L. PROTAT.
FAIRE TOUT. Ce qu’une fille qui raccroche un homme dans la rue lui promet de faire quand ils seront seuls dans une chambre du bordel; cela consiste à se mettre nue, à le branler, à le sucer, etc., etc.
J’te collerai cent sous... Mais tu m’f’ras tout!
LEMERCIER DE NEUVILLE.
FAIRE TRÊVE DU CUL. S’arrêter dans l’acte vénérien.
Pourquoi fais-tu, dit la garce affolée, Trêve du cul?
RÉGNIER.
La garce après maintes secousses, Lui dit: Faisons trêve du cu.
THÉOPHILE.
FAIRE UNE CAVALCADE. La femme sur le dos et le vit dans le con, l’homme, au lieu de rester entre les cuisses de la dame, les serre l’une contre l’autre afin de jouir davantage et passe ses genoux par-dessus elle, comme s’il allait à cheval.
Ça fait des manières, un porte-maillot comme ça!... et qui en a vu, des cavalcades!
GAVARNI.
FAIRE UNE CONQUÊTE. Débaucher une femme, une fille; l’emmener coucher.
FAIRE UNE FAUSSE COUCHE. Éjaculer en dormant, soit parce qu’on est couché sur le dos et que cette position vous met toujours en érection, soit parce qu’on a un songe libertin dans lequel on croit foutre réellement une femme.
... Je bandais, et si fort, sur ma couche étendue, Que j’en fis une fausse...
LOUIS PROTAT.
FAIRE UNE FEMME. Distinguer parmi la foule, au bal ou au théâtre, une femme quelconque, qui vous porte à la peau, et l’emmener coucher.
En attendant, il a fait une femme superbe, dit un autre en voyant Rodolphe s’enfuir avec la danseuse.
HENRY MURGER.
—On dit aussi dans le même sens: Lever une femme.
FAIRE UNE FIN. Se marier.—Après avoir bien vécu, bien fait la noce, devenir épicier, maître de bordel et... cocu, comme X, Y et Z, que tout le monde connaît.—Ces dames font également une fin.
Quoique l’état ne manque pas D’appas, Foi de Margot, si ça ne reprend pas, Je m’expatrie, Ou bien je me marie; Il faut enfin Que je fasse une fin.
F. SERÉ.
FAIRE UNE GROSSE DÉPENSE. Faire de suite un grand nombre de fois l’acte vénérien.
Le duc de Saux avait fait la nuit une grosse dépense avec Louise d’Arquien, fameuse courtisane.
(La France galante.)
FAIRE UNE PINCE AU BONNET DE GRENADIER. Se dit des femmes qui, lorsqu’on les baise, se placent de façon à rendre l’introduction du membre moins facile et à faire supposer—aux imbéciles—qu’elles sont étroites.
V’là pourtant qu’un jeune vélite, Malgré sa taille tout’ petite, Un soir voulut en essayer. A ses désirs je m’ prête, Mais je n’ perds pas la tête: Pour qu’il n’y entr’ pas tout entier, Je fis un’ pince—au bonnet d’ guernadier.
HENRI SIMON.
FAIRE UN HOMME. Jeter son hameçon dans une foule masculine, au Casino ou ailleurs, et le retirer avec un goujon au bout.
Les lorettes ne vont pas dans les réunions publiques pour autre chose que pour faire des hommes.
SEIGNEURGENS.
FAIRE VENIR L’EAU À LA BOUCHE. Donner soif de fouterie à une vierge ou à un puceau, en faisant devant eux un tableau éloquent des béatitudes amoureuses.
Elle lui sait si bien représenter les douceurs de l’amour, avec des instructions et des naïvetés si plaisantes, qu’elle lui en fait venir l’eau à la bouche.
MILILOT.
FAIRE VENIR LE FOUTRE À LA BOUCHE. Mettre une femme ou un homme en appétit d’amour, en patinant l’une ou en polissonnant avec l’autre.
T’es bien monté... mâtin! Ça vous fait venir le foutre à la bouche.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
FAIRE VIT QUI DURE. Être avare de son sperme, ne le dépenser qu’à bon escient, avec sa propre femme ou avec celles des autres, mais sans furie, sans extravagance, en homme qui tient à jouir jusqu’aux confins extrêmes de l’âge mûr.
Puis sentant l’ bouillon monter Et voulant fair’ vit qui dure, Je me retrouve en posture, Un’ chandelle où vous savez.
(Parnasse satyrique.)
FAIRE VOIR LA FEUILLE À L’ENVERS. Baiser une femme dans les bois, parce qu’étant sur le dos et levant les yeux au ciel elle ne peut apercevoir que le dessous des feuilles d’arbre.
Bientôt, par un doux badinage, Il la jette sur le gazon. —Ne fais pas, dit-il, la sauvage, Jouis de la belle saison... Ne faut-il pas, dans le bel âge, Voir un peu la feuille à l’envers?
RÉTIF DE LA BRETONNE.
FAIRE VOIR LA LUNE. Montrer son cul.
Parlez-moi d’une planète Qu’on examine à l’œil nu. Chaque soir, me dit ma brune, Si tu veux être discret, Je te ferai voir la lune A dada sur mon bidet.
A. JACQUEMART.
FAIRE ZAGUE, ZAGUE. Branler un homme.
Comtesse, empoigne-le par le milieu... Là! là!... à merveille! Promène ta main d’un bout à l’autre, et serre-le-moi fort, de peur qu’il n’échappe... Fais zague, zague... Ah!...
LA POPELINIÈRE.
FAIRE ZIZI, PANPAN. Faire l’acte vénérien—si plein d’onomatopées.
Près d’Ève, Satan déguisé, Avec deux mots fit sa conquête; En les prononçant, le rusé Brandillait la queue et la tête. Voici les deux mots du serpent: Zizi, panpan.
LOUIS FESTEAU.
FAIT (Le). L’acte vénérien.
Un mari goguelu Trouva sa femme sur le fait.
G. COQUILLART.
Cela ne plut pas au valet, Qui, les ayant pris sur le fait, Vendiqua son bien de couchette.
LA FONTAINE.
FARAUD. Amant de cœur, maquereau.
Monsieur, il faut vous déclarer Que c’est une femme effrontée Qui fit assassiner son homme Par son faraud...
dit l’auteur de la chanson sur le supplice de la Lescombat.
FARCEUSE. Gourgandine, femme dont le métier est de faire des farces aux hommes, c’est-à-dire de prendre leur argent et leur queue, et de se foutre d’eux après en avoir été foutue.
FARCY (La). Nom d’une maîtresse de bordel très connue à Paris, et qui n’a dans son troupeau que de très belles putains.
Je vous aime ainsi, divine salope La Farcy n’a pas de telles Vénus.
ANONYME.
FARFADET. Nom qu’on donnait au XVIIIe siècle à une variété de maquereaux; témoin ce passage du Colporteur de Chevrier: «Croirait-on que quand ce guerluchon ne suffit pas, il est dupé lui-même par une troisième espèce appelée farfadet?» Voir Milord Pot-au-feu.
FARFOUILLER UNE FEMME. La baiser, ou quelquefois la peloter seulement.
Il était las de baiser, manier, fouiller et farfouiller.
MILILOT.
Comme celle qui disait que Claude lui avait farfouillé dans son cul de devant.
(Moyen de parvenir.)
FAUX PAS (Faire un). Badiner imprudemment avec un homme, et, au moment où l’on y pense le moins, glisser et tomber, le vagin entr’ouvert, sur sa pine en arrêt.
Je fuis... ciel! j’ai fait un faux pas! Ah! le juif en profite! Comment me dérober des bras De ce chien de lévite? L’abbé, de grâce! holà! holà! La chose est monstrueuse! Ah! malgré moi, que sens-je là? Je suis vertueuse!
COLLÉ.
FAVEURS D’UNE FEMME (Obtenir les). Être reçu à cuisses ouvertes par elle.
Après cela, on peut bien juger que la dame ne fut pas longtemps sans donner ses dernières faveurs au cavalier.
BUSSY-RABUTIN.
Ah! bien, dit-il, n’est-ce donc qu’avec moi Que vous avez la fureur d’être sage? Et vos faveurs seront le seul partage De l’étourdi qui ravit votre foi?
VOLTAIRE.
Apprenez qu’en amour, bien souvent le divorce Naît de la dernière faveur.
GRÉCOURT.
Me faudra-t-il, pour complaire à l’usage, Du seul devoir attendre les faveurs, Qui de l’amour doivent être le gage.
PARNY.
Céphise est lubrique à la rage Et favorise chaque nuit Gnaton, en qui le sexe est à moitié détruit.
BRUZEN DE LA MARTINIÈRE.
Judith me fait horreur; Je renonce à l’honneur D’obtenir ses faveurs.
FÉLIX BOVIE.
FAVORI. Amant, greluchon; maquereau, le mâle de toute sultane favorite.
Et les maris, de même Qu’ messieurs les favoris, Y sont pris.
COLLÉ.
FÉMINISER. Oter la virginité.
Allons, Priape, allons, il faut enfin Féminiser ces onze mille vierges, Pour qui Cologne a brûlé tant de cierges.
PARNY.
FEMME CHASTE. Le merle blanc du sexe féminin. Casta, quia nemo rogavit, parbleu!
FEMME CHAUDE. Femme ayant les foies chauds, femme qui aime l’homme et jouit avec lui, quel qu’il soit, goujat ou roi, homme de peine ou de lettres, pourvu qu’il soit bon fouteur.—Femme qui bande et voudrait être baisée. Cela se dit, à propos du sexe auquel nous devons le jour—et la vérole,—comme à propos des chiennes, auxquelles nous devons des puces, avec cette différence, cependant,—toute en faveur de la race canine,—que les chiennes, une fois qu’elles ne sont plus en chaleur, ne se laissent plus grimper par les mâles, et que les femmes se font baiser en toute saison.
FEMME ÉTROITE. Femme dont le vagin a l’étroitesse convenable et désirable pour retenir prisonnier le membre viril qui s’y est aventuré, jusqu’à ce qu’il s’avoue vaincu.
Le lit est imprégné de cette sueur moite Qui fait toujours trouver large la plus étroite.