. _On_ ne se dit que des hommes et jamais de Dieu; ainsi, au lieu de dire: _au jour du jugement, on nous demandera compte du bien et du mal que nous aurons fait_, dites: _Dieu nous demandera compte..._

=Oncle=, s. m.—Dites, _un tel est mon oncle_ et non _mon mononcle_.—Prononcez _on-cle_ et non _onke, onkèle_.

=Ongle=, quoique anciennement féminin, est aujourd'hui masculin: _avoir les ongles trop longs et_ non _trop longues_.—Prononcez _on-gle_ et non _onke, on-cle, onguèle_.

=Onglet=, s. m., morceau d'étoffe ou de peau qui sert à couvrir le doigt:—le mot _onglet_ n'a pas cette signification, il faut dire _doigtier_.

=Onze=, adj. num. card., qui se prend aussi substantivement.—Quoique ce mot commence par une voyelle, il arrive quelquefois, et surtout quand il est question de dates, qu'on prononce et qu'on écrit sans élision l'article ou la particule qui le précède: _le onze du mois; de onze qu'ils étaient, il en est mort dix; de vingt il n'en est resté que onze_.—On dit aussi dans la conversation familière: _il n'en est resté qu'onze_.

2. Quand _onze_ est précédé d'un mot qui finit par une consonne, on ne prononce pas plus la consonne finale que s'il y avait une aspiration: _vers les onze heures; ils étaient onze_.

3. Prononcez _on-ze_ et non _on-ce_.

=Onzième=, adj. num. ord., se prend aussi substantivement.—La première syllabe est ordinairement aspirée: _le onzième du mois; dans sa onzième année; le cinq du onzième mois; il vivait au onzième siècle; il a deux onzièmes dans cette affaire; il est le onzième sur la liste_; quelques-uns disent _l'onzième_. (Acad.)

2. Prononcez _onziè-me_ et non _onzièm-me_; prononcez de même _deuxième, troisième, quatrième, vingtième_, etc.

=Ophicléïde=, s. m., instrument de musique:—prononcez _ophiclé-ide_ et non _ophicleite, ophiclé-ite_.

=Ophtalmie=, s. f., maladie des yeux: prononcez _oftalmî_ et non _optalmi-ïe_ ni _optalmî_.

=Opuscule=, petit ouvrage, est masculin: _l'auteur de cet opuscule fameux est un tel_.

=Or=, s. m., ne se dit au pluriel que pour signifier les différentes couleurs que l'on peut donner à l'or; _une boite de deux ors; des ors de différentes couleurs_. (Acad.)

=Orage=, est masculin: _les orages ont été fréquents cette année_.

2. Ne dites pas _une tempête orageuse_ (pléon. vic.); dites simplement _tempête_, parce qu'une tempête est toujours orageuse.

=Oral, ale=, adj., qui est dit de vive voix.—Il n'est guère usité au féminin qu'avec les substantifs _loi, tradition_ et au masculin avec les substantifs masculins _enseignement_ et _examen_: il ne s'emploie donc pas au pluriel.

=Orange=, s. f.,—Quoiqu'on doive dire _des fleurs de fraisier, des fleurs de pêcher_ et non _des fleurs de fraise, de pêche_, l'Académie écrit cependant _un bouquet de fleurs d'orange_; et au mot _eau_, on lit cet exemple: _eau de fleur d'orange_, où le mot _fleur_ est du singulier.—Prononcez _orange_ et non _oranche_.—Voyez _fleur_.

=Orang-outang=, s. m., grand singe à face humaine; le pluriel est _orangs-outangs_.—Prononcez _oran-outan_; quelques-uns prononcent _orangue-outan_.

=Orateur=, n'a point de féminin: _une femme orateur; les passions sont les seuls orateurs qui persuadent toujours_.

=Oratorio=, s. m., petit drame en musique dont le sujet est tiré de l'Écriture-Sainte; on peut écrire des _oratorios_ comme on écrit des _duos_.

=Orchestre.=—Autrefois on faisait ce mot du féminin; aujourd'hui on ne le fait plus que du masculin:—prononcez _orkes-tre_ et non _orkesse, orkestère_; prononcez de même _orchestrer, orchestration, orchestique_.

=Ordonner=, suivi d'un infinitif, demande la préposition _de_: _je lui ai ordonné de_ et non _à sortir_.

=Oreillette=, n'est pas français; dites _des boucles d'oreilles, des pendants d'oreilles_.—On dit _les oreillettes du cœur_.

=Orémus=, s. m., prière, oraison; _dire des orémus_.—Prononcez _orémuce_.

=Organe=, est masculin: _un bel organe_, et non _une belle organe_.

=Orge=, est _féminin_: _voilà de belle orge, de belles orges_.—Il est _masculin_ dans les deux expressions suivantes: _orge mondé_, orge bien nettoyée; _orge perlé_, orge réduite en petits grains dépouillés de leur son.—Prononcez _or-ge_ et non _or-che_.

=Orgeat=, s. m., boisson rafraîchissante: prononcez _orja_.

=Orgelet=, s. m., (ou _grain d'orge_), petite tumeur inflammatoire sur le bord libre des paupières:—_j'ai un orgelet à l'œil gauche_.

=Orgue=: voyez _délice_.

=Orgueil=, s. m.—L'_l_ finale est mouillée et ce mot se prononce comme _deuil_; ne dites pas _orgheil, orghueule_: prononcez de même les dérivés _orgueilleux, orgueilleusement, s'enorgueillir_.

=Ormeau=, s. m., arbre; ne dites pas _un vieil ormeau_; dites, _un vieil orme_;—les _ormeaux_ sont de jeunes ormes.

=Ornière=, s. f., trace de roue de voiture: prononcez _or-nière_ et non _or-gnière_.—Voyez _ni_.

=Orteil=, s. m., doigt de pied: _se dresser sur ses orteils_;—il se dit particulièrement et le plus souvent du gros doigt de pied: _avoir la goutte à l'orteil, au gros orteil_: prononcez _orteille_ (_l_ mouillée) et non _ortelle_.

=Orthographier=, v. n.: _il sait bien orthographier_;—ce mot ne vient pas _d'orthographe_ mais _d'orthographie_, qui est le nom ancien de cette science;—ne dites pas _orthographer_.

=Os=, s. m., partie dure du corps: prononcez _ô_ (long) et non _oce_; on ne fait sentir l'_s_ que devant une voyelle où il sonne comme _z_: _un amas d'os et de chair_.—Les _ossements_ sont un amas d'os.

=Osciller=, _oscillation, oscillatoire_: on prononce les deux _ll_ sans les mouiller.

=Osier, Hart.=—_L'osier_ est un arbrisseau de la famille des saules:—une _hart_ est un brin d'osier, de saule ou de tout autre bois pliant: _lier avec de l'osier; délier la hart_ (et non _l'osier_) _d'un fagot_.—Prononcez _hare_ (_h_ aspirée).

=Où=, adv.—Ce mot ne peut jamais être employé pour _que_: ne dites pas, _c'est là où je demeure_; dites, _c'est là que je demeure_; ne dites pas, _c'est là où je vais_; dites, _c'est là que je vais_.

2. Ne dites pas: _c'est le monsieur où je vais_; dites, _chez qui, chez lequel je vais_. (Flandr.)

3. Ne dites pas: _voici le verre où j'ai bu dedans_; dites, _voici le verre dans lequel j'ai bu_. (Wall.)

4. Ne dites pas: _la ville où nous y entrâmes deux jours après_; dites, _la ville où nous entrâmes_ ou bien _et nous y entrâmes_, car _où_ signifie _dans laquelle ville_ et _y_ signifie _dans cette ville_;—les deux mots ensemble veulent donc dire _nous entrâmes dans laquelle ville, dans cette ville_.

5. Ne dites pas: _j'irai où que vous voudrez_; dites, _j'irai où vous voudrez_. (Wall.)

6. Ne dites pas: _il ne se passait pas de semaine où je n'allasse à Liége_; dites, _que je n'allasse à Liége_.

7. Ne dites pas: _où est-ce que vous êtes? où est-ce que cela est? où est-ce que c'est que cela est?_—dites, _où êtes-vous, où cela est-il, où est cela_.

8. _Ou_, conj.:—_sept ou huit personnes_: voyez _à_.

9. _Où_, adv. s'écrit avec un accent grave; et _ou_ conjonct., s'écrit sans accent.

=Ouate=, s. f., =Ouater=, v. a.—On prononce _ouète, ouèter_ (_wète, wèter_), dit l'Académie;—nous pensons néanmoins que cette prononciation est moins en usage que _ouate, ouater_ (_wate, water_).

2. Les auteurs étant partagés sur la question de savoir si _ou_ est aspiré ou non, nous croyons que l'on peut dire indifféremment _de la ouate_ ou _de l'ouate_; l'Académie du reste donne des exemples de l'une et de l'autre orthographe.

=Oubli=, s. m., action d'oublier, ne s'emploie pas au pluriel.

2. _Oublie_, s. f., sorte de pâtisserie fort mince et de forme ronde: prononcez _oublî_ (_î_ long) et non _oubli-ïe_;—prononcez de même _oublier, j'oublî(e), j'oubli-ais, j'oublî-(e)rai_ et non _oubli-ïer, j'oubli-ïe, j'oubli-ïais, j'oubli-ïerai_.

=Oublier à=, vieillit (Acad.): ainsi au lieu de dire: _il a oublié à lire et à écrire_; dites, _il ne sait plus lire ni écrire_.—_Oublier à_ signifie perdre l'usage, l'habitude; _oublier de_ veut dire perdre le souvenir de quelque chose: _oublier à chanter, à écrire; j'ai oublié d'apprendre ma leçon_.

=Oublieux=, adj., =Oublieur=, subs. m.—_Oublieux_, qui est sujet à oublier: _les vieillards sont oublieux_;—_l'oublieur_ est celui qui fait ou vend des oublies:—_oublieur_ se prononce _oublieux_. (Acad.)

=Oue.=—La syllabe _oue_, finale ou non, se prononce _oû_ (long) et non _ou-we_:—_de la boue, une roue, engouement, enrouement_:—prononcez _boû, roû, engoûment, enroûment_, et non _bou-we, rouwe, engou-wement, enrou-wement_.—Voyez _ie_ et _ue_.

2. _Ouer, ouir, ouet_, etc.:—prononcez _ou-er, ou-ir_, et non _ou-wer, ou-wir_:—_jouer, louer, clouer; ouïr, jouir, jouet, alouette, amadouer_ et non _jou-wer, lou-wer, clou-wer, amadou-wer, ou-wir, jou-wir, jou-wet, alou-wette_.

=Ouest=, s., m. le couchant du soleil: prononcez _ouèste_ (_ouè_ diphth.)

=Oui=, particule d'affirmation opposée à _non_.—Il s'emploie quelquefois substantivement et alors, dit l'Académie, il se prononce comme s'il était aspiré: _le oui et le non; il a dit ce oui à regret_.—Nous ferons remarquer que l'Académie aspire encore ce mot lorsqu'il n'est pas pris substantivement: _je crois que oui_.—On dit aussi avec aspiration, c'est-à-dire, sans faire sentir la consonne finale du mot qui précède _oui_: _mais oui, vraiment oui; dire le grand oui_.

=Ouï-dire=, s. m., ce qu'on sait par le seul dire d'autrui; ce mot est invariable: _il ne faut pas s'arrêter aux ouï-dire_.

=Ouïe=, s. f., sens des sons: _il a l'ouïe fine_ et non _fin_:—prononcez _ouî_ non _ou-wi-ïe_ ni _ou-iïe_.

2. =Ouïes=, au plur. sans sing., se dit des ouvertures placées aux deux côtés de la tête des poissons et par lesquelles ils donnent issue à l'eau qui est entrée dans leur bouche par la respiration.

=Ouïr=, v. a., entendre, recevoir les sons par l'ouïe; on ne se sert aujourd'hui presque plus de ce verbe qu'à l'infinitif et aux temps formés du participe _ouï_ et du verbe _avoir_.

=Ourler=, v. a., faire un ourlet (et non _une ourle_);—ne dites pas _ourlir_.

=Ours=, est masculin: _c'est un ours, un vrai ours; il est vêtu comme un ours_; prononcez _ource_.—_Ourse_ est la femelle de l'ours.

=Ousque.=—Ne dites pas _ouse qu'il est?_ dites, _où est-ce qu'il est?_ ou, plus brièvement, _où est-il?_

=Outil=, s. m.: _un bon outil_, et non, _une bonne outil_.—Prononcez _outi_ et non _outile_.

=Outre=, prép.—Ne dites pas, _en outre de cela_, dites, _outre cela_ ou _en outre_:—_en outre_ s'emploie sans complément.—Prononcez _ou-tre_ et non _oute, outère_.

=Ouvrable=, adj. m., consacré au travail; il n'est usité que dans l'expression _jour ouvrable_; mais on dit aussi _jour ouvrier_. (Acad.)—_Ouvrable_ dans le sens de _qui peut être ouvert_, n'est point français.

=Ouvrage=, s.—Ce mot, qui était quelquefois du féminin du temps de Louis XIV, surtout en parlant des ouvrages des femmes, est toujours du masculin aujourd'hui: _un bel ouvrage_ et non _une belle ouvrage_.

=Ouvrier, ère=, s.:—prononcez _ouvri-é, ouvri-ère_ et non _ouvri-ié, ouvri-ière_.

=Ovale=, adj., qui a la forme d'un œuf: _visage ovale_:—le masculin est _ovale_ comme le féminin.—Il est aussi substantif masculin: _un grand ovale_;—on le faisait autrefois du féminin.

P

=P.=—Le _p final_, ne se prononce pas dans les mots ordinaire: _drap, galop, sirop, trop, coup, loup, corps, champ, temps, camp, exempt, prompt, je romps_, etc., et dans les noms propres français qui dérivent de noms communs: telle est la règle générale.

2. Le _p_ se fait sentir dans _cap, laps, relaps, rapt, jalap, hanap, julep, salep, concept_ (faites sentir le _t_), et aussi dans _cep_ pris isolément.—Le _p_ muet, à la fin des mots, ne se lie pas avec la voyelle suivante; on ne peut donc pas dire, _un loup enragé_ (_lou-penragé_), etc.

3. Il se prononce également dans _psaume, adoption, captieux, contempteur, contemptible, exemption_ (quoiqu'on ne le prononce pas dans _exempt, exempte, exempter_), _impromptu, rédempteur, rédemption, rédemptoriste, reptile, septante, septantième, septembre, septenaire, septennal, septentrion, septentrional, septuagénaire, septuagésime, symptôme_; dans _accepter, excepter_ et leurs dérivés.

4. Mais il ne se prononce pas dans presque tous les mots où il se trouve entre deux consonnes, tels que: _Baptiste, saint Jean-Baptiste, cheptel, baptême, baptiser, débaptiser, baptismal, baptistaire, baptistère, comptabilité, comptable, comptant, compte, compter, comptoir, décompte, décompter, mécompte, escompte, promptitude, prompt, prompte, promptement, sculpture, sculpteur, sept, septième, septier_ (ou _setier_), et leurs dérivés.—Ajoutez les noms propres _Champfort, Champmeslé_.—D'après l'Académie on le supprime dans _dompter_ (donter), _dompteur_ (donteur), _domptable_ (dontable), tandis qu'il faut le prononcer dans _indompté, indomptable_. Nous ne nous chargerons pas d'expliquer cette contradiction.

=Pachus=, est une corruption du mot flamand _pak-huis_ et il faut le rendre par le mot _magasin_:—quand un homme achète beaucoup de choses de même nature, on dit, _qu'on croit qu'il veut en faire un magasin_ et non _un pachus_.

=Page=, s. féminin, dans le sens de page d'un livre, d'un cahier.—On dit également _page dix_ et _page dixième; page vingt, page cent_ et _page vingtième, page centième_, comme on dit, _chapitre dix_ et _chapitre dixième, chapitre cent_ et _chapitre centième_.

=Paiement=, _paîment, payement_, s. m., action de payer:—l'Académie autorise ces trois orthographes, mais, dans tous les exemples qu'elle donne, elle écrit _payement_:—dans ce dernier cas, prononcez _pai-ïement_.

=Païen, païenne=, adj. et subst.—On n'écrit plus aujourd'hui _payen, payenne_:—prononcez _pa-ïien, pa-ïiène_ (et non _pa-ïiain-ne_).

=Paillasse=, s. f.—Dites _une paillasse_ et non _un garde-paille_.

=Paille=, s. f., le tuyau et l'épi du blé, du seigle, de l'orge, etc., quand le grain en a été enlevé.—On entend aussi par _paille_ un certain défaut de fusion dans les métaux.

2. Ce mot ne s'emploie pas au pluriel, à moins qu'il ne s'agisse de l'ensemble de la récolte: _les pailles sont belles; les pailles servent à faire de la litière et du fumier_.

=Pain=, s. m.—Ne dites pas _un pain enchanté_ ou _à chanter_; dites _un pain à cacheter_.

=Pair=, s. m., titre de dignité, on appelle _pairesse_ la femme d'un _pair_.

2. =Paire=, s. f., couple d'animaux de la même espèce, mâle et femelle: _une paire de pigeons, de poulets_ (un mâle et une femelle); on dit familièrement _une paire d'amis_.—On donne aussi ce nom à deux choses de même espèce qui doivent nécessairement se trouver ensemble: _une paire de gants, une paire de bas, une paire de souliers_; on dit aussi _une paire de bœufs_ (deux bœufs propres à être attachés au même joug.)—On le dit encore d'une chose unique composée de deux pièces: _une paire de lunettes, une paire de pincettes_.—Voyez _couple_.

=Palais=, _hôtel, maison, château_: voyez _maison_.

=Pâle=, adj., blanchâtre, peu coloré; ne dites pas _voir pâle_, mais _être pâle_. (Flandr.)—Prononcez _pâle_ (_â_ long).

=Palefrenier=, (et non _palefermier, palefernier_), domestique qui a soin des chevaux: prononcez _palefrenier_ (_e_ muet) et non _palefrènier, palefre-gnier_.—Voy. _e_ et _ni_.

=Palette=, est un mot wallon; rendez-le par _truelle_, s'il s'agit d'un outil de maçon, et par _pelle à feu_ ou _pelle_, s'il est question d'un instrument de cuisine: _enlevez les cendres dans la pelle_.

=Palladium=, s. m.; statue de Pallas: prononcez _pal'ladiome_.

=Palletée=, autant qu'il en peut tenir sur une pelle; ce mot n'est pas français; dites _pellée, pellerée, pelletée_: _une pelletée de terre_.

=Pallier=, v. a., déguiser, excuser; _palliatif_, qui pallie, remède;—prononcez les deux _ll, pal'lier, pal'liatif_.

=Pallium=, s. m., ornement des archevêques: prononcez _palliome_.

=Palot=, s. m., terme de mépris, personne grossière et sans éducation: prononcez _palo_ (_a_ et _o_ brefs).

2. =Pâlot, otte=, adj., un peu pâle: prononcez _pâlo_ (_â_ long).

=Palpitant d'actualité=: voyez _actualité_.

=Palus=, s. m., marais: _les palus Méotides_; prononcez _paluce_.

=Pampe, Pampre.=—La _pampe_ est la feuille du blé, de l'orge;—le _pampre_ est une branche de vigne avec ses feuilles.

=Pan, Basque=, partie découpée et tombante de certains vêtements: —_pan_ se dit d'un manteau, d'une robe, d'une chemise;—_basque_ se dit d'un habit, d'une veste, d'une casaque: _habit à petites basques, à grandes basques; les pans d'un manteau, d'une chemise_.

=Panacée=, s. f., remède à tous les maux: _tous les charlatans se vantent d'avoir trouvé la panacée_.

=Panaris=, s. m., inflammation au bout des doigts, accompagnée d'élancements douloureux; ne dites pas, _un doigt blanc, un mauvais doigt_.—Prononcez _panari_.

=Pandectes=, s. f. pl. (ou _digeste_, s. m.), recueil des décisions des anciens jurisconsultes romains que Justinien fit compiler: prononcez _pandek-tes_ et non _pandèkes_;—_diges-te_ et non _digesse_.

=Pandémonium=, s. m.—Lieu imaginaire où l'on suppose que Satan assemble le conseil même des démons: _pandémoniome_.

=Pandour= ou =Pandoure=, s. m., nom de certains soldats hongrois.

=Panégyrique=, s. masculin, discours solennel à la louange de quelqu'un et notamment d'un saint; ne dites pas _panégérique, panagérique_.

=Panier=, s. m.: prononcez _pa-nier_ et non _pa-gnier_.—Voyez _ni_.

=Panne=, employé pour _tuile_, n'est pas français.

2. _Panne_, s. f. (en wallon _vienne_), pièce de bois placée horizontalement sur la charpente d'un comble (toit) pour porter les chevrons: voyez ce mot.—_Verne_ n'est pas français.

3. _Panne_, se dit aussi, chez les ouvriers, de la partie du marteau opposée au gros bout: _frapper de panne_.

=Pantalon=: voyez _culotte_.

=Pantomime=, s. f., espèce de drame où les acteurs suppléent à la parole par le geste: écrivez et prononcez _pantomime_ et non _pantomine_—Il se dit aussi de l'acteur qui s'exprime par gestes sans proférer une parole: dans ce dernier cas il est masculin: _les anciens avaient d'excellents pantomimes_.

=Pantoufle=, s. f., chaussure de chambre: écrivez et prononcez _pantou-fle_ et non _pantoufe, pantoufèle_.

=Paon=, s. m., oiseau, papillon;—prononcez _pan_;—voyez _ao, aon, aou_.

=Papal, ale=, adj., qui appartient au pape: _pouvoir papal_; ce mot n'a pas de pluriel masculin.

=Papayer=, s. m., arbre des Indes: prononcez _pa-pa-îé_.

=Pape=, s. m., le chef de l'Église; prononcez _pâpe_ (_â_ long).

=Papeterie=, s. f., fabrique de papiers: prononcez _papet'rie_ et non _papèt'rie_.

=Papier=, s. m.—Ne dites pas: _papier passé, papier gris, mort papier, papier de tache_, pour désigner du papier non collé qui prend les taches et fait sécher l'encre; dites _papier brouillard_.—Voyez _tapis_.

=Papillon=, _papillonnage, papillonner, papillotage, papillotte, papillotter_:—les _ll_ sont mouillées dans ces six mots.

=Papin=, n'est pas français dans le sens de _cataplasme_.—D'après Bescherelle, _papin_ se dit de farine bouillie dans de l'eau ou dans du lait: _faire manger du papin à un enfant_.

=Papyrus=, s. m., plante d'Égypte qui servait autrefois pour écrire: prononcez _papiruce_.

=Pâque=, fête des juifs, est _féminin_: _la Pâque des Juifs_.

2. _Pâque_, et plus ordinairement _Pâques_, fête des chrétiens, est _masculin_ et s'emploie régulièrement au singulier: _quand Pâques sera venu; quand Pâques sera passé; le jour de Pâques, le temps de Pâques; je vous paierai à Pâques; à Pâques prochain_.

3. _Pâques fleuries_, le dimanche des Rameaux, qui précède immédiatement celui de Pâques.

4. _Pâques closes_, le dimanche de Quasimodo qui suit immédiatement celui de Pâques;—_faire ses pâques_, faire ses dévotions, communier un des jours de la quinzaine de _Pâques_: _se mettre en état de faire de bonnes pâques_ (remarquez le petit _p_ de _pâques_): dans ces trois expressions, _Pâques_ est féminin et ne se dit qu'au pluriel. (Acad.)—L'_a_ est long dans ces mots, ainsi que dans _pâquerette_, espèce de marguerite.

5. _Pâque_.—Ne dites pas _une branche de pâque_, mais, _un rameau de buis_, ou bien, _de buis bénit_, si c'est du buis bénit le jour des Rameaux.

=Paquebot=, s. m., petit bâtiment de mer qui transporte les lettres et les passagers: prononcez _pak'bô_ et non _paquébô, paquèbô_.

=Par=, prép.—La locution, _par après_, dans le sens de _après, ensuite, depuis_, a vieilli, dit l'Académie.

2. Il faut éviter l'emploi de _par_ devant le mot _Dieu_; cependant il est des cas où _par_ vaut mieux que _de_: _l'univers a été créé par Dieu_ et non, _de Dieu_.

3. _Par trop_, loc. adv., beaucoup trop: _il est par trop pressant; il est par trop importun_: cette locution est familière. (Acad.)

4. Mais _par_ ne peut pas s'employer, comme en wallon, dans le sens de _encore, en même temps_, etc.: _vous avez bien fait vos devoirs, mais vous devez encore bien apprendre vos leçons; vous avez lu sa lettre; lisez en même temps ma réponse_ (et non _par ma réponse_).

=Paradoxe=, s. m., proposition contraire à l'opinion commune: _un vrai paradoxe_.—Ce mot s'employait autrefois comme adjectif: _cette opinion est trop paradoxe_. (Acad.) On dit aujourd'hui _paradoxal, ale_.—Prononcez _paradokce_ et non _paradoke_.

=Parapet=, s. m., mur à hauteur d'appui le long d'un pont, d'un quai, d'un mur de fortification;—ne dites pas _parapel_.

=Paraphe=, et plus souvent =Parafe=, marque qui accompagne ordinairement la signature et qui en tient lieu quelquefois; ce mot est _masculin_: _il a mis son parafe pour approuver ce compte_.

2. _Parapher_ et plus souvent _parafer_, v. a., mettre son parafe.—Une _pataraffe_ est une suite de traits mal formés, de lettres illisibles et mal écrites: _votre dictée est une véritable pataraffe_.

=Parapluie=, s. m.: prononcez _parapluî_ (_ui_ diphth.) et non _paraplouî_.

=Parasite=, s. m., qui fait métier d'aller manger à la table d'autrui, etc.—Prononcez _parazite_ et non _paracite_.

=Parce que=, s'écrit en deux mots, lorsqu'il signifie _à cause que_: _il est tombé parce que le chemin est glissant_.—Il s'écrit en trois mots, lorsqu'il signifie _par la chose que, par les choses que_ et que l'on peut intercaler l'adjectif _tout_ entre _par_ et _ce_: _il m'a assuré par ce qu'il y a de plus saint; par ce que vous venez de dire, on doit conclure que..._—Voyez _cause que_ (_à_).

=Pardon=, s. m.:—_demander pardon, faire des excuses_: voyez _excuse_.

=Pardonnable=, adj., ne se dit guère que des choses (Acad.): _faute, erreur pardonnable_; ne dites donc pas, _votre fils est pardonnable_; dites _votre fils est excusable_: voyez _impardonnable_.

=Pardonner=, v. a.—On pardonne une faute et on pardonne à quelqu'un:—ne dites donc pas: _je le pardonne, je pardonne mes ennemis_, mais, _je lui pardonne, je pardonne à mes ennemis_.

=Pareil, eille=, adj.—Ne dites pas: _ils sont habillés pareil_; dites, _ils sont habillés de même, tout de même; ils ont, ils portent les mêmes vêtements_.

=Parent, te=, s. m., se dit non seulement du père et de la mère, mais de ceux de qui on descend et en général de ceux qui sont de la même famille, qui sont de même sang, qui touchent par consanguinité à quelqu'un; il se dit même de ceux qui sont simplement alliés. (Acad).—_Proche_, subst. masculin, signifie aussi parent; dans ce cas il n'est d'usage qu'au pluriel: _c'est un de mes proches; ce fut le sentiment de tous ses proches_. (Acad.)

=Paret= (ou _parait, paris_).—Sorte d'interjection familière que l'on met à la fin d'une foule de phrases et qui n'ajoute absolument rien au sens: _je veux sortir, paret; c'est un habit neuf, paret; j'avais raison, paret_, etc.—Il suffit presque toujours de changer le ton de la voix, pour éviter de s'en servir; d'autres fois, on la remplace par, _voyez-vous, eh bien_, etc. (Wall.)

=Parfaitement.=—Ne dites pas: _je suis très-parfaitement_ ou _fort parfaitement_ ou _bien parfaitement convaincu_; dites simplement, _je suis parfaitement convaincu_;—on ne peut rien ajouter à ce qui est parfait.

=Parier, Pari=, s'emploient de préférence _à gager, gageure_.

2. Ne dites pas: _je parie pour cinq francs; pour combien pariez-vous?_—dites _je parie cinq francs; combien pariez-vous?_

3. _Pariure_ n'est pas français: dites _pari, gageure_.

=Parisis=, adj., ancienne monnaie de Paris: _un sou parisis_:—prononcez _parizice_.

=Parler mal= et =Mal parler=.—_Parler mal_ signifie employer des expressions hors d'usage, user de termes équivoques, construire péniblement ses phrases ou à contre-sens, prononcer d'une manière incorrecte:—dans ce cas _parler mal_ s'emploie sans régime: _il parle bien mal pour un académicien_.—_Mal parler_, c'est dire des choses offensantes, tenir des propos inconsidérés, déplacés, qui peuvent porter atteinte à la réputation de ceux dont on parle: _il ne faut parler mal de personne_.—En résumé, _parler mal_, c'est parler incorrectement et _mal parler_, c'est médire: _il ne faut point parler mal devant les grammairiens ni mal parler des absents_.

2. _Parler_, est un verbe neutre:—ne dites donc pas, _je l'ai parlé, je vais la parler, les parler_; dites, _je lui ai parlé, je vais lui parler, leur parler_.

3. Ne dites pas, _il n'est pas à parler_; dites selon le sens, _on craint de lui parler, il est inabordable_, ou bien _on ne peut lui parler en ce moment, il n'est pas visible_. (Fland.)

4. Ne dites pas non plus: _comme il parle, on croirait que son fils est une merveille_, dites, _à l'entendre, on croirait que..._

5. Ne dites pas: _cela va sans parler_, dites, _cela va sans dire_.

6. Ne dites pas: _parler avec quelqu'un_, mais _parler à quelqu'un_.

7. Ne dites pas d'un vase _fêlé_, qu'il _parle latin_ ou qu'il _est déchiré_;—ces expressions sont des flandriciens; dites simplement qu'il _est fêlé_.

8. L'usage permet souvent de supprimer la préposition qui devait suivre le verbe _parler_, et au lieu de dire, _parler avec raison, parler de chasse_, on dit simplement, _parler raison, parler chasse_:—_il faut de bonne heure parler raison aux enfants; parler affaires; parler musique, peinture, politique, littérature_, etc.

=Parmi=, prép.: voyez _entre_.

2. Ne dites pas: _on ne voit que lui parmi les rues_; dites, _dans les rues_.

3. Ne dites pas: _tous ses papiers ont volé parmi la chambre_; dites, _dans la chambre_ ou _au milieu de la chambre_.

4. Ne dites pas: _parmi payant, vous serez admis_ dites _en payant_ ou _moyennant payement..._

5. Ne dites pas: _laquelle choisissez-vous parmi ces plumes_; dites, _laquelle choisissez-vous de ces plumes_.

6. Ne dites pas: _l'un parmi l'autre_, mais _l'un portant l'autre, l'un tenant l'autre, l'un dans l'autre_.

7. _Parmi que_, n'est pas français; il faut le rendre par _pourvu que_:—_j'irai pourvu que_ (et non _parmi que_) _vous m'accompagniez_.

=Paroi=, s. f., muraille:—il désigne plus particulièrement une cloison de maçonnerie qui sépare une chambre ou quelque autre pièce d'un appartement d'avec un autre: _les parois de cette chambre sont humides_.—Il est vieux en ce sens, et l'on dit ordinairement _cloison_.

=Parole d'honneur=, _Dieu me pardonne! sur mon honneur, sur ma foi, ma foi, aussi vrai que j'existe, je vous le jure_, et autres affirmations du même genre, sont à la fois repoussées par la bonne compagnie et par l'habitude de la vérité.

=Parquet=, s. m.—Il ne faut pas confondre ce mot avec _pavé_ et _plancher_:—un _parquet_ est un assemblage à compartiments, faits de pièces de bois minces clouées sur des lambourdes, et qui forme le plancher d'en bas d'une salle, d'une chambre, etc.: _un parquet de bois de chêne, de bois de noyer, de marqueterie_.—Voyez _pavé_ et _plancher_.

=Parrain=, s. m., celui qui tient un enfant sur les fonts: prononcez _pârain_ (_â_ long.)

=Partager= _avec_, =Partager= _entre_.—Quand on conserve une portion de ce que l'on partage, on doit dire _partager avec_: _il a partagé sa fortune avec ses frères_.—Quand on ne se réserve rien pour soi dans un partage, on doit dire _partager entre_: _il partagea entre les pauvres tout ce qui lui restait_.—_Partager le travail aux ouvriers_, c'est le répartir entre eux; on dit dans le même sens: _il partage également sa tendresse entre tous ses enfants_.

=Partial, Impartial, ale=, adj.—Plusieurs personnes confondent ces deux mots:—_un homme partial_ est celui qui favorise avec une préférence injuste et passionnée un parti, une personne, une opinion: _un juge partial est un mauvais juge_ (le pluriel masc. _partiaux_ est peu usité).—_Un homme impartial_ est celui qui est exempt de partialité, qui ne sacrifie point la justice ou la vérité à des préventions, à des affections, à des considérations particulières: _juger d'une manière impartiale_.—La _partialité_ est un défaut, tandis que _l'impartialité_ est une qualité.—Prononcez _parcial, parcialité, parcialement, imparcial_, etc.—Voyez _impartial_.

=Partibus= (=in=).—Il se dit de celui qui a un titre d'évêché dans un pays occupé par les infidèles: _Frayssinous, évêque d'Hermopolis, était un évêque in partibus_.—Prononcez _ine partibuce_.

=Participer à, Participer de.=—_Participer à_ veut dire, _prendre part à une chose_: _un associé dans une affaire participe aux profits et aux pertes_. On le prend aussi dans le sens de _s'intéresser_: _je participe à votre douleur_.—_Participer de_ signifie, _tenir de la nature de quelque chose_: _le mulet participe de l'âne et le cheval_.

=Particule.=—La particule _de_ qui accompagne les noms patronymiques des familles nobles, s'écrit avec un petit _d_: _de Montalembert, de Chateaubriand, d'Aremberg, d'Oultremont_.—Elle s'écrit avec un grand _D_ lorsque ces noms ne sont pas nobles, alors même qu'on la sépare du nom.

=Particulièrement=, adv., signifie _singulièrement, spécialement, en détail_, mais non, _séparément, en particulier_;—ne dites donc pas: _je désire vous parler particulièrement_; dites, _en particulier, séparément_.

=Partisan=, s. m., celui qui est attaché à un parti, à une opinion, à une personne: _les partisans de la république, les partisans du libre-échange_, etc.—L'Académie ne reconnaît pas à ce mot de correspondant féminin; le féminin _partisanne_, employé par quelques auteurs, n'a pas été adopté généralement.

=Partner=, s. m., l'associé avec qui l'on joue: _vous êtes mon partner_.—L'Académie préfère l'orthographe suivante, _partenaire_.

2. Ne dites pas _compagnon_ pour _partenaire_.

=Pas vrai?=—Cette interrogation est souvent employée dans la conversation pour dire, _n'est-il pas vrai?_—nous croyons qu'on ne peut pas la tolérer.—Voyez _point_.

2. Ne dites pas: _il ne peut souffrir personne, pas encore ses amis_; dites, _pas même ses amis_.

=Pascal, ale= (et non _paschal_), adj.—Le pluriel masculin _pascaux_ n'est pas usité; plusieurs bons lexicographes disent des cierges _pascals_;—quand à nous, nous pensons que _pascals_ choque l'oreille et qu'on ne peut pas l'employer.

=Pasquée=, (ou _pasquille_) s. f.—Nom que les liégeois donnent à une chanson burlesque, comique ou satyrique;—ce mot n'est pas français; rendez-le par _chanson, chansonnette_ ou _couplets burlesques, satiriques, comiques_, et non par, _pasquinade_, qui signifie tout autre chose, etc.—_Faire une pasquée sur_ ou _contre quelqu'un_, c'est _le chansonner_.

=Passager, ère=, adj.—Ne dites pas _une rue passagère, un chemin passager_, pour signifier une rue où il passe beaucoup de monde ou un chemin par lequel on a le droit de passer; dites _rue passante, chemin passant_:—_la rue Féronstrée est une des rues les plus passantes de Liége_.

=Passe=, s. m. (mot wall.), aliment formé de son, de pommes de terre, de farine, etc., que l'on donne au bétail pour l'engraisser; dites _pâtée, soupe, ratatouille_.

=Passement de temps=, loc. wall.:—dites _perte de temps_ ou _passe temps_, selon le sens: _la musique est un passe temps_; _toutes ces pertes de temps sont nuisibles à vos études_.

=Passer=, v. n., demande _avoir_ ou _être_, selon que le sens permet de répondre à l'une ou à l'autre de ces questions: _qu'a-t-il fait?_—ou bien _où est-il? qu'est-il devenu_:—_il a passé à Liége l'année dernière_ (qu'a-t-il fait?);—_il est passé en Amérique depuis tel temps_ (où est-il, qu'est-il devenu)?

2. Le participe passé s'emploie comme préposition dans le sens d'_après_ et alors il est invariable: _passé dix heures vous ne me trouverez plus_.

3. On dit _prêter serment_ et non _passer serment_: _il fut admis à prêter serment_.

4. Ne dites pas: _la semaine passée, le mois passé, l'an passé_; dites, _la semaine dernière, le mois dernier, l'an dernier_.

5. On dit _repasser du linge_ et non _passer du linge_.

6. On dit _donner, engager sa parole_, et non _passer sa parole_.

7. Ne dites pas: _y avait-il beaucoup d'invités?—oui, passé les quarante_;—dites, _plus de quarante_.

=Passoire=, s. f., ustensile percé de petits trous pour passer le jus des légumes ou des fruits écrasés:—_une passoire_ et non _un passoir_ ni _une passerette_.

=Pasteur=, s. m., titre des ministres protestants;—il ne s'emploie pas dans le langage ordinaire comme synonyme de _curé catholique_; mais dans le style relevé (oratoire, poétique), c'est une expression reçue: _c'est un vieux pasteur qui n'est connu que sous le nom de curé_. (CHATEAUB.)

=Patarafe=: voyez _parafe_.

=Patard=, s. m., petite monnaie ancienne; il ne s'emploie plus que dans ces phrases familières: _je n'en donnerais pas un patard; cela ne vaut pas un patard; il n'a pas un patard_. (Acad.)—Le mot wallon _patard_ se rend par sou: _ce cahier coûte cinq sous_.

=Patatras=, figure pour exprimer le bruit que fait un corps qui tombe avec fracas: _il pose le pied maladroitement, et, patatras, le voilà par terre_.

=Pâté=, s. m., =Pâtée=, s. f.—Un _pâté_ est une sorte de pâtisserie;—une _pâtée_ est une sorte de pâte pour engraisser les dindons, une sorte de soupe pour nourrir les chiens, les chats, etc.—Prononcez _pâté_ (_â_ long);—prononcez de même _pâte, pâtée, pâtisserie, pâture, pâturage, pâturon_.

=Patenôtre=, s. f. (et non _patenote, patenosse_), l'oraison dominicale ou le _Pater noster_;—on comprend aussi sous ce nom l'_Avé_ et les autres premières prières qu'on apprend aux enfants: _cet enfant sait sa patenôtre_ (il est populaire).—Il se dit aussi de toute sorte d'autres prières chrétiennes: _avez-vous achevé vos patenôtres?_ il est familier et ne se dit qu'en plaisantant.

2. _Patenôtres_, au pluriel, se dit populairement des grains d'un chapelet, et d'un chapelet tout entier.—Prononcez _pâtenôtre_ (_ô_ long) et non _pâtenote, patenotère_.

=Pater= (prière chrétienne), est masculin et invariable: _dire cinq Pater et cinq Avé_.

2. _Pater_ et _Avé_ s'écrivent avec une majuscule. (Acad.) Prononcez _pâtère_ (_â_ long).

=Patère=, s. f., ornement en cuivre ou en tout autre métal qui supporte les rideaux d'une croisée; dites _une patère_ et non _un patère_.

=Pathos=, s. m., élévation de style affectée, boursoufflure: _c'est du pathos_.—Prononcez _patôce_.

=Patience=, s'emploie quelquefois absolument et en manière d'adverbe: _si on lui laissait quelque chose, patience, mais on lui ôte tout;—eh bien, patience_.

=Pâtir=, v. n., souffrir;—on pâtit _de_ et non _à_ quelque chose: _il a fait la faute et j'en pâtis_ (et non _j'y pâtis_).—Prononcez _pâtir_ (_â_ long).

=Pâtis=, s. m., terrain vague, friche où l'on met paître les bestiaux;—_pâture, pâturer, pâturage_;—dans ces mots l'_â_ est long;—l'_s_ de pâtis ne se prononce point.

=Patois=, s. m., langage du peuple et des paysans, particulier à chaque province; _chaque province a son patois; patois namurois, montois, liégeois_.

=Patraque=, s. f., machine usée ou mal faite et de peu de valeur; personne faible et débile: _cette montre n'est qu'une patraque, une vieille patraque; votre voiture est une patraque_;—_je ne suis plus qu'une vieille patraque_. Ces expressions, quoique françaises, sont triviales.—Ne dites pas _patracle_.

=Patres= (=ad=), expression latine qui s'emploie dans ces phrases familières: _aller ad patres_, mourir;—_envoyer ad patres_, faire mourir.—Prononcez _ad'patrèsse_.

=Patron, Patronne=, _Patronage_ (une _n_) _patronner_ (deux _n_), _patronal_ (une _n_), _patronnesse_ (deux _n_):—une _patronnesse_, dame qui dirige une fête ou une œuvre de charité: _une dame patronnesse_.—Voyez la lettre _n_ pour les cas où l'_n_ se redouble.

=Pâture=, s. f.—N'employez pas ce mot dans le sens de _fourrage_: _donner du fourrage au bétail_ (et non _de la pâture_).

=Pause=, s. f., cessation, intervalle: _faire une pause_: prononcez _pôze_ (_ô_ long) et non _pôce_.

=Pauvre=, adj. et subst.; le substantif _pauvre_ a pour féminin correspondant _pauvresse_ (femme pauvre qui mendie).—Dans le sens ordinaire, l'adjectif _pauvre_ se met devant ou après le substantif: _un pauvre homme, une pauvre femme, un pauvre artisan_ (Acad.); ou bien, _un homme pauvre, une femme pauvre, un artisan pauvre_.—Dans le sens de chétif, mauvais dans son genre, il se place ordinairement devant le substantif: _il a fait un pauvre discours; c'est un pauvre esprit, un pauvre poète; un pauvre musicien_. (Acad.)—Devant les substantifs exprimant une idée de profession, d'attribution, il se prend toujours dans ce dernier sens, c'est-à-dire, en mauvaise part:—_un pauvre peintre_, c'est un mauvais peintre;—_un peintre pauvre_, c'est un peintre sans fortune.—Prononcez _pau-vre_ et non _paufe, pauvère_.

2. Ne dites pas: _cela est pauvre, c'est pauvre_; dites, _cela est misérable, c'est pitoyable_, ou bien, _disgracieux, triste, déplorable_, selon le sens. (Fland.)

=Pauvret, ette=, adj., diminutif de pauvre; terme de commisération, d'affection: _le pauvret, la pauvrette ne sait où aller_; il est familier. (Acad.)

=Pauvreté=, s. f., ne s'emploie au pluriel que dans le sens de choses sans valeur, basses, viles: _c'est un diseur de pauvretés; ce livre est rempli de pauvretés_.

=Pauvreteux=, n'est pas français; dites _chétif, pauvre, souffreteux, malheureux_.

=Pavage=, s. m., ouvrage fait avec des pavés: _un pavage bien fait; pavage de grès, de pierre dure, de lave_;—il se dit aussi du travail du paveur et des matériaux fournis par lui: _j'ai payé tant pour le pavage de ma cour; un mémoire de pavage_.

=Pavé=, s. m. morceau de grès, de pierre dure, de marbre, etc., dont on se sert pour paver;—assemblage de pavés qui couvrent une aire, une surface;—il se dit particulièrement en parlant d'un chemin, d'une rue, etc.: _ne quittez pas le pavé; entretenir le pavé_.—Le mot _pavée_ n'est pas français.

=Pavement=, s. m., se dit de l'action de paver et des matériaux qu'on emploie pour cet effet: _il a coûté tant pour le pavement de cette cour_.—Il se dit plus particulièrement des ouvrages de luxe et de goût qui forment les pavages intérieurs: _le pavement en mosaïque d'une église; le pavement des édifices grecs et romains étaient souvent de marbre de couleur_. (Acad.) Prononcez _pavement_ et non _pafement_.

=Paver=, v. a., couvrir le terrain, le sol d'un chemin, d'une rue, d'une cour, d'une écurie, d'une salle, etc., avec du grès, de la pierre dure, du caillou, du marbre, de la brique, etc.—(Acad.)

2. Il suit de là qu'on ne peut pas dire, _mettre un pavé en planches_; on doit dire, _mettre un plancher ou planchéier_;—on ne peut pas dire non plus _un pavé en planches_; dites un _plancher_.—Voyez _parquet_ et _plancher_.

3. Ne dites pas non plus: _paver en carreaux_; dites _carreler_.

=Payant.=—Ne dites pas, _un mauvais payant_, mais, _un mauvais payeur, une mauvaise paye_.

=Paye=, s. f., solde des gens de guerre, celui qui paie; prononcez l'_y_: _pai-ïe_;—l'Académie n'admet pas l'orthographe _paie_ qui pourtant est reçue par plusieurs bons grammairiens.

2. _Paye_, s. f., débiteur; ce mot est français: _c'est une bonne paye, une mauvaise paye; d'une mauvaise paye on tire ce qu'on peut_. (Acad.)

=Payement=, s. m.: voyez _paiement_.

=Payeur=, s. m., celui qui paie; le féminin correspondant est _payeuse_.

=Pays=, s. m., région, contrée;—il s'emploie aussi populairement dans le sens de _compatriote_, et dans cette acception, on dit au féminin _une payse_: _c'est mon pays, c'est un de mes pays; bonjour, pays; elle est allée avec une de ses payses_.—Ce mot, dit l'Académie, est populaire.—Prononcez _péi_.

2. Dites, _du vin du pays_ et non _du vin de pays_: voyez _cru_.

=Paysage, Paysan, anne=; prononcez _pé-izaje, péizan, péizane_ (et non _péizan-ne_).

=Peau=, s. f.—Ne dites pas: _il est noir de peau, de cheveux_, etc.; dites, _il a la peau noire, les cheveux noirs_.

=Peccable, impeccable=, adj., capable ou incapable de pécher; —_peccadille_, s. f., faute légère; _peccante_, adj. f., terme de médecine, qui pèche, _humeur peccante_;—_peccata_, s. m., se dit d'un âne dans les combats publics d'animaux; _peccavi_, s. m., contrition, repentir, _un bon peccavi_:—on prononce les deux _c_ dans tous ces mots.

=Pécher=, v. n., commettre un péché: prononcez _pécher_ (_é_ aigu);—_pêcher_, v. a., prendre du poisson et _pêcher_, s. m., arbre qui produit la pêche: prononcez _pêcher_ (_ê_ ouvert).—Il en est de même de _péché, pécheur_ et _pêcheur, pêche_.

=Pécule=, s. m., =Pécune=, s. f.—Le premier se dit du produit des épargnes d'une personne qui ne travaille pas pour son compte: _il avait amassé un pécule_.—_Pécune_ est un vieux mot qui signifie argent comptant: _disette de pécune_.

=Pécunier, ière=, adj., qui regarde l'argent, qui y a rapport; ce mot n'est pas français;—dites, _pécuniaire_: _peine pécuniaire, intérêt pécuniaire_.—Prononcez _pécu-niaire_ et non _pécu-gniaire_.—Voyez _ni_.

=Pédale=, s. f., gros tuyau d'orgue qu'on fait jouer avec le pied: _la pédale_ et non _le pédale_.

=Peindre=, v. a., =Peinturer= v. a.—Le premier signifie, représenter les objets par les couleurs;—le second, peindre d'une seule couleur: _peinturer une maison, un treillis_:—_peinturer_ étant peu usité (Acad.), on peut le remplacer par _peindre_.

=Peine=, s. f.—On lui a ordonné cela _sur peine, sous peine_ ou _à peine de la vie_:—de ces trois façons de parler, _sous peine_ est la plus usitée et la meilleure; (Acad.)—_sur peine_ nous paraît peu correct.

2. _Avoir de la peine, avoir peine_, devant un infinitif, demandent la préposition _à_: _il aura beaucoup de peine à_ (et non _de_) _gagner son procès; avoir de la peine à_ (et non _de_) _marcher; j'ai peine à_ (et non _de_) _voir clair dans tout ceci_.

3. Ne dites pas: _ce n'est pas les peines_ ou _cela ne vaut pas les peines de vous déranger pour si peu_; dites, _ce n'est pas la peine, cela ne vaut pas la peine de..._

4. Ne dites pas: _donnez-vous la peine de vous asseoir_; dites, _veuillez vous asseoir, je vous prie de vous asseoir_.—Prononcez _pène_ (_è_ bref) et non _pain-ne_.

=Peineux, euse=, adj., veut dire qui a de la peine, qui est triste; mais il ne signifie nullement, dans le sens wallon, _capot, confus, interdit, penaud, interdit, décontenancé_.—_Semaine peineuse_, la semaine sainte. (BESCHERELLE).

=Pelard= (_bois_), chêne dont on a ôté l'écorce pour faire du tan (_pelwai_ en wall.)

=Peler=, v. a. et n., ôter le poil, la peau; il ne double point l'_l_: _ce velours se pèle_.—Prononcez _peler_ (_e_ muet) et non _pèler_.—Voyez _éplucher_.

=Pèlerin, ine=, s.; _pèlerinage, pèlerine_, s. f. (vêtement de femme):—écrivez et prononcez ces mots avec un accent _grave_ et non un accent _aigu_ (Acad.)—Ne dites pas non plus _pèlèrin, pèlèrinage, pèlèrine_, ni _pélérin, pélérinage, pélérin_, mais _pèlerin, pèlerinage, pèlerine_ (le second _e_ est muet).

=Pelle=, s. f., ustensile de cuisine pour frire, fricasser; ce mot n'est pas français; dites _poêle_ et prononcez _poale_.—Une _pelle_ (prononcez _pèle_) est un instrument de fer ou de bois, large et plat à long manche: _pelle de four, pelle à feu, pelle de jardin_.

=Pellicule=, s. f. peau très-mince, _il se forme une pellicule_ (ou mieux _peau_) _sur le lait bouilli, sur l'encre_; _il y a dans un œuf deux pellicules, celle qui tapisse intérieurement la coque, et celle qui enveloppe le jaune_.—On prononce les deux _ll_.

=Pelure=, s. f., peau, enveloppe de certains fruits, de certaines légumes: _pelure de pomme, de poire; du vin couleur de pelure d'oignon_.—Ne dites pas _pelate, pelote_.—Voyez _éplucher, écaler_.

=Pénal, ale=, adj., qui assujettit a des peines; il n'a point de pluriel masculin; quelques grammairiens pourtant disent _des codes pénals_.

=Pénates=, adj. et subst.:—_les dieux pénates_ ou les _pénates_, demeure, habitation;—ce mot est masculin et ne s'emploie qu'au pluriel: _je reverrai mes pénates chéris_.

=Pendant que, Tandis que.=—_Pendant que_ marque simplement la simultanéité de deux événements, de deux choses: _pendant que vous étiez en Espagne, j'étais en Italie_.—_Tandis que_ marque non pas précisément la simultanéité de deux événements et de deux choses, mais une opposition, soit entre les temps que cette conjonction indique et un autre temps exprimé ou sous-entendu, soit entre deux actions qui se font simultanément: _vous faites fort bien tandis que vous êtes jeune de travailler à vous instruire, quand vous serez vieux il ne sera plus temps_; _tandis que vous vous divertissez, je me consume dans le chagrin_.

=Pendre=, v. a.—Ne dites pas: _il était pendu après son père_; dites, _il était pendu au cou de son père_, ou, selon le sens, _il s'accrochait à son père_.

=Pendule=, s., est _masculin_, lorsqu'il signifie le poids suspendu qui, lorsqu'il est mis en mouvement, fait des oscillations régulières;—il est _féminin_, lorsqu'il désigne une petite horloge de salon: _la pendule est arrêtée_.

=Pêne=, s. m.—C'est le morceau de fer qui sort de la serrure et s'engage dans un crampon, (_gâche_) pour fermer une porte; _le pêne de cette serrure est usé_.—Voyez _cliche_.

=Pensée=, s. f., opération de l'intelligence: _une pensée généreuse_: prononcez _pensée_ (_é_ long) et non _pensé-ïe_.—Voyez _ée, ie, ue, oue_.

=Penser=, v. n.—Ne dites pas: _j'ai d'autres choses à penser_; dites, _j'ai à penser à bien d'autres choses_.

2. Ne dites pas: _il n'a que lui à penser_; dites, _il n'a à penser qu'à lui_.

=Pensum=, s. m., au pluriel _pensums_, surcroît de travail qu'on exige d'un écolier pour le punir: _on lui a donné pour pensum dix verbes à faire; il a eu trois pensums cette semaine_.—Prononcez _pinsome_.

=Pentacorde=, s. m., lyre à cinq cordes;—_pentagone_, adj. et s. m., à cinq angles;—_pentamètre_, adj. et s. m., vers latin de cinq pieds;—_pentandrie_, s. f., classe de plantes;—_pentapole_, s. f., contrée qui a cinq villes principales;—_pentateuque_, s. m., nom collectif des cinq premiers livres de la Bible:—_Pent_ se prononce _pènt_ dans tous ces mots. (Acad.)

=Pentecôte=, s. f., fête chrétienne; prononcez _pant'côte_ (_ô_ long).

=Pépie=, s. f., petite peau blanche qui vient au bout de la langue des oiseaux et les empêche de boire; ne dites pas _pépi, pipie_.

=Pepin=, s. m., semence qui se trouve au centre de certains fruits: _un pepin de pomme, de raisin, de groseille_: écrivez et prononcez _pepin_ (_e_ muet) et non _pépin_ (Acad.);—plusieurs lexicographes écrivent néanmoins _pépin_.—Le nom propre _Pépin_ s'écrit ordinairement avec un accent aigu.

=Pépinière= (et non _pepinière_), s. f., plant de petits arbres: _planter une pépinière_.—Prononcez _pépi-nière_ et non _pépi-gnière_.—Voyez _ni_.

=Pequet=, s. m. (mot wall.), rameau de verdure qu'on attache à une maison pour annoncer qu'on y vend des boissons; en français, on dit _bouchon_: _un bouchon de cabaret_;—ce mot se dit quelquefois pour le cabaret lui-même: _il n'y a dans ce village qu'un mauvais bouchon_. (Acad.)

=Percale=, s. f.—Ne prononcez pas _percaille_, mais _percale_ et écrivez _percale, percaline_;—on écrit aussi, mais moins bien, _perkale, perkaline_.

=Perce-neige=, petite plante à fleurs blanches qui fleurit en hiver;—ce mot est féminin: _une perce-neige, des perce-neige_. —Prononcez _perce-neige_ et non _perce-neiche_.

=Percepteur, Précepteur.=—Un _percepteur_ est celui qui est chargé de recouvrer (de _percevoir_) les impôts, les deniers, les revenus; il n'a pas de correspondant féminin.—Un _précepteur_ est celui qui est chargé de l'instruction et de l'éducation d'un enfant, d'un jeune homme; ce mot n'a pas de correspondant féminin; il peut cependant se rapporter à un substantif féminin: _les femmes sont les vrais précepteurs du bon ton et du bon goût_.

=Percer=, v. a.—Ne dites pas: _voilà une pipe bien percée_; dites, _bien culottée_.

=Percha= (_gutta_): voyez _gutta-percha_.

=Perclus=, adj., impotent, qui a perdu l'usage d'une partie de ses membres: _il est perclus de tous ses membres; cette femme est percluse d'un bras_.—Le féminin est _percluse_ et non _perclue_.

=Perderai=, _perderais_, barb.; écrivez et prononcez _perdrai, perdrais_.

=Perdreau=, s. m., jeune perdrix de l'année;—_une perdrix_ (féminin) est une gallinacée qui a plus d'une année.

=Père=, s. m., _frère_, etc.: prononcez _père, frère, prière_, (_è_ ouvert) et non _pére, frére, priére_.

=Perfection=, s. f.—Ne dites pas: _il travaille à la perfection; il joue du piano à la perfection_; dites, _en perfection_.

=Péril=, s. m., risque, danger: L'_l_ est mouillée ainsi que dans _périlleux, périlleusement_.

=Période=, est masculin et féminin: il est _féminin_, lorsqu'il signifie une révolution qui se renouvelle régulièrement;—un circuit d'un nombre d'années déterminé;—une phrase composée de plusieurs membres.—Il est _masculin_, lorsqu'il se dit du plus haut point où une chose, une personne puisse arriver, est arrivé: _Napoléon est arrivé au plus haut période de la grandeur; cet homme est au dernier période de la vie_.—Il se dit aussi d'un espace de temps indéterminé: _un long période de temps; dans un court période_. (Acad.)—Prononcez _période_ et non _périote_.

=Péripétie=, s. f., dénouement du drame: prononcez _péripécie_.

=Périr=, v. neutre.—Dans les temps composés, il prend l'auxiliaire _avoir_ (Ac.); cependant quelques écrivains l'ont conjugué avec _être_: _tous ceux qui étaient sur ce navire sont péris_.—L'Académie ne se sert que de l'auxiliaire _avoir_.

2. _Périr_ étant un verbe neutre, ne dites pas: _ce sont les mauvaises fréquentations qui ont péri ce jeune homme_; dites, _ce sont... qui ont perdu..._ (Wall.)

=Persan, ane, Perse.=—_Perse_ se dit des habitants de l'ancienne Perse;—les habitants de la Perse moderne s'appellent _Persans_, ce qui n'empêche pas qu'on ne donne aussi la qualification de _Persan_ aux anciens Perses.

=Persécuter=, _persécution, persécuteur, persévérer, persévérance, persistance, persister_:—dans tous ces mots, l'_s_ étant précédée d'une consonne, se prononce dure, comme dans _si, son, sa, ses_.

=Persil=, s. m., plante potagère: prononcez _perci_ et non _percile_.

=Personne=, s. f.—Ne dites pas: _n'y a-t-il personne d'autre à la maison? personne d'autre que..._; dites, _n'y a-t-il pas d'autre personne? personne autre que..._ Voyez _rien d'autre_.

2. Ce mot est féminin, quand il désigne un individu déterminé et peut être remplacé par _homme, femme_: _deux personnes différentes me l'ont assuré; une personne, deux personnes; je ne connais aucune personne aussi heureuse que cette femme_.

3. Il est masculin, quand il est pris d'une manière indéterminée: _personne oserait-il le nier? je ne connais personne d'aussi heureux que cette femme_.

=Perspective=, s. f., t. de peint.: écrivez et prononcez _perspective_ et non _perspectife, perpective_.

=Persuader=, _persuasion_: prononcez l'_s_ dure puisqu'elle est précédée d'une consonne: _perçuader_, (l'_a_ est bref) _perçuasion_ et non _perzuader, perzuasion_.

=Perte=, s. f.—Ne dites pas: _j'ai fait de grandes dépenses à pure perte_, mais, _en pure perte_.

=Peser=, _pesant, pesanteur, peseur, peson_:—prononcez _pezer, pezant, pezanteur_, etc. (_e_ muet), et non _pèzer, pèzant, pèzanteur_.

=Pétale=, s., chacune des pièces qui composent la corolle d'une fleur; ce mot est masculin: _un pétale blanc_.

=Pétaud= ou =Petaud=, s. m.—Ce mot n'est usité que dans cette locution: _c'est la cour du roi Pétaud_, c'est-à-dire, un lieu de confusion, de désordre où personne ne s'entend.

=Pétaudière= ou =Petaudière=, s. f., lieu où chacun veut être maître, où il n'y a que désordre et confusion: _cette classe est une vraie pétaudière_.

=Péter=, v. n., se dit figurément de certaines choses qui font un bruit subit et éclatant: _le bois de chêne pète dans le feu; le laurier et le sel, jetés dans le feu, pètent; cette boite, cette fusée, ce fusil, ce pistolet_ etc., _pètent bien; cette bouteille de vin mousseux a bien pété; une corde de son violon, de sa harpe vient de péter; ce vin fait péter les bouteilles_. (Acad.)

2. Il signifie aussi _éclater, faire explosion_: _son fusil, son pistolet lui a pété dans la main_. (Acad.) Mais il ne faut pas l'employer dans le sens _fêler, s'étoiler_: _il ne faut pas exposer ce vase à la gelée, il se fêlerait; un verre fêlé; carreau de vitre étoilé_ (fêlé en forme d'étoile); _prenez garde que vos bouteilles ne s'étoilent_.

3. Ne dites pas, _des pommes de terre pétées_, dites _des pommes terre grillées_.

4. On écrit et on prononce _péter_ et non _pèter_; on ne redouble pas le _t_ devant _e_ muet: _il pète, il pétera_.

=Petiller=, v. n., éclater avec bruit; dans ce mot et dans _petillant, petillement_, les _ll_ sont mouillées: plusieurs écrivent et prononcent _pé_ au lieu de _pe_.

=Pétiole=, s. masc., queue de feuilles; _pétiolé_, adj.; porté par un pétiole:—prononcez _péciole, péciolé_.

=Petit, Long.=—N'employez pas _petit_ pour _court_, ni _long_ pour _grand_; dites, _cet habit est trop court_, et non _trop petit_; _cette femme est grande_, et non _cette femme est longue_.—Prononcez _petit_ (_e_ muet) et non _pètit_.

2. Un _petit homme_, est un homme de petite taille;—un _homme petit_, est un homme sans cœur, sans dignité, sans esprit.

3. _Petit peu_ (_un_), _un tout peu, un tant soit peu_: ces locutions ne sont pas françaises; dites, _un peu, très-peu, bien peu, tant soit peu, un tantinet_.—Toutefois, dans la conversation, on admet _petit peu_ comme représentant mieux la petitesse de la quantité.

4. _Petit à petit_.—_Il a fait sa fortune petit à petit_.—Ne dites pas _de petit à petit_.

=Petto= (=in=), en secret, dans l'intérieur du cœur: prononcez _ine pet'to_; les deux _tt_ se prononcent.—Voyez _in-petto_.

=Pétulant, te=, adj., signifie remuant, vif, impétueux, brusque, et non _mutin, têtu_; _il est fort pétulant; il est d'un naturel pétulant, d'un caractère pétulant_ (remuant);—_voyez le petit mutin_ (et non _pétulant_).

=Peu=, adv.—Dans le langage familier _un peu_ est quelquefois explétif et sert à adoucir l'impératif: _dites-moi un peu; venez ici un peu, que je vous parle; voyons un peu comment vous vous y prendrez_. (Acad.)—Les flamands doivent se garder de rendre ce _un peu_, par _seulement, une fois_.

2. Ne dites pas _un peu du pain_, mais _un peu de pain_.

=Peuple=, s. m., nation, populace: prononcez _peuple_ (_eu_ bref) et non _peupe, peupèle_.

=Peur=, s. f.,—N'employez pas ce mot dans le sens de _soin, avoir soin_: _cet écolier a soin de ses livres_ et non, _a peur de ses livres_. (Wall.)

2. Ne dites pas: _vous feriez peur les gens_; dites, _vous feriez peur aux gens_.

3. Ne dites pas: _vous m'avez fait prendre une peur_; dites, _vous m'avez fait peur_.

=Peut-être=, adv.—Prononcez _peut-être_ (_eu_ bref) pour le distinguer de _(cela) peut être_ où l'_eu_ est long; ne dites pas _peut-ête, peut-êtère_.

=Ph=, se prononce comme _f_: _Philippe_ (_fi-lipe_ et non _flipe_); _phare_ (_fare_), _philosophie_ (_filosofie_).

=Phébus=, s. m., Apollon, le soleil (en style poét.), style obscur et empoulé: _vous croyez avoir fait du sublime et ce n'est que du phébus_.—Prononcez _fébuce_.

=Phénix=, s. m., oiseau fabuleux qui renaissait, dit-on, de ses cendres; personne unique ou rare dans son espèce: _vous êtes le phénix des hôtes de ce bois_.—Prononcez _fénikce_ et non _fénik, fénice_.

=Phrase=, s. f., assemblage de mots formant un sens: _une belle phrase_.—Prononcez _frâze_ (_â_ long) et non _frâce_.

=Piailleur, euse=, s., celui ou celle qui ne fait que piailler, crier continuellement par dépit ou par méchanceté: _cet enfant est un piailleur_.—Ne dites pas _piaillard_.

=Piane-piane=, adv., lentement, à pas comptés: _marcher piane-piane_: on ne prononce point les _e_.

=Piano= ou =Forte-piano= ou =Piano-forte=, s. m., instrument de musique à clavier: on prononce _forté_ et _piano_ (_ia_ bref et diphth.) et non _pî-anno, pi-âno_.

2. _Piano_, s. m., adj. et adv., terme de musique, doux, doucement, avec douceur.—Le pluriel est _pianos_.

=Piauler=, v. n., se dit des enfants qui se plaignent en pleurant: _cet enfant ne fait que piauler_.

=Pic=, s. m. (prononcez _pique_).—Ce mot a plusieurs significations bien distinctes.—Le _pic_ est un instrument de fer courbé et pointu vers le bout, et dont on se sert pour casser des morceaux de rocher et pour ouvrir la terre: _il faut un pic pour ouvrir cette terre remplie de cailloux_.

2. _Pic_, en terme de géographie, se dit des montagnes très-hautes: _le pic de Ténériffe_.

3. _Pic_ est un oiseau grimpeur qui perce l'écorce des arbres avec son bec, pour chercher des vers et des insectes.

4. Enfin _pic_ est un terme de jeu de piquet.—Il ne faut pas le confondre avec _pique_ qui signifie une des couleurs du jeu de cartes, et est également masculin: _il tourne du pique_ ou _de pique_ ou _pique_.

=Picorée=, (_la_), a le même sens que le mot _maraude_; mais on dit _aller à la picorée_ et non pas _en picorée_, quoiqu'on dise _aller en maraude_ plutôt que _aller à la maraude_.—_Picoreur_, s. m., qui va à la picorée: ce mot n'a pas de correspondant féminin.—V. _maraude_.

=Picot.=—Ne dites pas: _cet enfant est tombé dans les picots_; dites, _dans les orties_.

=Pie=, s. f., oiseau de la famille des corbeaux; prononcez _pî_ (_î_ long) et non _pi-ïe_.

2. =Pie=, adj., pieux; il n'est usité qu'avec le mot _œuvre, œuvre pie_, c'est-à-dire, œuvre de charité faite en vue de plaire à Dieu.

=Pièce, Place.=—Dites _un appartement composé de quatre pièces_ et non _de quatre places_: prononcez _pièce_ (_è_ grave mais bref) et non _piéce_.

=Pied=, s. m.—Ne dites pas: _j'ai voyagé, j'ai fait le chemin de pied, je suis venu de pied_; dites _j'ai voyagé,... à pied_.

2. On peut dire par hypallage: _il n'avait point de souliers dans ses pieds_, au lieu de: _il n'avait point ses pieds dans des souliers_. (Acad.)

3. _Pied bot_ (_bot_ n'a pas de féminin), pied contrefait: _avoir un pied bot_:—il se dit également d'un homme qui a le pied contrefait: _les deux frères sont pieds bots_; ne dites pas _pied à boule_ ni _pitabole_.

4. _De plain-pied_, locut. adv., sans monter ni descendre: _on va dans cette chambre de plain-pied_.—N'écrivez pas _de-plein-pied_ et ne dites pas _de plat pied_.

5. _Pied droit._—Ne dites pas, _j'ai un pied droit pour mesurer_; dites, _... un pied de roi_.

=Piedsinte= ou =Piedsente=, n'est pas français; dites sentier.

=Piége=, s. m., embûche: prononcez _piège_ (_è_ ouvert) et non _pièche_.—Voyez _tendre_ et _ége_.

=Pierre, Pierrette.=—Ne dites pas _des pierres d'abricot, des pierrettes de cerise_, etc.; dites _des noyaux d'abricot, de cerise_.—On nomme _pierre_ une espèce de gravier qui se trouve dans certaines poires: _ces poires ont beaucoup de pierres_.—Voyez _noyau_ et _amande_.

2. _Pierre d'achoppement_, danger, obstacle; ne dites pas _pierre d'achoquement_.

3. On écrit _un tailleur de pierre_ et non _un tailleur de pierres_, homme qui taille _la pierre_ et non le bois ni le fer; mais on dira _un casseur de pierres_, homme qui casse _les pierres_.

=Piété=, s. f., dévotion; ce mot n'a pas de pluriel.

=Piètre=, adj., mesquin, chétif et de nulle valeur dans son genre: _un habit piètre, un piètre ouvrier_; ne dites pas _peutre_.—Prononcez _piè-tre_ (_piè_ diphth.) et non _piète, piètère_.

=Pieux, se=, adj., qui a de la piété:—prononcez _pi-eu_ (deux syll.) pour le distinguer de _pieu_ (pièce de bois pointue) qu'on prononce _pieu_ (en une seule syll.)

=Pile=, s. f., se dit de celui des deux côtés d'une pièce de monnaie où sont empreintes les armes du souverain; le côté opposé se nomme _croix_ ou _tête_: _n'avoir ni croix ni pile; jouons, jetons à croix-pile qui l'aura; que retenez-vous, croix ou pile?_

2. _Pile_, s. f., soufflet, taloche: ce mot n'est pas français.

=Piler=, v. a., écraser, broyer; écrivez et prononcez _piler_ et non _piller_ (_ll_ mouillées).—Le vase de métal, de pierre, de faïence, etc., dans lequel on pile, se nomme _mortier_: _un mortier de cuivre sert d'enseigne à ce pharmacien_.—Le _pilon_ est l'instrument dont on se sert pour piler dans un mortier: _un pilon de fer, de bois_.

=Pilotis=, s. m., grosse pièce de bois pointue qu'on fait entrer en terre avec force pour asseoir les fondements d'un édifice, etc.; ne dites pas _pilote_, qui signifie, celui qui gouverne un vaisseau: _Amsterdam est bâti sur pilotis_ et non, _... sur pilotes_.

=Pince, Pincette=, s. f.—_Pince_ se dit d'une sorte de longues tenailles dont on se sert pour remuer les grosses bûches dans une cheminée: _il faut prendre cette bûche avec la pince_.—Il se dit également dans plusieurs arts ou métiers, de certaines tenailles, les unes grosses, les autres petites, qui servent à différents usages: _les taillandiers, les serruriers ont de grosses pinces pour tenir leur ouvrage, quand ils le mettent au feu; les horlogers, les arquebusiers ont de petites pinces pour prendre et placer les goupilles et autres pièces légères_.—_Pince_ signifie aussi un barre de fer aplatie par un bout, et dont on se sert comme d'un levier: _lever une grosse pierre avec une pince_.

2. _Pincette_, s. f., et plus ordinairement _pincettes_ (au plur.), ustensile de fer à deux branches égales, dont on se sert pour accommoder le feu: _attiser le feu avec des pincettes_. On dit aussi _tenailles_ dans ce sens.—Il se dit encore d'un instrument de fer, dont on se sert pour s'arracher le poil: _il se fait la barbe avec la pincette_.—Il se dit également, dans plusieurs arts ou métiers, de petits instruments de fer à deux branches, dont on se sert pour prendre ou pour placer certains objets qu'on ne pourrait ni prendre ni placer facilement avec les doigts.—Ne dites point _épince, épincette_.—Voyez _tenaille_.

=Pinçon, Pincée, Pinson.=—_Pinçon_, s. m., se dit de la marque qui reste sur la peau quand on a été pincé: _je me suis fait un pinçon en fermant cette porte_. Mais on dit _avoir l'onglée_ et non _des pinçons_, lorsqu'on veut parler de certaines douleurs qu'on ressent au bout des doigts quand on y a eu fort froid: _je ne puis pas écrire, j'ai l'onglée_.—_Pincée_, s. f., se dit de ce qu'on peut prendre de certaines choses en les pinçant entre deux ou trois doigts: _une pincée de sel_.—Le _pinson_, s. m., est une sorte de petit oiseau: _gai comme un pinson_.—Voyez _pensum_.

=Pipe=, s. f.—Dites _pipe bien culottée_, et non _pipe bien percée_ ni _bien passée_.

=Piquanterie=, n'est pas français: il faut dire _picoterie_, pour signifier des paroles malignes et de nature à blesser; _picoter_ c'est faire des picoteries; _il m'impatiente par des picoteries continuelles; il l'a picoté pendant toute la soirée_.

=Pique-assiettes=, n'est pas français; dites _piqueur d'assiettes, piqueur de table_ ou _écornifleur_, pour désigner celui qui cherche à manger aux dépens d'autrui.

=Piqûre=, s. f., petite blessure que fait une chose ou un animal qui pique: écrivez _piqûre_ (avec un accent circonflexe) et non _piqure_.

=Pire, Pis.=—_Pire_, adj. comparatif de _mauvais_, (plus mauvais); au superlatif on dit _le pire_ (le plus mauvais).—_Pis_, adv. comparatif de _mal_ (plus mal); le superlatif est _le pis_.—Servez-vous de _pire_, lorsque, en reversant le sens de la phrase, vous diriez _meilleur_, et de _pis_, si c'est _mieux_ que vous emploieriez:—_tant pis_ (tant mieux); _il va de mal en pis_ (en mieux); _le pis_ (le mieux) _que j'y trouve_; _il est bien pire_ (bien meilleur) _qu'il n'était_; _de deux maux, il faut éviter le pire_ (le meilleur); _ils sont pis que_ (mieux) _jamais ensemble_.

2. On ne dit pas: _plus pire, plus pis_, pas plus qu'on ne dit _plus meilleur, plus mieux_.

3. On ne fait sentir l'_s_ de _pis_ que devant une voyelle: _au pis aller; qui pis est_.

=Piteux, euse=, adj., qui excite la pitié, _un spectacle piteux, une mine piteuse_.—Ne dites pas _pitieux_.

=Pitié=, s. f., compassion pour les peines d'autrui; ce mot ne s'emploie pas au pluriel.—On écrit _grand'-pitié_ ou _grande pitié_ dans cette locution: _c'est grand'-pitié_ ou _grande pitié_. (Acad.)—Prononcez _piti-é_ et non _pit-chié_.—Voyez _ti_ et _di_.

=Place=, s. f.—On doit se servir du mot _pièce_, lors qu'on parle des différentes parties d'une maison: _son appartement est composée de tant de pièces_ (et non _de places_); _le salon est la plus belle pièce de la maison; la seconde pièce; la salle_ ou _la pièce à manger_ (et non _la place_).

2, Ne dites pas, _à la place_ ou _en place d'étudier, il joue_; dites, _au lieu d'étudier, il joue_.

3. Ne dites pas: _Messieurs, mettez-vous à place_; dites, _en place_.

=Placer= (=se=),—Ne dites pas: _placez-vous, je vous prie_; dites, _asseyez-vous..._

=Placet=, s. m., demande écrite à l'effet d'obtenir une grâce, une faveur du Roi; en parlant des ministres, des tribunaux, etc., on se sert du mot _pétition_;—au pluriel, _placets_.—Prononcez _placè_ (_è_ bref).

=Plafonner=, v. a.—Ne dites pas _plafonner un mur_, mais, _plâtrer un mur_: on ne plafonne que les plafonds.

=Plaideur=, s. m., celui qui est en procès; au féminin, _plaideuse_.

=Plaidoyer=, v. n., =Plaidoyeur=, s. m., ne sont pas français; il faut dire _plaider, plaidailler, plaideur, plaidailleur_.

=Plain, aine=, adj., plat, uni sans inégalité: _pays plain; la bataille s'est donnée en plaine campagne; drap plain_.

2. _Plain-pied._—Voyez _pied_.

3. _Plain-chant_, s. m., le chant d'église: _on a exécuté une messe en plain-chant_.—Il n'a pas de pluriel.

=Plaindre=, v. a., signifie, entre autres acceptions, employer, donner avec répugnance, à regret, d'une manière insuffisante: _il ne plaint ni son temps ni ses soins quand il s'agit de rendre service; il plaint le pain à ses domestiques; il plaint l'avoine à ses chevaux; il plaint jusqu'aux habits qu'il donne à ses enfants_.—Il correspond assez bien au mot wallon _mèskeûre_; le mot _keûre_ se rendrait également assez bien par, _ne pas plaindre_: _je ne lui plains pas cette réprimande, il l'a bien méritée_.

=Plaine=, s. f. campagne: prononcez _plène_ (_è_ long) et non _plain-ne_.

=Plaire=, v. n.—Ne dites pas: _il faut bien plaire ses parents_; dites, _à ses parents_.

2. _Ce qui plaît_, signifie ce qui est agréable; _ce qu'il plaît_, signifie ce que l'on veut.—Ne dites donc pas: _je fais ce qui me plaît_, pour faire entendre que vous n'avez pas d'ordre à recevoir; dites, _je fais ce qu'il me plaît_.—Au contraire, dites: _les gens peu raisonnables sacrifient leurs intérêts à ce qui leur plaît_; c'est-à-dire, _à ce qui leur est agréable_.

3. Ne dites pas: _si vous plaît?_ pour engager quelqu'un à répéter ce qu'il vient de dire; dites, _s'il vous plaît_ ou _plaît-il_, ou _pardon, je n'ai pas entendu, je n'ai pas compris_.

4. _Se plaire_, suivi d'un infinitif, demande la préposition _à_: _il se plaît à étudier, à chasser_.

=Plaisant, ante=, adj., agréable, qui plaît: _je ne trouve pas plaisant que vous vous occupiez de moi_. Il est peu usité dans ce sens, et il ne s'emploie que dans des phrases négatives.

2. Il signifie plus ordinairement, qui divertit, qui fait rire: _il nous a fait un conte plaisant; c'est le plus plaisant homme du monde; il a des manières tout à fait plaisantes; histoire plaisante et récréative_.—Ne dites donc pas d'un homme _qu'il est plaisant_, pour faire entendre _qu'il est aimable_.

3. _Plaisant_ se dit aussi, par une sorte de mépris, et pour signifier, impertinent; ridicule: en ce sens, il précède toujours le substantif: _c'est un plaisant homme, un plaisant visage; il a un plaisant habit; je vous trouve plaisant de vouloir..._

=Plaisir=, s. m.—Ou dit _avoir du plaisir, avoir plaisir, y avoir du plaisir à_,—et _avoir le plaisir, faire plaisir de_:—_vous aurez du plaisir à_ (et non _de_) _causer avec lui; j'ai plaisir à travailler avec lui_;—_vous me ferez plaisir de_ (non _à_) _parler ainsi_.—Prononcez _plésire_ et non _plèsir_, ni _plési_.

=Plan=, s. m.—Ne dites pas: _jeter son plan sur quelqu'un, sur quelque chose_; dites, _jeter son plomb, son dévolu_: _il a jeté son plomb sur cet emploi, jeter un dévolu, son dévolu sur quelqu'un, sur quelque chose_.

=Planchéier=, v. a., garnir de planches, faire un plancher: _j'ai fait planchéier mon cabinet de bois_, (et non _de planches_) _de sapin_.—Ne dites pas _plancheter_ ni _plancher_.

=Plancher=, s. m.—On appelle ainsi les planches et les poutres qui séparent deux étages ou qui sont placées sur l'aire du rez-de-chaussée: _il est tombé sur le plancher; peindre les solives d'un plancher; suspendre quelque chose au plancher_;—mais il ne faut pas dire, monter _au plancher_, l'escalier _du plancher_, au lieu de monter _à l'étage_, l'escalier _de l'étage_.—Si la maison a plusieurs étages, on dit monter _au premier, au second_, etc.—Voyez _pavé_.

=Plane=, s. f., outil tranchant et à deux poignées pour aplanir, rendre unis des morceaux de bois des planches.

=Planisphère=, carte où les deux moitiés du globe céleste ou du globe terrestre sont représentées; ce mot est masculin: _la mappemonde est un planisphère terrestre_.

=Plantoir=, s. m., outil de bois, pointu et quelquefois ferré par le bout, dont les jardiniers se servent pour faire dans la terre les trous où ils veulent mettre des plantes ou des graines: _un bon plantoir_.—_Une plantoire_ n'est pas français.

=Planure=, s. f., bois que l'on retranche des pièces que l'on plane: _se chauffer avec des planures_.

=Plaquer=, dans le sens d'adhérer fortement, de coller, n'est pas français: _ce papier est collé_ (et non _plaqué_) _sur du carton_; _ces deux feuillets sont collés_ (et non _plaqués_).

=Plat, ate=, adj.—_Le plat pays_ est le village par rapport à la ville;—_un pays plat_ est la plaine par rapport aux montagnes.

=Platine=, s., or blanc, est masculin: _le platine a été découvert en Amérique_.—Dans toutes les autres acceptions, il est féminin: _la platine d'un fusil, la platine d'une serrure_.—Plusieurs personnes se servent à tort de ce mot pour indiquer un petit chandelier de cuisine; il faut dire _bougeoir_.

=Plâtre=, s. masculin: _du plâtre_.

=Platrier=, s. m., celui qui prépare le plâtre ou qui le vend; ne dites pas _plâtreur_.

=Plein, eine=, adj.—_Tout plein_, sert quelquefois d'adverbe de quantité, et alors, il signifie _beaucoup_: _on trouve tout plein de gens qui pensent...; il y a tout plein de monde dans les rues; j'ai tout plein de livres d'égarés; vous dites qu'il n'y a pas de boutique dans cette rue, il y en a tout plein_.—Il est très familier. (Acad.)

2. _Plein_ est invariable, lorsqu'il est séparé de son substantif par un adjectif possessif: _il a plein ses poches d'argent_.—Il s'accorde avec son substantif, quand il n'en est pas séparé: _il donne de l'argent à pleines mains; il en a les poches pleines_.

=Pléis=, poisson.—Ce mot n'est pas français; il vient apparemment du flamand _pladys_; il faut dire _plie_.

=Pléonasme vicieux=, surabondance de mots qui rendent le discours diffus ou incorrect; nous en donnerons quelques exemples (prononcez _plé-onas-me_ et non _pléïonasme, pléoname_).

2. _Arrière._—_Les grecs épouvantés reculent en arrière_: on ne peut pas reculer _en avant_; _arrière_ est donc de trop.

3. _Allumer la lumière_; dires allumer la bougie, la chandelle, etc.; on ne peut _allumer la lumière_; cependant, on peut dire _allumer le feu_ ou _du feu_.

4. _Assez._—_Vos raisons sont assez suffisantes_; l'idée exprimée par le mot _assez_ est déjà renfermée dans le mot _suffisant_.

5. _Aujourd'hui._—_Le jour d'aujourd'hui les enfants sont peu soumis._—_Jour et aujourd'hui_ expriment la même idée.

6. _Beaucoup._—_Ce discours est rempli de beaucoup de citations._ Il ne pourrait pas être rempli de _peu_ de citations; _beaucoup_ est donc superflu.

7. _Borne._—_Cicéron a étendu les bornes et les limites de la science._ Ces deux mots exprimant la même idée, l'un des deux suffit.

8. _Brillant._—_Un brillant éclat_: _brillant_ est de trop, car tout _éclat_ est brillant.

9. _Charlemagne._—_Magne_ (du latin _magnus_) veut dire _Charles-le-Grand_; ne dites donc pas _Charlemagne-le-Grand_, quoique pourtant on puisse dire _le grand Charlemagne_, ce mot étant dans ce cas considéré simplement comme un nom propre.

10. _En._—_Les vainqueurs étaient au nombre de vingt mille, dont il n'y en eut pas un seul de tué._ Retranchez _en_ ou bien dites: _dont il n'y eut pas un seul de tué_.

11. _Inanimé._—_Un cadavre inanimé_: y a-t-il des cadavres _animés_ ou _vivants_?

12. _Mon, ma, mes, ton, ta, tes, son, sa, ses_.—_J'ai mal à mon pied, tu as mal à ta tête; il a mal à son bras_: est-ce qu'on peut avoir mal au pied, à la tête, au bras d'un autre?

13. _Malgré_.—_Il fut forcé malgré lui de partir_; c'est toujours _malgré soi_ qu'on est _forcé_.

14. _Mutuellement_.—_Il faut s'entr'aider mutuellement_: ce dernier mot n'ajoute rien au sens.—Il en est de même de _l'un l'autre, les uns les autres_ employés dans ce sens.

15. _Orageux_.—_Une tempête orageuse_: il n'y a point de tempête sans orage.

16. _De part et d'autre_.—_Cet entretien se termina par des plaintes réciproques de part et d'autres_: ces derniers mots sont superflus, car _réciproque_ et _de part et d'autre_ signifient la même chose.

17. _Partout_.—_Il y a des sots tout partout_: le dernier mot rend à lui seul toute la pensée; supprimez _tout_.

18. _Petit_.—_Un petit monticule, une petite maisonnette, une petite barquette, un petit peu_: l'idée de _petit_ est marquée par _monticule, maisonnette, barquette_ et _peu_; donc le mot _petit_ est de trop.

19. _Puis_.—_Il va dîner, puis ensuite il ira chez nous; puis_ signifie déjà _ensuite_.

20. _Seulement_.—_Pour faire trembler les révoltés, le roi n'aurait seulement qu'à se montrer_: _seulement_ est de trop, car l'idée qu'il exprime est rendue par _ne... que_.

21. _Temps_.—_Une heure de temps, un jour, une semaine, un mois, une année de temps_:—_les heures, les jours_, etc., ne mesurent pas autre chose que le _temps_.

22. _Vite_.—_Dépêchez-vous vite_; peut-on se dépêcher _lentement_?

23. _Voyons voir_: répétition barbare.

24. _Nous entrâmes dans la maison où nous y trouvâmes des amis_: retranchez _y_ ou bien dites: _et nous y trouvâmes des amis_.

=Pleurésie=, s. f., maladie: ne dites pas _plurésie_ ni _purésie_.

=Pleurs=, s. masculin, sans singulier, larmes: _des pleurs amers_.—Bossuet a dit dans le style élevé, en parlant de l'enfer: _là règne un pleur éternel_; mais ici le mot _pleur_ paraît être pris dans un sens figuré, pour _peine, douleur_.

=Pleuviner=, pour désigner une pluie fine qui tombe, n'est pas français; dites _bruiner_ ou _pluviner_: _il commence à bruiner, à pluviner_.—_Bruiner_ est préférable.

=Pleuvoir=, fait au participe passé _plu_: _il y a longtemps qu'il n'ait plu_ (et non _pleu_),—L'Académie ne donne pas de participe présent.

=Pli=, s. m., terme du jeu de cartes;—ne dites pas, _j'ai fait deux, trois, six plis_; dites, _j'ai fait deux, trois, six levées_.

=Plier, Ployer=, v. a.—Voici ce que dit le Dictionnaire de l'Académie:—_plier_, mettre en un ou plusieurs doubles et avec un certain ordre: _plier du linge, plier des habits, des hardes, des draps de lit, des serviettes; pliez votre serviette, plier une lettre_, etc.—_Plier_ signifie aussi courber, fléchir: _plier de l'osier, plier des branches, des branches d'arbre, des branches de vigne pour en faire un berceau, plier les genoux_.

2. _Plier_ s'emploie figurément, et signifie, assujétir, soumettre, faire céder, s'accoutumer: _il faudra plier ce jeune homme à la bonne règle; plier son esprit, son humeur aux volontés, aux désirs d'autrui_.—Il est aussi neutre, et signifie devenir courbé: _un roseau, un bâton, une houssine, une baguette qui plie; la planche pliait sous lui_.—Figurément, _plier sous le poids des affaires, sous le poids des années; plier sous l'autorité, sous les ordres de quelqu'un_.

3. _Ployer_ veut dire, fléchir, courber: _ployer une branche d'arbre; ployer le genou en marchant_.—Il signifie quelquefois, arranger une chose en la pliant, en la mettant en rouleau, en paquet, etc. _ployez votre marchandise; ployez votre serviette; ployez vos habits_.

_Ployer_ s'emploie comme actif, comme neutre et avec le pronom personnel dans presque toutes les acceptions du verbe _plier_, mais seulement _en poésie_ et _dans le style élevé_;—dans _le langage ordinaire_, on se sert de _ployer_. (Acad.)

=Ploter=, v. a., battre, maltraiter; écrivez _peloter_ et prononcez _ploter_: _on l'a bien peloté; il a été bien peloté dans cette conversation, dans cette dispute_.

=Pluie=, s. f., eau qui tombe des nuages: prononcez _pluî_ (_ui_ diphth.) et non _pluiïe_, ni _plouî_.

=Plume=, s. f.:—_c'est une belle plume_, pour, _il a une écriture_, n'est pas français.

=Pluriel, elle=, adj. et subst.—Quelques-uns, dit l'Académie, écrivent _plurier_, et la plupart prononcent _plurié_;—nous pensons que cette forme et cette prononciation sont surannées, et qu'il faut aujourd'hui écrire et prononcer _pluriel_ (_plurièle, è_ bref).

=Plus=, adv. de comp.—Prononcez _plu_ et non _plusse_: l'_s_ cependant se prononce dans: _je dis plus, il a plus_ et dans _plus-que-parfait_.

2. Il a le même sens que _davantage_, mais on ne peut pas l'employer pour _davantage_: voyez ce mot.

3. _Plus d'à demi, plus d'à moitié_: ces locutions sont préférables à celles-ci: _plus qu'à demi, plus qu'à moitié_.

4. Ne dites pas: _il a plus que vingt ans; il a dépensé plus que cent francs_; dites, _il a plus de vingt ans; il a dépensé plus de cent francs_.

5. Ne dites pas: _il est plus sage, il est moins sage comme vous_; dites, _que vous_.

6. Ne dites pas: _plus pauvre est-on, plus est-ce qu'on veut briller; plus que je le connais, plus que je l'estime_; dites, _plus pauvre est-on, plus veut-on briller; plus je le connais, plus je l'estime_.

7. Ne dites pas: _je n'ai plus vu ce monsieur_, pour signifier que vous le voyez pour la première fois; dites, _je ne l'ai pas encore vu, je ne l'ai jamais vu_.

8. _Plus pire, plus meilleur, plus pis, plus mieux_, sont des locutions barbares.

9. _Plus_ comparé à _mieux_; voyez ce dernier mot.

10. _Plus tôt_ et _plutôt_.—_Plus tôt_, en deux mots, a rapport au temps et est opposé à _plus tard_: _il est arrivé plus tôt (plus tard) que vous_.—_Plutôt_, en un mot, éveille une idée de choix, de préférence: _plutôt mourir que de me déshonorer_; c'est-à-dire, je préfère, j'aime mieux mourir que...

=Poche=, s. f.—Ne dites pas: _j'ai ce papier en poche_; dites, _dans ma poche; mettre, serrer, fourrer quelque chose dans sa poche, dans ses poches_.—_Mettre en poche_, (figuré et famil.) c'est _mettre en réserve_ et appliquer à son profit un argent qu'on a reçu pour une autre destination.

=Poêle=, a plusieurs significations:—_poêle_, s. _masculin_ (et non _poèle_ ni _poële_), drap mortuaire qui recouvre le cercueil; voile qui recouvre la tête des mariés; sorte de dais.—_Poêle_ ou _poile_, s. _masculin_ (et non _poèle_ ni _poële_), sorte de fourneau de terre ou de fonte ou de tôle, par le moyen duquel on échauffe des chambres, des serres, etc.—_Poêle_, s. _féminin_ (et non _poèle_ ni _poële_), ustensile de cuisine à longue queue pour frire, fricasser;—_poêlon_, petite poêle:—dans toutes ces diverses acceptions, prononcez _poale, poalon, poalier_ et non _pèle_ ni _poèle_.

=Poêlier=, s. m. (et non _poëlier_), artisan qui fait des poêles: prononcez _poalier_ et non _poèlier_.

=Poème=, s. m., ouvrage en vers;—_poète_:—l'_e_ est grave dans ces mots; l'_o_ et l'_è_ forment deux syllabes de même que pour les dérivés _poésie, poétereau, poétesse, poétique, poétiser_, etc.

2. On doit se garder d'intercaler, dans la prononciation, un _i_ entre l'_o_ et l'_e_; ne dites donc pas, _po-ïème, po-ïète, po-ïésie, po-ïétique_, etc.

=Poète=, s. m., celui qui cultive la poésie; au féminin, _poétesse_, mais il est peu usité et l'on dit plus volontiers _une femme poète_.

=Poigner=, n'est pas français; il faut dire _toucher, manier, prendre dans la main_:—_regardez cela, mais n'y touchez pas; ne touchez pas cela; manier un drap pour voir s'il est doux, s'il est fin_.—_Empoigner_ est français.

=Poignet=, _poignant, poignée, poignard_:—prononcez _poagnet, poagnant, poagnée, poagnard_ et non _pognet, pognant, pognée, pognard_.

=Poil=, s. m.—On ne dit pas un _poil_, mais bien un _grain_ de tabac, d'avoine, de poudre à canon;—un _brin_ d'herbe, de fil, de soie, de paille;—un _flocon_ de neige: _la grêle n'a pas laissé dans ce pré un brin d'herbe; le seigle et le froment ont déjà poussé de beaux brins; ces pauvres n'ont pas un brin de paille pour se coucher_.

2. _Poil_ (_mort_).—Il faut traduire par _poil follet_, si l'on veut désigner ces poils rares et légers qui viennent avant la barbe; _duvet_ s'emploie aussi dans cette acception, surtout en poésie;—et par _duvet_, si l'on veut parler des poils qui poussent aux jeunes oiseaux avant les plumes: _ce jeune homme n'a encore que le poil follet; le poil follet commence à lui pousser; ces petits moineaux ont encore leur duvet_.—Prononcez _poale_ et non _poèle_.

=Poindre=, v. n., n'est usité qu'à l'infinitif et au futur; il se dit proprement du jour qui commence à paraître, et de plantes qui commencent à pousser: _à peine le jour commençait à poindre; je partirai dès que le jour poindra; dès que les herbes commencent à poindre; le poil commence à lui poindre au menton_.

2. Ne dites pas _pointer_ dans ce sens: _j'ai vu poindre_ (et non _pointer_) _le jour_.

3. Prononcez _poindre_ et non _poandre_ ni _poin-te, poindère_.

=Point= (=à=).—Cette locution est française et signifie, _à propos_; _il était ruiné, il a recueilli une grande succession, cela lui est venu bien à point;—vous arrivez à point, bien à point;—tout vient à point à qui peut attendre_.

=Point, Pas.=—Ne dites pas: _il y a six mois que je ne l'ai pas vu_; dites, _il y a six mois que je ne l'ai vu_.

2. Ne dites pas: _ont-ils pas fait telle chose; viendra-t-il pas aujourd'hui?_ dites, _n'ont-ils pas fait telle chose; ne viendra-t-il pas aujourd'hui?_—Voyez _pas_.

3. _Peu ou point, ni peu ni point_:—Ces locutions sont françaises: la première signifie _presque point_ et la seconde, _point du tout_:—_il a peu ou point de santé; il n'a d'esprit ni peu ni point_.

4. Prononcez _point_ (en faisant sentir l'_in_ comme dans _pin_) et non _poant_.

=Pointilleux, euse=, celui qui aime à pointiller, à contester: _vous êtes bien pointilleux_;—ne dites pas _pointilleur_.

=Poireau= et =Porreau=, s. m.—Ces deux mots sont reçus, mais _porreau_ paraît moins usité (Acad.):—cependant comme _porreau_ est plus en usage en Belgique que _poireau_, nous pensons qu'il faut lui donner la préférence, au moins dans la conversation: c'est une plante potagère du genre des oignons: _une soupe aux porreaux_.

2. _Poireau_ signifie aussi une excroissance qui vient sur la peau, particulièrement aux mains: _il a les mains pleines de poireaux_;—il se dit dans le même sens, en parlant des chevaux et des chiens: _un cheval qui a des poireaux aux jambes; un petit chien qui a des poireaux aux joues_.—On dit aussi _verrue_ dans ce sens.—_Poireau_: prononcez _poareau_.

=Pois goulus=, pois que l'on mange avec la cosse; ne dites pas _pois gourmands_.

=Poivrier, Poivrière.=—Le _poivrier_ est un arbrisseau qui produit le poivre; il se dit aussi, d'un vase, d'une boîte où l'on conserve le poivre;—la _poivrière_ est un ustensile de table de la forme d'une salière dans lequel on met le poivre;—il se dit aussi d'un petit vase en forme de poire dont l'extrémité est percée d'un petit trou et que l'on secoue pour saupoudrer de poivre divers aliments.

=Polder=, s. m., au pl., _polders_, vastes plaines de la Belgique qui sont protégées par les digues: prononcez _pol-dre_.

=Polichinelle=, s. m., sorte de marionnette; ne dites pas _porichinelle_ ni _pourichinelle_.

=Polir=, v. a.—Ne dites pas _polir_, dans le sens de repasser du linge: _voilà des chemises bien repassées_, et non _bien polies_;—il faut dire également _repasseuse_ et non _polisseuse_.

=Pollen=, s. m. poussière fécondante des fleurs: prononcez _pol'lène_, en faisant sentir les deux _ll_ et l'_n_.

=Pommeau=: voyez _cliche_ et _bouton_.

=Ponctuer=, _ponctuation, ponctuel, ponctualité_ etc.:—prononcez le _c_ comme un _k_.

=Pontonnier=, s. m., celui qui reçoit le droit exigé pour le passage d'une rivière, soit sur un pont, soit dans un bac.—Prononcez _ponto-nier_ et non _ponto-gnier_.

=Poques= et =Poquettes=: ces mots ne sont pas français;—il faut dire _petite vérole_: _mon frère a eu la petite vérole_ et non, _les poques, les poquettes_.

=Porc=, s. m., cochon:—le _c_ ne se fait pas sentir devant une consonne: _du porc frais_ (_por_).

=Porc-épic=, s. m., quadrupède dont le corps est hérissé de piquants; au pluriel, _porcs-épic_:—prononcez _porképik_ au pluriel comme au singulier.

=Portant, te=, ne s'emploie qu'avec les adverbes _bien_ et _mal_: _mon frère est bien portant, ma sœur est mal portante_ (_se porte bien, se porte mal_).

2. _L'un portant l'autre_, pour _l'un parmi l'autre_: voyez _parmi_.

=Porte= _d'une agraffe_ (_la_), est une espèce de petit anneau où l'on fait entrer le crochet d'une agraffe et qui sert à la retenir.—Ne dites pas _œillet_.

=Porteballe=, s. m., s'écrit sans trait d'union et en un seul mot.—Il se dit d'un marchand ambulant qui porte sur son dos une balle de marchandises; au pluriel _des porteballes_:—ne dites pas _porte-panier_.

=Porte-cigare=, s. m., espèce de chalumet au bout duquel on adapte un cigare;—étui pour renfermer plusieurs cigares;—au pluriel, des _porte-cigare_ dans la première acception, et _porte-cigares_ au singulier et au pluriel, dans la seconde;—dans ce cas, nous préférerions le mot _étui à cigares_; on éviterait ainsi l'équivoque.

=Portefaix, Portefeuille, Portemanteau=, s'écrivent sans trait d'union et en un seul mot.

=Porter=, s. m., espèce de bière anglaise: prononcez _portère_.

=Porteur de lettres=, ne se dit pas; dites _facteur_.

=Portion, Potion.=—_Portion_ signifie _part, partie_: _les héritiers ont partagé tout le bien du défunt en quatre portions; garçon, servez-moi une portion de fraises_.—_Potion_ ne désigne qu'un remède liquide: _une potion calmante_ et non _une portion calmante_.—Prononcez _porcion, pôcion_ (_ô_ long).

=Possible=, adj.—_Il est possible que, est-il possible que_, veut le subjonctif: _il est possible que je gagne_ (et non _que je gagnerai_) _le gros lot_; _est-il possible que vous vous laissiez_ (et non _que vous vous laisserez_) _toujours entraîner par vos camarades_.

2. _Possible_ est invariable, comme attribut d'une proposition elliptique, lorsqu'il est précédé des mots _plus, moins, le plus, le moins_: _ils ne songent qu'à payer le moins d'impôts possible_, c'est-à-dire, qu'il lui est possible.

3. Ne dites pas: _cela peut être possible_; c'est un pléonasme vicieux; dites simplement: _cela est possible_.

4. Prononcez _possi-ble_ et non _possipe, possibèle_.

=Poste=, s. f.: prononcez _pos-te_ et non _posse_.

2. Ne dites pas d'un domestique qu'il est dans un bon _poste_; dites qu'il est dans une bonne _condition_.

3. _Papier de poste_ n'est pas admis par l'Académie, qui dit _papier à lettres_.

=Post-scriptum=, s. m., ce qui est ajouté à une lettre, ordinairement après la signature: on l'indique par ces deux lettres: _P. S._—Au pluriel des _post-scriptum_. (Acad.) Prononcez _poss'-scriptome_.

=Posture=, s. f., signifie la position du corps, mais il n'est pas synonyme de _statue_: _il y a des statues dans son jardin_ (et non _des postures_).

=Pot=, s. m., vase de terre ou de métal: prononcez _pô_ (_ô_ long); l'_o_ devient bref dans _pot-à-l'eau, pot-au-lait, pot-au-feu_.

2. Ce mot, suivi de la préposition _à_, marque la destination du _pot_; et lorsqu'il est suivi de la préposition _de_, il indique l'usage actuel du vase: _pot-à-l'eau, pot-au-lait, pot à fleurs_, etc., vases propres à mettre de l'eau, du lait, des fleurs;—_pot d'eau, pot de lait, pot de fleurs_, vase qui contient maintenant de l'eau, du lait, des fleurs.

3. Ne dites pas: _mettez au pot_ ou _à la potte_, pour, _mettez au jeu, faites l'enjeu_.

4. Ne dites pas, _il est bête comme un pot_; en effet, un pot ne peut être ni bête ni intelligent; dites, _il est bête comme une oie_;—cependant on peut dire d'une personne de peu d'intelligence, _qu'elle est bouchée comme un pot_.

5. On dit également bien, _il est sourd comme un pot_ (et non _comme une porte_).

=Potable=, adj., qui peut se boire, qu'on peut boire sans répugnance: _eau potable, ce vin est déjà potable_;—prononcez _potable_, et non _potape_ ni _potabèle_.—Voyez _buvable_.

=Potassium=, s. m., nouveau métal: prononcez _potaciome_.

=Pot-au-feu=, s. m., s'écrit avec des traits d'union;—au pluriel, des _pot-au-feu_. (Acad.)—Ce mot signifie la quantité de viande destinée à être mise dans le pot: _mettre un pot-au-feu, trois pot-au-feu_; un _pot-au-feu de trois livres de viande, de trois livres_.—_Pot-au-feu_ ne se dit pas du _bouilli_.

=Pot-de-vin=, s. m., sorte de présent qui se fait en sus du prix convenu pour un marché; au pluriel _des pots-de-vin_: _on lui donne mille francs pour le pot-de-vin_.—Voyez _dringuelle_.

=Pot pourri=, s. m., s'écrit sans trait d'union.

=Poteau= (_d'eau_), petit amas d'eau formé par la pluie, etc., dans les parties creuses des chemins;—ce mot n'est pas français; rendez-le par _flaque_ ou _mare_ (la _flaque_ est plus petite que la _mare_): _il y a des flaques d'eau dans ce chemin; dans ce village on abreuve les bestiaux à une mare, à la mare_.

=Potée=, s. f., ce qui est contenu dans un pot, ce que peut contenir un pot: _une potée d'eau, une potée de bouillon, une potée de lait_.

2. _Une potée d'enfants_, c'est un grand nombre d'enfants;—_éveillé comme une potée de souris_, se dit d'un enfant fort vif, fort remuant et fort gai. (Acad.)—Plusieurs lexicographes disent _éveillé comme une portée de souris_.

3. On ne dit pas, _une potée de fleurs_ ou simplement _une potée_; le mot français est _pot de fleurs_.

4. _Potée_ ne se dit pas non plus en français pour _quart de pinte_.

=Potiquet=, n'est pas français; dites _petit pot_.

=Potiron=, s. m., espèce de citrouille ronde: _manger du potiron_;—ne dites pas _poturon_.

=Potte=, n'est pas français; il faut dire _fossette_ pour désigner un petit creux que les enfants font en terre pour y jeter et y faire entrer des noix, des billes, des noyaux, etc.: _jouer à la fossette_.

=Pouce=, s. m., le plus gros et le plus court des doigts de la main.

2. On peut dire, manger _un morceau sur le pouce_, c'est-à-dire, _à la hâte_;—l'Académie donne cet exemple: _manger, déjeuner sur le pouce_, (à la hâte, sans prendre le temps de s'asseoir).—c'est donc à tort que certains grammairiens condamnent la première locution.

3. Ne dites pas _le pouce du pied_: dites _le gros orteil_ ou simplement _l'orteil_.

=Pouding=, s. m., sorte de mets anglais composé de différents ingrédients: prononcez _poudingue_.

=Poudre=, s. f., se dit de divers médicaments, simples ou composés, qui sont sous la forme de poudre; ce mot est féminin: _poudre purgative; une poudre d'une grande vertu_.

=Poulain=, s. m., jeune cheval: le féminin correspondant est _pouliche_;—on disait autrefois _poulaine_ ou _pouline_.

=Poule=, s. f.; ne dites pas _pouille_.

=Pouls=, s. m., battement des artères: prononcez _pou_ et non _poule_ ni _pouce_.

=Poumonie=, s. f., maladie de poumons; _poumonique_, qui en est atteint;—ces mots ne sont pas français: dites _pulmonie, pulmonique_.

=Poupard=, s. m., enfant au maillot, gros enfant: ne dites pas _papard_.—On dit aussi _poupon, pouponne_.

=Poupée=, s. f., jouet de petites filles; ne dites pas _poupe, pope_.

=Pour=, prép.—Ne dites pas: _qui est-ce, qu'est-ce pour un homme, pour une musique, pour un arbre, pour une fleur?_ dites simplement _qui est-ce_ ou _quel est cet homme, quelle est cette musique, quel est cet arbre, quelle est cette fleur?_

2. Ne dites pas: _pour à l'égard de votre frère_; dites, _pour votre frère_ ou _à l'égard de votre frère_.

3. Ne dites pas: _le vin est fait pour boire_; dites, _pour être bu_.—Avec _pour_, évitez les verbes actifs pris dans un sens passif.

4. Ne dites pas: _pour quant à moi_; dites, _pour moi_ ou _quant à moi_.

5. Ne dites pas: _s'il est puni, c'est pour lui, car il l'a bien mérité_; dites, _s'il est puni, tant pis pour lui..._

6. Ne dites pas: _c'est un long travail, j'en ai pour moi trois mois_; dites, _j'en ai pour trois mois_.

7. Ne dites pas: _tout est trop cher, ce n'est plus pour vivre_; dites, _il n'y a plus moyen de vivre_. (Fland.)

8. Ne dites pas, _le dites-vous pour de bon_; dites, _tout de bon_.

9. Ne dites pas, _il dort pour quatre_; dites, _il dort comme quatre_. (Fland.)

10. Ne dites pas, _je n'oserais le faire, c'est bon vous_ ou _pour vous_; dites, _c'est bon à vous_.

=Pourboire=, s. m.: voyez _dringuelle_.

=Pourpre=, s. m., couleur rouge foncée: prononcez _pour-pre_ et non _pourpe_ ni _pourpère_.

2. _Pourpre_, maladie dangereuse, est masculin: _il a la maladie du pourpre_.

=Pourquoi.=—Ne dites pas: _Dieu est juste, c'est pourquoi que nous devons l'aimer_; dites, _c'est pourquoi nous devons l'aimer_. (Wall.)

2. Ne dites pas: _pourquoi est-ce que vous faites cela; pourquoi est-ce que c'est que vous faites cela?_—dites, _pourquoi faites-vous cela?_

=Poursuivre=, v. a., fait au part. passé _poursuivi_ et non _poursui_: _il m'a poursuivi pendant une heure_;—la même observation s'applique au verbe _suivre_.

=Pourvu que=, loc. conj.: voyez _parmi que_.

=Pousser=, v. a. et n.—On dit très-bien, _les arbres commencent à pousser; ces fleurs poussent déjà_, pour signifier un accroissement qui se produit dans les arbres et dans les plantes.—On dit également, _les arbres commencent à pousser des boutons, des feuilles_;—mais _pousser_, dans ce dernier sens, ne s'emploie pas comme verbe neutre;—il faut dire, _les arbres poussent des boutons, des feuilles_, etc., ou bien, _les arbres verdissent_.

=Poussière=, s. f.—Ne dites pas, _j'ai une poussière dans l'œil_; dites, _j'ai un grain de poussière_ ou _j'ai de la poussière dans l'œil_.

2. _Poudreux_, couvert de poussière, dans le langage ordinaire, est infiniment préférable à _poussiéreux_:—_pousseux_ n'est pas français.

=Poussin, Poulet.=—_Poussin_, petit poulet nouvellement éclos: _une poule qui appelle_, qui _rassemble ses poussins_.—_Poulet_ se dit du petit d'une poule, plus âgé et plus fort que le _poussin_: _manger du poulet; élever, engraisser des poulets_.

=Poutre=, s., grosse pièce de bois équarri qui soutient les solives d'un plancher; ce mot est féminin: _la poutre est cassée_.—Prononcez _pou-tre_ et non _poute_ ni _poutère_.

=Poutrelle=, s. f., petite poutre: dans ce bâtiment il ne faut que des poutrelles.

=Pouvoir=, v. n.—_Il ne peut mal de tomber, de négliger ses devoirs_ (Wall.): voyez _mal_.

2. Ne dites pas: _le verre est cassé, je n'en peux rien_; dites _je n'y puis rien, ce n'est pas ma faute_;—on dit encore: _on l'accuse fort injustement de telle chose, il n'en peut mais_.

3. Ne dites pas, _cet homme peut contre la boisson_ (Flandr.); dites, _cet homme sait supporter la boisson_. (Flandr.)

4. Ne dites pas: _cette dépense n'est pas trop forte pour lui, il peut là contre_; dites, _il peut la faire sans se gêner_. (Fland.)

5. _Pouvoir, savoir.—On ne saurait, on ne peut._—_On ne saurait_ paraît plus propre à marquer l'impuissance morale où l'on est de faire une chose;—_on ne peut_, semble marquer plus précisément et avec plus d'énergie l'impossibilité de la chose en elle même. Ce qu'_on ne saurait faire_ est trop difficile; ce qu'_on ne peut faire_ est impossible: _on ne saurait bien servir deux maîtres; on ne peut pas obéir en même temps à deux ordres opposés_.

=Précepteur=, s. m.: voyez _Percepteur_.

=Prêcher=, v. a.—Ne dites pas, _prêcher par exemple_; dites, _prêcher d'exemple_.

=Prédire=, v. a., se conjugue comme _médire_:—indic. prés., _vous prédisez_; impér., _prédisez_.

2. Ne dites pas: _tableau appartenant à M. X. prédit_; dites, _à M. X. cité plus haut, déjà nommé_;—_susdit, susdite_ se dit aussi, surtout dans le style de pratique.

=Préférer=, v. a.—On dit _préférer faire_ et _préférer de faire_.

2. Lorsqu'il est suivi de deux infinitifs mis en opposition, il faut dire _préférer de... plutôt que de...._:—_il préféra de mourir plutôt que de se rendre lâchement_.

=Prélire=, v. a., t. d'imprim.: ne dites pas, _la vente se fera aux conditions à prélire_; dites, aux _conditions indiquées plus haut, ci-dessus mentionnées_.

=Premier, ière=, adj. num. ord.—Prononcez _premier_ (_e_ muet) et non _prémier, prèmier, promier_: prononcez de même _premièrement_.

=Premièrement=, adv.—N'employez pas _premièrement_ pour _tout à l'heure, il n'y a pas longtemps_: dites donc: _il est arrivé tout à l'heure_ et non _il arrive premièrement_;—_je venais de dîner quand vous êtes entré_, et non, _je dînais premièrement quand vous êtes entré_;—_il vient de partir_ et non _il part premièrement_;—_Caïn a rougi le premier_ ou _est le premier qui ait rougi la terre du sang humain_, et non _Caïn a premièrement rougi la terre_. (Fland.)

2. Ne dites pas: _dînons premièrement, nous verrons ensuite_; dites, _dînons d'abord..._

=Prendre=, v. a.—_Prendre sa main, prendre son pied_, sont des expressions ridicules et qui n'ont pas de sens;—au lieu de dire, _je prends ma main et je lui donne un soufflet_; dites simplement, _je lui donne un soufflet_.

2. Ne dites pas, _ne prenez pas mauvais que je vous contredise_; dites, _ne trouvez pas mauvais..._ (Fland.)

3. Ne dites pas, _prenez attention à ce que vous faites_; dites, _faites attention..._—Voyez _attention_. (Fland.)

4. Ne dites pas, _prendre confiance en quelque chose_; dites, _mettre sa confiance en quelque chose_.

5. Ne dites pas, _l'idée lui a pris de sortir_; dites, _l'idée lui est venue de sortir_.

6. Ne dites pas, _prendre bon_, pour _trouver bon_ ou _prendre en bonne part_. (Fland.)

7. Ne dites pas au cond.: _nous prenderions, vous prenderiez_; dites, _nous prendrions, vous prendriez_.

=Preneur, Bailleur=, en style de notaire, font au féminin _preneuse_ et _bailleresse_; dites _bailleresse de fonds_ et non _bailleuse de fonds_.

=Prenker= ou =Prinquère=, est un mot du flamand vulgaire; rendez-le par _hanneton_ (_h_ aspirée).

=Près de= et =Prêt à=—_Près de_, loc. prép., signifie _sur le point de_: _les beaux jours sont près de finir_.—_Prêt à_ est un adjectif qui veut dire _disposé à_, et qui s'accorde avec le mot qu'il modifie: _l'ignorant est toujours prêt à s'admirer_.—Ainsi _près de la mort_ et _prêt à la mort_, ne présentent pas le même sens:—le premier signifie _voisin_ de la mort et le second _préparé_ à mourir.

2. _Près de, auprès de, au prix de_: voyez _prix_.

=Presbyte=, adj. et s.: voyez _myope_.

=Prescience=, s. f., connaissance de l'avenir: prononcez _press'ciance_ et non _pré-ciance_.

=Préséance=, s. f., droit de prendre place avant quelqu'un dans une solennité:—prononcez l'_s_ dure, _précéance_.

=Président à la cour=, et =Président de la cour=.—Un _président à la cour_ est un président d'une chambre de la cour; le _premier_ président d'une cour d'appel ou de cassation a seul le droit au titre de _président de la cour_.

=Présider=, occuper la première place dans une assemblée, s'emploie avec ou sans la préposition _à_: _présider une compagnie, présider l'assemblée_, ou _présider à une compagnie, présider à l'assemblée_.—On dit de même _présider un concours_ et _présider à un concours_. (Acad.)

=Presque=, adv.:—L'_e_ ne s'élide que dans _presqu'île_: _un ouvrage presque achevé_ (et non _presqu'achevé_),—cependant l'_e_ devant une voyelle s'élide dans la prononciation.

=Pressez-vous vite=, _hâtez-vous vite, dépêchez-vous vite_, sont des pléonasmes vicieux; dites simplement, _pressez-vous, hâtez-vous, dépêchez-vous_.

=Présupposer=, _présupposition_: l'_s_ est dure dans ces mots.

=Prêt à=: voyez _près de_.

=Pretantaine=, s. f.—_Courir la pretantaine_, courir çà et là sans sujet:—ne dites pas _prétentaine_ ni _pertaintaine_.

=Prétendûment=, adv.—Ce mot est hors d'usage; il faut le remplacer par le participe _prétendu, due_ ou _soi-disant_: _on a vérifié la pièce prétendue fausse_ et non _prétendûment fausse_; _un tel, soi-disant docteur_.

=Prétendre.=—_Prétendre la première place_, c'est l'exiger comme un droit; et _prétendre à la première place_, c'est y aspirer, c'est travailler à l'obtenir.

=Prêter, Emprunter.=—Il ne faut pas confondre ces deux mots:—_prêter_, c'est _donner_ quelque chose à quelqu'un, lequel s'engage à vous le rendre: _j'ai prêté de l'argent à mon frère pour le mettre à même de payer ses dettes_;—_emprunter_, au contraire, c'est _recevoir_ quelque chose de quelqu'un en s'engageant à le lui rendre: _j'ai emprunté de l'argent à mon frère pour payer mes dettes_;—en un mot, celui qui prête, _donne_ et celui qui emprunte, _reçoit_.—Il en est de même des substantifs _prêt_ et _emprunt_.—Plusieurs wallons emploient abusivement _prêter_ pour _emprunter_.

=Prétexte=, s. m., raison apparente dont on se sert pour cacher le vrai motif: prononcez _préteks-te_ (en faisant sentir l'_x_ et le _t_ final) et non _prétekse_ ni _prétèke_.

=Prêtre=, s. m.;—le féminin correspondant _prêtresse_ n'est usité qu'en parlant du culte des faux dieux:—prononcez _prê-tre_ et non _prê-te_ ni _prê-tère_.

=Preuve=, s. f., ce qui établit la vérité: prononcez _preu-ve_ (_eu_ bref) et non _preu-fe_ ni _preû-ve_.

=Prévenir=, v. a., instruire, avertir quelqu'un d'une chose par avance;—on peut dire, _prévenir quelqu'un d'une chose_ ou bien _prévenir quelqu'une qu'une chose est, a été_ ou _sera_: _il m'a fait prévenir de son arrivée; je vous préviens que vous aurez demain une visite qui vous surprendra_. (Acad.) Voyez _informer_.

2. _Prévenir d'avance_, est un pléonasme vicieux: _il m'a fait prévenir de son arrivée_ et non _il m'a fait prévenir d'avance_.

=Prévisant=, mot wallon, qui regarde de trop près à quelque chose; qui est trop exact, trop ménager;—traduisez-le par _regardant_: _il ne faut pas être si regardant, trop regardant; vous êtes trop regardant_.

=Prévoir=, v. a., se conjugue comme voir, excepté au futur et au conditionnel, où il fait, _je prévoirai, tu prévoiras_, etc., _je prévoirais, tu prévoirais_, etc.

2. _Prévoir d'avance_, est un pléonasme vicieux, car _prévoir_ signifie par lui-même, _voir d'avance_.

=Prévôt=, _prévôtal, prévôtalement_: l'_o_ est bref dans ces trois mots.

=Prie-Dieu=, s. m., sorte de pupitre devant lequel on s'agenouille pour faire ses prières; au pluriel des _prie-Dieu_.—Ne dites pas _prié-Dieu_ et prononcez _prî-Dieu_ (_î_ long) et non _pri-ïe-Dieu_.

=Prier=, v. n.: prononcez _pri-er_ et non _pri-ier_.

2. Ne dites pas: _je vous prie le bon jour, le bon soir_; dites, _je vous souhaite le bon jour, le bon soir_.

3. On dit, _prier quelqu'un d'une chose_ ou _de faire quelque chose_. (Acad.)

=Prière=, s. f.—On dit _un livre de prières_ et non _un livre à prières_. (Acad.)—Voyez _livre_.

=Prieur=, s. m., dignité ecclésiastique; l'_i_ est long ainsi que dans _prieure, prieuré_.

=Primatie=, s. f., dignité du primat: prononcez _primacie_; —_primatial_, prononcez _primacial_.

=Primeur=, s. f., se dit au _singulier_ de la première saison des fruits et des légumes: _les fraises, les pois sont chers dans la primeur, dans leur primeur_.—Il se dit aussi en parlant du vin: _certains vins sont bons dans la primeur_, c'est-à-dire, sont bons à boire aussitôt après la vendange.—_Primeurs_, au pluriel, se dit des fruits et des légumes précoces: _on a servi des primeurs_.

=Priser=, v. n., prendre du tabac,—_priseur_, qui prend du tabac, sont des mots français.

=Prix=, s. m.—Ne dites pas: _ce marchand vend à des prix civils_; dites, _à des prix modiques_ ou _à juste prix_.

2. _Au prix de, auprès de, près de._—_Auprès de_ et _au prix de_ s'emploient pour marquer la différence qu'il y a entre deux objets comparés: _la terre n'est qu'un point auprès du reste de l'univers; qu'est-ce que cette vie au prix de l'éternité!_—_Au prix de_ doit être préféré, quand il s'agit de la valeur de deux objets: _qu'est-ce que la science au prix de la vertu? ce service n'est rien au prix de celui qu'il m'avait rendu_. (Acad.)—_Près de_ ne s'emploie plus pour _auprès de, au prix de_: le vers suivant a donc cessé d'être correct: _pour vous régler sur eux, que sont-ils près de vous?_ (Rac.)—Aujourd'hui on dirait: _que sont-ils auprès_ ou _au prix de vous_.

=Prochain, aine=, adj.—Ne dites pas: _j'irai vous voir lundi qui vient, la semaine qui vient_, etc.; dites, _lundi prochain, la semaine prochaine_. (Wall.)

2. =Prochain=, s. m., chaque homme en particulier et tous les hommes en général: _il faut aimer son prochain comme soi-même_.—Il ne s'emploie pas au pluriel.

=Proche=, voisin, est adjectif, adverbe et substantif: _les maisons proches de la rivière sont sujettes aux inondations_; _les maisons qui sont proche_ (près) _de la rivière_; _je demeure ici proche_ (près).

2. _Proche_, précédé du verbe _être_ est adjectif ou préposition: _ces maisons sont proches_ ou _proche de la ville_; mais précédé d'un autre verbe, il est toujours préposition: _les maisons que l'on construit proche de la ville_.

3. _Proches_, au pluriel, est substantif et signifie les parents: _c'est un de mes proches_;—voyez _parent_.

4. _Proche, contigu_.—Deux objets sont _contigus_, lorsqu'ils se touchent immédiatement, lorsqu'il y a entre eux un contact véritable: _ces deux maisons sont contiguës_, c'est-à-dire qu'elles se touchent et ne sont séparées par quoi que ce soit.—Au contraire, ces deux maisons peuvent être proches l'une de l'autre, quoique étant séparées par une ou plusieurs maisons, jardin, place, etc.

=Procurer=, v. a.—Ne dites pas, _il s'est procuré d'une chambre, d'un domestique_; dites, _il s'est procuré une chambre, un domestique_. (Fland.)

=Professeur=, s. m., n'a pas de correspondant féminin; on dit _maîtresse_: _maîtresse de musique, de dessin, d'anglais_.

=Profession=: voyez _métier_.

=Proficiat=, n'est guère usité que dans cette locution: _souhaiter à quelqu'un un bon proficiat_, c'est-à-dire, lui souhaiter une bonne réussite;—il s'emploie quelquefois seul et signifie alors, _je vous fais compliment, je vous félicite_:—_votre devoir est très-bien fait, proficiat!_—Prononcez _proficiate_ et non _proféciate_.

=Profil=, s. m., trait d'un objet vu de côté: prononcez _profile_ (_l_ non mouillée).

=Profit=, s. m., petit instrument de métal qui sert à brûler les chandelles jusqu'au bout; ce mot n'est pas français; il faut dire _binet_ ou _brûle-tout_.

=Profiter=, est un verbe neutre; ne dites donc pas, _je n'ai rien profité_, mais, _je n'ai profité de rien_. (Fland.)

2. Ne dites pas, _j'ai profité cent francs dans cette soirée_; dites, _j'ai gagné cent francs..._ (Fland.)

3. Ne dites pas, _je profite beaucoup de lui_; dites, _avec lui_ ou _dans sa fréquentation_. (Fland.)

=Profondis= (=de=):—voyez _de profundis_.

=Prolongation, Prolongement.=—_Prolongation_ signifie _le temps_ qu'on ajoute à la durée fixe de quelque chose: _prolongation de congé, de terme_.—_Prolongement_ veut dire l'extension, la continuation de quelque portion _d'étendue, d'espace_: _prolongement d'un mur, d'un chemin_. Voyez _proroger_.

=Promener=, v. n.—Ne dites pas: _je vais promener, coucher, baigner_, etc.; dites, _je vais me promener, me coucher, me baigner_.

2. Cependant on peut dire, en sous-entendant _se_, _je l'ai envoyé promener_. (Acad.)—Prononcez _promener_ (_e_ muet) et non _promèner_.

=Promenoir, Promenade.=—La _promenade_ est l'action de se promener;—le _promenoir_ est le lieu où l'on se promène.—Prononcez _promenade, promenoir_ (_e_ muet) et non _promènade, promènoir_.

=Promettre=, v. a.—Ne dites pas, _je vous promets que j'y suis allé_; dites, _je vous assure_ ou _je vous certifie que..._—Voyez _compter_.

=Prompt=, _prompte, promptement, promptitude_:—on ne prononce pas le second _p_ dans ces mots: _pront, pronte, prontement, prontitude_. (Acad.)

=Prône=, s. masculin, instruction pendant la messe paroissiale: faites l'_ô_ long ainsi que dans _prôner_.

=Prononciation.=—Pour arriver à se former une bonne prononciation, il importe, entre autres choses, aux wallons comme aux flamands, de donner à chaque lettre son véritable son ou sa juste valeur. Nous nous contenterons ici de dire un mot des lettres _douces_ et des lettres _fortes_: on pourra s'en faire une idée exacte par le tableau suivant.

=Douces.= =Fortes.=

b—bombe p—pompe c—ronce q, ke—rauque d—ronde t—conte g—bague q—barque g—fromage ch—vache j—il a jeté (j'té) ch—acheter (ache'ter) v—grive f—griffe z—douze c—pouce s—blouse s (dure)—mousse

L'important, avons-nous dit, est de conserver à chaque lettre sa valeur naturelle, et de ne pas faire des douces des fortes et réciproquement: que deviendra le mot _grive_, par exemple, si vous prononcez _griffe_? il deviendra tout à fait méconnaissable. Or, les wallons et les flamands, en ceci, pèchent précisément par les défauts contraires: les wallons tendent à faire fortes toutes les douces, tandis que les flamands sont exposés à adoucir toutes les fortes: ainsi _une grive_ chez un wallon deviendra _une griffe_; et chez un flamand _une griffe_ deviendra _une grive_.—Dans la liaison des mots c'est une faute commune aux flamands d'adoucir les fortes: _mon père est allé_ (est d'allé) _à Verviers; donc il n'ira pas chez vous_ (donc gu'il n'ira pas) etc.

2. _Prononciation d'un jugement_:—Cette expression est vicieuse;—il faut dire _prononcé_: _le prononcé du jugement aura lieu samedi prochain_.

=Pronostic=, s. m., conjecture, jugement sur ce qui doit arriver: _ce médecin fait ordinairement des pronostics fort justes_:—On écrivait anciennement _prognostic_.—Prononcez _prognostique_.

=Proportionné=, _proportionnément, proportionnel, proportionnellement_. —Ces deux derniers sont des termes de mathématiques et ne se disent qu'en parlant des quantités, des grandeurs, des nombres: _quantités proportionnelles; échelle proportionnelle; réduire proportionnellement un grand dessin à un petit;—la récompense fut proportionnée au service_; _il n'a pas été récompensé proportionnément_ (et non _proportionnellement_) _à son mérite_.—_Ti_ se prononce comme _ci_ dans ces mots et dans _proportionné, proportion, proportionalité_.

=Propre=, adj.—Il a un sens différent selon qu'il est placé devant ou après le substantif: _mon propre habit_ indique l'habit qui m'appartient; il n'est pas question ici de propreté mais de _propriété_.—_Mon habit propre_, indique l'état de _propreté_ de celui-ci.—_Les propres termes d'une lettre_ sont les mêmes mots, sans y rien changer, rapportés fidèlement;—_des termes propres_ sont des termes qui expriment nettement la pensée, et conformément aux règles de la langue.

2. Lorsque _propre_ signifie, _bien net, bien lavé, bien nettoyé_, etc., il se met après son substantif: _apportez-moi une assiette propre; voici un verre propre, vous avez des mains propres_.—Lorsqu'il signifie, _qui appartient en propre, dont on est possesseur_, il se place ordinairement devant le substantif: _vous avez mes propres gants; il a été blessé par son propre cheval_.

3. Ne dites pas, _vous êtes si propre avec cette robe_; dites, _vous êtes si bien avec cette robe_. (Wall.)

4. Ne dites pas, _c'est du propre que vous avez fait là_; dites, _c'est une belle affaire, une jolie équipée, un beau tour, une belle besogne_, selon le sens.

5. Ne dites pas, _c'est du propre_ pour _cela est mal_, ni _je suis propre_ pour signifier, que vous avez reçu un malencontre.—Prononcez _pro-pre_ et non _pro-pe_ ni _pro-père_.

=Prorata= (=au=), à proportion, à raison de: _au prorata de sa fortune_;—ne dites pas _à prorata_.

=Proroger, Prolonger= (_prorogation, prolongation_).—_Proroger_, v. a., c'est prolonger le temps qui avait été pris, qui avait été donné pour quelque chose: _on a prorogé le délai qu'on lui avait accordé_; dans cette acception, il a à peu près le même sens que _prolonger_.—_Proroger_, en terme de législation politique, signifie suspendre les séances des Chambres par un acte de l'autorité royale, et en remettre la continuation à un certain jour: _le roi a prorogé les Chambres jusqu'au premier mars_.

2. _Prolonger_, v. a., veut dire, faire durer plus longtemps, rendre de plus longue durée: _prolonger la guerre, prolonger sa vie_.—Voyez _prolongation, prolongement_.

=Prose=, s. f., discours non assujetti à la mesure, tout ce qui n'est pas vers: prononcez _prô-ze_ (_ô_ long) et non _pro-ze_ ni _prô-ce_.

=Prospectus=, s. m., programme qui annonce d'avance le sujet, le prix, le format d'un livre ou le but, les conditions d'un établissement nouveau: prononcez _pros'pektuce_.

=Proue=, s. f., partie de l'avant du vaisseau, par opposition à la _poupe_: prononcez _proû_ (_oû_ long) et non _prou-we_.

=Prouesse=, s. f., action de valeur: prononcez _prou-esse_ et non _prou-wesse_.

=Prune, Pruneau.=—_Prune_ se dit du fruit frais du prunier;—_pruneau_ se dit de la prune séchée au four: _une compote aux pruneaux_.

=Prusse=, _prussien, Russie, russe_:—l'_u_ est bref dans ces mots; c'est donc une faute de prononcer _Prû-ce, prû-cien, Rû-cie, rû-ce_.

=Psaume=, (et non _pseaume_), _psautier, psalmiste_: prononcez le _p_ et non _saume, sautier, salmiste_.

=Pseudonyme=, s. m., qui a un faux nom: ouvrage _pseudonyme_; _le pseudonyme de cet ouvrage est M. Pierre_.—Prononcez le _p_.

=Psychologie=, s. f., traité philosophique de l'âme; _psychologique, psychologiste_:—prononcez le _p_ et le _ch_ a le son de _k_.

=Puer=, s'emploie ordinairement sans régime: _cette viande pue_;—mais il s'emploie quelquefois avec un régime: _cette chambre pue le musc_, et non _après le musc_, comme on dit en flamand.—Prononcez _pu-er, il pû, nous pu-ons_, etc., et non _pu-wer, il pu-we, nous pu-wons_.

=Puîné=, _puînée_, adj., qui est né depuis un de ses frères ou une de ses sœurs: _c'est mon frère puîné_;—on l'emploie aussi substantivement comme synonyme de _cadet_: _c'est mon puîné_.—Cependant, dans la conversation, l'on se sert plus ordinairement du nom de _cadet_. (Acad.)

=Puis=, adv., signifie ensuite.—Ne dites donc pas: _il va dîner, puis ensuite il se rendra chez vous_; c'est comme si vous disiez _ensuite ensuite il se rendra chez vous_.—Prononcez _puis_ (_ui_ diphth.) et non _pou-is_; prononcez de même _puits, puisard, puissant, puissance, puîné, puisque_, etc.

=Puissant=, adj.—Ce mot ne signifie ni _gros_ ni _gras_; ainsi ne dites pas _un homme puissant, une femme puissante_ pour désigner _un homme gros_ ou _gras, corpulent_, etc.

=Punch= (et non _épunch_), s. m., sorte de liqueur: prononcez _ponche_ et non _punche_.

=Purésie=: voyez _pleurésie_.

=Purgatoire=, s. m.: ne dites pas _purcatoire_.

=Purge=, s. f., est peu usité; employez de préférence _purgatif, purgation, médecine_: _prendre un purgatif, une purgation, une médecine_.

=Pusillanime=, adj., lâche; _pusillanimité_, s. f., manque de courage:—on prononce les deux _ll_ sans les mouiller et l'_s_ a le son de _z_.

Q

=Q.=—On prononce _ku_ suivant l'appellation ancienne et usuelle, et _ke_, suivant l'appellation moderne.—_Q_ ne s'écrit jamais sans être suivi d'un _u_, si ce n'est dans quelques mots où il est final, _coq, cinq_. Les deux lettres _qu_ se prononcent comme s'il n'y avait qu'un simple _k_, excepté dans les mots que nous indiquerons ci-après.

=Qua=, se prononce comme _coua_ dans les mots suivants: _quadragénaire, quadragésimal, quadragésime, quadrangulaire, quadratrice, quadrifide, quadriflore, quadrilobé, quadrivalve, quadrige, quadrilatère, quadrinome, quadrumane, quadrupède, quadruple, quadrupler_, _quaker_ ou _quacre_, _quanquam_ (_m_ finale), _quartidi, quartile, in-quarto, quaternaire, quatuor, quartz, quartzeux_.

2. _Qua_, se prononce comme _ka_ dans les mots suivants: _quadran_ (ou _cadran_), _quadrat, quadratin, quadrature_, _quadre_ (ou _cadre_), _quadrille, quai, qualité_, _quanquan_ (ou _cancan_), _quand, quant, quantité, quart, quarteron, quasi, quaterne, quatrain, quatre, quatre-vingt, quatrième, quarante_.

=Quadran=, s. m., horloge solaire: prononcez _cadran_; on écrit plus souvent _cadran_.

=Quadrature=, s. f., en terme de géométrie et d'astronomie, prononcez _coua_;—en terme d'horlogerie, prononcez _ka_. (Acad.)

=Quadre=, s. m., bordure de bois, etc., autour d'un tableau: prononcez, _cadre_ et non _cate_ ni _cadère_.—On écrit plus communément _cadre_.

=Quadrille=, s., jeu, danse à quatre; ce mot est ordinairement _masculin_, dit l'Académie, _danser un quadrille_: prononcez _kadrille_, en mouillant les _ll_.—Il est _féminin_, lorsqu'il signifie une troupe de chevaliers du même parti dans un carrousel: _la première quadrille était magnifiquement vêtue_.

=Quaker= ou =Quacre=, s. m., secte religieuse en Angleterre et aux États-Unis;—on prononce _coa-cre_;—le féminin est _quakeresse_.

=Quand, Quant.=—_Quand_, adv., signifie lorsque, dans le temps que, dans quel temps: _quand Dieu créa le monde en six jours; j'irai vous trouver, mais je ne puis vous dire quand_.—Il est aussi conjonction, et alors il signifie, encore que, quoique, alors même que: _quand je le voudrais, je ne le pourrais pas_; en ce sens, il veut le verbe suivant au conditionnel.—Devant une voyelle le _d_ de _quand_ se prononce comme _t_: _quand il voudra_.—Prononcez _can_ et non _kan-te_ devant une consonne: _quand même_.

2. _Quant_, adv., est toujours suivi de la préposition _à_, et signifie _à l'égard de, pour ce qui est de_: _quant à lui, il fera ce qu'il voudra; quant à ce qui est de moi_;—_quant à_, suivi de _moi_ ou de _soi_, se prend aussi substantivement: _tenir son quant-à-moi, son quant-à-soi; se tenir sur son quant-à-moi, sur son quant-à-soi_, prendre un air réservé et fier, ne répondre qu'avec circonspection.—On dit également _se mettre sur son quant-à-moi, sur son quant-à-soi_, faire le suffisant, le hautain.

3. Ne dites pas, _quant au reste_ pour _au reste_. (Wall.)

4. Ne dites pas, _j'y serai quand vous_; dites, _en même temps que vous, aussitôt que vous_.

5. Ne dites pas, _quand je suis guéri, j'irai vous voir_; dites, _quand je serai guéri..._ (Fland.)

6. _Quant_, ne doit pas s'employer pour _quantième_: _quel quantième_ (et non _le quant_ ni _le combien_, ni _le quantième_) _du mois avons-nous_? _il a reçu des nouvelles toutes fraîches, mais je ne sais pas de quel quantième elles sont_; _de quel quantième_ (et non _du quant_ ni _du combien_, ni _du quantième_) _vous a-t-il écrit_? _montre à quantièmes_.—Voyez _combien_.

=Quanquam=, s. m. (on prononce _couan'couame_), harangue latine que prononçait un écolier à l'ouverture de certaines thèses de philosophie ou de théologie.

=Quanquan=, s. m., terme corrompu du latin _quanquam_:—on prononce et l'on écrit ordinairement _cancan_; il se dit populairement, surtout au pluriel, des bavardages dans lesquels il entre de la médisance: _ces bruits ne sont que des cancans_;—il signifie aussi faire beaucoup de bruit d'une chose qui n'en vaut pas la peine: _faire des cancans, de grands cancans_.

=Quantes=, adj. f. pl., n'est usité que dans ces locutions familières: _toutes et quantes fois que_ ou _toutes fois et quantes que_:—_je vous prêterai des livres toutes et quantes fois que vous voudrez; je vous accompagnerai chez lui toutes fois et quantes qu'il vous plaira_:—il a vieilli. (Acad.)

=Quantième=: ne dites pas _quantrième_;—voyez _quant_ et _combien_.

=Quarré=, _quarrément, se quarrer, quarrure_:—on écrit ordinairement _carré, carrément, se carrer, carrure_.

=Quart.=—Ne dites pas: _il est le quart avant quatre heures, il est le quart pour quatre heures_; dites, il est _trois heures trois quarts_ ou _il est quatre heures moins un quart_. (Acad.)

2. Ne dites pas non plus: _il est le quart après deux heures_; dites, _il est deux heures et un quart_ ou _il est deux heures un quart_ (mais non _deux heures et quart_). (Acad.)

=Quarteron=, s. m., quatre onces, quart d'un cent, prononcez mais n'écrivez pas _cartron_.

=Quartier=, s. m.—Rien de plus commun que de voir affiché: _quartier à louer_; il faut dire _appartement à louer_; _chambre_ ou _chambres à louer_, car une maison ne se divise pas en _quartiers_, mais en _appartements_.

2. On dit très-bien _les quartiers d'une ville_.

3. _Quartier_ se dit aussi de ce qui se paie de trois mois en trois mois pour les loyers, pensions, rentes, gages, etc.: _il doit deux quartiers de son loyer_; _le prix de la pension se paie par quartiers_ (trimestres).

4. Ne dites pas: _les soldats sont rentrés au quartier_; dites, _... à la caserne_.

=Quarto= (=in=), un ouvrage _in-quarto_, prononcez _ain-couarto_.—Voyez _in-douze_.

=Quasiment.=—Ce mot n'est plus en usage; dites, _presque, quasi_:—_il est presque minuit; il n'arrive quasi jamais à temps_.

=Quasimodo=, s. f., le dimanche après Pâques; on prononce _kasimodo_ et _couasimodo_.

=Quatre=, adj. num.—_Entre quatre yeux_, en tête à tête: _je lui dirai cela entre quatre yeux_. Selon l'Académie, on prononce, _ordinairement_, par euphonie, _entre quatre-z-yeux_;—quoi qu'il en soit, la prononciation _entre quatre yeux_ nous paraît préférable.—Voyez _œil_.

2. _Se mettre en quatre_, c'est s'employer de tout son pouvoir pour rendre service: _c'est un homme qui se met en quatre pour ses amis_. (Acad.)

3. _Comme quatre_, veut dire beaucoup, excessivement: _il crie, il fait du bruit comme quatre; il mange, il boit comme quatre; un œuf gros comme quatre; il a de l'esprit comme quatre_. (Acad.)—Prononcez _qua-tre_ et non _quate_ ni _qua-tere_.

=Quatre-vingts.=—On écrit _quatre-vingts hommes_, et _quatre-vingt-un, quatre-vingt-deux_, etc., _hommes_;—Voyez _cent_.

=Quatrième=, adj. num.: on prononce _katrième_ (_î_ long) et non _katri-aim-me_.

=Que=, se prononce comme _ke_ dans _que, quenouille, querelle, quereller, quel, quelque, quelqu'un, quérir, question, queue_.—Il se prononce comme _cue_ (et non _coue_) dans _quérimonie, questeur, questure_.

2. Ne dites pas: _j'ai plus que trente ans_; dites, _j'ai plus de trente ans_.

3. Ne dites pas, _vous avez mis l'habit que vous êtes si bien avec_; dites, _avec lequel vous êtes si bien_.

4. Ne dites pas: _c'est la fenêtre qu'il y a des carreaux cassés_; dites, _où il y a..., dans laquelle il y a..._

5. Ne dites pas: _de la manière qu'il agit, de la manière qu'il parle; donnez-lui ce qu'il a besoin_;—_que_, pronom relatif est toujours régime direct, et ne peut par conséquent s'employer qu'avec des verbes actifs; dites donc: _de la manière dont il agit, de la manière dont il parle; donnez-lui ce dont il a besoin_.

6. Ne dites pas: _je vais vous dire qu'est-ce que c'est_; dites, _ce que c'est_.

7. Ne dites pas, _qu'est-ce qui vous a parlé_; dites, _qui est-ce qui vous a parlé?_

8. Ne dites pas, _qu'est-ce qui vous appelle_, mais _qui est-ce qui vous appelle_.

9. Ne dites pas: _que veut-on dire, la chose est ainsi_; dites, _qu'y faire la chose est ainsi_. (Fland.)

10. Ne dites pas: _que vous n'ayez pas été trompé, est étrange_: dites, _que..., cela est étrange_.

11. Ne dites pas: _la plume que vous écrivez, que vous écrivez si bien avec_; dites, _la plume avec laquelle vous écrivez..._: on n'écrit pas une plume, mais, avec une plume. (Wall.)

12. Ne dites pas: _quel beau temps qu'il fait; quel beau discours qu'il a prononcé_; dites, _quel beau temps il fait, quel beau discours il a prononcé_. (Wall.)

13. Ne dites pas: _il fait tant de sottises; il arrange si mal ses affaires que ce n'est pas pour dire_; dites, _qu'on ne saurait l'exprimer, qu'on ne peut s'en faire une idée_, ou bien prenez une autre tournure, mais, _ce n'est pas pour dire_, n'est pas supportable.

=Quelque, Quelqu'un, Quelquefois=:—prononcez toujours l'_l_ et non _quéque, quéqu'un, quéquefois_; prononcez également _quèlque, quèlqu'un, quèlquefois_ et non _quélque, quélqu'un, quélquefois_.

2. Ne dites pas: _Oh! Monsieur, c'était quelque chose_; dites, _c'était beau, rare, magnifique_. (Fland.)

=Quelqu'un= (=un=).—Ce pléonasme, admis autrefois, ne l'est plus du tout aujourd'hui; il faut dire simplement _quelqu'un_:—_quelqu'un_ (et non _un quelqu'un_) _me l'a dit_.

2. _Quelqu'un, une_, substantif., signifiant _un, une entre plusieurs_: _nous attendons des hommes, il en viendra quelqu'un_ (un); _plusieurs femmes m'ont promis de venir, nous en aurons quelqu'une_ (une).—_Quelqu'un_ pris absolument s'emploie pour deux genres, et signifie une personne: _quelqu'un m'a dit; j'attends ici quelqu'un_.—C'est pourquoi _quelqu'une m'a dit, j'attends ici quelqu'une_, ne sont point des locutions françaises.—Au pluriel, on dit absolument; _quelques-uns assurent le contraire_; mais on ne dirait pas, en employant _quelques-uns_ comme régime du verbe: _je connais quelques-uns_; il faut dire avec le pronom _en_, _j'en connais quelques-uns_; et dans le cas, _quelques-uns_ n'est point pris absolument, il se rapporte avec un substantif énoncé auparavant et dont le pronom _en_ rappelle l'idée.

=Quelque chose=, est masculin lorsqu'il signifie une chose: _j'ai appris quelque chose de bon_; il est féminin lorsqu'il signifie, quelle soit la chose ou quelle que fût la chose: _quelque chose qu'il m'ait dite, je n'ai pas confiance en lui_.—Voyez _chose_.

=Quelquefois=, ne peut pas s'employer pour _peut-être_ ou _par hasard_: _Jean n'est pas encore de retour. Il est peut-être_ (et non _quelquefois_) _malade_; _si par hasard le maître vous voyait, vous seriez puni_, et non, _si quelquefois le maître_.

=Quenouille=, s. f., canne pour filer: prononcez _kenouille_ (_e_ muet et _ll_ mouillées) et non _quènouille_ ni _quenoule_.

=Querelle, Quereller=:—prononcez _kerèle, kerèler, krèle, krèler_, et non _kèrelle, kèrèller_ ni _kérelle_, et encore moins _karèle, karler_.

=Questeur, Questure=:—prononcez _cuesteur, cuesture_ et non _kesteur, kesture_ ni _couesteur, couesture_.

=Question=, s. f., demande, proposition, torture:—prononcez _kess'thion_ et non _kécion_; prononcez de même _questionner_.

=Qu'est-ce qui=, se dit des choses et _qui est-ce qui_, des personnes: ne dites donc pas, _qu'est-ce qui m'a appelé_, mais _qui est-ce qui m'a appelé_.

=Queue=, s. f.: prononcez _keû_ (_eû_ long) et non _keu-we_.

2. On dit la _queue_ d'une poêle, d'une casserole; le _manche_ d'un balai, d'une pelle; les _manches_ ou _mancherons_ d'une charrue; des _tiges_, des _fanes_, et non des _queues_ de pommes de terre, de navets, de carottes, de panais, de betteraves, etc.

=Qui=, se prononce comme _ki_ dans _qui, quiconque, quidam_ (_kidan_), _quillage, quille, quiller, quilliette, quillier, quinquina_ (_kinkina_), _quitte, quitter, quiproquo_.

2. Il se prononce comme _cui_ (et non _coui_) dans _quia (à), quibus, quiescent, quiet, quiétisme, quiétiste, quiétude, quindécagone, quindécemvir_ (_cuindécem'vir_), _quinquagénaire_ (_cuincouagénère_), _quinquagésime_ (_cuinquouagésime_), _quinque_ (_cuincué_), _quinquennal_ (_cuincuenn'nal_), _quinquennium_ (_cuincuèn'niome_), _quinquenove_ (_cuinkenove_), _quinquerce_ (_cuincuerce_), _quinquerème_ (_cuincuérème_), _quintetto_ (_cuintèt'to_), _quintetti_ (_cuintèt'ti_), _quintidi, quintil, quintuple, quintupler, quitus_ (_cuituce_).

3. Ne dites pas: _c'est moi qui a, c'est moi qui est_; _c'est vous qui ont, c'est vous qui sont_; _c'est nous qui ont, c'est nous qui sont_:—_qui_ doit toujours s'accorder en genre, en nombre et en personne avec son antécédent; dites donc, _c'est moi qui ai, qui suis_; _c'est vous qui avez, qui êtes_; _c'est nous qui avons, qui sommes_, etc.

4. Ne dites pas: _c'est à vous à qui je parle; est-ce à moi à qui vous en voulez_; dites, _c'est à vous que je parle; est-ce à moi que vous en voulez?_

5. Ne dites pas: _parlez à tout qui vous voudrez_; dites, _parlez à qui vous voudrez, à tous ceux que vous voudrez_. (Wall.)

6. _A qui, de qui_.—_Qui_, précédé d'une préposition, ne peut se dire que des personnes; on le remplace par _lequel, laquelle_, quand il s'agit des choses: dites donc, _l'étude à laquelle_ (et non _à qui_) _je consacre mon temps_; _le cheval sur lequel_ (et non _sur qui_) _je suis monté_.

=Quia= (=à=), terme usité seulement dans ces phrases proverbiales: _être à quia, mettre à quia_, c'est-à-dire, être réduit ou réduire quelqu'un à ne pouvoir répondre; prononcez _cuia_ (_a_ bref) et non _couia_ ni _kiia_.

=Quibus=, s. m., terme populaire qui n'est guère usité que dans cette phrase: _avoir du quibus_, avoir de l'argent, être riche: prononcez _cuibuce_ et non _couibuce_ ni _kibuce_.

=Quiconque=, pron. indif., est masculin dans le sens général: _quiconque est capable de mentir, est indigne d'être compté au nombre des hommes_.—Employé pour désigner une femme, il est féminin: _mesdames, quiconque de vous sera assez hardie pour médire de moi, je l'en ferai repentir_. (Acad.)

=Quidam=, s. m., désigne les personnes dont on ignore ou dont on n'exprime pas le nom; _je fus accosté par un certain quidam, un quidam de mauvaise mine_; le féminin _quidane_ n'est usité qu'en terme de palais.—Prononcez _kidan_.

=Quiet=, _quiétisme, quiétiste_: prononcez _cuiet, cuiétisme, cuiétiste_, et non _coui_ ni _ki_.

=Quille=, s. f.—Dites _jouer aux quilles_ et non _aux guilles_.

=Quincaille, Quincaillerie, Quincaillier=:—on écrit aussi, mais moins souvent, _clincaille, clincaillerie, clincaillier_.

2. Le mot _quincaillerie_ ne s'emploie qu'au singulier: _marchand de quincaillerie_.—Prononcez _kincaille_, etc.

=Quine=, s. m., ne se dit pas pour désigner le jeu du _loto_: dites donc _jouer au loto_ et non _à la quine_.—_Quine_ se dit au loto de cinq numéros gagnant ensemble sur la même ligne horizontale ou de même couleur; _j'ai un quine_ (il est masculin).

=Quinine=, s. féminin (_de la quinine_), _quinquina_, s. m. (on dit aussi _quina_):—prononcez _kinine, kinkina, kina_.

=Quinquagénaire=, adj. et subst., qui est âgé de cinquante ans: prononcez _cuincouagénère_.

=Quinquagésime=, s. f., le _dimanche de la Quinquagésime_;—prononcez _cuincouagézime_ et non _kinkagézime_.

=Quinquennal, ale=, adj., qui dure cinq ans; le pluriel est _quinquennaux_:—prononcez _cuincuèn'nal_ et non _kinkèn'nal_.

=Quint=, adj., ne s'emploie guère que dans ces dénonciations, et pour signifier _cinquième_ de nom:—_Charles-Quint_, empereur; _Sixte-Quint_, pape.

=Quintousse.=—Ce mot n'est pas français; il faut le rendre par _coqueluche_: _cet enfant souffre beaucoup de la coqueluche_.

=Quintuple=, adj., cinq fois autant; _quintupler_:—prononcez _cuintuple, cuintupler_, et non _kintuple, kintupler_ ni _couintuple, couintupe, cointupèle_, etc.

=Quinze=, adj. num.—On dit _d'aujourd'hui, de demain, d'hier en quinze_ et non, _aujourd'hui, demain, hier en quinze_. (Acad.)

2. Ne dites pas: _cela est arrivé aujourd'hui, demain, hier en quinze_; dites _cela est arrivé il y a aujourd'hui, il y aura demain, il y a eu hier quinze jours_. (Fland.)—Voyez _huit_.—Prononcez _kin-ze_ et non _kince_.

=Quiproquo=, s. m., méprise, malentendu: _il a fait un quiproquo_. —L'Académie écrit au pluriel _des quiproquo_; nous ne voyons pas ce qui empêche décrire _des quiproquos_: le mot n'a plus la forme ni la prononciation latine, il est donc tout-à-fait français: voyez _malentendu_.—Prononcez _kiprokô_ (_ô_ long.)

=Quitte=, adj.; le pluriel est _quittes_: _nous sommes quittes_. —_Quitte_ signifie qui est délivré, débarrassé de quelque chose; il suit de là qu'on est _quitte_ de quelque chose de mauvais, de gênant, de fâcheux, comme d'une fièvre, d'un procès, etc.; mais on ne peut pas dire que l'on est quitte de quelque chose auquel on était attaché ou que l'on regardait comme un bien; ne dites donc pas, _il est quitte de sa bourse, de son chapeau, de sa place, de ses parents_, etc.; dites, _il a perdu, on lui a volé sa bourse, son chapeau_, etc.

2. Ne dites pas, _je suis quitte avec vous_, mais, _... envers vous_.

=Quitter=, v. a., dans le sens de _tenir quitte_, a pour régime direct le nom de la personne et pour régime indirect le nom de la chose: _donnez-moi la moitié de ce que vous me devez et je vous quitte du reste_ (et non _le reste_); _je vous quitte de tout ce que vous me devez_ (et non _tout ce que_); _je vous quitte des intérêts et du principal; je vous en quitte_. (Acad.)

2. Ne dites pas: _je connais un moyen de quitter les taches de graisse_; dites, _... d'enlever, d'ôter, d'effacer les taches de graisse_. (Fland.)

3. Ne dites pas: _c'est là que nous avions quitté, reprenons notre conversation_; dites, _c'est là que nous en étions restés..._ (Fland.)

4. Ne dites pas: _quittez la table, ôtez la table_, pour _desservir_.

5. On dit très-bien, _quitter son habit, sa robe, ses souliers_, etc., dans le sens d'ôter quelque chose de dessus soi, de s'en dépouiller, de s'en débarrasser. (Acad.)

=Quoi=, pron.—Ne dites pas: _je ne sais quoi faire, quoi dire, quoi répondre, quoi penser_, etc.; dites, _je ne sais que faire, que dire, que répondre, que penser_.

2. Ne dites pas _de quoi_ pour _quoi_: on vous fait une question que vous ne comprenez pas, et pour vous la faire répéter vous dites, _quoi?_ (et non _de quoi_), c'est-à-dire, que dites-vous, qu'avez-vous dit?

3. _Il a de quoi, ils ont de quoi_, locution triviale; dites, _il est riche, il a de l'argent, il est dans l'aisance_, etc.—Voyez _fortuné, moyen, moyenné_.

4. Ne dites pas, _à quoi monte le budget_; dites, _à combien..._

=Quoique=, conj.—_Quoique_, en un mot, veut dire _encore que_: _quoique vous ayez raison, je ne puis pourtant pas vous approuver entièrement_;—_quoi que_, en deux mots, veut dire _quelque chose que_; _quoi que vous fassiez, vous ne réussirez pas_.

2. Ne dites pas, _quoique ça_, mais _malgré ça_ et mieux _malgré cela_:—_malgré cela, je lui pardonne_.—Voyez _malgré_.

3. Ne dites pas, _quoiqu'il fait beau, je reste à la maison_, dites, _quoiqu'il fasse beau_... _Quoique_ gouverne toujours le subjonctif.

=Quote=, adj.:—il n'est usité que dans cette expression _quote-part_, qui ne s'emploie pas au pluriel: _il doit payer tant pour sa quote-part_.—Prononcez _kote-part_.

R

=Rr.=—Les deux _r_ se font entendre dans les mots qui commencent, 1º par _err_, comme _errer, erreur, erroné_ et autres dérivés; 2º par _irr_, comme _irraisonnable, irrasatiable, irrécusable, irrégulier, irréligion, irritabilité_, etc.; 3º par _horr_, comme _horreur, horrible, horripilation_ et aussi _abhorrer_.

2. Les deux _r_ se prononcent également, 1º dans les futurs et les conditionnels des verbes _mourir, acquérir, requérir, courir_, et les dérivés; 2º dans _aberration, concurrence, concurrent, corroder, corrosion, erratique, erre, errhin, errement, interrègne, inénarrable, myrrhis, narration, narrateur, narratif, narré, narrer, occurrence, terreur, terrible, torrent_ et le verbe _errer_ à l'infinitif et au participe.—Les deux _r_ se prononcent dans les noms propres _Burrhus, Pyrrha, Pyrrhon, Pirrhus, Verrès_, etc., et dans les mots dérivés _pyrrhique, pyrrhonien_, etc. (HENNEBERT.)

=Rabattu.=—Ne dites pas, _c'est du rabattu_ pour _c'est du rebattu, c'est du rebâché_.

=Raccroc=, s. m., coup imprévu du jeu: _il s'est sauvé par raccroc_: prononcez _racrô_ (_ô_ long).

=Raccuser.=—Ce mot n'est pas français pour signifier _redire par méchanceté, ce qu'on a vu ou entendu_; il faut dire _rapporter, rapporteur, dénoncer, dénonciateur_:—_c'est lui qui nous a rapportés; les enfants sont rapporteurs_.

=Rachever=, n'est pas français: dites _achever_.

=Raclée=, s. f., volée de coups: _recevoir une bonne raclée_; ce terme est populaire.

=Racoudre=, n'est pas français: dites _recoudre_:—_votre manche est décousue, faites-la recoudre_; s'il s'agit de raccommodage, dites _raccommoder_.

=Racquitter.=—Ce verbe est français: _il avait beaucoup perdu, mais j'ai pris son jeu et je l'ai racquitté; il avait perdu tout son argent, mais il s'est racquitté; essayez de vous racquitter; vous vous racquitterez une autre fois_.

=Radis=, s. m., légume:—l'_s_ ne se prononce pas.

=Rafistoler=, n'est pas français; dites _réparer, raccommoder, rarranger, retoucher_.

=Rafle=, s. f., terme de jeu, enlever tout sans rien laisser;—au jeu des dés, _rafle_ se dit quand les dés amènent chacun le même point: _j'ai fait rafle de quatre_.—Prononcez _ra-fle_ et non _rafe_ ni _rafèle_.

=Rafraîchir.=—Dans le sens de faire un repas, de boire un coup, etc.; il ne s'emploie que pronominalement: _nous sommes allés nous rafraîchir à tel hôtel_ (et non _rafraîchir_).

=Rahausse=, ce qui sert à hausser; dites _hausse_: _mettre une hausse à des souliers, à des bottes; mettre des hausses aux pieds d'une table, d'une armoire_.

=Raide=, _raidir, raideur, raidillon_:—on écrit aussi _roide, roidir, roideur, roidillon_.—En conversation, dit l'Académie, et quelquefois dans le discours soutenu, on prononce _rède, rèdir, rèdeur, rèdillon_. Il résulte de cette observation que l'on peut aussi prononcer _roide_ (_roade_), _roidir_ (_roadir_), _roideur, roidillon_, mais seulement dans le discours soutenu.

=Raie=, s. f.; voyez _ligne_.

=Raiguiser=, n'est pas français; il faut dire _aiguiser_ ou _aiguiser de nouveau_, selon le sens: _allez aiguiser votre couteau; faites-le aiguiser de nouveau_:—voyez _aiguiser_.

=Rail=, s. m. pl., _rails_, barre, barreau: _raille_.

=Raillerie= (_entendre_).—Voyez _entendre_.

=Rail-way=, s. m., chemin de fer: prononcez _rail-wai_.

=Raison=, s. f.—Ce mot ne s'emploie pas dans le sens de _querelle, différend, démêlé_;—ne dites donc pas: _j'ai eu des raisons avec lui_; dites, _j'ai eu une querelle, un différend avec lui_.—Mais on dit fort bien, _conter ses raisons à quelqu'un_, c'est-à-dire, l'instruire de ses affaires, de ses intérêts, lui explique les motifs de la conduite qu'on a tenue.

=Raisonnable=, adj.—Quelques personnes emploient à tort le mot _raisonnable_ pour _moyen_, et le crieur d'une petite ville du Hainaut terminait de la manière suivante l'annonce d'une vente de porcs: _il y en a des grands, des petits et des raisonnables_. (OMNIBUS MONTOIS.)

=Raja= ou =Rajah=, s. m., prince indou: prononcez _raja_.

=Rallargir=, mot wallon: dites _rélargir_: _il est obligé de faire rélargir tous ses habits_.

=Rallonge, Rallonger.=—Ces mots sont français: _mettre une rallonge à une robe, à une table; rallonger une jupe, une table_.—On dit aussi dans le même sens _allonge, allonger_.

=Ramonasse=, mot d'origine flamande qu'il faut rendre en français par les mots _rave, raifort_ ou _radis_, selon le sens.

=Ramponeau=, s. m., terme de cuisine; ce mot n'est pas français; dites _filtre à café_.

=Rance=, dans le sens de _crêpe_, est un mot wallon: _il a mis un crêpe à son chapeau_.

=Rancuneux, euse=, adj. qui garde rancune: ce mot n'est pas français: dites _rancunier, ière_.

=Ranger= (=se=), _de_, signifie se mettre de:—_se ranger à_, veut dire adopter: _se ranger du parti, du côté de quelqu'un_; _se ranger à l'avis_ (et non _de l'avis_) _de quelqu'un_.

=Râpe=, s. f., =Râper=, v. a.: l'_â_ est long comme dans _pâté_.

=Rapêcher=, retirer de l'eau: ce mot est wallon; dites _repêcher_: _il était tombé au fond de la rivière, on l'a repêché à demi-mort_.

=Raphaël=, n. pr.—Prononcez _Raphaèle_ et non _Rapha-yèle_.

=Rapiécer, Rapiéceter, Rapétasser.=—_Rapiécer_, c'est raccommoder en mettant une pièce ou des pièces;—_rapiéceter_, c'est remettre sans cesse de nouvelles pièces;—_rapétasser_, c'est raccommoder grossièrement de vieilles hardes.

=Rappeler= (=se=): on dit, _se rappeler quelque chose_ et non _de quelque chose_:—_je me le rappelle_ et non _je m'en rappelle_.—Il est toutefois d'usage de dire: _je me rappelle d'avoir vu, d'avoir fait, d'avoir écrit_. (Acad.), c'est-à-dire, je me rappelle _le fait_ d'avoir vu, d'avoir fait, etc.

2. _Rappeler_ (_en_), ne dites pas: _j'ai été condamné, mais je vais en rappeler_; dites, _je vais en appeler, je vais en appel, je vais interjeter appel_.

=Rapport=, s. m.—Ne dites pas: _il m'en veut à rapport de vous_, ou bien, _à rapport que je suis riche_; dites, _il m'en veut à cause de vous_, ou bien _parce que je suis riche_. (Wall.)

2. Ne dites pas, _il dit cela par rapport à vous_; dites, _il dit cela à cause de vous_, ou _à votre adresse_, selon le sens.

3. Ne dites pas: _je ne suis pas venu à l'école, à rapport que j'ai été malade_; dites, _parce que j'ai été malade_.

4. Ne dites pas: _sur le rapport de la conduite, je n'ai que de bons renseignements à donner de mon domestique_; dites, _sous le rapport..._

=Rapt=, s. m., enlèvement par violence; on prononce le _p_ et le _t_, (_rapte_).

=Rare=, adj.—Dites, _il est rare que je le fasse, que nous le fassions_ et non, _que je le fais, que nous le faisons_.

=Ras, ase=, adj., qui a le poil coupé jusqu'à la peau ou qui a le poil fort court, etc.—On dit _au ras de l'eau, à ras l'eau_, c'est-à-dire, presque au niveau de l'eau: _cette embarcation est à ras l'eau_:—on dit aussi _à rase terre_, c'est-à-dire, à fleur de terre, de niveau avec le sol environnant: _dans la cour est un puits dont la margelle est à rase terre_.

2. Ne dites pas, _mesurer à rase_; dites, _mesurer à rase mesure_.—Prononcez _raze_ au masculin comme au féminin.

=Rasibus=, prép., tout près: _la balle lui passa rasibus du front_.—Prononcez _rasibuce_.

=Rassercir= ou =Rassercer=.—Ce mot n'est pas français; dites _rentraire_, s'il s'agit de l'action de coudre ensemble deux morceaux d'étoffe sans que la couture paraisse;—dites _ravauder_, pour signifier, raccommoder de méchantes hardes à l'aiguille, sans pièces: _ravauder des bas, une veste; aiguille à ravauder_.

=Ratatouille=, s. f., ragoût grossier, composé ordinairement de viande et de légumes: _quelle ratatouille nous servez-vous donc là? ce traiteur ne donne que de la ratatouille_. (BESCHERELLE.)

=Râteau=, _Râteler, Râtelier_, etc.—Prononcez l'_â_ comme dans _pâté_: _un râteau à dents de fer; râteler des foins, des avoines, manger à plus d'un râtelier_.

=Rattaquer.=—Ne dites pas: _il a rattaqué à Bruxelles_; dites, _il a appelé..., il a interjeté appel à Bruxelles_.

=Rattendre=, n'est pas français; dites donc, _attendez-moi, attendez un peu_ et non _rattendez-moi; rattendez un peu_.

2. Ne dites pas, _on a rattendu un homme dans le bois_; dites, _on a attaqué..._

=Rature, Effaçure=, s. f.—_Les ratures_ consistent en quelques traits de plume qu'on passe sur ce qu'on écrit;—les _effaçures_ se font à l'aide d'un grattoir; _un écrit plein de ratures, chargé de ratures; l'effaçure n'empêche pas qu'on ne lise encore quelque chose de ce qui était écrit_.—De même le verbe _raturer_ a une toute autre signification que les verbes _gratter, effacer, ôter_: _il est difficile d'avoir un style pur sans raturer_ (biffer, bâtonner) _beaucoup_.

=Rauque, Enroué.=—_Rauque_ ne se dit que de la voix et jamais des personnes;—_enroué_ se dit également de la voix et des personnes, mais il n'exprime qu'un effet passager, inaccoutumé: _une voix rauque_; _cet homme a une voix forte, mais le son en est rauque_; _un homme enroué_ (et non _rauque_); _avoir la voix enrouée, parler enroué_.

2. Prononcez _roque_ (_o_ bref).

=Ravauderie=, s. f., ne signifie pas _vieillerie, gueuserie, bagatelle_: _on ne vend là que de la vieillerie; il ne se meuble que de vieilleries_.—_Ravauderie_ veut dire, bavardage, discours, plein de niaiseries, de bagatelles: _il ne dit que des ravauderies; quelle ravauderie venez-vous nous conter_.

=Ravoir.=—Ce verbe ne s'emploie qu'à l'infinitif; dans les autres temps, il faut se servir de l'un des mots: _payer, se rétablir, avoir de nouveau, reposséder, regagner, retenir, récupérer, recouvrer, rattraper_:—_vous le payerez_ (et non _je vous raurai_); _cette personne commence à se rétablir_ (et non _à se ravoir_); _si je puis retenir mes papiers, je ne les lui donnerai plus;—je voudrais bien retenir l'argent que je lui ai prêté;—il voudrait bien retenir ce qu'il a dit;—je n'ai jamais pu récupérer mes déboursés dans cette affaire;—il a recouvré sa bourse;—il cherche à recouvrer son bien;—allez toujours devant, je vous aurai bientôt rattrapé;—il a si bien fait qu'il a rattrapé la montre qu'on lui avait volée; on ne m'y rattrapera plus;—bien fin qui m'y rattrapera_.

=Rawette=, s. f., mot wallon qui se rend selon le sens par: _et le reste, surcroît, cadeau_ ou une autre expression équivalente:—_son emploi lui vaut par an mille francs et le reste_ (la locution _haïe au bout_ a vieilli); _après ma journée j'ai dû faire une course d'une lieue par surcroît; je vais vous acheter cette pièce d'étoffe, mais vous me donnerez ce foulard en cadeau, vous me ferez cadeau de ce foulard, vous me donnerez quelque chose en sus du marché_.—Voyez _dringuelle_.

=Rayé.=—En parlant d'étoffes, on dit un dessin _rayé_ et non un dessin _à lignes_.

=Re.=—Particule qui entre dans la composition d'un grand nombre de mots, et qui sert à indiquer un sens _contraire_, comme dans _repousser, rejeter, renvoyer_, etc.;—ou bien un sens _itératif_ (de nouveau) comme dans _redire, refaire_;—ou un sens _augmentatif_ comme dans _relâcher_, rendre plus lâche.

=Rébarbatif, ive=, adj., rude, repoussant: _cet homme a toujours une humeur rébarbative_.—_Rébarbaratif_ n'est pas français.

=Rebelle=, adj. et s. =Rebeller= (=se=): prononcez _re_ et non _ré_ ni _rè_.—Prononcez et écrivez, au contraire, _rébellion_ et non _rebellion_.

=Rebiffade=, s. f., mauvais accueil, refus avec mépris et paroles.—_Rebuffade_ n'est pas français.

=Rebiffer=, v. a. et n., regimber, ne pas vouloir, refuser;—_se rebiffer_, est très-usité parmi le peuple, mais il ne figure pas dans les dictionnaires. (BESCHERELLE).

=Rebours=, s. m., sens contraire.—_A rebours, au rebours_, loc. adv. et prép., en sens contraire: il _prend tout à rebours, au rebours de ce qu'on lui dit_.—On ne prononce pas l'_s_.—_A la rebours_ n'est pas français.

=Rébus=, s. m., sorte de jeu d'esprit, allusion, équivoque: prononcez _rébuce_.

=Rébutoire= (=vice=).—Ce mot n'est pas français; dites _vice, cas rédhibitoire_: _la pousse, la morve et la courbature sont des cas rédhibitoires pour la vente d'un cheval_.—Prononcez _rédibitoire_.

=Récépissé=, s. m., (au plur. _récépissés_), écrit par lequel on reconnaît avoir reçu des papiers, des pièces, etc.: ne dites pas _récipissé_.

=Recette=, s. f., se dit de la composition de certains remèdes ou médicaments ou bien d'un écrit enseignant la manière de faire cette composition; mais quand il s'agit de la prescription d'un médecin destinée au pharmacien, on se sert du mot ordonnance: _portez cette ordonnance au pharmacien_.

=Rechanger= (=se=), signifie, _changer de linge_: _vous êtes mouillé, rechangez-vous_.—Mais il n'est pas français dans le sens de se remplacer, se relever, faire quelque chose à tour de rôle, alternativement: _cette besogne est très-fatiguante, mais nous pourrons la faire à tour de rôle_.

=Rèche=, adj., ce mot est français: rude au toucher:—_cette étoffe est rèche, il a la peau rèche_;—aigre, rude au goût: _pomme rèche, poire rèche_.

2. _Rétif_, difficile à vivre: _je lui trouve l'esprit un peu rèche_.

=Réchigner=, est un verbe _neutre_ qui signifie, témoigner par l'air de son visage la mauvaise humeur où l'on est, le chagrin, la répugnance qu'on éprouve: _qu'avez-vous à réchigner? il réchigne toujours; il fait les choses de mauvaise grâce et en réchignant; c'est un homme qui réchigne à tout_.—Mais il ne faut pas employer ce verbe _activement_ ni _pronominalement_: _il s'est fait réchigner, il s'est réchigné_; dites, _il s'est fait rabrouer, rembarrer; il réchigne_.

=Réciproquer=, v. a., rendre la pareille, est familier et ne se dit que par plaisanterie. (BESCHERELLE).

=Récit=, _réciter, récitation_, etc.; écrivez et prononcez _ré_ et non _re_.

=Réclame=, s. f., annonce pour recommander un ouvrage, tel ou tel genre d'industrie, de spéculation, etc.—N'employez pas ce mot dans le sens de réclamation: _j'ai adressé une réclamation_ (et non _une réclame_) _au bourgmestre_.

=Récolte=, s. f.—Prononcez _récolte_ et non _recolte, récolle, r'colte_;—prononcez de même les mots commençant par _ré_, comme _réduire, réforme, réformer, réformation, répéter_, etc.

=Récompenser=, n'est pas synonyme de _dédommager_; dites donc, _si la nature l'a fait laid, elle l'a dédommagé_ (et non _récompensé_) _en lui donnant de l'esprit_.

=Reconnaissant, te=, adj.—On dit _reconnaissant envers_ quelqu'un, _envers_ son bienfaiteur; mais on ne dit pas reconnaissant _à_ quelqu'un; c'est donc une faute de dire: _je vous suis très-reconnaissant de ce service_: dites, _je vous suis fort obligé, bien obligé de ce service_.

=Recouper=, signifie, couper de nouveau: _cet habit avait été mal coupé, il a fallu le recouper; au jeu de cartes, lorsqu'on n'a pas coupé net, il faut recouper_.—Mais n'employez pas ce mot dans le sens de _rogner_: _il faut rogner ce bâton, il est trop long; rogner un manteau, les bords d'un chapeau; se rogner les ongles_.

=Recouvrer, Recouvrir.=—Il ne faut pas confondre ces deux mots: _recouvrer_ signifie _rentrer en possession_ et _recouvrir_ veut dire _couvrir une seconde fois_: dites donc, _j'ai recouvré la santé, les biens que j'avais perdus_, et _on a recouvert mon toit_.

=Recréer, Récréer.=—Ne confondez pas ces deux mots: _recréer_ signifie _créer de nouveau_, donner une nouvelle existence, remettre sur pied;—_récréer_ veut dire _divertir, réjouir_.—Prononcez _recré-er_, et non _recré-i-er_.

=Recrue=, nouvelle levée de gens de guerre;—soldat nouvellement arrivé au service;—gens qui arrivent inopinément; ce mot est féminin: _nos recrues se sont comportées dans cette affaire comme de vieux soldats_.

=Recto=, s. m., la première page d'un feuillet, se trouvant à droite, lorsqu'on ouvre le livre; il se dit par opposition au _verso_ qui est la seconde page;—_vous trouverez ce passage folio 24, recto_.

=Recul=, s. m., mouvement d'une chose qui recule: on prononce l'_l_.

=Recureur, euse=, s.—Ce mot n'est pas français; il faut dire _écureur, euse_.—Cependant le verbe _récurer_ existe, mais _écurer_ est préférable et plus usité.

=Reddition=, s. f.—On dit _la distribution des prix_ et non _la reddition des prix_;—on dit bien cependant _reddition de compte_, mais _rendage de compte_ n'est pas français.

2. Ne dites pas: _j'ai payé, j'ai reçu mes rendages_; dites, _... mes fermages, mes rentes_.

=Rédempteur=, _rédemption, rédemptoriste_:—dans ces mots on fait sentir le _p_.

=Rédhibition=, s. f., action pour faire cesser une vente; prononcez _rédibition_.—Voyez _rebutoire_.

=Rédicule=, s. m., petit sac dans lequel les femmes portent leur mouchoir, leur bourse, etc.; écrivez et prononcez _ridicule_.

=Réel=, _réellement, réalité, réaliste_, etc.—Prononcez _ré-el, ré-ellement_, etc., et non _ré-i-el, ré-i-ellement_.

=Reformer, Réformer.=—_Reformer_, c'est former de nouveau: _reformer un régiment qu'on venait de licencier_;—_réformer_, c'est opérer une réforme: _réformer la société, une loi_.

=Refroidir=, s'emploie neutralement pour, _devenir froid_: _laissez refroidir le bouillon_.—Ne dites pas _réfroidir_ ni _rafroidir_.

=Refuser=, v. a.—Lorsqu'il est suivi d'un autre verbe à l'infinitif, il régit la préposition _de_: _il refusa de manger, de se coucher_.—On peut dire aussi: _il refusa à manger, à coucher_, mais dans le sens de _il refusa de donner à manger, à coucher_, et alors _manger_ et _coucher_ sont pris substantivement.—_Se refuser_, suivi d'un infinitif, demande la préposition _à_: _il se refusa à le suivre_.

=Refuge, Réfugier.=—Écrivez et prononcez _re_ dans _refuge_ et _ré_ dans _réfugier_.

=Regarder=, v. a.—Ne dites pas: _regarder hors de la fenêtre_, mais, _par la fenêtre_.

2. Ne dites pas, _regardez voir_, mais simplement, _regardez_.

3. Ne dites pas: _après quoi regardez-vous? je regarde après mon canif_; dites, _que cherchez-vous? je cherche mon canif_.

4. _Regarder large_, dans le sens de, _être étonné, être stupéfié, stupéfait_, est un grossier wallonnisme.

=Regimber=, ruer, en parlant des animaux; au fig., refuser d'obéir:—ce verbe est neutre et ne s'emploie pas pronominalement: _un inférieur qui regimbe_ (et non _qui se regimbe_) _contre son supérieur_.

=Registre=, s. m.—Quelques-uns prononcent et écrivent _regître_, dit l'Académie, qui dans tous les exemples qu'elle donne, écrit _registre_;—d'où il suit que cette dernière orthographe est préférable: prononcez _r'gis'-tre_ et non _regisse, registère_ (ni _régître_).

=Règlement=, s. m., règle, statuts: écrivez et prononcez _règlement_ et non _réglement_.

=Régler=, v. a.—_Régler un cahier_, c'est tracer des lignes avec une règle;—ne dites pas _ligner_.

=Réglisse.=—Ce mot est féminin: _la réglisse est adoucissante_.

2. On appelle _racine de réglisse_ ou simplement _réglisse_, la racine de cette plante, et _jus de réglisse_, le suc de la même plante préparé: _mettre de la racine de réglisse ou de la réglisse dans une tisane; du jus de réglisse anisé; un bâton de jus de réglisse_—Prononcez _réglisse_ et non _régli_.

=Régnicole=, adj. et s. m., habitant naturel d'un pays, ou étranger naturalisé: prononcez le _g_ dur, _regh'nicole_.

=Regret=, s. m.—_Être aux regrets que_ ou _de_, n'est pas français;—il faut dire, _avoir regret, avoir du regret, regretter_: _j'ai regret que vous ne puissiez m'accompagner; j'ai du regret de vous voir malade; je regrette qu'il soit parti seul_.

2. _A regret_, est une locution adverbiale qui signifie avec répugnance: _cet enfant obéit à regret_.

=Reguérir= (=se=), n'est pas français; dites _guérir_ ou _se guérir_: _il est guéri, il se guérira bientôt_.

=Reguiser= ou =Raiguiser=, n'est pas français; dites simplement _aiguiser_ ou _aiguiser de nouveau_, selon le sens.

=Reine=, s. f., femme du roi: prononcez _rène_ et non _rain-ne_.

2. _Reine-Claude_, s. f., espèce de prune très-estimée: prononcez comme c'est écrit, _reine-Claude_ et non _reine glaude_.

3. L'Académie écrit _des reines-Claude_:—quelques grammairiens prétendent que ce mot doit rester invariable et ils écrivent _des reine-Claude_, en sous-entendant _des prunes_ de la reine Claude;—d'autres enfin, et nous nous rangeons à leur avis, soutiennent qu'il faut pluraliser les deux mots et écrire des _reines-claudes_;—il nous semble en effet que par suite d'un long et fréquent usage le mot Claude a perdu sa qualité de nom propre et est devenu bel et bien nom commun; voilà pourquoi nous voudrions également voir, écrire ce dernier mot avec un _c_ minuscule.

=Relâche=, interruption, discontinuation; ce mot est masculin: _sa maladie commence à lui donner du relâche_.

=Rélargir=, v. a. _Rendre plus large_ et _se rélargir_, sont français: _faire rélargir ses habits_.

=Relaver=, v. a.—Dites un _évier_ ou _pierre d'évier, pierre à laver_, et non _pierre à relaver_: voyez _lavier_.

=Reléguer=, _relation, rejaillir, rehausser_:—écrivez et prononcez _re_ et non _ré_.

=Rèler=, dans le sens de _se couvrir de givre_ ou de _bruiner_, n'est pas français;—_rèler_ signifie se fendre de haut en bas sous la forme d'une vis: _le suif se rèle_.

=Relevailles=, cérémonie qui se fait à l'église, lorsqu'une femme y va la première fois après ses couches pour se faire bénir par le prêtre; ce mot est féminin et n'a pas de singulier: _le jour de ses relevailles; c'est le curé qui a fait les relevailles de ma tante_.

=Relevée=, s. f., le temps de l'après-dînée: _à deux heures de relevée; l'audience de relevée; vacations de relevée_.

2. Ce mot est un terme de procédure (Académie) qu'il faut bannir du langage ordinaire en le remplaçant par les expressions _après-dînée_ ou _après-midi, soir_.

=Relieur=, s. m.—Dites simplement _un relieur_ et non _un relieur de livres_.

=Religion=, _religieux_, etc.: prononcez _religi-on, religi-eux_ et non _religeon, religeux_.

=Reliquat=, s. m., ce qui reste: _le reliquat d'un compte de tutelle_;—prononcez _relika_; prononcez de même _reliquataire_.

=Reluquer=, v. a., lorgner curieusement du coin de l'œil; au fig., avoir des vues sur une chose, la désirer;—_reluqueur, euse_, s., celui, celle qui reluque:—ces mots sont français, mais très-familiers.

=Remaigrir=, n'est pas français; dites _ramaigrir_, v. a. et n., rendre maigre de nouveau ou redevenir maigre.

=Remarquer=, v. a.—Ne dites pas: _je vous remarquerai que vous êtes dans l'erreur_; dites, _je vous ferai remarquer_, comme on dit _je vous ferai observer_: voyez ce dernier mot.

=Remerciement=, _remercîment_, s. m., discours par lequel on remercie:—la seconde orthographe est la plus usitée.

=Remercier=, v. a.—On remercie _de_ quelque chose et non _pour_ quelque chose: _je vous remercie de vos bontés_ et non _pour vos bontés_.

2. _Remercier_ s'emploie pour, _congédier, révoquer_: _remercier un employé_;—mais _se remercier_, dans le sens de donner sa démission d'un emploi, d'une charge, etc., n'est pas français.

3. Prononcez _remerci-er_ et non _remerci-ier_.

=Remolade=, _rémoulade_, s. f., espèce de sauce piquante;—le second vieillit.

=Remords=, s. m.—On ne prononce ni le _d_ ni l'_s_; cette dernière lettre se fait sentir, lorsqu'elle est suivie d'un mot commençant par une voyelle. Les poètes retranchent quelquefois l'_s_, mais cette licence n'est point permise en prose.—_Remords_ ne peut pas se dire pour exprimer le mauvais goût qui reste de quelque liqueur après qu'on l'a bue; il faut dire _arrière-goût, déboire_:—_ce vin laisse un arrière-goût; du vin qui a du déboire, quelque déboire_.—_Déboire_ s'emploie aussi au figuré: _les plaisirs ont leur déboire; il a éprouvé bien des déboires_.

=Rémouleur= ou _Émouleur_, s. m., celui dont le métier consiste à émoudre, à aiguiser les couteaux, les ciseaux, etc.; ce mot n'a pas de correspondant féminin;—écrivez et prononcez _rémouleur, émouleur_ et non _remouleur, emouleur_.—_Rémouler, émouler_ ne sont pas français; c'est _émoudre_ ou _rémoudre_ qu'il faut dire.

=Remuement= ou =remûment=, s. m., action de ce qui remue: prononcez _remû-ment, remuer_ et non _remu-wement, remu-wer_.—Voyez _ue_.

=Remplir=, v. a.—Ne dites pas _remplir un but_, mais _atteindre un but_: voyez ce mot.

=Rendre=, v. a.—Ne dites pas, _maison à rendre_, c'est-à-dire, _à prendre sur rente_; dites _maison à arrenter_.

2. Ne dites pas non plus: _on a bien rendu cette comédie_; dites, _on a bien joué, bien représenté cette comédie_.

3. Ne dites pas: _nous rende-rions, vous ren-de-riez_, mais, _nous ren-drions, vous ren-driez_.

=Renonce=, s. f., terme dont on se sert, à certains jeux de cartes pour exprimer qu'on n'a point d'une certaine couleur; _renon_, n'est pas français;—il faut dire _renonciation_ pour exprimer l'action de renoncer à quelque chose: _je viens d'envoyer ma renonciation à mon propriétaire_.

=Renoncer=, v. n. et a.—Ne dites pas d'un malade: _il est renoncé des médecins_; dites, _il est abandonné des médecins, les médecins ne répondent plus de lui_.

=Rentraire=, v. a., coudre, joindre bord à bord, etc.;—ne le confondez pas avec _rentrer_ qui signifie entrer de nouveau. Voyez _rassercir_.

=Renverser=, v. a.—Ne dites pas: _il a renversé son vin sur la table_; dites, _versé_, si c'est à dessein et _répandu_, si c'est par étourderie ou par maladresse;—_renverser_ se dit du contenant: _il a renversé le verre, la bouteille, l'encrier, la table_, etc.

=Renvoi=, s. m., en terme de médecine se dit, surtout au pluriel, des gorgées de substances gazeuses ou liquides, qui remontent de l'estomac ou de l'œsophage dans la bouche, sans être accompagnées des efforts qui caractérisent les vomissements. (Acad.)—_Aigreur_, s. f., se dit des rapports que causent quelquefois les aliments mal digérés; et, dans ce sens, on l'emploie plus ordinairement au pluriel qu'au singulier: _cela donne des aigreurs, cause des aigreurs_. (Acad.)—Ainsi, quoi qu'en disent certains auteurs, _renvoi_ est tout aussi français _qu'aigreur_, avec cette différence toutefois que le premier semble plutôt être un terme technique.

=Repartie=, s. f., réplique, réponse prompte; prononcez _reparti_ et non _répartî_ ni _réparti-ïe_.

=Repartir, Ressortir.=—_Repartir_ (_re_), partir de nouveau ou répliquer, et _ressortir_, sortir de nouveau, se conjuguent comme _partir_ et _sortir_:—mais _répartir_ (_ré_), partager, distribuer, et _ressortir_, être du ressort ou de la compétence de quelque juridiction, se conjuguent comme _finir_:—_je repartis, je ressortis, nous répartissons, nous ressortissons_, etc.—On dit _ressortir à_ et non _de_: _cette affaire ressortit au juge de paix; les tribunaux de première instance ressortissent aux cours d'appel_.

=Repasser=, v. a.—On dit _repasser le linge_ et non _polir le linge_; l'instrument qui sert à repasser le linge se nomme _fer à repasser_ et non _polissoir_:—ce dernier mot s'emploie pour signifier un instrument propre à polir, à l'usage des relieurs, des doreurs, des cordonniers, etc.

=Repasseur=, s. m., ouvrier qui repasse, aiguise les lames, couteaux, etc.—Ce mot figure dans le dictionnaire de Bescherelle et dans celui de Poitevin;—on dit très-bien _repasser_ des couteaux, rasoirs, etc.; mais plusieurs grammairiens, à la suite de l'Académie, disent que _repasseur_ n'est pas français.

=Repasseuse=, s. f., ouvrière qui repasse le linge; ce mot n'a pas de correspondant masculin.

=Répété.=—Il ne faut pas dire _répété_ au lieu de _réputé_: _il est réputé fort riche, il est réputé pour un homme de bien_.

=Répliquer, Répondre.=—Ces verbes ne peuvent pas avoir un nom de personne pour régime direct, et ce serait une faute très-grave de dire: _ne_ LE _répondez pas_, _ne_ LE _répliquez pas_; _je ne_ LES _ai pas répondu_; _il ne répond_ PERSONNE; dites, _ne_ LUI _répondez pas_, _ne_ LUI _répliquez pas_; _je ne_ LEUR _ai pas répondu_; _il ne répond_ A _personne_.

=Répondre la messe.=—On ne dit pas _répondre à la messe_, mais _répondre la messe_, c'est-à-dire, prononcer à haute voix les paroles que doit dire celui qui sert la messe. (Acad.)

2. Prononcez _répondre, répliquer_ et non _repondre, repliquer_.

=Repos=, s. m.—Ne dites pas, _il n'est jamais de repos_; dites, _il n'est jamais en repos_.

=Reprendre=, v. a.—Ne dites pas, _on l'a repris du collége_; dites, _on l'a retiré du collége_.

=Représaille=, s. f., vengeance; ce mot s'emploie plutôt au pluriel qu'au singulier.—Prononcez _reprézailles_ (_ll_ mouillées) et non _repressaille_.

=Réprimable=, adj., qui doit ou peut être réprimé: _abus réprimable_.

=Réprimandable=, adj. qui peut ou doit être réprimandé.—Ce mot, quoique figurant dans certains dictionnaires, nous paraît hasardé; nous préférons, selon le sens, les mots _réprimable, blâmable, repréhensible_, etc.

=Répugner=, demande la préposition _à_ devant un infinitif: _il répugne à faire cela_. (Acad.)

=Requiem=, s. m., prière pour les morts: _messe de requiem_;—au pluriel _requiem_. Prononcez _recui-ème_ et écrivez _requiem_.

=Réquisition=, s. f.—Ne confondez pas ce mot avec _conscription_: —_une réquisition_ est une levée extraordinaire d'hommes destinés à l'armée;—_la conscription_ est la levée annuelle qui se fait en Belgique, en France, etc.—Voyez _conscription_.

=Réséda=, s. m.—Écrivez et prononcez _réséda_;—et non _résida_;—_résette_ n'est pas français.

=Résilier=, v. a.—Ne dites pas: _il a résilié sa place_; dites, _il a renoncé à sa place, il a donné sa démission_.

2. _Résilier_ signifie, casser, annuler, invalider et se dit d'un contrat, d'une vente, d'un bail, d'un marché, etc.: _les juges ont résilié ce contrat_.

=Résoudre=, v. a., a deux participes, _résolu_ et _résous_.—Celui-ci n'a pas de féminin et ne se dit que des choses qui se changent, qui se convertissent en d'autres: _brouillard résous en pluie_.—Mais on ne pourrait pas dire: _j'ai résous de partir; je me suis résous à plaider_; il faut dire, _j'ai résolu de partir, je me suis résolu à plaider_.

2. _Résoudre_, employé activement, prend la préposition _de_ devant un infinitif: _j'ai résolu de vendre ma maison_; cependant, s'il est précédé de son régime direct, il prend la préposition _à_: _je me suis résolu à vendre ma maison_.

=Respect=, s. m.—L'Académie cite les locutions suivantes: _sauf le respect, sauf respect, sauf votre respect, sauf le respect que je vous dois, avec le respect que je vous dois_.—Ce sont des termes d'adoucissement dont on se sert dans le style familier, quand on veut dire quelque chose qui pourrait choquer ceux devant qui l'on parle;—populairement on dit: _sauf le respect que je dois à la compagnie_ et _parlant par respect_; mais il serait incorrect de dire, _sous votre respect_ ou _sur votre respect_.

2. C'est mal connaître la valeur des mots que de terminer ainsi une lettre: _j'ai l'honneur d'être avec respect_; dites simplement, _je suis avec respect_.

3. Prononcez _respèk_; quelques-uns pourtant prononcent _respè_: voyez _ct_.

=Respectif, ive=, adj.—Ne dites pas avec les billets de part: _époux, père, frère respectif_, etc.; retranchez le mot _respectif_, car il va de soi que le défunt n'a pas été de son vivant époux, père, frère des mêmes personnes.

=Ressembler=, v. neutre, ne peut pas avoir de régime direct; ne dites donc pas: _la fille ressemble la mère_, mais _ressemble à la mère_.—Prononcez _reçambler, reçamblance_ et non _res'sembler, res'semblance_; prononcez de même: _ressort, ressortir, ressaisir, ressasser, ressentiment, ressentir, resserrer, ressource, ressouvenir, ressouvenance, ressuer_, etc.

=Ressortir=, v. n.: voyez _repartir_.

=Ressusciter=, v. a. et n., ramener ou revenir à la vie: prononcez _réçucité_.

=Restaurant=, s. m., se dit de l'établissement d'un restaurateur; _restauration_ n'est pas français dans ce sens;—le _restaurateur_ est le traiteur chez qui on peut prendre ses repas à toute heure; ainsi vous direz: _je dîne au restaurant_ et non _chez le restaurant_;—_chez le restaurateur_ et non _au restaurateur_.

=Reste= (=au=), =du reste=, loc. adv.—_Au reste_ s'emploie quand, après avoir exposé un fait ou traité une matière, on ajoute quelque chose qui a du rapport avec ce que l'on vient de dire: _c'est là ce qu'il y a de plus sage; au reste, c'est aussi ce qu'il y a de plus juste_.—On emploie _du reste_, quand ce qui suit ne complète pas le sens de ce qui précède ou lorsque ce qui suit n'a pas une relation essentielle avec ce que l'on a déjà dit: _il est capricieux; du reste, honnête homme_. (Acad.)—Prononcez _res'te_ et non _res'se_.—Voyez _finales_, 2.

=Rester=, v. n., suit la même règle pour l'emploi de l'auxiliaire que le verbe _demeurer_; c'est-à-dire, qu'il se conjugue avec avoir ou avec _être_ selon que le sens permet de répondre à l'une ou l'autre de ces deux questions: _qu'a-t-il fait?_ ou bien, _où est-il?_—_On l'attendait à Liége, mais il est resté à Mons; quand j'ai voulu prendre cet outil, le manche m'est resté dans la main; il a resté deux jours à Tongres_.—Voyez _demeurer_.

2. _Rester dîner, rester loger_, etc., _quelque part_, est un flandricisme; vous direz donc: _le roi a logé au palais_ ou bien _le roi a resté au palais et y a logé_, et non _le roi est resté loger au palais_;—_j'ai dîné chez un tel, un tel m'a retenu à dîner, je suis resté à dîner chez un tel_, et non _je suis resté dîner chez un tel_.

=Restituer=, v. a., rendre ce qu'on a pris: _restituer le bien d'autrui_.

2. Ne dites donc pas, _restituer un livre à sa place_; dites, _remettre un livre à sa place_.

3. Prononcez _restitu-er_ et non _restitu-wer_.—Voyez _ue_.

=Résulter=, v. n. s'ensuivre, ne s'emploie qu'à l'infinitif et à la 3e personne des autres temps: _il résulte de cette discussion; les maux qui résultèrent de la guerre_.

2. Il se conjugue avec _avoir_ ou avec _être_: _qu'a-t-il résulté de là_? ou _qu'en est-il résulté_?

=Résurrectionner=, n'est pas français: dites _ressusciter_.

=Rétamer=, enduire la surface intérieure d'une couche d'étain fondu; ce mot n'est pas français; dites _étamer_.

=Rétention=, s. f.: dites _une rétention_ d'urine, et non _une détention..._

=Retirer=, v. a.—Ne dites pas: _cette entreprise était difficile, mais il s'en est bien retiré_; dites, _il s'en est bien tiré_.

=Retour=, s. m.—_Avoir de retour, donner de retour_, dans le sens de rendre, remettre, faire remettre, renvoyer, n'est pas français;—dites donc, _prêtez-moi ce livre, je vous le renverrai ce soir_, etc., et non, _vous l'aurez de retour..._

2. Ne dites pas: _il y a longtemps qu'il garde mon livre; tâchez de l'avoir de retour_; dites, _tâchez de le ravoir_.

3. Ne dites pas: _il a quitté le pays et demeure de tour chez ses parents_; dites, _est retourné chez ses parents_.

4. Ne dites pas non plus: _je lui ai envoyé un chien, et il m'enverra de retour, un dindon_; dites, _il m'enverra un dindon en échange_.—_De retour_, dans le cas précédent, signifierait ce qu'on ajoute, ce qu'on joint à la chose qu'on troque contre une autre pour rendre le troc égal: _voulez-vous troquer votre dictionnaire contre le mien? je vous donnerai cinq francs de retour_.

=Retourner=, v. n.—Pour savoir si l'on doit dire _retourner_ ou _s'en retourner_, il suffit de voir si l'on dirait _aller_ ou _s'en aller_:—_il est temps que nous nous en retournions_ (et non _que nous retournions_); _il s'en retourna comme il était venu; elle s'en est retournée; retourne-t-en; retournez à l'ouvrage_.

2. On ne dit pas se retourner _sur_ quelqu'un, mais _vers_ quelqu'un.—Comme on ne dit pas, _avancez en avant_, on ne doit pas dire, _retournez en arrière_; il en est de même du verbe _reculer_.

=Retrancher.=—_Retrancher de_, c'est ôter quelque chose d'un tout: _retrancher un couplet d'une chanson_;—_retrancher à_, c'est priver quelqu'un de quelque chose: _retrancher le vin à un malade; on lui a retranché sa pension_.

=Rets=, s. m., filet pour prendre des poissons, des oiseaux; ce mot s'écrit au singulier comme au pluriel.—Prononcez _rè_.

=Réunir=, v. a., dans le sens de posséder en même temps, n'admet qu'un complément direct composé, et ne doit jamais être suivi de _à_ ni de _avec_: _Turenne réunissait la prudence et la hardiesse_.—_Unir_ veut un régime direct et un régime indirect précédé de _à_: _Turenne unissait la prudence à la hardiesse_. Voyez _unir_.

=Revanche=, s. f.—Écrivez et prononcez _revanche_ et non _revange_ ni _revenge_;—dites de même _revancheur, revancher, se revancher_ et non _revengeur, revenger, revanger, se revenger_ ni _se revanger_:—_courage, je vais te revancher; pourquoi ne te revanches-tu pas?_

=Revenir=, v. n., retourner à l'endroit d'où on était sorti: _je reviens au gîte; je reviens d'un long voyage_.—Mais on ne peut pas dire: _je reviens de la messe, je reviens de Bruxelles_; dites, _je viens de la messe, je viens de Bruxelles_.

2. Ne dites pas: _revenir sur l'eau, sur la terre_ pour, _revenir par eau, par terre_.

3. Ne dites pas non plus: _je ne puis revenir sur son nom_; dites, _je ne puis me rappeler son nom_.

=Rêver à, Rêver de, Rêver sur.=—_Rêver à_, c'est penser à quelque chose étant éveillé: _rêver à une affaire_;—_rêver de_, c'est penser à quelque chose étant endormi: _rêver de combats, de naufrages, de quelqu'un_;—_rêver quelqu'un_ n'est pas français;—on dit _j'ai rêvé de vous_ et non _je vous ai rêvé_; cependant on peut dire: _vous avez rêvé cela, rêver combats, rêver naufrages_.—_Réver sur_, c'est méditer profondément sur quelque chose: _rêver longtemps sur une affaire_.—On ne dit pas _rêver après les honneurs_, pour, désirer vivement, avec passion; on dit _rêver les honneurs, la fortune_.

=Réverbère=, s. m., lanterne; prononcez _réverbère_, et non _reverbère_.

=Revêtir=, se conjugue comme _vêtir_; il faut donc dire: _les formes dont la pensée se revêt_ et non, _se revêtit_.

=Reviser=, v. a., examiner de nouveau.—On écrit _reviser_, mais _révision, réviseur_ ont un accent aigu.

=Revoici, Revoilà=, prép.—Ces mots sont français: _le revoici, le revoilà_.

=Revoir=, v. a.—_A revoir_ est une locution dont on se sert pour dire qu'il faut faire un nouvel examen d'un compte, d'un écrit, etc.: _à côté de chaque article douteux de ce compte, j'ai mis: à revoir; revoir un manuscrit, revoir des épreuves_.—_Au revoir_ (adieu), est une expression de civilité dont on se sert en prenant congé de quelqu'un et alors le mot _revoir_ est pris substantivement: _au revoir, jusqu'au revoir_; _il ne lui a pas seulement dit au revoir_:—_à revoir_ dans ce cas n'est pas français.

=Rez=, prép. qui signifie, tout contre, joignant; il ne se dit plus que dans ces locutions, _rez pied, rez terre_, à fleur de terre, au niveau du sol: _couper des arbres rez terre_.—_Au rez_:—cette expression n'est pas française, et se traduit par _contre, jusque contre, jusque, joignant, rasibus_: _le coup lui passa rasibus du nez_.

=Rh.=—Ces deux lettres se prononcent comme s'il n'y avait qu'une _r_: le _h_ qui suit l'_r_ est purement étymologique.

=Rhum=, s. m., eau-de-vie de sucre; quelques-uns écrivent _rum_, dit l'Académie, qui cependant dans tous les exemples qu'elle donne, écrit _rhum_.—Prononcez _rome_.

=Rhumatique=, n'est français qu'en style de médecine et est synonyme de _rhumatismal_: _goute rhumatique_;—dites donc, _cette maison est insalubre, malsaine, humide_ et non _rhumatique_.

=Rhume=, s. m.—Dites, _j'ai un rhume_, ou _je suis enrhumé_ et non _j'ai le rhume_;—dites de même _j'ai un rhume_ et non _j'ai un froid_.

=Ric-à-ric=, signifie tout juste, rigoureusement: _je le ferai payer ric-à-ric; on lui a payé ric-à-ric tout ce qu'on lui devait; compter ric-à-ric_.

=Richard=, s. m., celui qui, dans une condition médiocre, a fait fortune; ce mot n'a pas de correspondant féminin.

=Ride=, pli qui se fait sur le front, sur le visage; ce mot est féminin: _il a soixante ans et il n'a pas encore une seule ride_.

=Ridicule=, adj., ne peut pas s'employer pour, _entêté, d'un avis différent, difficile à contenter_:—_allons, ne soyez pas entêté_ (et non _ridicule_) _et entendez raison_. (Fland.)—Prononcez et écrivez _ridicule_ et non _rédicule_.—Voyez _rédicule_.

=Rien=, s. m.—Ne dites pas: _cela n'est de rien, ne me fait de rien_; dites, _cela n'est rien, ne me fait rien_. (Fland.)

2. Ne dites pas: _je n'ai rien d'autre à lui dire_; dites, _je n'ai rien autre chose à lui dire_. (Wall.)

3. Ne dites pas, _il passe le jour à rien faire_, mais, _à ne rien faire_.

4. _Rien moins_, précédé du verbe _être_ et suivi d'un adjectif, a le sens de la négation: _il n'est rien moins que sage_ (il n'est pas sage).—Suivi d'un substantif ou accompagné d'un verbe, il peut avoir le sens positif ou négatif, selon la circonstance: _vous lui devez de la reconnaissance, car il n'est rien moins que votre bienfaiteur_ (il est votre bienfaiteur); _il n'aspire à rien moins qu'à prendre votre place_ (il aspire à prendre votre place ou bien il n'aspire pas le moins du monde à prendre votre place). (Acad.)

5. _Servir à rien, servir de rien_: voyez _servir_.

6. La prononciation du mot _rien_ est soumise à quelques règles qui sont également applicables au mot _bien_.—On doit faire sentir l'_n_ et faire la liaison dans ces mots, lorsqu'ils sont suivis immédiatement de l'adjectif ou de l'adverbe ou du verbe qu'ils modifient, si cet adjectif, cet adverbe ou ce verbe commencent par une voyelle ou une _h_ muette: _un homme bien honorable, bien aimable; rien à dire; rien à vous écrire_.—Mais si les mots _bien_ et _rien_ sont suivis de tout autre mot que de l'adjectif, de l'adverbe ou du verbe qu'ils modifient, la consonne _n_, quoique placée devant une voyelle, aura un son nasal et on ne fera pas la liaison, comme dans: _il parlait bien et à propos; il ne voyait rien et n'entendait rien_.

=Rifflard=, s. m., vieux parapluie qu'on ne peut pas porter comme une canne: ce mot est familier.

=Rincée=, s. f., volée de coups de bâton, correction manuelle: _recevoir une fameuse rincée_:—ce mot est populaire.

=Riole=, pour _rigole_, est un mot flamand (riool).

=Ripopée=, s. f., signifie, mélange que les cabaretiers font de différents restes de vin; il se dit également du mélange de différentes sauces: _ce vin n'est que de la ripopée; quelle ripopée faites-vous là?_—Mais il ne doit jamais s'employer comme synonyme de _ribambelle_: _il m'a dit une ribambelle d'injures; il amena une ribambelle d'enfants_.

=Rire=, v. n.—Ne dites pas: _nous avons ri avec cela, avec cet homme_; dites, _nous avons ri de cela, de cet homme_.

2. On ne dit pas, _rire à larmes_, mais, _rire aux larmes_.

3. Ne dites pas, _il en rit dessous son nez_; dites, _il en rit sous cape_.

4. Écrivez et prononcez: _je ris, tu ris, il rit_, et non _je rie, tu rie, il rie_. (Wall.)

=Risibel=, pour _érésipèle_, est un grossier flandricisme.

=Risquant, Risqueux.=—Ces mots ne figurent pas dans les dictionnaires et doivent se traduire par _risquable, dangereux, hasardeux_:—_une affaire, un projet risquable; cela est bien hasardeux, bien risquable; une entreprise hasardeuse_.—_Risquable_ signifie aussi, qu'on peut risquer avec quelque chance de succès: _cette entreprise n'est pas sûre, mais elle est risquable_.

=Robe=, s. f.—On dit, _une robe de dentelle, de velours, de taffetas, de satin_, etc., et non _une robe en dentelle, en velours_, etc.; dites de même _un chapeau garni de, une robe garnie de..._

=Rochet=, s. m.: voyez _surplis_.

=Roide=, _roideur, roidir_.—On prononce et on écrit généralement aujourd'hui _raide, raideur, raidir_.—Voyez _raide_.

=Ronde=, s. f., chanson qu'une personne chante seule, et dont le refrain est répété par tous en dansant en rond: _danser une ronde; ronde villageoise_. (Acad.)—On dit aussi _branle_ (s. f.) dans le même sens.—C'est le _cramignon liégeois_.

=Rosbif= ou =Roastbeef=, s. m., bœuf rôti; prononcez _ross'bif_.

=Rose=, affection aiguë, inflammatoire, caractérisée par rougeur; ce mot est _wallon_ et se rend en français par _érésipèle_, s. masculin: _érésipèle dartreux_.—Voyez ce mot.

=Rossignol=, s. m., oiseau; prononcez _ros'signol_ et non _rozignol_.

=Rôti, Rôtir=, etc.; prononcez _roti, rotir_ (_o_ bref): voyez _o_.

=Roué, ée=, adj., dans le sens de _finaud, retors_, n'est pas français.

=Rougeaud, eaude=, adj., qui a naturellement le visage rouge: _un gros rougeaud, une grosse rougeaude_;—ne dites pas _rougeot_ ni _rouget_.

=Rouille, ée=, adj.—Dites _un fusil rouillé, un pistolet rouillé_ et non, _enrouillé_;—mais on dit également bien: _l'humidité enrouille_ et _rouille le fer_; _le fer s'enrouille_ et _se rouille_.

=Roulette=, s. f., machine roulante où un enfant se tient debout sans pouvoir tomber, et qui l'aide à marcher.

=Royal, ale=, adj.—Prononcez _roi-ial_ et non _ro-ial_ ni _roi-al_;—prononcez de même _royaume, royauté, royalement_.

=Rude=, adj.—Ne dites pas, _ce maître est trop rude avec ses ouvriers_; dites, _à ses ouvriers ou envers ses ouvriers_.

=Rue=, s. f.—Ne dites pas: _votre fils est toujours sur la rue; je vous ai rencontré en rue_; dites, _votre fils est toujours dans la rue; je vous ai rencontré dans la rue_.

2. _Rue sans fin, rue sans bout_: ces mots ne sont pas français; dites _cul-de-sac_ et mieux _impasse_.

3. Prononcez _rù_ et non _ru-we_: voyez _ue_.

=Rumb=, s. m., nom que l'on donne à chacune des trente-deux parties de la boussole de l'horizon desquelles part un des trente-deux vents: prononcez le _b_, _rombe_.

=Ruse=, s. f., dans le sens de _querelle, dispute, réprimande_, n'est pas français.

2. Il n'est pas français non plus dans le sens de _peine, mal, embarras_: _il s'est donné beaucoup de mal_ (et non _de ruses_) _pour conclure cette affaire_; _vous vous donnez beaucoup d'embarras_ (et non _de ruses_).

=Russie, russe=: l'_u_ est bref; ne dites donc pas _Rûcie, Rûce_: voyez _Prusse_.

=Rustaud, Rustre=, adj.—On est _rustaud_, faute d'éducation, faute d'usage;—on est _rustre_ par humeur, par rudesse de caractère: les manières du _rustaud_ sont ses formes; elles déplaisent, mais elles n'offensent pas; les manières du _rustre_ sont ses mœurs, elles choquent et elles offensent.

=Rustique, Grossier, Impoli.=—C'est un plus grand défaut d'être _rustique_ que d'être simplement _impoli_; et c'en est encore un plus grand d'être _rustique_.—_L'impoli_ manque de belles manières, il ne plaît pas; le _grossier_ en a de désagréables, il déplaît; le _rustique_ en a de _choquantes_, il rebute.—L'impolitesse est le défaut des gens d'une médiocre éducation; la grossièreté l'est de ceux qui en ont une mauvaise; la rusticité, de ceux qui n'en ont point eu.—On souffre l'_impoli_ dans le commerce du monde; on évite le _grossier_; on se lie point du tout avec le _rustique_. (GIRARD)

S

=S.=—_S_, entre deux voyelles a le son de _z_: _rose, ruse, agonisant, je refuse, j'arrose, je pèse_, etc.—Après une consonne, elle a un son dur: _consister, persister, assister_; etc. (_concister, percister, ascister_.)

2. On sait que les mots terminés en _ase, ise, ose, use_, etc., doivent se prononcer comme si l'_s_ était remplacée par un _z_: _base_ (_baze_), _église_ (_églize_), _rose_ (_roze_), _arrosement_ (_arrozement_), _déguisement_ (_déguizement_), _museler_ (_muzeler_), _la Meuse_ (_Meuze_), _j'use_ (_j'uze_), _je méprise_ (_méprize_), etc., et non _bace, églice, roce, la Meuce, j'uce, je méprice_;—les wallons ne sauraient trop s'exercer sur ce point.

3. L'_s_ finale sonne dans les mots suivants: _as, ambesas, atlas, lampas_, les interjections _las_ et _hélas_, _stras, vasistas_;—_bis, cassis_ ou _câcis, gratis, jadis, maïs, fils, lis_, (mais dans _fleur-de-lis_, terme de blason, l'_s_ ne sonne pas)—_albatros, mérinos, rhinocéros_;—_blocus, calus_, _choléra-morbus_ ou _coléra-morbus_, _motus, omnibus, prospectus, rébus, ours, mœurs, mars_, (nom du 3e mois, d'une planète, et d'une divinité mythologique);—l'_s_ sonne également dans les mots tout latins: _ad patres, aloès, kermès, de profundis, lapis, agnus, angelus, argus, blocus, chorus, fœtus, hiatus, motus, orémus, papyrus_, etc.

4. L'_s_ finale sonne aussi dans les noms propres suivants: _Adonis, Atlas, Argos, Bacchus, Brutus_, etc.—Il y a des noms propres français où elle sonne également; ce sont: _Arras, Blacas, Calas, Carpentras, Coutras, Cujas, du Bartas, Duras, Pézenas, Privas, Stanislas, Tartas, Toyras, Varillas, Vaugelas, Agnès, Bruéys, Clovis, Genlis, la Lys_ (rivière), _Médicis, Senlis_ et tous ceux en _us_: _Caylus, Fréjus, Jansénius, Grotius, Nostradamus_, etc.

5. Cependant elle ne sonne pas dans _Villers_, nom propre de lieu:—en France on prononce _Vilère_ et en Belgique _Vilé_: _Villers-l'Evêque_.

=Sabbat=, s. m., dernier jour de la semaine juive;—_sabbatine_, s. f., autrefois thèse de controverse qui avait lieu ordinairement le samedi (sabbat);—_sabbatique_, adj.;—_année sabbatique_, septième année chez les juifs:—dans tous ces mots on ne fait sentir qu'un _b_.

=Sable=, s. m., terre légère, gravier; prononcez _sâble_ (_â_ long).

=Sableux, Sablonneux=, adj.—_Sableux_, n'est guère usité que dans cette locution, _farine sableuse_, farine dans laquelle se trouve mêlé du sable.—_Sablonneux_, lieu où il y a beaucoup de sable: _pays sablonneux_.

=Sablier=, s. m., petit vase contenant du sable propre à être répandu sur l'écriture pour la sécher:—ne dites pas _sablière_ (lieu d'où on extrait le sable).

=Sabord, Babord, Tribord= et =Vibord=, ss. mm.—_Sabord_, embrasure pour le service du canon dans un vaisseau;—_babord_, côté gauche d'un vaisseau en partant de la _poupe_ (la partie de l'arrière d'un vaisseau);—_tribord_, côté droit d'un navire, à partir de la poupe;—_vibord_, grosse planche qui porte le pont supérieur d'un vaisseau.

=Sabre=, arme tranchante; ce mot est masculin, _un beau sabre_;—l'_â_ est long ainsi que dans _sabrer_.

=Sachet=, s. m., petit sac: _porter du camphre dans un sachet_; —prononcez _sachet_ (_et_ bref) et non _sachai_ (_ai_ long).

=Sacrement=, s. m.—On dit _sacrement_ et non _sacrament_, quoique l'on dise bien _sacramental, ale, sacramentel, elle, sacramentalement, sacramentellement_.

=Sacristain=, s. m., et non _sacristiain_;—le féminin correspondant est _sacristine_ et non _sacristaine_, qui désigne dans un couvent de religieuses celle qui a soin de la sacristie.

=Sage=, _sagement_: prononcez _sa-je, sa-jement_ et non _sache, sachement_.

2. Une _sage-femme_ est une accoucheuse; une _femme sage_ est une femme qui a de la sagesse.

=Saigner du nez=, veut dire, perdre du sang par le nez ou manquer de courage: _il s'était chargé de faire cette proposition, mais il a saigné du nez_ (Acad.);—_saigner au nez_ ou _par le nez_, dans le sens de _saigner du nez_, n'es pas français;—mais _saigner au nez_, dans le sens de pratiquer une saignée au nez, est français.

=Saint, te=, adj.—Il s'écrit par une petite lettre devant le nom du saint et sans trait d'union: _les apôtres saint Pierre et saint Paul_. (Acad.)—L'Académie écrit avec une petite _s_ et sans trait d'union: _la sainte Vierge_ (nous préférons _Sainte-Vierge_), _les saints Pères, la sainte Trinité, la sainte Bible, la sainte Famille, la sainte Église, l'Écriture sainte_;—et sans majuscule: _les saints anges, les saints docteurs, les saints apôtres, le saint sacrement, la sainte table, le saint père_.—Elle fait observer qu'en écrivant au pape, on écrit: _Très-Saint Père_.

2. Lorsqu'on veut désigner la fête, l'église mise sous l'invocation d'un saint, une ville, un village, une rue qui porte le nom du saint, ce mot s'écrit par une majuscule et se joint au mot suivant par un trait d'union: _la Saint-Jean, l'église Saint-Antoine, la ville de Saint-Hubert, le village de Saint-Hadelin, la rue Saint-Georges_, etc.

3. Quand _saint_ est écrit par abréviation, l'_s_ est toujours majuscule: _les apôtres S. Pierre et St. Paul, Ste Gudule, les SS. Pères_; on voit que l'abréviation peut s'écrire de deux manières.—On écrit _le Saint-Esprit_ et _l'Esprit saint_.

4. _Sainte nitouche_ et non _sainte mitouche_:—voyez _nitouche_.

=Salade=, s. f.—Prononcez _sa-lade_ (les deux _a_ brefs) et non _salâde_ ni _salâte, slade_.

=Saligaud, saligaude=, adj., personne malpropre;—prononcez ces mots comme ils son écrits et non _saligot, saligotte_.

=Salissant, te.=—Ne dites pas, _cette couleur est contre l'ordure_, mais, _cette couleur n'est pas salissante_.

=Saluer=, v. a.—Ne dites pas: _je l'ai salué d'un verre de bière_, pour, _je lui ai présenté un verre de bière_;—ne dites pas non plus, _on vous salue_ pour _je vous salue_.

=Samson=, n. pr.: prononcez _San-son_ et non _Sameson_.

=Sanctifier=, _sanctification, sanctuaire, sanction, sanctionner_: —dans ces mots faites sentir légèrement le _c_ comme un _k_: _que votre nom soit sanctifié; la sanctification du dimanche; sanctionner une loi_.

=Sanglier=, s. m., porc sauvage: prononcez _sanglîé_ (_i_ long).

=Sanguin=, _sanguine, sanguinaire, sanguinolent_:—le _g_ est dur et l'_u_ ne se prononce pas: _sanguin, sanguinaire, sanguinolent_;—mais l'_u_ se fait sentir dans _sanguinification_, s. f. (transformation du chyle en sang).

=Sans que=, loc. conj., ne doit pas être suivi de _ne_: _il l'a fait sans qu'on le lui ait dit_; _je ne puis parler sans qu'il m'interrompe_ (et non _sans qu'il ne m'interrompe_).

2. _Sans_, étant préposition, ne peut pas s'employer adverbialement; ainsi ne dites pas: _je suis tellement habitué à me promener avec cet ami que je ne puis m'en aller sans_; dites, _sans lui_.

3. _Sans dessus dessous_; écrivez et voyez _sens dessus dessous_.

4. _Sans devant derrière_; écrivez et voyez _sens devant derrière_.

=Santé=, s. f., état de celui qui se porte bien.—Il ne se dit au pluriel que lorsqu'il est en quelque sorte personnifié, comme dans cette phrase: _il y a des santés faibles que peu de chose dérange_, c'est-à-dire, il y a des personnes ayant une santé faible.—Mais on ne dirait pas bien: _messieurs, ayez soin de vos santés, ménagez vos santés; vos santés sont-elles bonnes?_ Dans tous ces exemples, _santé_ doit être au singulier.—_Santé_ peut aussi se mettre au pluriel dans le sens de _toast_: _porter des santés_.

=Saoul, e=, adj., repu, rassasié; _saouler_, rassasier avec excès, enivrer: prononcez _sou, souler_.—On écrit plus souvent _soûl, soûler_:—ces termes sont bas et de mauvais ton.

2. Ne dites pas d'une personne qu'elle est _une soûlée_; ce mot n'est pas français;—employez le mot _ivrogne_ ou bien _soûlard, arde, soûlaud, aude_;—ces deux derniers termes sont populaires et _soûlaud_ ne figure que dans quelques dictionnaires.

=Sarbacane=, s. f. (en flamand _blaespyp_), long tuyau de verre, de bois, de fer-blanc, par lequel on peut, en soufflant, jeter des pois ou autre chose; on peut même se parler au moyen d'une sarbacane, afin de n'être entendu que d'une seule personne: _se jeter des pois avec une sarbacane_.

2. Ne dites pas _sarabacane_ ni _serbacane_.

=Sarrau=, s. m., espèce de blouse grossière en toile, en coton que portent les paysans, les rouliers, etc.; on écrit aussi, mais moins souvent, _sarrot_.—Prononcez _sârô_ (_â_ et _ô_ longs).

=Sart=, s. m., _sarter, sartage, sartager_:—ces mots ne sont pas français: voyez _essart_.

=Sas=, s. m., tissu de crin, de soie, etc., qui est entouré d'un cercle de bois et qui sert à passer de la farine, du plâtre, des liquides, etc.—On ne prononce l'_s_ finale que devant une voyelle ou une _h_ muette.

=Sasse= ou =Escope=, s. f., sorte de pelle de bois étroite et creuse qui sert à prendre et à jeter l'eau hors des navires, chaloupes, nacelles, etc.

=Sauf votre respect=: voyez _respect_.

=Saule=, arbre; ce mot est masculin: _un saule pleureur_.

=Saume= ou =Same= (mot wallon), filet de pêche; en français, _trouble_ ou _truble_, s. féminin.

=Saumer=, v. n. (mot wallon), jeter ou tirer vers un but pour savoir qui jouera le premier;—_abuter_ est le mot français: _abutons d'abord et puis nous jouerons_.

=Saunière= (et non _saunier_), s. f., vaisseau, espèce de coffre où l'on conserve le sel;—_saunier_, s. m., ouvrier qui travaille à faire le sel, celui qui débite, qui vend le sel.

=Saur=, adj. m., ou =Saure=, adj. des deux genres, qui est de couleur jaune, tirant sur le brun.—_Saure_ ne se dit guère que des chevaux.—On écrit _hareng saur_, par abréviation de _saure_, et l'on dit aussi, mais moins souvent, _hareng-sauret_. (Acad.)—L'Académie écrit aussi _sor_, en renvoyant au mot _saure_.

2. Ne dites pas _angletin_ ni _ingletin_, pour _hareng saur_.

=Sauvage=, adj.—Ne dites pas d'un animal domestique _qu'il est sauvage_; dites, _qu'il est farouche_.

=Sauvagin, ine=, adj.—Il n'est guère usité que dans cette locution, _goût sauvagin_, certain goût, certaine odeur qu'ont quelques animaux de mer, d'étang, de marais;—il s'emploie plus ordinairement comme substantif: _le canard sent le sauvagin_ et non _le sauvage_.

=Sauver.=—Ne dites pas, _le prisonnier est sauvé hier_, pour indiquer qu'il a pris la fuite; dites, _le prisonnier s'est sauvé_:—_est sauvé_ signifierait _qu'il est hors de danger_.

=Savoir, Pouvoir.=—_Savoir_ s'emploie dans le sens d'avoir le pouvoir, la force, le moyen, l'adresse, l'habileté de faire quelque chose: _je saurai bien le réduire; je saurai bien me défendre; je n'y saurais que faire; je le voudrais bien, mais je ne saurais; je ne saurais faire ce que vous me dites; ne sauriez-vous aller jusque-là? il n'a su en venir à bout; il ne sait pas ouvrir cette porte, ayant la clef dans sa main_.(Acad.)—Voyez _pouvoir_.

2. _Faire à savoir_, c'est-à-dire, faire savoir:—il ne s'emploie guère que dans les proclamations, les publications, les affiches, etc.: _on fait à savoir que tels et tels héritages sont à vendre_. (Acad.)

3. _Savoir à parler_, locution barbare; ne dites pas, _je ne sais pas à parler de cette affaire; en savez-vous à parler?_ dites, _je n'ai pas entendu parler de cette affaire, je n'ai pas connaissance, je ne suis pas instruit, informé de cette affaire; en avez-vous entendu parler, en avez-vous connaissance, en êtes vous informé, instruit_.

4. _Sais-tu, savez, savez-vous_, sont autant de locutions vicieuses et barbares que l'on n'entend que trop souvent en Belgique: _oui, non, sais-tu; tu ne m'oublieras pas, sais-tu; sois bien sage, sais-tu; oui, non, savez-vous; je ne suis pas méchant, savez-vous; il est riche, savez-vous_.—Il faut s'attacher à faire disparaître de la conversation cette phrase aussi ridicule que parasite et monotone;—il suffira la plupart du temps de donner une autre inflexion à la voix; d'autres fois on pourra la remplacer par _certes, certainement, assurément, sans doute_, etc.

5. Il faut en dire autant de _vois-tu, voyez-vous_, employés à peu près dans le même sens et que certaines personnes répètent à satiété: ce sont là des tics contre lesquels on ne saurait trop se mettre en garde.

6. _Savez-vous quoi_, est encore une locution mauvaise; ne dites donc pas: _savez-vous quoi? eh bien, vous ferez vos excuses et tout s'arrangera pour le mieux_; dites, _savez-vous ce qu'il faut faire, ce qu'il faut dire_, etc.

7. Ne dites pas non plus: _savez-vous ce que vous fassiez? faites vos excuses_, etc.; dites, _savez-vous ce qu'il faut faire, ce que vous avez à faire, ce que vous devez_ ou _devriez faire_. (Wall.)

=Sayer=, pour _essayer_, est un barbarisme; ne dites pas, _venez sayer votre robe_, mais, _venez essayer votre robe_.

=Scandale=, s. m., mauvais exemple: prononcez _scandale_ et non _scane-dale_ ni _escandale_.

=Scariole=, s. f.—On écrit plus souvent _escarole_, espèce de chicorée qu'on mange en guise de salade. Ne dites pas _scarole_.

=Sch=, d'origine allemande, et _sh_ anglais, se prononcent comme le _ch_ français: _kirsh, schlague, shérif, schlich_, les noms propres _Schaffhouse, Schelestadt, Ashanti, Cavandisch, Shéridan, Shore_, etc.—_Goldsmith_ (écrivain anglais) se prononce _Gold'chmite_.

=Scarlatine=, s. f., et adj.: _la scarlatine n'attaquait guère que les enfants; la fièvre scarlatine_.—Écrivez et prononcez _scarlatine_ et non _escarlatine_.

=Sceau=, s. m., grand cachet: prononcez _sô_.

=Sceller=, v. a., appliquer le sceau; ce verbe garde les deux _ll_ dans toute sa conjugaison, ainsi que _seller_ (mettre la selle).

=Scène=, s. f., spectacle, querelle; prononcez _cène_ (_è_ long):—ne le confondez pas avec _cène_ (_la dernière cène_ de J.-C.)

=Schah=, titre du souverain de la Perse; le pluriel est comme le singulier: prononcez _châ_.

=Schako=, s. m.—On écrit aussi _shako_ et l'on prononce _chacô_.

=Schall=, s. m., vêtement de femme; on écrit aussi _shall_ et le plus souvent _châle_; prononcez _châle_.

=Scheik=, s. m., chef de tribu chez les arabes; on écrit ordinairement _cheik_ et on prononce _chèk_.

=Schelling= ou =Shelling=, s. m., monnaie anglaise d'un franc et vingt centimes: prononcez _chelin_.

=Schérif=, s. m.; on écrit ordinairement _shérif_, officier municipal en Angleterre: prononcez _chérif_.—Ne le confondez pas avec _chérif_ qui se dit d'un prince chez les Arabes et chez les Maures.

=Scholaire=, _scholastique, scholiaste, scholie_, s'emploient moins souvent que _scolaire, scolastique, scoliaste, scolie_.

=Schooner=, goëlette;—prononcez _chounère_.

=Schyte=, s. m., nom d'un ancien peuple; prononcez _cite_.

=Scie=, _sciant, scier_, ennuyeux, ennuyer, etc.;—ces expressions sont populaires: _quelle scie que cet homme-là; comme il est sciant, comme il scie!_

=Sciemment=, adv., le sachant bien;—prononcez _ciaman_ et non _cian-man_.

=Science=, s. f.; prononcez _ci-ance_ (trois syllabes).

=Scintiller=, _scintillant, scintillation_;—on prononce les deux _ll_ sans les mouiller.

=Sciure=, s. f.—Pour savoir si l'on doit mettre ce mot au singulier ou au pluriel, il suffit de le remplacer par _farine_. De même que l'on dirait _de la farine_ de froment, de même aussi l'on doit dire _de la sciure_ et non _des sciures_ de bois; _sécher le pavé d'une cuisine avec de la sciure_ (et non _des sciures_) _de bois_.

=Scorbut=, s. m.:—on ne prononce pas le _t_.

=Scorie=, s. f., substance terreuse ou pierreuse vitrifiée qui nage sur la surface des métaux fondus.—On appelle _scories volcaniques_ certains produits des volcans.—Voyez _mâchefer_.

=Scorsonère=, s. f., légume, espèce de salsifis; ne dites pas _scorsionère_ ni _corsionelle_;—remarquez que ce mot est féminin.

=Sculpter=, _sculpteur, sculpture_:—prononcez _sculter, sculteur, sculture_.—_Sculpterie_ n'est pas français.

=Se=, pr. pers.—Ne dites pas: _quand se vient le soir, quand se vient le jour_; dites, _quand le soir vient, quand le jour vient_.

=Seau=, s. m., vaisseau propre à puiser, à porter de l'eau: prononcez _sô_ et non _séau_ ni _siau, séïau, séhau_.

=Sec=, fait au féminin _sèche_, et il n'y a que les gens qui n'ont reçu aucune instruction qui puissent dire: _avoir la bouche sec, les mains secs_.

=Second=, adj. ord., deuxième.—Prononcez _cegon_ et non _sekon_;—le _c_ se prononce également _g_, surtout dans la conversation, dans _seconde, seconder, secondement, secondaire, secondairement_. (Acad.)

2. On dit _Henri second, François second_ et mieux _Henri deux, François deux_.

3. _Second, deuxième_.—On ne peut se servir indifféremment des mots _second_ et _deuxième_.—_Deuxième_ semble annoncer un _troisième_; il éveille l'idée d'une série, tandis que _second_ éveille l'idée d'un ordre seulement. On dira d'un ouvrage en deux volumes: _voici le second volume_, et d'un ouvrage qui aura plus de deux volumes, _voici le deuxième volume_.—On dit, par la même raison, je demeure _au second_ et non _au deuxième_, même en parlant d'une maison qui a plus de deux étages, parce qu'on ne veut pas faire l'énumération des étages de la maison; on veut seulement indiquer que l'on demeure au-dessus du premier.

4. Prononcez l'_x_ de _deuxième_ et de _deuxièmement_ comme un _z_; prononcez en outre _deuziè-me, deuziè-mement_ et non _deuzièm-me, deuxièm-mement_.

=Secousse=, s. f.: n'écrivez pas _sécousse_.

=Secret=, s. m., _secrétaire, secrétariat_, etc.;—prononcez _secrè_ (et non _sècrè_), _secrétaire_, etc., et non _segrè, segrétaire_.

=Secrétaire, Secrétariat, Secrétairerie.=—C'est le second _e_ qui est marqué de l'accent aigu et non le premier; n'écrivez et ne prononcez donc pas: _sécretaire, sécretariat, sécretairerie_; écrivez de même _secrètement_ et non _sécrètement_.

=Sécrétion=, s. f., toute matière qui sort du corps;—ne prononcez pas _secrétion_.

=Sehu= ou _seyu_ ou _saou_:—ce mot n'est pas français; dites _sureau_: _du thé de fleurs de sureau_.

=Seigle= ou =Sègle=, s. m., sorte de blé; prononcez _sei-gle_ et non _sei-ke, seiguèle_.

=Seigneur=, s. m.—Prononcez _sè-gneur_ et non _sé-gnieur_ ni _sègn'nieur_.

=Seigneurie=, s. f., droit, terre de seigneur, titre d'honneur: ne dites pas _séigneurerie_.—Voyez _mairie_.

=Seize=, adj. num.—Prononcez _sei-ze_ et non _sei-ce_; prononcez de même _onze, douze, treize, quatorze, quinze_.

=Sellette.=—Mettre _quelqu'un sur la sellette, être sur la sellette_; ne dites pas _selette_.

=Semaille=, s. f., ensemencement des céréales et des autres plantes objet de la grande culture, ne s'emploie guère qu'au pluriel: _les semailles sont une opération importante pour un cultivateur_.—Il se dit aussi des grains semés ou à semer: _semailles de froment; les semailles commencent à lever_; _les semailles_ (et non _les semés_) _sont de belle venue_.—Il se dit encore de la saison pendant laquelle on ensemence les terres: _au temps des semailles, à la fin des semailles_.—_Semaison_ est un vieux mot qui signifiait le temps où l'on fait les semailles:—Bescherelle est d'avis qu'il faut rétablir ce mot dans les dictionnaires.

=Semaine=, s. f.—Ne dites pas: _j'irai vous voir à la semaine_; dites, _la semaine prochaine_.

2. Ne dites pas non plus, _la semaine qui vient, le mois qui vient, l'année qui vient_; dites, _la semaine prochaine, le mois prochain, l'année prochaine_.

3. Les noms des jours de la semaine s'écrivent avec une petite lettre: _dimanche, lundi_, etc. et non _Dimanche, Lundi_. (Acad.)

4. Prononcez _semène_ et non _sèmène_ ni _semain-ne_.

=Sembler=, v. n.—Ne dites pas: _vous semblez un gouverneur_; dites, _vous avez l'air d'un gouverneur_.

=Semer=, _semeur, semence, semis, semoir_:—prononcez _se_ et non _sè_.

2. =Semer, Ensemencer.=—_Semer_ a rapport au grain:—_ensemencer_ a rapport à la terre; _on sème le blé, on ensemence le champ_.

=Semestre=, s. m., espace de six mois consécutifs; prononcez _semestre_ et non _sémestre_ ni _semesse_ ni _semestère_.

=Semi=, mot tiré du latin et qui signifie _demi_; il ne s'emploie que devant un autre mot auquel on le joint par un trait d'union et il ne prend jamais la marque du pluriel: _des semi-tons, des fleurs semi-doubles_.—Écrivez et prononcez _semi_ et non _sémi_ ni _sèmi_.

=Séminariste=, s. m., élève d'un séminaire;—le _séminaire_ est l'établissement ecclésiastique lui-même; ne dites donc pas: _j'ai rencontré deux séminaires sur le marché_; dites, _deux séminaristes_.—Prononcez _séminaris-te_ et non _séminarisse_.

=Semoule=, s. f., pâte de farine très-fine; d'après l'Académie, on doit prononcer _semouille_.—N'écrivez pas _semouille_.

=Sempiternel, nelle=, adj., perpétuel; prononcez _sainpiternel_. (Acad.)

=Sénatus-consulte=, s. masculin, décision du sénat: _un sénatus-consulte_; le pluriel est _sénatus-consultes_.—Prononcez _sénatuce-consul-te_ (et non _sénatuce-consule_.)

=Senor=, s. m., seigneur, monsieur;—_senora_, madame;—prononcez _sègnore, sègnora_ comme dans _seigneur, enseigner_.

=Sens=, s. m.—On fait sentir l'_s_ finale, lorsque après ce mot on peut faire une pause, et elle devient nulle si la pause est impossible: _mettez cette table de ce sens-là_ (_san-là_); _c'est un sot qui n'a pas le sens_ (_san_) _commun_; _à mon sens_ (_sance_).

2. _Sens dessus dessous_, loc. adv., qui se dit en parlant de la situation d'un objet tourné de manière que ce qui devrait être dessus ou en haut se trouve dessous ou en bas: _renverser un objet sens dessus dessous_.—Il se dit aussi familièrement de ce qui est dans un grand désordre et tout bouleversé: _tous mes papiers sont sens dessus dessous; ma bibliothèque est sens dessus dessous_.—N'écrivez pas _sans dessus dessous_.

3. _Sens devant derrière_, loc. adv., dont on se sert en parlant de la situation d'un objet tourné de telle façon que ce qui devrait être devant se trouve derrière: _elle a mis son bonnet sens devant derrière; sa perruque est sens devant derrière_.—N'écrivez pas _sans devant derrière_.

=Sensible=, adj., signifie qui est aisément ou vivement touché, mais non, qui émeut.—Ne dites donc pas: _c'est un livre, c'est une pièce très-sensible_; dites, _c'est un livre très-touchant, une pièce très-touchante_.

=Sente=, s. f., sentier.—L'Académie donne ce mot et renvoye au mot _sentier_; il ne paraît être d'usage que dans les campements.—_Pied-sente_ n'est pas français; dites _sentier_.

=Senté-je=, expression barbare; dites _sens-je_ et mieux _est-ce que je sens_, parce que _sens-je_ paraît dur.—Ne dites pas non plus _dormé-je_, mais _est-ce que je dors_.

=Sentinelle=, est féminin: _la sentinelle, une sentinelle_;—quelques poètes ont fait ce mot du masculin: _ces nombreux sentinelles_ (Delille): c'est une licence qu'il ne faut pas imiter.

=Sentir.=—Dites, _cette fleur sent bon_ et non, _sent bonne_:—ici _bon_ est adverbe.

2. Ne dites pas: _ce couteau sent après l'oignon_; dites, _ce couteau sent l'oignon_ (Fland.)—Voyez _puer_.

=Seoir=, v. n., être assis.—Il n'est plus guère en usage qu'au participe présent _séant_ et au participe passé _sis, sise_ qui signifie _situé, située_: _tribunal séant à Liége; maison sise dans la rue Hors-Château_.—Cependant, on dit encore, en poésie et dans le langage familier, _sieds-toi_ pour _assieds-toi_.

2. _Seoir_, v. n. être convenable à la personne, à la condition, au lieu, au temps, etc.—Il n'est plus d'usage à l'infinitif et n'a d'usitées que les formes suivantes: indic. prés., _il sied, ils siéent_,—imp., _il seyait, ils seyaient_;—futur, _il siéra, ils siéront_;—condit. prés., _il siérait, ils siéraient_;—part, prés., _seyant_: il n'a point de temps composés.—On l'emploie souvent comme impersonnel: _il vous sied bien_ (il vous appartient bien) _de vouloir réformer les autres_.

=Sept=, adj. num.—On ne prononce pas le _p_ dans _sept_ ni dans ses composés _septième_ et _septièmement_; mais on le prononce dans tous les autres: _septante, septembre, septenaire, septennal, septennalité, septentrion, septentrional, septidi, septuagénaire, septuagésime, septuple, septupler_, etc.—Quant au _t_ de _sept_, il ne se prononce que lorsque ce mot est pris à part: _le nombre sept, ils étaient sept_, ou lorsqu'il est suivi d'une voyelle on d'une _h_ muette: _sept amis, sept hommes_.—Il faut ajouter à cette observation de l'Académie, que le _t_ se prononce dans tous les cas lorsque le mot _sept_ est employé substantivement: _le sept d'avril, le sept de trèfle; sept multiplié par trois; un sept de chiffre_ ou simplement _un sept, le sept du mois_.

=Septante=, adj. num., _soixante-dix_.—Il n'est plus guère usité qu'en Belgique et dans le midi de la France ainsi que dans le style de mathématiques; on le remplace partout ailleurs par le mot _soixante-dix_. Il en est de même de _nonante_; quant à _octante_ il n'est plus du tout en usage.—Prononcez le _p_, _sep'tante_.

=Septennal, ale=, adj., qui arrive ou qui est renouvelé tous les sept ans: _fête septennale_. On prononce le _p_ et les deux _nn_: _sep'ten'nale_.

=Septier=, s. m., mesure de grains, de liquides; on écrit plus souvent _setier_.—Prononcer _cetié_ et non _cètié_ ni _cetchié_.—Voyez _ti_ et _di_.

=Séquestrer, Séquestration=: prononcez _sékestrer, sékestration_.

=Sera.=—Ne dites pas: _sera lui qui aura la place, sera vous qui partirez_; dites, _ce sera lui, ce sera vous qui..._ ou bien, s'il s'agit d'une interrogation: _sera-ce lui..., sera-ce vous...?_

=Sérail=, s. m.; le pluriel est _sérails_.

=Serein, eine=, adj., qui est clair, doux, calme;—_serin_ (et non _serein_), s. m., sorte d'oiseau chanteur.—Prononcez _se_ et non _sè_.

=Sérénade, Aubade=, s. f.—Ils désignent l'un et l'autre un concert de voix ou d'instruments donné dans la rue ou sous les fenêtres de quelqu'un; la _sérénade_ se donne le soir et l'_aubade_ le matin.—Prononcez _sérénade, aubade_ et non _sérénate, aubate_ ni _sèrènade_; ne dites pas non plus _ombade_.

=Serf=, adj. s., espèce d'esclave: prononcez _serfe_;—le féminin est _serve_ (ne prononcez pas _serfe_).—V. _cerf_.

=Sérincheur.=—Ne dites pas d'un mauvais musicien, _c'est un sérincheur_; dites, _c'est un râcleur, un croque-note_.—(Les ouvriers qu'on désigne sous le nom de _sérincheurs_, s'appellent _cardeurs_ en français).

=Serre.=—N'employez pas ce mot dans le sens de _serrure_ ou de _batterie_ de fusil, de pistolet.

=Serrer, Enserrer.=—_Serrer_ signifie étreindre, presser ou bien mettre quelque chose dans un lieu où il ne soit exposé ni à être volé ni à s'égarer ni à être gâté.—_Enserrer_ signifie mettre dans une serre: _enserrer des orangers_.

2. _Serrer_, ne peut pas s'employer pour _fermer_; ne dites donc pas, _serrez la porte, la fenêtre, le livre_, etc.; dites, _fermez la porte_, etc.

3. _Serre-papier_, s. m., arrière-cabinet;—tablettes à compartiment où l'on serre des papiers;—petit meuble pesant de marbre, de granit, etc., qu'on met sur des papiers pour les tenir:—_presse-papiers_ n'est pas français.—Le pluriel s'écrit comme le singulier.

=Serrure=, s. f.—Ne dites pas, _laissez la porte sur la serrure_, pour signifier ne pas la fermer entièrement; dites, _laissez la porte entr'ouverte_, ou _laissez la porte tout contre_.—Prononcez _cèrure_.

=Serveur de messe=, _servant de messe_: ces mots ne sont pas français; dites _enfant de chœur_.—V. _acolyte_.

=Service.=—Ne dites pas, _qu'y a-t-il de votre service?_ dites, _qu'y a-t-il pour votre service_ ou _à votre service?_

2. Ne dites pas, _ce domestique n'est pas au service pour le moment_; dites, _n'est pas en service_.—Mais lorsque _service_ est suivi d'un complément, l'article est de rigueur: _être au service de quelqu'un; il a été longtemps au service d'un tel_.

3. _Service_, employé d'une manière absolue, signifie _le service militaire_: _il a vieilli au service_.

=Servir.=—_Servir à rien, servir de rien_.—Ce qui ne _sert à rien_ aujourd'hui, peut servir demain à quelque chose: _il a des talents qui ne lui servent à rien_.—Ce qui ne _sert de rien_ ne peut jamais être d'aucune utilité: _les murmures contre les décrets de la Providence ne servent de rien; vous êtes aveugle, des lunettes ne vous servent de rien_.

2. On dit _servir la messe, répondre la messe_ et non _à la messe_.

=Serviteur=, s. m.—Le féminin correspondant est _servante_.

=Seul, eule=, adj.—Un _seul homme_ est un homme unique; un _homme seul_ est un homme isolé, retiré.

=Seulement=, adv.—Ne dites pas: _dites-le seulement, faites-le seulement, venez seulement, courez seulement, parlez seulement_, etc.—Ce _seulement_ est un flandricisme qui, ordinairement, n'ajoute rien au sens et qu'il faut faire disparaître entièrement en français, ou bien remplacer, selon le sens, par _çà, donc, un peu, je vous prie_, etc.:—_dites-le, faites-le, venez_, etc.,—_dites-le donc, faites-le donc, venez-donc_;—_çà! dites-le, çà! faites-le, çà! venez_;—_dites-le, je vous prie, faites-le, je vous prie, venez, je vous prie_.—Voyez _fois_.

2. Ne dites pas, _je n'ai seulement qu'à paraître, et il se taira_ (pléon. vic.); dites, _je n'ai qu'à paraître..._

=Sexe=, s. m.: _le sexe masculin, féminin_:—prononcez _cekce_ et non _cèke_.

=Sexte=, s. f., une des petites heures de l'office;—s. m., le sixième livre des Décrétales.—Prononcez _ceks'te_ et non _cêke_ ni _cekce_.

=Si=, conj., ne s'élide que devant _il, ils_:—_s'il, s'ils_.

2. _Si_ ne doit jamais être suivi du conditionnel; ne dites donc pas: _si j'aurais le temps, j'irais le voir; si je l'aurais su, je n'y serais pas allé_; dites, _si j'avais le temps, si je l'avais su..._

3. C'est également une faute d'employer le conditionnel au lieu du subjonctif; ainsi vous ne direz pas: _je voudrais que cela serait; j'ai craint qu'il ne viendrait pas_; dites, _je voudrais que cela fût, j'ai craint qu'il ne vint pas_.

4. Ne dites pas: _si j'étais vous_ ou _si j'étais comme vous, je ferais telle chose_; dites, _si j'étais à votre place_ ou _si j'étais que de vous, si j'étais de vous, je ferais telle chose_.

5. _Si_ peut s'employer familièrement comme particule affirmative: _vous dites que non et je dis que si; vous n'avez pas été là? si_.—On dit également _si fait_: _je crois qu'il n'a pas été là; si fait, il y a été_.

6. Ne dites pas, _si longtemps que j'aurai une goutte de sang dans les veines, je me défendrai_; dites, _tant que j'aurai..._ (Wall.)

7. Ne dites pas, _si vite qu'il est levé, il étudie_; dites, _dès que, aussitôt qu'il est levé..._ (Wall.)

8. _Si_ peut s'employer au lieu de _tant_ devant un participe passé, et au lieu de _tellement_ devant une locution adverbiale; on peut dire: _si aimé, si à l'aise, si à propos, si en colère_, etc.—Il serait trop rigoureux de condamner ces sortes d'expressions, dit Boniface.

=Sibylle=, s. f., prophétesse dans l'antiquité; les _ll_ ne se mouillent pas, _cibile_.—_Sibyllin_, adj., de sibylle, _vers sibyllins_: prononcez les deux _ll_, _cibil'lin_.—Une _sébille_, s. f., est un vase de bois, rond et creux: _jetons un sou dans la sébille de ce pauvre aveugle_.

=Sieste=, s. f., =Méridienne=, s. f.—_Sieste_, temps qu'on donne au sommeil pendant la chaleur du jour;—_méridienne_, temps que l'on donne au sommeil après le dîner.

=Sieur=, s. m., abréviation de monsieur: prononcez _cieure_ en une syllabe.

=Signal=, _signifier, signification_: prononcez _si-gnal, si-gnifier, si-gnification_ et non _sign'-nal, sign'-nification, sign'-nifier_.—Voyez _gne_.

=Signet=, s. m., ruban pour marquer dans un livre: autrefois on supprimait le _g_ dans l'écriture et dans la prononciation; mais aujourd'hui on écrit et on prononce _signet_.

=Simple=, nom générique et vulgaire des herbes et des plantes médicinales; ce substantif est masculin: _la mélisse est un simple d'une grande vertu_.

=Sinapisme=, s. m., cataplasme à la moutarde; prononcez _sinapis-me_ et non _sinapisse_ ni _sinapim-se_.

=Singulier=, s. m.:—prononcez _singulié_; mais faites sonner l'_r_ finale de _singulier_, adjectif, lorsqu'il fait corps avec le mot qui le suit: _quel singulier_ (_lière_) _homme_! _le singulier_ (_lière_) _animal!_

=Sinon=, conj., autrement, sans quoi, ne doit jamais être précédé de _ou_: _obéissez, sinon vous serez puni_, et non, _ou sinon..._

=Sirop=, s. masculin: _du sirop de pomme_;—prononcez _cirô_ (_ô_ long) et non _cirot_ (_o_ bref) ni _sirope_.—On écrit plus rarement _syrop_.

=Sis, sise=, part. passé du verbe _seoir_; il ne s'emploie plus que comme adjectif et en style de pratique (avoués, notaires, huissiers), dans le sens de _situé, située_: _une maison sise rue des Mineurs_. Voyez _seoir_.

=Sitôt=, adv.—Ne dites pas, _sitôt l'arrivée de la diligence, je partirai_; dites, _aussitôt après l'arrivée, aussitôt la diligence arrivée; dès que la diligence sera arrivée_, etc.

=Six=, adj. num.—Devant une consonne, l'_x_ ne se prononce pas: _six personnes_;—elle sonne comme _z_ devant une voyelle ou une _h_ muette: _six amis, six hommes_;—à la fin d'une phrase, après son substantif, ou bien lorsqu'on l'emploie substantivement, on prononce _six_ en faisant sonner l'_x_ comme une _s_: _de douze qu'ils étaient il n'en est resté que six; le chapitre six traite de...; le six du mois_.—Elle se prononce aussi, dans le corps de la phrase, lorsqu'il est suivi d'un repos: _ils étaient six, tous de bonne humeur_. (Acad.)

=Sixain=, s. m., petite pièce de poésie composée de six vers; prononcez _cizin_.

=Sixième, sixièmement.=—L'_x_ se prononce comme _z_; prononcez _sizième, sizièm'ment_ et non _siziain-me, siziain-m'ment_.

=Skaufelin=, est un mot flamand; dites des _copeaux_.

=Sloop=, s. m., petit navire à un seul mât; on prononce et quelques-uns écrivent _sloupe_. (Acad.)

=Soc, Socle, Socque=, s. m.—Le _soc_ est un couteau de fer attaché à la charrue, qui fend la terre et forme le sillon;—un _socle_ est la base carrée d'une colonne, etc., le piédestal d'une statue, d'un vase;—un _socque_ est une chaussure grossière qui en enveloppe une autre et la préserve de la boue, de l'humidité.

=Société=, s. f.—_Aller en société_, est une mauvaise locution; il est mieux de dire, _aller dans le monde, dans le grand monde, fréquenter le monde_.

2. Ne dites pas, _je n'ai pu lui parler, il était en société_; dites, _il était en compagnie_.—Prononcez _société_ et non _socièté_.

=Sœurs=, _consanguines, germaines, utérines_: voyez _germain_.

=Sofa=, s. m.: on écrit aussi _sopha_.

=Soi-disant.=—Terme de pratique; il se dit aussi par raillerie ou par mépris, dans le langage ordinaire et s'écrit au pluriel comme au singulier: _un tel soi-disant docteur; de soi-disant docteurs_.

=Soie=, s. f., étoffe; prononcez _soi_ et non _soi-ïe_.

2. _Soie_, s. f., se dit, surtout au pluriel, du poil long et rude de certains animaux: _des soies de cochon_. Il se dit aussi du poil long et doux d'un barbet, d'un épagneul, d'un bichon: _cet épagneul a de belles soies_.—Ce mot est féminin.

=Soierie=, s. f., toute marchandise de soie: prononcez _soirie_ et non _soi-ïeri-ïe_.

=Soif=, s. f.—Voyez _faim_ et _si_.

=Soigner=, v. a.—Ne dites pas: _je soignerai pour votre affaire_; dites, _je soignerai votre affaire, j'aurai soin de votre affaire, je m'occuperai de votre affaire_.

2. Ne dites pas, _vous soignerez que tout soit prêt_; dites, _vous aurez soin que tout soit prêt_.

=Soin=, s. m.: prononcez _soin_ et non _soan_.

=Soir=, s. m.—Dites _un matin, un soir_ au lieu de dire _un jour au matin, un jour au soir_.

2. Ne dites pas, _un jour sur le soir, un jour au soir_, dites _un soir_:—_un soir il aperçut la lune au fond d'un puits_.

3. On dit: _demain au soir_ (Acad. au mot _demain_) et _demain soir_ (Acad. au mot _soir_);—on dit _hier au soir_, mais on ne dit pas bien _hier soir_.—Voyez _matin_.

=Soit=, adv., à la bonne heure: _soit, j'y consens_;—prononcez _soite_.

=Soixantaine=, _soixante, soixanter, soixantième_: dans ces quatre mots, _x_ se prononce comme deux _ss_.

=Solde=, est féminin, lorsqu'il signifie la paye des militaires: _faire une retenue sur la solde des troupes_.—Il est masculin, lorsqu'il signifie la différence entre _le doit_ et _l'avoir_ d'un compte ou le payement qui se fait pour demeurer quitte de compte: _le solde est de 300 francs au doit; le solde de votre compte se monte à 500 francs_.—Prononcez _sol-de_ et non _sol-te_ ni _solle_.

=Solécisme=, s. m., faute contre la syntaxe: _c'est moi qui a fait cela_, est un solécisme;—prononcez _solécis-me_ et non _solécisse_, ni _solécim'se_. Voyez _barbarisme_.

=Soleil=, s. m.—Ne dites pas, _il fait soleil_, mais _il fait du soleil_ comme on dit _il fait du vent_.

2. Dites, _se reposer au soleil_ et non, _dans le soleil_.—Prononcez _soleille_ (_ll_ mouill.) et non _solèle_.

=Solennel, elle=, adj.—On prononce _solanel_ et non _solan-nel_ et on fait l'_a_ bref; il en est de même de ses dérivés _solennellement, solennisation, solenniser, solennité_.—Plusieurs, dit l'Académie, écrivent _solemnel, solemnellement, solemnité_, etc., cette dernière orthographe n'est plus guère usitée de nos jours.

=Solive=, s. f., en wallon, _terrâsse_, pièce de charpente qui sert à former et à soutenir le plancher d'une chambre, d'une salle, etc., et qui porte sur les murs ou sur les poutres: _solive de brin, solive de sciage_.

=Solliciter=, _sollicitation, solliciteur, sollicitude_: dans tous ces mots, on prononce les deux _ll_.

2. Devant un infinitif, on dit _solliciter à_, quand l'action exprimée par le second verbe n'a point pour but le sujet: _je l'ai sollicité à faire cette démarche_.—On dit _solliciter de_ quand l'action se termine au sujet: _je l'ai sollicité de venir me voir_: cette distinction nous paraît un peu subtile.—Devant les substantifs et les pronoms, on dit toujours _solliciter à_: _solliciter à la révolte; qui est-ce qui vous a sollicité à cela?_

=Solo=, s. m.—L'Académie écrit _des solo_ sans _s_: mais puisqu'elle met une _s_ au pluriel de _duo_ (_de beaux duos_), il est évident qu'il faut écrire _des solos_ avec une _s_.

=Somme, Sommeil=:—ils ne se disent que de l'homme;—on dit, _faire un somme_, mais on ne dit pas, _faire un sommeil_.

=Sommité=, s. f., sommet; on prononce les deux _mm_.

=Somnambule=, adj., _somnambulisme_, s. m.;—_somnifère_, adj.;—_somnolence_, subst.;—_somnolent, ente_, adj.:—dans tous ces mots, on prononce l'_m_.

=Somptuaire=, adj.;—_somptueusement_, adv.;—_somptueux, euse_, adj.;—_somptuosité_, subst.:—dans la prononciation de ces mots, on fait sentir le _p_.

=Son, Sa, Ses=, adj. poss.—_Mon, ton, son_, suivis d'un mot commençant par une voyelle ou une _h_ muette, ont un son nasal très-prononcé: _mon ami, ton habit, son argent_, prononcez _mon-n'ami, ton-n'habit, son-n'argent_ et non _mo-n'ami, to-n'habit, so-n'argent_.

2. Ne dites pas: _mon frère parle si bien son français, son allemand_; dites, _parle si bien le français, l'allemand_.

3. Ne dites pas: _celui qui a recueilli ces omnibus, voudrait qu'on touchât son français_; dites, _... voudrait qu'on parlât bien le français_.

4. _Son, sa, ses_, remplacés par le pronom _en_: voyez _en_.

=Sonate=, s. f., pièce de musique instrumentale; ne dites pas _sonade_.

=Songer=, v. n.—Ne dites pas: _j'ai songé de lui mille choses désagréables_; dites, _j'ai pensé de lui mille choses désagréables_.

2. Ne dites pas: _j'ai songé de vos commissions_ ou _songé de faire la commission_; dites, _j'ai songé à vos commissions, à faire votre commission_:—_songer quelque chose_ ou _de quelque chose_, c'est _rêver quelque chose_ ou _de quelque chose_.

=Sonnant=, part. prés., du verbe _sonner_.—Il est adjectif verbal, lorsqu'il se dit d'un objet qui rend un son clair et distinct: _de l'étain sonnant, airain sonnant_.—Il est aussi adjectif dans les locutions _horloge, montre sonnante, espèces sonnantes_ (monnaies d'or ou d'argent); _à l'heure sonnante; arriver à sept heures sonnantes; à midi sonnant_, etc.:—et dans cette phrase du langage théologique, _propositions mal sonnantes_, qu'on écrit aussi, _propositions malsonnantes_, en un seul mot.

=Sonner=, v. n. et v. a.—Quand il a pour sujet un mot qui désigne l'heure, il prend l'auxiliaire _être_: on dit _minuit est sonné, midi est sonné, huit heures sont sonnées_, et non _minuit a sonné, midi a sonné, huit heures ont sonné_.—On dit aussi, _la messe est sonnée, les vêpres sont sonnées_.

2. Ne dites pas, _on sonne à messe, à vêpres_; dites, _on sonne la messe, les vêpres_.

3. Ne dites pas, _sonner à mort_, mais _sonner pour un mort_;—ni _sonner une transe, une agonie_, mais _sonner le glas, un glas_.—Voyez _transe_.

4. On dit _sonner du cor, de la trompette_ et _jouer du cor, de la trompette_.—Voyez _jouer_.

=Sont.=—Ne dites pas, _cinq et cinq sont dix_; dites, _... font dix_.

=Sor, Soret=, adj. m.: voyez _saure_.

=Sôrot= ou =Saurot=: cette orthographe est vicieuse; dites, _sarrot_ et mieux _sarreau_.

=Sorte=, s. f.—Il est tout aussi incorrect de dire: _j'ai fait toute sorte_ que de dire _j'ai fait toute espèce_; le sens n'est complet qu'en ajoutant un des substantifs, _chose, marchandise, étoffe_, etc.; il faut donc dire: _j'ai fait toutes sortes de choses_.

2. Ne dites pas: _il a fait si bien en sorte qu'il a réussi_; dites, _il a si bien fait qu'il a réussi_.

3. _Toute sorte_ et _toute espèce_, se mettent indifféremment au singulier et au pluriel, excepté lorsque le substantif qui suit ne s'emploie pas au singulier: _nourrir toutes sortes de bêtes; souhaiter toutes sortes de prospérités, toute sorte de bonheur à quelqu'un; toute sorte de livres ne sont pas également bons; lire toute sorte d'écriture; il ne faut pas se fier à toutes sortes de gens, à toutes sortes de personnes; des marchandises de toute espèce_.—L'accord du verbe ou de l'adjectif se fait, non pas avec _sorte, espèce_, mais avec le substantif qui suit: _toute sorte de personnes sont_ (et non pas _est_) _venues_; _une sorte de fruit qui est mûr_ (et non _mûre_) _en hiver_.

=Sortir=, v. n., demande _avoir_ ou _être_, selon que le sens permet de répondre à l'une ou à l'autre de ces questions: _qu'a-t-il fait_, ou bien, _où est-il, qu'est-il devenu?_—_il a sorti_ (qu'a-t-il fait?) _mais il vient de rentrer_; _il est sorti_ (où est-il? qu'est-il devenu?) _mais il va rentrer_.

2. Ne dites pas, _il est sorti hors de la chambre, hors de la ville_; dites, _il est sorti de la chambre, de la ville_.

3. Ne dites pas, _sortez dehors_ ou _hors d'ici_; dites simplement _sortez d'ici_.

4. On dit très-bien, _sortir d'entendre la messe, sortir de dîner_, etc., dans le sens de sortir du lieu où l'on a entendu la messe, où l'on a fait le dîner. (Acad.) Mais on ne peut pas dire: _je sors de faire telle chose, je sors d'être malade_; il faut dire, _je viens de faire telle chose, je viens d'être malade_.

5. Ne prononcez pas, _je sors z'avec vous_; prononcez, _je sor avec vous_.

6. Ne dites pas, _sortez votre casquette et dites bonsoir_; dites, _ôtez votre casquette..._

7. Ne dites pas, _connaissez-vous le nouveau règlement qui vient de sortir?_ dites, _qui vient de paraître_.

8. _Sortir_ s'emploie aussi comme verbe actif dans quelques phrases du style familier où il signifie, _faire sortir, tirer_:—_il est temps de sortir les orangers de la serre; sortez ce cheval de l'écurie; sortez la voiture de la remise; on l'a sorti d'une affaire fâcheuse_. (Acad.)

9. _Sortir_, v. a. et déf., usité en terme de jurisprudence; il signifie, _obtenir, avoir_:—_cette sentence sortira son plein et entier effet dans quinze jours_.—Dans ce sens, _sortir_ se conjugue comme _finir_, mais il n'est usité qu'à la 3e personne: _il sortit, ils sortissent; il sortissait, ils sortissaient_; subj. prés., _qu'il sortisse, qu'ils sortissent_; part. prés., _sortissant_.

=Sot, Sotte=, adj.—On ne prononce le _t_ de _sot_ que lorsqu'il est suivi d'un mot commençant par une voyelle ou une _h_ muette: _un sot enfant_ (_so-t'enfant_), _un sot_ (_so_) _personnage_; _c'est un sot_ (_so_).

2. Dites d'un homme qui est tombé en démence, _qu'il est devenu fou_ et non, _qu'il est devenu sot_.

=Sottise=, s. f., signifie aussi _injure_: _il m'a dit des_ ou _cent sottises_ (_injures_). Cette expression pourtant paraît être de mauvais ton.

=Soucier= (=se=), signifie s'inquiéter, s'intéresser, faire cas, etc.: _de quoi vous souciez-vous?_—Ainsi lorsqu'on veut exprimer une idée d'indifférence, d'insouciance, de mépris, il faut accompagner le verbe _se soucier_ de la négation: _je ne me soucie pas_ (et non _je me soucie_) _de cet homme-là_; _je ne me soucie pas_ (et non _je me soucie_) _qu'il vienne_; _je ne me soucie pas_ (et non _je me soucie_) _de ce que l'on dit de moi_; _faites tout ce qu'il vous plaira, je ne m'en soucie guère_ (et non _je m'en soucie_).—On peut cependant dire ironiquement: _je me soucie bien de cet homme-là; qu'ai-je besoin de lui?_

=Soucoupe=, s. f., espèce de petite assiette de porcelaine, de faïence, etc., qui se place sous une tasse ou sous un gobelet de même matière, propre à prendre du café, du chocolat, etc.: _verser son café dans la soucoupe; la tasse et la soucoupe sont d'ancienne porcelaine_.—_Soutasse_ n'est pas français.

=Souffler, Siffler.=—Il existe entre ces deux verbes la même différence qu'entre les substantifs _souffle_ et _sifflet_: _le vent lui soufflait au nez; ce soufflet est troué, il ne souffle plus; siffler pour faire boire un cheval; le vent siffle dans la serrure; il entendait les balles qui lui sifflaient à l'oreille; cet acteur à été sifflé_.

=Souguenille=, s. f., long surtout de grosse toile: écrivez et prononcez _souquenille_.

=Souhaiter=, v. a.—Devant un infinitif, il est suivi ou non de la préposition _de_: _souhaiter d'avoir un emploi; je souhaiterais pouvoir vous obliger_.

=Soûl=, adj., au fém. _soûle_.—On écrit plus rarement _saoul, saoule_; on prononce _soû, soûle_, en ne faisant sentir l'_l_ qu'au féminin.

2. Dans le sens de _ivre_, il est bas et de mauvais goût. Voyez _saoul_.

=Soûlée=, employé substantivement dans le sens _d'ivrogne_, n'est pas français; _mon voisin est un ivrogne_ et non _une soûlée_.—On dit cependant, mais populairement, _soûlard, arde_, et _soûlaud, aude_. Voyez _saoul_.

=Soûler=, rassasier avec excès, enivrer; on écrit plus rarement _saouler_.—Ce terme est bas.

=Soulier=, s. m., chaussure; l'_l_ ne se mouille pas: _sou-lié_ et non _souil-lié_ ni _souyié_.

=Soupe=, s. f.—Ne dites pas: _je vous invite à la soupe, à manger la soupe_; dites _je vous invite à dîner_. (Popul.)

=Souper=, s. m.: on écrit aussi _soupé_.

2. _Après-soupé_, s. féminin; on dit mieux _après-soupée_.

=Soupied=, s. m.—On écrit plus ordinairement _sous-pied_: au pluriel, _des soupieds_ et _des sous-pieds_. (Acad.)

=Soupoudrer=, v. a.—Écrivez et prononcez _saupoudrer_, poudrer de sel, de poivre, de farine, de sucre, etc.

=Sourcil=, s. m., ligne de poils au-dessus de l'œil; prononcez _sourci_.

=Sourciller=, v. n., =Sourcilleux=, adj.: mouillez les _ll_.

=Sourd-muet, sourd et muet.=—Le _sourd et muet_ a deux infirmités distinctes et indépendantes l'une de l'autre;—le _sourd-muet_ n'est muet que parce qu'il n'entend pas, et il recouvrerait la parole, si l'on pouvait lui rendre l'ouïe.—Cette distinction est fondée; mais, dans la pratique, on n'en tient presque pas compte, attendu que le résultat est le même.—Prononcez _mu-et_ et non _mu-wet_.

=Sourdité=, n'est pas français; dites _surdité_.

=Sous= _votre respect_, locution vicieuse: dites _sauf votre respect_.—Voyez _respect_.

=Souscription, Suscription.=—La _souscription_, c'est la signature que l'on met au-dessous d'un acte pour l'approuver; c'est un engagement de fournir une certaine somme pour une entreprise; c'est aussi une reconnaissance donnée à un souscripteur.—La _suscription_ n'est autre chose que l'adresse qui est écrite au dos d'une lettre.

=Sous-curé=, s. m:—C'est l'_onder-pastoor_ des flamands; mais en français on doit dire _vicaire_: _j'ai rencontré le curé et le vicaire de la paroisse_.

=Sous-diviser, sous-division=: on dit plus ordinairement _subdiviser, subdivision_.

=Sous-louer=, v. a., donner ou prendre à loyer une partie d'une maison, d'une terre, etc., déjà louée par un locataire principal: _j'ai sous-loué ma maison_.—Ne dites pas _sur-louer_.

=Sous-main.=—Ne dites pas, _on a intrigué en sous main_, ni _en dessous main_; dites, _on a intrigué sous main_.

=Sous-pied=: voyez _soupied_.

=Soutasse=, n'est pas français; dites _soucoupe_.

=Soutenement=, s. m., t. de maçonnerie, appui, soutien.—Quelques-uns, dit l'Académie, écrivent _soutènement_; nous pensons que cette dernière orthographe est préférable, puisque l'Académie écrit _entretènement_ avec un _è_, et _ténement_ avec un _é_. V. _ège_.

=Souvenir=, v. et s. m.: prononcez _souvenir_ et non _soufenir_ ni _soumenir_.

=Souvent=, adv.—Ne dites pas: _je l'ai fait, je l'ai dit plus souvent_, pour dire simplement que vous l'avez fait _souvent, assez souvent_: dans ce cas il n'y a pas de comparaison; dites donc _je l'ai fait, je l'ai dit assez souvent_. (Fland.)

=Soye.=—Ne dites pas, _il faut que cela soye_; dites, _il faut que cela soit_.

=Spécimen=, s. m., modèle, échantillon: prononcez _spécimène_ au singulier et au pluriel.

=Spégulaire=, pour signifier la résine dont les musiciens se servent pour frotter l'archet; ce mot n'est pas français; il faut dire _colophane_, et ce mot est féminin: _de la colophane_.

=Sphynx=, s. m., monstre fabuleux, insecte: prononcez _sfainkce_.

=Spiral=, adj. ou s.—On dit _le ressort spiral_ ou simplement, _le spiral d'une montre_; mais on ne peut pas dire _l'aspiral_ ni _la spirale d'une montre_.

=Spiritueux=, adj.—Ne dites pas, _une liqueur spirituelle_; mais _une liqueur spiritueuse_.

=Spleen=, s. m.; dégoût de la vie: _avoir le spleen; être dévoré du spleen_; il n'a pas de pluriel;—prononcez _spline_ et non _spléne_ ni _splène_.

=Squelette=: s.—Ce mot est masculin: _un squelette d'homme_;—écrivez et prononcez _squelette_ et non _squèlette, squélette_ ni _esquelette_.

=Ss.=—Les deux _ss_ se font entendre dans _assentiment, dissension, disséminer, essence, essentiel, transsuder, transsudation_.—Il en est de même de _sc_ dans _adolescence, ascension, condescendre, effervescence, efflorescence, résipiscence_.

=St, St=, terme invariable, signe qu'on emploie dans l'écriture, pour exprimer un son que forme quelquefois la voix, lorsqu'on appelle quelqu'un: _st, st, venez ici tout de suite_.—Il se prononce _sit, sit_, et on ne fait sentir l'_i_ que très-faiblement (Acad.)

2. _St_ (_terminaisons en_): voyez _t_.

=Stagnant, ante=, qui ne coule point: eau stagnante.—Stagnation, s. f., état de ce qui ne coule point et au figuré, _stagnation des affaires_, affaires de commerce qui languissent, qui sont suspendues.—Dans ces deux mots, _gn_ se prononce dur.

=Staminet=, s. m., cabaret; écrivez et prononcez _estaminet_: _les estaminets de Bruxelles sont élégants_.

=Stathouder=, s. m., chef de l'ancienne république de Hollande; prononcez _stade-houdère_ ou _stade-oudère_.

=Statue=, s. f.: écrivez et prononcez _statu_ et non _estatue_. Voyez _ée, ie, oue, ue_.

=Steam-boat=, s. m., bateau à vapeur: prononcez _stime-bote_.

=Steamer=, s. m., bateau à vapeur: prononcez _stimère_ ou _stémère_.

=Steeple-chase=, s. f., mot anglais, course à cheval faite à travers des obstacles: prononcez _stipel-tchèsse_.

=Stentor=, s. m., nom d'un guerrier grec au siége de Troie, et dont la voix, dit-on, faisait seule plus d'effet que celle de cinquante hommes: _il a une voix de stentor_; ne dites pas _une voix de centaure_. L'Académie écrit _stentor_ avec une petite _s_.

=Sterling=, s. m., monnaie d'Angleterre; il ne se dit point seul et il est invariable: _cinquante livres sterling_;—la _livre sterling_ vaut vingt-cinq francs;—prononcez _sterlain_.

=Stigmate=, s. masculin, marque que laisse une plaie, cicatrice: _il porte les stigmates de la petite vérole_.—_Stigmatiser_, v. a., marquer avec un fer rouge, etc.: le _g_ se prononce dur dans ces mots.—On écrit aussi, mais rarement, _stygmate, stygmatiser_.

=Stockfisch=, s. masculin, sorte de morue salée et séchée à l'air; on prononce et l'on écrit aussi _stokfiche_.

=Store=, s. m., sorte de rideau qui se lève et se baisse; ce mot est masculin: _des stores élégants_.

=Stras=, s. m., composition qui imite le diamant; prononcez _strâce_: on n'écrit pas _strasse_.

=Strict, icte=, adj., étroit, resserré, sévère: on prononce le _c_ et le _t_ final: _strik'te_. Voyez _finales_, _q_ et _t_.

=Subitement=, adv.—Dites, _cet homme est mort subitement_ et non, _est mort subite_.

=Subjonctif=, s. m., mode verbal.—C'est une faute d'employer le _présent_ pour l'_imparfait_ du subjonctif: _il faudrait que je retourne à pied_; dites, _il faudrait que je retournasse à pied_.—Sans doute, beaucoup de personnes se servent de cette tournure pour éviter les formes disgracieuses de certains imparfaits du subjonctifs, terminés en _asse, insse_, etc.—Quoi qu'il en soit de cette raison d'euphonie, elle ne nous paraît pas suffisante pour se dispenser des règles touchant la concordance des temps du subjonctif avec ceux de l'indicatif; au surplus, dans les cas où l'oreille serait affectée d'une manière désagréable, nous conseillons de faire disparaître le subjonctif en recourant à un autre tour de phrase; ainsi au lieu de dire, _il faudrait que je retournasse à pied_, dites simplement, _il me faudrait retourner à pied_.—Voyez _conditionnel_ et _imparfait_.

=Subsister=, _subsistance, subside, subséquent_: prononcez _subcister, subcistance, subcide, subcéquent_ et non _subzister, subzistance, subzide, subzéquent_.

=Substance=, _substantiel, substituer_, etc.; faites sentir l'_s_ qui suit le _b_: _subs'tance_ et non _subtance_.

=Substanter=, v. a., entretenir la vie au moyen des aliments: ce mot n'est pas français; dites _sustenter_: _il n'a pas de quoi se sustenter_.

=Subtiliser=, v. a., tromper, attraper: ce mot est français: _c'est un voleur qui en subtilise un autre_.

=Subvenir=, v. n., secourir, soulager: dans ses temps composés il prend toujours l'auxiliaire avoir: _on a subvenu à ses besoins_.

=Sucandi=, n'est pas français; dites, _sucre candi_.

=Succade=, n'est pas français; dites, _sucrerie_: _cet enfant est malade parce qu'il mange trop de sucrerie_, et non, _trop de succades_.

=Succession=, s. f.—Prononcez _suk-cession_ et non _su-cession_.

=Succès=, s. m., réussite, avantage, prononcez _sukcè_ (_è_ long).

=Succinct, incte=, adj., =succinctement=, adv.—On fait sentir les deux premiers _c_, en séparant les syllabes _suc-cinct_, mais le dernier _c_ est nul;—le _t_ de _succinct_ se prononce.

=Succomber=, v. n.—Il prend toujours _avoir_ dans ses temps composés: _il a succombé glorieusement_.

2. On dit _succomber sous_, lorsque le complément est représenté comme un poids qui nous accable, qui nous fait ployer: _succomber sous le poids, sous le faix, sous le travail_. (Acad.)

3. On dit _succomber à_, pour signifier, céder à, se laisser aller à: _succomber à la douleur, à la tentation_. (Idem.)

=Sucre=, s. m., suc très-doux qu'on tire de la canne à sucre, de la betterave: prononcez _sucre_ et non _suc_ ni _sukère_.

2. Ne dites pas _du sucre andi_ pour signifier du sucre dépuré, cristallisé; dites, _du sucre candi_.

=Sucrer=, v. a.—On sucre l'eau, le lait, le café, les fraises, mais on ne se sucre pas soi-même; vous ne direz donc pas à vos convives: _sucrez-vous, êtes-vous sucré_, mais, _sucrez votre café, votre thé_, etc.; _votre café, votre thé est-il sucré, avez-vous pris du sucre_, etc.

=Suer=, v. n.—Ne dites pas, _faites suer le linge au soleil_; dites _faites sécher..._—Prononcez _suer_ et non _su-wer_.

=Sueur=, s. f., liquide qui sort des pores: prononcez _sueur_ (_ueu_ diphth.) et non, _su-eur_ ni _su-weur_.

=Suffisant, ante=, part. et adj. verb.—_Assez suffisant_ est un pléonasme vicieux; dites donc, _vos raisons sont suffisantes_, et non _assez suffisantes_.—Prononcez _suffizant_ et non _suffissant_.

=Suggérer=, v. a., insinuer, inspirer: prononcez _sugh'gérer_ (le premier _g_ est dur).

=Suggestion=, s. f., instigation: prononcez _sugh'jesthion_ (le premier _g_ est dur et _ti_ se prononce comme dans _question_); ne prononcez pas _suggécion_.

=Suicider= (=se=), v. pr., se tuer, se donner la mort.—L'Académie n'a pas admis ce mot, attendu qu'il présente étymologiquement, un pléonasme ridicule; mais l'usage n'a pas tenu compte de l'arrêt de la cour suprême ni des prescriptions du bon sens; et cette expression est aujourd'hui généralement reçue malgré les lamentations de quelques grammairiens boudeurs.

=Suicidé=, qui s'est donné la mort.—Ce mot n'est pas français; il faut dire _suicide_: _autrefois le corps des suicides était traîné sur la claie_.—Prononcez _suicide, suicider_ (_ui_ diphth.) et non _su-wicide, su-wicider_.—Voyez _ue_.

=Suie=, s. f., =Suif=, s. m.—La _suie_ est une matière noire qui s'attache à l'intérieur de la cheminée.—Le _suif_ est la graisse de mouton ou de bœuf dont on se sert pour faire la chandelle: _chandelle de suif_; _de la suie de cheminée_ et non _du suif_ ni _du soufre de cheminée_.—Prononcez _sui, suif_ (_ui_ diphth.) et non _soui, souif_.

=Suite=, s. f.—_De suite, tout de suite_.—_De suite_, loc. adv., l'un après l'autre, sans interruption: _faites-les marcher de suite; j'ai reçu vingt visites de suite; il ne saurait dire deux mots de suite_. Il se dit encore de l'ordre dans lequel les choses doivent être rangées: _ces livres, ces médailles ne sont pas de suite; mettez-les, rangez-les bien de suite_.—_Tout de suite_, autre loc. adv., signifiant sur-le-champ, aussitôt, sans délai: _il faut que les enfants obéissent tout de suite; il faut aller chercher tout de suite le médecin_.—La différence entre le sens de ces deux locutions n'est pas tellement marquée qu'on ne puisse, dans beaucoup de circonstances, les prendre l'une pour l'autre. En effet, combien de phrases où _sans délai_ et _sans interruption_ présentent absolument le même résultat! C'est ce que reconnaît très-bien l'Académie:—_tout de suite_, dit-elle, signifie aussi _sans interruption_: _il but trois rasades tout de suite; il a couru vingt postes tout de suite_. Dans ce sens, ajoute-t-elle, souvent on dit simplement de suite.—Quoi qu'il en soit, il vaut mieux ne pas confondre ces deux locutions et leur conserver leur signification propre; la clarté du langage n'a qu'à y gagner.

2. Ne dites pas, _toute de suite_ pour _tout de suite_.

3. _De suite que_.—Ne dites pas, _je vous préviendrai de suite qu'il sera venu_; dites, _dès qu'il sera venu, aussitôt qu'il sera venu_.

=Suivre=, v. a., fait au part. passé, _suivi_ et non _suit_: _il m'a suivi_ (et non _suit_) _toute la journée_.

=Sujet=, s. m.—Ce mot ne peut pas s'employer dans le sens de domestique: _il change tous les jours de domestiques_, et non, _de sujets_.

=Sujétion=, s. f., dépendance, assiduité: prononcez _sujécion_.

=Superstition, Superstitieux.=—Prononcez _supers'ticion, supers'ticieux_ (en faisant sentir la seconde _s_), et non, _superticion, superticieux_.

=Suppléer=, v. a.—_Suppléer quelque chose_, c'est l'ajouter, le fournir, lorsqu'il manque; fournir ce qu'il faut de surplus, et dans ce cas on ajoute une chose de même nature: _il lui manquait six mille francs, son père les a suppléés_; _suppléer ce qui manque dans un auteur_, c'est-à-dire, remplir les lacunes qui se trouvent dans ses ouvrages.—_Suppléer à quelque chose_, c'est le remplacer, en réparer l'absence, le défaut, c'est-à-dire, remplacer cette chose par un équivalent; _dans les temps de disette, on supplée au pain par le riz et par les pommes de terre; la valeur supplée au génie_. Ici la chose qui remplace n'est pas de la même nature que la chose remplacée.

2. Quand il se dit des personnes, _suppléer_ est toujours actif;—_suppléer quelqu'un_, c'est tenir sa place, faire ses fonctions: _si vous ne pouvez venir, je vous suppléerai_.—Prononcez _suplé-er_ et non _suplé-ïer_.

=Suprématie=, s. f., supériorité: prononcez _suprémacie_.

=Sûr= et =sur=.—_Sûr_, signifiant certain, s'écrit avec l'accent circonflexe;—_sur_, qui a un goût acide et aigret et _sur_ préposition, s'écrivent sans accent circonflexe.

2. _Sûr_, adj., ne peut pas s'employer pour _sûrement, certainement_: _j'irai vous voir certainement demain_, et non _sûr demain_.

3. _Sur_, prép.—Ce mot donne lieu à beaucoup _d'omnibus_.—Ne dites pas: _sur la rue, sur la foire, sur une chambre, sur le grenier, sur le monde, sur un jour, sur un dimanche, sur une fois, jouer sur le piano, sur le violon_, etc.; dites, _il est dans la rue_, ou _en rue_, _à la foire, il a acheté ce cheval à la foire, dans une chambre, (il demeure dans une chambre garnie), au grenier, (il est monté au grenier), dans le monde, (il y a beaucoup de dangers dans le monde), un jour, un dimanche, une fois (j'irai vous voir une fois, un jour, un dimanche); il joue bien du piano, du violon_.

4. Ne dites pas, _j'ai lu cette nouvelle sur le journal, sur la gazette, sur un cahier_; dites _dans le journal, dans la gazette, dans un cahier_. (Wall.)

5. Ne dites pas, _mon père écrit sur un bureau_, mais, _dans un bureau_. (Wall.)

6. Ne dites pas, _j'ai fait la route sur trois heures_; mais, _en trois heures_. (Wall.)

7. Ne dites pas: _Ce monsieur vit sur ses rentes_, mais, _de ses rentes_. (Wall.)

8. Ne dites pas: _il est fâché sur vous_, _il est mécontent sur vous_ ou _après vous_; dites, _il est fâché contre vous, il est mécontent de vous_. (Wall.)

9. Ne dites pas: _faites bouillir cela sur un litre d'eau_; dites, _dans un litre d'eau_. (Fland.)

10. Ne dites pas: _il a changé ses tableaux sur des meubles_, mais, _contre des meubles_.

11. Cependant l'usage permet de dire: _tirer sur quelqu'un; sur la fin de l'hiver; il y a deux fenêtres sur la rue_; _je m'y rendrai sur les neuf heures_ (vers les neuf heures).

12. Ne dites pas: _sur le temps que vous irez en ville, j'écrirai ma lettre_; dites, _pendant que vous irez..._ (Wall.)

13. Ne dites pas: _le professeur en a toujours sur moi, tandis qu'il laisse faire les autres_; dites, _le professeur m'avertit, me gronde, me punit toujours, tandis que..._ (Wall.)

14. Ne dites pas: _il a beaucoup appris sur le peu de temps qu'il a étudié_, dites, _il a beaucoup appris pour le peu de temps qu'il a étudié_. (Wall.)

15. Ne dites pas: _sur cela, il est aisé de conclure que..._ dites, _d'après cela, il est aisé de conclure_.

=Surdité=, s. f., état sourd; ne dites pas _sourdité_.

=Surfaire=, v. a., demander un prix trop élevé; il se conjugue comme _faire_: _vous surfaites_.

=Surjet.=—Ce mot, fort en usage pour désigner _la bonne mesure, le bon pieds_, n'est pas français.

=Surlouer=, n'est pas français; dites _sous-louer_: _j'ai sous-loué la maison_ et non, _... surloué_.

=Surplis=, s. m., =Rochet=, s. m., vêtement d'église, ordinairement en toile et qui couvre le corps jusqu'au jambes; les manches du surplis sont très larges, tandis que celles du _rochet_ sont des manches ordinaires: ne dites pas _suplis_ ni _supplice_.

=Surpris, e, Surprenant, te.=—Ne dites pas: _vous êtes surpris, il est surprenant qu'il n'a pas fait votre commission_; dites, _qu'il n'ait pas fait..._ (_subj._)

=Sus=, prép., sur; il n'est guère usité que dans cette phrase: _courir sus à quelqu'un_.

2. _En sus_, adv. au delà, en outre: _il a touché des gratifications en sus de ses appointements_.

3. _Sus_, interj. famil. dont on se sert pour exhorter, pour exciter: _sus, mes amis, sus donc, levez-vous; or sus, dites-nous..._ Prononcez _suce_ et non _su_.

=Susceptible=, adj., =Capable=, adj.—_Susceptible_, capable de recevoir certaine qualité, certaine modification; il se dit également des personnes et des choses: _la matière est susceptible de toute sorte de formes; l'esprit de l'homme est susceptible de bonnes, de mauvaises impressions; susceptible d'amour, de haine, susceptible du bien et du mal_.—Il diffère de _capable_; en ce qu'il s'emploie toujours dans le sens passif, tandis que _capable_ a un sens actif.—_Capable_, dans le sens de, _qui est en état de faire une chose, qui a les qualités requises pour_, se dit des choses aussi bien que des personnes, contrairement à l'opinion de certains grammairiens: _seriez-vous capable de porter ce fardeau? votre cheval n'est pas capable de traîner cette voiture; cette digue n'est pas capable de résister à la violence des flots_. (Acad.)—Mais _susceptible_ ne peut pas s'employer dans ce sens; ne dites donc pas: _il est susceptible de se tromper comme un autre_; dites, _il est capable de, il peut se tromper..._

2. _Susceptible_ se dit absolument des personnes, et signifie, qui est facile à blesser, qui s'offense aisément: _un esprit, un caractère, un homme susceptible_.

=Susmentionné=: ce mot n'est pas français; dites, _mentionné ci-dessus_.

=Suspect, ecte=, adj., qui est soupçonné ou qui mérite de l'être; on prononce le _c_ et le _t_: _suspek-te_.

=Syllabe=, _syllabique, syllabaire, monosyllabe_, etc., _syllepse, syllogisme_: dans tous ces mots, prononcez les deux _ll_.

=Symptôme=, s. m., signe, accident dont on tire quelque présage: _des symptômes de fièvre_; prononcez le _p_: _cimp'tôme_ (_ô_ long).

=Synode=, s., conseil épiscopal, ce mot est masculin: _le synode doit statuer prochainement sur cette affaire_.

=Synonymes, Homonymes, Paronymes=, s. m.—On donne le nom de _synonymes_ aux mots qui ont une signification à peu près semblable, comme _épée, glaive_;—les _homonymes_ sont les mots qui se prononcent de la même manière, mais qui ont une signification différente: _saint, sain, sein, seing_;—les _paronymes_ ont une prononciation _à peu près_ semblable: _bayer, payer_; _boule, poule_.

=Syrop=, s. m.—On écrit ordinairement _sirop_: voyez ce mot.

T

=T= ou =Te=, placés à la fin des mots et précédés d'une _s_ doivent se faire sentir dans: _Ernest, lest, les-te, res-te, pos-te, pis-te, cas-te, Augus-te, subsis-te, résis-te, Baptis-te, évangélis-te, catéchis-te, calvinis-te, modis-te_, etc.—Ce serait une faute grossière que de supprimer le _t_ et de prononcer: _Ernesse, lesse, resse, posse, pisse, casse, Augusse, subsisse, résisse, Baptisse, évangélisse, catéchisse, calvinisse, modisse_.

2. _T final._—Il ne se fait sentir que dans un très-petit nombre de mots ordinaires: _bat_, queue de poisson (et non _bât_, selle pour les bêtes de somme), _fat, mat_, adjectif, _cobalt, opiat, et cætera, fret, accessit, déficit, transit, granit_, l'adverbe _soit_ (à la bonne heure), _dot, but, brut, lut, ut_, note de musique (il est muet dans _bahut_), _caput, sept, huit, indult, fait_ dans l'expression _voies de fait_; quelques grammairiens ajoutent _immédiat_ et _net_.

3. Par décision du 11 mars 1819, l'Académie a décidé que le _t_ serait maintenu dans le pluriel des mots terminés en _ant, ent_, soit afin de distinguer le pluriel de _serments, parents_, etc., de ceux d'_examens, païens_, etc., soit afin de faire connaître le singulier des mots auxquels ils appartiennent.

=Tabac=, s. m.: prononcez _taba_ et non _tabak_.

=Tabatière=, s. f., boîte à tabac: voyez _boîte_.—Prononcez _taba-tière_ et non _tabatchi-ère_: voyez _ti_.

=Table=, s. f.: prononcez _ta-ble_ (_a_ bref). et non _tâble_, ni _tape_ ni _tabèle_.

2. Ne dites pas, _le dîner est à table_; dites, _le dîner est servi_.

=Tablée=, s. f., réunion de personnes autour d'une table: _une tablée d'amis_;—ce mot se trouve dans les dictionnaires, mais il n'est pas admis par l'Académie.

=Tablier=, s. m., pièce de toile, etc., qu'on met devant soi: prononcez _tablier_ et non _tabilier_ ni _tabellier_.

=Tacet=, s. m., terme de musique, silence: prononcez le _t_ final: _tacette_.

=Tache=, s. f., souillure: _il a des taches sur son habit_ (et non _dans son habit_);—_tacher_, v. a., faire des taches: _tacher du linge avec de l'encre_.—L'_a_ est bref dans ces deux mots, ainsi que dans _tacheter_, qui signifie, barioler, marquer de diverses taches: _le soleil lui a tacheté_ (et non _taché_) _le visage_.

2. _Taché_, part. pas.—Ne dites pas, _Jean est taché de la petite vérole_; dites, _... est marqué_.

3. Ne dites pas, _du papier de tache_ ni _du papier buvard_; dites, _du papier brouillard_.

4. =Tâche=, s. f., ouvrage, occupation: _remplir sa tâche_;—_tâcher_, v. n., s'efforcer, viser à:—l'_â_ est long et est marqué d'un accent circonflexe dans ces deux mots.

5. _Tâcher_, v. n., prend _à_ quand il signifie _viser à_: _il tâche à m'embarrasser_.—Mais lorsque _tâcher_ exprime les efforts que l'on fait pour venir à bout de quelque chose, il prend _de_: _je tâcherai de vous satisfaire_.—Il est mieux de dire _tâcher de_ que _tâcher que_: _je tâcherai de vous contenter_, et non, _je tâcherai que vous soyez content_.

=Tact=, s. m., toucher, l'un des cinq sens; prononcez le _c_ et le _t_ final: _tak-te_. Voyez _finales_, 2. et _t_.

=Taie=, s. f., sorte de sac qui enveloppe un oreiller; ne dites pas _une tête d'oreiller_, mais _une taie d'oreiller_.

2. _Taie_, s. f., certaine tache blanche et opaque qui se forme quelquefois sur l'œil: _il a une taie sur l'œil, sur la cornée_: prononcez _taî_, et non _tai-ïe_.—_Fleurette_ ou _florette_ n'est pas français.—Voyez _dragon_.

=Taillant=, s. m., le tranchant d'un couteau, d'une hache, d'un sabre, etc.; ce mot est français: _prendre un couteau du côté du taillant_.

=Taille=, s. f., se dit chez les boulangers, les bouchers, etc., d'un petit bâton fendu en deux parties égales, sur lesquelles le vendeur et l'acheteur font des coches ou petites entailles, pour marquer la quantité de viande, de pain que l'un fournit à l'autre: _prendre à la taille le pain chez le boulanger_. (Acad.)—On peut dire également _coche_ (s. f.); mais _hoche_ n'est pas français.

2. Ne dites pas: _salon pour la taille des cheveux_; dites, _salon pour la coupe des cheveux_:—on _taille_ les pierres, les arbres, etc., et on _coupe_ les cheveux.

3. Ne dites pas: _voilà une belle taille de robe_; dites, _voilà un beau corsage_.

=Tailleuse=, s. f., se dit quelquefois pour _couturière_, celle qui taille et coupe les vêtements de femme. (BESCHERELLE, POITEVIN.)—Employez de préférence le mot _couturière_.

=Tain=, s. m., mélange d'étain et de vif-argent que l'on applique derrière les glaces pour en faire des miroirs: _le tain de ce miroir est enlevé_; dites _le tain_ et non _l'étain_.

=Tais-toi, Taisez-vous.=—Termes ridicules que certaines personnes intercalent à chaque instant dans la conversation; ces mots n'ajoutent rien au sens de la phrase; il suffit presque toujours de les supprimer, en changeant le ton de la voix; on peut aussi les remplacer par un des mots suivants: _certainement, n'est-ce pas, mais, comptez, voyez_, etc.: _il fait bien chaud aujourd'hui!—oh! oui, certainement_ (et non _taisez-vous_). (Wall.)

=Talent=, s. m.—On dit _un homme de talent_ et non _un homme à talent_.

=Talus=, s. m., pente, inclinaison de haut en bas que l'on donne à un terrain, etc.; prononcez _talu_ et non _taluce_.

=Tambour de basque=, s. m., petit tambour à un seul fond, entouré de grelots; ne dites pas _tambour de basse_.

2. _Tambour_, s. m.—On bat _du tambour_ et non _le tambour_.

=Tandis que=, conj.:—on fait sentir légèrement l'_s_, _tandisse que_ et non _tandi que_.—Voyez _pendant que_.

=Tant=, adv.—Ne dites pas _tant qu'à moi_ ni _pour tant qu'à moi_ au lieu de _quant à moi, pour moi_:—_quant à moi, je ne l'ai point vu_.

2. Ne dites pas _tant pire_, mais _tant pis_, comme on ne dit pas, _tant meilleur_, mais _tant mieux_.—Voyez _pire_.

3. Ne dites pas, _un tant soit peu_, mais _tant soit peu_: _attendez tant soit peu; donnez-en, mettez-en tant soit peu_.

=Tantième=, s. m.—Ne dites pas: _je ne sais pas au juste le tantième de son traitement_; dites, _le chiffre de son traitement_.

=Taon=, s. m., sorte de grosse mouche qui s'attache surtout aux animaux: prononcez _ton_ et non _ta-on_. (Acad.)

=Taper=, v. a., donner des tapes: _il l'a tapé, je vous taperai_.—On dit aussi _taper du pied_; _voilà une réponse bien tapée, un mot bien tapé_.—Mais il ne faut pas employer ce verbe comme synonyme de _jeter_.

=Tapis, Tapisserie, Papier de couleur.=—Un _tapis_ est une pièce d'étoffe, de toile cirée, etc., dont on couvre une table, le parquet d'une chambre.—La _tapisserie_ est un ouvrage ordinairement fait à l'aiguille ou au métier, et qui sert à revêtir et à parer les murs. Lorsque la tapisserie est de papier, on l'appelle plus ordinairement _papier peint_ ou _papier-tenture_ ou _papier de tapisserie_ (mais jamais _tapis_).—On nomme _papier de couleur_ le papier coupé en feuilles, de couleur rouge, jaune, marbrée, jaspée, etc., dont se servent principalement les relieurs.

=Tapissier, sière=, s. qui travaille en toutes sortes de meubles, d'étoffes, etc.; ne dites pas _tapisseur_.

=Taque= _de cheminée_, grande plaque de fer ou de fonte qu'on applique au fond d'une cheminée; ce mot n'est pas français, dites, _plaque de feu_ ou _plaque de cheminée_. (Wall.)

=Taquiner=, v. a.—Ne dites pas, _cette affaire le taquine_; dites, _l'inquiète, le tourmente_:—taquiner, tourmenter, impatienter pour de minces sujets, ne peut avoir pour sujet qu'un nom de personne: _il m'a taquiné tout un jour_.

=Tarder=, v. n.—On peut dire _tarder de_, mais l'usage préfère _tarder à_: _il tarde à venir_. (Acad).—Employé impersonnellement, ce verbe régit _de_, quand c'est un infinitif qui suit: _il me tarde d'achever mon ouvrage_. (Acad.)

=Targette=, s. f.:—Voyez _cliche_.

=Tarlarigot= ou =Tallarigot=, (_boire à_): il faut dire _boire à tire-larigot_—Ce terme n'est employé que dans la phrase proverbiale et populaire: _boire à tire-larigot_, boire excessivement; quelques-uns prétendent qu'il faudrait écrire _tire la rigaud_. (Acad.)

=Tarte=, s. f., pièce de pâtisserie: _tarte à la crème, aux cerises_.—_Tartre_, s. masculin, dépôt terreux et salin produit dans les tonneaux par la fermentation du vin;—sédiment crayeux et salin qui s'attache aux dents: _il y a beaucoup de tartre sur vos dents_.—Prononcez _tar-tre_ et non _tarte_ ni _tartère_.

=Tartine=, s. f., tranche de pain recouverte de beurre, de confitures, etc.: _tartine de beurre, de confitures_;—ce mot est français.

=Tasson.=—Ce mot n'est pas français; dites _têt_ et mieux _tesson_, débris de bouteille cassée, de pot cassé: _il s'est blessé en marchant sur un tesson de bouteille_.

2. Ne dites pas _tesson_, pour désigner un _blaireau_. (Wall.)

=Tatouage=, s. m., action de tatouer, c'est-à-dire de barioler, peindre le corps de diverses couleurs, etc.: (_oua, oue_ sont diphth.)—Ne prononcez pas _tatou-wage, tatou-wer_.—Voyez _oue_ et _ue_.

=Taupe=, s. f.: prononcez _tôpe_ (_ô_ long).—_Au_ se prononce toujours _ô_ long, excepté: 1º devant un _g_ dur (_gue_) ou _to_: _augure_ (_ogur_), _auguste_ (_oguste_), _automne_ (_otone_);—2º devant _st_: _caustique_ (_costique_), _austère_ (_ostère_);—3º devant _r_: _Laure_ (_Lore_), _taure_ (_tore_);—mais _vaurien_ (vaut rien) se prononce _vôriain_ (_ô_ long).

=Te Deum=, s. m., cantique de l'Église qui commence par ces mots; au pluriel, des _Te Deum_.—L'Académie écrit _Te Deum_, sans trait d'union et avec deux majuscules.—Prononcez _té déome_ et non _té dé-ïome_.—V. _i_.

=Tel et tel.=—Ces adjectifs ainsi que le substantif qui les suit, s'emploient au singulier ou au pluriel, selon qu'on peut les faire précéder de _un_ ou de _de_: _par telle et telle_ (par une telle et une telle) _raison_; _il m'a dit telle et telle chose; avoir telle et telle qualité; à telles et telles_ (à de telles et de telles) _conditions_.

2. Ne dites pas: _combien coûte un tel livre?_—dites, _combien coûte tel livre_ ou _ce livre?_

3. Ne dites pas: _un homme tel qu'il soit, ne me fait pas peur_; dites, _un homme, quel qu'il soit, ne me fait pas peur_.—_Tel_ a un sens positif et précis et gouverne l'indicatif: _tel qu'il est, ce livre est à peine lisible_.

=Tèle=, n'est pas français; dites, _une écuelle, une terrine_, et non _une tèle_.

=Tellement que.=—Ne dites pas: _il n'a point d'habits pour se couvrir, tellement qu'il est malheureux; il a fait des progrès étonnants, tellement qu'il est appliqué à l'étude_;—dites, _tellement il est malheureux, tant il est malheureux_;—_tellement il s'est appliqué à l'étude, tant il s'est appliqué à l'étude_ (en supprimant le _que_).

=Témoin, à témoin.=—_Témoin_ est invariable au commencement d'une proposition: _votre frère est un bon élève, témoin les prix qu'il remporte chaque année_.—_A témoin_ est invariable dans tous les cas, parce que, dans chaque expression, _témoin_ est une abréviation de témoignage: _je vous prends tous à témoin_.—Partout ailleurs, _témoin_ est substantif et par conséquent variable: _les témoins ont comparu; je vous prends pour témoins, Messieurs_.—Ce mot s'emploie aussi, sans changer de genre, en parlant d'une femme: _cette femme est un bon témoin_.

=Tempe=, s. f., la partie de la tête qui est depuis l'oreille jusqu'au front: _la tempe droite_; ne dites pas _le temple_ ni _la temple_.

2. Ne dites pas non plus: _les tempes de la tête_; le mot _tempe_ indique assez qu'il s'agit de la tête; dites simplement _les tempes_.

=Tempester=, n'est pas français; il faut dire _tempêter, pester_: _tempêter contre quelqu'un; tempêter pour rien, à propos de rien; c'est un homme qui peste toujours contre l'autorité; il ne fait que pester_.

=Temporaire, Temporel, elle=, adj.—_Temporaire_ signifie momentané;—_temporel_, périssable: _les biens de ce monde sont temporels; cette défense est sévère, mais elle n'est que temporaire_.

=Temps=, s. m.—Le _p_ ne se prononce pas, mais c'est une faute que de le supprimer dans l'écriture, comme le font quelques personnes.

2. Ne dites pas d'une personne, _qu'elle a bien le temps_, pour signifier qu'elle est assez riche; dites, _qu'elle est dans l'aisance, qu'elle a de la fortune_.

3. Ne dites pas: _en deux heures de temps, en trois mois de temps, en quatre années de temps_; dites simplement, _en deux heures, en trois mois, en quatre années_.

4. Ne dites pas: _j'ai tout le temps de faire mes devoirs, je ne suis pas si pressé_; dites, _j'ai le temps, j'ai encore le temps de..., j'ai assez de temps, il me reste assez de temps pour faire mes devoirs..._ (Wall.)

5. Ne dites pas: _j'ai le temps long de voir arriver cette belle fête; j'ai le temps long, je m'ennuie_;—dites, _il me tarde, je me réjouis de voir arriver cette belle fête; le temps me paraît long, le temps m'est long, je m'ennuie_. (Wall.)

6. Ne dites pas: _j'ai vu le temps que les enfants avaient un grand respect pour leur parents_; dites, _j'ai vu le temps où les enfants..._ (Wall.)

7. Ne dites pas: _dans le temps ce n'était pas comme ça_; dites, _autrefois, anciennement, jadis_, selon que l'époque est plus ou moins éloignée. (Wall.)

8. Ne dites pas: _je n'ai pas le temps pour étudier_; dites, _je n'ai pas le temps d'étudier_. (Fland.)

9. On dit _de temps en temps_ et _de temps à autre_ (quelquefois). (Acad.)

=Ténacité=, s. f., qualité de ce qui est tenace, opiniâtreté; ne dites pas _tenacité_, quoiqu'on dise _tenace_.

=Tendant=, est adjectif verbal, lorsqu'il signifie _qui tend à_; il est participe présent, lorsqu'on peut le remplacer par, _étant fait pour_: _des discours tendants à prouver; une requête tendante à ce qu'il plaise à la cour; semer des libelles tendants à la sédition_;—_ces discours ne tendant point à éclaircir la matière, il convient..._

=Tendre=, v. a.—On dit, _tendre des filets_, _tendre_ ou _dresser un piège_, _tendre_ ou _dresser des embûches_.

=Tendreté=, s. f., qualité de ce qui est tendre; il se dit seulement des viandes, des fruits, des légumes: _la tendreté d'un gigot, d'un lièvre; la tendreté de ces légumes, de ces fruits_.

=Tendron=, s. m., cartilages à l'extrémité de la poitrine de quelques animaux; on dit _des tendrons de veau_ et non _des tendons de veau_.

=Tendue=, s. f., action de tendre des piéges, des filets: _aller à la tendue_; il se dit aussi de la place, de l'endroit où l'on a tendu des piéges, des toiles, des filets: _ma tendue se trouve sur telle campagne_.—On dit plus généralement _tenderie_, que quelques-uns écrivent abusivement _tendrie_.

=Ténèbres=, s. féminin pluriel: _les ténèbres sont épaisses_.

=Tenir=, v. a.—Ne dites pas, _il faut tenir de soi_; dites, _il faut se respecter, avoir de la dignité; il faut garder son quant-à-soi_. (Wall.)

2. Ne dites pas: _cet homme ne se tient pas de soi_; dites, _... ne se respecte pas, ne conserve, ne garde pas sa dignité_.

3. Ne dites pas, _tenir sa tête droite_, pour, _se porter bien, conserver sa santé_:—_portez-vous bien, conservez votre santé_, et non, _tenez_ ou _tâchez de tenir votre tête droite_. (Fland.)

4. Ne dites pas d'une personne riche, _qu'elle tient voiture_; dites, _qu'elle a équipage_ ou _qu'elle a un équipage_.

5. Ne dites pas: _cet homme a tenu des emplois considérables_; dites, _a occupé, a rempli..._

6. Ne dites pas: _cet acteur ne pourra tenir son rôle_; dites, _ne pourra remplir_ ou _conserver, garder_, selon le sens.

7. Ne dites pas, _il ne tient pas d'aller à la promenade_; dites, _il ne tient pas à aller à la promenade_. (Wall.)

8. Ne dites pas: _je n'ai pas besoin de mon chien, tenez-le avec_; dites simplement, _gardez-le_.

9. Ne dites pas: _on ne peut tenir les rossignols en hiver, le froid les fait périr_; dites, _on ne peut conserver les rossignols..._

10. Ne dites pas: _j'aime à tenir des lapins à la campagne_; dites, _j'aime à avoir, à soigner, à élever, à nourrir des lapins..._ (Wall.)

11. Ne dites pas: _je ne me tiens pas à ce que tu dis, car tu mens_; dites, _je ne m'en tiens pas_ ou _je ne m'arrête pas à ce que tu dis..._

=Ténor=, s. m., (et non _ténore_, mot italien): voix de taille, chanteur; au pluriel _des ténors_.—_Taille_, signifiant _ténor_, n'est presque plus usité. (Acad.)

=Tentatif, ive=, adj.—Ne dites pas: _ce fruit est tentatif_; dites, _ce fruit est appétissant_.

=Terme=, s. m.—Ne dites pas: _je ne sais pas s'il le disait à terme de plaisanterie_; dites, _en plaisantant, par plaisanterie_.

2. Ne dites pas: _à terme de plaisanter, il parle très-sérieusement_; dites, _au lieu de_ ou bien _loin de plaisanter..._

=Terre= (_à_ ou _par_).—Ne dites pas: _Jean est tombé à terre de tout son long_; dites, _est tombé par terre..._—Voyez _tomber_.

=Terriblement=, adv., signifie, dans le langage familier, _extrêmement, excessivement_:—_il pleut, il neige extrêmement; gagner terriblement au jeu; perdre terriblement; manger terriblement; il étudie terriblement; il parle terriblement; il est terriblement ennuyeux_. (Acad.)

=Tertre=, s. masculin, éminence de terre dans une plaine, colline, monticule: _tertre couvert de gazon_; prononcez _ter-tre_ et non _terte_ ni _tertere_.

=Testament=, s. m.—_Ancien Testament_ (avec deux majuscules et sans trait d'union), les livres saints qui ont précédé la naissance de J.-C.—_Nouveau Testament_ (avec deux majuscules et sans trait d'union), les livres saints postérieurs à la naissance de J.-C.

=Tétanos=, s. m., convulsion permanente des muscles: prononcez _tétanôce_.

=Tétard=, s. m., petit de la grenouille; prononcez _tétare_.

=Tête=, s. f.; voyez _taie_.

2. On ne dit pas, _la tête d'un sanglier, d'un saumon, d'un brochet_: on dit _la hure_.

3. Ne dites pas: _je ne sais où donner la tête_; dites, _je ne sais où donner de la tête_.

4. _En faire à sa tête, n'en faire qu'à sa tête_, c'est se conduire à sa guise, sans consulter personne, sans tenir compte de l'avis des autres. (Acad.)

5. _Tête à tête_, loc. adv., seul à seul: _parler tête à tête_: on l'écrit sans traits d'union.—_Tête-à-tête_, s. m., s'écrit avec des traits d'union, et alors il se dit d'une conversation, d'une entrevue seul à seul: _un long tête-à-tête; de fréquents tête-à-tête_.

6. _En tête_, s. masculin (style admin.), ce qui s'écrit en tête d'une lettre, d'un tableau: _faire imprimer des en tête de lettres; écrire l'en tête d'un tableau_: ce mot est invariable.

=Tétière= _de lit_, partie du lit sur laquelle repose la tête: ce mot n'est pas français; il faut dire _chevet_.

=Texte=, s. m., les propres paroles d'un auteur, etc. _l'avocat a rapporté le texte de la loi_.—Prononcez l'_x_ et le _t_: _teks-te_ et non _texe_. Prononcez également l'_x_ dans ses dérivés, _textuel, textuellement_, etc.

=Taler=, s. m.:—voyez _daler_.

=Thé=, s. m.—C'est à tort qu'on appelle ainsi toute herbe propre à faire de la tisane; il faut dire _herbe médicinale, herbe à tisane_.

2. _Thé_, s. m., se dit de l'arbrisseau qui produit le thé et de l'infusion de thé; il se dit également d'une collation dans laquelle on sert du thé. (Acad.)—Mais ce mot n'est pas français, quand il s'agit de l'eau dans laquelle on a fait bouillir ou infuser de l'orge, de la réglisse, du chiendent ou autre substance, soit grain, soit racine, fleurs, feuilles, ou bois, pour en composer un breuvage, une boisson médicamenteuse:—dans cette acception, il faut dire tisane: _tisane rafraîchissante; un verre de tisane; il ne boit que de la tisane_. (Acad.)

=Théâtre=, s. m.: prononcez _thé-â-tre_ et non _thé-iâtre_ ni _théâte, théâtère_.

=Théière=, s. f.; _thétière_ n'est pas français.

=Théologie=, _théologien, théologal, théorie, théorème_, etc.:—prononcez _thé-o_ et non _thé-io_.

=Thésauriser=, v. n., amasser de l'argent; ne dites pas _trésoriser_.

=Thuia= ou =Thuya=, s. m., sorte d'arbrisseau toujours vert.

=Ti=, dans les syllabes en _tié, tier, tiers, tiez, tieu, tien, tion_, etc., doit conserver sa prononciation propre: ainsi prononcez _amiti-é, moiti-é, méti-er, cabareti-er, enti-er, volonti-ers, un ti-ers, vous acheti-ez, vous éti-ez, Mathi-eu, ti-en, ti-ens, questi-on_, etc., et non _ami-tchi-é, moitchi-é, métchi-er, cabarétchi-er, entchi-er, volontchi-ers, un tchi-ers, vouz achetchi-ez, vous étchi-ez, Matchi-eu, tchi-en, tchi-ens, questchi-on_.—Les wallons sont exposés à remplacer _ti_ par un son qui équivaut plus au moins à leur _ch, tch_ (_planchî, pochî, Macheu_):—voyez _di_.

=Tic-tac=, s. m. et =Tactique=, s. f.—Ne confondez pas ces deux mots: le premier ne se dit que du bruit d'un balancier, d'un moulin: _le tic-tac d'une montre_.—Le second signifie la marche qu'on suit, les moyens qu'on emploie pour réussir dans quelque affaire: _je vois votre tactique, c'est une vieille tactique_.

=Tiens=, est quelquefois interjection: _tiens!_ ou _tiens, tiens, c'est étonnant_.—Dans ce cas il serait ridicule de remplacer _tiens_ par _tenez_, pour parler plus poliment, attendu qu'il ne s'agit nullement de l'impératif du verbe _tenir_.

=Tiers, erce.=—Ne dites pas: _le tiers de douze est de quatre_; dites, _est quatre_.—Voyez _ti_.

=Tiliasse= ou =Tignasse=.—Ne dites pas: _la chair de ce dindon est tiliasse_; dites, _est coriace_ (c'est-à-dire, résistante, difficile à broyer).

=Timon=, s. m.; voyez _limon_.

=Timoré, ée=, adj., qui craint d'offenser Dieu ou qui porte très-loin le scrupule: _conscience timorée_.—Il ne se dit pas dans le sens de _timide_.

=Tire-larigot=: voyez _tarlarigot_.

=Tirelire=, petit vase, avec une fente en haut, par laquelle on fait entrer des pièces de monnaie qu'on veut amasser; ce mot est féminin: _ma tirelire n'est pas remplie de napoléons_.

=Tirer=, v. a.—Ne dites pas: _le thé, le café a-t-il tiré?_ pour demander s'il est infusé; dites, _le thé, le café est-il tiré?_

2. Ne dites pas: _mon voisin m'a tiré en justice_; dites, _m'a attrait en justice, m'a fait assigner en justice, m'a fait citer_. (Fland.)

3. Ne dites pas: _je vais tirer mon paletot, il fait très-chaud ici_; dites, _je vais ôter mon paletot..._ (Fland.)

4. Ne dites pas: _tirez votre casquette, votre chapeau_; dites, _ôtez votre casquette, votre chapeau_ ou simplement, _découvrez-vous_. (Fland.)

5. Ne dites pas: _on lui a tiré une dent hier_; dites, _on lui a arraché une dent hier_. (Fland.)

6. Ne dites pas: _ce babillard m'a tiré en ridicule_; dites, _m'a tourné en ridicule_. (Fland.)

7. Ne dites pas, _il tire_, pour faire entendre que le vent se glisse à travers quelque fente; dites, _le vent souffle_ ou bien, _il y a un vent coulis; il vient un vent coulis par cette porte; je sens un vent coulis qui me donne sur l'épaule; les vents coulis sont dangereux_.

8. Ne dites pas: _cet enfant tire après son père_; dites, _ressemble à son père, a des traits de son père_. (Wall.)

9. Ne dites pas: _j'ai tiré_ ou _j'ai tiré bas deux lièvres_; dites, _j'ai abattu_ ou _j'ai tué deux lièvres_. (Wall.)—_Tirer un lièvre_, c'est simplement tirer dessus, mais non le _tuer_.

10. On dit très-bien, _tirer sa révérence_, dans le sens de _faire sa révérence_.

11. On dit de deux ennemis déclarés, qu'_ils en sont aux couteaux tirés, à couteaux tirés_ et non _à couteaux tirer_.

=Tisonnier= ou =Tire-braise=, s. m., ustensile de fer recourbé vers le bout, et qui sert à attiser le feu, à tirer les braises, etc.—Le mot _fer_, dans ce sens, est wallon.

=Toast=, s. m., proposition de boire à la santé de quelqu'un; au pluriel _toasts_. On prononce et quelques-uns écrivent _toste_. (Acad.)

2. _Toaster_, v. n., boire à la santé de quelqu'un: on prononce et on écrit ordinairement _toster_.

=Tohu-bohu=, s. m., confusion, mélange ou conflit d'opinions, de système: _c'est un véritable tohu-bohu_.

=Tôle=, s. f., fer battu et réduit en feuilles ou plaques minces, dont on fait des poêles et d'autres ouvrages: _tuyaux de grosse tôle_.—Ce mot est féminin; prononcez _tôle_ (_ô_ long).

=Tollé.=—Mot emprunté du latin et qui n'est usité que dans des locutions comme celle-ci: _crier tollé sur quelqu'un_, c'est-à-dire, crier pour exciter l'indignation contre lui.—On prononce les deux _ll_.

=Tombée=, s. f.—Il ne s'emploie guère que dans cette locution: _à la tombée de la nuit_, au moment où le jour tombe, où la nuit approche. (Acad.)

=Tomber=, v. n.—La plupart des grammairiens disent que le participe de ce verbe ne se construit jamais avec l'auxiliaire _avoir_; cependant plusieurs bons auteurs présentent plusieurs exemples de _tombé_ combiné avec _avoir_; et l'Académie, de son côté, donne l'exemple suivant: _les poètes disent que Vulcain a tombé du ciel pendant un jour entier_.—Quoi qu'il en soit, nous pensons qu'il faut régulièrement le construire avec _être_; dites donc, _je suis tombé, il est tombé_ et non _j'ai tombé, il a tombé_.

2. Ne dites pas: _ce malade est tombé hors de connaissance_ ou _sans connaissance_; dites, _ce malade a perdu connaissance_.

3. Ne dites pas: _prenez garde de ne pas tomber_, pour recommander de ne pas tomber; dites, _prenez garde de tomber_.

4. Ne dites pas d'un jeune milicien, _qu'il est tombé dedans_; dites _qu'il a tiré un mauvais numéro; qu'il est désigné pour le service_. (Wall.)

5. _Tomber à terre, tomber par terre_.—Ce qui touche à la terre, _tombe par terre_;—ce qui n'y touche pas, _tombe à terre_. Ainsi, un arbre _tombe par terre_, et les fruits _tombent à terre_.

=Tome, Volume.=—Noms qu'on donne aux livres matériellement pris comme objets qui ont place dans les bibliothèques.—Le _tome_ est une division ou une partie d'un ouvrage; un _tome_ en suppose d'autres, c'est un commencement ou une suite.—Le _volume_, c'est tout ce qui est réuni dans une même brochure ou dans une même reliure; c'est un tout distinct. Quelquefois on fait mettre deux ou plusieurs _tomes_ en un _volume_; c'est, par exemple, quand il n'y a qu'une table pour tout l'ouvrage; on peut même réunir ainsi des ouvrages différents, des opuscules qui aient peu ou point de rapports. Un _tome_ peut à son tour être publié en deux ou plusieurs _volumes_.—En général, les _tomes_ ont quelque rapport au contenu, au lieu que les _volumes_ ne se considèrent qu'extrinsèquement, par rapport à la grosseur, au format, au nombre. (LAFAYE)—Prononcez _tôme_ (_ô_ long).

=Ton=, adj. poss.—_Mon, ton, son_, suivis d'un mot commençant par une voyelle ou une _h_ muette, conservent leur prononciation naturelle et l'on ajoute une seconde _n_ pour faire la liaison: _mon âme, ton ami, son oncle_ se prononcent _mon n'âme, ton n'ami, son n'oncle_ et non _mo-n'âme, to-n'ami, so-n'oncle_.

2. _Ton_. s. m.—Ne dites pas: _ce jeune homme se donne des tons_, dites, _fait l'important_.

=Torcher=, v. a.—Ne dites pas: _je me suis torché le pied_; dites, _je me suis foulé le pied_.

=Torrent=, s. m., courant d'eau rapide: prononcez les deux _rr_, ainsi que dans _torrentiel, torrentueux, torréfier, torréfaction_.

=Tors, torse=, adj., qui est tordu ou qui en a la figure: _un cou tors, un fil tors, une jambe torse_.

2. On dit populairement _torte_ au féminin, en parlant de ce qui est contourné, difforme: _jambes tortes, bouche torte_. (Acad.)

=Tortoir=, s. m., et mieux =Garrot=, s. m., petite perche, bâton qu'on passe dans une corde, dans un lien quelconque, pour serrer quelque chose en tordant: _serrez davantage le garrot de cette malle, de cette scie_.

=Tory=, s. m., mot emprunté de l'anglais et qui désigne les partisans des prérogations royales ou les conservateurs; au pluriel _torys_. (Acad.)—Prononcez _tori_, ou _tôri_ à l'anglaise.

=Toton=, s. m., espèce de dé qui est traversé d'une petite cheville sur laquelle on le fait tourner, et qui est marqué de différentes lettres sur ses faces latérales: _les totons sont ordinairement d'os ou d'ivoire_.—Ne dites pas _tonton_.

=Touche=, s. f.—Ne dites pas: _écrivez sur votre ardoise avec votre touche_; dites, _avec votre crayon_.—On dit _crayon_ et _crayon d'ardoise_;—_la touche_ est un petit brin de bois, de baleine, etc., dont les enfants, qui apprennent à lire, se servent pour _toucher_ les lettres.

=Toucher=, v. a., en parlant de certains instruments de musique, signifie _jouer_: _toucher la lyre, l'orgue, le piano; il touche le piano agréablement, délicatement_.—C'est une faute de dire _toucher du piano, toucher de l'orgue_, etc.—Voyez _jouer_.

=Touiller=, v. a., mêler, brouiller: _touiller des œufs_.—_Touiller_ figure dans les dictionnaires comme terme populaire.

=Toujours=, adv.—Les Wallons emploient abusivement _toujours_ dans le sens de _cependant, pourtant, néanmoins, malgré cela_:—_quoique le temps soit à la pluie, nous irons toujours (néanmoins) nous promener_; _mon professeur m'a fort bien expliqué ce problème, mais je sens que j'aurai toujours (pourtant) de la peine à en trouver la solution_.

=Tour=, s. m.—On dit également, _c'est à mon tour de_ ou _à_, ou bien _c'est mon tour de_ ou _à_: _c'est mon tour à vous aller voir; c'est mon tour, c'est à mon tour de monter la garde_.—Voyez _a_, 6.

=Tourelle=, s. f., petite tour; ne dites pas _tourette_.

=Tourmenter=, v. a.—Ne dites pas: _Pierre me fait tourmenter, Paul m'a fait tourmenter_, etc.; dites simplement _Pierre me tourmente, Paul m'a tourmenté_, en supprimant le verbe _faire_, qui est ici de trop. (Wall.)—Voyez _faire_, 10.

=Tournement.=—Ne dites pas, _avoir des tournements de tête_; dites avoir _des tournoiements de tête_ et mieux, _avoir des vertiges_.

=Tournevis=, s. m., instrument de fer ou d'acier pour serrer ou desserrer les vis: prononcez l'_s_ ainsi que dans _vis_.

=Toursiveux=, adj. (mot wallon), malicieux, astucieux: _il est malicieux comme un vieux singe; homme astucieux_.

=Tous=, plur. de _tout_.—On fait sentir l'_s_ lorsque _tous_ est pris substantivement ou qu'il est placé à la fin d'une phrase: _il faut se faire tout à tous; tous l'ont vu; ils y étaient tous_.

=Tout=, adj.—Ne dites pas, _une fois pour tout_; dites _une fois pour toutes_ (sous-entendu _les fois_).

2. _Tout_, reste au masculin devant un nom de ville féminin: _tout Liége en parle; tout Bruxelles l'admira; tout Rome fut consterné; tout Vienne apprit cette nouvelle fâcheuse_; c'est-à-dire, _tout le peuple_ de Liége, de Bruxelles, de Rome, de Vienne...

3. Ne dites pas, en terme de jeu, _pour de bon, pour le bon, pour tout de bon, pour de rire_; dites, _pour rire_ et _tout de bon_ (c'est-à-dire sérieusement, entièrement, de bon jeu, pour quelque chose).

4. Ne dites pas, _tout de long de la rivière_, mais _tout du long..._

5. Ne dites pas, _tous les deux heures, tous les vingt-quatre heures, tous les trois semaines_; dites, _toutes les deux heures, toutes les vingt-quatre heures, toutes les trois semaines_.

6. On dit également bien: _ce n'est pas le tout_ ou _ce n'est pas tout de bien réciter sa leçon, il faut encore la comprendre_. (Acad.)

7. Ne dites pas, _il m'a fait tout peur_; dites, _il m'a fait peur_. (Wall.)

8. Ne dites pas: _il est malade tout comme tout, il est sage tout comme tout_; dites, _il est fort malade, fort sage_.

9. Ne dites pas: _il est heureux comme tout, il est pauvre comme tout_; dites, _il est fort heureux, il est fort pauvre_.

10. Ne dites pas: _vous m'éclaboussez et vous me salissez tout_; dites, _... vous me salissez entièrement, tout à fait_.

11. _Tout à fait_, est adverbe et ne peut par conséquent s'employer comme substantif;—ne dites donc pas: _le nouveau propriétaire a changé tout à fait dans cette maison_; dites, _a changé tout_.—Écrivez ce mot sans traits d'union. (Acad.)

12. _Tout plein_, beaucoup; cette expression est française: _il y a tout plein de monde dans les rues;—j'ai tout plein de livres d'égarés; vous dites qu'il n'y a pas de boutiques dans cette rue, il y en a tout plein_.

13. _Tout de suite_ et _de suite_: voyez _suite_.

14. _Toute sorte, toute espèce_: voyez _sorte_.

15. _Tous deux, tous les deux_: voyez _deux_.—On dit de même _tous trois, tous quatre_ et _tous les trois, tous les quatre_;—au-delà de ce dernier nombre jusqu'à _dix_, on supprime rarement l'article: _tous les cinq, tous les six, tous les sept_, etc.;—au-delà de _dix_, on l'emploie toujours: _tous les seize, tous les vingt_.

16. _Tout à coup, tout d'un coup_.—_Tout à coup_ (sans traits d'union) signifie _soudainement, subitement_: _ce mal l'a pris tout à coup, comme il y pensait le moins_. (Acad.)—_Tout d'un coup_ signifie _tout d'une fois, tout en même temps_: _il gagna mille écus tout d'un coup_. (Acad.)

=Toux=, est un substantif féminin: _j'ai la toux_;—ne dites pas _tousse_. (Wall.)

=Tracassement=, n'est pas français; dites _tracas, tracasserie_: _il est dans le tracas du déménagement; il y a bien du tracas dans cette maison; il passe sa vie à faire des tracasseries_.

=Tracassier, ière=, subst.—Celui, celle qui aime à tracasser. On l'emploie aussi adjectivement: _une administration tracassière_.

=Traducteur=, s., celui qui traduit d'une langue en une autre. Ce mot n'a pas, quoi qu'en disent certains grammairiens, de correspondant féminin: _madame Dacier, traducteur d'Homère_ (et non _traductrice_).

=Trafic=, s. m., négoce, commerce de marchandises: on prononce le _c_: _trafike_.

=Trahir, trahison.=—L'_h_ est muette dans ces mots; prononcez _tra-ir, tra-ison_ et non _tra-hir, tra-hison_.

=Train=, s. m.—_Faire du train_, pour, _faire du tapage_, est français, mais populaire; cependant on ne dit pas _mener du train_:—voyez _mener_.

=Traîner=, être en langueur sans pouvoir se rétablir; ce mot est français: _il y a longtemps qu'il traîne; il traînera encore quelque temps_.—Prononcez _trèner_ et non _train-ner_.

=Traîtrise.=—Ce mot n'est pas français: dites _trahison_.

=Tramontane=, s. f.—_Perdre la tramontane_, c'est perdre la tête comme les matelots qui, perdant l'étoile polaire (_tramontane_), ne savent plus se diriger sur mer; ne dites pas _trémontade_.

=Tranquille=, adj., calme, paisible.—Prononcez _trankile_ et non _tranquille_ (_ll_ mouillées).—Prononcez de même une seule _l_ non mouillée dans _tranquillement, tranquillité, tranquilliser, tranquillisant_.

2. _Laissez-moi donc tranquille?_ est impoli, pour dire: _n'en parlons plus, je vous prie; brisons là-dessus, s'il vous plaît; assez sur ce sujet, parlons d'autre chose, si vous le voulez bien_, etc.

=Trans=, prép., dans la composition des mots, signifie au-delà, à travers;—l'_s_ se fait sentir.

=Transaction=, _transiger, transalpin, transitif, transition, transitoire_:—prononcez l'_s_ douce: _tranzaction, tranziger, tranzalpin_, etc.

=Transe.=—Ne dites pas, _sonner une transe, une agonie_; dites _sonner le glas, un glas funèbre_. Remarquez qu'on ne pourrait pas dire: un tel est mort, on vient de sonner _son glas_; dites, on vient de sonner _le glas_ (cloche funèbre), ou bien de sonner _son trépas, son décès_.

=Transir=, v. a. et n., pénétrer, engourdir de froid: _je suis transi de froid_;—prononcez _trancir, tranci, trancissement_ et non _tranzir, tranzi, tranzissement_.

=Transit=, s. m., faculté de faire passer des marchandises sans payer de droits d'entrée: prononcez _tranzite_, et non _trancite_ ni _tranzi_.

=Translater=, v. a., traduire d'une langue en une autre: ce mot est vieux (Acad.); on dit plus communément aujourd'hui _traduire_.

=Transvider=, verser une liqueur d'un vase dans un autre: ce mot n'est pas français; il faut dire _transvaser_.

=Trappe.=—Ce mot n'est pas français, dans le sens de _souricière, ratière, taupière_, etc., instrument dont on se sert pour prendre les souris, les rats, les taupes. (Wall.)

=Travailler=, v. a. et n.—Ne dites pas, _il a travaillé longtemps après cet ouvrage_; dites, _... à cet ouvrage_. (Fland.)

=Travers.=—_A travers, au travers_, loc. prép.—La première est toujours suivie d'un régime simple, et l'autre, de la préposition _de_: _à travers les champs, au travers des champs_.—_A travers_ désigne un passage libre, tandis que _au travers_ indique qu'il y a des obstacles à surmonter pour se frayer un passage: _à travers la route, au travers des ennemis_.—Mais l'Académie fait remarquer que cette distinction n'est pas toujours observée: _on ne voyait le soleil qu'à travers les nuages, qu'au travers du brouillard_.

=Traverse=, s. f.—Ne dites pas _un chemin de travers_, mais, _un chemin de traverse_, pour signifier un chemin particulier qui conduit à un lieu où ne mène pas le grand chemin ou qui est plus court que ce grand chemin.

=Traverser=, v. a.—On ne dit pas _traverser un pont_, mais _passer un pont_ ou _traverser la rivière_:—_traverser un pont_, en effet, c'est passer du côté d'amont à celui d'aval, ou réciproquement, et non suivre le pont dans sa longueur.—Cette observation s'applique également aux rues, aux chemins, tandis qu'au contraire, une place peut être traversée dans tous les sens.

=Trayer=, _triller, trayage, trillage_, choisir ou l'action de choisir, entre plusieurs choses, les meilleures seulement: ces mots ne sont pas français; dites _trier, triage_.—_Chercher dehors_, pour _trier_, est un flandricisme.

=Trébucher=, est un verbe neutre qui ne peut pas s'employer pronominalement; _se trébucher_ n'est pas plus français que _se tomber_ ou _se marcher_:—_il ne peut pas faire un pas sans trébucher_ (et non _sans se trébucher_.)

=Trèfle=, s. m., plante ou l'une des quatre couleurs du jeu de cartes; ce mot est masculin: _voilà de beau trèfle; je joue du trèfle_.—Prononcez _trè-fle_ et non _trè-fe_ ni _trè-fèle_.

=Trémontade=, n'est pas français: voyez _tramontane_.

=Trente et un=: prononcez _trenté un_ et non _trenté iun_;—prononcez de même _vingt et un, quarante et un_, etc.—Voyez _nombre_.

=Très=, ne se joint qu'à un adjectif, à un participe ou à un adverbe, et non à un substantif; on ne doit pas dire: _j'ai très-faim, très-soif, très-raison, très-peur; il est très-matin_, etc.; il faut dire, _j'ai bien faim, fort soif, extrêmement, terriblement faim, soif_, etc.

2. Remarquez que _très_ doit toujours être joint, par un trait d'union, à l'adjectif, au participe ou à l'adverbe: _très-riche, très-aimé, très-bien_. (Acad.)

=Trésoriser=: voyez _thésauriser_.

=Tressauter=, n'est pas français; dites donc, _ce coup de fusil ma fait tressaillir_ et non, _tressauter_.

=Tricheur=, _tricheuse_, celui, celle qui triche, qui trompe au jeu: _trichard_ n'est pas français.

=Tricoises=, s. f. pl., tenailles dont se servent les maréchaux pour ferrer et déferrer les chevaux. (Acad.) Dans les autres acceptions, dites _tenailles_. (Wall.)

=Triennal, ale=, adj., qui dure trois ans: _période triennale_; —prononcez les deux _nn_, _trien'nal_.

=Trimbaler=, v. n., mener, conduire, faire courir, etc.; ce mot est trivial.

=Trimer=, v. n., marcher vite et avec fatigue; ce mot est très-populaire; dites, _se tuer à marcher, à courir, à faire des courses_.

=Tringle=, s. f., verge de fer: prononcez _trin-gle_ et non _tringue_ ni _trin-guèle_.

=Trio=, s. m., musique à trois parties; au pluriel, _trios_.

=Tripotier, ière=, s., celui, celle qui tripote, intrigant, intrigante:—_tripoteur_ n'est pas français.

=Triste=, adj.—_Un triste caractère_, est un caractère avec lequel on ne peut pas vivre; _un caractère triste_, est celui qui est porté à la tristesse.

=Triumvir=, s. m., un des trois magistrats chargés de l'administration dans l'ancienne Rome:—prononcez _triomevir_; prononcez de même _triumviral, triumvirat_. (Acad.)

=Troc=, s. m., échange de meubles, de nippes, de chevaux et autres choses semblables: _faire un troc avec quelqu'un_.—Prononcez _troque_ et non _tro_.

=Trognon=, s. m., le cœur, le milieu d'un fruit dont on a ôté tout ce qu'il y avait de meilleur à manger; il se dit principalement des poires et des pommes.—_Le trognon d'un chou, un trognon de chou_, est la tige d'un chou dont on a ôté les feuilles.—Ne dites pas _rognon_ dans ce sens.

=Trois-pieds=, n'est pas français; dites _trépied_.

=Trombone=, s. m., espèce de grande trompette; on donne aussi ce nom à celui qui joue cet instrument: ce mot est masculin dans ces deux acceptions: _le son du trombone est grave; le premier trombone de l'harmonie_.

=Trompette=, est masculin, quand il désigne celui qui sonne de la trompette: _le trompette de telle compagnie_.—Il est féminin dans les autres acceptions.

=Tronc=, s. m.; boîte placée dans les églises pour recevoir les offrandes des personnes charitables: prononcez _tron_ et non _tronke_.—Le mot _bloc_, employé pour _tronc_, n'est pas français.

=Trône=, s. m., siége royal: prononcez _trône_ (_ô_ long) et non _trone_ (_o_ bref).

=Trop=, adv.—Ne dites pas, _il est trop courageux que pour se rendre_; dites, _il est trop courageux pour se rendre_.—On ne prononce le _p_ de _trop_ que pour faire la liaison devant une voyelle ou une _h_ muette: _trop avare_ (ne dites pas _tro-z'avare_).

=Trotte=, s. f., espace de chemin; ce mot figure dans le dictionnaire de l'Académie comme terme populaire: _il y a une bonne trotte d'ici là_.—Il est mieux de dire _traite, course_: _il y a une bonne traite, une longue course d'ici là_.

=Trouée=, s. f., ouverture, espace vide dans un bois, dans une haie, etc.; ce mot est français: _il est facile de faire une trouée dans ce bois; dans cette haie il y a une trouée par où nous pourrons aisément passer_.—Prononcez _trou-é_ (_é_ long) et non _trou-wé_ ni _trou-wéïe_.—Voyez _ue, oue, ie, é_, 2.

=Troupe=, s. f.—En parlant de quelqu'un qui est au service, dites: _il est dans les troupes_ et non, _dans la troupe_ ni _à la troupe_.

=Trouver bon=, _trouver mauvais_, approuver, désapprouver, etc., sont des expressions correctes. (Acad.)

=Truand, ante=, s., vaurien, vagabond, qui mendie par fainéantise: _cet homme est un vrai truand_.—Ce mot est substantif, et ne peut s'employer comme synonyme de _paresseux, indolent_; du reste, il est populaire et peu usité, dit l'Académie.—Prononcez _tru-and_ et non _tru-want_.—Voyez _oue, ue_.

=Truc=, s. m. _Avoir le truc_, avoir l'art, le secret, le talent, être habile, rusé: _il a le truc, il s'en tirera bien_.—Ce mot est populaire et sent un peu l'argot.

=Truelle=, s. f.—Une _truelle_ est un instrument de maçon; il ne faut pas employer ce mot comme synonyme de _pelle_.—Prononcez _tru-elle_ et non _tru-welle_.

=Truffe=, s. f., légume très-savoureux et très-odoriférant; écrivez et prononcez _truffe_ et non _truffle_.

=Trumeau, Glace.=—La partie du mur comprise entre deux fenêtres se nomme _trumeau_; il se dit aussi des glaces, ordinairement hautes et étroites, qui se mettent entre deux fenêtres ou qui sont placées au-dessus d'une cheminée.

=Tsar.= Voyez _czar_.

=Tu-autem=, s. m., expression latine dont on se sert pour dire, le point essentiel, le nœud, la difficulté d'une affaire: _c'est là le tu-autem_.—On ne l'emploie pas au pluriel: prononcez _tu-autème_.

=Tuer=, _tueur_ etc.—Prononcez _tu-er, tu-eur, je tû_, et non _tu-wer, tu-weur, je tu-we_.—Voyez _oue, ue_.

=Tuile=, s. f.—Dites _un toit couvert en tuiles_ ou _de tuiles_ et non _un toit couvert en pannes_ ou _de pannes_: ce dernier mot est flamand.—Prononcez _tu-ile_, et non _tou-ile_.—Voyez _ui_.

=Tulle=, s. m., sorte de tissu en réseau, très-fin; ce mot est masculin: _du tulle brodé_.

2. _Tulle_, pierre tendre, rouge, propre à marquer: ce mot est wallon et se rend en français par, _craie rouge_.

=Tumulte=, s. m., grand mouvement accompagné de bruit et de désordre; prononcez le _t_ final: _tumulte_ et non _tu-mule_.—Voyez _finales_, 2. et _t_.

=Tuser=, mot wallon qui signifie, penser, réfléchir, être absorbé par une idée;—il va sans dire qu'on ne peut pas l'employer en parlant français.

=Tutti=, terme de musique; prononcez les deux _tt_, _tut'ti_.

=Tuyau=, s. m.: prononcez _tui-iau_ et non _tu-iau_.

=Typhus=, s. m., maladie contagieuse: prononcez _typhuce_.

=Tyran=, s. m.—On dit aussi _une femme tyran domestique_.

=Tzar=, s. m.: voyez _czar_.

U

=Ubiquiste=, s. m., docteur en Sorbonne non résident;—homme à qui les lieux sont indifférents, qui se trouve bien partout: prononcez _ubikuiste_ (la diphth. _ui_ se fait sentir) et non _ubikiste_ ni _ubikouiste_ ni _ubikuisse_;—prononcez de même _ubiquitaire, ubiquité_.

=Ue, uer.=—En général les wallons prononcent mal ces sortes de syllabes, en intercalant abusivement un _w_ entre l'_u_ et l'_e, er_; ainsi _avenue, cohue, vendue, contribue_ deviennent _avenu-we, cohu-we, vendu-we, contribu-we_; de même _attribuer, puer, continuer_, se prononcent _attribu-wer, pu-wer, continu-wer_.—C'est là une faute grossière de prononciation: _ue_ doit se prononcer simplement _u_ long: _avenû, cohû, vendû, contribû_: en appuyant sur l'_u_ suivi d'un _e_ muet, on le distingue suffisamment d'un _u_ non suivi d'un _e_ et que l'on fait bref.

2. De même les syllabes _uer, uet, ué, uez, ua, uan, uo_, etc., doivent conserver leur prononciation naturelle et ne pas se transformer en _u-wer, u-wé, u-wez, u-wet, u-wa_, etc.: prononcez donc _attribu-er, évalu-é, vous contribu-ez, mu-et, continu-ation, évalu-ation, du-o_ et non _attribu-wer, évalu-wé, vous contribu-wez, mu-wet, continu-wation, évalu-wation, du-wo_.—Le défaut de prononciation que nous signalons, est extrêmement grossier, quoique pourtant il soit très-commun dans les provinces wallonnes; nous devons en dire autant du défaut suivant.

3. Les mêmes observations s'appliquent à la prononciation du latin: vous direz donc _tu-us, su-us, sensu-um, defectu-i, cu-i, tribu-o, tribu-i_, etc., et non _tu-wus, su-wus, sensu-wum, defectu-wi, cu-wi, tribu-wo, tribu-wi_.

=Uhlan=, s. m.—L'_u_ est aspiré; on écrit aussi _hulan_ et _houlan_ (Acad.): espèce de lancier dans l'armée autrichienne.

=Ui.=—Généralement les wallons ne font aucune différence en _ui_ et _oui_ et prononcent de la même manière _Louis_ et _lui_, _Huy_ et _oui_, _fouir_ et _fuir_; c'est un défaut dont il importe souverainement de se corriger.—Conservez donc à la diphthongue _ui_ son véritable son _ui_ (_u-i_) et ne la métamorphosez pas gauchement en _oui_ (_ou-i_), ce qui est tout différent.

=Ultimatum=, s. m., dernière condition d'un traité;, il n'a point de plur.—Prononcez _ultimatome_.

=Umble=, s. m., poisson qui ressemble beaucoup à la truite: on prononce _omble_, mais on dit et l'on écrit communément _ombre, ombre-chevalier_.

=Un, une=, adj. num. card.—Il s'emploie souvent comme substantif, et alors il ne prend point d'_s_ au pluriel: _trois un de suite font cent onze_.—Le masculin _un_ se prononce à peu près comme s'il y avait _eun_ et le féminin _une_ se prononce _u-ne_: _un jardin, un héros, une table_, etc.—Devant une voyelle ou une _h_ muette, _un_ se prononce aussi _eun_, mais on le joint par une autre _n_ au mot suivant: _un oiseau, un homme_ (eun-noi-seau, eun-nhomme et non pas, _u-noiseau, u-nhomme_).—Dans les locutions _sur les une heure, vers les une heure_, l'_s_ de l'article pluriel _les_ ne doit point se joindre à l'adjectif _une_; on prononce _sur lè une heure, vers lè une heure_: la raison en est que cet article pluriel n'appartenant point au substantif _une heure_, mais à un substantif pluriel sous-entendu, tel que _environs, moments_, etc., il repousse le singulier _une_.

2. _L'un et l'autre, l'un ou l'autre_, etc., se prononcent _l'eun-net l'autre, l'eun-nou l'autre_, ou bien sans joindre l'_n_ aux mots _et, ou_. Mais lorsque _l'un_ est séparé de _l'autre_ par d'autres mots que les conjonctions _et, ou_ et que la préposition _à_, l'_n_ de _l'un_ ne se fait point sentir devant la voyelle du mot qui suit: ainsi _l'un est riche, l'autre est pauvre; l'un aime à lire, l'autre à jouer_, ne se prononcent point _l'eu-nest riche, l'eu-naime à lire_, etc.

3. _Un chacun_: voyez _chacun_.

4. _Un._ Ne dites pas: _c'est un de Verviers_; dites, _c'est un Verviétois, c'est quelqu'un de Verviers_.

5. Ne dites pas: _monsieur Pierre est de ceux qui fut décoré_; dites, _un de ceux qui furent..._

6. _Un, premier_.—On dit _le premier janvier, le deux, le trois, le dix janvier_; on dit de même _Léopold premier, Philippe deux, Philippe trois, Philippe cinq_:—en vers cependant on peut dire _second_ dans ce dernier cas: _François second_.

7. Ne dites pas: _l'un jour ou l'autre, j'irai vous voir_, dites, _un de ces jours-ci..._

8. Ne dites pas: _l'un jour il est gai, l'autre jour il est triste_; dites, _un jour il est gai, l'autre jour il est triste_.

9. Ne dites pas: _j'ai vu un qui était original_; dites, _j'en ai vu un_ (s'il y a un substantif exprimé précédemment), ou _j'ai vu un homme, j'ai vu quelqu'un..._

10. Ne dites pas: _je lui ai expédié un cinquante kilogrammes_; ôtez _un_ et dites, _je lui ai expédié cinquante kilogrammes_.

11. Ne dites pas: _c'est un des plus éloquents prédicateurs que nous avons_; dites, _... que nous ayons_.

12. Ne dites pas: _il n'y en avait pas un qui comprenait_; dites, _... qui comprît_.

13. Ne dites pas: _l'un ou l'autre de mes amis vient me prendre_; dites, _un de mes amis vient me prendre_.

=Uniforme=, s. masculin: _un uniforme neuf_ et non _une uniforme neuve_.

=Union=, s. f.: prononcez _u-nion_ et non _u-gnion_: _l'union fait la force_.—Voyez _ni_.

=Unir=, v. a.—_Unir_, dans le sens propre, veut la préposition _à_ ou la préposition _avec_: _unir un mot à un autre_ ou _avec un autre_. (Acad.)—Au figuré, il ne prend que la préposition _à_: _Turenne unissait la prudence à la hardiesse; ce jeune homme unit la modestie au mérite_.—Son composé _réunir_ veut la préposition _à_, lorsqu'il est employé au propre: _le cou réunit la tête au corps_. Mais au figuré, dans le sens de posséder en même temps, _réunir_ veut que les différents compléments directs soient joints par la conjonction _et_: _Turenne réunissait la prudence et la hardiesse; ce jeune homme réunit la modestie et le mérite_.

=Université=, s. f.—Il n'y a en France qu'une université proprement dite, et sous ce nom l'on comprend les académies, les facultés (de droit, de médecine, de belles-lettres, etc., établies dans les chefs-lieux des cours impériales ou cours d'appel), les colléges impériaux, les colléges communaux, les pensions et les écoles primaires;—ne dites donc pas: _ouvrage adopté par les universités de France_, mais, _par l'Université de France_.

=Us=, s. m. pl., les règles, la pratique qu'on a coutume de suivre en quelques pays touchant certaines matières; il est presque toujours joint au mot _coutumes_: _les us et coutumes_.—Prononcez _uce_.

=Usage=, s. m.—En parlant des choses qui durent longtemps, employez le mot _user_: _cette étoffe de drap est d'un bon user; il y a des étoffes qui deviennent plus belles à l'user_.—_Usage_, dans ce sens, n'est pas français.

=User=, v. n.—Ne dites pas: _en usez-vous, je n'en use pas_: dites, _en prenez-vous, prenez-vous du tabac, je n'en prends pas, je ne prends pas de tabac_. On peut également se servir du mot _priser_, qui ne figure pas dans le dictionnaire de l'Académie, mais qu'un usage universel a consacré depuis longtemps: _prisez-vous? je ne prise pas_.

=Ustensile=, s. masculin: _un ustensile de cuisine_.

=Usufruit=, _usufruitier_.—Gardez-vous bien d'écrire ou de prononcer _usurfruit, usurfruitier_: _il n'a pas cette terre en propre, il n'en a que l'usufruit, il n'en est que l'usufruitier_.

=Usurpateur=, s. m.—Le féminin correspondant est _usurpatrice_.

=Utérin, ine=, s. m.: _frères, sœurs utérins, consanguins, germains_: voyez _germain_.