CL. MAROT.
De sorte que quand il voulut engaîner.
(Moyen de parvenir.)
La belle crie, il pousse, à la fin il engaîne.
PIRON.
ENGIN. Le membre viril—qui est en effet l’instrument le plus ingénieux, le plus inventif (ingenium) qui soit au monde.
Premièrement, il faut que tu saches que cet engin avec quoi les garçons pissent s’appelle un vit.
MILILOT.
O con! la nuit à peine a fini sa carrière Où dix fois mon engin te donna le bonheur; Pourtant, tu veux encor que d’une tête altière Il brave ta fureur.
(Parnasse satyrique.)
ENGROSSER. Devenir enceinte par suite d’un coup tiré avec un homme de sperme prolifique.—Faire un enfant à une femme.
Il arriva à cette folle femme de se faire engrosser à un autre qu’à son mari.
BRANTÔME.
Mais un plus grand malheur m’a-t-il jamais pu advenir: engrosser une fille du premier coup!
P. DE LARIVEY.
Quelques-uns ayant engrossé des filles sont contraints de les épouser.
CH. SOREL.
ENTENDRE LE JEU, ENTENDRE CELA. Savoir faire l’amour.
J’entends cela peut-être mieux qu’elle.
LA POPELINIÈRE.
Il arrive bien souvent que le premier soir qu’une jeune pucelle couche avec un garçon qui entend le jeu dont elle est entièrement ignorante...
MILILOT.
EN TENIR. Bander pour une femme et avoir envie de la baiser; être amoureuse d’un homme et chercher toutes les occasions de se faire baiser par lui.
Elle en tient pour toi, décidément, cette drôlesse.
CUBLIZE.
ENTIER. Un homme pourvu de testicules.
J’ai tout ce qu’exige saint Pierre, Oui, de Cythère vieux routier, Je suis entier.
BÉRANGER.
ENTONNOIR. La nature de la femme, par laquelle on introduit le liquide précieux qui la féconde.
Ta pine n’est plus qu’une humble bibite Indigne d’entrer dans mon entonnoir.
ANONYME.
ENTRE-DEUX (L’). Le con, situé entre deux cuisses.
Colinette en son entre-deux Sentit un gros chose nerveux Qui lui farfouillait le derrière.
(Cabinet satyrique.)
Et dans son entredeux cache une bourbe molle, Qui, trempée en sueur, servirait bien de colle.
THÉOPHILE.
ENTRÉE DES ARTISTES. Le cul, par allusion à la porte par laquelle entrent les acteurs et qui est ordinairement derrière la façade du théâtre et à l’opposite de celle par laquelle entre le public.
ENTRÉE EN DANSE, EN JOUTE, EN LICE, EN JOUISSANCE (L’). Entrer, par la porte des plaisirs, en possession de sa femme ou de sa maîtresse, avec circonstances, dépendances et tous les agréments y attachés.
L’abbesse aussi voulut entrer en danse.
LA FONTAINE.
Jusqu’à entrer en jouste dix ou douze fois par une nuit.
BRANTÔME.
Il tardait à notre Jobelin d’entrer en lice.
D’OUVILLE.
Il suffirait que tous deux tour à tour, Sans dire mot, ils entrassent en lice.
LA FONTAINE.
Mais timidité retenait Le céladon encor novice; Beaux discours sans entrer en lice.
GRÉCOURT.
ENTRE-FESSON (L’) ou L’ENTRE-FESSIER. La petite vallée que forment les deux fesses.
Puis met la merde en peloton Au milieu de l’entre-fesson.
PATRAT.
L’entre-fessier d’un gros chanoine, Les couilles du grand saint Antoine Et de Cléopâtre le con.
(Vieille chanson.)
ENTRE-FRÉTILLER (S’). Se rouler l’un et l’autre, l’homme et la femme, dans l’ardeur amoureuse, entre-croisant les cuisses, entrechoquant les ventres, échangeant des langues et provoquant des spasmes réciproques.
Voilà où se terminent tant de soupirs, tant de plaintes et tant de désirs, qui est de s’entre-frétiller.
MILILOT.
ENTREMETTEUR. Pseudonyme décent de maquereau.
ENTREMETTEUSE. Pseudonyme décent de maquerelle.
ENTREPRISE. L’acte vénérien.
Quelle commodité, trop aimable marquise, Pour une amoureuse entreprise.
SÉNECÉ.
ENTRER JUSQU’AUX GARDES. Faire pénétrer son vit dans un con jusqu’aux couillons, qui restent les confidents, les gardes et les témoins de ce coup fourré... bien fourré.
... Revenons à ton luxurieux embrocheur. Abusa-t-il de ta complaisance? Se piqua-t-il d’entrer là jusqu’à la garde, sans égard pour ton enfance délicate?
ENTRETENEUR. Le Jupiter de toute Danaé de la rue Bréda.
Tu pourrais, avec la Leroux, avoir à la fois quatre entreteneurs plus amoureux de toi.
LA POPELINIÈRE.
ENTRETENIR UNE FEMME. Se charger de son existence, à la condition qu’elle se chargera de votre jouissance, et que vous aurez le droit de coucher avec elle—quand cela lui plaira.
Ils entretienn’ des gonzesses Qui loge’ à la Patt’ de chat.
GUICHARDET.
ENTROUDUCUTER (ou S’). Enculer, ou s’enculer mutuellement, entre pédérastes.
Que vont devenir nos talents, Notre motte dodue, Puisque l’ nombre de nos chalands Chaque jour diminue? A se chatouiller, S’entrouducuter Chacun ici s’exerce... De ce maudit Coin Vite, foutons l’ camp: Au diable le commerce.
(Sultane Rozréa, p. 22.)
EN VENIR AUX MAINS. Peloter une femme et se faire patiner par elle.
L’un dévorait une salade aux harengs, et l’autre s’entretenait avec la servante au cuir jaune, Fusia Caninia... Il lui dit quelques gracieusetés, et tous deux en venaient aux mains.
HENRI HEINE.
ENVOYER SON ENFANT À LA BLANCHISSEUSE. Au moment où l’homme va jouir, lui retirer prestement son engin du trou où il se délecte, et le forcer à répandre son sperme dans les draps.
ÉPLUCHER DES LENTILLES. Branler une femme avec les cinq doigts de la main droite.
Tribade avec le cotillon, Je sais éplucher des lentilles; Je sais faire le postillon Aux garçons comme aux jeunes filles.
(Parnasse satyrique.)
ÉPONGE. Femme. Épouse ou maîtresse qui vous éponge, en manœuvrant du cul, le trop plein de vos couilles.
ÉPONGE (Mettre une). Moyen qui donne aux amants la liberté de se livrer à tous les transports et au feu du plaisir, sans crainte de faire des enfants.
J’engageai donc ta bonne, depuis le jour où tu nous a découverts, à se munir, avant nos embrassements, d’une éponge fine, avec un cordon de soie délicat qui la traverse en entier et qui sert à la retirer. On imbibe cette éponge dans de l’eau mélangée de quelques gouttes d’eau-de-vie; on l’introduit exactement à l’entrée de la matrice, afin de la boucher, et quand bien même les esprits subtils de la semence passeraient par les pores de l’éponge, la liqueur étrangère qui s’y trouve, mêlée avec eux, en détruit la puissance et la nature. On sait que l’air même suffit pour la rendre sans vertu. Dès lors, il est impossible que l’on fasse des enfants.
MIRABEAU.
ÉPOQUES (Avoir son ou ses). Avoir ses menstrues.
ÉPOUX, ÉPOUSE. Amant, maîtresse.
Les femmes elles-mêmes appellent leurs amants: mon époux.
LÉO LESPÈS.
Et comme aisément on s’y blouse, Si, quelquefois, vous entendiez Ces mots: mon époux, mon épouse, Traduisez net: Non mariés.
FR. DE COURCY.
Épousez-moi, épousez-moi tout de suite; je le veux, je l’ordonne.
SOUVET.
Bathilde fut très étonnée d’être épousée tout à fait.
PIGAULT-LEBRUN.
ÉPUISER SES MUNITIONS. Baiser avec excès, dépenser tout son sperme au profit d’une seule femme, et n’en plus avoir pour les autres.
Pourquoi commettre cette imprudence de contenter ma femme, quand Urinette m’attendait?... Cela s’appelle épuiser ses munitions.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
ÉPUISER UN HOMME. Lui vider ses réservoirs à sperme par des branlages répétés, ou par des suçages réitérés, ou par des coups trop fréquemment tirés avec lui.
Elle épuise, elle tue, et n’en est que plus belle.
ALFRED DE MUSSET.
Mais on sait Qu’en secret Elle épuisait un nerveux récollet.
COLLÉ.
ÉRECTION. État satisfaisant du membre viril,—du verbe latin arrigere, dresser, relever.
Sa main douce, blanche et petite, Avec un art extrême excite L’érection.
H. RAISSON.
ESCRIME. Combat amoureux; fouterie.
Depuis que’q’ temps j’ai l’estime D’un sapeur-pompier, Qui m’ donn’ des leçons d’escrime En particulier.
CH. COLMANCE.
Percez-moi de tierce et de quarte; Songez que c’est pour notre bien, Fendez-vous bien, Et tâchez que votre coup parte Dans le même instant que le mien.
CH. LEPAGE.
ESPÈCE. Coureuse, libertine; terme de mépris des grandes dames à l’égard des petites dames.
Si vous connaissez des espèces pareilles, Madame, je suis votre servante.
LA POPELINIÈRE.
Une dame de cour, S’en étant emparée, Fit languir plus d’un jour La bourgeoise sevrée, Disant: C’est bien, ma fille, Pour ces espèces-là Qu’est faite la béquille Du père Barnaba.
COLLÉ.
ESSAYER UN LIT. Tirer un coup dessus.
Sur le lit que j’ai payé Je ne sais ce qui se passe: A peine l’ai-je essayé, Que le bougre me le casse.
GUSTAVE NADAUD.
ESSAYER UNE FEMME. Coucher plusieurs fois avec elle pour s’assurer qu’elle baise bien, qu’elle aime vraiment l’homme.
Viens donc m’essayer prompt’ment, Et si tu m’trouv’s dign’ d’êtr’ ta femme, Nous f’rons mettr’ dessus notr’ flamme Pour quèqu’ sous d’ Saint-Sacrement.
(Parnasse satyrique.)
ESSUYER LES SPERMES. Baiser une femme qui a été baisée déjà plusieurs fois dans la journée ou dans la soirée, et n’a pas eu le temps de nouer sa ceinture entre l’amant d’un franc et celui de cent sous.
Il est des spermes qu’on n’essuie pas.
BATAILLE.
ESTOMAC (Avoir de l’). C’est-à-dire de la poitrine, avec de gros tétons.—On dit, en plaisantant, d’une femme qui a de gros tétons, qu’elle est poitrinaire.
Le parrain, vieux païen, Lorgnant la double loupe, De Suzon qui boit bien, Remplit souvent la coupe; Et le vaurien, touche en servant la soupe, D’un doigt fripon, l’estomac de Suzon.
CH. COLMANCE.
ÉTALON. Beau fouteur, homme de qui les femmes,—même les plus bêtes—aiment les saillies.
Dans nos haras en Turquie, Femme un peu jolie Veut au gré de son envie, Se voir bien servie, L’être par onze ou douze étalons Grands, gros, gras, beaux, blancs, noirs ou blonds.
COLLÉ.
J’ai un étalon d’ordinaire, et encore d’autres amoureux.
P. DE LARIVEY.
ÉTEIGNOIR. La nature de la femme, où vient en effet s’éteindre, en fondant, la chandelle de l’homme.
La chandelle était trop petite, Ou l’éteignoir était trop grand.
ÉMILE DEBRAUX.
Nous allâmes rire chez moi de cette tragi-comédie et éteindre dans nos voluptueux ébats, les feux dont ce spectacle lascif venait de nous embraser.
(Félicia.)
Il avait éteint sa chandelle par deux fois.
NOEL DU FAIL.
ÉTENDARD D’AMOUR (L’). Le membre viril, qui conduit les femmes à la victoire et au bonheur.
Parfois, chez le polisson, D’amour l’étendard se hausse.
JULES POINCLOUD.
ÉTENDRE SUR LE DOS (S’). Se mettre en posture pour recevoir l’assaut de l’homme.
Elle s’étend de nouveau sur le dos et il se met en devoir de la baiser.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
ÊTRE (Y). Sous-entendu: entré dans le con d’une femme.
J’entre aisément à cette fois-ci.—Vous y êtes assurément—Oui, parbleu! tout y est.
LA POPELINIÈRE.
ÊTRE ALLUMÉ. Avoir envie de baiser.
Aussi remarque-t-on de même le monarque allumé la suivre à pas précipités.
LA POPELINIÈRE.
ÊTRE À POIL. Être nue devant l’homme, ou nu devant la femme.
Je n’ bande jamais bien d’vant une gonzesse qu’est tout à poil.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
ÊTRE AVEC UNE FEMME. Être son amant; vivre en concubinage avec elle.
Être avec un Anglais, c’était pour les femmes une fortune.
AUGUSTE VILLEMOT.
ÊTRE BIEN AIMABLE. Phrase polie qui signifie: être bien cochonne, et qu’emploient volontiers les filles de la rue pour engager les passants à entrer dans le bordel où elles exercent et à y dépenser leur blanc.
Dites donc, bel homme, voulez-vous monter chez moi? J’suis ben aimable; v’nez, vous en serez pas fâché.
HENRY MONNIER.
ÊTRE BIEN EMMANCHÉ. Avoir un membre de conséquence, capable de contenter les femmes les plus difficiles.
ÊTRE BIEN NÉ. Avoir un nez gros ou long, ce qui est de bon augure,—selon les dames,—qui s’en rapportent au dicton: Gros nez, gros vit.
ÊTRE DE LA HAUTE. Appartenir au dessus du panier de la galanterie, être dame aux camélias et non simple gourgandine, se faire payer cinq cents francs et non cent sous.
Il y a lorette et lorette: Mademoiselle de Saint-Pharamond était de la haute.
PAUL FÉVAL.
ÊTRE DE LA MANCHETTE. Préférer le cul au con.—L’ordre de la manchette a précédé celui de la rosette... affaire de mode.
Et mille gens m’ont dit qu’il n’aimait pas le con; Au contraire, on m’a dit qu’il est de la manchette, Et que faisant semblant de le mettre en levrette, Le drôle en vous parlant toujours du grand chemin, Comme s’il se trompait, enfilait le voisin.
BUSSY-RABUTIN.
ÊTRE DE LA NATURE DES POIREAUX, LA TÊTE BLANCHE ET LA QUEUE VERTE. Se dit d’un vieillard qui bande encore pour le beau sexe et n’a de neige que sur la tête.
ÊTRE ÉCHAUDÉ. Gagner la vérole ou la chaude-pisse.
ÊTRE EN ÉTAT, ÊTRE FERME. Être en érection; avoir ce qu’il faut, dans son pantalon, pour contenter une femme exigeante.
Je veux voir si vous êtes en état... Oui, vous êtes en état, cochon!... Il est plus fort que tout à l’heure... et dur! on dirait du fer!
H. MONNIER.
Soyez ferme, ne pliez plus, Conservez toujours le dessus, Évitez la paresse... —Eh bien? Et surtout la mollesse; Vous m’entendez bien.
DOMIER.
ÊTRE EN QUEUE. Être en disposition de jouer de la queue avec avantage.
Il y a des jours où l’on est plus en queue que d’autres, où l’on baiserait volontiers toutes les femmes, si elles n’avaient à elles toutes, qu’un con.
A. FRANÇOIS.
ÊTRE ENRHUMÉ DE LA QUEUE. Avoir une chaude-pisse, un écoulement gonorrhéique.
ÊTRE EN RUT. Avoir des démangeaisons de baiser, qu’on soit femme ou homme; avoir une ardeur furibonde:
... Cinq ans mit tout le peuple en rut!
dit Auguste Barbier dans sa rude langue, à propos de la révolution de 1789.
ÊTRE HEUREUX. Jouir en baisant ou en se masturbant, au moment où le sperme part sous l’action du frottement.
Tu vas te soulager, mon chéri, je te le promets; le roi Louis-Philippe n’aura jamais été aussi heureux que tu vas l’être.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
La douleur qu’il éprouve est quelquefois bien grande; Mais il ne se plaint pas: il est heureux... il bande!
LOUIS PROTAT.
ÊTRE INSCRITE. Avoir sa carte de prostituée, délivrée par la préfecture de police.
J’avais un enfant, un garçon; il est mort... J’crois ben, j’nourrissais: l’idée de m’savoir inscrite, ça m’avait tourné mon lait.
HENRY MONNIER.
ÊTRE LE PLUS HEUREUX DES HOMMES. Ad summum voluptatem pervenire.
ÊTRE NEUF ou NEUVE ou NOVICE. Ne rien connaître de la rocambole de l’amour. N’avoir pas encore servi sur la femme ou sous l’homme; avoir son pucelage—ou l’avoir perdu depuis peu!
Il est fort neuf, à la vérité, peu au fait du service des bains, j’ose cependant me flatter qu’il contenterait madame.
(Les Aphrodites.)
ÊTRE ou N’ÊTRE PAS EN TRAIN DE FAIRE QUELQUE CHOSE. Avoir ou n’avoir pas envie de baiser; se sentir ou ne pas se sentir en queue.
Dis donc, chéri, pisq’ t’es t’en train de rien faire, moi non plus, si nous tâchions d’ pioncer un peu?
HENRY MONNIER.
ÉTRENNE (Avoir ou n’en pas avoir l’). Avoir le pucelage d’une fille ou d’un garçon,—par devant,—par derrière, ou des deux côtés.
J’ai ri de bon cœur,—d’un garçon d’honneur A la figure éveillée. Au premier signal—on ouvre le bal Sans trouver la mariée. Notre égrillard—d’un air gaillard—l’amène; L’époux prétend—danser et prend—sa reine. Va, dit le malin—au mari bénin, Tu n’en auras pas l’étrenne.
ELISA FLEURY.
ÉTRENNER. Faire un miché; raccrocher un homme dans la rue.
Voilà mon tour de bitume arrivé... Il faut qu’on m’étrenne!
LEMERCIER DE NEUVILLE.
ÊTRE PRÊT. Bander suffisamment pour faire le voyage à Cythère.
A quoi bon, puisque tu n’es pas prêt!—Oh! tes caresses vont me ranimer!
LEMERCIER DE NEUVILLE.
ÊTRE VAINQUEUR. Faire l’acte vénérien.
Lise d’un œil mourant et tendre De Colin invite l’ardeur, Et sans songer à se défendre, Souffre qu’il soit trois fois vainqueur.
VADÉ.
ÉTUI. La nature de la femme,—dans laquelle l’homme fourre sa grosse aiguille.
Elle ne voulut oncques que le marié le mît en son étui.
B. DESPERRIERS.
—Se dit aussi du membre viril, à cause de sa forme:
Vous qui, pour charmer vos ennuis, Empoignez... des aiguilles, Venez, je fournis des étuis Qui vont à tout’s les filles...
(Chanson anonyme moderne.)
EUNUQUE. Homme à qui l’on a enlevé les attributs de la virilité, pour qu’il puisse garder impunément un sérail. Mais tous les eunuques ne sont pas gardiens de harems.
EXCÈS. Abus des plaisirs.
Les excès...—Je n’en connais point, Madame: on n’a jamais assez de plaisir.—Je ne suis pas de cet avis. On peut en avoir trop et perdre par là le charme du désir, plus précieux que le plaisir lui-même.
A. DE NERCIAT. (Le Diable au corps.)
EXERCER UNE FILLE. La baiser, pour lui apprendre le métier de fouteuse.
EXERCICE. Employé dans un sens obscène pour désigner l’acte vénérien.
La dame avait fait provision pour l’exercice du cas.
(Moyen de parvenir.)
Trois femmes un jour disputaient Quels, en l’amoureux exercice, Les meilleurs instruments étaient Pour savourer plus de délice.
(Cabinet satyrique.)
Nous avons passé tout le jour Dans cet exercice d’amour.
GRÉCOURT.
Nous employâmes plusieurs heures dans ce doux exercice.
LOUVET.
Elle se trouva un peu gênée dans sa marche, mais elle l’attribua aux exercices un peu répétés de la nuit.
PIGAULT-LEBRUN.
EXHIBER SES PIÈCES. Présenter son membre à la putain que l’on veut baiser et qui, elle, veut auparavant s’assurer que l’engin qui va besogner est sain et propre au service.
Exhibe tes pièces, mon petit chat.
J. LE VALLOIS.
EXPÉDIER. Faire jouir rapidement, en quelques coups de cul.
Les beaux pères n’expédiaient Que les fringantes et les belles.
LA FONTAINE.
EXPLOITS. Non ceux de Mars, dont nous ne nous occupons pas, mais ceux de l’amour.—C’est le nombre de fois que l’on a obtenu dans la même nuit ou journée les faveurs d’une femme.
Mais six exploits mirent bas le gendarme.
PIRON.
L’on courut voir avec une lumière, s’il ne lui était point arrivé quelque malheur, et on le trouva tombé sur le carme qui exploitait la nourrice au pied d’un escalier.
(Le Compère Mathieu.)
Tant bien exploite autour de la donzelle Qu’il en naquit une fille si belle.
LA FONTAINE.
Un cordelier exploitait gente nonne, Qui paraissait du cas se soucier.
GRÉCOURT.
Et s’exploitant de grand courage, Ah! que je fais là de cocus!
PIRON.
F
FAÇON À UNE FEMME (Faire une). La baiser, la remuer du tranchant de la pine, comme le laboureur remue la terre du tranchant de sa charrue—pour la rendre féconde.
Oui, je connais ça: c’est madame Qui prend son p’tit air polisson: Elle a besoin, la chère femme, D’une façon de ma façon.
JEAN DU BOYS.
FAÇONNER UNE FEMME. La baiser, lui faire une ou plusieurs façons, selon que l’on est bon ou mauvais laboureur.
Quand dans mes bras Je tiens une nonne, Je la façonne Mieux que personne.
COLLÉ.
FAIRE (Le). Faire l’amour,—façon bégueule de parler d’une chose toute naturelle.
Le faire, ma mie, c’est décharger.
HENRY MONNIER.
Sexe charmant à qui l’on fait Ce qu’il est si joli de faire, Je voudrais vous avoir au fait Pour vous montrer mon savoir-faire; Car avec vous quand on le fait, On a tant de plaisir à faire, Qu’on voudrait ne pas l’avoir fait Pour pouvoir encor vous le faire.
(Parnasse satyrique.)
FAIRE ÇA ou CELA. Faire l’acte vénérien,—le péché dont on n’ose pas prononcer le nom et auquel on fait sans cesse allusion. Cela, c’est l’amour.
Que moyennant vingt écus à la rose Je fis cela, que chacun bien suppose.
F. VILLON.
Veux-tu donc me faire cela? Promptement me coucherai là.
THÉOPHILE.
Je crois bien qu’ils firent cela, Puisque les amours qui les virent Me dirent que le lit branla.
GRÉCOURT.
C’est que les grandes dames font ça par poids et mesures, et que, nous autres, c’est cul par-dessus tête.
LA POPELINIÈRE.
Tout le monde à peu près, putain et femme honnête, Ministre ou chiffonnier, marquise ou bien grisette, Dit: faire ça...
LOUIS PROTAT.
Ah! maman, maman, que c’est bon!... Comme tu fais bien ça, mon chéri.
HENRY MONNIER.
Ça n’t’empêchera pas de me faire ça, n’est-ce pas?—Aux p’tits oignons, mon infante!
LEMERCIER DE NEUVILLE.
FAIRE COMPTER LES SOLIVES À UNE FEMME. La renverser sur le dos et la baiser vivement,—acte pendant lequel, tout en jouissant, elle regarde au plafond et non ailleurs.
FAIRE CHOU BLANC. Rater une femme.
FAIRE DÉGRAISSER (Se). Faire l’acte vénérien. Les bons coqs sont maigres, en effet.
FAIRE DE L’ŒIL. Provoquer un passant, par un coup d’œil, à monter tirer un coup de cul.
Aussi, je le dis sans orgueil, Le beau sexe me fait de l’œil.
JULES MOINEAUX.
FAIRE DESCENDRE LE POLONAIS. Expression usitée dans les bordels, lorsque les hôtes momentanés, les michés, font trop de vacarme: au lieu de menacer les perturbateurs d’aller chercher la garde, on les menace de faire descendre le Polonais—qui n’est autre, souvent, qu’un pauvre diable sans feu ni lieu recueilli par charité et logé dans les combles de la maison,—et les perturbateurs se taisent, effrayés par cette mystérieuse menace, par cette épée de Damoclès.
FAIRE DES MANIÈRES, DES SIMAGRÉES. Hésiter à prendre le cœur—et le membre—d’un homme; refuser son bonheur.
Ça fait des manières, et ça a dansé dans les chœurs.
GAVARNI.
Et comme elle se vantait d’être pucelle, elle croyait devoir encore faire quelques petites simagrées avant que de se rendre.
BOURSAULT.
FAIRE DURER LE PLAISIR. Branler savamment un homme, et, au moment où l’on devine, à ses yeux tournés et à ses spasmes, que le sperme monte dans la colonne et qu’il va se jeter par-dessus le parapet, poser le doigt sur l’ouverture et ne le laisser s’échapper que par petits filets.
FAIRE EN LEVRETTE (Le). Baiser une femme par derrière, cul contre ventre au lieu de ventre contre ventre, à la façon des chiens et non à la façon des bons chrétiens.—Voir aussi FOUTRE EN LEVRETTE.
Des baisers il vint aux attouchements et des attouchements à me mettre le vit au con, et me le fit encore une fois en lévrier, le con derrière.
MILILOT.
Pour ne pas voir sa défaite, Et se cacher au vainqueur, Elle voulut qu’en levrette Je lui fisse cet honneur.
COLLÉ.
J’ai, lui dit-il, avec un tendre objet Depuis longtemps une intrigue secrète; Ce n’est là tout; item je suis sujet... —A quoi? voyons.—A le faire en levrette.
PIRON.
FAIRE LA CARPE. S’évanouir sous l’homme, dans l’excès de la jouissance qu’il procure au moment de l’introït. Voir faire l’œil de carpe.
FAIRE L’AMOUR. Accomplir le plus impérieux des devoirs et le plus sacré des besoins physiques et intellectuels.
Ferons-nous l’amour, cette nuit ?
CH. SOREL.
Si tu veux, nous allons faire l’amour... c’est meilleur... Ote ton pantalon.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
Il faut s’aimer toujours Et ne s’épouser guère; Il faut faire l’amour Sans curé ni notaire.
COLLÉ.
FAIRE LA RETAPE. Aller se promener sur les boulevards, pour y raccrocher des hommes et les amener baiser au bordel.
FAIRE LA VIE. Mener une vie débauchée, coucher tous les jours avec un nouvel amant lorsqu’on est femme, avec une nouvelle maîtresse lorsqu’on est homme.
FAIRE LE BOULEVARD. Se promener sur le boulevard des Italiens, ou sur le boulevard Montmartre, à l’heure où les hommes abondent, pour en raccrocher un ou plusieurs.—Se dit des lorettes, dans l’intervalle d’un entreteneur à l’autre.
FAIRE LE CHAPEAU DU COMMISSAIRE. Faire jouir un homme en lui suçant la pine et, en même temps, en lui pelotant doucement les couilles.
Tu me f’ras l’chapeau du commissaire?
LEMERCIER DE NEUVILLE.
En même temps elle peut faire Aussi chapeau du commissaire. Ce doux jeu qu’inventa l’amour Est aussi simple que bonjour! Tant que sa petite menotte Avec adresse vous pelote, Sa bouche vous suce le dard Pour en obtenir le nectar...
MARC-CONSTANTIN.
FAIRE LE CAS. Se masturber.
Lorsque j’y pense, et même encore ici, Je fais le cas.—Pardieu, lui dit le moine, Je le crois bien, car je le fais aussi.
PIRON.
FAIRE LE CON COCU. Enculer une femme—ou un homme.
Il déconne et s’adresse au cul, Puis, zeste!... il fait le con cocu, En bravant merde et foire.
(Parnasse satyrique.)
FAIRE LE DESSUS. Se placer dessus dans le duo amoureux, avec la femme dessous. Quelquefois, c’est la femme qui fait le dessus et l’homme le dessous. Voir la Diligence de Lyon.
Mais cette fille trop pensante Qu’amour d’innover consumait, Prit le dessus, tant elle aimait La philosophie agissante.
BÉRANGER.
FAIRE L’HOMME.
Parfois la femme aussi veut faire l’homme; C’est un plaisir que l’on renomme! Elle monte à cheval sur vous Pour tirer ses deux ou trois coups. Sa motte agit sur votre ventre; Plus elle pousse, mieux ça rentre; Et son foutre mouillant les draps, Elle se pâme entre vos bras.
MARC-CONSTANTIN.
FAIRE LE MÉTIER. Sous-entendu de putain.
Qu’ils sont jolis tes tétons! qu’ils sont ronds et fermes! je vois bien qu’il n’y a pas longtemps que tu fais le métier.
LA POPELINIÈRE.
FAIRE LE SERRURIER. Frotter longtemps son membre contre les parois du vagin d’une femme sans parvenir à éjaculer. Voir limer.
FAIRE LE SAUT. Se dit d’une femme que l’insistance passionnée d’un homme oblige à se laisser baiser par lui.
De ces brebis à peine la première A fait le saut, qu’il suit une autre sœur.
LA FONTAINE.
FAIRE LE TROTTOIR. Se promener, décolletée, dans les rues, à la nuit tombante, en remuant habilement les fesses, pour allumer les hommes et les engager à venir au bordel voisin.
Mon cher, j’descends dans la rue; a y était qui f’sait l’trottoir.
HENRY MONNIER.
Commèr’ vaut compère: Il fait le mouchoir, Elle le trottoir.
(Chanson anonyme moderne.)
FAIRE L’ŒIL DE CARPE. Jouer de la prunelle d’un air langoureux, pour allumer, soit les hommes quand on est femme, soit les femmes quand on est homme.
Un petit coup d’épée à porter en écharpe, De quoi traîner la jambe et faire l’œil de carpe.
E. AUGIER.
FAIRE METTRE (Se le). Sous-entendu: le membre viril dans le vagin ou dans le cul.
Le Florentin lui dit: Ne m’en fais pas reproche, Car dans une bamboche Tu te l’ fais mettre aussi.
JOACHIM DUFLOT.
FAIRE MINON-MINETTE. Branler une femme avec la langue.
—Comment, ma mie, ça s’appelle quand on branle avec sa langue?—Faire minon-minette.
HENRY MONNIER.
Elle vous fait minette Et puis avale tout.
JOACHIM DUFLOT.
FAIRE MOUILLER LA FESSE (Se). Se faire baiser,—parce que dans l’averse de sperme qui tombe tout à coup sur elle, la femme n’a pas le temps d’ouvrir son parapluie et de préserver son ventre et ses fesses de l’inondation.
Par un député ce mac A fait repasser sa nièce, Qui s’est fait mouiller la fesse Pour un bureau de tabac.
DUMOULIN.
FAIRE PAN PAN. Baiser une femme, imiter avec la queue dans le vagin le bruit sourd du marteau de cordonnier frappant pour l’assouplir sur un morceau de cuir.
Si du paon dépend Mon plaisir, c’est qu’un paon, Cet animal pimpant, A Vénus fit pan pan!
J. DU BOYS.
FAIRE PLAISIR. Faire jouir, soit en branlant, soit en baisant une personne.
Ah! petite bougresse! que tu me fais de plaisir!... Ahi! ahi! je décharge! je décharge!...
LA POPELINIÈRE.
C’est un homme qui trop s’ingère A faire plaisir aux femmes.
(Farces et moralités.)
S’ils font plaisir à nos commères, Ils aiment ainsi les maris.
F. VILLON.
FAIRE POSTILLON. Introduire son doigt dans le cul d’un homme, lorsqu’il vous baise, afin de le faire jouir plus vite.
Avec mon nez, bien qu’il soit long, Je ne puis me fair’ postillon. Et voilà ce qui me chagrine: Avant ma mort j’aurais voulu Foutre mon nez dans l’ trou d’ mon cul.
DUMOULIN.
—Rendre le même service à la femme, lorsqu’elle fait le dessus et vous le dessous, dans le duo vénérien.
L’homme, de sa main droite, ou lui fait postillon, Ou la glisse en dessous et lui branle le con.