‹ Dictionnaire érotique moderneChapitre 14 sur 80 · CL. MAROT.

CL. MAROT.

DILIGENCE (La) DE LYON. C’est une des _postures_ (voir ce mot) les plus curieuses et les plus rares. Nombre de grands amateurs de Vénus sont morts sans la connaître; c’est que, pour l’exécuter, il faut trouver une femme qui réunisse deux qualités rares: l’ardeur, d’abord. Nombre de femmes feignent d’être ardentes pour plaire à l’homme qu’elles veulent séduire, mais ne sont au fond que de simples _patients_ et non des _agents_, et ici il faut que la femme soit agent et que l’homme soit patient. Ensuite, il faut qu’elle ne soit pas neutralisée par une sotte pudeur, résultat de la tyrannie des hommes exercée continuellement jusqu’ici sur les femmes. Quand une femme donc est ardente et libre, elle prend un homme qui lui plaise sous tous les rapports; elle le met nu comme un ver, l’étend sur un lit en lui mettant des coussins sous la tête et sous les reins, et toute nue elle-même, elle se met à cheval à cru sur lui, s’embrochant sur le pivot naturel, c’est-à-dire sur son vit. Alors, elle fait comme le postillon sur un des chevaux des anciennes diligences de Lyon. S’appuyant un peu sur les épaules de son amant, elle s’avance en chevauchant et le vit se relève près du ventre de l’homme. Elle recule et le vit se renfonce dans son con jusqu’à la garde. Elle s’anime; elle va de plus fort en plus fort, comme si la diligence parcourait un chemin raboteux. Ses yeux s’égarent, ses cheveux se dénouent. Elle jouit, elle jouit, mais elle va toujours; elle va jusqu’à ce qu’elle soit tout à fait exténuée de décharge spermatique; car il faut remarquer que l’homme, étendu sur ses coussins, ne pouvant pas bouger, bande de plus en plus, jusqu’à la fin, mais ne décharge pas. La femme tombe alors comme morte dans les bras de son amant, lequel, tout enflammé, finit de son côté comme il peut.

«Je serai bien aimable, je me mettrai toute nue, dit-elle insidieusement.—Passe ton chemin, répond le fidèle époux, ayant encore présente à la pensée l’image des charmes de sa jeune moitié.—Je te ferai le grand jeu!—Non—Feuille de rose!—Non.—Le tire-bouchon américain?—Connu... tu m’ennuies.—Eh bien, tiens, tu me plais, viens, tu ne payeras pas et nous ferons la diligence de Lyon...»

(_Fantaisiste_, I, 177.)

DISPENSAIRE. Endroit spécial, à la préfecture de police, où sont obligées de se rendre une fois par semaine les filles en carte, afin d’y subir de la part des médecins qui s’y trouvent, une visite minutieuse de santé.

DIVERTIR (Se). Baiser ferme et dru, ce qui est encore le moins trompeur de tous les plaisirs humains.

Il s’en allait, contre son gré, voir quelque fille pour se divertir, et, étant là, s’efforçait si fort sur elle qu’il en était allégé.

MILILOT.

_Et cherche un ami jeune et beau, Par qui tu sois mieux divertie._

MAYNARD.

_Au lit, le divertissement Qui se donne entre deux courtines, Tient un peu trop du sacrement._

CHAPELLE.

DOCTEUR (Le). Le vit,—qui sert en même temps de remède.

_Vieilles, jeunes, laides, belles, Toutes aiment le docteur, Et toutes lui sont fidèles... Toutes? non, c’est une erreur: On dit qu’il en est entre elles, Dans la crainte d’un malheur, Qui se passent du docteur._

DOIGT. Le membre viril, que nous insinuons si volontiers dans le dé de la femme.

_Et moy d’un seul petit coup J’ay gagné la chaude-pisse, Et du doigt de quoy je pisse On m’en a coupé le bout._

(_Chansons folastres._)

_Il cherche le temps et le lieu Pour mettre le doigt du milieu Dans la bague de ta nature._

THÉOPHILE.

_Sans y réfléchir j’enfonçai Ce pauvre doigt jusqu’à la garde._

E. DEBRAUX.

_Ma seringue, sans nul obstacle, Peut seule opérer un miracle: Pour guérir radicalement, Prenez un doigt de lavement._

J. CABASSOL.

_Ce passe-temps partout d’usage Favorise plus d’un amant: La fillette innocente et sage, Par là s’engage très souvent. L’amour qui toujours nous partage A soin que tout soit débrouillé, Il dissipe plus d’un nuage En conduisant le doigt mouillé._

(_La Goguette du bon vieux temps._)

DOIGT DE COUR. Le médium de la main droite, qui sert à branler les femmes.

_Savez-vous pourquoi nos belles Sont si froides en amour? Ces dames se font entre elles, Par un ingénieux retour, Ce qu’on nomme un doigt de cour._

DE CHAMPCENETZ.

DONDON. Femme facile, qui se laisse prendre le cul par le premier venu, et, au besoin, se laisse baiser par lui.

_Toinette, fraîche dondon, Chantait ainsi son martyre._

JULES POINCLOUD.

DON D’AMOUR. Employé dans un sens obscène pour désigner l’acte vénérien.

_Oui, mais aussi nous gagnons quelque chose, Dit la jeune Ève, et son souris propose Le don d’amour._

PARNY.

_Je ne fais que requérir, Sans acquérir, Le don d’amoureuse liesse._