CL. MAROT. - CL. MAROT.
_Ci-gist qui est une grand’perte, En culetis la plus experte Qu’on sut jamais trouver en France._
CULISTE. Homme qui préfère le cul au con,—élevé, sans doute, à l’école anormale des RR. PP. Jésuites.
_Il n’est à présent que des sots Qui se disent conistes; Les philosophes, les héros Ont tous été culistes._
COLLÉ. (_Recueil du Cosmopolite._)
CULOT DE FROMAGE (Le). Ce qui reste au fond des vagins qu’on n’a pas le soin de les bien récurer lorsqu’ils ont servi à faire la cuisine de l’homme.
_Malgré l’culot de fromage Qu’on est sûr d’y rencontrer, Ma gueul’ ne f’ra pas naufrage Si mon nez n’ vient à sombrer._
(_Parnasse satyrique._)
CULTE DE SAPHO (Le). _Lesbicus amor._ L’amour d’une femme pour une autre femme, à l’exemple de celui dont était possédée l’amante méprisée de Phaon.
_L’Opéra dit tout haut Que St....., la prima-donne, Avec fureur s’adonne Au culte de Sapho._
JOACHIM DUFLOT.
CUL TERREUX. Paysanne, qui ignore l’usage de la cuvette, et qui a autant de crasse au vagin qu’aux mains.
CUVETTE. Vase qui joue un grand rôle dans la vie des filles d’amour; elles y touchent aussi souvent qu’aux pines de leurs contemporains. Un homme est monté; pendant qu’il redescend, la cuvette se remplit d’eau, avec quelques gouttes de vinaigre de Rully, et la main travaille à déterger l’intérieur de la petite caverne dans laquelle il vient de faire ses nécessités spermatiques. Si Paris pouvait se taire, de six heures du soir à minuit, on entendrait un bruit formidable de cuvettes, jouant toutes le même air, une sorte de _ranz des vaches_ plein de mélancolie, car il paraît que cela n’est pas amusant de se laver ainsi trente fois par soirée.
CYCLOPE. L’outil qui n’a qu’un œil, ou plutôt l’ouvrier qui forge les enfants:—Le vit.
_Chez la Constant, Berthe aux merveilleux charmes, Beau travail et fermes appas, De mon Cyclope a fait couler les larmes Bien souvent, hélas!..._
P. SAUNIÈRE.
D
DAIM. Le monsieur qui paie les filles pour être trompé par elles avec leurs amants de cœur; le mâle naturel de la _biche_.
Des daims! J’ôte jamais mes frusques, moi.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
DAME AUX CAMÉLIAS. Femme entretenue, qui joue quelquefois à la ville le rôle de _Marguerite Gautier_ (Marie Duplessis) avec un coiffeur de son quartier, qu’elle aime ou fait semblant d’aimer, dans un accès de vertu—heureusement très court.
Quand la lorette arrive à la prospérité, elle change de nom et s’appelle _Dame aux Camélias_.
EDMOND TEXIER.
DAMES (Ces). On appelle ainsi un groupe de femmes, célibataires ou non, qui vivent, travaillent ou se divertissent ensemble:
_Ces dames_ du corps de ballet, _ces dames_ du théâtre, _ces dames_ les étudiantes, _ces dames_ du Casino, de Mabille, etc., etc.—En famille, le fils sortant avec sa mère et ses sœurs dit: Je vais au théâtre avec _ces dames_.—Dans les ateliers de femmes, chez les couturières, les modistes, les lingères, etc., on dit _mesdemoiselles_... _ces demoiselles_.—Au bordel, on dit: «Toutes _ces dames_ au salon!»—_Être dame_ est le rêve que caresse toute jeune fille sage qui désire sa liberté.
DANSE (La) À PLAT, LA BASSE DANSE, LA DANSE DU LOUP. L’acte vénérien, pendant lequel les deux acteurs se trémoussent en cadence, coups de cul de ci, coups de queue de là,—ce qui les échauffe bien plus que n’importe quelle varsoviana.
_L’époux remonte, et Guillot recommence. Pour cette fois, le mari vit la danse Sans se fâcher._
LA FONTAINE.
Il lui enseigna la danse du loup, la queue entre les jambes.
(_Moyen de parvenir._)
Je crois que tu ne te ferais point prier de danser le branle de un dedans et deux dehors.
TOURNEBU.
La danse est pour les jeunes filles ce qu’est la classe pour les adolescents, une école protectrice de la sagesse, un préservatif des passions naissantes. Le célèbre Locke recommande expressément d’enseigner aux enfants à danser dès qu’ils sont en état de l’apprendre. La danse porte en soi une qualité éminemment réfrigérante, et, sur tout le globe, les tempêtes du cœur attendent, pour éclater, le repos des jambes.
LEMONTEY.
A quinze ans, la danse est un plaisir, à vingt-cinq ans un prétexte, à quarante ans une fatigue.
AD. RICARD.
DARD. Le membre viril—avec lequel on pique les femmes, qui aiment toutes à être ainsi piquées.
_... Il devient dard avec le pioupiou._
LOUIS PROTAT.
_Ce brutal, ce Maure arrogant, Dans son amoureuse-tempête, S’élance au cul, le dard en main._
B. DE MAURICE.
DÉBALLAGE. Le déshabillé des femmes. Telle qui, sur le boulevard, avec sa crinoline et les tromperies ouatées de son corsage, a un aspect très appétissant, n’a plus, une fois nue, que des séductions de manche à balai.
Faut voir ça au déballage... y a p’t-être plus d’ réjouissance que d’ viande là-dessous.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
DÉBANDER. Sentir son membre devenir mou, de dur qu’il était auparavant, soit parce qu’on a tiré un coup et qu’on est fatigué, soit parce qu’on ne se sent pas inspiré.
Tu ne me serres pas le vit comme tantôt... je sens que je débande.
LA POPELINIÈRE.
DÉBAUCHER UNE FILLE. Lui prendre son pucelage et lui donner le goût de la pine—qu’elle ne perdra plus désormais qu’en perdant le goût du pain.
DÉCALOTTER. Découvrir le prépuce qui recouvre le gland du phallus, soit en bandant trop fort, soit en jouant avec, pour examiner son état sanitaire.—J’aime cette habitude de politesse du membre viril, ôtant respectueusement sa calotte devant la femme—quelle qu’elle soit. Il est vrai qu’en l’ôtant ainsi sans précaution, il s’expose à s’enrhumer—et à couler: mais il a été poli, mais il a été galant, l’honneur est sauf.
_Un vit, sur la place Vendôme, Gamahuché par l’aquilon, Décalotte son large dôme Ayant pour gland... Napoléon!_
(_Parnasse satyrique._)
DÉCHARGE. Éjaculation.
Il faut que la femme, dans le point de la décharge, si elle veut que le coup porte, tienne les fesses serrées l’une contre l’autre et ne se remue en façon quelconque que tout ne soit fait et achevé!
MILILOT.
_L’éclair brille, Jupiter tonne, Son vit n’en est point démonté; Contre le ciel sa tête altière Au bout d’une courte carrière, Décharge avec tranquillité._
PIRON.
Ah! tu ne t’en iras pas que je n’aie déchargé.
LA POPELINIÈRE.
_Les capotes mélancoliques Qui pendent chez le gros Millan, S’enflent d’elles-mêmes, lubriques, Et déchargent en se gonflant._
(_Parnasse satyrique._)
DÉCONNER. Sortir du con de la femme, soit parce qu’on a fini, soit parce qu’elle remue trop les fesses. Il y a des gens qui peuvent, comme l’Ascylte de Pétrone, rester deux jours sur une femme. Heureux Ascylte! Plus heureuse femme!
Ah! me voilà déconné!
LA POPELINIÈRE.
_Le vit alors, bien convaincu Qu’on ne peut voir un con vaincu, Renonce à la victoire: Il déconne et s’adresse au cu._
(_Chanson anonyme moderne._)
_Avec cet outil-là, je puis, sans me gêner, Fournir mes douze coups, dont six sans déconner._
PIRON.
DÉCOUCHER. Aller passer la nuit au bordel quand on est homme, hors du bordel quand on est fille.
Excusez-moi, mais, fidèle à mes devoirs de mari, je n’ai jamais découché et ne découcherai jamais.
LIREUX.
DÉCROTTER UNE FEMME. La brosser vigoureusement avec son vit, de façon à lui désobstruer le con, si par hasard il était embarrassé et embroussaillé de restants de sperme ou de sang menstruel.
_Il me répond: Ne te fâche, Babeau, Avant partir tu seras décrottée._
(_Recueil de poésies françaises._)
DÉDALE. La nature de la femme, où le membre viril s’égare souvent, lorsqu’elle est trop large ou qu’il est trop petit,—bien qu’il ait la main d’Ariane pour le conduire au bonheur.
_Ce beau dédale qu’il contemple Avec des yeux étincelants, Fait naître et couler dans ses sens Une ardeur qui n’a point d’exemple._
GRÉCOURT.
DÉDUIT. L’acte amoureux,—du verbe latin _deducere_, tirer, faire sortir, c’est-à-dire, en vieux français, se divertir en tirant—un coup.
_Qu’il ne manquait ou de jour, ou de nuit, Sous prétexte de voir son ingrate maîtresse, De faire naître avec adresse Un rendez-vous pour l’amoureux déduit._
LA FONTAINE.
_L’homme noir, friand du déduit, De dire: l’aventure est bonne._
GRÉCOURT.
_Il est minuit, C’est l’instant du mystère, Il nous invite à l’amoureux déduit._
ÉMILE DEBRAUX.
DÉFLORER UNE FILLE. Lui enlever son pucelage,—une rose diablement épineuse.
_Si fut-il admiré pour masle très-puissant D’en avoir une nuit défloré demi-cent._
J. DE SCHÉLANDRE.
DÉGELER SON MEMBRE. L’introduire à moitié roide dans le vagin d’une femme dont la chaleur le force à grossir et à brûler lui-même.
_Un jour d’hiver Collas tout éperdu Vint à Catin présenter sa requête Pour dégeler son chose morfondu._