‹ Dictionnaire érotique moderneChapitre 27 sur 80 · L. PROTAT.

L. PROTAT.

_Homme goulu, femme fouteuse Ne désirent rien de petit._

THÉOPHILE.

FOUTIMASSER. Baiser dans un grand con, avec un vit trop petit, ou ne pas assez bander: en somme, ne faire rien qui vaille.

_Ton vit plus froid que glace Reste molasse, Il foutimasse; Quel bougre d’engin!_

PIRON.

_Un ribaud, quelquefois, trop plein de son objet, Fatigue, échauffe en vain un aimable sujet; Sans cesse auprès de lui, le paillard foutimasse Et sur ses nudités sa main passe et repasse._

(_L’Art priapique._)

_Loin ces foutimaceurs qui gastent le métier... Ne foutimacez plus les oreilles des dames._

(_Paroles grasses de Caresme-prenant._)

FOUTOIR. Nom que les libertins donnent au boudoir, lieu où il ne s’agit pas de _bouder_, en effet, mais bien de _foutre_.—(V. _Boudoir_.)

FOUTRE (Le). Le sperme de l’homme et de la femme, la semence que celui-ci jette, à couillons rabattus, dans le champ de celle-là où poussent, au bout de neuf mois, des enfants mâles ou femelles.

Ensuite de cela, il me monte dessus, et en me faisant entrer son gros vit bandé au con, il me chevauche jusqu’à ce que son foutre me coule au fond de la matrice.

MILILOT.

_Ah! la belle heure, quand j’y pense! On mettrait une flotte à flot Avec le foutre qu’on dépense Tant que résonne son grelot._

(_Parnasse satyrique._)

FOUTRE. Interjection témoignant le mépris que l’on fait d’une chose.

_Foutre des neuf garces du Pinde, Foutre de l’amant de Daphné..._

PIRON.

FOUTRE. Le mot le plus énergique du langage érotique. Il signifie:

Jouir!—dépenser son sperme, n’importe de quelle façon,—en foutant.

Il y a fouteurs et fouteurs, comme il y a fagots et cotterets. Ainsi:

On fout à couillons rabattus, comme un Dieu, comme un roi, comme un prince,—ou comme un âne débâté.

On fout comme un daim, comme un épicier, comme un maçon, comme un pigeon.

On fout en main, en bouche, en aisselle, en con, en cul, en tétons, en cuisses.

On fout à la paresseuse, en levrette, à la florentine, à culs nus, à la dragonne, en cygne, etc.

On fout sa maîtresse, sa tante, sa cousine, sa femme, sa belle-sœur, sa belle-mère, sa bonne, sa portière, sa voisine, et—quelquefois son voisin.

_Le roi fout la reine—ou son page, Le vieillard fout sa bonne—un peu, Et le pauvre fout—ce qu’il peut._

ANONYME.

_Mon Alix en fait tant de cas, Qu’elle me promet des ducats, Beaucoup plus que je ne souhaite, Si dix fois la nuit je la fous._

COLLÉ.

Foutre, comme verbe passif, signifie être perdu.

_Philis, tout est foutu, je meurs de la vérole, Elle exerce sur moi sa dernière rigueur._

THÉOPHILE.

Foutre, comme verbe réfléchi, signifie se moquer.

_Eh bien! dit-elle, quitte ou double, Va toujours ton train, je m’en fous._

COLLÉ.

_Quoique plus gueux qu’un rat d’église, Pourvu que mes couillons soient chauds, Et que le poil de mon cul frise, Je me fous du reste en repos._

PIRON.

FOUTRE À COUILLONS RABATTUS. Avec énergie, comme toutes les femmes voudraient être foutues,—même, et surtout, celles qui ont le plus l’air de cracher sur le jus divin.

_Les hommes, lorsqu’ils ont foutu A double couillon rabattu, Se lavent dans une terrine._

DUMOULIN.

FOUTRE À LA PARESSEUSE. Baiser une femme le plus commodément possible; quelquefois, l’homme se met derrière la femme, laquelle replie un peu ses cuisses en avant. Plus généralement, ils se placent en face l’un de l’autre et la femme lève la cuisse et passe la jambe sur la hanche de son fouteur; les deux amants se trouvent alors collés l’un à l’autre depuis la poitrine jusqu’aux parties sexuelles, la pine dans le vagin: on pousse sans effort, et on jouit sans s’en apercevoir, en s’endormant même, si l’on est trop fatigué des coups précédemment tirés.

_Celui dont la pine est mollasse, filandreuse Et lente à décharger, fout à la paresseuse._