‹ Dictionnaire érotique moderneChapitre 25 sur 80 · L. PROTAT.

L. PROTAT.

FEMME FACILE. Femme qui accueille volontiers les propositions libertines des hommes.

FEMME FROIDE. Qui, en apparence, n’éprouve pas de plaisir dans la conjonction amoureuse et fait jouir les hommes sans paraître jouir elle-même.

Mais comme elle est naturellement froide, apparemment que le jeune seigneur n’y trouva pas son compte, car Mme Copen ne le revit plus.

LA POPELINIÈRE.

FEMME GALANTE. Femme dont le métier est de faire jouir les hommes—qui en ont les moyens.

FEMME HONNÊTE. Femme mariée,—selon toutes les femmes mariées.

_La femme honnête la plus folle, Aujourd’hui, le fait est certain, N’a plus que six fois la vérole, Je ne veux plus être catin._

E. DEBRAUX.

_Es-tu lass’ d’amourette? Enfin, dis-moi, veux-tu, Pour dev’nir femme honnête, Épouser un cocu? Encore un coup d’cu, Jeannette!_

E. DEBRAUX.

FEMME INCONSÉQUENTE. Façon polie de dire qu’elle est putain.

Lorsque, dans le monde, une jeune dame n’a pas très bien su étendre le voile par lequel une femme honnête couvre sa conduite, là où nos aïeux auraient rudement tout expliqué par un seul mot, vous, comme une foule de belles dames à réticences, vous vous contentez de dire:—Ah! oui, elle est fort aimable, mais...—Mais quoi?—Mais elle est souvent bien inconséquente.

H. DE BALZAC.

FEMME LABORIEUSE. Femme qui ne refuse jamais de conduire un miché au bonheur.

Ah! monsieur, me dit cet homme avec des larmes d’admiration dans la voix, à quelque heure de la nuit qu’on frappe, si nous sommes couchés, elle se lève sans rechigner, va ouvrir au monsieur, reste avec lui le temps qu’il faut et remonte se coucher jusqu’à ce qu’un nouveau coup de sonnette la fasse relever et redescendre: c’est une femme bien laborieuse!

A. FRANÇOIS.

FEMME LARGE. Femme dont le vagin est d’une laxité à faire croire au membre imprudent qui s’y aventure qu’il entre dans une motte de beurre.—Voir _Femme étroite_.

FEMME LASCIVE. Qui possède, dans ses regards, dans ses gestes, dans ses mouvements, dans ses paroles, l’art d’allumer les désirs des hommes.—On dit aussi, mais moins fréquemment, _Homme lascif_, parce que la lasciveté est l’apanage spécial de la femme.

Si ces jeunes gens s’offrent à vous, ne les refusez pas: ils sont si beaux, si vifs et si lascifs.

LA POPELINIÈRE.

FEMME LÉGÈRE COMME CHAUSSON. Extrêmement putain.—L’expression, très spirituelle et décente, a été employée pour la première fois par M. Aurélien Scholl dans un de ses échos du _Figaro_.

FEMME LUBRIQUE. Savante en l’art d’aimer—et de faire jouir les hommes.

Voici ce qu’il y avait: Minois de fantaisie; joli corps, créature lubrique.

LA POPELINIÈRE.

FEMMELETTE. Femme chétive, douillette, délicate, qui a des goûts futiles, etc...!

_Que le bout du médium fait tomber en faiblesse, Qu’un vit fait passer au carmin..._

Elle ne jouait que l’ombre, le trictrac et les échecs, parce qu’ils sont savants et sérieux; tous les autres (jeux) étaient au-dessous d’elle, et ne pouvaient amuser que des femmelettes...

A. DE NERCIAT.

FEMME SAGE. Femme honnête, selon toutes les femmes mariées—qui sont plus ou moins sages.

_Il était une dame Fraîche, ayant des couleurs Et des mœurs; Elle était sage-femme Et femme sage autant Qu’à présent On l’est, Dieu merci!..._

SCRIBE.

FENDASSE. La nature de la femme—à soldats.

_Le plus vieux trou, la plus sale fendasse, Rien n’échappait à son vit furieux._

(_Parnasse satyrique._)

FENTE. La nature de la femme, destinée à être fendue.

Rien ne fut soustrait à mes regards... Lucette, couchée sur lui, les fesses en l’air, les jambes écartées, me laissait apercevoir toute l’ouverture de sa fente, entre deux petites éminences grasses et rebondies.

MIRABEAU.

_Toutes filles, en cas pareil, Désireraient à leur réveil Qu’un tel que moi leur fît de rente Un bon vit pour boucher leur fente._

(_Cabinet satyrique._)

_Et puis après il se vante D’avoir bouché votre fente._

GAUTIER-GARGUILLE.

_Pontgibaut se vante D’avoir vu la fente De la comtesse d’Alaïs._

TALLEMANT DES RÉAUX.

FERME DE ROGNONS (Être). Être solide au combat amoureux; faire durer longtemps l’affaire, comme l’Ascylte du _Satyricon_, dont le membre était si bien bâti.

FESSES (Les). Les deux hémisphères qui jouent un si grand rôle dans la comédie à deux personnages intitulée: _La Fouterie_. Ce sont les tétons du derrière, comme les tétons sont les fesses du devant.

Et puis me tournant par derrière, il contemplait tantôt mes épaules, tantôt mes deux fesses.

MILILOT.

_Langues de chatte et langues de serpent, Dans un monceau de tétons et de fesses, Vont se croiser, et derrière, et devant._

JOACHIM DUFLOT.

FESSIER (Le). Le cul, qui porte des fesses comme le pommier des pommes.

Tu es si fraîche que tu as sans doute le corps fort beau, et surtout le fessier.

LA POPELINIÈRE.

_Dans le sapin je plongeai mon regard Et j’aperçus un fessier magnifique Qu’il me semblait avoir vu quelque part._

ANONYME.

FESTOYER. Faire l’acte vénérien.

Il s’efforçait de trouver manière de la festoyer, comme il avait fait avant que monseigneur fût son mari.

(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

_Il ajoutait que, même à la sourdine, Plus d’un damné festoyait Proserpine._

VOLTAIRE.

_Un cordelier faisait l’œuvre de chair, Et s’ébattait, en festoyant sa mie._

PIRON.

FÊTE (la), FÊTER. Faire l’acte vénérien.

_Elle n’eut dit ces mots entre ses dents Que le galant recommence la fête._

LA FONTAINE.

_Je fêtai son milieu, Nom de Dieu! Trois fois avant qu’ je n’ sorte._

F. DE CALONNE.

FÊTER LA SAINT-PRIAPE. Faire l’acte vénérien, qui est faire une œuvre pie.

_Or, un jour que Sa Sainteté Solennisait la Saint-Priape._

B. DE MAURICE.

FÉTU. Le membre viril.

_De son fétu neuf pouces sont l’aunage._

PIRON.

FEU AU CUL (Avoir le). Être ardent aux exercices vénériens.

C’est plus d’un coup par heure; il avait donc le feu au cul!

MILILOT.

FEU DE PAILLE. Fouterie de pauvre ou de poète, qui commence en flambant de façon à faire espérer vingt coups, et qui s’éteint net après le premier.

FIASCO. Insuccès amoureux.—_Faire fiasco._ Ne pas pouvoir bander au moment où il le faut.

FIGNARD. Le cul (_inusité_).

_Il écouta la vieille et lui laissa tout dire, Pencha son front rêveur; puis, avec un sourire, Lui foutit sa botte au fignard._

DUMOULIN.

FIGUE. La nature de la femme, qui est de la nature de ce fruit, un peu plissée, un peu molle,—et savoureuse comme lui.—Les Italiens ne jurent que par là: _Per la fica!_ disent-ils.

_De ton figuier mange le fruit, Et ne va pas durant la nuit Du voisin grignotter la figue._

PARNY.

FILLE. Mot injurieux pour désigner une femme qui fait métier et marchandise de l’amour.

Le mot fille signifie, _ad libitum_, ce qu’il y a de plus pur, ce qu’il y a de plus doux, ce qu’il y a de plus bas, ce qu’il y a de plus vil dans le sexe féminin.—Il est sage et timide comme une fille.—Il aime tendrement sa fille.—En quittant l’auberge, il a donné quelque chose à la fille.—Il a eu l’imprudence de se montrer au spectacle avec une fille.

E. JOUY.

_Prenez les intérêts des filles de Cypris, Et ne permettez pas qu’on en fasse mépris._

(_La France galante._)

Le ramage des filles est cent fois préférable à l’argot des boursiers.

A. DELVAU.

_Nos ingénues à sentiments, En fait d’amants, Ruin’nt plus d’jeun’s gens En quinze jours, qu’une fille en douze ans._

E. DEBRAUX.

FILLE À PARTIES. «Prostituée en carte ou isolée, mais avec plus de formes. Si elle se fait suivre par sa tournure élégante ou par un coup d’œil furtif, on la voit suivant son chemin, les yeux baissés, le maintien modeste: rien ne décèle sa vie déréglée. Elle s’arrête à la porte d’une maison ordinairement de belle apparence; là, elle attend son monsieur, elle s’explique ouvertement avec lui; et, s’il entre dans ses vues, il est introduit dans un appartement élégant ou même riche, où l’on ne rencontre ordinairement que la dame de la maison.»

BÉRAUD.

FILLE D’AMOUR. Fille de bordel, qui fait de l’amour un métier et de son cul une marchandise.

_J’apprends qu’tu veux, monsieur d’Belleyme, Numéroter les fill’s d’amour._

BÉRANGER.

FILLE DE JOIE. Femme qui exerce un triste métier, celui qui consiste à être à la disposition du premier venu.

_D’une fille de joie Il fut enfin la proie._

THÉOPHILE.

Le major l’avait fait mener au refuge où on enferme les filles de joie.

D’OUVILLE.

_Soupant, couchant chez des filles de joie._

VOLTAIRE.

_Mais ce refrain banal rarement apitoie, Hormis l’adolescent, qui ne peut croire au mal Et cherche encor l’amour dans la fille de joie, Ignorant que la rouille a rongé le métal._

HENRY MURGER.

FILLE DE MARBRE, FILLE DE PLÂTRE. Fille galante, dont le cœur est plus dur que les tétons.

C’est à Paris que les filles de marbre apprennent péniblement le métier qui les fait riches en une heure.

JULES JANIN.

FILLE PUBLIQUE. Femme qui livre son corps au premier passant venu, moyennant un salaire qui varie suivant les quartiers dans lesquels elle exerce.

La première ordonnance concernait les filles publiques et imposait à ces malheureuses des heures de sortie et d’autres mesures que la décence publique réclamait depuis longtemps.

H. RAISSON.

_Renonçant pour toujours à la fille publique, Vous seule auriez eu part aux faveurs de mon vit._

LOUIS PROTAT.

FILLE SOUMISE. Fille ou femme à laquelle la préfecture de police impose une carte, dans l’intérêt de la santé publique—que compromettent tant les coureuses insoumises.

FLAGEOLET. Le membre viril, dont les femmes savent si bien jouer et jouir, et dont elles se gardent bien de boucher _la patte_ d’où sort cette précieuse musique qui leur chatouille si agréablement le vagin.

_Elle n’est pas musicienne, Mais elle est foll’ du flageolet Et veut que chaqu’ jour de la s’maine Je fredonne au moins un couplet._

E. DEBRAUX.

_Je voudrais, ma belle brunette, Voyant votre sein rondelet, Jouer dessus de l’épinette Et au-dessous du flageolet._

THÉOPHILE.

_Si tu veux danser, dispose Du flageolet que voilà._

COLLÉ.

FLEUR. Pucelage,—que la femme est censée donner à son époux la première nuit des noces.

_Qu’au dernier cri de douleur, Je suis maître de la fleur Qui pour moi seul est éclose, Je suppose, Je suppose, Irma, je suppose._