‹ Dictionnaire érotique moderneChapitre 28 sur 80 · L. PROTAT.

L. PROTAT.

FOUTRE COMME UN ÂNE DÉBÂTÉ. Baiser avec énergie, sans se soucier d’autre chose que de bien jouir,—à la façon du héros de Lucius.

Vilains hypocrites... foutez comme des ânes débâtés; mais permettez-moi de dire _foutre_.

DIDEROT.

FOUTRE EN AISSELLE. Décharger sous l’aisselle d’une femme au lieu de lui décharger dans le con: c’est aussi agréable pour l’homme—et moins dangereux pour la femme.

_Celui-ci fout en cul, celui-là en aisselle..._

LOUIS PROTAT.

_A cet instant de la querelle, Un vit, qui bandait dur et fort, S’avisa de foutre en aisselle; Cet argument les mit d’accord._

(_Dialogue du con et du cul._)

FOUTRE EN ARTILLEUR. Vous faites coucher la demoiselle sur le bord du lit, et debout devant elle, vous prenez ses jambes de chaque main, les écartez et les placez sur vos épaules, comme des leviers servant à manœuvrer une pièce de canon sur un affût. Vous fourrez votre écouvillon dans la gueule béante de son canon; il y entrera tout entier, et même un peu les testicules.

FOUTRE EN CON. Baiser bourgeoisement, comme baisaient Adam et Ève, les ignorants, bouche contre bouche et ventre contre ventre.

_Le con est fort bonne personne, Je ne dis pas qu’on l’abandonne; Eh! non, non, non! Foutons en con!_

COLLÉ.

FOUTRE EN CUISSES. Décharger entre les cuisses d’une femme qui ne tient pas à faire d’enfant, mais qui tient à faire plaisir à un homme.

_On fout en con, en cul, en cuisses._

(_Parnasse satyrique._)

FOUTRE EN CUL. Sodomiser.

_Mais le cul n’est-il pas bonhomme? Eh quoi! ne le fout-on qu’à Rome? Foutons en cul, foutons en con! Un peu de bougrerie Est dans la vie Quelquefois de saison._

COLLÉ.

FOUTRE EN ESPALIER. Posture usitée seulement chez les écoliers ou chez les gens de service qui se rencontrent dans des endroits sans meubles et veulent foutre cependant à la hâte et tant bien que mal en appuyant la femme contre un mur. Un brave évêque vit un jour son valet de chambre baiser une fille en espalier: «Imbécile, lui dit-il, tu ménages les matelas. Eh bien! c’est à ce beau métier que j’ai gagné la goutte.»

FOUTRE EN LEVRETTE. Jouir d’une femme en se plaçant derrière elle, _more canino_, posture des plus estimées de la foutronomie, et l’une des plus agréables pour le fouteur. Soit à genoux, soit appuyée sur une fenêtre ou sur une table, soit couchée à plat ventre sur le lit ou sur le gazon, la femme vous présente ses fesses, vous pénétrez dans son con sans perdre un seul centimètre; vous vous y trouvez très serré et vous lui donnez quelques bons coups de cul. Malheureusement, cela vous fait jouir tout de suite, et l’opération ne dure pas assez longtemps au gré de la dame.

_En levrette est encore un moyen fort joli Quand on a sous son ventre un cul ferme et poli; C’est pour faire un enfant une bonne recette Qui fut, dit-on, donnée à Marie-Antoinette._

LOUIS PROTAT.

_Elle a l’étrange goût Qu’on la foute en levrette._

J. DUFLOT.

FOUTRE EN MAIN. Se faire branler.

_Tout est fantaisie ou caprices Chez le bizarre genre humain: On fout en con, en cul, en cuisses, Au besoin même dans la main._

(_Dialogue du con et du cul._)

FOUTRE EN TÉTONS. Décharger sur la gorge d’une femme qui, au préalable, a ramené ses deux tétons vers le milieu de sa poitrine, de manière à presser, aussi doucement qu’avec les lèvres de son con, la pine qu’elle a mission de faire jouir. Cette façon d’aller au bonheur, comme toutes les autres artificielles, n’a de charmes que pour celui qui fout et non pour celle qui est foutue.

_Celui-ci fout en cul, celui-là en aisselle, Un troisième en tétons..._

LOUIS PROTAT.

FOUTRE PAR L’OREILLE. Faire répandre à quelqu’un les _pleurs du désir_, soit en lui lisant, soit en lui récitant des vers lubriques. L’expression est du poète Maynard.

_Gardez-vous de lire ces vers: Ils foutent les gens par l’oreille._

(_Les Priapées._)

FOUTUE (Être bien ou mal). Bonheur, ou malheur.

Non, tu n’es que foutue, et tu l’es bien.

LA POPELINIÈRE.

_Je l’y donne un croc-en-jambe, All’ tombe sur son cu, Puis ell’ devint si tendre Qu’ ça fut autant d’ foutu._

CABASSOL.

FRAISE. Le bout des tétons d’une femme, à cause de sa couleur.

FRESSURE. Le siége des désirs amoureux, la nature de la femme.

_De ma fressure Dame Luxure Jà s’emparait._

LA FONTAINE.

FRICARELLE (La). Le _Lesbicus amor_, qui tend de plus en plus à faire des ravages parmi les Parisiennes.

_Je te verrai... Poursuivant les Saphos à l’œil cave, au teint noir, Ivre de fricarelle, et ne pouvant avoir L’attouchement d’une tribade._

EMM. DES ESSARTS.

FRINGUER, FRINGASSER UNE FEMME. La baiser.

_Volontiers je vous fringasse, Madame, si j’osasse. Fringue, valet, hardiment; Mon mary est à Rouen._

(_Chansons folastres._)

_Car s’il a prêté son levain, On fringue votre chambrière._

(_Farces et moralités._)

_Quand Polidor fringua la dame putassière, De qui le nom fameux s’appelle Sarprisi._

THÉOPHILE.

FROMAGE. Sperme de l’homme ou de la femme; caséum produit par les parties basses, ayant l’aspect du caséum produit par les parties hautes. D’où, à propos d’une fille qui s’est laissé dépuceler, l’expression proverbiale: _laisser aller son chat au fromage_.

FROTTER LE LARD (Se). Faire l’acte copulatif, qui consiste en effet dans le frottement des chairs de ces deux cochons qui s’appellent deux amants.

_Toutes les fois qu’on t’a frottée, Tu ne me l’es pas venu dire._

(_Ancien Théâtre français._)

_Jean, ce frotteur invaincu, Un soir dans une taverne Frottait Lise à la moderne, C’est-à-dire par le cu._

(_Cabinet satyrique._)

Joyeusement se frottant leur lard.

RABELAIS.

Quand tu voudras, je frotterai ma coine contre ton lard.

(_La Comédie des Proverbes._)

FUREUR D’AMOUR. La voluptueuse démence que ressentent mutuellement un homme et une femme dans l’accouplement.

Autrement il faudrait dire: _ce qui n’a point de nom_, _un membre viril_, _le membre génital_, et autres telles expressions sottes et longues, que la fureur d’amour ne donne point le temps de prononcer.

MILILOT.

FUREUR UTÉRINE.

Outre le terme de _nymphomanie_ que nous adoptons pour exprimer cette maladie, on lui donne encore différentes dénominations. Moschio, médecin grec, l’appelle _satyriasis_, d’autres _métromanie_, d’autres _érotomanie_, qui signifie _manie d’amour_; mais tous ces noms étant arbitraires, nous nous en tiendrons à celui de _nymphomanie_, toutes les fois qu’il sera question de la fureur utérine.

DR DE BIENVILLE.

Voir _Nymphomanie_.

FUSEAU. Le vit, qui pour celles qui ont de l’_haleine_ sert à _enfiler_.

_Le fuseau dont filait Hercule, Noir et tortu..._

PIRON.

_Prends ce fuseau, ma tendre amie. —Il est si gros, quelle folie! A peine tient-il dans mes doigts; Mon lin va se rompre vingt fois, Ah! mon Dieu, que dira ma mère! Elle est si sévère! Finissez donc, mon cher Lucas, De grâce, ne m’enfilez pas!_

F. DAUPHIN.

G

GABAHOTER. Gamahucher une femme.

_Et s’il ne me suffit pas de gabahoter, Je greluchonne alors aussi, sans hésiter._